Dirk BOGARDE (1921-1999)

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DEMERVAL
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Dirk BOGARDE (1921-1999)

Messagepar DEMERVAL » 02 oct. 2018 16:13

Sir Derek Jules Gaspard Ulric Niven van den Bogaerde, né le 28 mars 1921 à West Hampstead, Londres, Angleterre, était l’aîné des deux fils d’Ulric van den Bogaerde (1892–1972) et Margaret Niven (1898–1980). Ulric était né à Perry Barr, Birmingham d’ancêtres flamands. Il était éditeur artistique pour le Times. Margaret Niven était une écossaise de Glasgow et une ex actrice. Dirk Bogarde naquit dans une maternité au 12 Hemstal Road, West Hampstead, Londres. Il fut baptisé le 30 octobre 1921 à l’église St. Mary de Kilburn. Son frère, Gareth Ulric Van Den Bogaerde, un producteur de films publicitaires, était né en juillet 1933 à Hendon. Il avait aussi une sœur cadette, Elizabeth.
Les conditions de vie dans la maison familiale du nord de Londres devinrent trop exigües et Dirk fut envoyé à Glasgow pour vivre chez des parents de sa mère. Il y resta pendant plus de trois ans pour finalement retourner chez lui à la fin de 1937.
Il fréquenta l’University College School et l’ex Allan Glen's High School of Science de Glasgow, un moment qu’il décrivit dans son autobiographie comme ayant été malheureux. De 1937 à 1938 il étudia au sein de la Chelsea School of Art. Il commença sa carrière d’acteur sur les planches en 1939, peu de temps avant la seconde guerre mondiale, et il fit sa première apparition à l’écran dans une comédie de George Formby, Come On George! (1939).
Durant la guerre, Derek "Pip" Bogaerde servit dans l’armée britannique dans le Royal Corps of Signals avant, en 1943, d’être affecté à 22 ans au Queen's Royal Regiment (West Surrey) comme second lieutenant. Il servit sur les théâtres d’opérations européens et pacifiques, principalement comme officier de renseignement. Le livre de Taylor Downing, Spies in the Sky parle de son travail au sein d’une unité spéciale qui accompagnait les unités de l’armée de l’air pour interpréter les informations collectées par des reconnaissances aériennes. Après le débarquement il fut affecté en Normandie avec les unités du RCAF qui en juillet 1944 furent relocalisées à la base aérienne "B.8" à Sommervieu, près de Bayeux. En tant qu’"Interprète de Photographies Aériennes" avec le rang de capitaine puis major, il fut plus tard muté au sein des quartiers généraux de la Seconde Armée où il sélectionna les cibles terrestres en France, en Hollande et en Allemagne pour la Second Tactical Air Force (2TAF) et le RAF Bomber Command. Dans une interview donnée en 1986 à Russell Harty de la Yorkshire Television, Bogarde dit:
"Je suis allé voir un paquet d’entre elles" [les cibles qu’il avait sélectionnées pour être bombardées], "Je veux dire que je suis retourné dans les villages, et ai vu ce que j’avais fait. J’avais l’habitude de peindre comme vous savez, quand j’avais du temps de libre et je suis allé dans un village de Normandie et je l’ai peint, parce que je l’avais choisi tout particulièrement et que ce fut une perte de temps parce tout le monde (les allemands) "l’avait traversé," [les villages sur les principaux axes routiers furent sévèrement bombardés pour bloquer les routes et entraver le mouvement des blindés et autres véhicules de la Wehrmacht qui se pressaient pour empêcher la création des têtes de pont du débarquement] " et tout ce j’ai trouvé en fouillant les décombres, ce ne fut que des ballons de football mais il n’y avait plus de football – j’étais juste assis juste derrière eux et je peignais – et il n’y avait pas de ballons de football, c’était des têtes d’enfants et ce que c’était, je l’ai découvert plus tard, c’était une école primaire, un couvent, dont tous les enfants avaient été extraits et alignés le long d’une étroite allée entre les immeubles, pour les préserver du bombardement et tout leur était tombé sur la tête et sur celles des nonnes et au moment où j’y étais, cela ne servait plus à rien. Je peux en parler maintenant à 65 ans parce que l’on peut être objectif et que je n’ai rien vu de pire depuis mais cela m’a fortement secoué et je n’ai pas aimé cela. Une rangée de têtes d’enfants que vous pensiez être des ballons de football, vous donnez un coup de pied dans un ballon et ce n’en était pas un et la tête roulait au bas du tas de décombres."
