The Tryout - 1919 - Al J. Jennings

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lodieu didier
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The Tryout - 1919 - Al J. Jennings

Messagepar lodieu didier » 24 mai 2008 10:23

«The Tryout» est un western muet déconcertant quand on le remet dans son contexte. Ce film réalisé sans moyens aucun et montrant un réalisme surprenant, une sobriété plus forte encore que dans les Westerns de William S. Hart, le spécialiste du western de 1915 à 1926.
Ces qualités sont dues essentiellement à Al Jennings qui a écrit l’histoire de ce moyen-métrage (20 minutes environ) et qui interprète son propre rôle. Nous avions déjà évoqué ce badman dans Al Jennings of Oklahoma où une courte biographie avait été faite.
Pour ma part, nous retrouvons ce type de westerns qu’à la fin des années 60 et dans les années 70 avec Will Penny le solitaire ou encore le gang des frères James.
«The Tryout (l’essai) raconte l’histoire d’un gamin de 17 ans qui a perdu son père et laisse sa mère pour se joindre à une bande d’outlaws menée par Al Jennings. Celui-ci écoute ce que le kid a enduré, puis accepte sa présence en le mettant toutefois à l’essai.
Al Jennings souhaite braquer la banque de Ryan et il a besoin de quelqu’un pour surveiller l’extérieur de l’établissement. Le kid fera l’affaire. Au cours d’un déplacement, Al et ses amis arrivent dans une misérable ferme. Une femme échevelée lave du linge sous un appentis et un bébé tout sage est parqué dans une caisse en bois près de laquelle picorent des poules. Plus loin, nous découvrons le père, certainement un alcoolique.
Le gamin du couple, neuf ans environ, survient. Il est en haillons. Il a été battu par le père à coup de baguettes. À travers ces scènes filmées en plan d’ensemble, nous saisissons alors toute la misère des fermiers de l’ouest. Nous retrouvons là l’intensité des photos sépias qui sont passées à travers le temps. Elles se mettent en mouvement, subitement, sous nos yeux.
Le fermier raconte à Al qu’il doit de l’argent à la banque et qu’il se trouve en très mauvaise situation avec sa famille. Al lui propose de se joindre à eux pour attaquer la banque de Ryan et qu’il aura sa part. Il pourra alors rembourser ses dettes. L’homme accepte. Mais Al se méfie de type.
Voilà tous les badmen partis avec le nouveau type et le Kid.
Un beau jour, Al Jennings découvre que le gamin de l’ivrogne s’est vu offert un canif par son affreux paternel. Il conclut que le type les a vendus et qu’il s’est vu offert une récompense.
Bientôt, le groupe tombe dans une embuscade tendue par le Sheriff et sa Posse. Dans la fusillade, le sale type est tué. Tout ceci ne décourage pas Al qui déboule à Ryan avec ses hommes et le gamin. Ils s’éparpillent et Al entre dans la banque pendant que le Kid surveille sur le trottoir en bois. Un des méchants est capturé par les suppléants du Sheriff mais hormis cet incident, Al s’empare de l’argent et file à fond de train avec les membres du gang.
Ils reviennent dans le ferme misérable où les attendent la petite fille qui fait déjà âgée, et la mère qui rangeaient du bois pour l’hiver.
Généreusement, Al lui remet la part de son défunt mari, puis lui dit qu’il serait nécessaire qu’elle ne reste pas seule dans cet endroit. Le kid se propose alors de rester…
Al et ses hommes s’éloignent.

Dans ce Western dur comme la pierre, il n’y a pas d’atermoiements sur la condition des gens. Chacun doit accomplir son destin et se battre pour survivre dans un pays démuni de tout. Avec Al Jennings, il n’y a pas d’histoires d’amour à la fin, ni de sentiments exacerbés comme en est riche le film muet. En ce qui concerne les costumes, ce sont ceux que l’on voit sur les clichés d’époque. Ils sont d’une grande simplicité. Les chapeaux sont sans formes, les vêtements sont plissés, les ensembles dépareillés et les ceintures d’armes ne sont pas ciselées. Toutefois, ces gens à l’hygiène douteuse se rasent et ont les cheveux coupés, bien que leur longueur fasse penser qu’il y a un certain temps qu’ils ont vu le coiffeur. Personne n’a de premier rôle. C’est un peu comme si Al avait peint un tableau en montrant plusieurs personnages dont aucun se détache.
Al Jennings a su restituer ce qu’il a vécu et l’on pourrait dire qu’il avait inventé le néo-réalisme bien avant 1945 puisque le film date de 1919!
didier

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hugues
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Re: The Tryout - 1919 - Al J. Jennings

Messagepar hugues » 24 mai 2008 12:28

Très beau résumé.
Merci.

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chip
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Re: The Tryout - 1919 - Al J. Jennings

Messagepar chip » 24 mai 2008 13:26

Sacré Didier, tes résumés nous donnent toujours envie de voir des films hélas introuvables pour la majorité d'entre nous,mais c'est un plaisir de te lire. :applaudis_6:

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Jicarilla
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Re: The Tryout - 1919 - Al J. Jennings

Messagepar Jicarilla » 24 mai 2008 20:05

:applaudis_6: :applaudis_6: :applaudis_6: Alors là DIDIER un très bon 'TRY-OUT' j'en suis KNOCK-OUT.....
PARTI VERS D'AUTRES ESPACES Image

http://western-mood.blogspot.fr/

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Tecumseh
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Re: The Tryout - 1919 - Al J. Jennings

Messagepar Tecumseh » 25 mai 2008 21:02

:applaudis_6: Une fois de plus un beau résumé qui attise la curiosité et donne envie de découvrir ces regards lointains sur un genre qui nous est cher.
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