Ci risiamo, vero Provvidenza ? d'Alberto de Martino avec Tomas Milian, 1974

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Ci risiamo, vero Provvidenza ? d'Alberto de Martino avec Tomas Milian, 1974

Messagepar Sartana » 13 oct. 2006 19:05

Ci risiamo, vero Provvidenza ? d’Alberto de Martino avec Tomas Milian et Gregg Palmer, 1974.

Et voilà ! On m’appelle Providence cartonne au box-office italien en 1972, deux ans après, c’est le retour de Providence. Tomas Milian et Gregg Palmer (les 2 guignolos du 1er film) reviennent et veulent toujours toucher un pactole, de quelque manière que ce soit. Sauf que là, Providence a besoin de l’argent pour pouvoir épouser la belle Pamela (Carole André, voir capture 1, déjà vue dans le dernier face à face de Sollima).
Apparaissent également dans ce film des habitués tels Rick Boyd, Nello Pazzafini ou Angel Ortiz.
Alberto de Martino a réalisé quelques westerns dont 100 000 dollars pour Ringo (1965), et Django tire le premier (1966). Il préférera s’illustrer dans les drames et ne réalisera que 4 westerns.

Providence avait déjà une carriole personnalisée dans le 1er opus, mais ici (voir capture 2), c’est carrément un chariot à vapeur digne de James Bond au niveau du confort et de la capacité d’auto-défense. Il a aussi des costumes de plus en plus excentriques et n’hésite pas à pousser la chansonnette pour séduire une jeune femme. Le personnage de Hurricane Kid est quant à lui resté inchangé.

La musique est composée (d’après ce qu’indique le générique), comme dans le 1er film par Ennio Morricone, aidé, et cela n’était pas le cas en 1972, de son complice Bruno Nicolai. Elle est assez quelconque, à la hauteur des bruitages stupides disséminés dans le film et que personnellement je supporte de moins en moins.
Le scénario est abracadabrant et rocambolesque, souvent à la limite du crédible. Voici 2-3 exemples du type de scènes que l’on peut voir dans ce film :

• Un des passages les plus savoureux du film : la scène se déroulant à la fondation Jesse James, fondation pour les criminels repentis. Voici la traduction de la tirade italienne que fait une des infirmières à différents patients : « Trinita, je t’ai déjà dit de te laver les mains avant de passer à table ; Sprig***, c’est un auspice ici, pas un saloon ! Tresette, tu n’oublieras pas de dire un Te Deum. Te Deum, ne joue pas à Tresette, Django, ne prend pas sa soupe à Sartana : Dieu pardonne, moi pas ! »
(*** Qui est ce Sprig/ Spring ?)
• Autre passage surréaliste : après un duel à l’épée pour conquérir le cœur de Pamela, Providence marque son adversaire d’un « P » sur le front. Apparaît alors Zorro qui lui dit « Foi de Zorro, c’est un très beau coup, Providence ! » et s’en va en rigolant (détail amusant : l’acteur qui ici joue Zorro a la même voix que celui qui double réellement Zorro dans la version italienne de la série).
• Les deux héros veulent bâtir une banque afin que les gens y déposent leur or et comptent se débiner avec le contenu du coffre. Ils la construisent (voir capture 3) en DUPLO !!!...
• Providence soigne un blessé et lui retire une quarantaine de balles du corps. Le patient boit alors un verre de whisky et tout le liquide ressort par les 40 trous qui lui restent dans le corps (capture 4).

J’arrête ici les exemples, rien ne sert de trop en dévoiler et de toute manière certains gags sont difficilement évocables tant l’image a une place prépondérante dans le comique, mais particulièrement dans ce film.

