Cary GRANT (1904-1986)

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DEMERVAL
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Cary GRANT (1904-1986)

Message par DEMERVAL »

CARY GRANT 1ère PARTIE, SES ANNEES DE CINEMA
Cary Grant est né Archibald Leach le 18 janvier 1904 au 15 de la rue Hughenden à Horfied, faubourg du nord de Bristol. Il était le second enfant d’Elias James Leach (1873–1935) et Elsie Maria Kingdon; 1877–1973). Elias, le fils d’un potier, travailla comme préposé au repassage dans une usine de confection, alors qu’Elsie, qui était originaire d’une famille de charpentier en batellerie, travaillait comme couturière. Le plus vieux frère de Cary, John William Elias Leach (1899 –1900) décéda d’une méningite tuberculeuse. Cary Grant considérait qu’il était partiellement juif. Il eut une enfance malheureuse, son père étant un alcoolique et sa mère souffrant de dépression chronique.
Désirant le mieux pour son fils, Elsie lui enseigna le chant et la danse dès l’âge de 4 ans et faisait attention qu’il suivit assidument ses leçons de piano. Occasionnellement elle l’emmenait au cinéma où il adorait regarder les courts métrages de Charlie Chaplin, Chester Conklin, Fatty Arbuckle, Ford Sterling, Mack Swain et Broncho Billy Anderson. Cary Grant commença son éducation scolaire à 4 ans et demi et fut envoyé à l’école primaire de Bishop Road, Bristol.
Le biographe de Cary Grant, Graham McCann mentionne que Maureen Donaldson, une admiratrice de Cary Grant dans les années 1970, affirma dans son livre que la mère de Cary "ne savait pas comment donner de l’affection et ne savait pas non plus comment la recevoir." Un autre biographe, Geoffrey Wansell, note qu’Elsie s’en voulut beaucoup pour la mort de son frère John et ne s’en remit jamais. Cary Grant reconnut plus tard que ses expériences négatives avec sa mère, fière et indépendante, affectèrent ses relations avec les femmes dans sa vie. Elle désapprouvait l’alcool et le tabac et réduisait son argent de poche en conséquence. Cary Grant attribua plus tard sa conduite envers lui à une envie d’être hyper-protective, ayant peur de le perdre comme elle perdit John.
Le père de Cary Grant fit plus tard interner sa mère à l’unité psychiatrique du Glenside Hospital et dit à son fils alors âgé de 9 ans qu’elle était partie pour de "longues vacances", pour plus tard lui déclarer qu’elle était morte. Cary Grant grandit en réclamant sa mère, et tout particulièrement quand elle eut quitté la famille. Après qu’Elsie fut partie, Cary Grant et son père déménagèrent dans la maison de sa grand-mère à Bristol. Quand Cary When Grant eut 10 ans, son père se remaria et commença une nouvelle vie qui n’incluait pas son fils. Cary Grant ne sut pas que sa mère était vivante avant l’âge de 31 ans, quand son père lui révéla son mensonge peu de temps avant sa propre mort. Cary Grant fit des arrangements pour que sa mère puisse quitter l’institution en juin 1935, peu de temps après qu’il ait apprit le lieu où elle se trouvait. Il lui rendit visite durant ses loisirs en Angleterre en octobre 1938, après le tournage de Gunga Din.
A cause de l’aliénation de ses parents, il eut du mal à être sociable et fut constamment sur la défensive. Il adorait le théâtre, particulièrement les pantomimes au moment de Noël auxquelles il assistait avec son père. Cary Grant se lia d’amitié avec une troupe de danseurs acrobatiques, connue sous le nom de "The Penders" ou la "Bob Pender Stage Troupe". Par la suite il s’entraîna à marcher sur des échasses et commença à effectuer des tournées avec eux. Durant un contrat d’une quinzaine de jours au Wintergarten theatre de Berlin, aux alentours de 1914, il fut remarqué par Jesse Lasky, qui était alors un producteur de Broadway.
En 1915, Cary Grant décrocha une bourse d’études pour intégrer l’école primaire de Fairfield à Bristol, bien que son père put difficilement payer son uniforme. Avec sa beauté et ses talents d’acrobate, Cary Grant devint une figure populaire auprès des filles et des garçons. Bien qu’il fut capable d’exceller dans nombre de matières académiques, il excellait dans le sport, particulièrement au Fives (sorte de pelote basque) et acquit une réputation d’espiègle; il refusait souvent de faire ses devoirs. Un ex camarade de classe se rappelle qu’il était "un sale petit vaurien", alors qu’un de ses vieux professeur y fit référence comme "le vilain petit garçon qui faisait toujours du bruit au fond de la salle et ne faisait jamais ses devoirs". Il passait ses soirées à travailler en coulisses dans les théâtres de Bristol et en 1917, à 13 ans, il fut responsable de l’éclairage du magicien David Devant à l’Hippodrome. Cary Grant commença à traîner en coulisses à chaque opportunité . A l’été il se portait volontaire pour travailler comme coursier et comme guide aux docks militaires de Southampton, et ce, afin d’échapper au malheur de sa vie familiale. Le temps passé à Southampton le renforça dans son désir de voyager ; il était pressé de quitter Bristol et essaya de s’embarquer comme garçon de cabine sur un bateau, mais il apprit qu’il était trop jeune.
Le 11 mars 1918, Cary Grant fut renvoyé de Fairfield. Plusieurs explications furent avancées, dont celle d’avoir été découvert dans les toilettes des filles et celle d’avoir aidé deux autres camarades de classe à procéder à un vol dans la banlieue d’Almondsbury. Wansell affirma que Cary Grant avait fait en sorte d’être renvoyé de l’école pour poursuivre une carrière dans le divertissement au sein de ladite troupe.
Cary Grant rejoignit la troupe de Pender trois jours après son exclusion de Fairfield. Son père, Elias avait maintenant un boulot plus important à Southampton; l’exclusion de Cary de l’école amena les autorités locales à frapper à sa porte pour s’enquérir de savoir pourquoi son fils vivait à Bristol et non pas chez lui à Southampton. En plus de savoir que son fils était de nouveau avec la Pender troupe, Elias cosigna un contrat de 3 ans, liant son fils et la Pender Troupe. Le contrat de Cary Grant stipulait qu’étaient pris en charge son salaire hebdomadaire amendé du loyer de la chambre et des frais de bord, en plus des leçons de danse et autres entrainements et ce jusqu’à ses 18 ans. Dans ce contrat, il y avait aussi une clause liant une éventuelle hausse de salaire avec le niveau de ses performances.
Etant en dehors du système scolaire, Cary Grant rejoignit la Pender Troupe et accepta un salaire de 10 shillings par semaine. Le groupe commença à faire des tournées dans le comté et Cary Grant développa une réelle aptitude pour la pantomime afin d’élargir ses possibilités physiques. Le 21 juillet 1920, à 16 ans, Cary Grant s’embarqua à bord du RMS Olympic pour une tournée à travers les Etats-Unis. Le biographe Richard Schickel affirme que Douglas Fairbanks et Mary Pickford étaient à bord du bateau, de retour de leur lune de miel, et que Cary Grant joua au jeu de palets avec eux. Il fut si impressionné par Douglas Fairbanks que l’acteur devint un de ses modèles. Après son arrivée à New York, le groupe se produisit au New York Hippodrome—le plus grand théâtre du monde à cette époque avec une capacité de 5,697 places[—pendant neuf mois, à raison de 12 représentations par semaine.
Cary Grant devint membre d’une troupe de vaudeville itinérante et partit sur les routes. Après s’être produit à St. Louis, Missouri, Cleveland et Milwaukee, il décida de rester aux Etats-Unis avec quelques-uns de ses partenaires, pendant que le reste de la troupe retourna en Grande-Bretagne. Il admit être devenu accro aux performances des Marx Brothers durant cette période et Zeppo Marx fut un de ses premiers modèles. En juillet 1922, Cary Grant se produisit dans une troupe avec sept autres comédiens, troupe appelée les "Knockabout Comedians", au Palace Theatre de Broadway. Cet été-là, il forma un groupe, "The Walking Stanleys", avec plusieurs ex membres de la Pender Troupe et fut la vedette, vers la fin de l’année, d’un spectacle de variétés intitulé "Better Times" à l’Hippodrome. Après avoir rencontré George C. Tilyou, le propriétaire de la course de chevaux du Steeplechase Park sur Coney Island, Cary Grant y fut embauché pour apparaître dans des sketches et attira de larges foules, en portant un grand manteau et une pancarte d’homme-sandwich qui faisait la publicité de la course.
