Mary PICKFORD (1892-1979)

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DEMERVAL
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Mary PICKFORD (1892-1979)

Messagepar DEMERVAL » 01 août 2016 18:08

Mary Pickford naquit Gladys Marie Smith le 8 avril 1892 à Toronto, Ontario, Canada. Son père, John Charles Smith, était le fils d’immigrants méthodistes qui fit toutes sortes de petits boulots. Sa mère, Charlotte Hennessy, était de descendance catholique irlandaise. Elle avait un frère et une soeur plus jeunes, Jack et Lottie Pickford, qui devenaient également des acteurs. Pour contenter sa famille, la mère de Mary Pickford, la baptisa dans les deux églises, la Méthodiste et la Catholique. Mary Pickford affirmera plus tard que son deuxième prénom fut changé en "Marie" durant un de ces baptêmes. Le père alcoolique de Mary Pickford quitta sa famille en 1895. Il décéda trois ans plus tard d’une hémorragie cérébrale.
Charlotte Hennessy, qui avait bossé comme couturière tout au long de la séparation, commença à prendre des locataires. L’un de ces pensionnaires était un directeur de théâtre et, sur sa suggestion, la jeune Mary, alors âgée de 7 ans, endossa deux petits rôles, un de garçon et l’autre d’une fille, dans la production de The Silver King au Toronto's Princess Theatre. Elle joua par la suite dans nombre de mélodrames avec la Toronto's Valentine Company, et finalement endossa le plus important rôle-enfant de leur version de "The Silver King". Elle couronna sa courte carrière avec le rôle de Little Eva dans leur production de La case de l’oncle Tom, la pièce la plus célèbre du 19ème siècle.
Au début du XXème siècle, jouer était devenu un entreprise familiale. Mary Pickford, sa mère et ses frère et soeur effectuèrent en train une tournée à travers les Etats-Unis avec des compagnies de 3ème rang. Après six ans de vaches maigres, Mary Pickford s’était donné un été supplémentaire pour dégôter un rôle en vedette à Broadway, étant prête à quitter le métier si elle échouait. En 1906 Mary, Lottie et Jack endossèrent des seconds rôles au côté du grand chanteur américano-irlandais Chauncey Olcott à Broadway dans la pièce Edmund Burke. Mary décrocha finalement un rôle de soutien en 1907 dans la pièce, The Warrens of Virginia. La pièce avait été écrite par William C. de Mille, dont le frère, qui était encore un inconnu à l’époque, Cecil B. DeMille, apparaissait également dans la distribution. David Belasco, le producteur de la pièce, insista pour que Gladys Smith prenne le nom de scène de Mary Pickford. Après avoir terminé les représentations à Broadway et fait une tournée avec la pièce, Mary Pickford se retrouva de nouveau sans boulot.
Le 19 avril 1909, le directeur de la Biograph Company, D. W. Griffith, lui fit passer un bout d’essai au siège de la compagnie à New York pour un rôle dans le film Pippa Passes. Le rôle échut à quelqu’un d’autre mais Griffith fut immédiatement conquis par Mary Pickford. Elle comprit rapidement que jouer au cinéma était plus simple que de jouer au théâtre stylisé de l’époque.
La plupart des acteurs de la Biograph gagnaient 5 dollars par jour, mais, après le premier jour de présence de Mary Pickford, D.W. Griffith accepta de la rémunérer 10 dollars la journnée avec une garantie de 40 dollars la semaine. Pickford, comme tous les acteurs de la Biograph, enchaîna petits rôles et rôles en vedette, incarnant des mères de famille, des ingénues, des femmes dédaignées, des têtes chaudes, des esclaves, des indiennes et une prostituée. Pickford dit au sujet de son succès chez Biograph: "J’ai joué les femmes de ménage et les secrétaires de toutes les nationalités…j’ai décidé que je tournerai autant de films que je le pourrai, afin de devenir connue et alors il y aurait une forte demande pour mon travail." Pickford apparut en effet dans 51 films en 1909 – presque un par semaine. Elle introduisit aussi son amie Florence La Badie auprès de D. W. Griffith, qui en fit une vedette.
