Deux pistolets pour un lâche - Il pistolero segnato di Dio - 1967 - Giorgio Ferroni

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Deux pistolets pour un lâche - Il pistolero segnato di Dio - 1967 - Giorgio Ferroni

Messagepar Sartana » 22 déc. 2006 18:03

La critique des Fêtes :

Deux pistolets pour un lâche.
Titre original : Il pistolero segnato di Dio
Film de 1967 de Calvin Jackson Paget (aka Giorgio Ferroni) avec Anthony Steffen, Richard Wyler et Ken Wood.

« Un rasoir ça vous change un homme, n’est-ce pas, Monsieur Steffen ? ».

Histoire : Gary sillonne les routes de l’ouest avec un cirque et sous le nom d’Ouragan Kid, fait un spectacle de tir surprenant. Il est la principale attraction du cirque. Il est ami avec Tony, un jeune orphelin, qui seul sait où son père a caché 30 000 dollars avant de mourir. Un jour, lors d’une représentation, Gary se voit défié par un individu. Ce dernier, plus habile que notre héros, l’humilie, le contraignant à quitter la scène sous les huées du public. Voyant sa réputation démolie, Gary quitte le cirque et sombre dans l’alcool. De son côté, le jeune garçon est menacé par des bandits qui veulent savoir où les 30 000$ de son père sont cachés. Il part à la recherche de Gary, qui, cuvant son alcool dans une taverne mal famée, est peu disposé à l’aider. Jusqu’à ce que…

Cet honnête western est signé par Giorgio Ferroni, non-moins honnête réalisateur de Trois cavaliers pour Fort Yuma, Wanted et du Dollar troué, tous trois avec Giuliano Gemma. Parallèle intéressant, dans chacun des films du réalisateur, le héros se prénomme Gary.
Autre point digne de retenir l’attention : s’oppose dans chacun de ces films le classicisme de la situation de départ, et l’originalité des rebondissements de l’action. En effet, dans Le dollar troué, la manière dont le capitaine sudiste Gary O’Hara subit une machination est remarquable. Dans Wanted, le héros est carrément un shérif, loyal, désireux de faire respecter la loi et incorruptible, qui se retrouve embringué dans une conspiration. Dans 3 cavaliers pour Fort Yuma, un sudiste doit empêcher un assaut inutile, mais doit faire face à la trahison de ses alliés. Enfin, dans Deux pistolets pour un lâche, Gary est un homme de scène charismatique et sympathique, contraint pour racheter sa fierté de faire parler la poudre alors qu’au départ, il ne peut le faire, à cause de sa lâcheté maladive. Toujours, se retrouve chez Giorgio Ferroni, cette caractéristique du « classicisme-original ».

Côté casting, et comme évoqué précédemment, Anthony Steffen rasé, c’est la classe, et c’est suffisament rare pour être souligné (À ma connaissance, il n’y a guère que dans Gentleman Killer qu’il l’est). Il est d’autre part beaucoup plus à l’aise que l’on pouvait le penser dans les bottes d’un cow-boy d’opérette ressassant sans cesse* ses vieux traumatismes. L’acteur jouant le jeune garçon s'appelle Marco Stefanelli, il s'agit du fils de Benito (le maître d’armes et de cascades de Sergio Leone), qui joue d’ailleurs lui aussi dans le film. On peut aussi noter la présence de visages familiers comme ceux de Ken Wood, Riccardo Pizzuti, Nello Pazzafini (qui joue le Monsieur Loyal du cirque) etc…

Côté musique, Ferroni a contacté son ami Carlo Rustichelli, qui signe une musique à l’opposé de celles de Morricone ou de Nicolai et compose une partition discrète, davantage proche de celle d’un western américain que des éternelles trompettes italiennes. Là encore, le classicisme est présent dès le générique qui fait immédiatement penser à une musique de western produit par la RKO ou autre Paramount des années 30-40. La sensibilité est soutenue par des morceaux très lyriques apportant une atmosphère mélancolique de bon ton avec la personnalité torturée du héros.

Que dire de plus ? Tout comme Wanted ou Le dollar troué, Deux pistolets pour un lâche est à classer dans les westerns « passerelles » du western américain vers le western italien. En effet, Si la violence reste celle inhérente à une production italienne, la réalisation, la musique, le scénario sont clairement inspirés du western américain des années 30. Les italiens ont souvent déclaré abusivement rendre hommage au western US par leurs productions. Giorgio Ferroni n’était pas de ceux-là et a, avec ses films, intelligemment fait référence aux westerns des origines.

Où le voir ? Il existe un DVD en Italie, a priori rien d'autre. Peut-être un DVD anglais, mais j'en doute. Surveillez la télé italienne et les films en VM.

8/10
Bonnes fêtes à tous ;)



*Essayez de dire « ressassant sans cesse » plusieurs fois très vite, c’est pas évident :mrgreen:
Modifié en dernier par Sartana le 25 mai 2007 16:12, modifié 4 fois.
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pour atteindre la violence de masse qui... qui fait l'histoire..." Brad Fletcher dans Le dernier face à face
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Messagepar Sartana » 23 déc. 2006 23:10

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Messagepar Sartana » 23 déc. 2006 23:11

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Messagepar Lithan » 29 déc. 2006 16:35

Giorgio Ferroni..
J'aime bien ces peplums ("Le colosse de Rome" et "Hercule contre Molloch" notamment) et plus encore son "Moulin des suplices" qui est un chef-d'oeuvre absolu.
En revanche, j'accroche beaucoup moins à ces westerns.
"Wanted" et "Le dollar troué" - les deux seuls que j'ai vu du bonhomme - m'ont laissés un arrière-goût.. Je les trouve assez ennuyeux dans l'ensemble.
C'est justement leur côté 'western US 30's' qui me dérange étant donné que je n'aime pas ces films-là (par exemple, je n'ai jamais accroché à "La chevauchée fantastique" ou autres classiques Ford - Walsh réalisés durant cette période-là).

