Ingrid BERGMAN (1915-1982)

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DEMERVAL
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Ingrid BERGMAN (1915-1982)

Messagepar DEMERVAL » 02 févr. 2018 17:57

Ingrid Bergman naquit le 29 août 1915 à Stockholm, d’un père suédois, Justus Samuel Bergman (2 mai 1871 – 29 juillet 1929) et d’une mère allemande, Friedel Henrietta Augusta Louise (née Adler) Bergman (12 septembre 1884 – 19 janvier 1918), qui était native de Cologne. Ses parents se marièrent à Hambourg en 1907. Elle fut prénommée Ingird en hommage à la reine Ingrid de Suède. Elle grandit principalement en Suède mais passa les étés en Allemagne et parlait donc couramment l’Allemand.
Quand elle eut deux ans, sa mère décéda. Son père, qui était un artiste et un photographe, décéda quand elle eut 13 ans. Avant qu’il ne meure, son père voulait qu’elle devienne une star de l’opéra aussi il lui fit prendre des leçons de chant pendant trois ans. Mais, en son for intérieur, Ingrid "sut toujours qu’elle voulait devenir une actrice," portant parfois les vêtements de sa mère et montant des pièces dans le studio vide de son père. Son père filma tous ses anniversaires avec une caméra qu’il empruntait.
Après la mort de son père, elle fut envoyée vivre chez une tante, qui décéda d’une maladie de cœur six mois plus tard. Elle emménagea alors chez sa tante Hulda et son oncle Otto, qui avaient cinq enfants. Une autre tante à qui elle rendit visite, Elsa Adler, qu’Ingrid appelait "Mutti", lui rapporta, alors qu’elle avait 11 ans, une légende familiale selon laquelle sa mère d’Ingrid aurait pu avoir "un peu de sang juif." Une des biographes d’Ingrid Bergman, Aleksandra Ziolkowska-Boehm, affirme cependant que cette allégation aurait fait partie d’une stratégie d’embellissement de la vérité. Après avoir mené de profondes recherches généalogiques, un cousin maternel d’Ingrid ne trouva aucune trace d’éventuels ancêtres juifs du côté de Mme Bergman. De plus, une enquête sur les ancêtres d’Ingrid Bergman fut diligentée en 1938 par la compagnie allemande Universum Film et elle ne trouva aucun ancêtres juifs.
Plus tard, elle reçut une bourse de scolarité de la part de la Royal Dramatic Theatre School, où Greta Garbo avait quelques années auparavant reçut une bourse de scolarité similaire. Après plusieurs mois, elle décrocha un rôle dans une nouvelle pièce, Ett Brott (A Crime), écrite par Sigfrid Siwertz. Charlotte Chandler, une de ses biographes, note que c’était "totalement contre la procédure" de l’école, où les filles devaient avoir fait trois ans d’études avant de décrocher un quelconque rôle.
Durant ses premières vacances estivales, elle fut aussi embauchée par un studio de films suédois qui aboutit finalement au résultat qu’elle quitta la Royal Dramatic Theatre après juste une année, pour travailler à plein temps dans le cinéma. Son premier rôle après avoir quitté le Royal Dramatic Theatre fut une petite prestation dans Le conte du pont au moine (1935), bien qu’apparemment elle ait fait de la figuration auparavant dans le film de 1932, Landskamp. Elle devait jouer dans une douzaine de films en Suède, dont En kvinnas ansikte, qui fut plus tard refait sous le titre A Woman's Face avec Joan Crawford, et un film en Allemagne, Die vier Gesellen (Les quatre compagnes) (1938).
Ingrid décrocha son premier rôle aux Etats-Unis quand le producteur d’Hollywood, David O. Selznick l’emmena en Amérique pour être la vedette d’Envol vers le bonheur (1939), un remake en langue anglaise de son précédent film suédois Intermezzo (1936). Incapable de parler anglais et incertaine quant à son acceptation par le public américain, elle avait l’intention de terminer ce film et de retourner en Suède.