En janvier 1910, Mary Pickford se rendit avec le personnel de la Biograph à Los Angeles. De nombreuses autres compagnies hivernaient sur la Côte Ouest, afin d’échapper au raccourcissement des jours et de la lumière qui handicapaient les tournages à l’Est. Pickford ajouta à ses films de Biographs de 1909 (Sweet and Twenty, They Would Elope, and To Save Her Soul, pour en nommer quelques-uns) des films tournés en Californie. Les acteurs n’étaient pas listés dans les crédits dans la compagnie de Griffith. Les spectateurs néanmoins remarquèrent et identifièrent Pickford quelques semaines seulement après son premier rôle. Les propriétaires de salle à leur tour capitalisèrent sur sa popularité en faisant de la publicité à l’aide d’hommes sandwich qui exhibaient des affiches de films dans lesquels elle apparaissait comme "The Girl with the Golden Curls," "Blondilocks" ou "The Biograph Girl". Pickford quitta la Biograph en décembre 1910 et passa l’année 1911 à être la vedette de films pour l’ Independent Moving Pictures Company (IMP) de Carl Laemmle. IMP fut absorbée par Universal Pictures en 1912, ainsi que Majestic. Mécontentée par la pauvreté de leur créativité, elle retourna bosser avec Griffith en 1912. Quelques-unes de ses meilleures performances eurent lieu dans des films comme Friends, The Mender of Nets, Just Like a Woman et The Female of the Species. Cette année-là, Mary Pickford introduisit aussi Dorothy et Lillian Gish (deux amies de l’époque où elle faisait des tournées mélodramatiques) auprès de D.W. Griffith. Toutes deux devinrent des stars majeures du muet, respectivement dans la comédie et la tragédie.
Mary Pickford fit son dernier film pour la Biograph, The New York Hat, à la fin de 1912 et reourna à Broadway dans la production de David Belasco d’A Good Little Devil. L’expérience fut le tournant de sa carrière. Pickford, qui avait toujours espéré conquérir les planches de Broadway, découvrit combien le cinéma lui manquait.
En 1913, elle décida de travailler exclusivement pour le grand écran. En 1912, Adolph Zukor avait créé la Famous Players in Famous Plays – qui sera plus tard la Famous Players-Lasky puis la Paramount Pictures – une des premières compagnies cinématographiques américaines. Pickford quitta les planches pour rejoindre la liste des stars de la nouvelle compagnie. Zukor croyait que le potentiel cinématographique résidait dans le recrutement d’acteurs de théâtre à qui on faisait répéter les répliques de leurs pièces les plus célèbres. Zukor filma d’abord Pickford dans une version muette de A Good Little Devil. Le film, produit en 1913, montra les acteurs de la pièce de Broadway, récitant chaque ligne de leur dialogue, ce qui fit que le film qui parut guindé, fut plus tard qualifié par Pickford comme "l’un des pires que j’ai jamais fait...c’était mortel." Zukor agréa; il garda le film sous le coude pendant un an avant de le distribuer.
Le travail de Pickford avait alors attiré un large public. Des comédies dramatiques comme In the Bishop's Carriage (1913), Caprice (1913) et spécialement Hearts Adrift (1914) la rendaient irrésistible auprès des spectateurs. Hearts Adrift fut si populaire que Pickford demanda pour la première fois une augmentation de son salaire fortement médiatisée basée sur les profits et les critiques. Le film marqua aussi la première fois que le nom de Pickford apparut au-dessus du titre du film sur l’affiche. Tess of the Storm Country fut diffusé 5 semaines plus tard. Brownlow observa que le film “mit sa carrière sur orbite et en fit l’actrice de cinéma la plus populaire des Etats-Unis”.
Son attrait se résuma deux ans plus tard dans le numéro de février 1916 du magazine Photoplay en "lumineuse tendresse dans une bande d’acier de férocité de bas étage". Seul Charlie Chaplin – qui, semblerait-il, surpassait légèrement Pickford en popularité en 1916 – eut un attrait similairement fascinant vis à vis des critiques et de l’audience. Chacun des deux bénéficiait d’un niveau de popularité excédant largement celui des autres acteurs.
Tout au long des années 1910 et 1920, Pickford était considérée comme la femme la plus célèbre du monde, ou, comme un journaliste la décrivit, comme "la femme la plus connue qui ait jamais vécu, la femme qui était connue de plus de gens et aimée par plus de gens que toute autre femme dans l’histoire." La rivale la plus proche de Mary Pickford à cette époque au box office et auprès du public, était l’actrice de 31 ans, Marguerite Clark. Elle venait aussi du théâtre et avait un physique au charme étrange et enfantin auquel les spectateurs répondaient.