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Messagepar Sartana » 29 déc. 2006 17:20

Le dollar troué possède des qualités indéniables tant dans son scénario que par le traitement qui en est fait. Peut-être est)il trop classique pour toi, c'est possible et compréhensible, mais le western italien n'a pas toujours été fait par un Castellari ou un Gianfranco Parolini, certains films comme le dollar troué présentent un intérêt puisqu'ils se démarquent de Leone, tout en en subissant tout de même les influences indirectes.
Moi, ça m'a plu, mais les goûts sont des choses variables...
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Messagepar Sartana » 29 déc. 2006 17:21

En plus de ma réponse, si tu veux développer tes arguments : http://westernmovies.free.fr/Forums/vie ... ar+trou%E9
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Messagepar Lithan » 29 déc. 2006 17:38

Dans ta critique, j'ai vu que tu évoquais "Gentleman killer" comme un des rares films où Anthony Steffen est rasé.
Si mes souvenirs sont bons, je crois que c'est un film de Giorgio Stegani qui reste assez classique dans la fond comme dans la forme.
J'avais vu ce film il y'a un petit moment, sur une VHS enregistrée me semble-t-il, et il m'avait bien plu à l'époque.
D'ailleurs, faudrait que je vois "Pas de pitié pour les salopards" du même Stegani, j'en ai entendu que du bien et j'ai le DVD en plus !

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Messagepar Sartana » 29 déc. 2006 17:45

Lithan a écrit :Dans ta critique, j'ai vu que tu évoquais "Gentleman killer" comme un des rares films où Anthony Steffen est rasé.
Si mes souvenirs sont bons, je crois que c'est un film de Giorgio Stegani qui reste assez classique dans la fond comme dans la forme.
J'avais vu ce film il y'a un petit moment, sur une VHS enregistrée me semble-t-il, et il m'avait bien plu à l'époque.
D'ailleurs, faudrait que je vois "Pas de pitié pour les salopards" du même Stegani, j'en ai entendu que du bien et j'ai le DVD en plus !

Gentleman Killer est une curiosité en effet car il est à part : si je me souviens bien, il ya une ville convoitée par des mexicains car elle se situe à la frontière du Mexique. Anthony Steffen joue un Gambler rasé de frais qui dégaine sec et vite, et qui va d'autant plus s'occuper des mexicains qu'ils lui butent son frère, shérif de la ville.
Autre originalité, Steffen se fait torturer d'une manière particulière : on le force à boire un litron de tequila cul sec ! Il mettra du temps à s'en remettre le pauvre.
Classique certes, mais plus violent qu'à l'accoutumé chez Stegani. D'ailleurs, Pas de pitié pour les salopards est lui aussi assez violent, en particulier à la fin ;) Bon visionnage :D !
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Messagepar Lithan » 29 déc. 2006 17:50

Oui, je crois me rapeller du passage où Anthony Steffen s'enquille les cul-secs de Tequila, sauf que je ne me souvenais pas que c'était de la torture (probablement trop jeune pour m'en apperçevoir).
Quant à "Pas de pitiés pour les salopards", on m'a, bien entendu, beaucoup parlé de sa dernière demi-heure assez sèche, avec l'apparition du colossal Gordon Mitchell.

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Messagepar Sartana » 25 mai 2007 13:23

Up ! Grâce au tome III du western all'ialiana récemment acquis, j'ai la confirmation que Marco Stefanelli qui joue dans le film est bien le fils de Benito, le chef-cascadeur de Leone ! ;)
C'est corrigé !
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Messagepar Trinita » 25 mai 2007 15:51

Petite question bête, existe-il un DVD en zone 2 avec sous titre français ??

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Messagepar Sartana » 25 mai 2007 16:11

Trinita a écrit :Petite question bête, existe-il un DVD en zone 2 avec sous titre français ??

Effectivement, la "trouvabilité" n'était pas présente, j'ai updaté, et tu vas être déçu... :(
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Re: Deux pistolets pour un lâche (Il pistolero segnato di Dio) de Giorgio Ferroni, 1967

Messagepar Breccio » 18 juin 2008 13:34

Vu. Le pied.
Identification des acteurs grâce à un fan belge bien connu :
http://membres.lycos.fr/eurowestern/deu ... tolets.htm
A quand un DVD par chez nous (air connu) ?
B
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Re: Deux pistolets pour un lâche (Il pistolero segnato di Dio) de Giorgio Ferroni, 1967

Messagepar Breccio » 18 mars 2009 11:35

Revu dans de meilleures conditions (pour moi) : version anglaise avec passages en italien ST anglais, grâce à Quigley, un fan croate (!), relayé par un bienfaiteur de l'humanité français qui se reconnaîtra :lol:
Jouissif.
Mais c'est vraiment un rôle écrit pour Giuliano (caro mio) Gemma, que l'amigo Antonio remplace à la perfection.
Bon, le ragazzo Marco Stefanelli se la pète un peu, mais c'est pas grave.
Excellente prestation de Giovanni Cianfriglia, la gouape féline ; prestation énervante de Richard Wyler, qui n'a qu'une seule expression à son répertoire (le sourire en coin); et tout un tas de seconds rôles sympa, bravissimo a tutti.
B.
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Re: Deux pistolets pour un lâche (Il pistolero segnato di Dio) de Giorgio Ferroni, 1967

Messagepar Jicarilla » 15 mai 2009 20:16

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