Cary Grant passa les quelques années qui suivirent à faire des tournées aux Etats-Unis avec "The Walking Stanleys". Il visita Los Angeles pour la première fois en 1924, qui lui fit une impression qui persista. Après que le groupe se soit séparé, il retourna à New York, où il commença à vivre et à se produire au National Vaudeville Artists Club sur la West 46th Street, jonglant, faisant des acrobaties et des sketches comiques tout en se produisant dans un court numéro de monocycle intitulé "Rubber Legs". Ledit numéro fut plébiscité et donna à Cary Grant l’opportunité d’améliorer sa technique comique et de développer des compétences qui lui serviraient plus tard à Hollywood.
Cary Grant devint une vedette au côté de Jean Dalrymple et décida de former la "Jack Janis Company", qui commença à faire des tournées avec du vaudeville. Durant cette période, on le prit soucent pour un australien et fut surnommé "Kangaroo" ou "Boomerang". L’accent de Cary Grant semble avoir changé en ayant intégré Londres avec la Pender troupe et travaillé dans nombre de music-halls du Royaume-Uni et des Etats-Unis, pour finalement devenir un accent en quelque sorte transatlantique ou mi-atlantique. En 1927 il fut casté dans le rôle d’un australien dans la comédie musicale de Reggie Hammerstein, Golden Dawn, pour laquelle il fut payé 75 dollars la semaine. Bien que le show fut mal perçu, il dura pendant 184 représentations, et plusieurs critiques commencèrent à remarquer le "plaisant nouveau" ou "jeune premier compétent". L’année suivante, il rejoignit la William Morris Agency et se vit offrir un nouveau rôle juvénile par Hammerstein, dans sa pièce Polly, qui fut un échec. Un critique nota que Cary Grant "a une présence fortement masculine, mais malheureusement ne parvient pas à retranscrire la beauté de la partition." Wansell note que la pression reçue d’une production défaillante commença à le tracasser et finalement il fut renvoyé après 6 semaines de critiques négatives. Malgré son renvoi, le rival d’Hammerstein, Florenz Ziegfeld tenta de racheter le contrat de Cary Grant, mais, à la place, Hammerstein le céda aux Shubert Brothers. J. J. Shubert le casta pour un petit rôle d’espagnol face à Jeanette MacDonald dans la risquée comédie française Boom-Boom au Casino Theatre de Broadway, dont la première eut lieu le 28 janvier 1929. Jeanette MacDonald admettra plus tard qu’il était "absolument terrible dans le rôle", mais exhala un charme qui le fit aimer des gens et sauva ainsi le show de la faillite. La pièce fut représentée 72 fois et Cary Grant gagna $350 la semaine avant de déménager à Detroit, puis Chicago.
Pour se consoler, Cary Grant acheta une Packard sport phaeton, modèle 1927. Il rendit visite à son demi-frère Eric, en Angleterre, et après être retourné à New York plus tard dans l’année, interpréta le rôle de Max Grunewald dans la production de Shubert, A Wonderful Night. La première eut lieu au Majestic Theatre le 31 octobre 1929, deux jours après le Crash de Wall Street, et la pièce fut représentée à 125 reprises jusque février 1930. La pièce reçut des critiques mitigées, une des critiques mettant en avant son jeu d’acteur, ressemblant à un "mélange de John Barrymore et d’un cockney", pendant qu’une autre annonçait qu’il avait apporté un "souffle délicat de Broadway" au rôle. Bien qu’il commençait à connaître un semblant de reconnaissance, Cary Grant avait encore du mal à avoir des relations avec les femmes, remarquant que still "durant toutes ces années de théâtre, sur la route et à New York, entouré par toutes sortes de filles attractives, je ne fus jamais capable de communiquer avec elles."
En 1930, Cary Grant fit une tournée pendant neuf mois avec la comédie musicale The Street Singer. Après la fin du show au printemps 1931, les Shuberts l’invitèrent à passer l’été en se produisant sur les planches au The Muny à St. Louis, Missouri; il y apparut dans 12 pièces différentes, pour un total de 87 représentations. Il fut loué par les journaux locaux pour ses performances, y gagnant la réputation de vedette romantique. Ceux qui influèrent sur son jeu d’acteur à cette période s’appelaient Sir Gerald du Maurier, A. E. Matthews, Jack Buchanan et Ronald Squire. Il admit plus tard qu’il avait été plongé dans le métier d’acteur parce qu’il avait un "grand besoin d’être aimé et admiré". Cary Grant fut finalement renvoyé par les Shuberts à la fin de la saison estivale pour avoir refusé une baisse de salaires due à des difficultés financières causées par la Dépression. Son inactivité fut de courte durée; l’impresario William B. Friedlander lui offrit le premier rôle romantique de sa nouvelle comédie musicale, Nikki, dans laquelle Cary Grant fut la vedette face à Fay Wray dans le rôle d’un soldat de l’après première guerre mondiale. La première eut lieu le 29 septembre 1931 à New York, mais la pièce baissa définitivement le rideau après seulement 39 représentations, et ce, à cause de la Dépression.
La performance de Cary Grant dans Nikki fut encensée par Ed Sullivan du The New York Daily News, qui nota que "le jeune gars d’Angleterre" avait "un grand avenir dans le cinéma". La critique l’amena à faire un autre bout d’essai pour Paramount Publix, qui lui permit d’endosser le rôle d’un marin dans Singapore Sue (1932), un court film de 10 minutes de Casey Robinson. Cary Grant balança son texte "sans aucune conviction" selon McCann. Grâce à Casey Robinson, Cary Grant rencontra Jesse L. Lasky et B. P. Schulberg, respectivement le cofondateur et le directeur général de Paramount Pictures. Après un bout d’essai fructueux réalisé par Marion Gering, Schulberg fit signer un contrat de cinq ans au jeune acteur de 27 ans, le 7 décembre 1931, au salaire de base de 450 dollars la semaine. Schulberg lui demanda de changer son nom en "quelque chose qui sonnerait plus américain comme Gary Cooper", et ils tombèrent d’accord sur Cary Grant.
Cary Grant se disposa à devenir ce que McCann appelle la "quintessence du glamour masculin" et fit de Douglas Fairbanks son premier modèle. McCann note que la carrière de Cary Grant à Hollywood décolla immédiatement parce qu’il exhalait un "charme authentique ", qui lui permit de sortir du lot des acteurs aux physiques agréables de l’époque, et permit de "trouver facilement des gens qui espéraient voir sa carrière embryonnaire prospérer". Il fit ses débuts sur le grand écran dans la comédie réalisée par Frank Tuttle, La belle nuit (1932), y incarnant un champion olympique de lancer de javelot face à Thelma Todd et Lili Damita. Cary Grant détesta ce rôle et menaça de quitter Hollywood, mais à grande surprise, un critique de Variety loua sa performance et pensa qu’il ressemblait à une "femme fatale potentiellement délirante".
En 1932 Cary Grant incarna un playboy friqué face à Marlene Dietrich dans Blonde Venus, réalisé par Josef von Sternberg. Le rôle de Cary Grant est décrit par William Rothman comme la projection d’ "une sorte particulière de masculinité non macho qui était capable de lui faire incarner un héros romantique".Cary Grant se trouva souvent être en conflit avec le réalisateur durant le tournage du film et les deux s’engueulaient en allemand. Il incarna un playboy suave dans nombre de films ; Merrily We Go to Hell face à Fredric March et Sylvia Sidney, Le démon du sous-marin au côté de Gary Cooper, Charles Laughton et Tallulah Bankhead, Hot Saturday face à Nancy Carroll et Randolph Scott et Madame Butterfly avec Sylvia Sidney. Selon le biographe Marc Eliot, alors que ces films ne firent pas une star de Cary Grant, ils l’établirent néanmoins comme l’une des nouvelles graines à croissance rapide d’Hollywood".
