On m'appelle Providence - La vita, a volte, e’molto dura, vero Pro - Giulio Petroni - 1972

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Fredge
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On m'appelle Providence - La vita, a volte, e’molto dura, vero Pro - Giulio Petroni - 1972

Messagepar Fredge » 29 déc. 2006 15:34

“La vita, a volte, e’molto dura, vero Provvidenza”

Le cinéaste, le compositeur, et le charlot.

L’Histoire du western italien retiendra de Giulio Petroni qu’il n’était pas un cinéaste prolifique, mais qu’il a parcouru, comme Corbucci par exemple, les thèmes principaux du genre en réalisant à chaque fois un chef d’œuvre, tout du moins un film d’importance. Ainsi seront visités la vengeance avec « La mort était au rendez-vous », le western Zapatta avec « Tepepa, trois pour un massacre », le style gothique avec « Un tueur nommé Luke », la comédie avec « Ciel de plomb » et enfin la parodie avec « On m’appelle Providence ».

Le film s’ouvre sur un Tomas Milian dans sa carriole ajustant son chapeau melon dans un miroir, soignant sa moustache, exerçant son index sur la canne, se dépoussiérant quelque peu (mais ça ne suffira pas…), éructant quelques gargarismes, et entonnant enfin quelques vocalises : le voilà prêt, habité par son rôle, le film peut définitivement commencer. Cette première séquence apparaît comme un clin d’œil probable à l’Actor’s Studio qui privilégiait une identification psychologique et physique totale avec son personnage. Issu de cette école, Milian « est » Providence, un chasseur de primes apparaissant comme une forme décalée de Charlie Chaplin, intelligent, opportuniste, inventif, à l’esprit vif et éclairé.

Nous suivrons dans un premier temps sa trouvaille lucrative consistant à livrer aux autorités Hurricane Kid campé par Gregg Palmer ( « Chisum », « Rio Lobo », « Le Virginien », « Bonanza ») et à le libérer pour obtenir une nouvelle fois la prime dans le village suivant. La suite fera intervenir un conflit entre les deux protagonistes concernant le partage du pactole, avec en toile de fond une sombre émission de fausse monnaie, histoire qu’il y ait une histoire. Car finalement, le scénario importe peu, le film pouvant se découper en une suite de séquences isolées et tournant autour d’un gag, d’un comique de situation, voire d’un sketch.

Dans ce contexte, Tomas Milian s’en donne à cœur joie, parodiant Chaplin, se moquant d’Hitler, s’auto-parodiant avec son tic sonore de la bouche comme dans « Companeros », s’adonnant au yoga, dansant le tango, détournant le jeu de billard avec sa canne. Mais il s’avère aussi être un fin tireur, champion du Quizz, emmerdeur professionnel, aimé des femmes, bagarreur agile, polyglotte, puéril. Il fera référence à « Pierre et le loup », jettera des tartes à la crème, et lancera quelques clins d’œil à James « Sartana » Bond (les gadgets), Trinita, …
D’après Petroni (lu dans Mad Movies), Milian était infernal sur le tournage, en rajoutait régulièrement à cause du caractère fantaisiste du film. Petroni a dû le remettre à sa place plus d’une fois. Personnellement, les excès de Thomas me font bien rire, mais certains trouveront le personnage excessif et le comique au rabais.

Petroni a travaillé la mise en scène avec minutie, jouant parfois avec le hors-champ (la séquence de la scie) et en adoptant un esprit décontracté, un second degré décalé. L’humour à la grosse louche que dégage son film rappelle le comique français de série B des années 70 (du genre les Charlots), l’ambiance cartoon Tex Avery au niveau du son (un coup de poing, un son de cloche), de l’image (la trace d’une chute dans le sol, comme Coyote tombe d’une falaise), l’esprit des Marx Brothers.

Dernier complice réussissant lui aussi un tour de force, Ennio Morricone qui signe une superbe musique joviale et enjouée. Orgue d’église, choeur de nonnes libérées, guitare acoustique et envolées de violon sur fond de rythmique pop ajoutent encore un peu plus de tonicité et de gaieté au film. Harmonica, Tuco, le Manchot avaient leur propre musique ? Providence aura la sienne… Parodie, quand tu nous tiens…

En conclusion, tous les éléments du western italien parodique sont ici réunis. Un chef d’œuvre ? Non, le mot est trop fort. Mais un bon film quand même, divertissant, mettant en avant l’énorme talent de Petroni, Morricone et Milian. Un film qui sort un peu des sentiers battus, et qui surtout évite la vulgarité. A l’époque, « On m’appelle Providence » a été un grand succès de foule, ce qui ne fut pas le cas de la suite réalisée par Alberto de Martino -analysée par Sartana ici :
http://westernmovies.free.fr//Forums/vi ... rovidence-.

Fredge
Modifié en dernier par Fredge le 29 déc. 2006 18:41, modifié 1 fois.

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Sartana
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Messagepar Sartana » 29 déc. 2006 15:51

Rien à ajouter à ce que tu as dit : le film est drôle, agréable, divertissant, parfois délirant, et on en redemande !

Milian est supportable et n'en fait pas trop, comparé au Blanc le jaune et le noir, ou au second opus de Providence.

