La Mort était au Rendez-Vous - Da Uomo a Uomo - 1968 - Giulio Petroni

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La Mort était au Rendez-Vous - Da Uomo a Uomo - 1968 - Giulio Petroni

Messagepar Personne » 01 juin 2008 10:57

Le western du mois de juin 2008 sera un western européen avec les regrettés, Lee Van Cleef et John Philip Law qui vient de nous quitter.

Titre anglais : Death rides a Horse

Avec:

Lee Van Cleef ... Ryan
John Phillip Law ... Bill Meceita
Mario Brega ... One-Eye (Paco)
Luigi Pistilli ... Walcott
Anthony Dawson ... Burt Cavanaugh
José Torres ... Pedro (as Jose Torres)
Franco Balducci ... Sheriff
Bruno Corazzari ... Walcott's accomplice
Felicita Fanny ... Village girl
Ignazio Leone ... Shepherd
Carlo Pisacane ... Holly Spring Station master
Angelo Susani ... Walcott Henchman
Guglielmo Spoletini ... Manuel
Vivienne Bocca ... Walcott Henchman
Walter Giulangeli ... Mr. Meceita, Bill's Father

Un homme cherche à se venger du massacre de sa famille qui a eu lieu 15 ans plus tôt...

Attention, les SPOILER sont Autorisés, donc ne lisez pas ce topic avant d'avoir vu le film.

Tous les documents sont à poster dans ce topic:
viewtopic.php?f=20&t=6883

Que le débat commence! :beer1:
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Re: La Mort était au Rendez-Vous - Da Uomo a Uomo - 1968 - Giulio Petroni

Messagepar Trinita » 01 juin 2008 11:31

Un des premiers western spaghetti que j'ai vu en dehors des Leone. Donc j'ai une tendresse très particulière pour ce film. Alors pas vraiment objectif.
Mais il est vrai qu'il reprend certains code des films de Leone et ces acteurs : Pistilli et Brega entre autres.
D'autres se chargeront surement mieux que moi pour en parler.
"celui qui a inventé les spaghettis c'est pas la moitié d'un con !!!!" Trigado dans Far West Story

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Re: La Mort était au Rendez-Vous - Da Uomo a Uomo - 1968 - Giulio Petroni

Messagepar rex lee » 01 juin 2008 14:51

Attention , ce film est un pur chef-d'oeuvre et je pèse mes mots .
Je l'ai vu à sa sortie , à l'autome 1968 , quelques mois à peine après " Le bon ,la brute et le truand " et ce western lui tient la dragée haute ...en terme de qualité .
Pétroni est un homme qui a le sens de la mise en scène et de la dramaturgie . Sa séquence d'ouverture - la nuit , l'orage , le massacre - est un modelèle du genre et le duel final est très émouvant .
Les acteurs sont impeccables : Lee Van Cleef trouve là l'un de ses 4 meilleurs rôles , J. L. Law fait penser à la fois à Eastwood ( la voix , les vêtements sans le poncho ) et à Nero dans " Le temps du massacre ". Les vilains ne sont pas en reste : Luigi Pistilli est ignoble à souhait ,Mario Brega ,josé Torrès , Anthony Dawson et William Bogart font du bon boulot , sans oublier Bruno Corazzarri et Jeff Cameron en homme de main de Dawson qui se fait descendre dans son saloon.
Les "locations " en Almeria constituent un décor naturel parfait ,et on reconnait le petit village qui sert de cadre aux "Tueurs de l'ouest" et à " sentence de mort" , entre autres films tournés là. (la "reception" de la bande à Pistilli par les péons , supervisées par Van Cleef est un hommage avoué aux " 7 mercenaires ".)
Quant à la la musique de Morricone , elle est envôutante , comme toujours .
Donc un film incontournable pour tout amateur de western européen qui se respecte , et même pour les autres , car Pétroni est plus classique que Leone .
Et si je devais n'emporter que 10 westerns sur une île deserte , celui-là serait du nombre , à coup sûr !
Que ceux qui ne l'ont pas encore vu se précipitent sur le DVD MGM avec piste française , on le trouve assez facilement !