Son mari, le Docteur Petter Lindström, resta en Suède avec leur fille Pia (née en 1938). Dans Envol vers le bonheur, elle interprétait le rôle d’une jeune pianiste face à Leslie Howard en virtupose du violon. Elle arriva à Los Angeles le 6 mai 1939 et demeura au domicile de David O’Selznick jusqu’au moment où elle trouva une autre résidence. Selon le fils de Davis, Danny, qui était un enfant à l’époque, son père avait quelques tracas avec Ingrid: "Elle ne parlait pas anglais, elle était trop grande, son nom sonnait trop allemand et ses sourcils étaient trop épais."
Ingrid Bergman fut rapidement acceptée sans avoir à changer son aspect ou son nom, malgré quelques suggestions de David O’Selznick. "Il la laissa trouver son chemin," note un article du magazine Life. David O’Selznick comprit sa peur des maquilleurs hollywoodiens qui auraient pu la transformer en quelqu’un qu’elle n’aurait plus reconnu et il "leur dit de la laisser tranquille". Il fut toujours soucieux que sa beauté naturelle s’accommode avec succès au « tape-à-l’œil synthtétique » d’Hollywood. Durant les semaines qui suivirent, alors que l’on tournait Envol vers le bonheur, David O’Selznick tournait aussi Autant en emporte le vent. Dans une lettre envoyée à William Hebert, son directeur publicitaire, David O’Selznick décrivit quelques-unes de ses premières impressions sur Ingrid Bergman:
« Madame Bergman est l’actrice la plus consciencieuse avec qui j’ai jamais travaillée, par le fait qu’elle ne pense vraiment à rien au sujet des on travail avant et durant le tournage... Elle ne quitte pratiquement pas le studio et suggéra même que sa loge soit équipée de façon à ce qu’elle puisse y vivre durant le tournage. Elle ne suggère jamais, même pour une minute, de quitter le plateau à 18h00 ou quelque chose comme cela…Parce qu’ayant des acteurs quatre étoiles à diriger dans Autant en emporte le vent, nos loges de haut standing étant de ce fait toutes occupées, nous avons dû lui assigner une loge plus petite. Elle fut enchantée par sa loge et dit qu’elle n’avait jamais eu une telle suite dans sa vie…Tout ceci est complètement sans affectation et complètement unique et je pense que cela devrait être hautement médiatisé au compte de sa publicité… afin que sa douceur naturelle, sa considération et sa conscience deviennent légendaires...et est complètement an adéquation avec sa fraîche et pure personnalité qui a fait que je l’ai embauchée. »
Envol vers le bonheur devint un succès énorme et en résultat Ingrid devint une star. Le réalisateur du film, Gregory Ratoff, dit "Elle est sensationnelle," comme actrice. Ce fut "le sentiment de tout le plateau," écrit Life, en ajoutant que les techniciens auraient fait n’importe quoi pour elle et que ceux-ci et les autres acteurs "admiraient la soudaine et vigilante concentration qu’elle donnait à la réalisation et à son texte." L’historien du cinéma David Thomson note que cela deviendrait "le début d’un impact étonnant sur Hollywood et l’Amérique" et que son absence de maquillage contribuait à lui donner un "air de noblesse." Selon Life, l’impression qu’elle fit sur Hollywood, après être repartie en Suède, était une fille d’1m 75 "avec des cheveux châtains clairs et des yeux bleus qui était terriblement timide mais amicale, avec un sourire chaud, franc et facile." David O’Selznick apprécia sa singularité et avec son épouse Irene, ils restèrent ses amis proches durant toute sa carrière.
Après le déclenchement de la seconde guerre mondiale, Ingrid Bergman "se sentit coupable d’avoir mal évalué la situation en Allemagne alors qu’elle y tournait Les quatre compagnes. Selon l’un de ses biographes, Charlotte Chandler (2007), elle avait d’abord considéré les Nazis comme "une simple aberration temporaire, 'trop bargeots pour être pris au sérieux.' Elle pensait que l’Allemagne ne ferait pas la guerre. Bergman pensait que "les braves gens ne le permettraient pas." Charlotte Chandler ajoute, "Ingrid se sentit coupable tout le restant de sa vie car, lorsqu’elle se rendit en Allemagne à la fin de la guerre, elle fut effrayée d’aller avec les autres pour être les témoins des atrocités commises par les Nazis dans les camps d’extermination."
