L'Homme Qui Tua Liberty Valance (The Man Who Shot Liberty Valance) 1962 - John Ford

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Cole Armin
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L'Homme Qui Tua Liberty Valance (The Man Who Shot Liberty Valance) 1962 - John Ford

Messagepar Cole Armin » 28 avr. 2006 18:53

Pour ceux qui ne connaissent pas le film, par ICI


Attention, les SPOILER sont Autorisés, donc ne lisez pas ce topic avant d'avoir vu le film.


Tous les documents sont à poster dans ce topic:
http://westernmovies.free.fr/Forums/vie ... php?t=2943


Que le débat commence! :D
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Messagepar Personne » 28 avr. 2006 19:07

Un petit résumé pour commencer(d'allociné):


Un homme politique reconnu, Ransom Stoddad(James Stewart), assiste à l'enterrement de son ami Tom Doniphon(Wayne) avec sa femme. C'est pour lui l'occasion de revenir avec un journaliste sur les moments importants de sa vie, notament son arrivée dans l'Ouest, l'arrestation de sa diligence par le célèbre bandit Liberty Valance(Lee Marvin), sa volonté de se venger de celui-ci. Jadis, Doniphon était devenu son allié...

La fiche imdb : http://imdb.com/title/tt0056217/
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Messagepar fa » 28 avr. 2006 20:23

Je suis nouveau donc je commence :wink: Simplement en donnant mon avis.

Je suis un fan de Ford, même si je n'aime pas forcement tout chez lui. Mais ce film là est un de mes préférés. Ford s'y applique, avec le talent qu'on lui connais, à nous présenter son histoire en lui donnant l'aspect d'un western aujourd'hui dit "classique" tel qu'il en a lui même grandement défini les rêgles, tout en s'effortçant à transgresser ces mêmes rêgles. Un jeu subtile... Exemple : dans les rêgles classique qu'il a contribué à définir, les camps sont généralement bien montré : les bons sont bons, et les méchants...méchants, même si les bons peuvent avoir des faiblesses, ainsi que les méchants. Ce film s'inscrit dans la ligné de films qu'il a fait et où il c'est efforcé donc à "démonter" celui qui en apparence était le bon ou le méchant (Sergent noir, Les Cheyennes, La Prisonnière du désert...). Nous ne sommes plus dans les westerns manichéens de ses débuts (même si Stagecoach avait déjà des prémices), ou de sa trilogie à la gloire de la cavalerie... Mais ici il joue aussi de sa réalisation pour "manipuler" le spectateur. Chose guère habituelle chez lui (bien que déjà "Sergent Noir"...), son talent étant plus souvent au service de la mise-en-scène que de la naration...

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Messagepar Cole Armin » 28 avr. 2006 21:04

Pour moi c'est le meilleur western de John Ford. Forcément lorsque deux grandes stars : James Stewart et John Wayne se retrouvent et qu'en plus ils sont accompagnés d'acteurs de la "famille cinématographique" de Ford, le résultat s'en ressent.
Fait rare: James Stewart a un rôle supérieur à John Wayne qui lui convient parfaitement, puisque c'est surtout un acteur fait pour la comédie bien qu'il a montré son talent dans les Anthony Mann, notamment. Le Duke est au top de sa forme. Lee Marvin est accompagné de 2 acteurs récurrents dans le western: Lee Van Cleef (très discret) et Strother Martin.
Le rôle du journaliste interprété par Edmond O'Brien (DOA) est intéressant.
Le casting est complété par Andy Devine qui a toujours une formidable présence, John Qualen et Jeanette Nolan (tous les deux présents dans Les Deux Cavliers en 1961) ainsi que Woody Strode.
Et le scénario est très original. Le spectateur pense que c'est James Stewart qui a tué Lee Marin, mais en fait c'est John Wayne.
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Messagepar musselshell » 28 avr. 2006 21:31

Tous ceux qui ont vu le film, d'une part, les affiches, d'autre part, ont noté que ces dernieres annoncent James Stewart, puis John Wayne ("together for the first time, pour la première fois ensemble", etc...).
Et le film, le générique, à l'écran? L'ordre est inversé...C'est plus qu'une décision commerciale, c'est un choix artistique. Celui du réalisateur ("Wayne was the central character..."). Je n'en dis pas plus pour l'instant, je rappelle des petites choses...mais je vais revenir... pour l'instant, je lis, ça alimente la possibilité de ne pas répéter l'IMMENSE glose qu'a suscitée ce film...en rebondissant sur ce qui est dit! (ce que je viens, déjà, de tenter de faire...)