En 1933, Cary Grant attira l’attention en apparaissant dans les films pre-Code Hays, Lady Lou et Je ne suis pas un ange face à Mae West. Cette dernière affirmera plus tard qu’elle avait découvert Cary Grant. Pauline Kael nota que Cary Grant ne semblait pas à l’aise dans le rôle de directeur de l’Armée du Salut dans Lady Lou, ce qui le rendit charmant. Le film fut un succès au box office, amassant plus de 2 millions de dollars de gains aux Etats-Unis. Pour Je ne suis pas un ange, le salaire de Cary Grant passa de 450 dollars à 750 dollars la semaine. Le film eut encore plus de succès que le précédent et sauva la Paramount de la banqueroute. Vermilye affirme que ce fut l’une des meilleures comédies des années 1930.
Après une série de films financièrement infructueux, comme celui où il incarnait un président de compagnie qui était poursuivi en justice pour avoir renversé un garçon lors d’un accident, à savoir Born to Be Bad (1934) pour la 20th Century Fox, où celui où il incarnait un chirurgien esthétique dans Kiss and Make-Up (1934) ou encore celui où il était un pilote aveugle face à Myrna Loy dans Les ailes dans l'ombre (1935), les échecs successifs au box office et les articles de presse traitant de son récent mariage avec Virginia Cherrill, conduisirent la Paramount à la conclusion que Cary Grant était maintenant jetable.
Les perspectives de Cary Grant s’éclaircirent dans la deuxième moitié de 1935 quand il fut prêté à RKO Pictures. Le producteur Pandro Berman accepta de l’embaucher malgré ses échecs parce que "je l’ai vu faire des choses qui étaient excellentes et que [Katharine] Hepburn en voulait." Pour sa première aventure chez RKO, pour laquelle il interprétait un cockney escroc dans le film de George Cukor, Sylvia Scarlett (1935), il commença la première des quatre collaborations qu’il eut avec Katherine Hepburn. Bien qu’étant un échec commercial, sa performance dominante fut encensée par les critiques et Cary Grant considéra toujours que ce film fut celui qui lança définitivement sa carrière. Quand son contrat avec la Paramount prit fin en 1936 avec la sortie de Bonne blague, Cary Grant décida de ne pas le renouveler et de travailler en indépendant. Cary Grant affirma avoir été le premier acteur indépendant d’Hollywood et le manque de contrat central l’aida à faire croître son salaire à 300 000 dollars par film. Sa première aventure en indépendant fut The Amazing Quest of Ernest Bliss (1936), qui fut tourné en Angleterre. Le film fut une bombe au box office et l’incita à reconsidérer sa décision. Le succès critique et commercial de Suzy, plus tard la même année, dans lequel il incarnait un pilote français face à Jean Harlow et Franchot Tone, l’amena à signer un contrat joint avec RKO et Columbia Pictures, qui l’autorisait à choisir les scenarii qui semblaient convenir à son style. Son contrat avec la Columbia stipulait qu’il devait tourner quatre films en deux ans et lui garantissait alors 50 000 dollars pour chacun des deux premiers films et 75 000 dollars pour les deux suivants.
En 1937, Cary Grant commença le tournage de son premier film afférent au contrat de Columbia Pictures, Le coeur en fête, dans lequel il incarnait un riche artiste américain qui courtisait une célèbre chanteuse d’opéra (Grace Moore). Sa performance reçut un retour positif de la part des critiques, notamment de Mae Tinee pour le Chicago Daily Tribune qui décrivit ce film comme "la meilleure chose faite depuis longtemps". Après l’échec commercial de son premier film pour la RKO, L'or et la chair, Cary Grant fut prêté au studio d’Hal Roach pour Le couple invisible, une comédie déjantée distribuée par la MGM, qui devint son premier succès majeur dans la comédie. Cary Grant y incarnait la moitié d’un riche couple vivant en roue libre (la deuxième moitié étant assurée par Constance Bennett) qui causait des ravages sur terre après avoir rejoint le monde des fantômes suite à un accident de voiture. Le couple invisible devint un des films les plus populaires de l’année, le magazine Variety affirmant que, et Grant et Bennett "jouent leur rôle avec une grande habileté". Vermilye décrivit le film comme étant "un tremplin logique" pour que Grant puisse être, la même année, la star de Cette sacrée vérité, son premier film avec Irene Dunne et Ralph Bellamy. Bien que Léo McCarey détestait notoirement Cary Grant, qui avait moqué le réalisateur en reproduisant ses manières durant le tournage du film, il reconnut les talents comiques de Cary Grant et l’encouragea à improviser son texte et utiliser à fond ses talents développés dans le vaudeville. Le film fut un succès critique et commercial et fit de Cary, l’une des top stars d’Hollywood, en établissant sa personnalité de vedette des comédies légères.
Cette sacrée vérité commença, pour Cary Grant, ce que le critique cinématographique Benjamin Schwarz du magazine The Atlantic appellera plus tard "la série la plus spectaculaire qu’un acteur ait jamais enchaînée dans l’histoire du cinéma américain". En 1938 il fut la vedette face à Katharine Hepburn de la comédie déjantée L'impossible Monsieur Bébé, dans laquelle il incarnait un célibataire endurci se querellant fréquemment avec Katherine Hepburn. Il ne savait pas au départ comment aborder ce personnage mais le réalisateur Howard Hawks lui dit de penser à Harold Lloyd. Cary Grant eut plus de latitude pour les scènes comiques, le montage du film et la manière de familiariser Katherine Hepburn avec la comédie. Malgré une perte financière de 350 000 dollars pour RKO, le film reçut des critiques dithyrambiques de la part des critiques. Plus tard la même année, il apparut de nouveau avec Katherine Hepburn dans la comédie romantique Vacances, qui, commercialement, eut du mal à être rentabilisé, ce qui eut pour conséquence que Katherine Hepburn fut considérée comme étant "le poison du box office" de l’époque.
Malgré une série d’échecs commerciaux, Cary Grant était maintenant plus populaire que jamais et donc était très demandé. Selon Vermilye, en 1939 Cary Grant interpréta des rôles un peu plus dramatiques, bien que toujours empreints d’intonations comiques. Il incarna un sergent de l’armée britannique face à Douglas Fairbanks, Jr. dans le film d’aventures réalisé par George Stevens, à savoir Gunga Din, dont l’action se déroulait dans une caserne en Inde. Des rôles tels celui d’un pilote face à Jean Arthur et Rita Hayworth dans le film d’Howard Hawks, Seuls les anges ont des ailes et celui d’un riche propriétaire terrien au côté de a Carole Lombard dans L'autre, suivirent.
En 1940, Cary Grant interpréta un éditeur de journal insensible qui apprend que son ex-épouse et journaliste, interprétée par Rosalind Russell, est sur le point de se marier avec un agent d’assurance dans la comédie La dame du vendredi, film qui fut loué pour la forte alchimie et "la grande agilité verbale" existant entre Cary Grant et Rosalind Russell. Cary Grant fut de nouveau associé avec Irene Dunne dans Mon épouse favorite, une "comédie de premier ordre" selon le magazine Life, qui devint le deuxième film le plus rentable de l’année pour la RKO, avec un bénéfice de 505 000 dollars. Après avoir interprété un pionnier virginien dans The Howards of Virginia, film dont l’action se situait durant la révolution américaine, que McCann considère comme son pire film et sa pire performance, son dernier long métrage de l’année fut la comédie romantique, encensée par les critiques, Indiscrétions, dans laquelle il incarnait l’ex mari de Katherine Hepburn. Cary Grant sentit que sa performance avait été si intense qu’il fut déçu de n’être pas nominé aux Oscars et dit pour blaguer "J’aurais d’abord dû noircir mes dents pour que l’Académie me prenne au sérieux".