Après avoir terminé un dernier film en Suède et être apparue dans trois films aux succès modérés (La famille Stoddard, La proie du mort et Dr. Jekyll et Mr. Hyde, tous tournés en 1941 aux Etats-Unis, Ingrid fut la vedette avec Humphrey Bogart du classique Casablanca (1942), qui reste son rôle le plus connu. Dans ce film, elle incarne Ilsa, la belle épouse norvégienne de Victor Laszlo, interprété par Paul Henreid, un "héros anti-Nazi clandestin" qui se trouve à Casablanca, un havre pour les Nazis. Ingrid ne considéra pas Casablanca comme un de ses films préférés. "J’ai fait beaucoup d’autres films qui étaient plus importants, mais le seul dont les gens veulent parler c’est celui avec Humphrey Bogart." Plus tard dans sa vie, elle affirma, "Je pense que Casablanca a sa propre vie. Il y a quelque chose de mystique dans ce film. Il semble avoir répondu à un besoin, un besoin qui existait avant le film, un besoin que le film combla."
Après Casablanca, avec la bienveillance de David O’Selznick, elle incarna Maria dans Pour qui sonne le glas (1943), qui fut aussi son premier film en couleurs. Pour ce rôle elle reçut sa première nomination à l’Oscar de la Meilleure Actrice. Le film fut tiré du roman éponyme d’Ernest Hemingway. Quand il vendit le film à la Paramount Pictures, Ernest Hemingway affirma "Madame Bergman, et personne d’autre, peut interpréter le rôle." Il avait forgé son opinion après avoir vu l’actrice dans son premier film américain, Envol vers le bonheur, bien qu’il ne l’avait pas rencontrée. Quelques semaines plus tard,il la rencontra et après l’avoir étudiée, il dit "Vous êtes Maria!"
L’année suivante, elle remporta l’Oscar de la Meilleure Actrice pour Hantise (1944), un film dans lequel George Cukor la dirigea comme "une femme amenée près de la folie" par son partenaire Charles Boyer. Le film, selon David Thomson, "fut le sommet de sa gloire hollywoodienne." Ingrid Bergman tourna ensuite Les cloches de Sainte-Marie (1945) avec Bing Crosby, film pour lequel elle reçut sa troisième nomination consécutive à l’Oscar de la Meilleure Actrice.
Ingrid Bergman fut ensuite la vedette de films réalisés par Alfred Hitchcock, à savoir La maison du docteur Edwardes (1945), Les enchaînés (1946) et Les amants du Capricorne (1949). Elle fut une étudiante en art dramatique de Michael Chekhov durant les années 1940. Chekhov joua avec Bergman dans La maison du docteur Edwardes et il reçut sa seule nomination à un Oscar pour cette performance.
Ingrid Bergman reçut une autre nomination à l’Oscar de la Meilleure Actrice pour Jeanne d’Arc (1948), un film indépendant basé sur la pièce de Maxwell Anderson, Joan of Lorraine, produit par Walter Wanger, et initialement diffusé par RKO. Ingrid Bergman lorgnait sur ce rôle depuis son arrivée à Hollywood et ce fut une des raisons pour laquelle elle interpréta le rôle sur les planches de Broadway. Le film ne trouva pas son public notamment en raison du scandale généré par l’aventure qu’Ingrid avait avec le réalisateur italien Roberto Rossellini, qui éclata alors que le film était encore dans les salles. Pire, le film reçut des critiques désastreuses et bien que nominé pour plusieurs Oscars, il ne reçut pas celui du Meilleur Film. Le film fut plus tard raccourci de 45 minutes, mais restauré dans sa version intégrale en 1998 avant de sortir en DVD en 2004.
