Missouri Breaks - The Missouri Breaks - 1976 - Arthur Penn

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pouêt
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Missouri Breaks - The Missouri Breaks - 1976 - Arthur Penn

Messagepar pouêt » 31 oct. 2006 17:19

Tiens, un western qui ne fait pas déjà l'objet d'un topic dans le forum "Critiquez les westerns que vous avez vus". Ca faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé.

C'est western à la fois sec et violent (comme les polars de ces années-là) et à la fois un peu fanfaron et babacool (comme les comédies dramatiques de ces années-là).
Bref, c'est un western typique de "ces années-là".
Réalisé par Arthur Penn, avec Marlon Brando, Jack Nicholson, Randy Quaid, etc... Du beau monde.

L'histoire en deux mots : Nicholson et sa bande sont des voleurs de chevaux. Pour couvrir ses activités, il achète un ranch en ruine. Mais le propriétaire du ranch voisin (du genre pas commode : il n'hésite pas à pendre en public les voleurs de chevaux qu'il réussit à attraper) engage un "regulator" afin d'éliminer ces derniers qui viennent lui rogner ses profits.

Ce mercenaire (Brando), sous ses airs de dandy farfelu et précieux, est un tueur d'élite sans pitié et très malin. On rigole bien avec Brando et ses déguisements, plus qu'avec Nicholson qui tombe amoureux raide de la fille du vilain propriétaire.

Le voleur et le mercenaire vont jouer un temps au chat et à la souris, puis finiront pas s'affronter. Devinez qui gagne à la fin...

C'est un western assez étrange mais pas désagréable. Il mélange des moments tendres, drôles, et cruels.
Je doute qu'une jeune femme de la fin du XIXème siècle flirte de la sorte avec un quasi-inconnu, mais cette romance s'inscrit dans la révolution sexuelle décomplexée des années 1970. Autres temps, autres moeurs !
Les quelques scènes d'action sont réalistes et violentes, ce qui tranche avec le côté "décontracté" des scènes de dialogue.
Bref, on reconnait bien la "patte" d'Arthur Penn, réalisateur (entre autre) de Bonnie & Clyde et de Little Big Man, dont le ton rappelle celui de Missouri Breaks (mélange de gravité et de légèreté, avec un regard décalé sur les choses).

Missouri Breaks est moins marquant que ces deux chefs d'oeuvre. Mais il est assez réussi aussi dans son genre.

En revanche le DVD Zone 2 français est à fuir ! Jamais vu un grain d'image aussi gros sur un DVD. MGM n'a fait aucun effort de restauration/compression. Une honte.

Ma note (pour le film, pas la qualité du DVD) : 7/10
Les westerns ? Ya pas d'âge pour en manger !

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Jicarilla
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Messagepar Jicarilla » 01 nov. 2006 8:48

:lol: :lol: HELLO POUET :lol: :lol: :lol:


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:oops: Un western que je n’affectionne pas trop sorry :lol:

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Vixare
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Messagepar Vixare » 13 mars 2007 23:37

J'ai vu le film hier soir, et je suis bien embêté pour en parler. Tout d'abord c'est un western qui m'a assez surpris, en premier lieu dans la nature des rôles car on a pas du tout l'habitude de voir un acteur comme Marlon Brando faire le clown dans le genre de rôle qu'il a, ainsi la scène d'entrée de Brando donne bien le ton du film : c'est d'abord de la rigolade et une mascarade, cette touche d'humour contraste énormément avec le côté cruel de nos protagonistes, surtout chez Brando, lorsqu'il tue c'est à chaque fois de manière sordide aprés un "moment de délire". S'agit-il d'un vrai western ? Oui, mais il comporte beaucoup de bizarreries, d'éléments auxquels on est pas vraiment habitués, Marlon Brando et Jack Nicholson sont néanmoins trés bons. C'est un film que j'ai du mal à cerner, comme note indicative je met 7/10.
" Leboeuf j'te conseille de pas te trouver sur ma route ou tu t'rendras compte que j'suis pas encore fini et que j'ai encore une bonne dose de dynamite dans les poings !"