L’année suivante Cary Grant fut considéré pour l’Oscar du meilleur acteur pour La chanson du passé—sa première nomination à l’Oscar. Wansell affirme que Cary Grant trouva que le film avait été une expérience émotionnelle, parce que lui et sa future épouse Barbara Hutton avaient commencé, durant le tournage du film, à discuter de l’opportunité de faire un enfant. Plus tard dans l’année, il apparut dans le thriller romantico-psychologique Soupçons, ce qui fut la première des quatre collaborations entre l’acteur et le réalisateur Alfred Hitchcock. Cary Grant ne fut pas très chaud à l’idée de tourner avec Joan Fontaine, la trouvant caractérielle et non-professionnelle. Le critique de film Bosley Crowther du New York Times considéra que Grant était "exaspérément irresponsable, juvénilement gay mais aussi étrangement mystérieux, comme le rôle le demandait". Alfred Hitchcock affirma plus tard qu’il pensait que la fin du film dans laquelle « Cary Grant est envoyé en prison au lieu de se suicider, était une erreur parce qu’il avait fait ce film avec Cary Grant. A moins d’avoir une fin cynique, cela rend l’histoire trop simple". Geoff Andrew de Time Out affirme que Soupçons est "un suprême exemple de l’abilité de Cary Grant à être en même temps charmant et sinistre."
En 1942 Cary Grant participa à une tournée de trois semaines aux Etats-Unis pour aider à lever des fonds pour l’effort de guerre et fut pour l’occasion photographié rendant visite à des marines blessés. Durant ces shows, il apparut dans plusieurs numéros de sa composition et incarna souvent l’homme droit face à Bert Lahr. En mai 1944, le documentaire de propagande de 10 minutes, Road to Victory fut projeté et il y apparut avec Bing Crosby, Frank Sinatra et Charles Ruggles. Sur le grand écran, en 1942, Cary Grant incarna Leopold Dilg, un détenu évadé dans La justice des hommes, qui s’échappe après avoir été erronément condamné pour incendie criminel et meurtre. Il se planque dans une maison avec des personnages interprétés par Jean Arthur et Ronald Colman et graduellement complote pour sécuriser sa liberté. Crowther loua le script et nota que Grant incarnait Dilg avec une "désinvolture qui est légèrement perturbante". Après le rôle d’un correspondant étranger face à Ginger Rogers et Walter Slezak dans la comédie à contre-courant, Lune de miel mouvementée, pour laquelle il fut encensé pour ses scènes avec Ginger Rogers, il apparut, l’année suivante, dans Mr. Lucky, film dans lequel in incarnait un joueur dans un casino à bord d’un bateau. Le tournage du film de guerre sous-marine, Destination Tokyo (1943) qui fut un succès commercial, eut lieu en seulement six semaines en septembre et octobre et le laissa lessivé; le critique de Newsweek pensa que ce fut la performance la plus aboutie de sa carrière.
En 1944, Cary Grant fut la vedette avec Priscilla Lane, Raymond Massey et Peter Lorre de la comédie noire de Frank Capra, Arsenic et vieilles dentelles, dans laquelle il interprétait le maniaque Mortimer Brewster, qui appartenait à une drole de famille qui comportait deux tantes meurtrières et un oncle affirmant être le Président Roosevelt. Cary Grant accepta le rôle après qu’il eut été refusé par Bob Hope, à cause de problèmes de calendriers surchargés. Cary Grant trouva que le macabre sujet du film était difficile à appréhender et crut qu’il fut sa plus mauvaise performance de sa carrière. La même année, il fut nominé pour la seconde fois à l’Oscar pour son rôle, face à Ethel Barrymore et Barry Fitzgerald dans le film de Clifford Odets, Rien qu'un coeur solitaire, dont l’action se situait à Londres durant la Dépression. Plus tard dans l’année, il se produisit à la radio CBS dans la série Suspense, y incarnant un personnage tourmenté qui découvre hystériquement que son amnésie a affecté la place de l’homme dans la société dans "The Black Curtain".
Après une brève apparition en caméo face à Claudette Colbert dans Sans réserve, Cary Grant personnalisa Cole Porter dans la comédie musicale Nuit et jour (1946). La production fut problématique, avec des scènes requérant souvent de nombreuses prises, ce qui frustra les acteurs et les techniciens. Cary Grant apparut ensuite avec Ingrid Bergman et Claude Rains dans le film d’Hitchcock, Les enchaînés (1946), dans lequel il interprétait un agent gouvernemental chargé de recruter la fille américaine d’un espion nazi (Bergman) afin d’infiltrer une organisation nazie dans le Brésil de l’après seconde guerre mondiale. Dans l’intrigue du film, les personnages interprétés par Grant et Bergman tombaient amoureux l’un de l’autre et partageaient le plus long baiser de l’histoire du cinéma (deux minutes et demi). Wansell note combien la performance de Cary Grant "soulignait les énormes progrés réalisés dans son jeu d’acteur depuis The Awful Truth, jeu d’acteur qui était devenu beaucoup plus mature ".
En 1947, il interpréta un artiste qui est impliqué dans une affaire de justice pour agression dans Deus soeurs vivaient en paix, face à Myrna Loy et Shirley Temple. Le film fut encensé par les critiques, qui admirèrent les qualités délirantes du film et l’alchimie entre Grant et Loy; le film devint l’un des plus rentables au box office de l’année. Plus tard la même année, il fut la vedette face à David Niven et Loretta Young de la comédie Honni soit qui mal y pense, y incarnant un ange qui est envoyé sur terre pour resserrer les relations entre l’évêque (Niven) et son épouse (Loretta Young). Le film fut un succès commercial et critique majeur et fut nominé pour cinq Oscars. Life magazine le qualifia d’ "intelligemment écrit et professionnellement interprété". L’année suivante, Cary Grant fut le névrotique Jim Blandings, dans la comédie Un million clefs en mains, de nouveau avec Myrna Loy. Bien que le film amena une grosse perte financière pour la RKO, Philip T. Hartung de Commonweal pensa que le rôle endossé par Grant à savoir celui d’"un publicitaire frustré" fut une de ses meilleures interprétations. Dans La course au mari, une "comédie farfelue", il apparut avec Betsy Drake et Franchot Tone, y incarnant un célibataire qui est rattrapé par le mariage par l’intrigante Betsy Drake. Il termina l’année au 4ème rang des acteurs les plus populaires au box office.
En 1949 Grant fut la vedette face à Ann Sheridan de la comédie Allez coucher ailleurs dans laquelle il apparut dans des scènes habillé en femme, portant une jupe et une perruque. Durant le tournage il souffrit d’une hépatite infectieuse et perdit du poids, ce qui affecta son aspect dans le film. Le film devint le plus gros succès commercial de la 20th Century Fox de l’année avec plus de 4.5 millions de dollars de gains et fut considéré comme la meilleure comédie d’Howard Hawks depuis la fin des années 1930. A ce moment de sa carrière, il était l’une des stars d’Hollywood les mieux rémunérées avec 300 000 dollars par film.
Le début des années 1950 marquèrent le début du déclin de la carrière de Cary Grant. Ses rôles comme celui du neurochirurgien qui se retrouve au milieu d’une révolution dans un pays d’Amérique Latine dans Cas de conscience ou celui du professeur de médecine et chef d’orchestre face à Jeanne Crain dans On murmure dans la ville furent mal perçus. Cary Grant en avait marre d’être Cary Grant après 20 ans de carrière, tout en étant riche et populaire et il fit la remarque: "De jouer ton propre rôle, ta vraie personnalité, est la chose la plus dure au monde". En 1952, Cary Grant fut la vedette de la comédie Cette sacrée famille, y interprétant un ingénieur qui, avec son épouse (Betsy Drake) adopte deux enfants issus d’un orphelinat. Il retrouva Howard Hawks pour la comédie Chérie, je me sens rajeunir avec Ginger Rogers et Marilyn Monroe. Bien que le critique du Motion Picture Herald écrivit exagérément que Cary Grant avait fait la meilleure prestation de sa carrière pour rivaliser avec celle de Ginger Rogers, le film fut finalement diversement accueilli. Cary Grant avait espéré que de jouer face à Deborah Kerr dans la comédie romantique La femme rêvée sauverait sa carrière, mais le film fut un échec commercial et critique après sa sortie en juillet 1953. Bien qu’il fut approché pour être l’une des vedettes de A Star is Born, Cary Grant crut que sa carrière était finie et il quitta brièvement ladite industrie.