Dirk Bogarde fut un des premiers officiers alliés en avril 1945 à atteindre le camp de concentration de Bergen-Belsen en Allemagne, une expérience qui eut un profond effet sur lui et sur lequel il eut du mal à s’exprimer pendant de nombreuses années.
"Je pense que c’était le 13 avril – je ne suis pas tout à fait sûr de la date " [c’était en fait le 15 avril] "- en 1944" [sic, le camp fut libéré le 15 avril 1945 et ce fut le 20 avril 1945 que Bogarde effectua sa visite] "quand nous avons ouvert les portes du camp de Belsen, qui était le premier camp de concentration que la majorité d’entre nous avons vu, on ne savait même pas ce qu’on allait y trouver, nous avions entendu de vagues rumeurs sur ce que c’était supposé être. Je pense que rien ne peut être pire que cela. Les portes étaient ouvertes et j’ai alors réalisé que je regardais L’Enfer de Dante, je veux dire ... je ... je n’avais jamais vu quelque chose d’aussi affreux. Et je n’ai rien vu de pire depuis. Et une fille s’avança qui parlait anglais, parce qu’elle avait reconnu un des écussons et elle... ses seins étaient comme, une sorte de, sacs vides, elle ne portait rien sur le haut et une paire de pyjamas d’hommes, vous savez, les pyjamas de la prison, et pas de cheveux. Mais je savais que c’était une fille à cause de ses seins, qui étaient vides. Elle était, je suppose, oh je ne sais pas, âgée de 24, 25 ans et nous avons parlé et elle était, vous savez, si excitée et ravie, et tout autour de nous, il y avait des montagnes de personnes mortes, je dis bien des montagnes et elles étaient couvertes de neige, et elles étaient décharnées, à un point tel que lorsque tu marchais entre elles…ou marchais- tu essayais de ne pas, mais c’était tout comme .... bien vous marchiez simplement à travers elles, et elle...il y avait un très beau MP anglais et il dit 'N’allez pas plus loin, venez par ici, venez par ici Sir, si cela ne vous dérange pas, parce qu’ils ont tous la typhoïde et vous allez l’attraper, vous ne devriez pas être là à déambuler' et elle vit à l’arrière de la jeep, une portion de la ration journalière, enveloppée dans une page du Daily Mirror, et elle demanda si elle pouvait l’avoir et lui" [le MP] "dit 'Ne lui donnez pas de la nourriture, parce qu’ils la mangent immédiatement et ils meurent, dans les dix minutes', mais elle ne voulait pas la nourriture, elle voulait la page du Daily Mirror – elle n’avait pas vu de papier journal depuis huit ans environ ou cinq ans, quel que soit le temps qu’elle avait passé dans le camp ... elle était estonienne... c’était tout ce qu’elle voulait. Elle me donna un gros baiser, ce qui fut très émouvant. Le caporal" [MP] "était complètement fou et il m’attira à lui méchamment. Je ne l’ai jamais revue, bien sûr elle mourut. Je veux dire, je devine qu’ils le sont tous. But, je ne peux pas décrire réellement bien ce que j’ai vécu et je ne le veux réellement pas. J’ai traversé quelques-unes des baraques et il y avait des tas et des tas de personnes en train de pourrir, mais quelques-unes d’entre elles étaient encore vivantes sous la pourriture et levaient leurs têtes et essayaient.... .... essayaient de faire le signe de la victoire. Ce fut le pire moment de ma vie."
"Après la guerre, j’ai toujours su que rien, rien, ne pourra jamais être aussi mauvais ... ... mais rien ne pourra plus m’effrayer, je veux dire, aucun homme ne peut plus m’effrayer, aucun Réalisateur ... ... rien ne peut être pire que la guerre, ou les choses que j’ai vues durant la guerre."
L’horreur et la répulsion de la cruauté et de l’inhumanité dont il avait été le témoin, le laissa à jamais avec une hostilité bien ancrée de l’Allemagne; à la fin des années 1980, il écrivit qu’il préférerait sortir d’un ascenseur plutôt que de monter avec un allemand de sa génération. Néanmoins, pour trois de ses rôles les plus mémorables, il incarna des allemands, dont un en officier SS dans Portier de nuit (1974).
