Je vais... Je tire... Et je reviens - Vado... L'ammazzo e torno - 1967 - Enzo G. Castellari

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Sartana
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Je vais... Je tire... Et je reviens - Vado... L'ammazzo e torno - 1967 - Enzo G. Castellari

Message par Sartana »

Titre VO : Vado, l’ammazo e torno
Film d’Enzo G. Castellari (Enzo Girolami) avec George Hilton, Edd Byrnes, Gilbert Roland et Gerard Herter, de 1967.

Que peut-il arriver à un train transportant 300 000 dollars sous la garde de l’armée américaine et de Clayton, un employé de banque ? Il est attaqué, évidemment. Monédéro (Montero en VF), chef d’une bande de mexicains, parvient à dérober le magot. L’Étranger, un chasseur de primes, présent dans le train, voit là une bonne occasion de gagner beaucoup d’argent s’il parvient à mettre le grappin sur Monedero. Clayton recherche lui aussi le bandit car il désire retrouver l’or afin de le garder pour son propre compte. Mais, Monédéro a été trahi : un de ses acolytes a caché le butin de l’attaque, et se fait descendre avant d’avoir pu dire où. Seul le médaillon qu’il portait à sa mort peut permettre de retrouver la cachette. La course au trésor commence… :horse:

Tito Carpi pose ici les bases de ce qui fera le succès des films qu’il scénarisera : une course au trésor, basée sur un petit objet qui sera la clé de l’intrigue, donnant lieu à de multiples rebondissements, trahisons et scènes humoristiques. Et ici, l’humour est plutôt ironique, très noir, et pour tout dire, ça dézingue sec. :gun:

Enzo G. Castellari signe ici son deuxième western. Le premier était Sept winchester pour un massacre, western sans grand relief. La même année, il signe donc la réalisation de Je vais, je tire et je reviens, son meilleur western.

La scène d’introduction
Montrer les spoilers
La volonté de rupture de Castellari avec ce qui se faisait déjà en matière de western à le même époque est flagrante. Alors que tous ses compatriotes signent des histoires de vengeance familiale, il cherche l’originalité en faisant de son « Étranger » un personnage rebutant sur le principe, cupide, violent, prêt à tout, mais le parsème d’un brin de désinvolture, et d’une pointe d’humour, ce qui le rend immédiatement sympathique auprès du spectateur.
Montrer les spoilers
Le succès de Vado l’ammazzo e torno est à mon sens, et sans conteste, le film qui a lancé l’arrivée de Sartana, puis son détournement comique Sabata. Puis le comique proprement dit avec Trinita. Mais on s’éloigne du film et comme dirait Boris Vian « J’y retourne immédiatement ».

En plus de casser des mythes, Je vais je tire et je reviens rend aussi hommage aux films de Leone. Ainsi, Gerard Herter et George Hilton s’observe mutuellement à l’aide l’un d’une paire de jumelles, l’autre d’une lorgnette comme dans Et pour quelques dollars de plus. De même, Edd Byrnes et Hilton qui discutent en mangeant exactement à la manière d’Antonio Casas et Lee Van Cleef dans le Bon, la brute et le truand. Enfin, le duel final à trois protagonistes, est évidemment une référence à Leone, duel ici complètement tourné en dérision.

Les combats sont comme toujours magnifiquement chorégraphiés et les gags visuels fusent : Castellari est au mieux de sa forme. Des étals du marché (le même que dans Aujourd’hui ma peau demain la tienne du même Castellari ;) ) à la maison de bains, tout le mobilier y passe, laissant place avant tout à l’humour des cascades.

Jusqu’à la dernière minute, les rebondissements sont là et c’est tout ce qu’on demande : un western italien de pur divertissement à classer parmi les meilleurs !

9/10


PS : Vu aujourd’hui « Quatre pour Sartana » de Miles Deem, celui qui veut se coller à la critique a ma bénédiction, moi j’avoue qu’il m’est impossible de me motiver.

Image
Modifié en dernier par Sartana le 02 août 2007 16:18, modifié 1 fois.
"Il suffit de franchir les limites de la violence individuelle qui est criminelle,
pour atteindre la violence de masse qui... qui fait l'histoire..." Brad Fletcher dans Le dernier face à face
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Darksatin
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Message par Darksatin »

Rappelons que le titre du film est une référence à une réplique de Tuco dans "Le Bon, la Brute et le Truand", lorsque Blondin vient le voir pour s'allier avec lui contre Sentenza et ses hommes...
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Breccio
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Message par Breccio »

Bien vu, Sartana !
B.

PS : Tant que j'y suis, ma critique de Quatre pour Sartana, de Demofilo Findani :

Fidani disposait de chevaux et de cavaliers, il a donc filmé des chevauchées.

Oui, c'est tout :mrgreen:
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Fredge
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Message par Fredge »

Miam miam!!!!

:num15

Bravo Sartana!!!

Et Bravo aussi Breccio pour ton esprit de synthèse! :mrgreen:

Fredge
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tepepa
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Message par tepepa »

Pour ma part j'ai été un peu déçu par ce film, sans doûte parce que Giré et Sartana en disent beaucoup de bien alors qu'au final, je le trouve moins bon que Aujourd'hui ma peau, demain la tienne. En outre, Giré (comme Sartana d'ailleurs :wink: ) dévoile le prologue, ce qui est un peu dommage, l'effet est complètement réduit à un petit signe de reconnaissance tacite alors qu'il aurait du constituer une bonne surprise.