En 1955 Grant accepta d’être la vedette face à Grace Kelly de La main au collet, dans lequel il incarnait un voleur de bijoux à la retraite surnommé "Le Chat", vivant sur la French Riviera. Grant et Kelly s’entendirent bien durant le tournage et le film fut l’une des expériences les plus heureuses de la carrière de Grant. Il trouva Hitchcock et Kelly très professionnels et affirma plus tard que Grace Kelly était "probablement la meilleure actrice avec laquelle il ait jamais travaillé". Cary Grant fut l’un des premiers acteurs à être indépendant en ne renouvelant pas son contrat avec le studio, abandonnant donc le studio system qui contrôlait presque tous les aspects de la vie des acteurs. Il décida quels films il allait tourner et, souvent, eut le droit de choisir son réalisateur et ses co-stars et même de discuter de ses hausses de salaire, ce qui n’était pas commun à l’époque. Cary Grant reçut plus de 700,000 dollars sur les bénéfices de La main au collet, pendant que Hitchcock recevait moins de 50,000 dollars pour avoir réalisé et produit le film. Bien que les critiques furent plutôt réservées, Cary Grant fut hautement encensé pour sa performance, les critiques commentant son apparence suave et élegante.
En 1957 Grant fut la vedette face à Deborah Kerr de la romance Elle et lui, y interprétant un playboy international qui devient l’objet de l’affection de Deborah. Schickel vit le film comme l’un des derniers films romantiques de la période mais remarqua que Cary Grant ne réussissait pas complètement à effacer "la sentimentalité trop exubérante" du film. Cette année-là, Cary Grant apparut aussi face à Sophia Loren dans Orgueil et Passion. Il avait exprimé un intérêt pour le personnage incarné par William Holden dans Le pont de la Rivière Kwai, mais se rendit compte que ce n’était pas possible à cause de la simultanéité avec Orgueil et Passion. Le film fut tourné en extérieur en Espagne et le tournage fut problématique, avec une co-star Frank Sinatra irritant ses collégues et quittant la production après quelques semaines. Les tentatives de Cary Grant pour séduire Sofia Loren durant le tournage furent improductive, ce qui l’amena à exprimer sa colère quand la Paramount la casta face à lui pour La péniche du bonheur (1958), ce qui faisait partie de son contrat. Durant le tournage de La péniche du bonheur, la tension sexuelle entre les deux vedettes était si palpable que les producteurs finirent par trouver presqu’impossible de tourner ledit film. Plus tard, en 1958, Cary Grant retrouva Ingrid Bergman pour la comédie romantique Indiscret, dans laquelle il incarnait un financier en réussite qui avait une aventure avec une célèbre actrice (Bergman) alors qu’il prétendait être un homme marié. Durant le tournage, il se forma une profonde amitié entre les deux protagonistes et Cary renforça le respect qu’il avait pour l’actrice. Schickel affirma qu’il pensait que le film était probablement la comédie la plus romantique de l’époque et que Cary Grant, lui-même, avait avoué que le film figurait parmi ses préférés. Grant fut nominé pour le premier de ses 5 nominations au Golden Globe du meilleur acteur pour sa performance et termina l’année en tant que la star la plus populaire du box office.
En 1959 Grant fut la vedette du film d’Hitchcock, La mort aux trousses, y interprétant un directeur d’une agence de publicité qui se laisse entraîner dans un imbroglio au sujet d’une erreur d’identité. Comme pour Indiscret, le film fut chaudement accueilli par les critiques et fut un succès commercial majeur et il fait maintenant partie des meilleurs films de tous les temps. Weiler, dans le The New York Times, loua la performance de Grant, faisant remarquer que l’acteur "ne fut jamais autant chez lui que dans ce rôle de publicitaire en cavale et qu’il assuma "avec un aplomb et une grâce entièrement professionnel". Dans le film, Grant portait l’un de ses costumes les plus iconiques qui devint très populaire. Cary Grant termina l’année en incarnant un contre-amiral de l’U. S. Navy à bord d’un sous-marin face à Tony Curtis dans la comédie Opération Jupons. Le critique de Daily Variety y vit comment l’interprétation comique de Grant est un exemple de la manière de capter les rires de l’audience sans aucun texte, faisant remarquer que "Dans ce film, la plupart des gags émanent de lui. C’est sa réaction, dénuée d’expression, surprise, etc., toujours sous-jouée, qui crée ou libère l’humour". Le film fut un succès majeur au box office et en 1973 Deschner classa le film comme le plus rentable de tous les films de Cary Grant avec des gains atteignant les 9,5 millions de dollars.
En 1960 Grant apparut face à Robert Mitchum, Jean Simmons et Deborah Kerr dans The Grass Is Greener, qui fut tourné en Angleterre dans le parc d’Osterley et dans les studios de Shepperton. McCann note que Grant prit une grande délectation à "moquer son personnage aristocratique avec des manières affectées et des goûts sur-raffinés", bien que le film fut éreinté et fut considéré comme son plus mauvais depuis Dream Wife. En 1962, Grant fut la vedette de la comédie romantique Un soupçon de vison, dans laquelle il interprétait un riche et suave homme d’affaires, Philip Shayne, romantiquement impliqué avec une employée du bureau, incarnée par Doris Day. Il l’invitait dans son appartement aux Bermudes mais la mauvaise conscience de Doris prenait le dessus. Le film fut loué par les critiques et il fut nominé pour trois Oscars et remporta le Golden Globe de la meilleure comédie, en plus d’une autre nomination pour le Golden Globe du meilleur acteur. Deschner classa le film à la seconde place des films les plus rentables de la carrière de Cary Grant.
Les producteurs Albert R. Broccoli et Harry Saltzman cherchèrent initialement à avoir Cary Grant pour le rôle de James Bond dans Dr. No (1962) mais renoncèrent à l’idée quand Cary Grant fit savoir qu’il ne tournerait que dans un volet de la saga; de ce fait, les producteurs décidèrent de rechercher quelqu’un qui ferait partie de la franchise. En 1963, Cary Grant apparut dans son dernier rôle typique de suave et romantique personnage face à Audrey Hepburn dans Charade. Cary Grant trouva l’expérience de jouer avec Audrey Hepburn "merveilleuse" et crut que leur proche complicité était visible à l’écran, bien que selon Audrey Hepburn, il était particulièrement inquiet, durant le tournage, par les critiques qui ne manqueraient pas de mettre en avant leur différence d’âge et de le faire passer pour un "prédateur des berceaux". L’auteur Chris Barsanti écrivit: "C’est la prudente atmosphère de drague qui fait de ce film un tel moment d’ingénieux divertissement. Grant et Hepburn jouent tous deux au chat et à la souris comme des pros qu’ils sont". Le film, bien reçu par les critiques, est souvent appelé "le meilleur film d’Hitchcock qu’Hitchcock ne fit jamais"
En 1964, Grant changea sa personnalité typique de suave et distingué romantique pour adopter le costume d’un ramasseur d’épaves grisonnant, Walter Eckland, qui est enrolé par un Commandant (Trevor Howard) pour surveiller, sur l’île de Matalava, les avions japonais dans une comédie romantique dont l’action se situe durant la seconde guerre mondiale, à savoir Grand méchant loup appelle. Le film fut un succès majeur au box office et après sa projection au Radio City le jour de Noël 1964, engrangea 210 000 dollars dès sa première semaine d’exploitation, battant alors le record établi par Charade, l’année précédente. Le dernier film de Cary Grant, Rien ne sert de courir (1966), une comédie avec Jim Hutton et Samantha Eggar, fut tourné en extérieur à Tokyo, et avait en toile de fond l’organisation des jeux olympiques de 1964. Newsweek conclut: "Bien que la présence personnelle de Grant est indispensable, le personnage qu’il incarne est presque complètement superficiel. Peut-être que la déduction qui doit être retenue, est qu’un homme dans la cinquantaine ou la soixantaine n’a rien à faire dans une comédie romantique excepté comme catalyseur. S’il en est ainsi, l’alchimie est fausse pour tout le monde." Hitchcock avait demandé à Cary Grant d’être la vedette de Torn Curtain cette année-là, mais il apprit que l’acteur avait décidé de prendre sa retraite.