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Re: La Mort était au Rendez-Vous - Da Uomo a Uomo - 1968 - Giulio Petroni

Messagepar Trinita » 01 juin 2008 17:14

Anthony Dawson, c'est pas le pseudo de Antonio Margheretti ?
En tout cas je partage l'entousiasme de Rex Lee pour ce film.
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Re: La Mort était au Rendez-Vous - Da Uomo a Uomo - 1968 - Giulio Petroni

Messagepar tepepa » 01 juin 2008 17:21

Je commence par la critique écrite sur mon blog:

La mort était au rendez-vous est le parfait western italien, qui copie tout sur Leone (et surtout Et pour quelques dollars de plus) avec talent et bonne conscience, et qui parvient tout de même à dégager un parfum d’authenticité de genre réjouissant. Adulte et enfantin à la fois, le scénario offre son lot de violence à l’italienne tout en restant sobre dans la démesure. Les relations père/fils entre Lee Van Cleef et Clint East… heuu John Philip Law ainsi que le thème de la ville corrompue et les magouilles du méchant inscrivent le film dans un registre adulte et sombre, tandis que le motif de la vengeance bornée associée à des éléments figuratifs simplistes (l’éperon, le tatouage, la balafre etc) rappellent la logique de films destinés plutôt aux plus jeunes comme Le Dollar Troué ou Wanted avec leurs revolvers aux canons sciés et leurs fers de marquage qui reviennent tels des leitmotivs visuels tout aux long du film.

De même, contrairement à des films ultérieurs type Sabata, la mort porte sa signification, même chez les méchants. Lorsque Clint… heuu John Philip Law abat l’un des meurtriers et accomplit ainsi sa vengeance, il se retrouve confronté au frère du défunt ivre de rage qui est bien décidé lui aussi à se venger. La litanie n’en finit pas, et bien que la pirouette scénaristique qui fait du frère l’un des meurtriers recherché permet facilement de faire oublier que la vengeance appelle toujours la vengeance, ce passage montre des méchants à visage humain, au sens tragique prononcé comme dans les tous meilleurs westerns spaghetti de la période noire.

Par contre, les coups de pute continuels entre Clint Philip Law et Lee Van Cleef à base d’abandon répétés dans le désert – sans aucune conséquence dramatique – contrebalancés par des sauvetages de l’un par l’autre à chaque fois qu’une situation délicate pointe le bout de son nez, rappellent plus l’esprit « libertaire » du western spaghetti, où les contingences matérielles n’ont décidément pas prise sur la réalité. Lee Van Cleef, abandonné sans cheval au milieu de nulle part, arrive dans le pueblo, déguisé en peon avec des ânes et des armes en nombre suffisant pour fomenter une petite révolution. Et il arrive pile avant que Clint Philip Law soit cuit à point, ce qui tombe plutôt à pic.

Cette dualité de genre, entre le registre sombre et flamboyant, et le registre aventures enfantines se retrouve également dans la mise en scène. Giré en parle dans son livre, La mort était au rendez vous offre deux très belles séquences : d’abord, le massacre inaugural, sous la pluie battante, grinçant et persécuté par une musique asynchrone d’Ennio Morricone, indique très clairement qu’on n’est pas ici pour voir un film où John Wayne va taper la discute pendant trois quarts d’heure avec une nana sous un arbre, avec tout le respect qu’on lui doit. Ensuite cette scène, où Lee van Cleef se moque gentiment de Clint Philip Law enterré sous le soleil pendant que la musique d’Ennio Morricone s’entête et accompagne tous les villageois qui surgissent de leurs maisons les uns après les autres pour venir le déterrer, donne une idée du talent de réalisateur de Petroni quand il s’en donne la peine.

