Le Cavalier du Désert - The Westerner - 1940 - William Wyler (Le débat)

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Le Cavalier du Désert - The Westerner - 1940 - William Wyler (Le débat)

Messagepar Personne » 01 juin 2006 15:45

Le Cavalier du Desert
Un western de William Wyler
avec Walter Brennan, Gary Cooper, Fred Stone, Doris Davenport

Cole Hardin est accusé de vol de chevaux. Il est amené dans le saloon qui sert de prétoire au juge Roy Bean. Celui-ci est un fervent admirateur de Lily Langtry et Cole prétend la connaître au point de pouvoir ramener au juge une mèche de ses cheveux. Cole est remis en liberté et en profite pour s'enfuir...

Après ce petit résumé, j'attends vos avis. :D
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Messagepar musselshell » 02 juin 2006 21:14

Un des premiers trucs qui saute à la figure, c'est la densité ... Tous les plans sont travaillés au service d'une narration qui prend son temps, campe les protagonistes entre réalisme poussiéreux et distanciation toute littéraire (Bazin et Astruc se référaient à Caldwell et Faulkner, ce qui était à la fois "rapide" et bien senti...une allusion au Mark Twain de Roughing it ou à Bret Hart étant probablement un peu plus pertinente...). Quoi qu'il en soit, ce film, trop mal connu, surtout en France, est une des plus surprenantes illustrations d'une certaine mythologie américaine, celle des hommes sans femmes (ou qui se contentent de les rêver, comme Brennan, de les séduire avec hésitation, comme Cooper...), des hommes entre eux, dans un monde qui impose soi l'errance et la distanciation, soi l'affirmation brutale et cynique de sa propre loi...et les deux options peuvent se croiser pour s'apprécier mutuellement...mais le cours inéluctable des évènements doit faire choisir.
Regardez bien ce film, les ciels, les galops, les cuites, les dialogues alcoolisés de Brennan et Cooper, le regard éperdu et roublard de Davenport, les champs de mais, les bagarres à poings nus dans la poussière, qui préfigurent Mann, avant de n'en voir que l'ombre, le final dans un théatre...époustouflant d'inventivité... "Dixie" résonnant vingt secondes perdues dans la musique à la mort du juge...et toutes ces petites choses qui ne font pas objectivement "avancer" une narration, mais campent une atmosphère, adroit mélange de réalisme, d'humour, de tendresse pour les personnages...
A vous, je reviendrai plus tard (mais je vais essayer de ne pas monopoliser :wink: )

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Messagepar Personne » 04 juin 2006 20:22

A noter que l'actrice anglaise Lili Langtry et le Juge Roy Bean, 2 des protagonistes de ce western ont réellement existés. cool
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Messagepar musselshell » 05 juin 2006 8:43

Le film lie on ne peut plus harmonieusement la riche peinture du contexte historico-geographique et le portrait des deux protagonistes, relativement hors-normes pour un western de 1940...Cooper, qui avait hésité à accepter le rôle de Cole, estimait qu'il ne servirait pas à grand chose, tant le film lui paraissait devoir être centré sur la personne de Juge...et il est vrai que Brennan est époustouflant, mais c'était compter sans la richesse du scénario, et surtout de la mise en scène de Wyler: toutes les scènes entre Cooper et Brennan sont quasi jubilatoires, soi dans le comique "tall tale" (les fioles renversées dans les verres, yeux dans les yeux, le réveil dans la piaule déglinguée après la cuite, le cou qu'il faut sans arrêt remettre en place), soi dans une complicité quasi attendrissante (l'extraordinaire et interminable déballage de la mèche! puis le final dans le théatre, bien entendu...)
L'errance de Cole, qui au départ ne souhaite rien d'autre que s'en sortir et reprendre la piste, croise l'Histoire de deux façons: tomber sur Bean, c'est tomber sur l'inénarrable Loi à l'Ouest du Pecos, s'arrêter dans le coin, c'est prendre conscience d'un contexte: la lutte des fermiers contre les grands propriétaires anti clôtures...soutenus par le Juge. Et Cole évoluera, de l'individualisme forcené à l'exigence de justice...Cooper est impeccable dans le rôle, opposant sa grande silhouette dégingandée, son humour subtil et distancié à la truculence de Brennan.
Quant aux fermiers, ils apportent au film un sens de l'enracinement, du terroir, rare dans le western: j'aime notamment les scènes dans les champs de maïs, à la fois réalistes et étrangement graphiques, grâce à la photo magnifique de Toland...sur ce plan, le film est d'ailleurs extraordinaire du début à la fin...

