Si je te rencontre, je te tue - Se t'incontro t'ammazzo - 1971 - Gianni Crea

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Si je te rencontre, je te tue - Se t'incontro t'ammazzo - 1971 - Gianni Crea

Messagepar Breccio » 20 sept. 2007 13:25

Bon, alors j’ai trouvé plusieurs accroches pour cette critique.

Accroche n° 1 :
Si vous voulez faire un film, rappelez-vous deux principes de base :
— 1) N’oubliez pas d’engager un scénariste.
— 2) N’oubliez pas d’acheter un pied pour poser votre caméra dessus, sinon ça tangue.

Accroche n°2 :
Le western, c’est un jeu d’enfants : on dirait que tu es mort, non, on dirait que c’est toi le méchant, non, on dirait que je suis ton frère et que j’arrive sans prévenir et que je suis le tireur le plus redoutable de l’Ouest !

Accroche n°3 :
« De l’incongru au surréalisme, il n’y a qu’un pas, et le spectateur se retrouve bientôt en plein délire sans savoir comment il est arrivé là. » Détourné de Prosper Mérimée, rien que pour vous faire comprendre que votre Breccio, eh bien, il a des lettres. Si.

Alors, que j’essaie de vous faire comprendre l’histoire. Jack (Donal O’Brien — le seul acteur irlando-américain de spaghetti né à Pau), il est pas content, passque des méchants bandits ont interrompu sa séance de bûcheronnage dans les bois en décanillant toute sa famille, sauf sa nièce pleunircharde, qui est récupérée par une tante sicilienne flanquée de deux morveux cabotins comme c’est pas permis. Du coup, notre héros est libéré de ses obligations familiales et peut cavaler comme un malade à la recherche des méchants.

Enfin, cavaler, c’est vite dit.

Attention ! Stop ! On arrête tout !

Plutôt que de poursuivre dans le film qu’on s’attendait à voir, l’auteur, vachement gonflé, nous offre UN AUTRE FILM.

Alors c’est l’histoire de Dexter (Dean Stratford, alias Dino Strano, qui exsude autant de menace qu’un écureuil suçant ses noisettes), qui pille, tue, massacre, joue aux cartes et a l’air con. Visiblement, notre héros a besoin de lui soutirer des renseignements, mais Dino Strano a fait chanter le metteur en scène : « Si tu veux que je fasse avancer l’intrigue, laisse-moi faire les scènes à faire. »

Et il les fait. C’est pénible. Assez. Plutôt. Je dis.

Et une fois qu’il les a faites, ces scènes qui lui vaudront une place dans le panthéon du cinéma — pardon, dans le panthéon du ridicule —, on revient au film en cours.

Sans vraiment gagner au change

Notre héros, donc, finit par se retrouver sur la trace du méchant, nom de code Grendel, ce qui fait saliver les narratologues tendance folklore anglais, Beowulf et tout le tremblement.

Sauf que Grendel, c’est un banquier, qui plus est interprété par Mario Brega.

Pardon : par Mario Brega et son ventre. J’en profite pour râler passque le DVD que j’ai visionné était pas en 16/9 et pourtant y avait de quoi.

Bon, je m’étends pas davantage sur cette bouse, au scénar totalement azimuté. Je me borne à signaler les points suivants :

Donal O’Brien a perdu son cheval et tout le monde veut lui en offrir un afin qu’il foute le camp, mais tous les chevaux du village ont les vers, ou alors j’ai mal compris — on se lamente par ailleurs du manque de trains et de diligences. S’agirait-il d’un film politique sur la crise des transports en commun, le Vélib et tout ça ?

A un moment donné, on voit apparaître Gordon Mitchell, dans son grand numéro de pistolero buriné de mes deux, avec ceinturon à damier — c’est donc lui le plus rapide, hein.

A un autre moment, les méchants profitent de ce que Donal le Palois va se recueillir au cimetière pour tenter de le dézinguer, mais il se laisse pas faire : bowling des pierres tombales, cross fu et tout ça.

