Les Cruels - I Crudeli - 1966 - Sergio Corbucci

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Liko
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Les Cruels - I Crudeli - 1966 - Sergio Corbucci

Messagepar Liko » 16 mai 2006 15:12

Un Western des plus original comme on en a l'habitude avec Sergio Corbucci. On retrouve dans les rôles principaux : Joseph Cotten, Norma Bengell et Julian Mateoas. Dans les second rôles des habitués du genre comme Al Mulloch (Le Bon la Brute et le TYruand, Il Etait une Fois dans l' Ouest...). Musique signée Ennio Morricone.
Pour la petite histoire, A la fin de la guerre de sesession, une famille sudiste un père et ses trois fils, attaquent un convoi yankee afin de derober 1 million de Dollars. Cet argent habilement dissimulé dans un cercueil servira a remettre sur pieds l'escadron commandé par le père colonel dans l'armée confédérée. De nombreux periples attendent la famille tout au long de leur voyage censé ramener l'argent au ranch familliale ou les attendent une armée prete à continuer la lutte malgré la capitulation du général Lee. Jonas le père fanatique veut liberer l'etat du sud et ainsi en faire un etat independant.
Le thème du film est assez original, on assiste là au dernier rêve de l'armée sudiste. Le film est bien mené, suspense même si on devine l'issue finale de l'entreprise. La musique d'Ennio Morricone va de source avec ce film quelque peu fantastique. Je trouve personnellement qu'on est d'avantage dans le fantastique que dans le western. On retrouve tout de même un saloon, une ville dans ce spaghetti tourné quasi-essentiellement dans les paysages desertiques. Un bon film :applaudis_6:
Ma note 8/10 A voir pour l'originalité de l'oeuvre

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Breccio
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Messagepar Breccio » 16 mai 2006 17:14

Un film qu'il me tarde de voir. Bravo, Liko.
A noter que la musique de Morricone a été "recyclée" dans le médiocre "Jour du jugement" -- DVD sorti naguère chez Seven Sept.

B.

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akpstyl
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Messagepar akpstyl » 18 mai 2006 11:51

Je l'avais enregistrer lors de son passage sur action je crois, un western mineur pourma part. On sent vraiment que c'est unfilm de commande, même si on retrouve les thèmes chère à Corbucci (et tiens encore un cercueil), des passages sympa malgrè tout, par contre le final je l'ai trouvé grandiose :applaudis_6: , et la scène dans le cimetière baroquement joli :).
Si je permettais de lui donné une note ce serait 6,5/10.
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Sartana
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Messagepar Sartana » 29 mai 2006 19:03

Pour ceux qui voudraient un Corbucci pur délire genre Django, c'est raté. Le film est d'une structure très classique, mais beaucoup d'éléments font que ce film sort quand même du lot des productions de Cinecittà : le cercueil qui cache le trésor et que les hors-la-loi doivent trainer sur des kilomètres, les rebondissements à intervales réguliers, les héros tous -ou presque- des vrais salopards, et une femme a un rôle crucial dans le film et dans le plan des desperados.
Morricone est assez inspiré, les paysages sont réalistes, et l'histoire tient la route. Bref, un bon moment trop vite passé à mon goût...
8/10
"Il suffit de franchir les limites de la violence individuelle qui est criminelle,
pour atteindre la violence de masse qui... qui fait l'histoire..." Brad Fletcher dans Le dernier face à face
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Messagepar Old Shatterhand » 20 févr. 2007 19:24

J'ai pas aimé car je n'ai pas réussi à entrer dedans. "Django" et "Le grand silence" étaient encore trop présents dans mon esprit...