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tepepa
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Re: Missouri Breaks (Missouri Breaks) - Arthur Penn - 1976

Messagepar tepepa » 01 oct. 2009 18:10

Moins connu que Little Big Man ou Bonnie & Clyde du même Arthur Penn, Missouri Breaks est de nature à embarrasser les amoureux de westerns aussi bien que les fans du grand Marlon. Les amoureux de western d’abord, parce que Penn utilise le même ton ironique distancié, la même décontraction apparente que dans Little Big Man, le caractère initiatico-épique en moins, la surenchère dans le décalage en plus. La musique, le flirt très seventies de Jack Nicholson avec la belle Kathleen Lloyd, la part belle faite aux dialogues, tout concourt à déstabiliser l’amateur bousculé dans ses codes, à peine rassuré par les brèves et sèches explosions de violence sadique qui tranchent avec la touche iconoclaste de l’affaire.
Le tout bien sûr aggravé par la performance de Marlon Brando, en mode auto-parodique ingérable, imposteur grossier imbu de lui-même pour les uns, génie démesuré pour les autres, devisant dans son absence de barbe des litanies incohérentes et arborant des déguisements toujours plus anachroniquement savoureux. Pour un million de dollars, Brando improvise totalement et coule le film, mais il le coule avec élégance, avec classe et avec savoir-faire. Le spectateur en écarquille tout grand les yeux et en vient à trouver Jack Nicholson totalement effacé, ce qui est quand même un comble. Le résultat est bancal, entre film expérimental et hommage au genre, entre trip hippie très seventies et western naturaliste alors en vogue à l’époque (la démythification du bandit du fait qu’il rate ce qu’il entreprend, son aspect sale et anti-glamour, son absence d’habileté aux armes, son potager minable), Missouri Breaks ne sait sur quel pied danser et échoue alors à marquer les esprits autrement que par son étrangeté.
Dommage serait-on alors tenté de dire, mais dans la mesure où l’on serait bien en peine de décrire exactement ce qui ne va pas, ce qui manque ou ce qu’il faudrait changer pour que Missouri Breaks devienne un grand chef d’œuvre incontestable, on ne cherchera pas à analyser plus en détail les intentions du réalisateur, qui – de son propre aveu – laissa quelque peu filer son film du fait de l’impossibilité de diriger Brando. Un western décalé qui se mesure à l’aune de son étrangeté et du jeu déjanté d’une des plus grandes stars de cinéma de tous les temps, c’est déjà pas mal non ?

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Vin
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Re: Missouri Breaks (Missouri Breaks) - Arthur Penn - 1976

Messagepar Vin » 02 oct. 2009 9:48

Brando était en effet un acteur ingérable, surtout au sommet de sa renommée.
Famille maudite, moeurs "dissolues" tout contribue à la légende.

Parfois, l'entendre à peine, pendant qu'il grogne quelques répliques improvisées et incompréhensibles, celà peut agacer...
Coquetterie de l'élève de Stella Adler, affirmation de soi outrancière ?...

Et puis, on regarde son palmarès, sa filmographie.

On se souvient du Bounty en route vers les mers du sud...De la moto sauvage qui rugit sans doute encore sur les quais, là où passe le tramway.
Du reflet de l'oeil d'or, lorsqu'il "faisait une proposition que l'autre ne pourra pas refuser"..
Kurtz et l'escargot sur le fil du rasoir...

Alors je lui pardonne tout, y compris ce film improbable, qu'il a en effet torpillé, comme Tepepa nous le dit, comme il a aussi torpillé en partie La Vengeance aux deux visages, mais pour en faire un chef-d'oeuvre atypique.
C'était un Don.
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Sitting Bull
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Re: Missouri Breaks (Missouri Breaks) - Arthur Penn - 1976

Messagepar Sitting Bull » 11 nov. 2009 16:19

Revu hier et cela me conforte dans ma première impression datant de quelques années. Pour moi c'est un film raté et je trouve Marlon Brando exécrable. Pourtant comme dit Vin il a fait bien d'autres bonnes choses, mais là il touche le fond et ses accoutrements n'apportent rien au film, au contraire. A oublier ! Je ne conçois pas le western de cette façon. :mrgreen:
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Re: Missouri Breaks (Missouri Breaks) - Arthur Penn - 1976

Messagepar crazy horse » 17 janv. 2010 18:39

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Re: Missouri Breaks (Missouri Breaks) - Arthur Penn - 1976