Dirk Bogarde, vers la fin de sa vie, s’exprima beaucoup sur l’euthanasie volontaire dont il devint un fervent partisan après avoir vécu la longue agonie de son partenaire et manager Anthony Forwood (l’ex-mari de l’actrice Glynis Johns) en 1988. Il donna une interview à John Hofsess, le directeur exécutif de la Voluntary Euthanasia Society:
"Mon opinion s’était forgée à l’époque où j’étais un officier de 24 ans en Normandie... En une occasion, la jeep devant moi heurta une mine ... La chose suivante que je vis, c’était ce gars étendu dans l’herbe à côté de moi. Un paquet ensanglanté, déchiré par des éclats de mine, sans jambes et un seul bras. L’homme au seul bras restant s’adressa à moi, les yeux grands ouverts, sans voir, dans cette face qui avait été un visage. Une voix gargouillante dit, "S’il vous plait, tuez-moi." Avec des mains tremblantes j’ai cherché dans ma petite poche après mon révolver ... j’ai dû chercher mes balles—mais entretemps quelqu’un d’autre s’était chargé de la basse besogne. J’ai entendu un coup de feu. Je me rappelle encore de cette voix gargouillante. Une voix suppliant pour la mort....Durant la guerre j’ai vu beaucoup plus d’autres hommes blessés dont "on prenait soin ainsi" que de soldats que l’on sauvait. Parce que parfois on était trop loin d’un poste de premiers soins, on n’avait pas le temps de l’atteindre. Et ils pissaient le sang ou peu importe; ils étaient dans une telle détresse que la seule chose à faire était de les abattre. Et on le faisait, ne pensez pas que cela ne se faisait pas. Cela vous endurcit : on s’habitue au fait que cela peut arriver. Et que c’est la seule chose sensée à faire."
Il fit ses débuts sur les planches du théâtre du West End de Londres en 1939, sous le nom de scène de "Derek Bogaerde", dans la pièce de J. B. Priestley, Cornelius. Après la guerre, son agent le renomma "Dirk Bogarde" et il fut assez beau pour commencer une carrière d’acteur sur le grand écran. Il fut pris sous contrat par la Rank Organisation sous l’aile de la prolifique productrice indépendante Betty Box, qui produisit la plupart de ses premiers films et fut instrumentale dans le façonnage de son image d’idole.
Durant les années 1950, Dirk Bogarde fut une idole avec un contrat prolongé au sein de la Rank Organisation. Son contrat avec la Rank commença avec une apparition dans Esther Waters (1948), son premier rôle crédité, en remplacement de Stewart Granger . Un autre de ses premiers rôles fut celui d’un truand qui tue un fonctionnaire de police (Jack Warner) dans La lampe bleue (1950), alors que dans Si Paris l’avait su (1950), un film noir, il interprétait un bel artiste qui se porte au secours de Jean Simmons durant la foire internationale de Paris. Il endossa aussi le rôle d’un meurtrier accidentel dans Rapt (1952); d’un jeune commandant de bord du Bomber Command dans Sa dernière mission (1953) et d’un homme emprisonné à tort qui reprend espoir de laver son nom quand il apprend que son amour, Mai Zetterling, est encore vivante dans Aventures à Berlin (1953).
Dirk Bogarde interpréta un étudiant en médecine dans Toubib or not Toubib (1954), un film qui en fit une des stars britanniques les plus populaires des années 1950. Le film avait pour vedettes Kenneth More et Donald Sinden, avec James Robertson Justice dans le rôle de leur grincheux mentor. La production fut initiée par Betty Box, qui avait trouvé une copie du livre à Crewe durant un long voyage en chemin de fer et avait immédiatement entrevu la possibilité d’en faire un film. Mais Betty Box et Ralph Thomas eurent des difficultés à convaincre les patrons de la Rank que les spectateurs se rendraient en masse dans les salles pour y voir une histoire de docteurs et que Dirk Bogarde, qui jusqu’alors avait interprété des seconds rôles, avait assez de charisme pour jouer dans une comédie légère. On leur alloua un budget modeste et ne furent autorisés qu’à utiliser des artistes sous contrat avec la Rank. Le film fut le premier du genre médical à être basé sur les livres de Richard Gordon.
