Far West story - La Banda J. & S. Cronaca criminale del Far West - 1971 - Sergio Corbucci

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Liko
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Far West story - La Banda J. & S. Cronaca criminale del Far West - 1971 - Sergio Corbucci

Messagepar Liko » 23 janv. 2007 11:49

Voilà un western que je voulais voir depuis un moment, c'est chose faite et quelle surprise !!! :shock:
Jed (Tomas Milian), un bandit au grand coeur, malin comme un singe, vole les riches pour donner aux pauvres (et en garde une bonne partie, on est dans un western italien quand même :mrgreen: ).
Un jour il tombe sur Sonny (Susan George), une jeune fille qui le sauve du Sheriff Franciscus (Telly Savallas) qui a juré de le capturer coute que coute !!!
La jeune fille essaiera par tous les moyens de s'enroler avec Jed qui la repoussera de facon violente, jusqu'à ce que survienne...l'amour :wink:
Les deux jeunes tourtereaux formeront un duo de choc qui ira de braquages en braquages. Mais comme dans toutes les histoires de couples, il y a des hauts et des bas, on parlera ici de coups bas :roll:
Ce film est l'histoire d'un couple de hors la Loi sans cesse poursuivi par un shériff qui tuerait père et mère pour les voir pendus au bout d'une corde. Qui du chat ou de la souris l'emportera ? Celui qui retrouvera une mitrailleuse qu'il avait enterré dans un village de peones mexicain, afin de les aider en cas de problèmes :gun:

Ce film est le "Bonny & Clyde" du western, tourné de facon magistrale par un S. Corbucci très inspiré sur ce coups là.
Tomas Milian coiffé de son célèbre beret joue à merveille et s'en donne à coeur joie sans trop en faire (ouf !!!). Telly Savallas n'est pas à son avantage dans son rôle de Shériff qui ne marquera pas les esprits, mais il constitue un casting plus solide.
La belle Susan George qu'on a pu voir aux côtés de Dustin Hoffman dans Straw Dogs (1971), apporte une jolie touche feminine au film et parvient à ne pas trop se faire eclipser par un Tomas Milian qui crève l'ecran.
Dans ce film on retrouve certains elements dejà vus dans d'autres films de Corbucci, à savoir une certaine violence envers les femmes, le personnage de Jed copie conforme de Chato ("Companeros"), et la même mitrailleuse cher à Django :wink:
La musique signé E.Morricone est magnifique, mais introuvable :cry:
Pour les seconds rôles on retrouve Eduardo Fajardo (Django, El Mercenario...) et Álvaro de Luna qu'on a vu dans la quasi totalité des westerns de Corbucci, et Dan van Husen un acteur allemand habitué du genre (Le Bâtard, Captain Apache, Et Viva la Revolution, Alleluja et Sartana fils de ...Condenados a vivir etc...)
Pour conclure "Sonny & Jed" est un pur regal de 1H30 :applaudis_6:

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Sartana
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Messagepar Sartana » 23 janv. 2007 12:07

Le retour de Liko à la critique ! Yahoooooo ! :horse:
En plus il est en forme, le bougre ! :mrgreen:
Le film était en bas de ma pile à voir... Je sens qu'il va remonter vitesse grand V !! :beer1:
"Il suffit de franchir les limites de la violence individuelle qui est criminelle,
pour atteindre la violence de masse qui... qui fait l'histoire..." Brad Fletcher dans Le dernier face à face
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Messagepar Breccio » 23 janv. 2007 12:18

+1, et comment !
Moi, je viens juste de le rentrer, ce film cool et je sens qu'il ne va pas rester longtemps dans la pile "à voir".
Pinaillage : "Chato", c'est le personnage de Milian dans Quatre de l'Apocalypse ; dans Companeros, il s'appelle Vasco -- le Basque, d'où le béret :mrgreen:
B.

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Messagepar Sartana » 23 janv. 2007 12:22

Breccio a écrit :Pinaillage : "Chato", c'est le personnage de Milian dans Quatre de l'Apocalypse ; dans Companeros, il s'appelle Vasco -- le Basque, d'où le béret :mrgreen:
B.