Pickford fut la vedette de 52 longs métrages durant toute sa carrière. En 1916, Pickford signa un nouveau contrat avec Zukor qui lui garantissait une entière autorité sur la production de ses films et un salaire record de 500 dollars par semaine. Occasionnellement, elle interpéta un enfant dans des films The Poor Little Rich Girl (1917), Rebecca of Sunnybrook Farm (1917), Daddy-Long-Legs (1919) et Pollyanna (1920). Les fans de Pickford adoraient ces rôles de "Petite Fille" mais ils n’étaient pas typiques de sa carrière.
En août 1918, le contrat de Mary Pickford expira et quand elle refusa les termes de son renouvellement que lui présentait Zukor, on lui offrit 250,000 dollars pour qu’elle quittât l’industrie du film. Pickford refusa le deal et se tourna vers First National Pictures, qui accepta ses desiderata.
En 1919, Pickford – en partenariat avec D.W. Griffith, Charlie Chaplin et Douglas Fairbanks – créa la compagnie indépendante de production United Artists. A travers United Artists, Pickford continua de produire et se produire dans ses propres films ; elle pouvait aussi les distribuer comme elle le désirait.
En 1920, le film de Mary Pickford, Pollyanna engrangea 1 100 000 dollars de gains. L’année suivante, son film Little Lord Fauntleroy devait aussi être un succès et, en 1923, Rosita engrangea aussi plus d’un million de dollars de gains. Durant cette période, elle fit aussi Sparrows (1926), qui mélangea le style Dickensien avec l’expressonnisme allemand, et la comédie romatique My Best Girl (1927).
L’avénement du son fut sa perte. Pickford sous-estima la plus-value que pouvait apporter le son, affirmant que "additionner du son aux films était comme mettre du rouge à lèvres à la Vénus de Milo".
Elle interpréta une femme de société téméraire dans Coquette (1929), un rôle où elle n’avait plus ses célèbres bouclettes, mais plutôt un bob des années 1920; Pickford avait coupé ses cheveux au lendemain de la mort de sa mère en 1928. Les admirateurs furent choqués de la transformation. La chevelure de Pickford était devenue un symbôle de la vertu féminine et de la couper fit les gros titres du The New York Times et des autres journaux. Coquette fut un succès et lui rapporta l’Oscar de la meilleure actrice, mais le public faillit à lui répondre pour ses rôles plus sophistiqués.
Comme la plupart des stars du cinéma muet, Pickford vit sa carrière décliner au fur et à mesure que le parlant prenait le pouvoir. Son film suivant, The Taming of The Shrew, tourné avec son mari Douglas Fairbanks, ne fut pas bien reçu au box office.
Hollywood fut paniqué par l’arrivée imminente du parlant. Le 29 mars 1928, une émission radio fut diffusée à partir du bungalow de Mary Pickford, émission dans laquelle figuraient également Douglas Fairbanks, Charles Chaplin, Norma Talmadge, Gloria Swanson, John Barrymore, D.W. Griffith et Dolores del Rio, entre autres. Ils intervinrent tous dansThe Dodge Brothers Hour pour bien montrer qu’ils pouvaient contester le cinéma parlant.
Maintenant dans la trentaine bien mure, Pickford n’était plus capable d’incarner les enfants, les adolescentes aux têtes chaudes et les jeunes femmes fougueuses, rôles que ses admirateurs aimaient tant. Elle ne pouvait plus non plus incarner les héroines tirées à quatre épingles des premiers films parlants. En 1933, Pickford passa un bout d’essai pour un film en Technicolor ayant pour thème Alice au pays des merveilles, mais Walt Disney abandonna le projet quand la Paramount diffusa sa propre version du livre. Seul un tout petit extrait de son bout d’essai en Technicolor existe encore.
Pickford se retira en 1933. Elle continua à produire des films pour les autres, dont Sleep, My Love (1948) avec Claudette Colbert et Love Happy (1949) avec les Marx Brothers.