Messagepar U.S. Marshal Cahill » 19 janv. 2010 20:00

une fiche TV

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William MUNNY
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Re: Missouri Breaks - 1976 - Arthur Penn

Messagepar William MUNNY » 24 févr. 2011 10:35

Je trouve que jack nicholson tient là un bon rôle comme cowboy hors la loi assez symphatique (je ne l'avais encore jamais vu dans un western). Le film quand à lui, de belles images, l'ambiance d'un western, une belle intrigue certe qui aurait pu être plus dévellopé et j'aime le coté un peu comique comme l'attaque du train et en plus
Je ne suis pas fan de marlon brando donc pour moi le voir faire le pître, ca ne me dérange pas (la seul chose que j'ai eu peur, c'était de le voir en heros du film).
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Trane
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Re: Missouri Breaks (Missouri Breaks) - Arthur Penn - 1976

Messagepar Trane » 15 mars 2011 0:17

Sitting Bull a écrit :Revu hier et cela me conforte dans ma première impression datant de quelques années. Pour moi c'est un film raté et je trouve Marlon Brando exécrable. Pourtant comme dit Vin il a fait bien d'autres bonnes choses, mais là il touche le fond et ses accoutrements n'apportent rien au film, au contraire. A oublier ! Je ne conçois pas le western de cette façon. :mrgreen:


Tout à fait mon avis, j'ai seulement bien aimé Jack Nicholson, son personnage et son interprétation.
Un homme qui a réussi est un homme qui gagne plus d'argent que sa femme n'en dépense. Et une femme qui a réussi est une femme qui a trouvé un tel homme. (Lana Turner)

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lasso
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Re: Missouri Breaks - 1976 - Arthur Penn

Messagepar lasso » 30 juil. 2011 13:58

je vois que peu d'amateurs de western apprécient ce film de Penn.
Après une deuxième vue après quelques années je veux m'exprimer ainsi:
MISSOURI BREAKS est une région du Montana, des Ravins et Rives très accidentés au Nord Est
du Montana, c'est dans cette région que les voleurs de chevaux ont leur repaire, et sont presque
intouchables pour des poursuites. Le riche éleveur de chevaux est obligé de se chercher un chasseur
de bandits intellectuel qui peut arriver à les stopper. Un shériff n'en viendra pas à bout. C'est
pour ça qu'il engage cet excentrique Chasseur d'hommes du Wyoming, connu pour ses succès.
En effet cet homme fait son investigation d'une façon très particulière, étudiant ses adversaires,
aussi bien son employeur que les bandits de Missouri Breaks, en les espionnant grâce à ses jumelles,
et les liquides par arrière dans de drôles accoutrements pour passer incognito.
Seul Nicholson, qui était resté dans son petit ranch près du Gros propriétaire, réussit à échapper,
en coupant la gorge du chasseur, qui somnolait.
Son histoire amoureuse avec la fille du riche rancher finit, chacun prenant son chemin, Nicholson
retourne dans les sauvages MISSOURI BREAKS.
Le film est aussi un hommage à ses fameux Missouri Breaks. Ils existent encore aujourd'hui s'étendent
sur 100 miles. Il n'y a pas de rues, mais des pistes, qu'on peut visiter en randonnées. Il faut du temps,
avoir une bonne formation de randonneur, emporter tentes et vivres. A vous les amateurs.

Une partie du film a été tournée à Nevada City dans le Madison County et dans les environs.
Nicholson et Brando n'ont été qu'un autre décor, le vrai "le MONTANA" était plus spectaculaire.


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Hombre
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Re: Missouri Breaks - 1976 - Arthur Penn