Je vais je tire je reviens est le prototype de ces westerns italiens autoparodiques – comme les Sabata ou Aujourd’hui ma peau demain la tienne du même Castellari – qui savent garder une certaine rigueur pour ne pas sombrer dans la nullité la plus totale. Il est par ailleurs intéressant de replacer les westerns comiques de Castellari dans l’ordre, en commençant donc par ce Je vais, je tire et je reviens qui hésite parfois maladroitement entre le tragique et le comique, suivi par Aujourd’hui ma peau demain la tienne, qui roule parfaitement en mode aventures enfantines, puis on subit Te Deum, toujours assez plaisant quoiqu’on en dise mais de plus en plus nul malgré tout et on termine par Cipolla Colt que je n’ai pas encore eu l’honneur de voir mais qui a une telle réputation que je m’en dispenserai facilement.

Le titre Je vais, je tire et je reviens est inspiré de la célèbre phrase de Tuco dans Le Bon la Brute et le truand, dont le duel final est parodié. De même, le prologue est assez savoureux et je ne vous le raconterai pas pour ne pas vous gâcher les quelques bonnes surprises du film, même si vous avez pu le lire ici où là. Car pour le reste, c’est course au trésor, alliances, trahisons, coups tordus, bagarres interminables et gadgets. Du grand classique finalement sur un modèle qui aura été amélioré ultérieurement du trio de pied nickelés à la recherche d’un trésor. Georges Hilton campe un pistolero un peu plus cynique que la moyenne, mais il échoue à donner à son personnage une vraie stature ironique : la parodie du personnage n’est pas assez poussée et on est loin de l’aisance de Lee Van Cleef et Yul Bryner pour les personnages de Sabata et Indio Black. De même, le bandit Monetero joué par Gilbert Roland manque singulièrement de panache. Gilbert Roland sera bien mieux employé dans Johnny Hamlet. Par contre Edd Byrnes est beaucoup plus à l’aise dans son rôle de monsieur bien mis qui se révèle être un enfoiré de première. Déjà vu dans 7 winchester pour un massacre où il était plutôt ridicule en pistolero, Edd Byrnes est donc la bonne surprise du film.

En conclusion, si vous préférez comme moi les westerns spaghetti secs, violents, désespérés avec une musique à déterrer un mort, Je vais, je tire et je reviens n’est pas vraiment pour vous, à part le début qui pourrait vous plaire, mais comme vous aurez sûrement été spoilés en lisant le Giré ou autres, je vous conseillerais plutôt Aujourd’hui ma peau demain la tienne, plus maîtrisé, plus drôle. Et si comme moi aussi vous aimez de temps en temps les grosses déconnades genre On m’appelle Providence ou Le blanc, le jaune le noir, et bien Je vais, je tire et je reviens ne remplira pas son contrat non plus. Au regard de la bonne réputation dont jouit ce film, on est donc forcément un peu déçus, un peu comme quand on vous offre un pastis sans soleil ni cacahuètes
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Sartana
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Message par Sartana »

Peut-être suis-je Jean-François Giré, Quien sabe ? :mrgreen:

Plus sérieusement, j'ai corrigé ma critique : lira la scène d'intro qui le voudra ;) Il est déjà trop tard pour certains, mais pas pour d'autres... :D


PS : sur quel support l'as-tu vu, Tep ?
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tepepa
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Message par tepepa »

Belle réactivité msieur Sartana! :D

Question: qui est la grande brute barbue qui se prend des gnons a n'en plus finir?


A un moment j'ai pensé à Georges Eastman, mais ce n'est point lui.

Pour ta question sur le support, j'ai vu une copie de VHS (a priori)
(merci au passage à celui qui me l'a prêté...)
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Sartana
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Message par Sartana »

Il s'agit de Riccardo Pizzuti, un habitué des films de Hill et Spencer ;)
On peut le voir dans une trentaine de westerns :D
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Daniel
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Message par Daniel »

Le seul cow-boy que je reconnaissais sur la photographie c'est Gilbert Roland en premier plan. J'ignorais qu'il avait joué dans un spaghetti western durant sa carrière cinématographique. C'était un sapré bon acteur. :gun:
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Breccio
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Message par Breccio »

Ah ! Sartana a réagi plus vite que moi. Mais j'étais occupé :mrgreen:
Sinon, Daniel, Gilbert Roland a eu une carrière sympa dans le western all'italiana. Je pense notamment à Django porte sa croix, du même Castellari (critiqué dans cette même rubrique), où il interprètre Horatio aux côtés d'Andrea Giordana (Hamlet) et de Horst Frank (Polonius).
Non, non, je ne blague pas.
On dit aussi beaucoup de bien d'un film intitulé Sonora, inédit en français.
B
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Trinita
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Message par Trinita »

Un western zapata sans doute ?????
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Sartana
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Message par Sartana »

Nope. C'est une énième histoire de vengeance...
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Daniel
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Message par Daniel »

Merci Breccio de l'info :beer1:
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Message par Trinita »

Petite question hors sujet : Sonora c'est un film de qui et quels sont les acteurs ?? J'ai fait des recherches mais j'ai rien trouvé. :evil:
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Sartana
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Message par Sartana »

Sonora est un film d'Alfonso Balcazar, une coproduction italo-espagnole : titre espagnol Sonora, titre italien : Sartana non perdona de 1969.

Il réunit Gilbert Roland, Jack Elam et George Martin ;)
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