Dans La bête s’éveille (1954), Dirk Bogarde incarne un criminel névrotique avec pour partenaire Alexis Smith. Ce fut le premier film que Dirk tourna avec le réalisateur américain expatrié, Joseph Losey. Il fit son second film médical, Rendez-vous à Rio (1955), avec Brigitte Bardot dans un de ses premiers rôles. Il fut aussi un colonial qui combat les Mau-Mau avec Virginia McKenna et Donald Sinden dans Simba (1955); un homme qui épouse des femmes pour l’argent et les assassine dans L’assassin s’était trompé 1955). On le vit également dans Le jardinier espagnol (1956), avec Michael Hordern, Jon Whiteley et Cyril Cusack; Toubib en liberté (1957), de nouveau avec Donald Sinden, un autre film médical avec la future James Bond Girl, Shirley Eaton; dans la production de Powell et Pressburger, Intelligence Service (1957) avec Marius Goring dans le rôle du Général allemand Kreipe, kidnappé en Crète par Patrick "Paddy" Leigh Fermor (Bogarde), W. Stanley Moss (David Oxley) et une bande de partisans crétois; dans Sous la terreur (1958), une relecture fidèle du classique de Charles Dickens; dans le rôle d’un lieutenant de l’aviation dans l’Extrême-Orient qui tombe amoureux d’une belle institutrice japonaise Yoko Tani dans Le vent ne sait pas lire (1958); dans Le dilemme du docteur (1959), basé sur un roman de George Bernard Shaw avec Leslie Caron et Robert Morley et dans La nuit est mon ennemie (1959) dans lequel il interprète trois rôles différents avec Olivia de Havilland.
Après avoir quitté la Rank Organisation au début des années 1960, Dirk Bogarde abandonna son image de bourreau des cœurs pour des rôles plus exigeants. Il fut la vedette de La Victime (1961), film dans lequel il interprétait un avocat londonien qui combat un jeune maître-chanteur avec qui il avait eu une profonde relation amoureuse. Le jeune homme se suicidait après avoir été arrêté pour détournement de fonds, plutôt que de ruiner la carrière de son ex amant. En exposant les machinations des extorqueurs de fonds, le personnage interprété par Dirk Bogarde risquait sa réputation et son mariage afin que justice soit faite. La Victime fut le premier film britannique à mettre en scène l’humiliation des personnes gays face aux lois discriminatoires et en tant que minorité victimisée. On rapporte que le film eut plus tard des effets sur la promulgation du Sexual Offences Act 1967 mettant fin au statut illégal de l’activité homosexuelle.
Parmi ses derniers rôles figure celui du décadent valet Hugo Barrett dans The Servant (1963), qui lui rapporta un BAFTA Award, film réalisé par Joseph Losey et écrit par Harold Pinter ; celui du professeur d’Oxford conduisant des expériences de privation sensorielles dans The Mind Benders (1963), un film en avance sur son temps précurseur de Altered States (1980)); celui de l’officier de l’armée comparaissant en cour martiale pour défendre le déserteur Tom Courtenay dans Pour l’exemple (1964), film réalisé par Joseph Losey; celui de l’animateur de télévision Robert Gold dans Darling Chérie (1965), rôle pour lequel il remporta un second BAFTA Award, film réalisé par John Schlesinger; celui de Stephen, un professeur de l’Université d’Oxford qui s’ennuie dans Accident de Joseph Losey (1967), film également écrit par Harold Pinter; celui d’un père défectueux qui s’abat sur ses sept supposés enfants au sujet de la mort de leur mère dans Chaque soir à neuf heures (1967), un film hors normes qui fut présenté au Festival du Film de Venise et qui fut réalisé par Jack Clayton; celui de l’industriel allemand Frederick Bruckmann dans le film de Luschino Visconti, Les damnés (1969) avec Ingrid Thulin; celui d’un ex-Nazi, Max Aldorfer, dans le glaçant et controversé Portier de nuit (1974), avec Charlotte Rampling et une réalisation de Liliana Cavani; celui, probablement le plus notable d’entre tous, de Gustav von Aschenbach dans Mort à Venise (1971), également réalisé par Visconti; celui de Claude, le fils avocat d’un écrivain ivrogne et mourant (John Gielgud) dans le film français réalisé par Alain Resnais, Providence (1977); celui de l’industriel Hermann Hermann qui devient fou dans Despair (1978), film réalisé par Rainer Werner Fassbinder; et celui de Daddy dans le film de Bertrand Tavernier, Daddy Nostalgie, (ou These Foolish Things) (1991), avec Jane Birkin dans le rôle de sa fille, le dernier rôle de Dirk Bogarde.