Messagepar Hombre » 04 déc. 2012 12:52

Revu hier soir après longtemps. Et il m'a plu autant que la première fois. Il n'est pas un grand western je suis d'accord mais je l'ai vu avec plaisir. Retrouver Nicholson, Brando et bien sûr tous ces acteurs secondaires du cinéma de l'époque. Le film est beau, esthétiquement est beau. Pour en revenir au jeu de Brando, rétrospectivement je le trouve juste, il a bien vu, bien cerné et il s'est bien approprié ce personnage de tueur pervers. Un jeu de "serial killer" avant la lettre et qui est tant à la mode dans le cinéma de nos jours. J'ai quand même ouvert mon Tulard où est cité Arthur Penn: " La frontière avait son mode de vie particulier et je crois que la seule manière de l'aborder consiste à mélanger les formes, à briser les moules rigides crées par Ford, Wyler ou Hawks..." On peut dire que Brando a bien aidé Penn dans cette tâche. Briser les moules rigides c’était d'époque. Rappelez vous du clochard Ratso Rizzo (Dustin Hoffman) se moquant des cow-boys et la réponse désespéré de Joe Buck (Jon Voight) "John Wayne n'est pas un pédé" dans Midnight Cowboy. Eh oui c'était une autre époque, pas si lointaine après tout...

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lasso
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Re: Missouri Breaks - 1976 - Arthur Penn

Messagepar lasso » 04 déc. 2012 14:06

Hombre

Je suis d'accord avec toi, j'ai aussi apprécié et compris le film Missouri Breaks, le NM des Missouri Breaks, dans le Montana
vaut aussi le déplacement :D :D

L..
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Re: Missouri Breaks - 1976 - Arthur Penn

Messagepar L.. » 07 mars 2019 12:53

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Fin mai chez Rimini.

Souvenir d'un film aux couleurs dorées et au rythme très lent, plein de détails du quotidien; jamais revu depuis 1976, sorti en France en même temps que Josey Wales de Clint Eastwood.

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Moonfleet
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Re: Missouri Breaks - 1976 - Arthur Penn

Messagepar Moonfleet » 27 juin 2019 8:25

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Missouri Breaks - 1976

Dans le Montana, le grand propriétaire David Braxton (John McLiam) a du mal à se débarrasser d’une bande d’audacieux voleurs de chevaux. Il parvient néanmoins sans procès à en lyncher un en public, ce qui n’est pas du goût du chef de bande Tom Logan (Jack Nicholson) qui en représailles fait tuer le régisseur du ranch. Pensant que c’est en étant le plus proche de son ennemi qu’il sera le plus en sécurité, Tom achète une parcelle de terre voisine du domaine Braxton pour y construire sa ferme ; il tombe amoureux de sa fille (Kathleen Lloyd) qui succombe également à son charme. Le père de la jeune fille a entretemps loué les services d’un régulateur pour le moins fantasque du nom de Robert Lee Clayton (Marlon Brando) afin de mettre fin aux agissements des pillards qui poursuivent leurs méfaits ; un homme qui va se révéler vite envahissant et peut-être encore plus dangereux que ceux qu’il doit éliminer…


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Missouri Breaks est une région de l’Est du Montana constituée comme son nom l’indique de ravins très accidentés où il est difficile de circuler. Une aubaine pour les voleurs de chevaux qui peuvent en faire une retraite idéale, un repaire presque inviolable par surprise. Depuis qu’il avait tourné Little Big Man non loin de ces lieux, Arthur Penn qui aimait tant la région souhaitait y retourner pour filmer son nouveau western. Ayant quelques soucis financiers, se voir proposer deux stars aussi célébrées à l’époque que Jack Nicholson (il venait de récolter un Oscar pour Vol au-dessus d’un nid de coucous) et Marlon Brando (ses deux précédents films n’étaient pas moins que les célébrissimes Le Dernier tango à Paris de Bernardo Bertolucci et Le Parrain de Francis Ford Coppola) lui assurait presque de se refaire une petite santé pécuniaire. Malheureusement ce ne sera pas vraiment le cas pour ce réalisateur venu de la télévision (comme beaucoup des nouveaux venus au cinéma dans les 60’s tels Sidney Lumet pour n’en citer qu’un autre) qui ne renouvela pas les ‘cartons’ obtenus avec par exemple Bonnie and Clyde ou Little Big Man. C’est peut-être l'une des raisons de son désamour pour son 9ème long métrage.