Je me disais aussi que Chato, je voyais pas...
Je t'en veux pas Liko, tu pensais encore au débat "Chato's land est-il un western européen ?" :P
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Liko
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Messagepar Liko » 23 janv. 2007 13:20

Mdr les gars, non c'est que je viens de regarder le résumé du DVD de "Companeros" et c'est ecrit Chato :shock:
Merci de vos encouragements :wink: C'est vraiment difficile d'ecrire une critique quand on a laissé tombé depuis quelques temps :oops:
J'en ai d'autres à faire, je vais faire ca au compte goutte. Pour en revenir au film, c'est un des meilleurs que j'ai vu, bon je sais je l'ecrit souvent :mrgreen: mais je suis serieux :beer1: J'aurais tendance à changer mon classement des 50 meilleurs westerns tous les jours en ce moment :lol:

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Fredge
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Messagepar Fredge » 23 janv. 2007 13:25

2 réflexions :

Primo, je me demande si le nombre de "bons westerns italiens" n'est quand même pas plus grand que ce qu'on a l'habitude de lire partout (du genre, une cinquantaine de corrects, le reste à jeter). C'est tous les jours que nos critiques chevronnés dénichent des pépites. Le sondage de Breccio est également là pour le prouver...
Questions : n'a -t-on pas été trop sévère avec le genre? Incompréhension? Ostracisme? Ou, comme l'écrit souvent Tepepa au second degré, nous serions tant "déformés" que nous ne ferions plus la différence entre un bon western et un mauvais...

Secundo, c'est infernal le nombre de messages postés en quelques heures.
Dites, vous bossez quand les gars? :mrgreen:

Fredge

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Messagepar Liko » 23 janv. 2007 13:32

Tepepa au second degré, nous serions tant "déformés" que nous ne ferions plus la différence entre un bon western et un mauvais...

Je me posais justement la question :lol: , je deviens peut être de moins en moins difficile ou qui sait carrement debile :sm27: :mrgreen:
Je crois surtout qu'on a eu trop tendance à denigrer le genre et qu'il y a beaucoup de films à sauver d'une mauvaise critique. Comment ne pas aimer certains de ces films (pas tous faut pas deconner non plus, dixit "Les Ravageurs de l'ouest", dont on finit par faire de la pub de partout sur le forum :mrgreen: ) quand on voit les sorties actuelles bourrées d'effets speciaux, sans acteurs charismatiques ni scénarios qui tienne la route, en conclusion des films sans âmes.
Secundo, c'est infernal le nombre de messages postés en quelques heures.
Dites, vous bossez quand les gars?

Je suis en week end jusqu'à jeudi :mrgreen:

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Messagepar Sartana » 23 janv. 2007 13:47

Fredge a écrit :nous serions tant "déformés" que nous ne ferions plus la différence entre un bon western et un mauvais...

Je le pense sincèrement. Jamais quelqu'un qui n'a vu que 15 westerns dans sa vie ne trouvera de qualité à un western tel que "Dieu pardonne moi pas !, pour donner un exemple.
Et aussi, bon nombre de westerns sont méprisés de par leur titre il est vrai ridicule. Un exemple récent : je dis à mon frère "tiens, j'ai réussi à trouver Trois salopards... Une poignée d'or", il lève les yeux au ciel et me dit "ça sent la bouse". Et ben non, il est bon, ce film ! mais allez faire comprendre ça aux gens pour qui l'emballage est le produit :roll:
Fredge a écrit :Secundo, c'est infernal le nombre de messages postés en quelques heures.
Dites, vous bossez quand les gars?

S'il se fait qu'en ce moment j'ai du temps, le plus souvent je ne peux être sur le forum que le WE et il est vrai que j'ai bien du mal à rattraper le retard accumulé ne serait-ce qu'en cinq jours :cry:
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Messagepar Breccio » 23 janv. 2007 15:23

Fredge a écrit :2 réflexions :

Primo, je me demande si le nombre de "bons westerns italiens" n'est quand même pas plus grand que ce qu'on a l'habitude de lire partout (du genre, une cinquantaine de corrects, le reste à jeter). C'est tous les jours que nos critiques chevronnés dénichent des pépites. Le sondage de Breccio est également là pour le prouver...
Questions : n'a -t-on pas été trop sévère avec le genre? Incompréhension? Ostracisme? Ou, comme l'écrit souvent Tepepa au second degré, nous serions tant "déformés" que nous ne ferions plus la différence entre un bon western et un mauvais...