Entre deux films, Ingrid apparut sur les planches dans les pièces Liliom, Anna Christie et Joan of Lorraine. Durant une conférence de presse à Washington, D.C. pour la promotion de Joan of Lorraine, elle protesta contre la ségrégation raciale après l’avoir vécue au théâtre alors qu’elle s’y produisait. Cela lui amena beaucoup de publicité et quelques lettres de haine. Ingrid Bergman se rendit en Alaska durant la seconde guerre mondiale pour divertir les troupes américaines. Peu de temps après la fin de la guerre, elle se rendit aussi en Europe pour le même motif et il fut à même de voir les dévastations causées par la guerre.
Ingrid Bergman admira profondément deux films du réalisateur italien Roberto Rossellini qu’elle avait vu aux Etats-Unis. En 1949, elle écrivit à Rossellini pour lui exprimer son admiration et lui suggérer de tourner un film avec elle. Cela l’amena à être retenue dans son film Stromboli (1950). Durant la production, Ingrid tomba amoureuse de Roberto et ils commencèrent une idylle. Elle tomba enceinte de leur fils, Renato Roberto Ranaldo Giusto Giuseppe ("Robin") Rossellini (né le 2 février 1950).
Cette relation causa un énorme scandale aux Etats-Unis et elle fut interdite de séjour par le Sénat des Etats-Unis. Ed Sullivan décida de ne pas la recevoir sur son émission, malgré la publication d’un sondage indiquant que le public voulait qu’elle y apparaisse. Cependant, Steve Allen, qui était également aussi populaire, la reçut en invitée en expliquant plus tard "le danger de vouloir juger l’activité artistique à travers le prisme de la vie personnelle." Spoto note que Ingrid Bergman s’était, grâce à la vertu de ses rôles et sa personnalité à l’écran, placée au-dessus de tout cela. Elle avait interprété une nonne dans Les cloches de Sainte-Marie (1945) et une vierge sanctifiée dans Jeanne d’Arc (1948). Ingrid dira plus tard, "Les gens me virent dans Jeanne d’Arc et me déclarèrent sainte. Je ne le suis pas. Je suis juste une femme, un autre être humain."
En résultat de ce scandale, Ingrid retourna en Italie en quittant son mari et sa fille Pia. Elle s’engagea alors dans une procédure de divorce très médiatisée et une bataille judiciaire pour obtenir la charge de sa fille. Ingrid Bergman et Roberto se marièrent le 24 mai 1950. En plus de Renato, ils eurent deux jumelles le 18 juin 1952 : Isabella Rossellini, qui devint une actrice et modèle et Isotta Ingrid Rossellini, qui devint professeur de littérature italienne.
Roberto Rossellini tourna cinq films avec Ingrid Bergman entre 1949 et 1955: Stromboli, Europe 51, Voyage en Italie, Jeanne au bûcher et La peur.
Roberto Rossellini la dirigea dans un court épisode de son film documentaire de 1953, Nous, les femmes, qui était dédié aux actrices de cinéma. Son biographe Peter Bondanella note que les problèmes générés par la communication sur leur mariage pourraient avoir inspiré le thème central de son documentaire, à savoir, "la solitude, la grâce et la spiritualité dans un monde sans valeurs morales."
L’utilisation par Roberto Rossellini d’une star d’Hollywood dans ses films typiquement néo-réalistes dans lesquels il utilisait normalement des acteurs non-professionnels, provoqua quelques réactions négatives dans certains cercles. Dans le premier film de Bergman pour Rossellini, son personnage "défia les attentes des spectateurs" en ce que le réalisateur préféra travailler sans script, obligeant Ingrid à jouer "inspirée par la réalité pendant qu’elle travaillait, un style que Bondanella appelle 'un nouveau cinéma d’introspection psychologique'". Avant le tournage, Ingrid Bergman s’inquièta du style directionnel de Rossellini, le réalisateur lui ayant précédemment écrit pour expliquer qu’il allait travailler avec "quelques idées basiques, en les développant progressivement" au fil du tournage.