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Les autres sont nombreuses : une préparation bien trop rapide d’à peine six semaines ; le célèbre romancier américain Thomas McGuane, ici scénariste, peu convaincu ni par la tournure que prit le tournage ni par le résultat final ; un tournage phagocyté par Marlon Brando qui, plus que de suivre son texte ou d’écouter les conseils de son réalisateur, a préféré improviser la plupart du temps ou se coller des bouts de papier partout sur le plateau pour ne pas avoir à apprendre les dialogues ; un réalisateur démissionnaire devant un film qui semblait lui échapper faute aux caprices de sa star ; un Jack Nicholson étonnement effacé face à son déroutant partenaire ; un échec au box-office… Tout pouvait donc également laisser présager un échec artistique vu aussi sa réputation critique moins glorieuse que celle de beaucoup des précédentes œuvres, y compris au sein du western, ses deux devanciers - Le Gaucher (The Left-Handed Gun) et Little Big Man - ayant récolté bien plus d’éloges et demeurant aujourd’hui des classiques du genre contrairement à leur cadet qui souffre souvent de leur comparaison. Il est cependant permis malgré tous ces handicaps de ne pas le rabaisser et de le considérer comme au moins tout aussi réussi.


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Le thème est pourtant simple, vu et revu, voire même l’un des plus usités du genre, à savoir les conflits qui se déclenchaient fréquemment entre gros éleveurs et voleurs de bétail ou de chevaux. Mais évidemment que l’iconoclaste Arthur Penn allait faire voler en éclats ce récit à priori banal, le scénario en profitant pour tacler ce nouveau capitalisme galopant faisant régner sa loi d’une manière dictatoriale sur une région, les gros ranchers de l’époque ayant souvent eu la mainmise sur la loi et l’ordre, faisant souvent des shérifs leurs hommes de main, leur faisant régler les problèmes à leur convenance, remplaçant même souvent la justice. Ici le personnage de Braxton, superbement interprété par John McLiam, est une parfaite incarnation de la dérive tyrannique apportée par l’argent et le pouvoir dans l’Ouest des USA à la fin du 19ème siècle ; un Cattle Baron qui justifie tout ce qu'il fait de monstrueux au nom de la civilisation et de la culture, omniprésent dans la vie sociale et politique de sa petite bourgade, dirigeant la région à sa guise sans se soucier de ceux qui devraient être chargés de le faire. Sa fille en revanche ne partage pas la même conception que son père de la vie dans cet Ouest encore sauvage ; elle conteste au contraire cette vision et se révèle être une femme moderne, quasiment féministe avant l’heure ; pour son premier rôle au cinéma après beaucoup de télévision, Kathleen Lloyd est inoubliable, les séquences qu’elle partage avec Jack Nicholson demeurant les plus belles et les plus sensibles du film, la romance entre le voleur marginal et la jeune fille émancipée s’avérant vraiment non seulement convaincante mais aussi tout à la fois drôle, douce et touchante. L’on sent à ces moments-là que Penn peut déployer un lyrisme élégiaque qu’il n’aura par ailleurs pas trop l’occasion d’employer au cours de son western qui mélange allègrement les tons.


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Cet improbable et curieux 'patchwork' se fait jour dès la séquence initiale très naturaliste, le générique se déroulant d’une manière totalement bucolique, trois cavaliers s’avançant au loin dans une prairie s’étendant à perte de vue en discutant avec calme et sérénité ; ce que l’on ne sait pas encore est que l’un des trois est en route pour être pendu, lynchage champêtre auquel nous allons assister dès les plans suivants sous les yeux presque habitués des quidams qui se trouvaient dans le coin pour une fête ; seule la fille de Braxton - ce dernier étant l’ordonnateur de cette pendaison - semble horrifiée par ce 'spectacle' qui parait toujours aussi banal pour la plupart de ses concitoyens. Puis nous ferons connaissance avec la bande de voleurs de chevaux dirigée par Jack Nicholson, des hommes pour la plupart immatures et simplets mais pas forcément méchants qui pensent plus à s’amuser qu’autre chose ; une joyeuse bande de 'gosses' inconséquents mais liés par une forte amitié. Pourtant la mélancolie est aussi de la partie, notamment lors des scènes réunissant Jack Nicholson et Harry Dean Stanton (le futur et inoubliable protagoniste principal de Paris Texas de Wim Wenders) discutant du bon vieux temps. S’ensuivra une séquence parodique quasi burlesque, celle cocasse de l’attaque du train. Sans véritables enjeux ni forte progression dramatique, le film ne cessera d’osciller entre sérieux et légèreté, violence crue et tendre romance, classicisme et modernité ; l’apparition grimaçante sous l’encolure de son cheval à la seulement 40ème minute du protagoniste de ‘régulateur’ joué par Marlon Brando ne fera que renforcer cette dualité qui parcourt tout le film et qui aura pu en agacer plus d’un même si pour ma part le mélange demeure tout du long assez harmonieux – hormis un dernier tiers un peu trop ‘déhanché’ – grâce à un scénario qui parait toujours plutôt fluide.