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Sitting Bull
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Re: Cary GRANT (1904-1986)

Message par Sitting Bull »

Juste en attendant la suite. :wink:
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Re: Cary GRANT (1904-1986)

Message par DEMERVAL »

CARY GRANT 2ème PARTIE, SA VIE PERSONNELLE
Cary Grant se retira des écrans à 62 ans, à la naissance de sa fille Jennifer, pour se concentrer sur son éducation et pour lui fournir la stabilité dans sa vie. Il fut progressivement désabusé par le cinéma des années 1960, ne trouvant que rarement le script qui retenait son attention. Il fit la remarque: "J’aurais pu continuer à jouer un grand-père ou un glandeur, mais j’ai découvert des choses plus importantes dans la vie". Cary Grant savait après avoir tourné Charade que "L’Age d’Or" d’Hollywood était maintenant révolu. Il n’avait que peu d’envie de faire un comeback et continua à répondre aux sollicitations sans la moindre chance qu’il y répondît favorablement. Il apparut finalement brièvement dans un documentaire vidéo intitulé Elvis: That's the Way It Is, afférent au concert du King qui eut lieu à Las Vegas en 1970. Quand, dans les années 1970, on lui fit cadeau des négatifs de quelques-uns de ses films, Cary Grant les vendit à la télévision pour la somme de deux millions de dollars en 1975.
Morecambe et Stirling estiment que l’abstinence de Cary Grant vis-à-vis du cinéma à partir de 1966 n’est pas « l’action d’un homme qui avait irrévocablement tourné le dos à l’industrie du film, mais celle de quelqu’un qui était coincé entre une prise de décision et la tentation de ravaler un peu sa fierté et annoncer son éventuel retour devant la caméra." A la fin des années 1970, MGM tenait à faire un remake de Grand Hotel (1932) et espérait tirer Cary Grant de sa retraite pour en être la vedette. Alfred Hitchcock avait depuis longtemps l’envie de tourner un film sur le mythe de Hamlet, avec Cary Grant dans le rôle-titre. Cary Grant affirma que Warren Beatty avait fait un gros effort pour essayer de décrocher le rôle de Mr. Jordan dans Heaven Can Wait (1978), rôle qui échut finalement à James Mason. Morecambe et Stirling affirment que Cary Grant avait aussi exprimé son intérêt pour apparaître dans A Touch of Class (1973), The Verdict (1982) et l’adaptation cinématographique du roman de William Goldman, Adventures in the Screen Trade (1983).
A la fin des années 1970 et au début des années 1980, Cary Grant s’inquiéta de la mort de nombre de ses amis proches, dont Howard Hughes en 1976, Howard Hawks en 1977, Lord Mountbatten et Barbara Hutton en 1979, Alfred Hitchcock en 1980, Grace Kelly et Ingrid Bergman en 1982 et David Niven en 1983. Aux funérailles de Lord Mountbatten, il semblerait qu’il ait dit à un ami: "Je suis complètement crevé et je me sens super vie...je vais tout laisser tomber l’année prochaine. Je vais rester au lit...je fermerai simplement toutes les portes, couperai le téléphone et profiterai de ma vie". La mort de Grace Kelly fut la plus dure à encaisser pour Cary Grant, parce qu’elle n’était pas attendue et que les deux personnalités étaient restées très proches après le tournage de To Catch a Thief. Cary Grant visita Monaco trois ou quatre fois chaque année de sa retraite et manifesta son soutien à Grace Kelly en rejoignant le conseil d’administration de la Fondation de la Princesse Grace.
En 1980, le Los Angeles County Museum of Art organisa pendant deux mois une rétrospective des films de Cary Grant. En 1982 il fut nommé "Homme de l’année" par le New York Friars Club au Waldorf-Astoria Hotel. Il eut 80 ans en 1984; Peter Bogdanovich nota que la "sérénité" avait gagné l’acteur. Cary Grant resta en bonne santé jusqu’à un petit infarctus en cotobre de cette année 1984. Durant les dernières années de sa vie, il entreprit une tournée à travers les Etats-Unis avec un one-man show, A Conversation with Cary Grant, durant lequel il montrait des extraits de ses films et répondait aux questions de l’auditoire. Il fit 36 apparitions en public durant les quatres dernières années de sa vie, de New Jersey au Texas et eut la joie de voir que son auditoire s’était fortement rajeuni avec l’apport d’étudiants enthousiastes découvrant ses films pour la première fois. Il admit qu’il avait pensé que ses apparitions étaient des manifestations de son ego, remarquant "je sais qui je suis à l’intérieur et à l’extérieur mais c’est bien d’avoir l’extérieur substantialisé".
Stirling se référe à Cary Grant comme "étant l’un des hommes d’affaires les plus rusés à avoir jamais évolué à Hollywood". Son amitié de longue date avec Howard Hughes remontant aux années 1930 lui permit d’être invité dans les cercles les plus glamours d’Hollywood et leurs soirées prodigales. Les biographes Morecambe et Stirling affirment qu’Howard Hughes joua un rôle majeur dans le développement de l’intérêt de Cary Grant pour les affaires, à un tel point que déjà en 1939, il avait un "un astucieux opérateur avec divers intérêts commerciaux". Randolph Scott joua aussi un rôle en l’encourageant à investir son argent dans des actions, ce qui en fit un homme riche avant la fin des années 1930. Durant les années 1940, Grant et Barbara Hutton investirent dans un projet immobilier à Acapulco à un moment où ce n’était guère plus qu’un petit village de pêcheurs et s’associèrent avec Richard Widmark, Roy Rogers et Red Skelton pour y acheter un hôtel. Derrière son intérêt pour les affaires, il y avait une intelligence d’esprit particulière, à un tel point que son ami David Niven dit un jour: "Avant que les ordinateurs ne soient efficients, Cary en avait un dans son cerveau". Le critique de films, David Thomson affirme que l’intelligence de Cary Grant transfigurait à l’écran et que "personne d’autre ne semblait plus intelligent et plus beau en même temps".
Après que Cary Grant se fut retiré des écrans, il devint plus actif dans les affaires. Il accepta un poste dans le conseil d’administration de Fabergé. Cette position n’était pas honorifique, contrairement à certains autres; Cary Grant participaient régulièrement aux réunions et voyageait internationalement pour les supporter. Sa paye était modeste en comparaison des millions qu’il gagna durant sa carrière, et ne dépassa pas les 15 000 dollars annuellement. L’influence de Cary Grant dans la compagnie était tellement importante que George Barrie clama une fois que Grant avait joué un rôle dans la croissance de la firme pour atteindre les 50 millions de dollars en 1968, une croissance de presque 80% depuis l’année inaugurale en 1964. Le poste lui permit aussi de bénéficier d’un avion privé que Grant pouvait utiliser pour aller voir sa fille, quel que soit l’endroit où sa mère, Dyan Cannon, travaillait.
En 1975, Grant fut un directeur appointé de la MGM. En 1980, il siègea au conseil d’administration de MGM Films et de MGM Grand Hotels suite à la division de la compagnie familiale. Il joua un rôle important dans la promotion de MGM Grand Hotel à Las Vegas quand celui-ci ouvrit en 1973 et il continua à promouvoir la cité tout au long des années 1970. Quand, cette année-là, Allen Warren rencontra Grant pour une séance photo, il nota combien Grant semblait fatigué et son "air légèrement mélancolique". Grant rejoignit plus tard le conseil d’administration de Hollywood Park, de l’Academy of Magical Arts (The Magic Castle, Hollywood, Californie) et de Western Airlines (achetés par Delta Air Lines en 1987).