A l’inverse, la volonté de vouloir trop en mettre, de condenser en un quart d’heure une résistance paysanne type Les sept mercenaires, puis un siège éprouvant et lancinant sur fond d’ersatz de Deguello à la Rio Bravo/Alamo puis un shoot’em up dans la poussière à la Et pour quelques dollars de plus démolit complètement la crédibilité de l’entreprise et range plutôt le film dans le genre « aventures à la queue leu leu où on ne se prend pas la tête ». Tant pis et tant mieux. La mort était au rendez vous, à défaut d’être le grand film qu’il aurait pu être, est le parfait étalon du parfait western spaghetti, ce qui n’est pas rien. Le type de western spaghetti avec un titre pas trop con, ce qui vous permet déjà de le proposer à votre entourage sans entendre fuser les rires, sans trop de démesure violente et tortionnaire, ce qui pourrait permettre à votre môman et à vos enfants de le voir avec plaisir, suffisamment bien réalisé, suffisamment inventif et haletant pour que ceux qui ont vu Et pour quelques dollars de plus il y a un certain temps déjà ne ricanent pas trop devant le plagiat du style Leonien, suffisamment réussi, en bref, pour s’adresser à tout le monde, et pas seulement au fan indulgent qui saute au plafond de joie dès qu’il y a un peu de trompette ou Anthony Steffen qui dégaine...

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Re: La Mort était au Rendez-Vous - Da Uomo a Uomo - 1968 - Giulio Petroni

Messagepar rex lee » 01 juin 2008 17:34

Trinita a écrit :Anthony Dawson, c'est pas le pseudo de Antonio Margheretti ?

Oui, mais là, il s'agit d'un acteur anglais que l'on vu dans "Le crime était presque parfait " d' Hitchcock ( chargé de tuer Grace Kelly ,cette dernière lui plante une paire de ciseaux dans le dos ) et dans " Soleil rouge " ,aux côtés de Delon .

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Re: La Mort était au Rendez-Vous - Da Uomo a Uomo - 1968 - Giulio Petroni

Messagepar Trinita » 01 juin 2008 17:42

Merci pour ces précisions.
"celui qui a inventé les spaghettis c'est pas la moitié d'un con !!!!" Trigado dans Far West Story


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Re: La Mort était au Rendez-Vous - Da Uomo a Uomo - 1968 - Giulio Petroni

Messagepar tepepa » 02 juin 2008 16:41

rex lee a écrit :Je l'ai vu à sa sortie , à l'autome 1968 , quelques mois à peine après " Le bon ,la brute et le truand " et ce western lui tient la dragée haute ...en terme de qualité .


Oui enfin pour ma part, je le trouve quand même inférieur au "Bon la brute et le truand". Un défaut qui me gêne dans La mort était au rendez-vous, c'est le mépris total de l'espace, les déplacements des personages manquent de crédibilité comme je l'ai dis dans ma critique plus haut. On les retrouve un coup sous la pluie, un coup dans le désert, un coup au Mexique. Trop de lieus différents, trop de scènes "à faire" en particulier à la fin gâchent un peu le plaisir. Dans Le Bon la Brute et le Truand, les protagonistes parcourent aussi des milliers de kilomètres, l'action est aussi constante, mais comme le film est beaucoup plus long, tout ça se tient bien sans que cela ne choque trop! :horse: D'autre part, avec Le Bon la Brute et le Truand, Leone commençait déjà à élever son cinéma au delà du western spaghetti, alors que Pétroni n'en est qu'à copier habilement Et pour quelques dollars de plus. Pour moi, La mort était au rendez-vous est le parfait étalon du western spaghetti, parce qu'il est parfait dans la forme, mais il n'apporte rien de novateur au genre comme l'ont fait Django, Le Grand Silence, Tire Encore si tu peux, El Chuncho qui ont su se démarquer de Leone.