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A partir de l'entrée en jeu de Marlon Brando, nous aurons donc d’un côté le chef du gang de voleur de chevaux, sympathique et rêveur, qui ne pense désormais plus qu’à faire pousser des légumes dans son potager, de l’autre un homme sans scrupules, au cynisme poussé à l’extrême, embauché par le rancher pour éliminer ceux qui font diminuer son cheptel. Pour le plus grand plaisir de certains - dont je fais partie - Brando en fait des tonnes dans l’outrance et la théâtralité, usant de toutes les manières d’articuler, de toute une gestuelle et d’un étonnant don pour le déguisement pour faire de son personnage totalement désarmant, pervers et vicieux, l'un des plus déjantés de l’histoire westernienne. Comme le dit Frédéric Mercier dans les bonus du Blu-ray, il peut nous arriver de penser au personnage de Mitchum dans La Nuit du chasseur. Brando parvient à créer un suspens à lui tout seul tellement les réactions de son personnage sont constamment imprévisibles. Face à un tel 'One Man Show', Jack Nicholson, pourtant pas spécialement réputé pour sa sobriété, semble avoir trouvé comme parade pour se faire lui aussi remarquer de prendre le contrepied et de ne pas en faire des tonnes. Et en effet le duo fonctionne parfaitement bien ainsi. Clayton/Brando est donc celui qui doit faire le sale boulot pour le compte des propriétaires tyranniques ; il lui plait d'affirmer sadiquement haut et fort - probablement pour inquiéter encore plus ses adversaires - que même s’il venait à apprendre qu’il ne serait finalement pas payé, le fait d’avoir accepté ‘le boulot’ lui ferait aller jusqu’au bout, s'amusant follement à tuer. Et il n'hésite jamais à tuer, toujours d’une manière totalement lâche, la plupart du temps sans prévenir et par derrière s’il le faut ; peu importe, le sens de l’honneur est inexistant chez lui.


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Le film qui avance sans trop d’à-coups - si ce n’est au travers des changements de registre - nous propose donc une réflexion sur la conception de la vie dans un Ouest en mutation à une époque charnière de l’histoire des USA, une évidente démystification des mythes du Far-West tels qu'on nous les a montré à foison les décennies précédentes, et enfin une critique sous-jacente d'un système qui favorise l'émergence des puissants ; un film qui revendique son progressisme en fustigeant les adeptes de la violence, des milices, de la justice expéditive et de la loi de Lynch, en mettant en avant les marginaux et les femmes fortes aux mœurs libérés. Il est soutenu non seulement par une excellente interprétation d’ensemble des premiers aux seconds rôles, par une superbe partition de John Williams ainsi que par une magnifique photo ‘diaprée’ de Michael Butler. La mise en scène s’avère souvent tout aussi belle lorsqu’elle se fait épique (la virée canadienne des voleurs de chevaux menée par un excellent Harry Dean Stanton) que lorsque le film plonge vers plus de romantisme (les scènes d’amour entre Jack Nicholson et Kathleen Lloyd). Arthur Penn n'avait pas perdu la main.


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Sans trop d’actions, un western atypique, iconoclaste, probablement déstabilisant pour l’amateur du genre, mais que le réalisateur parvient cependant assez bien à maintenir debout et équilibré jusqu’au bout malgré un hétéroclite mélange de tons et de genres. Sec, violent, grave, léger, bucolique, décalé, excentrique, amusant, digressif, cocasse, romantique, désenchanté, mélancolique, sordide, tendre, cruel, critique… Missouri Breaks est tout cela à la fois et même s’il aurait certes pu être bien meilleur et plus digeste si l’harmonie avait régné sur le tournage, n’en est pas moins grandement satisfaisant et conseillé. Les amateurs de démesure et de détails insolites devraient en tout cas tenter le coup et apprécier la prestation ‘bigger than life’ du génial, exhibitionniste et halluciné Marlon Brando.


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