Secundo, c'est infernal le nombre de messages postés en quelques heures.
Dites, vous bossez quand les gars? :mrgreen:

Fredge


Mes réponses :
1. Tout dépend de l'attitude du spectateur (est-il fan ou pas ?), mais aussi de son ouverture d'esprit (est-il capable de regarder un film sans préjugé ?) et de son sens des nuances (entre l'oeuvre de génie et la bouse, il y a la place pour l'excellent, le très bon, le moyen, etc).
Perso, je suis indulgent pour un film raté qui offre un moment de folie (ex : les cornes de cerf qui tombent sur la tête du méchant à la fin de Django défie Sartana), tout en admettant que le film est quand même raté.
2. Mais si, je bosse. D'ailleurs, j'y retourne.
B.

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Messagepar tepepa » 18 avr. 2007 16:53

Vu, apprécié, aimé.
Pour moi, une petite perle, assez dure, assez amère, avec une belle musique de Morricone. j'aimerais bien une version restaurée, parce que la VHS laisse à désirer, mais je suis super content d'avoir vu ce film, que je trouve bon malgré tous les défauts habituels auquel mon esprit déformé ne fait même plus attention! :mrgreen:

Jed est un bandit qui vole aux riches et aide les pauvres. Il se retrouve avec Sonny entre les pattes, fille genre garçon manqué, qui rêve de devenir un grand bandit.
Sonny & Jed font bien sûr immanquablement penser à Bonnie and Clyde Barrow, la fin tragique en moins. Un latin ne pouvant décemment pas être taxé d’impuissance, Jed (Tomas Milian) est seulement incapable de faire l’amour à une vierge, ce qui permet d’expliquer la relation platonique qui se noue d’abord entre ces deux là. Platonique d’accord, mais une relation de couple quand même, ou plutôt une relation femme battue/homme violent bien que Sonny (Susan George) ne soit (presque) battue que verbalement. « T’es qu’une femelle », « pauvre conne » « T’as pas de nichons », la violence du langage n’a d’égal que l’animalité de Jed, interprété par un Tomas Milian pratiquement antipathique de bout en bout. De temps à autre, un brin d’humanité transparaît puis s’évapore comme la sueur dans le désert. Sonny elle s’attache à cette bête qui pourtant n’a que mépris pour elle, et va chercher avec douceur ou avec violence à faire ressurgir la part d’humanité de son compagnon. Archétype même du macho brut de frites qui ne pense qu’aux gros nichons, Jed a pourtant une conscience politique anti-capitaliste assez élevée qui s’exprime par un petit monologue introductif, par son mépris des riches, et par sa défense – quand il a le temps – des paysans a qui les riches veulent enlever le peu qui leur reste. Mais même dans cette mission, Jed échouera, absent au moment important pour cause d’individualisme forcené.

Fidèle à l’esthétique transalpine, Sergio Corbucci - car c’est de lui qu’il s’agit – enguenille ses personnages de fourrures et pièces de tissu dépareillées, bottes déformées crasseuses et barbes de 9 jours, tignasses noires, gueules délabrées et flingues planqués Dieu sait où. Ils ne mangent pas, ils engloutissent. Ils ne boivent pas, ils s’abreuvent. Sonny est quasiment déféminisée, habillée n’importe comment, la démarche d’une gamine de 12 ans plutôt que d’une femme de grand chemin dure et fière. Ses yeux doux contrastent avec la fulgurance de ses attaques incongrues mais au fond elle reste fragile et victime. Comme dans tout Corbucci, il y a un troisième larron qui cherche à capturer les deux autres. C’est ici Telly Savallas lui aussi engoncé jusqu’au cou dans d’épaisses fourrures, puis devenu aveugle, affublé d’une pelure de mendiant, la canne du pauvre à la main, mais la détermination de vengeance froide et les grenades intactes. Comme dans tout Corbucci il y a des putes, destinataires d’une véritable amitié de la part de Jed, y compris la patronne qui est pourtant loin d’être tendre avec Sonny. Comme dans tout Corbucci, il y a des pauvres, qui ne peuvent pas et ne veulent pas se battre mais qui sont dignes, et comme toujours, ce sont eux les perdants.

