La cible humaine - The Gunfighter - 1950 - Henry King

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Cole Armin
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La cible humaine - The Gunfighter - 1950 - Henry King

Messagepar Cole Armin » 01 avr. 2009 7:42

Pour ceux qui ne connaissent pas le film, par ICI

Attention, les SPOILERS sont autorisés, donc ne lisez pas ce topic avant d'avoir vu le film.


Tous les documents sont à poster dans ce topic:
viewtopic.php?f=20&t=8288

Que le débat commence!
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Vin
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Re: La cible humaine - The Gunfighter - 1950 - Henry King

Messagepar Vin » 03 avr. 2009 20:05

Bienvenue au Palace Bar de Cayenne.

C'est là qu'un beau jour va se présenter Jimmy Ringo, incarné par Gregory Peck.

L'inspiration semble provenir du véritable Johnny Ringo, et d'ailleurs les références régulières à Wyatt Earp nous y renvoient.

Le sujet est assez similaire à celui de "la première balle tue" avec Glenn Ford.

Les 10 premières minutes, qui voient Ringo tuer en légitime défense un cowboy qui le défie et s'enfuir du village,permettent d'inclure une dimension temporelle: poursuivi par les trois frères du défunt, Ringo est pressé, et va se rendre à Cayenne en ayant les tueurs aux trousses.

Pourquoi Cayenne? C'est là que résident son aimée et leur fils, inconnus de tous en tant que tels.

Quand Ringo arrive à Cayenne, le huis clos commence; il va rester au Palace Bar quasiment tout au long du film, et va croiser pléthore de personnages, parfois très "clichés" comme sa femme, institutrice du village, ou bien encore la chanteuse de bar au grand coeur.
Nous n'échappons pas non plus à la ligue féminine,qui exige son départ immédiat, ligue dirigée par Mrs Pennyfeather...

Quelques personnages intéressants: le shérif, ancienne connaissance, ami fidèle malgré leurs positions respectives des deux côtes de la ligne de la loi, incarné par un excellent Millard Mitchell.
Le barman également, dans lequel Karl Malden excelle.
J'aime beaucoup le rôle du père de famille qui veut venger son fils et guette à la fenêtre qui donne sur le bar.

Ensuite le film est une sorte d'entonnoir, qui va aspirer Ringo..
Le temps (qui passe) permet aux trois frères vengeurs de se rapprocher sans cesse, mais Ringo tente de voir, puis ensuite de convaincre sa femme de la possibilité d'une nouvelle vie.Un fermier de passage au comptoir (Tommy) parle rapidement de sa vie, et incarne le rêve futur de Ringo.
L'espace: à chaque fois que Ringo se dirige vers la porte du bar, là où la carabine du père vengeur peut l'atteindre, un mini-événement surgit, qui le fait rester dans le bar.

Artifices dont le réalisateur abuse afin de créer une intensité dramatique.

Bien sûr, le père sera désarmé, les trois frères arrêtés, mais le danger vient d'ailleurs, de Hunt, un jeune futur pistolero, incarné par Skip Homeier.

La fin sera morale: un Ringo agonisant ne veut pas que son assassin soit enfermé, mais le "condamne" à une vie de cible humaine.
Et l'église permettra à son épouse d'avouer enfin son nom véritable.

De réelles longueurs dans ce film, c'est vrai.
Ce n'est pas tant dans le fait que Ringo soit coincé dans le bar que je les ressens, mais plutôt dans l'abondance de dialogues; ceux avec son ami shérif, ceux avec son épouse, et même celui avec son fils, qui n'échappe pas aux poncifs du genre.

Malgré l'intérêt que j'ai toujours porté à Peck, acteur que j'apprécie, ce Gunfighter n'est pas de mes films repères, sans doute trop bavard et surtout trop convenu dans sa dramaturgie.

