Sarah A. BOWMAN (1812-1856)

DEMERVAL
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Sarah A. BOWMAN (1812-1856)

Messagepar DEMERVAL » 19 mars 2019 12:13

Sarah A. Bowman est censée être née Sarah Knight un jour de 1812 ou 1813 (Le recensement de 1860 indique qu’elle pourrait être née en 1818) dans le Tennessee ou le Comté de Clay, Missouri. Elevée à la frontière américaine, elle ne reçut pas d’éducation scolaire et était probablement illettrée puisque qu’elle signait d’un X sur les documents commerciaux et de recensement. Malgré son inaptitude à lire et écrire, elle était bilingue vers ses vieux jours, un prêtre près de Yuma ayant noté qu’elle était la première américaine qu’il avait rencontrée à parler couramment l’espagnol.
Physiquement, Bowman était d’une taille inhabituelle. Plafonnant à 1m80 (quelques sources indiquent même 1m88 et 91 kgs), elle était décrite comme étant "une femme remarquablement large, bien proportionnée, d’une force physique hors du commun et très maîtresse de ses nerfs." D’autres observateurs notaient qu’elle avait un physique d’armoire à glace. A cause de sa grande taille, elle fut surnommée la Great Western, une référence apparente au SS Great Western, pendant un moment le plus grand navire à flot. Bowman possédait aussi les aptitudes pour compléter son physique d’amazone. Le Texas Ranger John Salmon Ford dit d’elle, "Elle pouvait rosser n’importe quel homme, que ce soit au cours d’un combat loyal ou vicieux, pouvait tirer au révolver mieux que quiconque dans la région et pouvait battre au black jack (s’il le fallait en trichant) le plus fin des joueurs professionnels."
Plusieurs anecdotes circulent sur les premières années de Sarah Bowman. La première affirme que Sarah et son mari avaient accompagné Zachary Taylor durant sa campagne lors des Guerres Séminoles. Il n’ y a aucun élement attestant qu’une femme ressemblant à Sarah Bowman ait accompagné Taylor mais un tel événement pourrait expliquer sa loyauté postérieure. Une seconde anecdote clame que Bowman était alors amoureuse de Taylor. Si cela est vrai, rien n’indique que l’amour ait été partagé.
Le premier rapport documenté sur Bowman apparait en 1845 à Jefferson Barracks, Missouri. Quand son mari fut assigné au 7ème d’infanterie, elle s’engagea comme blanchisseuse, une position qui comprenait la nourriture, le logement et l’opportunité de gagner un salaire trois fois supérieur à celui d’un seconde classe de l’armée. De Jefferson Barracks elle accompagna l’armée à Corpus Christi Bay. Avant que l’armée ne touche au but en juillet 1845, ses tâches comprenaient en plus du blanchissage, la cuisine et l’infirmerie.
L’armée resta campée le long de la rivière Nueces jusque mars 1846, date à laquelle elle reçut l’ordre d’avancer sur le Rio Grande. Au lieu de suivre son mari, qui était malade, et la plupart des épouses de militaires sur des bateaux descendant la côte, Bowman acheta un chariot et une équipage de mules et suivit l’armée sur terre. Elle mania l’équipage avec dextérité pour devenir "la meilleure cochère de la caravane."
La première rencontre entre les forces amércaines et mexicaines eut lieu le 21 mars 1846 durant la traversée de l’Arroyo Colorado. Alors que les américains approchaient de la rive abrupte, les trompettes retentirent de l’autre côté de la rivière accompagnées par l’avertissement, "Traversez ce cours d’eau et on vous descend!" Après que la colonne se soit arrêtée, Sarah Bowman chevaucha au devant de la colonne et dit au commandant, "Si le général me donnait une paire de pinces, je traverserai cette rivière et éparpillerai toute la racaille qui oserait se montrer." (En plus de l’outil, les pinces étaient à cette époque de l’argot pour les pantalons d’hommes.) Inspirées par son exemple les troupes américaines traversèrent en dispersant les troupes ennemies dans le processus.
En mai 1846, Bowman se maria à son second mari, un homme appelé Borginnes (les prononciations varient). Son mari fut assigné au Fort Texas (plus tard renommé Fort Brown) où elle dirigea le mess des officiers. Quand Taylor retira la majorité de ses troupes pour se confronter à l’armée Mexicaine près de la côte, les forces de Matamoros, stationnées directement de l’autre côté du Rio Grande, répondirent en assiégeant le fort.
Le bombardement mexicain commença le 3 mai à 5h00. Alors que la plupart des femmes du fort se retranchèrent dans les bunkers pour coudre des sacs de sable, Borginnes resta dans sa cuisine et servit le petit-déjeuner à 7h00. Pendant la semaine qui suivit, elle prépara le café et la nourriture pour le fort assiégé, portant des seaux de café aux troupes maniant les canons du fort, tout en trouvant du temps pour prendre soin des blessés et des autres femmes. Sa cadence de trois repas par jour fut respectée même quand les balles touchèrent son bonnet et ses plateaux de pain. Elle réquisitionna aussi un mousquet au cas où le fort serait envahi.
Suite au siège, Borginnes attira l’attention des journaux américains qui la surnommèrent l’"Héroïne de Fort Brown". Des histoires de ses exploits furent publiées dans la presse de Philadelphie et de New York City.