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Re: La Mort était au Rendez-Vous - Da Uomo a Uomo - 1968 - Giulio Petroni

Messagepar rex lee » 03 juin 2008 6:37

tepepa a écrit :
rex lee a écrit :Je l'ai vu à sa sortie , à l'autome 1968 , quelques mois à peine après " Le bon ,la brute et le truand " et ce western lui tient la dragée haute ...en terme de qualité .


Oui enfin pour ma part, je le trouve quand même inférieur au "Bon la brute et le truand". Un défaut qui me gêne dans La mort était au rendez-vous, c'est le mépris total de l'espace, les déplacements des personages manquent de crédibilité comme je l'ai dis dans ma critique plus haut. On les retrouve un coup sous la pluie, un coup dans le désert, un coup au Mexique. Trop de lieus différents, trop de scènes "à faire" en particulier à la fin gâchent un peu le plaisir...


Il est évident que "Le bon , la brute et le truand" reste inégalé ...et si je m'y référe constamment , ce n'est pas pour rien .Si je parle de " La mort était au r.v. "en termes aussi élogieux ,c'est que le film me tient à coeur ! En 2 mots (car je ne veux pas lasser ) : en 68 , ce fut le choc :" Le bon , la brute ..." en pleine poire , en cinémascope , avec la musique de Morricone ...bref , le film qui a changé ma vie . Quelques mois après , je suis allé voir "Pendez-les haut et court " , car j'avais repéré Eastwood et pensais que le film était italien ( j'avais 13 ans !) J'ai été trés déçu de voir un western comme à la télé ! ( maintenant , j'apprécie ce film ) ...ET tout de suite après , oh joie !" La mort était au Rendez-vous " et la magie a opéré ...
Cela dit , il ne faut pas bouder notre plaisir en considérant le manque de crédibilité du scénario ...Dommage qu' à présent , on ne fasse plus de tels films !

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Re: La Mort était au Rendez-Vous - Da Uomo a Uomo - 1968 - Giulio Petroni

Messagepar Jean-Louis » 03 juin 2008 12:43

Je ne connaissais pas, je l'ai regardé hier :shock:

Et bien, j'ai revisité un bon nombre de poncifs

Le coup du tireur des litres

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Le coup des bottes derrière les rideaux

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Le coup de la trappe

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Et oui même le coup du chapeau, si si

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Ah j'oubliais aussi l'autre pomme qui ouvre sa chemise pour violer la fille, quel con...

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L'ai-je bien descen... disséqué ?

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Re: La Mort était au Rendez-Vous - Da Uomo a Uomo - 1968 - Giulio Petroni

Messagepar Reznik » 06 juin 2008 9:46

Effectivement ce film regroupe tous les poncifs, mais c'est ça qu'est bien !

Pour moi, sans égaler les œuvres de Leone, La mort était au rendez-vous reste une de leurs meilleures alternatives.
Alternant -justement- le clinquant et le ténébreux, le film contient pratiquement tout ce que le genre a inventé et donc réjouira les amateurs comme il fera fuir les réfractaires
.
La mise en scène navigue qualitativement entre le bon et le très bon, voire l'exceptionnel à l'occasion d'un des meilleurs prologues de western spaghetti qu'il m'ait été donné de voir. :sm12: Cete atmosphère, ces fulgurances graphiques ! :sm3:

Le bât blesse au niveau du scénario, qui manque de liant, et de l'acteur principal, J.P Law pâle ersatz de l'homme sans nom. Heureusement que quelques gueules comme L.Van Cleef complètent la distribution.

Du pur spaghetti au final, rien de plus, mais un bon. 7/10

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Re: La Mort était au Rendez-Vous - Da Uomo a Uomo - 1968 - Giulio Petroni

Messagepar Sartana » 06 juin 2008 10:18

La mort va à cheval

Ryan et Bill. Le père et l’enfant. Le professeur et l’élève. Leur relation se bâtit sur un apprentissage. Celui-ci tournant autour des chevaux. À chaque leçon, le cheval est emmené par le père, et le fils doit se débrouiller. C’est comme ça la vie. Et le cheval, c’est la mort. La mort qui rôde, qui n’est jamais loin, mais le père protège son enfant et emmène les chevaux loin de son fils, qu’il veut voir vivre.