Le jeu des acteurs est par contre de bonne qualité, et méritait un autre sort.
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Re: La cible humaine - The Gunfighter - 1950 - Henry King

Messagepar Vin » 05 avr. 2009 9:12

Salut Pablito :sm32:
Salut Pedro :sm40:
Que tal ce matin ? :sm32:
ça tal pas mal, y tu ? :sm40:
Ben il y a oune noubelle roubrique, au coin dou feu,ça né marsse qué l'hibère? :sm32:
Si si, quando el printemps es aqui, faut trouber oun autre nom, plousse adapté à la saison, comprendes? :sm40:
Ah si, yé comprendo! Faut dire qué cé lés ouesternes au coin des toulipesses? :sm32:
Si, tou a tout bien compris, et commé ça, les gars y vont rebenir en la noche para scribir. :sm40:
Muy bien, on sé revoit plouss tard, et on régarde si celà a changé (mais toi non plous tu n'as pas sangé) :sm32:
Muy bien Pedro, si you laiteur, comme y disent los gringos.:sm40:
D'accordo,Pablito :sm32:
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Re: La cible humaine - The Gunfighter - 1950 - Henry King

Messagepar laurent » 05 avr. 2009 15:57

Tout d'abord, un film en noir et blanc pour un film de 1950 : un choix économique de la part du réalisateur ?
Non, un choix judicieux !
En effet, ce qui frappe d'emblée après avoir revu ce film est non seulement l'absence de couleurs (pour un film de cette qualité) mais aussi l'absence de thème musical tout au long de celui-ci.
Les raisons apparaissent pourtant d'elles-mêmes : cela accentue le côté dramatique en ôtant toute chaleur à la ville ( lorsque Ringo arrive à Cheyenne, celle-ci semble vidée de ses habitants, à part karl Malden qui joue là le rôle du barman ).
Les décors qui misent sur le réalisme, ne peuvent noyer le regard dans de somptueuses tapisseries flamboyantes .
Le sentiment de solitude qui impreigne le personnage s'en trouve de même renforcé.
Tous les sens sont focalisés sur l'action qui se déroule ainsi que sur les dialogues.

L'abcence de musique "pèse" et alourdi l'athmosphère, créant une sorte de tension.
Les dialogues sont de qualité, abondants, mais pas rébarbatifs, ils sont nets, précis et font progrésser l'action sans demi-mesure.
Le personnage principal maintenant : johnny Ringo.
Un homme dont on sait d'emblée quelques renseignements dès les premières vues.
Il boit volontiers du whisky, n'est pas du genre clinquant ( ses habits sont usés ), il opte pour un air blazé et triste losqu'il entre dans un saloon.
Ensuite, tout au long du film l'écorce tombe autour de sa personnalité.
On apprend succéssivement qu'il revient au pays après huit ans d'absence revoir sa bien-aimée et le fils qu'ils ont eus ensemble.
Le shérif un ami et un ancien membre de la bande à jimmy nous apprend que celui-ci fût autrefois un jeune loup "un peu crâneur".
Ringo se définit lui-même comme un homme : "victime de malentendus" pour qui souvent la vie se résume essentiellement à choisir entre : "lui et les autres".
Contrairement à l'air renfrogné et taciturne qu'il affiche, il n'hésite pas à discuter au bar avec un jeune fermier en lui posant d'un air courtois et affable de multiples questions sur sa vie de petit propriétaire terrien, vie dont Ringo aspire lui-même en secret.
Il ne pourra réaliser se rêve, car s' il reverra son amour et son petit garçon durant quelques instants avec la complicité du shérif, il sera descendu par traîtrise par un jeune homme (un vaurien) dont il était à peu de choses près la copie conforme ( la lâchetée en moins ) quelques années auparavant.
Celui-ci par son acte, devance ainsi trois frères d'un homme tué par Ringo au tout début du film, et venus en ville à ce même moment pour essayer de lui régler son compte ( toujours l'image de l'étau qui se ressérre irrémédiablement autour de lui...).
Il condamne avant de mourir son jeune assassin à subir non pas la corde, mais la malédiction dont il fût lui-même victime : celle du gunfighter ( tuer ou être tué ) sans d'autre fin possible que la mort prochaine.
Le film se termine avec la venue à ses obsèques, de sa femme et de son fils ne se cachant plus sous une fausse identitée.

Un bien beau film sur le thème de la rédomption, avec un très grand Gregory Peck.