Après Fort Brown, Borginnes établit brièvement une pension appelée l’American House à Matamoros. En plus de la nourriture, du logement et des étables pour les les chevaux des soldats, l’établissement servit aussi de saloon et de bordel. Cet établissement devint très populaire, un soldat le décrivant comme "le quartier-général de tout un chacun". Alors que les forces de Taylor entraient au Mexique, l’American House suivit l’armée, d’abord à Monterrey puis à Saltillo.
Alors que Borginnes ne s’impliqua pas dans la Bataille de Monterey, elle participa à l’action durant la Bataille de Buena Vista. Durant le conflit elle prépara du café et de la nourriture, rechargea les fusils et transporta les blessés en dehors du champ de bataille. Sa sollicitude vis-à-vis des blessés lui gagna même le surnom de "Docteur Mary". La légende affirme qu’elle reçut une blessure par sabre à la joue alors qu’elle changeait la position d’un canon et qu’elle abattit le mexicain qui l’avait coupée. Un autre incident implique un soldat en retraite. Le soldat se précipita dans le restaurant de Borginnes en hurlant que Taylor avait été défait. Elle répondit en boxant le soldat dans la face en lui disant, "Espèce de fils de pute, il n’y a pas assez de mexicains dans le Mexique pour se débarrasser du vieux Taylor. Tu continues juste de répandre cette rumeur et je te bats à mort."
Durant la bataille, Borginnes apprit que le capitaine George Lincoln, un ami qui avait rejoint l’armée au même moment que son mari, avait été tué. Ne voulant pas que son corps soit dépouillé, elle le rechercha durant la bataille. Après l’avoir trouvé, elle ramena le corps à Saltillo et fit en sorte qu’il soit proprement enterré. Après la bataille, elle acheta le cheval de Lincoln à une vente aux enchères, surenchérissant sur la somme de 75 dollars avec une offre de 2 mai00 dollars, et fit des arrangements pour que le cheval soit envoyé à la famille du capitaine.
Après ses actes sur le champ de bataille, la tradition maintînt que le général Winfield Scott lui avait octroyé une pension militaire.
Après la signature du Traité de Guadalupe Hidalgo en 1848, l’Armée Américaine prépara son départ du Nord du Mexique. A cette époque le seond mari de Borginnes l’avait quittée—suite à son décès ou un abandon de famille. Elle exprima le désir de suivre les troupes qui partaient en Califonie, mais elle fut informée que seules les femmes de militaires étaient autorisées à rejoindre la colonne. En réponse elle enfourcha son cheval, chevaucha vers les soldats et s’écria "Qui veut une épouse avec 15 000 dollars et les plus grandes jambes du Mexique! Venez, mes beautés, ne parlez pas tous en même temps —qui est le chanceux ?" Finalement un dragon appelé ou Davis ou David E. se porta volontaire, à la condition qu’un prêtre organise la cérémonie de mariage. Sa réponse à cela fut, "Apporte ta couverture dans ma tente ce soir et je t’apprendrai à faire un nœud qui te satisfera, j’en suis sure!"
Au début de 1849, après une brève maladie, la "Great Western" arriva à Franklin (maintenant El Paso, Texas) sans un mari et en utilisant de nouveau le nom de son second mari. Là elle établit une auberge qui prit en charge les personnes traversant le pays dans le cadre de Ruée vers l’Or de Californie. Ainsi elle fut connue comme la première anglaise d’El Paso et le première dame de la ville, en récupérant la réputation de "la putain au cœur d’or".
Au début 1850, Borginnes avait déménagé du Rio Grande vers la ville de Socorro. Là elle vécut avec un homme appelé Juan Duran et cinq filles, peut-être des orphelines, portant le nom de Skinner. Peu de temps après, elle épousa Alfred J. Bowman, un dragon de l’Armée Américaine. Après sa libération en novembre 1850, le couple déménagea vers l’ouest.
Bowman arriva à Yuma Crossing en 1852. Première exploitante d’entreprise de Yuma, elle fit la cuisine et la blanchisseuse pour les officiers de Fort Yuma pendant que son mari prospectait. Un des soldats du fort nota, "Elle est restée dans l’armée pendant 20 ans et fut amenée ici où elle dirigea le mess des officiers. Parmi ses autres qualités, elle est une admirable `maquerelle'. Elle fut une splendide femme et en a fait un bon usage mais est trop vieille pour cela maintenant."
Après un moment, Bowman ouvrit un hôtel près du fort, tout en dirigeant d’autres affaires près de Fort Buchanan et Patagonia, Arizona. En plus de son intérêt pour les affaires, elle adopta un certain nombre d’enfants Mexicains et Indiens.
Bowman décéda le 22 décembre 1856 des suites d’une morsure d’araignée. Après sa mort elle fut nommée colonel honoraire et enterrée avec les honneurs militaires dans le cimetière du Fort Yuma. En 1890, suite à la démilitarisation du Fort Yuma, elle fut exhumée et réenterrée au Cimétière National de San Francisco dans une tombe au nom de "Sarah A. Bowman".
En 1998, les événements de la vie de Bowman furent utilisés comme base de la fiction historique Fearless, A Novel of Sarah Bowman. Elle figure aussi sous le nom de Sarah Borginnis dans l’épique western de Cormac McCarthy, Blood Meridian et une version fictionnalisée de "The Great Western" apparait dans le roman de Larry McMurtry, Dead Man's Walk.

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