Une des stars les plus riches d’Hollywood, Grant possédait des maisons à Beverly Hills, Malibu et Palm Springs. De tenue toujours impeccable, Edith Head, la célèbre créatrice de costumes d’Hollywood, apprécia sa "méticuleuse" attention pour les détails et le considérait comme étant l’acteur ayant eu le plus grand sens de la mode avec lequel elle avait travaillé. McCann atteste que "son recours quasiment obsessif" à l’autobronzage, qui grandit au fur et à mesure qu’il vieillit, lui venait de Douglas Fairbanks, qui eut aussi une influence majeure sur son sens raffiné des vêtements. McCann note que parce que Grant venait d’une classe inférieure de travailleurs et ne fut pas bien éduqué, il fit un effort particulier durant le déroulement de sa carrière pour se mélanger avec les classes supérieures et absorber leurs connaissances, leurs manières et leur étiquette pour compenser et combler la différence. Son image fut méticuleusement façonnée dès ses premiers jours à Hollywood, où il prenait souvent des bains de soleil et interdisit d’être photographié en train de fumer, malgré le fait qu’il fumait alors deux paquets de cigarettes par jour. Grant arrêta de fumer au début des années 1950 grâce à l’hypnothérapie. Il fit attention à sa santé, restant toujours très svelte et athlétique, et ce, même durant la fin de la carrière. Il confessa qu’il faisait toujours tout avec "modération. Excepté faire l’amour".
La fille de Cary Grant, Jennifer, affirma que son père se fit des centaines d’amis durant les diverses étapes de sa vie et que sa maison était souvent visitée par Frank et Barbara Sinatra, Quincy Jones, Gregory Peck et son épouse Veronique, Johnny Carson et son épouse, Kirk Kerkorian et Merv Griffin. Elle dit que Grant et Sinatra étaient les amis les plus proches du monde et que tous deux étaient remarquablement similaires en ce qu’ils partageaient la même radiance et une "indéfinissable incandescence de charme". Alors qu’il élevait Jennifer, Cary Grant archiva les objets de sa jeunesse et de son adolescence dans une salle voûtée sécurisée qu’il avait installée dans sa maison. Jennifer attribua cette méticuleuse collection au fait que les objets ayant jalonné sa propre jeunesse avaient été détruits durant un bombardement de Bristol par la Luftwaffe (un événement corroboré par son oncle, sa tante, sa cousine et le mari de sa cousine) et il aurait donc voulu la prévenir d’une même perte.
Grant vécut avec l’acteur Randolph Scott par intermittence pendant 12 ans, ce qui amena certains auteurs à annoncer qu’ils étaient gays ou bisexuels. Les deux hommes s’étaient rencontrés au début de la carrière de Cary Grant en 1932 au Paramount studio alors que Randolph Scott tournait Sky Bride et Cary Grant, Sinners in the Sun et ils s’installèrent ensemble peu après. Le biographe de Randolph Scott, Robert Nott affirme qu’il n’y a aucune évidence que Grant et Scott aient été homosexuels et il dénonce les rumeurs écrites par d’aucuns dans des livres, rumeurs qui furent certifiées par des historiens. La fille de Grant, Jennifer, dénia les allégations. Quand Chevy Chase blagua à la télévision en 1980 en affirmant que Grant était un "homo. Grant le poursuivit en justice pour diffamation et Chevy Chase fut obligé de retirer ses propos. Grant devint un admirateur de Morecambe et Wise durant les années 1960 et resta ami avec Eric Morecambe jusqu’à sa mort en 1984.
Grant commença à expérimenter la LSD à la fin des années 1950, avant que le commerce n’en devienne populaire. Son épouse, Betsy Drake, affichait un vif intérêt pour la psychothérapie et à travers elle, Cary Grant développa une connaissance considérable de la psychoanalyse. Le radiologue Mortimer Hartman commença à le traiter avec du LSD à la fin des années 1950, Grant croyant dur comme fer que le traitement l’aiderait à se sentir mieux et à se débarrasser de ses tourments intérieurs provenant de son enfance et de l’échec de ses relations. En plusieurs années il eut une centaine de sessions. Pendant un long moment, Cary Grant considérait la drogue d’un point de vue favorable et affirma que c’était la solution après de nombreuses années à "rechercher la paix de son esprit", et que pour la première fois de sa vie, il était "vraiment, profondément et honnêtement heureux". Dyan Cannon affirma lors d’une audience de tribunal, au cours de laquelle elle affirma qu’il était un "apôtre du LSD", qu’il prenait encore de la drogue en 1967 comme remède pour tenter de sauver leur relation. Grant admit plus tard que "la prise de LSD fut une chose complètement absurde à faire mais j’étais un sauvage prétentieux, reniant tout par hypocrisie et vanité. J’ai dû me débarrasser de cette addiction et faire table rase."
Cary Grant se maria à cinq reprises. Il épousa Virginia Cherrill le 9 février 1934 à Caxton Hall, Londres. Elle divorça le 26 mars 1935, arguant de violences physiques. Les deux protagonistes s’embarquèrent dans un divorce qui fut largement médiatisé dans la presse avec Virginia Cherrill réclamant 1000 dollars par semaine de la part de son mari comme participation aux bénéfices engrangés par ses films de la Paramount. Après la dissolution de son mariage, il courtisa l’actrice Phyllis Brooks à compter de 1937. Ils avaient pensé se marier et se montrèrent ensemble en Europe durant l’été 1939, visitant la ville Romaine de Dorothy di Frasso en Italie, avant que leur relation ne se termine à la fin de l’année.
Cary Grant se naturalisa ctoyen américain le 26 juin 1942, période qu’il choisit également pour changer son nom de naissance d’"Archibald Alexander Leach" en "Cary Grant". Cette année-là, il épousa Barbara Hutton, une des femmes les plus riches du monde après avoir hérité un patrimoine de 50 millions de dollars de son grand-père, Frank Winfield Woolworth. Le couple fut dérisoirement surnommé "Cash and Cary", bien que dans le cadre d’un contrat prénuptial, Cary Grant refusa aucun arrangement financier dans l’éventualité d’un divorce, pour empêcher l’éventuelle accusation de s’être marié pour l’argent. Vers la fin de son mariage, ils vivaient dans une villa au 10615 Bellagio Road à Bel Air. Après le divorce en 1945, ils restèrent "les plus sincères des amis". Après avoir courtisé Betty Hensel pendant un moment, Cary Grant épousa le 25 décembre 1949, Betsy Drake, la co-star de deux de ses films. Cela se révélera être son plus long mariage, la rupture ne survenant que le 14 août 1962.
Cary Grant épousa Dyan Cannon le 22 juillet 1965, chez son ami Howard Hughes, au Desert Inn de Las Vegas. Leur fille, Jennifer, naquit le 26 février 1966. Elle fut son seul enfant. Il appelait souvent Jennifer sa meilleure production". Il dit au sujet de la paternité: "Ma vie changea le jour où Jennifer naquit. Je suis arrivé à la conclusion que le seul but de notre présence sur terre est de procréer. De laisser quelque chose derrière. Pas des films, parce que tu sais que je ne pense pas que mes films dureront longtemps une fois que je serai parti. Mais un autre être humain. C’est ce qui est important." Cary Grant et Dyan Cannon divorcèrent en mars 1968. Le 12 mars du même mois, il fut impliqué dans un accident de voiture sur Long Island quand un camion heurta le côté de sa limousine. Grant fut hospitalisé pendant 17 jours avec 3 côtes brisées et des hématomes.