Laurent.
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Re: La cible humaine - The Gunfighter - 1950 - Henry King

Messagepar Vin » 05 avr. 2009 19:22

Pas exactement d'accord avec toi.
Je trouve que la multitude de dialogues n'apporte pas grand chose à l'action, qui est elle-même réduite au minimum.
Je ne pense pas d'ailleurs que l'on puisse conclure à une volonté de rédemption de Jimmy Ringo, au sens réel du terme.
Ringo ne regrette pas grand chose, ce qui lui arrive est de la faute des autres, et alors même qu'il veut raccrocher, il est toujours prêt à se battre.

Ne serait-il pas plus simple de changer de nom, afin de se faire oublier?

L'un des reproches majeurs que je fais à ce film, outre ceux déjà signalés (bavardages, manque d'actions) est tout simplement que le réalisateur commence à taper dans la porte qui 10/12 ans plus tard s'écroulera, et laissera entrer des tonnes de réalisateurs qui voudront démythifier l'Ouest et démystifier les spectateurs, en leur disant : regarde, tes héros, c'est celà, des types crasseux, parfois laches,évoluant dans un environnement misérable.

Ceci n'a bien sûr rien à voir avec la performance de Peck, dont je suis un inconditionnel, même si ce n'est pas là son meilleur film.
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Re: La cible humaine - The Gunfighter - 1950 - Henry King

Messagepar laurent » 05 avr. 2009 21:43

Ringo veut se battre pour sa vie, pas par besoin ou par reconnaissance ( ce dont il se passerait bien ).
Quand je parle de redemption pour Ringo, je pense à sa famille.
Il souhaite se racheter principalement aux yeux de celle-ci, en leur offrant une vie dont il estime être la meilleure possible, en fonction de ses possibilités.
Un brin d'égoisme ? probablement.
Quand aux dialogues, certes nombreux dans le film, je persiste à dire qu'il ne sont pas ennuyeux mais nécessaires pour cerner au mieux la personnalité du personnage principal.
L'action en elle-même ne se compose pas de faits qui pourront satisfaire les amateurs de sensations fortes.
Par contre, ceux qui recherchent une histoire sur un homme tout à fait singulier et digne d'intêret, se passeront de cela au profit de la richesse narrative contenue dans les dialogues.

Quand à savoir si le personnage constitue une forme embryonnaire du futur héros de western spaghetti je ne pense pas.
Il est je crois encore bien trop tôt pour cela ( 1950 je le rappelle ).
Même si la seconde guerre mondiale est passée par là, nous n'en sommes pas encore à la guerre du viet-nam et aux véritables prises de positions contestataires.
Mais là, je te conseille de lire la thèse sur le sujet avancée par Georges-albert Astre et albert-patrick Hoarau dans leur livre "Univers du western" aux éditions Seghers que tu dois très probablement posséder depuis fort longtemps.
Car je suis en ce qui me concerne partisan de ce qu'il avancent, au sujet de l'évolution du genre.

Cordialement.
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Vixare
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Re: La cible humaine - The Gunfighter - 1950 - Henry King

Messagepar Vixare » 05 avr. 2009 22:07

Dans le débat qui vous divise personnellement j'ai ressentis le film bien plus du côté de Laurent. Je ne l'ai vu qu'une fois il y a déjà plus d'un an mais j'avais tout de suite accroché, dés la fin j'ai fais les parallèle avec les tragédies Grecques à travers un héros qui semble soumis à la fatalité, il retarde l'échéance tant qu'il le peut mais toutes les forces sont contre lui ou presque. Personnellement j'apprécie beaucoup ce genre de situation quand l'atmosphère s'y prête et je crois qu'ici Henry King a bien servi son monde. Je vais tacher de le revoir pour vous rejoindre plus profondément par la suite.
" Leboeuf j'te conseille de pas te trouver sur ma route ou tu t'rendras compte que j'suis pas encore fini et que j'ai encore une bonne dose de dynamite dans les poings !"

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Re: La cible humaine - The Gunfighter - 1950 - Henry King

Messagepar Vin » 05 avr. 2009 22:37

Je ne vois pas dans la démarche de Jimmy Ringo la moindre rédemption.
Il a tué, souvent, et maintenant il veut vivre tranquille avec sa famille.
Je ne perçois pas dans tout celà la recherche du pardon de ses fautes, si ce n'est par sa femme, et celà car il en a assez d'errer, et veut vivre une vie de mari et de père.
A mon avais, le brin d'égoisme dont tu le crédites ressemble fort à un fagot.