Dans quelques-uns de ses autres rôles des années 1960 et 1970, Dirk Bogarde joua face à des stars reconnues, bien que certains de ces films soient de qualité inégale, à cause des demandes de limitations des scripts imposées par le studio. Dans L’ange pourpre (1960), il incarnait un prêtre défroqué qui tombe amoureux d’une artiste de cabaret incarnée par Ava Gardner durant la guerre civile espagnole. Dans Le bal des adieux (1960), il était le compositeur hongrois et pianiste virtuose Franz Liszt, dans un film imparfait tourné sous la direction initiale de Charles Vidor (qui décéda durant le tournage) puis complété par l’ami de Dirk Bogarde, George Cukor, la seule incursion décevante de l’acteur à Hollywood. Dans le kitsch, Le cavalier noir (1961) il interprétait un bandit mexicain au côté de John Mills en prêtre. Dans Les mutinés du Téméraire (1962), il était le sadique lieutenant Scott-Padget, avec Sir Alec Guinness. Dans L’ombre du passé (1963) il jouait avec Judy Garland comme partenaire dans son dernier rôle. Dans X 13 agent secret (1964), une pâle copie des films de James Bond, il avait pour partenaire Robert Morley. Dans Modesty Blaise (1966), un film kitsch d’espionnage réalisé par Joseph Losey, il incarnait Gabriel, l’ennemi juré face à Monica Vitti et Terence Stamp. Dans L’homme de Kiev (1968), basé sur le roman de Bernard Malamud, il était Sebastian, un mathématicien travaillant sur la description d’un code qui tombe amoureux de Susannah York, une collègue avec qui il oeuvrait pour la British Intelligence, aux côtés de Sir John Gielgud et de Lilli Palmer. Dans Ah Dieu, que la guerre est jolie (1969) il jouait avec Sir John Gielgud et Sir Laurence Olivier sous la direction de Richard Attenborough. Dans Justine (1969) il était dirigé par George Cukor. Dans Le Serpent (1973) il apparaissait aux côtés de Henry Fonda et Yul Brynner. Dans Un pont trop loin (1977) il interprétait une performance controversée dans la peau du Lieutenant General Frederick "Boy" Browning, au côté de Sean Connery et une pléiade de stars sous la direction de Richard Attenborough.
Dirk Bogarde clama qu’il avait connu le Général Browning durant le temps qu’il passa au sein du staff du Maréchal Montgomery durant la guerre et exprima son désaccord avec l’image largement négative du Général dispensée dans le film de 1977, Un pont trop loin. La veuve du Général "Boy" Browning, l’auteure Daphne du Maurier, attaqua férocement la portraitisation et "les répercussions qui en résultèrent, la plupart homophobes, et convainquit à tort Dirk Bogarde que le récent anobli Sir Richard [Attenborough] avait délibérément sabordé sa propre chance d’anoblissement."
En 1977, Dirk Bogarde s’embarqua dans une seconde carrière comme auteur. Débutant avec A Postillion Struck by Lightning, il écrivit une série de 15 best-seller; neuf volumes de mémoires, six romans, ainsi que des essais, des critiques, de la poésie et des articles de presse. En tant qu’écrivain Dirk Bogarde dispensa un style spirituel, élégant et hautement littéraire.
Alors qu’il était sous contrat avec Rank Organisation, Dirk Bogarde était programmé pour interpréter le rôle de T. E. Lawrence dans le film Lawrence qui devait être réalisé par Anthony Asquith. La veille du commencement du tournage, après une année de préparation par Bogarde et Asquith, le film fut annulé sans aucune explication, au grand dam de Dirk Bogarde et Anthony Asquith. La brutale annulation de Lawrence, un rôle longtemps espéré et attendu avec impatience par Dirk, fit partie de ses plus grandes déceptions. Dirk Bogarde fut aussi approché pour le rôle-titre du Docteur Jivago pour la MGM. Plus tôt, il déclina le rôle de Gaston, finalement interprété par Louis Jourdan dans Gigi (1958).