Pickford utilisa sa notoriété héritée de l’industrie cinématographique pour promouvoir diverses causes. Durant la 1ère guerre mondiale, elle fit la promotion de la vente des Liberty Bonds, à travers une harassante série de prises de parole qui prit fin à Washington, D.C., où elle vendit des Liberty Bonds avec Charles Chaplin, Douglas Fairbanks, Theda Bara et Marie Dressler. Cinq jours plus tard elle prit la parole à Wall Street devant 50,000 personnes. Bien que née canadienne, elle était un puissant symbole de l’Amérique, embrassant le drapeau américain devant les caméras et mettant aux enchères l’une de ses célèbres bouclettes pour 15 000 dollars. En une seule prise de parole à Chicago elle vendit pour 5 millions de dollars de Liberty Bonds. Elle fut baptisée la "Petite Soeur" de l’U.S. Navy; L’U.S. Army nomma deux de ses canons en son honneur et la fit Colonel honoraire.
A la fin de la première guerre mondiale, Pickford conçut le Motion Picture Relief Fund, une organisation destinée à aider financièrement les acteurs dans le besoin. Des fonds excédentaires issus de la vente des Libert Bonds furent injectés dans l’organisation à son démarrage et en 1921 le Motion Picture Relief Fund (MPRF) fut officiellement constitué, avec Joseph Schenck comme président et Mary Pickford comme vice présidente. En 1932, Pickford fut le fer de lance du "Payroll Pledge Program," une retenue salariale effectuée auprès des travailleurs des studios qui concernait 1,5% de leurs gains et qui était versée pour abonder le MPRF. En résultat, en 1940 le Fund fut capable d’acheter du terrain pour y bâtir la Motion Picture Country House and Hospital.
Mais l’influence la plus profonde de Mary Pickford (au-delà de son métier d’actrice) fut l’aide qu’elle apporta à refondre l’industrie du film elle-même. Quand elle fit son entrée dans le cinéma, Hollywood croyait que l’avenir du cinéma résidait en la reproduction des pièces de Broadway pour une audience plus large. Pickford, qui intégra les longs métrages après seulement deux crédits à Broadway mais avec un énorme popularité due à ses nombreux courts métrages, devint l’actrice la plus populaire du monde en quelques mois. En réponse à sa popularité, Hollywood repensa sa vision des longs métrages et se focalisa, à la place, sur les acteurs et le matériel qui n’étaient destinés qu’au cinéma et non aux performances théâtrales.
Femme d’affaires astucieuse, Pickford devint sa propre productrice après trois années de longs métarges. Selon sa Fondation, "elle supervisa chaque aspect du tournage de ses films, du choix de tous les intervenants (acteurs et personnels) jusqu’à la supervision du script, du tournage, du montage, de la diffusion et de la promotion de chaque projet." Pickford demanda d’abord (et reçut) ces pouvoirs en 1916, alors qu’elle était sous contrat avec Famous Players In Famous Plays (plus tard la Paramount) d’Adolph Zukor. Il acquiesçat aussi à son refus de participer au principe de la réservation groupée, la pratique répandue tendant à forcer les directeurs de salle à mettre à l’affiche un mauvais film du studio pour avoir le droit de diffuser aussi un film de Pickford. En 1916, les films de Pickford étaient distribués, séparément, à travers un réseau de distribution appelé Artcraft. La Mary Pickford Corporation fut brièvement la compagnie de production cinématographique de Mary Pickford.
En 1919, elle accrut sa puissance en co-fondant l’United Artists (UA) avec Charlie Chaplin, D. W. Griffith, et son futur mari, Douglas Fairbanks. Avant la création d’UA, les studios d’Hollywood studios étaient intégrés verticalement, non seulement en produisant des films mais aussi en formant des chaînes de cinéma. Les distributeurs (partie intégrante des studios) s’arrangeaient alors pour que les productions des compagnies soient montrées dans les salles appartenant auxdits réseaux des compagnies. Les fabricants de films se reposaient sur les studios pour les réservations; en retour ils toléraient ce que beaucoup considéraient comme une interférence créative. United Artists en finit avec cette tradition. C’était uniquement une compagnie de distribution, offrant aux producteurs indépendants de films un accès à son propre réseau de distribution ainsi qu’une éventuelle location des salles non réservées par les autres compagnies. Pickford et Fairbanks produisirent et tournèrent leurs films après 1920 au studio conjointement possédé de Santa Monica Boulevard. Les producteurs qui s’engagèrent avec UA, étaient des vrais indépendants, produisant, créant et contrôlant leurs travaux à un niveau jamais atteint. En tant que co-fondatrice, ainsi que productrice et star de ses propres films, Pickford devint la femme plus puissante qui travailla jamais à Hollywood. En 1930, sa carrière d’actrice avait fortement décliné.