Fidèle à la sonorité all’italiana, le vent souffle et la musique de Morricone fait des merveilles. Lui seul sait rendre aussi poignant l’arrivée dans un village de nos deux héros trempés jusqu’aux os, dégoulinants de pluie sous une averse presque tropicale. Lui seul peut rendre aussi émouvante une séance de petits baisers entre Sonny et Jed, le soir enroulés dans une peau de bête. La magie opère et le film passe au statut supérieur dans la petite géographie du western italien, la petite perle qu’on attend souvent mais qu’on trouve rarement.

Car si la bouffonerie, la cruauté et la violence sadique sont moins présentes que dans les œuvres plus connues du réalisateur, Far West Story est bien une perle dans la filmographie de Sergio Corbucci. Il s’agit ici d’amour, de féminisme et d’humanité. Le constat final est amer, certes Jed a changé, il constate qu’il est totalement dépendant de Sonny, mais son « putain de ta race » final montre les limites de son évolution. Sonny et Jed restent deux têtes de mules qui vont continuer à se faire des coups bas toute leur vie. Un de ces couples pour qui la vie n’est pas que tendresse…

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Fredge
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Messagepar Fredge » 29 juil. 2007 13:46

Enfin visionné!

Un excellent Corbucci à se procurer bien évidemment! Qu'est-ce que Milian est génial à nouveau!

Un mot sur la musique de Morricone : c'est quand même fou ce qu'elle peut apporter comme plus dans un film. Je regardais "Dressed to kill" de Samuel Fuller hier soir, bingo : les plans du chien combinés avec quelques accords de piano ne me font plus voir la bestiole de la même manière: elle accentue la violence de l'animal ou nous remplit d'émotion lorsqu'on pense à son pénible premier dressage.


http://spaghettiwesterns.1g.fi/sonny/andjed.htm

Dans ce western, la partition de Morriconne pour Sonny est superbe au niveau musical. C'est une de mes préférées.

Autant Jed déborde de violence et d'anti-féminisme explicites (gestuel et verbal) envers Sonny, autant la musique de Morricone fait ressortir la féminité de Sonny masquée par ce côté "garçon manqué", et incite au respect du personnage.
Par ailleurs, tout le non dit de Jed (ses sentiments et son amour pour Sonny), j'aime imaginer qu'il est contenu dans cette belle partition de Morricone, . :roll: . C'est la métaphore musicale du jour :wink:

A part ça, la mandoline, le rythme 6/4 et le sifflement me font penser
à "Companeros" et "Il était une fois la révolution", on retrouve cette même forme de légèreté et de mélancolie.

Fredge

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Messagepar django » 29 juil. 2007 22:59

bonjour

je suis nouveau sur ce site et j ai remarquer que certain d entre vous avais pu voir en francais des film pas sortie en dvd vf comme ce film par exemple
comment faite vous? est ce en vhs?

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Sartana
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Messagepar Sartana » 29 juil. 2007 23:09

La plupart ont de ce film un transfert de VHS commerce en DVD...
"Il suffit de franchir les limites de la violence individuelle qui est criminelle,
pour atteindre la violence de masse qui... qui fait l'histoire..." Brad Fletcher dans Le dernier face à face
Personne a écrit :Sartana, tu as un coeur de pierre!

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Breccio
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Messagepar Breccio » 30 juil. 2007 7:34

Comme le dit Sartana.
Par ailleurs, certains d'entre nous comprennent l'anglais ou l'italien et peuvent voir des films dans l'une de ces langues.
B

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Messagepar django » 30 juil. 2007 9:19

ok merci pour vos reponses

il ne me reste plu qu a trouver des vhs ou a apprendre l anglais :num2


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