Quant au western spaghetti, je ne vois pas y avoir fait allusion.Il y a une excellente raison à celà, que beaucoup connaissent : je n'aime pas le western italien.
Je n'ai donc pas dit que Ringo préfigurait qui que ce soit.
On est en 1950, et bien que le sentiment général soit que cette décennie soit la plus riche et la plus productive en matière de westerns, c'est aussi celle des premiers doutes.
Sans même parler des ravages du maccarthysme,qui influencèrent la vision traditionnelle de certains réalisateurs,d'autres sentiments se profilent: La flèche brisée est contemporaine de La cible humaine, par exemple.
Bien sûr, les fifties nous réservent encore de belles pellicules empreintes de classicisme.
Si tu relis ce que j'ai écris, je dis simplement que King commence, peut être inconsciemment, à ouvrir la brèche qui va s'écarter 10 à 12 ans après.
Je me réfère au cinéma américain, pas au cinéma européen.
Je n'ai pas le souvenir d'avoir vu beaucoup de films italiens prenant en compte le mal-être américain, et celà semble tout à fait logique.
Ils avaient déjà à prendre en compte le leur.

King donne un coup de pied dans la fourmilière : quoi, ce n'est pas une vie de rêve que celle de tueur?
Comment? Pas de retour en arrière possible?

C'est un film qui pose ces questions, et en celà, il sort du commun.
Quant au reste, je crois que nous pourrons en parler pendant des lunes, je crois que nous ne pourrons nous mettre d'accord sur la forme du film.
La richesse narrative dont tu fais état me semble assez factice, reprenant des arguments déjà entendus mille fois sur les bons et les méchants (dans l'Ouest) mais ici délayés à l'infini.
Quant au bouquin,merci pour les conseils de lecture.

Il va nous falloir attendre d'autres forumeurs je le crains, pour ma part les mots huis-clos et westerns sont souvent empreints d'antinomie.
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Re: La cible humaine - The Gunfighter - 1950 - Henry King

Messagepar Vin » 05 avr. 2009 22:38

Oups, salut Vixare!
Attendons donc tes commentaires
:wink:
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Sartana
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Re: La cible humaine - The Gunfighter - 1950 - Henry King

Messagepar Sartana » 06 avr. 2009 9:54

Oups désolé en mettant mon grain de sel je vole la politesse à Vixare :oops:

Certes nous avons affaire à des thèmes très connus du western mais quid de l'ambiance ?

Le huis-clôt démontre l'enfermement que doit subir Jimmy pour ne pas risquer sa vie à chaque coin de rue, il est comme traqué de ville en ville. Ici pas de grands espaces, les grands espaces c'était dans le bon vieux temps, quand il était libre avec sa bande, d'en faire voir à Wyatt Earp. Désormais, la bande est dissoute, le jeune homme a 35 ans, et il se confine dans des saloons en attendant de trouver quoi faire.
Car s'il refuse qu'on l'appelle assassin, c'est pourtant bien ce qu'il est. Et il ne sait faire que ça. La différence, c'est que parce qu'il veut raccrocher et tourner la page, il considère que c'est ce qu'il a été. Hélas tout le monde ne l'entend pas de la même oreille et c'est bien normal.
Je rejoins Vin dans le fait que je ne comprends pas pourquoi on parle du thème de la rédemption car ici il n'en est rien. La rédemption c'est racheter ses péchés. Mais comment rachète-t-on des meurtres ? Ce n'est pas en voulant s'installer avec sa femme qu'on cherche à racheter ses péchés. Faire cela, c'est juste se "ranger des affaires".

En ce qui concerne la forme du film, en revanche, je trouve que c'est très bien. Pourquoi beaucoup de dialogues et peu d'action ? Cela tient à des raisons pragmatiques, liées à l'histoire même : comment voulez-vous que Jimmy se maintienne en semi-liberté (prisonnier du saloon) s'il descend la moitié de la ville dès les 20 premières minutes ? Il serait enfermé par le shérif et alors là, adieu le scénario. Pour qu'il reste libre de quitter la ville et de recevoir la visite de sa femme, son gosse etc... il faut bien qu'il ne lui arrive rien de fâcheux lors de son séjour. Si dès son arrivée il tuait trois provocateurs, fini le film. Et plus de "rangement des affaires" qui tienne, puisqu'il aurait encore récidivé. Personne n'aurait voulu le revoir...