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Re: Les Cruels (I Crudeli) - 1966 - Sergio Corbucci

Messagepar Breccio » 01 avr. 2008 13:04

Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr
Je m'étais enfin décidé à le voir, et pis voilà que le DVD-R que j'avais obtenu par échange est illisible !!!
Frustration City.
Bon, reste plus qu'à espérer une édition dans le commerce.
B
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tepepa
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Re: Les Cruels (I Crudeli) - 1966 - Sergio Corbucci

Messagepar tepepa » 24 mai 2008 19:10

Vu en english. Un bon scénario, un vrai Corbucci mais plus mesuré que d'habitude, ce qui permet d'en apprécier d'autant plus les moments de folie. La musique de Morricone emballe le tout de façon plus que correcte, et si ce n'est pas non plus un chef d'oeuvre, on passe un très bon moment. J'attends le DVD avec VF de pied ferme.

Il y a Benito Stefanelli là dedans, en joueur de cartes avec des lunettes. Franchement, ça le change de ses rôles de malfrats :lol:

Tout tourne autour d’un cercueil. Jonas, officier de l’ex-armée confédérée rêve de reprendre la lutte. Pour cela, aidé de ses trois fils et de deux acolytes, il massacre dans la joie et l’allégresse un détachement Yankee qui convoyait des dollars. L’eau du fleuve devient rouge sang, les armes à feu chantent et produisent leur écho spaghetti style. Les deux acolytes y passent aussi, car ils n’ont pas la foi. C’est la spaghetti attitude, pas de modérés, quelques hommes suffisent à anéantir un bataillon, le nombre de morts époustouflant est une convention comme l’était l’exagération du nombre de combattants dans les chroniques médiévales. La petite famille sudiste cache l’argent dans un cercueil afin de l’acheminer tranquillement à bon port et reprendre la lutte. Cacher quelque chose dans un cercueil, que ce soit de l’argent ou un homme en fuite n’est jamais une bonne idée, il y aura toujours un moment ou un représentant de l’ordre zélé demandera à l’ouvrir. Pour éviter ce genre de déconvenue, Jonas a pensé à tout : il a engagé une femme pour tenir le rôle de la veuve du virtuel macchabé. Mais ça ne suffira pas à prévenir les péripéties multiples, la folie des hommes et le sens tragique de la spaghetti attitude.