Quand elle se retira en 1933, Pickford continua à produire des films pour United Artists, et elle et Chaplin restèrent partenaires pendant des décennies. Chaplin quitta la compagnie en 1955 et Pickford suivit en 1956, vendant les parts restantes pour 3 millions de dollars.
Pickford fut mariée à trois reprises. Elle épousa Owen Moore, un acteur irlandais du muet, le 7 janvier 1911. Elle aurait été enceinte d’Owen Moore au début de 1910 mais aurait fait une perte ou aurait avorté. Certains récits suggèrent que c’est ce qui aurait conduit à son impossibilité d’avoir des enfants. Le couple eut nombre de problèmes familiaux, à cause notamment de l’alcoolisme de Moore, de l’insécurité de devoir vivre que sur la seule notoriété de Pickford et de crises de violences domestiques.
Pickford devint secrètement impliquée dans une relation avec Douglas Fairbanks. Ils firent une tournée ensemble en 1918 pour promouvoir les Liberty Bonds pour l’effort de guerre. Aux alentours de cette époque, Pickford souffrit aussi d’un accès de grippe durant la pandémie de 1918, mais elle survécut. Pickford divorça de Moore le 2 mars 1920 et épousa Fairbanks le 28 mars de la même année. Ils se rendirent en Europe pour leur lune de miel; des admirateurs à Londres et à Paris causèrent des émeutes en essayant d’approcher du couple de célébrités. Le retour triomphant du couple à Hollywood fut suivi par des foules immenses qui les saluaient lors de leurs passages dans les gares de toutes les Etats-Unis.
The Mark of Zorro (1920) et une série d’autres films d’aventures avaient donné du couple une image romantique et héroique. Pickford continua de personnaliser la fille d’à côté, vertueuse mais incandescente. Même lors de soirées privées, les gens se levaient instinctivement à son entrée dans la salle; elle et son mari étaient souvent surnommés "Hollywood royalty." Leur réputation internationale était immense. Des chefs d’états étrangers et des dignitaires qui rendaient visite à la Maison Balnche demandaient souvent s’ils pouvaient visiter Pickfair, la résidence du couple à Beverly Hills.
Des dîners à Pickfair inclurent un nombre d’invités notables. Charlie Chaplin, le meilleur ami de Fairbanks, était souvent présent. Parmi les autres invités figurèrent notamment George Bernard Shaw, Albert Einstein, Elinor Glyn, Helen Keller, H. G. Wells, Lord Mountbatten, Fritz Kreisler, Amelia Earhart, F. Scott Fitzgerald, Noël Coward, Max Reinhardt, Baron Nishi, Vladimir Nemirovich-Danchenko, Sir Arthur Conan Doyle, Austen Chamberlain, Sir Harry Lauder et Meher Baba. La nature publique du deuxième mariage de Pickford en fut le point de rupture. Elle et Fairbanks avaient peu de temps libre en dehors de la production et du tournage de leurs films. Ils étaient aussi continuellement à l’étalage comme ambassadeurs non officiels de l’Amérique dans le monde, présidant des parades, coupant les rubans et faisant des discours.
Quand leurs carrières d’acteurs déclinèrent à la fin du cinéma muet, la nature inquiète de Fairbanks l’incita à voyager outremer (chose que Pickford n’apprécia pas outre mesure). Quand la romance de Fairbanks avec Sylvia, Lady Ashley devint publique au début des années 1930, lui et Pickford se séparèrent. Ils divorcèrent le 10 janvier 1936. Le fils que Fairbanks eut de son premier mariage, Douglas Fairbanks Jr., affirma que son père et Pickford regrettèrent longtemps leur incapacité à se réconcilier.
Le 24 juin 1937, Pickford épousa son 3ème et dernier mari, l’acteur et chef d’orchestre Charles 'Buddy' Rogers. Ils adoptèrent deux enfants: Roxanne (née en 1944, adoptée en 1944) et Ronald Charles (né en 1937, adopté en 1943, alias Ron Pickford Rogers). Comme le nota le documentaire American Experience, la relation de Pickford avec ses enfants fut tendue. Elle critiqua leurs imperfections physiques, dont la petite taille de Ronnie et les dents de travers de Roxanne. Les deux enfants diront plus tard que leur mère était trop absorbée par elle-même pour dispenser un réel amour maternel. En 2003, Ronnie se rappela que "les choses ne se passaient pas si bien que cela. Mais je ne l’oublierai jamais. Je pense que c’était une bonne femme."