Car si Bill se rapproche des chevaux, il court droit vers son destin qui est de risquer sa peau. Il ne tient que par la haine. Elle l’empêche d’avoir peur et d’avoir conscience du danger. Bill est déjà un automate. Ryan, lui, maîtrise les chevaux, la mort, il a l’expérience. D’ailleurs, n’a-t-il pas un pendentif en tête de mort, sans doute un talisman contre la Faucheuse ?

Puis, c’est à Bill de laisser Ryan sans cheval. L’élève croit pouvoir dominer la mort et son professeur. Il abandonne son père adoptif dans le désert, pour lui montrer qu’il a appris. Il n’en est rien. Dès qu’il part seul et avec deux chevaux, Bill se fourre jusqu’au cou (c’est le cas de le dire !) dans les ennuis. Ennuis dont seul Ryan va parvenir à le tirer.

D’ailleurs lorsqu’il arrive, Ryan n’est pas à cheval, il est à pied et tire un mulet. Comme pour montrer à Bill, par la bonhomie de cet animal qu’il ne sert à rien de vouloir à tout prix dominer un cheval. Il existe d’autres moyens de transport et des biens plus rassurants. Il ne sert à rien de courir après la mort, de la garder près de soi. Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse.

Death rides a horse est une histoire à morale, une fable, un conte. Bill repartira, à cheval, en ayant pardonné et laissé sa haine de côté, par attachement pour son « père adoptif ». Il a compris la leçon. Il était aveuglé par la haine, et la confiance qu’il a eu en Ryan, l’amitié aussi, lui a fait comprendre qu’il n’y a rien de bon à chevaucher la mort.

Il n’y aura pas de femmes dans cette histoire. À quoi sert l’amour quand il y a l’amitié ? Et Bill, croyant accomplir sa vengeance implacable, ne trouvera que l’amitié au final. L’amour sera l’étape suivante, Bill n’était encore qu’une machine à tuer. Après avoir découvert l’amitié et la confiance et avoir vaincu la mort, il pourra enfin s’ouvrir à l’amour, et le dompter comme on dompte un cheval sauvage.
"Il suffit de franchir les limites de la violence individuelle qui est criminelle,
pour atteindre la violence de masse qui... qui fait l'histoire..." Brad Fletcher dans Le dernier face à face
Personne a écrit :Sartana, tu as un coeur de pierre!

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Re: La Mort était au Rendez-Vous - Da Uomo a Uomo - 1968 - Giulio Petroni

Messagepar hugues » 06 juin 2008 10:20

tepepa a écrit :Je commence par la critique écrite sur mon blog:

La mort était au rendez-vous est le parfait western italien, qui copie tout sur Leone (et surtout Et pour quelques dollars de plus) avec talent et bonne conscience, et qui parvient tout de même à dégager un parfum d’authenticité de genre réjouissant


Effectivement, et je crois que c'est crucial pour comprendre les qualités et les limites de ce film, la production voulait faire du Leone sans Leone.
Le choix de l'equipe n'était pas le fait du hasard. Le scénariste Lucianno Vicenzoni avait ete embauché parce qu'il avait été le scenariste de "Pour quelques dollars de plus".

Je traduis l'extrait d'un interview de Vicenzoni en 98 par Cenk Kiral:
CK: Vous avez travaillé sur les meilleurs westerns italiens non réalisés par Leone, comme "La mort était au rendez vous "ou "Le mercenaire". Etait-ce un vœu des réalisateurs de ces films de s'inspirer du style de Leone? En les visionnant, vous remarquez que ces films reprennent des élements Leonien , comme le montage ou la musique - et vous, bien sur. Quel est votre avis sur le sujet?