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Messagepar Sentenza » 29 avr. 2006 0:54

un excellent western rudement bien fichu (oui je suis pas plus inspiré à cette heure là :oops: )
"dans le fond de quoi l'homme a t'il besoin réellement? rien que d'un bon café et d'un peu de tabac...." -Johnny Guitar-
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Messagepar Breccio » 29 avr. 2006 7:21

Tention, vous allez bondir.
Indépendamment de ses qualités, que je ne conteste pas, ce film nous décrit aussi un exemple primitif de manipulation médiatique : comment un gros bras (Wayne) se débrouille pour faire mousser un politicien débutant (Stewart) en abattant une racaille (Marvin) à sa place.
Et le journaliste, complaisamment, d'imprimer la légende...

B.

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Messagepar Cole Armin » 29 avr. 2006 7:27

Celui du réalisateur ("Wayne was the central character...").

Pour moi c'est plutôt Stewart, vu qu'il apparait tout au long du film.
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Messagepar musselshell » 29 avr. 2006 8:43

Tention, vous allez bondir.
Indépendamment de ses qualités, que je ne conteste pas, ce film nous décrit aussi un exemple primitif de manipulation médiatique : comment un gros bras (Wayne) se débrouille pour faire mousser un politicien débutant (Stewart) en abattant une racaille (Marvin) à sa place.
Et le journaliste, complaisamment, d'imprimer la légende...


Pourquoi bondir? Puisque c'est exact! Le film a AUSSI cette dimension là...(il en a tant...)

Pour moi c'est plutôt Stewart, vu qu'il apparait tout au long du film.


Stewart a plus de scènes, exact, et c'est ce qu'impose l'histoire: il est le survivant, le grand témoin secret, il ouvre et ferme le film, avec le train...Mais son itinéraire ne serait pas ce qu'il est (et une partie de celui de la communauté, l'historiographie de cette derniere, le destin d'Hallie son épouse...) sans cette masse rongée par une barbe de huit jours qui quitte un tribunal en close-up, droit vers la caméra...Tom apparait dès l'arrivée de Stoddard à Shinbone, il est là en creux, il est le secret dans un cercueil...Sa première apparition, de nuit, à cheval, alors qu'il amène Ranse après le hold-up, semble "relaxer" le chaos, tant l'homme semble ne faire sereinement qu'un avec cet univers...Il est le coeur à la fois organique et sentimental de toute l'histoire...et il fallait, aussi pour bien le montrer, qu'il ait moins de scènes que Jimmy Stewart...
Vous voyez, je "rebondis", ça me laisse le temps de mijoter un interminable laïus... :num1
Modifié en dernier par musselshell le 01 mai 2006 12:54, modifié 1 fois.

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Messagepar Cole Armin » 29 avr. 2006 8:48

C'est vrai, Ransom ne serait rien sans Tom et en plus de lui voler Vera Miles, s'approprie le meurtre de Valance. Et c'est donc ce que Ford veut dire en disant que Tom est le personnage central.
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Messagepar Carcasse » 29 avr. 2006 11:05

Désolé, je n'ai pas beaucoup de temps en ce moment. Alors, juste un p'tit truc vite fait...

La première chose à remarquer est que ce film est un long flashback. On est en droit de ce demander pourquoi ; une simple question de structure narrative ?
Non, car au contraire du Sergent noir, ce flashback se fait sans interruption.
C'est tout simplement un lien entre deux époques. Tom Doniphon est le personnage central de cette ancienne époque. C'est un homme fort, influent, sans peur et qui est le seul à pouvoir combattre Liberty Valance avec ses propres armes.
Arrive Ransom Stoddad. C'est un "intellectuel", au départ moqué par tous, mais dont la vision de l'avenir est différente et qui souhaite mener un combat légal.
C'est un homme qui croit en l'évolution de la société, à la Loi, mais pas aux armes. Bien sûr, il va s'entraîner à les utiliser, mais au contraire d'un "El Paso, ville sans loi", il y sera ridicule. Et cela sert uniquement le fait qu'il puisse se résigner à affronter Liberty Valance quand il sort de ses gonds et qu'il pense pense que tout est fichu.
Doniphon voit grandir Stoddad. Il entrevoit les possibilités d'évolution de la société, mais il est assez intelligent pour savoir qu'il ne pourra pas suivre. Ça ne lui fait pas plaisir, il résistera bien un peu, le ridiculisera (c'est un adversaire) mais il donnera le "coup de pouce" nécessaire, parce qu'il a compris, au fond de lui, que Stoddad à raison : l'avenir c'est Ransom, le passé, c'est Tom. Il en fait le constat.