La cible humaine, c'est High Noon en mieux. En ce sens que là aussi, on attend à une heure précise trois bandits qui arriveront fatalement. La seule différence est que notre héros n'est pas seul face au problème, puisque le shérif le soutient. Néanmoins on retrouve ce huis-clôt de la ville, celui du saloon également, oppressant, du moment où il entre en ville Jimmy revoit peu le jour, si ce n'est pour empêcher quelqu'un de le tuer. On aimerait bien nous aussi voir le soleil, le ciel mais non, il y a toujours un mur, des portes qui nous en empêche. Paradoxalement, Jimmy aura bien peu de porte de sortie à son affaire, excepté la porte de derrière, celle que prenne les stars qui évitent la foule, ou ceux qui ont honte du spectacle qu'ils offrent.

La cible humaine est donc un western plus profond qu'il n'en a l'air, et il va falloir continuer de creuser, amis prospecteurs :wink:
"Il suffit de franchir les limites de la violence individuelle qui est criminelle,
pour atteindre la violence de masse qui... qui fait l'histoire..." Brad Fletcher dans Le dernier face à face
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Re: La cible humaine - The Gunfighter - 1950 - Henry King

Messagepar laurent » 06 avr. 2009 14:46

Ce film est basé sur une histoire d'andré De Toth et william Bowers.
"The gunfighter, déclarait De Toth, était l'un des premiers westerns modernes.
L'idée m'en est venue dans un bar. J'ai constaté que dans ces établissements on essayait toujours de provoquer des gens comme Errol Flynn ou Clark Gable.
Chaque fois qu'ils entraient dans un bar ou dans un restaurant, il y avait toujours quelqu'un, un petit jeune qui voulait crâner, qui les traitait de dégonflés.
Je me suis dit que, dans l'ouest, ce devait être la même chose."


sources : "rencontre avec andré De Toth" dans cahiers du cinéma n°197.
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Re: La cible humaine - The Gunfighter - 1950 - Henry King

Messagepar Pike BISHOP » 06 avr. 2009 21:52

Je crois qu'il y a de la part de KING et DE TOTH volonté de raccrocher le western à la règle des 3 unités de la tragédie classique...
Pari presque tenu excepté l'introduction et le premier provocateur (notre petit bras courts Richard JAEKEL)....
D'autres vont s'y engouffrer utilisant presque parfaitement le temps réel de diffusion HIGH NOON, 3H 10..Quelques Mc MURRAY...
Toutes les entrées sorties, rencontres épisodes tragiques, semi-comiques (la vieille de la ligue, pathétiques, moralisateurs
sont dignes d'une représentation théatrale bien rythmée.

aparté : Vin, quand tu parles d'un western avec Peck que tu adores.. Tu dis toujours "Ce n'est pas son meilleur !!" Quel est son
meilleur d'après toi ?
If they move, kill'em !!

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Re: La cible humaine - The Gunfighter - 1950 - Henry King

Messagepar Vin » 07 avr. 2009 0:16

Hello Pike

Sur Peck, voici ce que j’ai écrit ( je te fais simple, juste la ou les phrases essentielles) :

-Les grands espaces :
« Quant à Peck, impeccable.

Lorsqu'un acteur incarne un rôle dans lequel on ne peut imaginer un autre acteur l'interpétant avec une plus grande force de conviction, c'est que l'acteur en place est au top, de mon point de vue. »

- L’or de McKenna :
« Pour le fan de Gregory Peck que je suis, le moins bon de ses westerns, alors qu'il suffisait de peu. »

- L’homme sauvage
« Laissez-vous tenter, même si ce n'est pas le meilleur Peck. »

-Les bravados :
« Peck a été l'un de acteurs les plus doués de sa génération, passant de la comédie légère (Ah, Audrey!) au drame ( Ava et le Kilimandjaro) avec un égal bonheur. »

-La ville abandonnée :
« Pas grand chose à dire...C'est l'un de mes préférés, comme souvent lorsque Peck joue dans un film. »

-Duel au soleil
:pas vraiment de commentaires sur Peck… "Peck en méchant, ce n'est pas commun en effet."
C'est vrai que ce n'est pas un western au sens traditionnel du terme.
C'est un drame, dont l'action se situe dans l'Ouest,…. »(film que j'aime beaucoup)

-La conquête de l’ouest
: je ne parle pas de lui dans la très courte remarque que j’ai fait sur le topic, mais dans un autre post, je disais qu’à mon sens lui et Jimmy Stewart étaient ceux qui s’en sortaient le mieux.