Après s’être séparée de Rossellini, Bergman fut la vedette d’Elena et les hommes de Jean Renoir (1956), une comédie romantique dans laquelle elle était une princesse polonaise impliquée dans une intrigue politique. Bien que le film ne fut pas un succès, sa performance est depuis considérée comme une de ses meilleures.
Avec son rôle en 1956 dans Anastasia (1956), Ingrid Bergman fit un retour triomphant à Hollywood et remporta l’Oscar de la Meilleure Actrice pour la seconde fois. Son réalisateur, Anatole Litvak, la décrivit comme "une des plus grandes actrices du monde." Il offrit aussi sa description de la star à cette époque:
« Ingrid est plus belle que jamais. Elle a 42 ans mais elle semble divine. Elle est simple, un être humain franc. A travers tous ses problèmes, elle a acquis la conviction qu’elle est restée fidèle à elle-même et que cela a façonné sa personne. Elle est heureuse avec son nouveau mariage, ses trois enfants issus de Rossellini sont beaux et elle les adore. »
Après son scandale, Ingrid Bergman fit sa première apparition à Hollywood lors de la cérémonie des Oscars de 1958, quand elle fut la présentatrice de l’Oscar du Meilleur Film. Elle reçut une standing ovation après avoir été introduite par Cary Grant alors qu’elle pénétrait sur la scène pour présenter l’Oscar. Elle continua alors à alterner les productions américaines et européennes pour le reste de sa carrière et fit aussi occasionnellement des apparitions à la télévision dans des séries comme Ford Startime, notamment dans l’épisode intitulé The Turn of the Screw (1959) —pour lequel elle remporta l’Emmy Award de la Meilleure Performance pour une Actrice.
Durant cette époque, elle se produisit dans plusieurs pièces de théâtre. Elle épousa le producteur Lars Schmidt, un compatriote suédois, le 21 décembre 1958. Ce mariage prit fin par un divorce en 1975. Lars Schmidt décéda le 18 octobre 2009. Après une longue interruption, elle tourna Fleur de cactus (1969), avec Walter Matthau et Goldie Hawn.
En 1972, le sénateur américain Charles H. Percy inscrivit une demande d’excuses dans le Congressional Record pour l’attaque faite 22 ans plus tôt contre Bergman par le sénateur Edwin C. Johnson.
Ingrid Bergman fut la Présidente du Festival du Film de Cannes en 1973.
Ingrid Bergman devint une des rares actrices à avoir décroché trois Oscars quand elle remporta son troisième (et le premier dans la catégorie du Meilleur Second Rôle) pour sa performance dans Le crime de l’Orient Express (1974). Le réalisateur Sidney Lumet lui offrit le rôle important de la Princesse Dragomiroff, ayant pressenti que ce rôle pouvait lui octroyer un Oscar. Mais elle insista pour interpréter à la place le rôle plus petit de Greta Ohlsson, la vieille missionnaire suédoise. Sidney Lumet parla du rôle de Bergman:
« Elle avait choisi un très petit rôle, et je ne pouvais pas la persuader de changer d’avis. Elle était gentiment têtue. Mais têtue elle était... Comme son rôle était très petit, j’ai décidé de la tourner dans une grande scène, où elle parle presque cinq minutes, d’un coup, tout en une seule prise. Un grand nombre d’actrices auraient hésité devant cela. Elle adora l’idée et fit tout ce qu’il fallait. Elle présenta toutes la gamme des émotions. Je n’ai jamais rien vu comme cela. »
Ingrid Bergman parlait suédois (sa langue natale), allemand (sa seconde langue, apprise au contact de sa mère allemande et à l’école), anglais (appris quand elle arriva aux Etats-Unis), italien (appris quand elle vécut en Italie), français (sa troisième langue apprise à l’école). Elle se produisit dans toutes ces langues au fil de sa carrière. Son partenaire, John Gielgud, qui joua avec elle dans Le crime de l’Orient Express et qui la dirigea dans la pièce The Constant Wife, commenta malicieusement: "Elle parle cinq langues et ne peut pas jouer dans aucune d’elles." (Cette phrase découle d’une réplique de Dorothy Parker qui devint un cliché, "Cette femme parle 18 langues et ne sait pas dire ‘Non’ dans aucune d’elles).