Après s’être retirée des écrans, Pickford devint une alcoolique, comme le fut son père avant elle. Parmi les autres alcooliques de la famille figurèrent son premier mari Owen Moore, sa mère Charlotte et ses jeunes frères et soeurs, Lottie et Jack. Charlotte décéda d’un cancer du sein en mars 1928 après plusieurs opérations. En quelques années, Lottie et Jack décédèrent de causes dues à leur alcoolisme.
Ces décès, son divorce avec Fairbanks et la fin du cinéma muet laissèrent Pickford profondément déprimée. Sa relation avec ses enfants, Roxanne et Ronald, fut des plus turbulentes. Ayant perdu l’amour de sa vie, sa carrière, et sa mère, en un temps très court, Pickford se retira et devint petit à petit recluse, restant la plupart du temps à Pickfair et ne recevant des visites que de Lillian Gish, de son beau-fils Douglas Fairbanks, Jr. et de quelques-autres. Elle apparut en justice en 1959 pour une histoire concernant sa co-propriété de la radio North Carolina TV station WSJS-TV. La date du procès coincida avec le jour de son 66ème anniversaire; sous serment, quand on lui demanda son âge, Pickford répondit, "J’ai 21 ans, en route pour les 20".
Au milieu des annnées 1960, Pickford ne reçut souvent ses visiteurs qu’au téléphone, leur parlant de sa chambre. Buddy Rogers organisa souvent des visites de Pickfair, dont celle d’un bar de western que Pickford avait acheté pour Douglas Fairbanks et d’un portrait de Pickford dans le salon.
En plus de son Oscar de la meilleure actrice pour Coquette (1929), Mary Pickford reçut un Oscar d’Honneur pour l’ensemble de sa carrière en 1976. L’Academy envoya une équipe de télévision chez elle pour enregistrer son court message de remerciements – offrant au public un rarissime aperçu du légendaire Manoir de Pickfair.
Pickford était devenue une citoyenne américaine depuis son mariage avec Douglas Fairbanks en 1920. Vers la fin de sa vie, Pickford fit des arrangements avec le Department of Citizenship pour reprendre sa citoyenneté canadienne parce qu’elle voulait "mourir en canadienne". Sa requête fut approuvée et elle devint une citoyenne Américano-Canadienne.
Le 29 mai 1979, Mary Pickford décéda à l’hôpital de Santa Monica des suites de complications dues à une hémorragie cérébrale dont elle avait souffert une semaine plus tôt.
Elle fut enterrée dans le Jardin de la Mémoire du Forest Lawn Memorial Park Cemetery de Glendale, Californie. Enterrés à ses côtés dans le caveau familial privé des Pickford figurent sa mère Charlotte, ses frère et soeur Lottie et Jack Pickford et la famille d’Elizabeth Watson, la soeur de Charlotte, qui avait aidé à élever Mary à Toronto.
Sa contribution au western fut la suivante :
The Indian’s Runner Romance de D.W. Griffith (1909), la femme de Blue Cloud
The Hessian Renegades de D.W. Griffith (1909), la fille du messager
In Old Kentucky de D.W. Griffith (1909), une fille à la party
The Mountaineer’s Honor de D.W. Griffith (1909), Harum-Scarum
The Heart of an Outlaw de D.W. Griffith (1909), la fille de l’outlaw
The Twisted Trail de D.W. Griffith (1910), Molly Hendricks
The Two Brothers de D.W. Griffith (1910), une mexicaine
A Romance of the Western Hills de D.W. Griffith (1910), une indienne
That Chink at Golden Gulch (1910),
The Stampede de Thomas H. Ince (1911), Nello
With the Enemy’s Help de Wilfred Lucas (1912), Faro Kate
A Pueblo Legend de D.W. Griffith (1912), l’indenne
Secrets de Frank Borzage (1933), Mary Marlowe

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Sitting Bull
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Re: Mary PICKFORD (1892-1979)

Messagepar Sitting Bull » 02 août 2016 0:23

Alors là, merci Demerval, cette énorme actrice qui n'avait pas encore sa bio ! Incroyable.
Quelques photos parmi les centaines que l'on peut trouver.

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Dans "Sparrows"
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Re: Mary PICKFORD (1892-1979)

Messagepar lasbugas » 03 janv. 2020 8:41

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