En 1961, Dirk Bogarde se vit offrir la chance d’incarner Hamlet au récemment créé Chichester Festival Theatre par le directeur artistique Sir Laurence Olivier, mais dut décliner l’offre à cause d’engagements cinématographiques. Dirk Bogarde dira plus tard qu’il avait regretté d’avoir décliné l’offre d’Olivier et avec elle d’avoir eu une chance de "réellement apprendre son boulot."
Pendant de nombreuses années, Dirk Bogarde partagea ses maisons, d’Amersham, Buckinghamshire puis en France, avec Anthony Forwood. Ce dernier, qui avait été marié à l’actrice Glynis Johns durant les années 1940, était le père de l’acteur Gareth Forwood, leur seul enfant. Dirk Bogarde affirma à plusieurs occasions que leur relation n’était que platonique. Ce fut peut-être un mensonge parce que les actes homosexuels étaient considérés comme criminels durant la majeure partie de sa carrière et pouvaient mener à des poursuites judiciaires et à l’emprisonnement. Les contrats du studio Rank comprenaient des clauses de moralité qui pouvaient amener leur rupture en cas de "conduite immoral" de la part de l’acteur. Ces clauses incluaient les relations homosexuelles ce qui aurait potentiellement mis la carrière de l’acteur sous l’éteignoir.
Il est possible que le refus de Dirk Bogarde d’accepter un mariage de convenance fut une raison majeure de sa non accession à la notoriété de star d’Hollywood, de même que l’échec critique et commercial de Song Without End. Son amie Helena Bonham Carter pensait qu’il n’aurait pas été capable de révéler son homosexualité vers la fin de sa vie, parce que cela aurait démontré qu’il avait été obligé de camoufler son orientation sexuelle durant sa carrière cinématographique.
Dirk Bogarde eut une légère crise cardiaque en novembre 1987, alors que son compagnon Anthony Forwood était mourant des suites d’un cancer du foie et de la maladie de Parkinson. En septembre 1996, il subit une angioplastie pour débloquer ses artères conduisant au cœur et, après l’opération, une crise cardiaque majeure. Il fut paralysé d’un côté ce qui affecta sa diction et le laissa dans une chaise roulante. Il compléta alors le dernier tome de son autobiographie qui comprenait les effets de son attaque cardiaque et publia une édition de ses articles de presse collectés principalement dans The Daily Telegraph. Il passa quelques heures avec son amie Lauren Bacall le jour précédant sa mort qui survint en son domicile des suites d’une embolie pulmonaire le 8 mai 1999, à 78 ans. Ses cendres furent dispersées dans sa propriété de Grasse, France.
Bogarde fut nominé cinq fois pour le BAFTA du meilleur acteur, le remportant deux fois, The Servant en 1963 et pour Darling en 1965. Il reçut aussi le London Film Critics Circle Lifetime Award en 1991. Il tourna au total dans 63 films entre 1939 et 1991. En 1983, il reçut une Récompense Spéciale pour les services rendus au Cinéma au Festival de Cannes. Récompensé par l’octroi du British Film Institute Fellowship en 1987, l’année suivante en 1988, Dirk Bogarde fut honoré par l’octroi du premier BAFTA Tribute Award pour son extraordinaire contribution au cinéma.
Dirk Bogarde fut intronisé Chevalier du Royaume Uni en 1992, Commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres par le gouvernement français en 1990, Docteur Honoraire en Littérature, le 4 juillet 1985 par l’Université de St. Andrews en Ecosse et Docteur Honoraire en Lettres en 1993 par l’Université du Sussex en Angleterre.
En 1984, Dirk Bogarde présida le jury du Festival du Film de Cannes. Il fut le premier britannique à occuper cette fonction.
Sa seule contribution au western fut Le cavalier noir de Roy Ward Baker (1961) dans lequel il était Anacleto Comachi.

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Re: Dirk BOGARDE (1921-1999)

Messagepar DEMERVAL » 03 oct. 2018 18:37

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