Au bout du compte, les méchants sont punis et les bons récompensés, le spectateur a droit à sa dose de Dramamine, il y a une surprise finale qu’on a vue venir dès la première bobine, et on se retrouve avec deux ou trois interrogations fondamentales.

Le cerceau qui traverse l’écran pendant le générique, quoi t’est-ce ? Un clin d’œil au Cuirassé Potemkine ? Une bourde ? Une fiente laissée par Orson Welles qui passait par là ?

Qu’est-ce que Mario Brega est venu faire ici ? payer ses impôts ?

Gordon Michell prenait-il vraiment ses prestations au sérieux ?

Et moi, quelle cote vais-je donner à ce film ?

B

PS : comment le voir ? DVD-R Southern Video (Naushad), en anglais sans ST et à peine potable. Vous n’êtes pas obligés d’aller le voir de plus près…
Modifié en dernier par Breccio le 20 sept. 2007 14:00, modifié 1 fois.

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Messagepar Personne » 20 sept. 2007 13:51

Pas vu le film, mais 10/10 pour ta critique! :mrgreen:
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Messagepar Sartana » 20 sept. 2007 14:51

Tiens, j'allais écrire sur ce film, mais Breccio s'est encore illustré ! :D Et puis tant mieux car on dirait que y a que moi qui regarde des bouses, je viens d'être rassuré, on est au moins deux ! :mrgreen:
En rajouter face à ce qu'à décrit mon collègue ci-dessus serait inconvenant et inutile, vous avez compris que ce film est fait avec les pieds. Je vais vérifier cette histoire de "vers" (pourtant j'ai vu le film avant-hier :roll: ) qui me turlupine, j'y reviendrai une fois revu (juste le passage, hé oh, hein, on m'y reprendra pas 2 fois... )

Mario Brega m'a bien fait marrer, surtout la scène censée tendue où ils prennent tous ensemble un verre dans un salon minable...

J'ai vu le repiquage d'une VHS en DVD, elle aussi pas au format, mais vu le film et la pauvreté des décors, est-ce bien nécessaire... :oops:
"Il suffit de franchir les limites de la violence individuelle qui est criminelle,
pour atteindre la violence de masse qui... qui fait l'histoire..." Brad Fletcher dans Le dernier face à face
Personne a écrit :Sartana, tu as un coeur de pierre!

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Messagepar Breccio » 21 sept. 2007 7:03

L'avis de Tom Betts:
"Filmed in 10 days according to Dean Stratford, and it looks like it. This is your typical low budget SW with plenty of stock footage from previous Crea films. He would also reuse scenes of this, added other scenes and footage and made it I SETTE DEL GRUPPO SELVAGGIO (aka 7 SAVAGE MEN)" (Tom Betts)

Comme quoi je n'avais pas tort en disant que Crea nous refilait un autre film au milieu de celui-ci! :mrgreen:
B

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Messagepar Sartana » 21 sept. 2007 12:24

Breccio a écrit :L'avis de Tom Betts:
"Filmed in 10 days according to Dean Stratford, and it looks like it. This is your typical low budget SW with plenty of stock footage from previous Crea films. He would also reuse scenes of this, added other scenes and footage and made it I SETTE DEL GRUPPO SELVAGGIO (aka 7 SAVAGE MEN)" (Tom Betts)

Comme quoi je n'avais pas tort en disant que Crea nous refilait un autre film au milieu de celui-ci! :mrgreen:
B

Surtout qu'il pouvait réutiliser des plans avec les mêmes acteurs, puisqu'ils étaient déjà présents dans I SETTE DEL GRUPPO SELVAGGIO :lol:
"Il suffit de franchir les limites de la violence individuelle qui est criminelle,
pour atteindre la violence de masse qui... qui fait l'histoire..." Brad Fletcher dans Le dernier face à face
Personne a écrit :Sartana, tu as un coeur de pierre!




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