Le meurtre de Liberty Valance (car c'en est un) représente le tournant de l'histoire. Tom le sait avant d'agir : il perdra tout. C'est pourquoi, il se saoûle et brûle sa maison... C'est le véritable héros ; il agit même contre ses propres intérêts...

Pour Ransom, tuer Liberty est un échec ; il veut tout abandonner.
C'est un Tom magnifique qui relancera la machine (un flashback, à l'intérieur du flashback ; une "mise en loupe" pour donner une autre vision, un autre point de vue de la situation). Tom est magnifique, parce qu'il a tout perdu, y compris sa dulcinée, volontairement et en pleine conscience. Il n'est pas un "looser", car, même s'il est perdant et que ça le touche, il a su se dépasser.
Il est à noter que Stoddad n'a pas "piqué" la fiancée de Tom ; ce dernier lui laissera sans combattre (encore un oubli de soi-même). Encore une fois Tom pensera à l'avenir : il se sacrifiera pour son ex-promise comme il s'est sacrifié pour la civilisation.

Ransom est un homme qui n'a pas besoin d'évoluer ; qui n'a pas d'efforts "intellectuels" à faire : il est à sa place dans l'évolution. C'est un personnage qui, simplement, s'adapte : droit et rigide au départ qui finira par devenir un vrai politicien paternaliste (voir son attitude avec les journalistes ou le geste, un peu puant, où il glisse de l'argent dans la main de Poppy)...

Il n'aurait pas supporté de tuer quelqu'un pour arriver à ses fins : il supportera qu'on pense qu'il l'a fait, parce que Tom l'a déculpabilisé (encore un sacrifice), en déterminant cet avenir désormais possible. Il se sent dédouané et peut se battre sur son terrain : Tom lui a donné une mission...
Ransom est un égoîste ; il ne partagera pas (Tom n'en aurait pas voulu). Mais il portera, peu à peu, sa réputation comme on porte sa croix. Sa confession auprès des journalistes devrait être expiatoire, mais elle lui est refusée. Les journalistes n'en veulent pas... Légende et réalité sont d'importance dans ce constat, mais la phrase finale du film est encore plus importante ("On ne peut rien refuser à l'homme qui a tué Liberty Valance"). Elle montre que, toute sa vie, il portera cette croix et que ses idées sont bâties sur un mensonge. La société, à un moment donné, n'aurait pu progresser sans des hommes comme Tom Doniphon.
Cuacuacocomekiki ? (Averell Dalton)

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musselshell
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Messagepar musselshell » 29 avr. 2006 12:07

Ransom est un homme qui n'a pas besoin d'évoluer ; qui n'a pas d'efforts "intellectuels" à faire : il est à sa place dans l'évolution. C'est un personnage qui, simplement, s'adapte : droit et rigide au départ qui finira par devenir un vrai politicien paternaliste (voir son attitude avec les journalistes ou le geste, un peu puant, où il glisse de l'argent dans la main de Poppy)...


Il y a une détresse du personnage joué par Stewart, qui n'annule en aucun cas ce qui est dit ci-dessus, mais le tempère un peu...Le politicien paternaliste qui "va toucher un mot " sur la compagnie de chemin de fer, l'argent à tout le moins maladroitement froissé dans la main de Woody Srode...sont un peu les conséquences inévitables d'un choix de vie antérieur, on pourrait dire de la vie comme elle va quand on a d'autre choix que plaire, que la "profession" impose... Mais l'être intérieur est toujours la derrière, pas seulement la conscience...mais bien une certaine forme de douleur ...(ce qui, soit dit en passant, me fait méchamment réfuter l'adjectif "abject" que colle Nicole Gotteri sur le personnage...)
Cette douleur est pour lui aussi la perte d'Hallie, dont il comprend qu'en fait, elle n'a probablement jamais cessé d'aimer Tom, amour-souvenir en tous cas ravivé pendant sa vie dans l'Est, alors que Ransom déployait ses ailes politiciennes: la fleur de cactus sur le cercueil, la question qu'il pose à sa femme dans le train...
Cette réalisation (Hallie ne lui a jamais appartenu), avant les propos "de campagne" avec l'employé du chemin de fer, avant la célèbre réplique de celui-ci qui clôturera le film...laisse Ransom Stoddart aussi seul qu'il est possible quand on réalise qu'on a vécu "à côté", aussi seul et accablé que Gabriel devinant que sa femme, pendant toutes ces années, n'avait pas oublié quelqu'un qui n'était pas lui...Rapprochement, à mon avis pas si tarabiscoté, entre le final de The Dead, de J. Joyce, et la fin de TMWSLV, de J. Ford...jusqu'aux deux hommes derrière des vitres.