-Fort invincible :
"un héros sombre et discret, Gregory Peck parfait dans son rôle de capitaine de l'US Cavalry "

RAS sur Quand siffle la dernière balle,Un colt pour une corde, souvenirs trop lointains ( pas bon signe !)

Ma quasi-première phrase sur la bio que je lui ai consacrée sur le forum : " L'affaire avait pourtant mal commencé, le premier film que j'ai vu avec lui était "Moby Dick" et en toute franchise, je ne l'ai pas aimé dans ce rôle.
Aussi, pendant des années, son nom sur une affiche m'interdisait d'aller voir le film dans lequel il jouait!

Et c'est par le western, "The big country" je crois, que je l'ai rédécouvert, et apprécié."


Tu vois, cheminement personnel, et découverte progressive de l’une des plus belles et des plus diversifiées des filmographies d’Hollywood.

Tu l’as remarqué, je ne classe jamais les films, du moins en leur mettant une note.
Là, je peux dire grosso modo qu’en numéro 1 figure sans doute Les grands espaces, et en dernier l’or de Mckenna.

Tu m’as fait faire des heures sup’ !
:wink:
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musselshell
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Re: La cible humaine - The Gunfighter - 1950 - Henry King

Messagepar musselshell » 07 avr. 2009 9:08

Je n’ai pas vu le film depuis un bon bout de temps…alors je n’entrerai pas dans des détails de construction formelle et d’efficacité narrative…Les souvenirs sont là néanmoins, souvenirs du quasi huis- clos , d’une atmosphère oppressante en route vers l’inéluctable…Trop bavard ? Il me faut le revoir pour en juger…idem en ce qui concerne des trucs de mise en scène trop voyants ou répétitifs. Le souvenir, puisque souvenir il y a, me laisse cependant le goût d’un produit plus achevé, plus efficace que ce qu’en dit l’ami Vin. A vérifier.
Au-delà de la spécificité du film dans le cadre du western, je crois qu’il convient tout autant de l’inscrire dans la thématique récurrente des collaborations entre King et Peck…dont le moins que l’on puisse dire est bien qu’elles travaillent toutes autour de la fêlure, de l’échec,de la conscience torturée, du bilan rétrospectif…qui accable plus qu’il ne satisfait. Avec à chaque fois quelque chose de l’ordre du sceau du destin…Il y a déjà cette dimension là dans le Jesse James de 1939 avec Tyrone Power, dont les films avec Henry King relèvent aussi d’une certaine exploration de la torture intérieure.
En 52, Peck détruit son couple dans Les Neiges du Kilimanjaro...
En 57, Power endossera les oripeaux du narrateur impuissant victime du destin et de l'absurde dans Le soleil se lève aussi…En 59, Peck devient le Fitzgerald du bout de la course, rongé par l’alcool et le délitement…Autant de références, tant à partir d’Hemingway que via la mise en images de l’écroulement de F.S.Fitzgerald, qui signent une constance de la thématique...
Les deux westerns de King avec Gregory Peck peuvent à mon avis aussi s’éclairer sous cet angle là… Celui de l’aveuglement et de l’échec, de la confrontation avec soi même, toujours dramatique parce que sans porte de sortie…sans retour possible en tous cas...
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.

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Re: La cible humaine - The Gunfighter - 1950 - Henry King

Messagepar Vin » 07 avr. 2009 9:18

Salud compadre.
Je te laisse le revoir tranquille.
Par contre, pour les neiges du kilimandjaro, il faudra que nous nous téléphonions....
:mrgreen:
Je partage moyennement ta vision, et d'ailleurs Hemingway va lui jusqu'au bout de la logique destructrice, ce que King se garde bien de faire dans le film, qui n'en est pas moins magnifique.
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