Pour avoir vu les autres westerns de Petroni, celui-ci est un bon film sans plus, je préfère Ciel de plomb à On m'appelle Providence, même si on ne peut nier que ce dernier est une des rares réussites comiques de l'ouest à l'italienne, et qu'il méritait une critique comme la tienne, Fredge ! :applaudis_6:


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Messagepar Liko » 29 déc. 2006 16:28

Personnellement j'ai trouvé dans ce film beaucoup d'elements avec lequel j'ai du mal dans le western italien, à savoir le comic lourd, très lourd, trop lourd :evil:
Milian en fait beaucoup trop, son personnage n'a aucun charisme :(
Le film n'est pas mauvais, mais reste mineur à mes yeux :roll:
La musique de Morricone sauve un peu les meubles, comme certains paysages sympaths. Le debut jusqu'à l'arrivée de Providence en ville est pas mal, après je me suis ennuyé attendant le mot FIN avec impatiente :(
"Decu" est le mot lorsque j'ai visionné le film, je m'attendais à beaucoup mieux. Je lui ai même préféré "Le Blanc, le Jaune et le Noir" dans le genre comic lourd. Comme on dit les gouts et les couleurs :roll:

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Messagepar Breccio » 29 déc. 2006 16:48

Bien vu, Fredge.
Erratum : Petroni n'a pas réalisé Luke la main froide (c'est un film de Stuart Rosenberg avec Paul Newman et George Kennedy, celui-ci ayant été oscarisé pour sa prestation -- si ma mémoire est bonne), mais Un tueur nommé Luke (La notte del serpenti), avec Luke Askew et Luigi Pistilli, qui est dans ma pile "à voir".
Par ailleurs, on remarque dans ce premier Providence l'apparition de Maurice Poli (Belle et Sébastien), un acteur tombé aujourd'hui dans l'oubli le plus total, du moins le semble-t-il.
B.
PS : au fait, j'ai lu quelque part que le "look" de Providence devait beaucoup à l'amoureux de Peynet :shock:

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Messagepar Sartana » 29 déc. 2006 17:12

Breccio a écrit :Un tueur nommé Luke (La notte del serpenti), avec Luke Askew et Luigi Pistilli, qui est dans ma pile "à voir".

Je l'ai vu et crois-moi, ne tarde pas à le regarder, tu rates quelque chose ! C'est un bon film qui ressemble plus à un polar qu'à un western, mais il présente plusieurs points d'un intérêt indéniable ! Luigi Pistilli est un vrai plus pour ce film, car son rôle apporte beaucoup. Un autre que lui aurait fait descendre le film d'un cran sur l'échelle des bons westerns...
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Fredge
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Messagepar Fredge » 29 déc. 2006 18:37

Breccio a écrit :Bien vu, Fredge.
Erratum : Petroni n'a pas réalisé Luke la main froide (c'est un film de Stuart Rosenberg avec Paul Newman et George Kennedy, celui-ci ayant été oscarisé pour sa prestation -- si ma mémoire est bonne), mais Un tueur nommé Luke (La notte del serpenti), avec Luke Askew et Luigi Pistilli, qui est dans ma pile "à voir".
Par ailleurs, on remarque dans ce premier Providence l'apparition de Maurice Poli (Belle et Sébastien), un acteur tombé aujourd'hui dans l'oubli le plus total, du moins le semble-t-il.
B.
PS : au fait, j'ai lu quelque part que le "look" de Providence devait beaucoup à l'amoureux de Peynet :shock:


Je corrige de suite!
Fredge

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Messagepar tepepa » 15 avr. 2007 20:51

J'ai plutôt bien aimé ce film délirant et sympa. C'est dommage que Giré fasse de la paraphrase et donne à l'avance tous les gags de la diligence qui constituent pourtant le tableau final du film. La surprise était donc gâchée pour moi comme sans doute pour beaucoup d'entre vous :(

http://www.dvdrama.com/blog/tepepa/7347/

Et merci bien Sartana :D

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Daniel
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Messagepar Daniel » 15 avr. 2007 23:13

:applaudis_6: félicitation pour ta critique sur ton blog Tepepa.

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Messagepar Sartana » 15 avr. 2007 23:46

tepepa a écrit :Et merci bien Sartana :D

boarf, de rien, amigo, tu le sais :num1
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Manuel
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Messagepar Manuel » 16 avr. 2007 20:46

J'ai vu ce film à sa sortie. Mais j'étais vraiment très, très, très jeune. Il faudrait que je le revoie pour savoir comment il a vieilli.
Enfin, je me souviens quand même que les gags étaient un peu lourds !
MANUEL

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edocle
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Messagepar edocle » 17 sept. 2007 18:40

Revu ce film ! amusant ! :applaudis_6:
quelques captures d'un inconditionnel de Tomas MILLIAN :mrgreen:

amicalement E.
:beer1: :beer1:
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Messagepar Trinita » 02 nov. 2007 15:53

Vraiment un film très divertissant avec une très bonne prestation de Milian.

l'apparition de Maurice Poli (Belle et Sébastien), un acteur tombé aujourd'hui dans l'oubli le plus total, du moins le semble-t-il.


Il joue quel rôle ? Je ne l'ai pas reconnu. :oops:

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Messagepar Sartana » 02 nov. 2007 18:55

Trinita a écrit :Vraiment un film très divertissant avec une très bonne prestation de Milian.

l'apparition de Maurice Poli (Belle et Sébastien), un acteur tombé aujourd'hui dans l'oubli le plus total, du moins le semble-t-il.


Il joue quel rôle ? Je ne l'ai pas reconnu. :oops:

Il joue le shérif :D
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Re: On m'appelle Providence - La vita, a volte, e’molto dura, vero Pro - Giulio Petroni - 1972

Messagepar L.. » 24 janv. 2020 19:59

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Synopsis d'exploitation, France, 1973.

Archives: L../monnomestpersonne1973.blogspot.fr

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