Thème connu de la revanche du Sud, autorité familiale (Joseph Cotten, regard fanatique impeccable), déchirements familiaux, frère un brin psychopathe (adepte de la baïonette) que l’on protège malgré tout, tout est connu dans ce western, mais tout est différent. D’abord parce qu’il n’y a pas de héros au sens propre (ou sale d’ailleurs) : le petit groupe est le personnage du film, tous sont des crapules, sauf l’un des frères qui semble un peu moins salaud que les autres. Pas de pistolero qui, bien que bourru, représente le bien. La deuxième veuve (la première, alcoolique y passe assez vite) est un personnage moral, qui comme dans les westerns classiques, essaye de faire ce qu’elle peut pour empêcher les hommes de s’entretuer. Elle y arrivera presque d’ailleurs, lors d’un petit twist scénaristique très bien vu dans un fort Yankee. Mais la spaghetti attitude veut que le destin des hommes les rattrape quoi qu’il arrive, dans un final baroque boursouflé. Jonas rampe dans la boue séchée et craquelée, normal, on est dans un Sergio Corbucci.
C’est un Corbucci, mais pas un Corbucci comme les autres, et c’est aussi pour ça que ce film est différent. Jean-François Giré indique dans son livre (L’excellent Il était une fois le western européen, à re-paraître prochainement) qu’il s’agit probablement d’un western de commande. Ceci donne un cachet « classique » au film, c'est-à-dire que si on retrouve bien la noirceur des autres films « sérieux » du bonhomme, c’est par petites touches, presque invisibles pour les néophytes. La linéarité du scénario et l’absence d’exagération font que le film se suit comme un petit western tranquilou avec ses péripéties ad-hoc et ses retournements de situation appropriés, mais sans en avoir l’air, Corbucci nous fait quand même du Corbucci. Et curieusement, on y prendrait presque autant de plaisir que dans ses films réputés (Le Grand Silence et Django en tête) ou la noirceur, le pessimisme, l’hiératisme et le climat (boue, neige) atteignent un degré tel que ces films tournent à l’exercice de style déshumanisé. Dans Les cruels, la noirceur et le pessimisme sont là, mais ils ne sont pas assénés à coup de crosse, les personnages ne prennent pas la pose d’oiseaux vengeurs désincarnés malgré leur destinée qui les mène droit au cimetière, le désert minéral participe à l’ambiance morbide, mais de façon moins appuyée que la boue ou la neige. Tout ceci fait que le film se suit le cœur beaucoup plus léger que Django ou Le Grand Silence, mais que l’émotion ressentie lors du final n’en est que plus réjouissante. Moins de Corbucci dans un Corbucci permet donc parfois d’apprécier d’autant plus le style Corbucci.
Au rayon des petits plaisirs purement dans la tradition du western spaghetti, on a des gros plans sympas (comme ce chardon en avant-plan), l’attention portée au détail (le convoi des Tuniques bleues qui traversent un cours d’eau, avec un soldat qui mouille sa chemise pour guider les bêtes, la partie de poker qui se suit comme un mini-récit), les petites attentions gothiques (le cimetière avec ses croix bigarrées et penchées un soir d’orage) et bien sûr une foultitude de seconds rôles pour jouer au « qui qui joue qui ». A ce jeu là, on a donc Aldo Sambrell qui vient montrer son grand sourire deux minutes avant de finir au bout d’une corde, Al Mulloch (le tout premier visage du Bon la brute et le truand) qui vient faire le pitre deux minutes avant de finir embroché et Benito Stefanelli que j'ai eu du mal à reconnaître en joueur de cartes avec des lunettes (je ne suis pas très fort au « qui qui joue qui »). Un bon petit western spaghetti donc, avec une bonne petite musique d’Ennio Morricone (déjà entendue sur Le jour du jugement) qui permet à ce western méconnu en France (car inédit jusqu’alors) de s’envoler jusqu’au nichoir des « pas le film du siècle, mais incontournable pour les fans du genre ».

rex lee
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Re: Les Cruels (I Crudeli) - 1966 - Sergio Corbucci

Messagepar rex lee » 24 juil. 2008 17:49

Je viens de regarder le DVD Studio Canal qui est sorti voici 2 jours .
Autant le dire tout de suite , je l'ai trouvé très bon. L'action est rondement menée , les décors sont superbes et l'interprétation irréprochable .
Moi qui trouve Corbucci assez inégal , là , j'estime qu'il a fait du bon boulot sur ce film au scénario original car ce spaghetti s'éloigne des sentiers battus et c'est une fort bonne chose !
La musique de Morricone ( le générique comporte un nom bidon ) est basique mais correcte.
Et en dehors des 5 rôle principaux ( Cotten , Bengell , Mateos , Pernice , Aranda ) , il y a Maria Martin , A de Luna , A.Sambrell, B. Stefanelli , E.Girolami, etc, etc. Au fait , je n'ai pas reconnu José Canalejas , ni Simon Arriga ,pourtant crédités au générique.
Seul bémol , le doublage très récent qui nuit quelque peu à l'ensemble .
En conclusion , un film vivement recommandé !

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Fredge
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Re: Les Cruels (I Crudeli) - 1966 - Sergio Corbucci

Messagepar Fredge » 24 juil. 2008 23:53

Oui, je suis sensible également au doublage. Ca se sent, ça s'entend, ça le fait pas "d'époque"...

Fredge :?

