Il était une fois à El Paso - I senza Dio / Yo los mato, tú cobras la recompensa - 1971 - Roberto Bianchi Montero

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Breccio
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Il était une fois à El Paso - I senza Dio / Yo los mato, tú cobras la recompensa - 1971 - Roberto Bianchi Montero

Messagepar Breccio » 05 déc. 2007 12:48

Boudu ! il s’en passe des choses à El Paso ! Voyons si votre tonton Breccio peut vous résumer tout ça.

D’abord, y a le méchant, Carbancho (José Jaspe, titulaire d’un doctorat de l’École Fernando Sancho des bandidos mexicains velus, avec félicitations du jury et mention spéciale pour le coup de la montre à gousset des cinq secondes qui tuent) ; il est bête, il est méchant, il est crasseux, il est inventif, il est flanqué de la bande qui va bien, cicatrices, barbes de trois jours et paris stupides à foison – on en redemande.

Ensuite, y a Minnesota Killer (Chris Avram, un acteur roumain que Marina Vlady a ramené dans ses bagages après un petit séjour derrière le Rideau de fer – du moins s’y j’en crois sa fiche imdb), chasseur de primes genre colonel Mortimer, costard noir et expressivité aux abonnés absents, tueur glacial de derrière le congélo. Impeccable dans son registre.

Pis y a El Santo (Antonio Sabato), genre chien fou, velu lui aussi, mais sur le torse pour faire pâmer ces dames, qui a un compte à régler avec Carbancho et dont Minnesota Killer fait son associé – on devine que ça va pas bien se passer et on n’est pas déçu.

Plus les personnages secondaires de rigueur, qui tous répondent présent : le shérif tourmenté (Paolo Gozlino), qui veut la peau de Carbancho mais qui est handicapé par ses migraines ; le curé-barbier excentrique (Enzo La Torre), surtout là pour faire couleur locale ; la femme du banquier (Erika Blanc), troublante et pulpeuse créature de rêve ; la madone innocente (Pilar Velasquez), troublante et pulpeuse créature de rêve itou, mais dans un autre registre…

Plus la galerie habituelle de troisièmes couteaux qu’on aime tant, avec mention spéciale à José Canalejas, qui prend son pied comme pas un, et à Victor Israel, au strabisme impérial. Certaines sources font figurer Ken Wood (Giovanni Cianfriglia) au générique, mais je l’ai pô vu. Remboursez !

Bon, de quoi-t’est-ce-qu’est-il question au juste ?

Carbancho et/ou ses complices ont fait des coups fumants, préjudiciables à la banque d’El Paso, le banquier est furax, le shérif est impuissant et Minnesota Killer flaire la bonne affaire. Il s’associe avec El Santo, et tous deux démêlent l’écheveau, car, bien évidemment, Carbancho a bénéficié de complicités haut placées pour monter tous ses coups fumants.

Je vous raconte pas tout, ça vous gâcherait le plaisir de la découverte de ce western spaghetti qui ressemble à une pièce montée : y a de tout là-dedans, et en quantités pléthoriques – gare à l’indigestion.

Vu la date de sortie, on subodore une production tardive, et on n’a pas tort. Sauf qu’ici, pas de décadence trinitesque mais une volonté de jouer le jeu du western all’italiana classique, avec tous les ingrédients de base. Bon, le scénariste en fait un poil trop – c’est sans doute ce qui explique les migraines du shérif : il a lu le script, lui –, la caméra s’attarde avec amour sur des décors familiers – ah ! ce monastère en ruine… –, mais, personnellement, ça ne me dérange pas, bien au contraire !

Un film sympa, grâce auquel l’amateur jubilera de pas mal d’astuces de scénar et de mise en scène !

Breccio a dit : allez-y voir de plus près !

Bon, cela dit, pour voir cette toile, faudra vous contenter d’un DVD-R bricolé par ces aficionados qu’on aime tant, avec image délavée où l’ocre clair se mêle au beige foncé, sautes fréquentes et dialogues parfois coupés en pleine tirade. On prend ce qu’on a, et on le prend avec joie tant que les éditeurs préfèrent nous servir des daubes récentes avec bonus détaillant la commande du metteur en scène à Domino Pizza le jour où il a fallu tourner la séquence de la crucifixion du héros, alors que ledit héros était en désintox (quinze pages dans Gala, juste après le dernier rendez-vous d’amûr entre Nicolas S et Laurence F – mais je m’égare, et pas seulement Saint-Lazare).

Qu’essse vous faites à me lire ? Vous devriez déjà être en train de vous démouniquer pour dégoter un DVD de ce film, bande de nazes ! :mrgreen:

B

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Sartana
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Messagepar Sartana » 05 déc. 2007 13:00

Bravo, belle critique tonton Breccio ! ;)
J'ai ce film depuis quelques temps et pourtant lorsque me vient à l'idée de le regarder, j'ai une espèce de flemme incompréhensible qui apparait et je le range. Pourquoi ? Je l'ignore. Ca me le fait avec quelques autres spagh, je ne saurai pas l'expliquer...

Voici donc, en attendant que j'ai le courage de me motiver deux affiches identiques mais différentes :D

ImageImage
"Il suffit de franchir les limites de la violence individuelle qui est criminelle,
pour atteindre la violence de masse qui... qui fait l'histoire..." Brad Fletcher dans Le dernier face à face
Personne a écrit :Sartana, tu as un coeur de pierre!

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Trinita
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Messagepar Trinita » 05 déc. 2007 17:41

Encore une fois superbe critique et drôle avec ça. :mrgreen:
Encore un film qui m'a l'air interessant

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Fredge
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Messagepar Fredge » 05 déc. 2007 19:54

Ah, qu'elles sont belles, les histoires de l'oncle Breccio... :wink:

Fredge

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hugues
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Messagepar hugues » 05 déc. 2007 20:00

Je me méfie de Montero mais, c'est vrai, il est très bien ce film.

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Sartana
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Messagepar Sartana » 05 déc. 2007 20:03

Personnellement je trouve qu'il sait faire des films moyens qui tiennent la route :D


Scoop, et ceci n'a jamais été constaté dans les bouquins sur le genre : pour la petite histoire, je soupçonne les italiens d'avoir utilisé un titre de western déjà existant pour attirer le client. Une preuve ? Bon d'accord.
Titre original de ce film : I senza dio
Titre italien du western avec Randolph Scott Ville sans loi : I senza Dio.

Similitudes qui ne peuvent être un hasard. Ah la commercialité des italiens :roll:
"Il suffit de franchir les limites de la violence individuelle qui est criminelle,
pour atteindre la violence de masse qui... qui fait l'histoire..." Brad Fletcher dans Le dernier face à face
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