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Messagepar musselshell » 05 juin 2006 14:17

Quelques exemples du travail de Gregg Toland
:arrow: Les fermiers, les champs de maîs avant et après l'incendie provoqué par les hommes de main des gros propriétaires...
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Après l'incendie...
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Les séances spécifiquement "western" sont superbes elles aussi (Cooper au galop, le combat avec Forrest Tucker dans la poussière, le réalisme des baraquements de bois...)
Modifié en dernier par musselshell le 07 juin 2006 15:21, modifié 1 fois.

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Messagepar Personne » 06 juin 2006 13:36

A quoi pouvais-je m'attendre devant ce western de 1940?
Il y avait déjà eu beaucoup de bons westerns dans les années 30, mais ils ne sortaient que très rarement des sentiers battus! Le Cimarron de Ruggles, les Serial, Dodge City, la Chevauchée Fantastique de Ford, La Piste des Géants de Walsh. Conquète de l'Ouest pour la plus part.
The Westerner est à mon avis bien plus original, il va nous surprendre par le ton employé, proche de la comédie sans en être, voir le réveil de Cooper et Brennan qui est proprement extraordinaire. :D
Les dialogues sont superbe, le film est un peu théatral et pour cause cool , mais comme le dit justement musselshell le travail sur la photo extérieur est des plus prodigieux.
Comment résister au talent d'embobineur de Coop? Comment ne pas voir en Brennan l'incarnation du fameux Juge Roy Bean? Comment ne pas être charmé par ce film?

J'espère que vous l'aimerez aussi. :D
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Messagepar fa » 06 juin 2006 18:18

Malheureusement... Pas vu :?

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Messagepar Carcasse » 06 juin 2006 19:54

Sentiments mitigés...
Quant à l'analyse, il va falloir que j'y réfléchisse, que j'évacue le film parce que, pour l'instant, je ne vois vraiment pas que dire !



Et un Carcasse qui ne sait pas que dire, c'est rare ! :mrgreen:
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Messagepar regis » 07 juin 2006 7:45

Pour le cinephile moyen ,le nom de William Wyler n'est pas automatiquement lié au western. On pense plus souvent à "Ben Hur "ou à " Vacances Romaines" qu'à ses 3 westerns dont "Les Grands Espaces " et "La Loi du Seigneur" (palme d'or à Cannes) et donc ce " Cavalier du Desert".
Le film permit tout de méme à Walter Brennan d'ontenir pour sa prestation dans le rôle du "juge" Roy Bean,un oscar.
On parla à l'époque de sa sortie en France de" Western pour intellectuels". Il était méme de trés bon ton d'opposer Wyler à Ford ,jugé trop populaire..
Le vent tourna ensuite et Wyler fut parfois honni pour son académisme...
Il est vrai que le film de Wyler ne ciomporte pasénormément de scénes d'action et que le cinéaste prend son temps pour raconter son histoire.
Il installe ses personnages, les fait vivre, insiste sur le pittoresque de la vie au"tribunal " du juge,se permet même de vraie scénes de comédies américaines (le réveil de Gary Cooper dans le lit du juge, les ciseaux de Gary Cooper),voir de comédies sentimentales, et de drames. Bef,il inscrit son histoire comment un moment de la vie quotidienne de la bourgade du Texas ou elle se déroule..
c'est surement l'une des raisons pour laquelle on aime ce film , si c'est pour moi un incontestable trés bon western ,il peut plaire à beaucoup de gens rétifs au genre par ses incursions réussies dans d'autres genres...
Suls peut-etre les tenants du pur film d'action le trouveront ennuyeux..
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Messagepar Carcasse » 07 juin 2006 10:30

regis a écrit :il peut plaire à beaucoup de gens rétifs au genre par ses incursions réussies dans d'autres genres...
Suls peut-etre les tenants du pur film d'action le trouveront ennuyeux..