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John Mallory
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Messagepar John Mallory » 29 avr. 2006 14:59

Un tout grand film de John Ford. Après avoir fournis au western des films de toutes beautés, qui ont largement contribué à forger la légende de l'Ouest au cinéma, le réalisateur signe ici une oeuvre apparamment moins grandiose que ces précédentes mais non moins importante.
Nous sommes en 1962 et l'âge d'or du western, ainsi que du cinéma hollywoodien en général, touche à sa fin. On tente de redonner au genre ses lettres de noblesse à travers de grosses productions ambitieuses (La conquête de l'Ouest, sorti la même année), mais rien n'y fait. Une période s'achève. Cette même année, Sam Peckinpah tourne Coups de feu dans la Sierra, un chef-d'oeuvre également (à mes yeux en tout cas). Le western crépusculaire comme on l'appelle, apparaît. Il nous montre la fin du vieil Ouest. Le ton est plus sombre, on deconstruit la légende qui avait été établie par les films des décénies précédentes. La légende fait donc place à la réalité. Cette idée est d'ailleurs le thème central de L'homme qui tua Liberty Valence. Ford déconstruit la légende, celle qu'il avait lui même également établie avec ses grands films précédents. Un pur chef-d'oeuvre.

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Messagepar musselshell » 30 avr. 2006 18:49

La parade est une figure pour le moins récurrente dans le cinéma de Ford, et elle manifeste plus que la fête ou la célébration, elle est commémoration d'un chaos vaincu, défilé-itinéraire autant spacial que temporel...un temps qui n'est pas seulement celui de la manifestation, mais celui du souvenir, de la nostalgie...car les temps changent et le progrès de la civilisation n'est pas sans contreparties (fin d'une liberté, d'un héroisme individuel qui n'a de sens que dans le chaos).
Le train, dans The Man who Shot Liberty Valance, ce train qui a transformé l'Ouest, même si le désert ne change pas...

Hallie: The place has sure changed.Churches, highschools, shops...
Link:Well, the railroad done that...Desert still the same.

...joue ici un rôle, remplit une fonction pas si différente: celle du passage, du mouvement, que rien ne saurait arrêter, puisque c'est celui du temps:et si l'on ne peut s'arrêter sur rien, c'est peut-être parce qu'après-coup (et nous sommes après coup), tout est pareil, tout se mélange à l'aune du souvenir, de la "reconstruction"...Entre son arrivée en close-up dans la petite gare de Shinbone et son éloignement dans la plaine élargie au son du même sifflet, tout aura été dit, tout se sera avéré autre que ce que l'on avait cru, mais rien n'aura changé,rien ne devra être changé... puisque hors les héros disparus, on a prise sur rien (eux-même n'ayant prise que sur le choix de leur propre effacement) encore moins que tout sur les affres ou les misères de l'âge qu'on prend... :|
Le train s'éloigne, la parade continue...

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tepepa
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Messagepar tepepa » 30 avr. 2006 19:09

Un de mes westerns préférés, parce que outre le thème de la légende qui remplace la réalité, le film parle de la fine ligne qui existe entre la lâcheté et l'anti-violence, non pas que le personnage de James Stewart soit un lâche, mais son comportement peut être interprété comme tel. La phrase pivot est pour moi celle de John Wayne: "C'était mon steak Valance", c'est à partir de là que se joue le film. C'est ce genre de phrase qui dit quel genre d'homme vous êtes. Si vous la dites, la confrontation est inévitable, vous risquez votre peau, mais vous gardez la face. Si vous ne la dites pas et que vous ramassez le steak, vous êtes, disons prudent, voire un lâche, mais vous restez vivant.
Depuis le jour où j'ai vu ce film, je me demande si je suis John Wayne ou James Stewart. Quelle ligne de conduite adopter dans ce genre de situation, où est la limite, à partir de quand faut il répondre à la provocation et à l'insulte, à partir de quand faut il dire dire stop, quand vaut-il mieux laisser courir? C'est un autre débat, mais c'est une question essentielle que le film a le mérite de poser de façon magistrale. j'adore le personnage de james Stewart, et j'adore la force désabusée de John Wayne!
Je n'ai jamais été dans une situation où ce choix se présente à moi, et je ne le souhaite pas. Mais la question me taraude. Et vous, êtes vous John Wayne où James Stewart?



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