Bien que connue principalement comme une star de cinéma, Ingrid Bergman admirait foncièrement les grands acteurs du théâtre britannique et leur habileté. Elle eut l’opportunité d’apparaître dans le West End de Londres et de travailler avec de stars du théâtre comme Michael Redgrave dans A Month in the Country (1965), Sir John Gielgud dans The Constant Wife (1973) et Wendy Hiller dans Waters of the Moon (1977–78).
En 1978, elle joua dans le film d’Ingmar Bergman, Sonate d’automne pour lequel elle fut nominée pour la 7ème fois pour un Oscar. Ce fut sa dernière apparition sur le grand écran. Dans le film, Ingrid incarne une célèbre pianiste qui effectue le voyage en Norvège pour rendre visite à sa fille négligée, interprétée par Liv Ullmann. Le film fut tourné en Norvège.
En 1979, elle anima la cérémonie de la Life Achievement Award Ceremony pour Alfred Hitchcock.
Elle se vit offrir le rôle principal de ma mini-série télévisée, Une femme nommée Golda (1982) au sujet de la Première Ministre Israélienne Golda Meir. Cela devait être la dernière fois qu’elle faisait l’actrice et elle fut honorée à titre posthume d’un second Emmy Award de la Meilleure Actrice. Sa fille, Isabella, décrivit la surprise d’Ingrid quand on lui offfrit le rôle, le producteur essayant de lui expliquer, "Les gens vous croient et vous font confiance et c’est ce que je veux, parce que Golda Meir avait la confiance de son peuple." Isabella ajoute, "Maintenant cela était intéressant pour Maman." Elle était aussi persuadée que Golda était une "personne de grande échelle," une personne que les gens considèreraient beaucoup plus grande qu’elle n’était réellement. Charlotte Chandler note que le rôle "avait aussi une signification particulière pour elle, car durant la seconde guerre mondiale, Ingrid se sentit coupable d’avoir mal jugée la situation en Allemagne."
Selon Charlotte Chandler, "La santé d’Ingrid qui se détériorait rapidement était un problème plus sérieux. Il était devenu impossible d’assurer Ingrid Bergman. Non seulement elle avait un cancer mais il se propageait et si quelqu’un avait connu son degré de gravité, il n’aurait pas osé lancer le projet." Après avoir vu la série à la télévision, Isabella commenta, « Elle ne s’est jamais montrée comme cela dans la réalité. Dans la vie, Maman montrait du courage. Elle fut toujours un peu vulnérable, courageuse mais vulnérable. Maman avait une sorte de présence, comme Golda, je fus surprise de voir cela ... Quand j’ai vu sa performance, j’ai vu une mère comme jamais je ne l’avais vue auparavant—cette femme avait des couilles. »
Ingrid Bergman fut fréquemment malade durant le tournage bien qu’elle ne se plaignit jamais ou ne fit riej transparaître. Quatre mois après le tournage, elle décédait le jour de son 67ème anniversaire. Après sa mort, sa fille Pia accepta son Emmy Award.
En 1937, à 21 ans, Ingrid Bergman épousa le dentiste Petter Aron Lindström (qui devint plus tard neurochirurgien); le couple eut une fille, Friedel Pia Lindström, le 20 septembre 1938. Après être retournée aux Etats-Unis en 1940, elle se produisit sur Broadway avant de continuer le cinéma à Hollywood. L’année suivante, son mari arriva de Suède avec sa fille Pia. Lindström demeura à Rochester, New York, où il étudia la médecine et la chirurgie àl’Université de Rochester. Ingrid effectuait le voyage à New York et, entre les films, demeurait dans la petite maison de stuc qu’ils louaient, ses visites durant de quelques jours à quatre mois.