Perdu ! :lol: Je ne suis pas... et de loin, un tenant du film d'action !
Je crois que c'est justement un trop grand mélange des genres, ainsi qu'une évolution des personnages que j'ai trouvée un peu trop rapidement prévisible, qui m'a déconcerté.
Attention, j'ai trouvé du très bon et même de l'excellent, dans ce western : le ton est original, les acteurs sont extraordinaires (enfin Gary Cooper et le sublime Walter Brennan ; les autres paraîssant un peu écrasés par ces monstres) ; le soin apporté aux décors, à la photo (l'intérieur de la maison du juge, le bar, la chambre... aussi bien que les extérieurs !) et la mise en scène même, donnent à ce film une grande dimension poétique (rien que cet incendie et la manière dont il est filmé, du départ des feux, jusqu'à la vision désolée des champs dévastés est pure merveille !).
Pourtant, je lui reprocherai de partir un peu dans tous les sens... On balance sans arrêt entre comédie, drame, action et poésie et, bien que chaque partie soit excellente individuellement, j'ai un peu de mal à imaginer ça comme un tout...
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Messagepar musselshell » 07 juin 2006 12:47

Pourtant, je lui reprocherai de partir un peu dans tous les sens... On balance sans arrêt entre comédie, drame, action et poésie et, bien que chaque partie soit excellente individuellement, j'ai un peu de mal à imaginer ça comme un tout...


C'est justement ce mélange apparent des genres que je trouve interessant, dans la mesure où, justement, une bonne partie de la dimension poètique du film en émane...et l'ensemble m'apparait suffisament fluide pour échapper à l'effet de collage. On peut donner moulte exemples: l'inénarrable déballage de la mèche, pour en citer un premier, conjugue la comédie, l'hymne attendri à la femme rêvée et/ou perdue, la roublardise joueuse (Cooper!), la tension/complicité entre les deux hommes et...l'hymne à l'Ouest, à l'espace, le tout se jouant sur fond venteux de bétail dans le désert...Je ne dirais pas que le film "balance sans arrêt " entre les genres, mais plutôt qu'il échappe grâce à sa richesse de ton à une certaine forme de monolithisme...Humour et drame conjugués, dérision/exaggération, nostalgie... sont autant de composantes parfois indissiociables des mythologies de la "frontière", et ce film est de ceux qui les portent haut...Si son manque d'unité (j'admets que tu n'as pas écrit ça...mais bon, considérons que ça y ressemble...) confère à mon avis au film sa véritable originalité, et pour tout dire sa poésie, c'est peut-être parce qu'en fait il n'y a pas "manque", mais au contraire harmonie...le tout effectivement sublimé par la photographie...C'est en tous cas comme ça que je le vois, et les raisons pour lesquelles je l'ai toujours apprécié! :num1
Modifié en dernier par musselshell le 08 juin 2006 14:24, modifié 1 fois.

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Messagepar regis » 07 juin 2006 15:47

+1
Ce "melange" me plait beaucoup..
Et je le répéte ce coté "vie quotidienne" qui me plait énormément jusqu'aux scenes spectaculaires qui sont inscrites dans un cadre intime ( l'incendie, les toutes derniéres images)
Por les cateurs si Gary Cooper et Brannan sont effectivement des monstres,les autres ne sont pas mal non plus..
mention par exemple à Forrest Tucker
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Messagepar Personne » 08 juin 2006 7:37

musselshell+Personne+regis qui ont aimés, Carcasse avis mitigé pour resumer! C'est ça?
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Messagepar regis » 08 juin 2006 7:55

A noter une petite anecdocte..
Sur un point Lucky Luke est plus proche de la réalité que Wyler..
Le fameux "ours" assistant de Roy Bean existait bel et bien..t
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Messagepar musselshell » 08 juin 2006 13:13

Voir l'ours sera une bonne excuse :idea: pour disséquer the Life and Times of Judge Roy Bean, film dans lequel il tient bien sa place, et qui est un petit chef d'oeuvre (amha)...mais pas d'inquétude, il y aura un max. de westerns Italiens avant...
J'aime bien ça, moi, les nourses. :num1



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