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Re: Les Cruels (I Crudeli) - 1966 - Sergio Corbucci

Messagepar Breccio » 03 août 2008 17:18

Enfin vu, grâce au DVD StudioCanal.
Rien à ajouter à ce qu'on dit mes petits camarades. C'est du mi-classique, mi-baroque, dans l'ensemble très réussi.
Pas vu non plus Canalejas et Arriaga -- sans doute font-ils partie des bandidos qui se font décaniller trop tôt :wink:
Quant à la qualité de ce DVD, elle est variable : certains passages sont très lumineux, splendides, d'autres sortent plutôt mal. Dommage pour la photo d'Enzo Barboni, qu'on devine superbe, comme d'habitude...
B
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Re: Les Cruels (I Crudeli) - 1966 - Sergio Corbucci

Messagepar tepepa » 05 août 2008 0:47

Un peu surpris aussi par la VF, mais moins gêné que sur les scènes coupées du BBT. La VF est quand même bien travaillée et la traduction respecte l'esprit de l'époque (heureusement on n'entend pas "c'est de la balle cette meuf!" :mrgreen: )
Donc je ne regrette pas mon achat!

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Trinita
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Re:

Messagepar Trinita » 15 août 2008 10:17

akpstyl a écrit : On sent vraiment que c'est unfilm de commande, même si on retrouve les thèmes chère à Corbucci (et tiens encore un cercueil), des passages sympa malgrè tout, par contre le final je l'ai trouvé grandiose :applaudis_6: , et la scène dans le cimetière baroquement joli :).
Si je permettais de lui donné une note ce serait 6,5/10.


+ 1 :D

Et j'ai bien aimé également Benito en jour de poker et Matéos que je trouve très bon. Dommage qu'il est fait peu de western.
"celui qui a inventé les spaghettis c'est pas la moitié d'un con !!!!" Trigado dans Far West Story

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Re: Les Cruels (I Crudeli) - 1966 - Sergio Corbucci

Messagepar rex lee » 15 août 2008 10:39

C'est vrai ce que tu dis sur Mateos , Trinita.
Je viens de revoir le film et je le trouve encore meilleur qu' à la 1ère vision . Injustement méconnu ( et pour cause !!!Pourquoi n'a-t-il jamais été distribué en France ? ), c'est un des Corbucci que je préfère .

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Re: Les Cruels (I Crudeli) - 1966 - Sergio Corbucci

Messagepar U.S. Marshal Cahill » 22 mai 2010 15:15

ImageJoseph Cotten
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ImageJulián Mateos
CAHILL, UNITED STATES MARSHAL
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lasso
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Re: Les Cruels - I Crudeli - 1966 - Sergio Corbucci

Messagepar lasso » 04 juil. 2014 11:55

Des Westerns de Sergio Corbucci, Le Grand Silence, Navajo Joe, Minnesota Clay et I Crudeli, qui sont dans ma videothèque, je trouve ce dernier le meilleur.

En Eastmancolor, en anglais, avec une musique dominée par une trompette, de Morricone, qui revient comme un refrain, en se répétant, donne peut être le
cachet au film. Aussi je ne le trouve pas si cruel, comme son titre l'annonce. Les costumes, surtout des militaires sont pas réussis. Ce qui me plaît dans ce film,
le ton humoristique noir de cette histoire incroyable, qui se prend pas au sérieux. Ce qui m'a pas plu, les acteurs, pas possible de faire un film sans bons acteurs.
Qu'est ce que vient faire Joseph Cotten, qui était à ce moment peut-être au chômage ?

Le long voyage à travers les plaines vers le Nouveau Mexique, dans la chaleur qui y existe, rend impossible le trajet du corbillard vu que la décomposition
et l'odeur horrible, qui en résulte...aurait dû allerter les contrôles de l'armée, les billets de banque dans un cercueil ne sentent pas...alors que le cadavre...

meilleure prestation : Norma Bengell (Claire, la joueuse de carte d'un Saloon) qui joue la deuxième veuve.

Un bon amusement.

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Titre allemand = Les Cruels
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Modifié en dernier par lasso le 04 juil. 2014 14:44, modifié 2 fois.


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