Selon un article de Life magazine, le "docteur se regarde comme le maître indiscuté de la famille, une idée qu’Ingrid accepte sans la moindre hésitation." Il insista pour qu’elle mette une barrière entre sa vie privée et sa vie professionnelle car il avait "un dégoût professionnel d’être associé avec le clinquant glamour d’Hollywood." Lindström déménagea plus tard à San Francisco, Californie, où il complèta son internat dans un hôpital privé et ils continuèrent à passer du temps ensemble quand elle pouvait effectuer l’aller retour entre deux tournages.
Ingrid Bergman retourna en Europe après la scandaleuse publicité entourant sa relation avec le réalisateur Roberto Rossellini durant le tournage de Stromboli en 1950. Durant le mois de la diffusion du film, elle accoucha d’un fils, Roberto Ingmar Rossellini le 2 février 1950. Une semaine après la naissance de son fils, elle divorça de Lindström et épousa Rossellini au Mexique. Le 18 juin 1952, elle donna naissance à des jumelles, Isotta Ingrid Rossellini et Isabella Rossellini. En 1957 Rossellini eut une aventure avec Sonali Das Gupta. Peu de temps après, Bergman et Rossellini se séparaient. Rossellini épousa plus tard Sonali Das Gupta en 1957. Ingrid épousa Lars Schmidt en 1958, un producteur issu d’une riche famille de constructeurs de bateaux suédoise. Curieusement, alors qu’elle était en vacances avec Lars sur la plage de Monte Gordo (Algarve, Portugal) en 1963, juste après avoir tourné le téléfilm "Hedda Gabler", Ingrid reçut une amende pour avoir porté un bikini qui en montrait trop par rapport aux standards de pudeur du conservateur Portugal. Après presque deux décennies de mariage, Ingrid et Lars divorcèrent en 1975.
Durant son mariage avec Lindström, Bergman eut une brève relation avec son partenaire de La maison du docteur Edwardes, Gregory Peck. Contrairement à celle avec Rossellini, son aventure avec Gregory Peck resta secrète jusqu’à ce qu’il la confessa à Brad Darrach de People dans une interview qu’il donna cinq ans après la mort de Bergman. Gregory Peck dit, “Tout ce que je peux dire c’est que j’ai réellement été amoureux d’Ingrid et je pense que nous devions en rester là…. J’étais jeune. Elle était jeune. Nous étions impliqués pendant des semaines dans un travail intense tout en étant proches l’un de l’autre.”
Ingrid Bergman était une Luthérienne, comme elle le dit un jour, "Je suis grande, Suédoise et Luthérienne".
Ingrid Bergman décéda le 29 août 1982 à 12h00, le jour de son 67ème anniversaire, à Londres, des suites d’un cancer du sein. Son corps fut incinéré au Kensal Green Cemetery, à Londres, et ses cendres furent ramenées en Suède. La plupart d’entre elles furent dispersées dans la mer autour de l’ilôt de Dannholmen au large du village de pêcheurs de Fjällbacka à Bohuslän, sur la côte occidentale de la Suède, où elle passa la majorité de ses étés de 1958 à sa mort en 1982. Le reste des cendres furent enterrées auprès de ses parents au Norra Begravningsplatsen (Cimetière Nord), de Stockholm, Suède.
Selon le biographe Donald Spoto, elle fut "incontestablement la star la plus internationale de l’histoire du divertissement." Après ses débuts américains dans Envol vers le bonheur (1939), avec Leslie Howard, Hollywood la considéra comme la seule actrice qui était complètement naturelle dans le style et sans maquillage. Le critique de films James Agee écrivit qu’elle "a non seulement une ressemblance surprenante avec un être humain imaginaire; elle sait réellement comment jouer, avec un mélange de grâce poétique et d’un réalisme tranquille."