LV: Tout le monde essayait. Après le succès de "Pour quelques dollars de plus" et de "Le bon, la brute et le truand", ils ont fait plusieurs centaines de westerns italiens en 6 ans. Tout le monde essayait de copier le style de Leone . Quelques uns ont eu du succès. Dans "La mort était au rendez vous ", United Artists voulait que je supervise le réalisateur. Alors, je lui ai donné tous les collaborateurs de Sergio Leone, et j'ai suivi toutes les prises de vue en Espagne. Je me suis battu sur quelques points, mais le film n'était pas mal. Un bon succès pour United Artists.


Dans le même sens, lors d'un autre interview pour Mad Movie, John Philip Law disait que le réalisateur Guilio Petroni ne cessait de l'appeler "Clint", alors il lui répondait "OK Sergio!". On était en pleine schizophrénie Leonienne!

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Re: La Mort était au Rendez-Vous - Da Uomo a Uomo - 1968 - Giulio Petroni

Messagepar Personne » 06 juin 2008 15:10

Beaucoup aimé cette relation 'd'homme à homme' qui poursuivent le même but, se venger d'une bande de voleurs/violeurs, devenus après 15 années des gens respectables ayant gravis tous les échelons sociaux. Ces deux hommes, l'orphelin et le vieux comme l'appelle Bill, se mettant des bâtons dans les roues à chaque fois que l'un sauve l'autre.

On sent poindre le western comédie derriére tout ça comme pour ce final shoot-them-up assez drôle dans le village ou chaque membre de la bande de Walcoot est tué d'une manière différente. Ils ont l'air de s'amusé et je dois dire que moi aussi. :D Adoré la mort de Cavanaugh, les passages à tabac de Ryan, l'enterrement de Bill en plein soleil, j'ai été mis mal à l'aise avec le début du film...

Clair que le film a des défauts, par exemple les hommes de mains complétement neuneu de Cavanaugh/Dawson, avec ce jeu de cache-cache avec Ryan qui leur pique leurs chevaux.
Oui des poncifs, c'est clair, il y en a, comme dans tous les westerns. Le coup du tatouage, c'est vrai que c'est con. Tiens, hier je prends mon train de banlieue et je tombe sur un jeune qui avait relevé une des jambe de son jogging au niveau du genou... C'est la mode me dis-je? Mais le jeune avait en fait un tatouage maori à montrer à la vue de tous, le gars est ridicule, mais il s'en fout, il est fier de l'exhiber.(J'espère que les tatoués du forum ne m'en voudront pas, vous êtes vous au moins discret derrière votre écran). J'imagine donc que Cavanaugh vient de se faire tatouer et qu'il est fier de le montrer à la fille qu'il va violer!! Ca ne fait pour moi que renforcer la folie de cette scéne. Les indices laissés par les meurtriers, gros comme une maison, la balafre, le tatouage donc, la boucle d'oreille, l'éperon... Je retrouve ça dans un film US récemment vu, Collines Brulantes ou un Fess Parker en vrai Sherlock Holmes retrouve tout de suite les assassins de son frère à cause de signes disctinctifs laissés à même le sol, un cigarillo trouvé par terre, la trace d'un éperon, un boiteux... Ce sont des raccourcis scénaristique inérant au format cinématographique. On ne va pas suivre une année d'enquète pour retrouver des assassins, on condense. De plus à ce moment là les zooms rapides de Petroni, ce filtre rouge, cette musique de Morricone renforce pour moi l'horreur que pourrait avoir un enfant devant une telle situation. Un plan un peu Hitchcockien en somme.

La musique de Morricone est devenu un petit classique en elle même, utilisé dans Kill Bill notamment, pourtant à un moment donné, je me suis vraiment demandé si c'était bien Morricone qui l'avait écrite. Je ne retrouvais pas les sonorités que j'aimais tant chez Leone. Je me suis dis que c'était peut-être finalement l'oeuvre d'un de ses éleve? Si quelqu'un a ce renseignement?

Assurément à mettre dans la catégorie des réussite du genre! :D
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