S’ajoutent aux délires visuels et scénaristiques des effets volontaires de distanciations voire d’anachronismes comme Providence qui, dans une mongolfière, fait le speech traditionnel du commandant de bord. Viens ensuite une scène nécessitant un trucage vidéo. Providence s’arrête pendant le film, se met face à la caméra et dit : « Notre commentateur sportif va analyser cette scène truquée pour vous ». Et hop ! Un type de nos jours en costard cravate nous explique comment a été réalisée la scène. Du making-on de film, quoi ! :)

Enfin, et malheureusement, le retour de Providence est aussi une succession de clichés du western comique à la saveur fade c’est-à-dire que le film fait dans la surenchère pour surprendre les spectateurs italiens qui en 1974, boudent les westerns. L’argent objet de toutes les convoitises ne profitera à personne, une scène de bal costumé se déroulant sur une patinoire, Gregg Palmer faisant du Bud Spencer dans Amigo mon colt à deux mots à te dire, et Tomas Milian bondissant, riant à nous donner envie de le frapper, et parlant en permanence avec un accent venu de nulle part (la compréhension de ses dires en italien a été pour moi un calvaire tant il n’articule absolument pas). De plus le méchant, qui s’appelle Cian-ku-lo (prononcez « se enculo ») est un asiatique ce qui nous donne droit, et on s’en serait passé, à une longue scène de combat kung-fu, heureusement terminée grâce à Providence qui mange des épinards et filmé en accéléré met au tapis tous ses adversaires.:roll:

En bref, et pour conclure, le retour de Providence malgré ses attentions louables et délirantes fait dans le too-much et essaye encore de faire courir le 3000 mètres à un genre qui avait déjà un sérieux point de côté. Un film indispensable à un fan de burlesque, dispensable à un amateur de film comique et à éviter à un fan de western. À vous de voir dans quelle catégorie vous vous trouvez.

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Messagepar Sartana » 13 oct. 2006 20:08

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Re: Ci risiamo, vero Provvidenza ? d'Alberto de Martino avec Tomas Milian, 1974

Messagepar Breccio » 02 mai 2008 8:07

Je ne désespère pas de le voir, celui-là, mais me faudrait des sous-titres :mrgreen: .
Sinon, je me suis fait imposer hier soir la vision de Pirate des Caraïbes 3 et j'ai l'impression que Johnny Depp pompe pas mal son jeu sur Tomas Milian...
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Re: Ci risiamo, vero Provvidenza ? d'Alberto de Martino avec Tomas Milian, 1974

Messagepar Personne » 02 mai 2008 11:14

Breccio a écrit :Sinon, je me suis fait imposer hier soir la vision de Pirate des Caraïbes 3 et j'ai l'impression que Johnny Depp pompe pas mal son jeu sur Tomas Milian...
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As-tu réussi à ne pas t'endormir pendant le film?
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Re: Ci risiamo, vero Provvidenza ? d'Alberto de Martino avec Tomas Milian, 1974

Messagepar Breccio » 02 mai 2008 13:43

Personne a écrit :As-tu réussi à ne pas t'endormir pendant le film?

Ouais, j'avais bu pas mal de café durant la journée pour tenir le coup devant mon clavier.
D'ailleurs, j'ai dû me lever à plusieurs reprises pendant le film... Sans appuyer sur la touche pause -- au retour, je n'avais pas l'impression d'avoir manqué grand-chose.
Des films comme ça, c'est quand même de beaux gâchis. Et dire qu'ils viennent d'un pays où, jadis, on charcutait les westerns italiens jugés trop longs !
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Re: Ci risiamo, vero Provvidenza ? d'Alberto de Martino avec Tomas Milian, 1974

Messagepar tepepa » 02 mai 2008 13:53

J'ai assez apprécié le premier (pas vu les deux autres...). La vision des pirates 'zombies" dépenaillés avançant sous l'eau avait un coté bis assez sympa! :D

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Re: Ci risiamo, vero Provvidenza ? d'Alberto de Martino avec Tomas Milian, 1974

Messagepar Personne » 02 mai 2008 14:48

Oui, un peu comme toi Tepepa, le 1 correct mais assourdissant(la musique) et les 2 autres très bavard, mais le final du 3 est quand même un beau morceau de bravoure.

Chapeau Breccio au fait! :D
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Re: Ci risiamo, vero Provvidenza ? d'Alberto de Martino avec Tomas Milian, 1974

Messagepar Sartana » 02 mai 2008 17:15

J'ai jamais vu un tel HS sur une critique de spaghetti :mrgreen:
Mais c'est vrai que le 3ème opus de Pirates m'a déçu également :oops:
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Personne a écrit :Sartana, tu as un coeur de pierre!


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