Selon l’historien du cinéma David Thomson, elle "s’efforça toujours d’être une 'vraie' femme" et de nombreux spectateurs s’identifièrent à elle : « Il fut un moment au début et au milieu des années 1940 au cours de laquelle Bergman connut une histoire d’amour avec l’Amérique qui a rarement été égalée. A un moment, ce fut l’intensité de cette histoire d’amour qui anima le "scandale" quand elle se comporta comme une actrice impétueuse et ambitieuse au lieu d’une sainte. »
Ayant écrit sur ses premières années à Hollywood, Life magazine affirma que "Tous les films faits spécialement pour Bergman sont bénis". Elle fut "complètement satisfaite" par le management de ses premières années par David O. Selznick, qui lui trouva toujours d’excellents rôles dramatiques et fut également satisfaite par son salaire, en disant une fois, "Je suis une actrice et je suis intéressée par l’art dramatique et non pas par l’argent." Life ajoute qu’ "elle est plus éclectique qu’aucune autre actrice de l’écran Américain ... ses rôles ont demandé une adaptabilité et une sensitivité d’interprétation que peu d’actrices auraient pu atteindre."
Elle continua sa carrière cinématographique tout en souffrant du cancer pendant 8 ans et elle fut internationalement louée pour ses derniers rôles. "Son esprit triompha avec une grâce remarquable et du courage," ajoute Spoto. Le réalisateur George Cukor résuma un jour ses contributions à l’industrie du film quand il lui dit, "Sais-tu ce que j’aime particulièrement chez toi, Ingrid, ma chère? Je peux le résumer comme ta naturalité. La caméra aime ta beauté, ta manière de jouer et ta personnalité. Une star doit avoir une individualité. Cela vous fait devenir une grande star. Une grande star."
En 1960, Bergman fut intronisée au Hollywood Walk of Fame avec une étoile pour sa carrière cinématographique localisée au 6759 Hollywood Boulevard.
Woody Guthrie écrivit la chanson érotique "Ingrid Bergman", qui faisait référence à la relation entre Bergman et Roberto Rosselini durant le tournage du film Stromboli. Elle ne fut jamais enregistrée par Guthrie mais plus tard découverte dans ses archives. Elle fut mise en musique et enregistrée par Billy Bragg sur l’album Mermaid Avenue.
En mars 2015, un photo d’Ingrid prise par David Seymour fut choisie comme affiche principale du Festival de Cannes de 2015. Un documentaire intitulé Ingrid Bergman: In Her Own Words fut aussi projeté au festival.
En 1980, l’autobiographie d’Ingrid Bergman fut publiée sous le titre Ingrid Bergman: My Story. Elle fut écrite avec l’aide d’Alan Burgess et elle y discute de sa jeunesse, de sa prime carrière, de sa vie durant sa période hollywoodienne, du scandale Rossellini et de ses conséquences. Le livre fut écrit après que ses enfants l’aient averti du danger de n’être connue qu’à travers les rumeurs et les interviews. Ce fut à travers cette autobiographie que son aventure avec Robert Capa fut connue.
Ingrid Bergman remporta trois Oscars, deux de la Meilleure Actrice et un de la Meilleure Actrice dans un Second Rôle. Elle se classe au deuxième rang des vainqueurs du plus grand nombre d’Oscars à égalité Walter Brennan (trois du Meilleur Second Rôle), Jack Nicholson (deux du Meilleur Acteur et un du Meilleur Second Rôle), Meryl Streep (deux de la Meilleure Actrice et un du Meilleur Second Rôle) et Daniel Day-Lewis (trois du Meilleur Acteur). Katharine Hepburn mène toujours la danse avec quatre Oscars, tous de la Meilleure Actrice.
Sa contribution au western ne comporte qu’un film, « L’intrigante de Saratoga » de Sam Wood (1945) dans lequel elle était Clio Dulaine.

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Re: Ingrid BERGMAN (1915-1982)

Messagepar Sitting Bull » 02 févr. 2018 18:56

Il y en a des tonnes, juste 3 ou 4.

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Dans "L'intrigante de Saratoga"

D'une beauté fascinante. :D
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"What is this ? The stuff that dreams are made of." (W.Shakespeare)

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Re: Ingrid BERGMAN (1915-1982)

Messagepar U.S. Marshal Cahill » 02 févr. 2018 21:07

je la trouve très belle
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Jeanne d'Arc
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Re: Ingrid BERGMAN (1915-1982)

Messagepar Chris » 27 févr. 2018 18:12

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