Grant eut une brève relation avec l’actrice auto-proclamée Cynthia Bouron à la fin des années 1960, Grant, qui avait été en porte-à-faux avec l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences depuis 1958, ayant été nominé comme bénéficiaire d’un Oscar d’honneur en 1970. Cary Grant annonça qu’il devait assister à la cérémonie pour accepter la récompense, bien qu’il mettait fin à 12 ans de boycott de la cérémonie. Deux jours avant l’annonce, Ms. Bouron attaqua Cary Grant en reconnaissance de paternité et affirma publiquement qu’il était le père de sa fille de 7 semaines. Mme Bouron nomma Cary Grant comme étant le père sur le certificat de naissance. Cary Grant l’obligea à faire un test sanguin et Mme Bouron échoua à en produire un, ce qui fit que la cour lui ordonna de retirer son nom du certificat de naissance. Entre 1973 et 1977, il séduisit la journaliste britannique Maureen Donaldson, puis la beaucoup plus jeune Victoria Morgan.
Le 11 avril 1981, Cary Grant épousa Barbara Harris, une responsable des relations publiques d’un hôtel britannique qui était de 47 ans sa cadette. Les deux protagonistes s’étaient rencontrés au Royal Lancaster Hotel de Londres, cinq ans plus tôt et travaillaient à l’endroit où Barbara Harris participait à une conférence Fabergé. Les deux devinrent des amis très proches, mais ce ne fut pas avant 1979 qu’elle déménagea pour vivre avec lui. Des amis de Cary Grant considérèrent qu’elle avait eu un impact très positif sur lui et le Prince Rainier de Monaco remarqua qu’il n’avait jamais été "aussi heureux" qu’il le fut durant ses dernières années avec elle.
Cary Grant se trouvait à l’Adler Theatre de Davenport, Iowa, le soir du 29 novembre 1986, se préparant à se produire dans Conversation with Cary Grant quand il tomba malade. Bien que son proche ami Roderick Mann se rappelle qu’il avait rencontré Cary Grant au Hollywood Park Racetrack, plus tôt dans le mois et qu’il semblait jovial et en bonne santé, Cary Grant se sentait mal depuis son arrivée au théâtre. Basil Williams, qui le photographia ce soir-là, pensa que bien que Cary Grant avait toujours son habituel air suave, il remarqua qu’il semblait très fatigué et qu’il trébucha une fois dans l’auditorium. Williams se rappelle que Cary Grant répéta pendant une demi-heure avant que "quelque chose paraisse soudainement bizarre" et qu’il disparaisse en coulisses. Cary Grant fut ramené au Blackhawk Hotel où lui et son épouse Barbara s’étaient arrêtés et un docteur fut appelé pour découvrir que Cary Grant subissait une grave crise cardiaque, avec une tension à plus de 210. Cary Grant refusa d’être hospitalisé. Le docteur se rappela que "L’attaque cardiaque s’empirait. En seulement 15 minutes son état se détériora rapidement. C’était terrible de le regarder mourir et de ne pas être capable de l’aider. Mais il ne voulait pas nous laisser faire". Vers 20h45, Cary Grant tomba dans le coma et fut alors emmené au St. Luke's Hospital. Il passa 45 minuest aux urgences avant d’être transféré au service des soins intensifs, où ils prononcèrent son décès à 23h22. Il avait 82 ans.
Le New York Times rapporta : "Cary Grant n’était pas supposé mourir. Cary Grant était supposé continuer à vivre. Notre référence perpétuelle au charme et à l’élégance et à la jeunesse". Son corps fut ramené en Californie, où il fut incinéré et ses cendres dispersées dans l’Océan Pacifique. Il refusa une cérémonie funéraire, ce qui pour Roderick Mann était approprié pour "l’homme privé qui ne voulait pas du non-sens d’un enterrement". Le montant de ses biens immobilers dans la région qui s’élevait entre 60 et 80 millions de dollars, revint à son épouse Barbara Harris et à sa fille Jennifer Grant. Il dota aussi ses employés de 150 000 dollars, le Motion Picture Relief Fund, de 50 000 dollars, le Variety Clubs International de 25 000 dollars, la John Tracy Clinic for Deafness de 20 000 dollars, le docteur Mortimer Hartman de 10 000 dollars et ses vêtements et effets personnels allèrent à Frank Sinatra, Roderick Mann, Stanley Donen, Kirk Kerkorian et autres.
McCann note que l’une des raisons qui fit que Cary Grant fut aussi populaire est qu’il n’était pas conscient de sa beauté à l’écran, en jouant de plus avec une façon qui n’était pas attendue et inhabituelle de la part d’une star hollywoodienne à l’époque. George Cukor affirma un jour: "Vous voyez, il ne dépend pas de son apparence. Il n’était pas narcissique, il jouait comme si il était simplement un jeune homme ordinaire. Et ce qui faisait qu’il était en plus attrayant est qu’il était marrant ; cet aspect était vraiment inattendu et bon parce que nous pensions, 'Bien, si c’est un Beau Brummel, il ne peut pas être en même temps marrant et intelligent, mais il prouva le contraire". Jennifer Grant reconnut que son père ne se reposa jamais sur son apparence et n’était pas non plus un acteur de caractère, et affirma qu’il était juste le contraire de tout cela, en interprétant "l’homme de base".
Le sex appeal de Cary Grant fut inhabituellement étendu, parmi les hommes et les femmes; Kael remarqua que les hommes voulaient lui ressembler et que les femmes rêvaient de sortir avec lui. Elle nota que Cary Grant traitait ses co-stars féminines différemment que tous les autres acteurs de premier rang de l’époque, en les considérant comme des sujets possédant de multiples qualités plutôt qu’en les "traitant comme de simples objets sexuels". Pour l’écrivain David Shipman, il semblait répondre aux besoins que chaque personnage aspirait être, qu’il soit un oncle, un meilleur ami ou un amant, et "plus que la plupart des stars, il appartenait au public". Un certain nombre de critiques arguèrent que Cary Grant avait la rare habileté de faire d’un film médiocre un bon film. Philip T. Hartung du Commonweal dans sa critique de Mr. Lucky (1943) affirma que s’il "n’y avait pas eu la personnalité convaincante de Cary Grant, le tout aurait ressemblé à rien". Pour McCann, Hollywood avait "trouvé son gentleman idéal, un gentleman pour une culture démocratique. Il était un amalgame de la tradition et de la modernité, de la richesse et de la vertu, de l’élite et de la masse, de la hauteur et de la bassesse, de la grandeur et de la bonté. " Il affirme que la prestation de Cary Grant n’"aurait pas dû marcher, mais malgré tout elle fonctionna", commentant: "Alors qu’il s’asseoit et fait face à la caméra durant la première scène de The Awful Truth, il nous regarde avec une expression qui suggère qu’il sait, comme nous par ailleurs, que le truc audacieux a, contre vents et marées, fonctionné. Il nous sourit, partageant avec nous son extraordinaire bonne fortune. Il sourit d’un sourire à la Gatsby." Le théoricien politique C. L. R. James vit Cary Grant comme un "nouveau et très important symbole", un nouveau type d’anglais différent des genres de gentlemen à la Leslie Howard ou à la Ronald Coleman, qui représentait la "liberté, la grâce naturelle, la simplicité et la franchise qui caractérisent des types d’américains aussi différents que Jimmy Stewart et Ronald Reagan" et qui finalement symbolise la relation grandissante entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.
McCann note que Cary Grant interprétait typiquement "des personnages aidés par la nature qui ne semblaient jamais avoir besoin de travailler afin de maintenir leur style de vie glamour et hédoniste. Il devint une star dont les personnages étaient beaux, à l’esprit vif, marrants et athlétiques, une star dont les personnages semblaient gagner le coeur des femmes sans même chercher à le faire." Martin Stirling, commenta dans la biographie Cary Grant: In Name Only, qu’il pensait que Cary Grant avait une palette d’acteur qui était "plus grande que n’importe quel autre acteur contemporain, mais qu’il avait compris pourquoi certains critiques l’avaient sous-évalué comme acteur. Il croit que Cary Grant était toujours "physiquement et verbalement au sommet de son art dans des situations qui avoisinaient la farce". Charles Champlin, commentant dans The Complete Films of Cary Grant (1973) de Donald Deschner, identifie identiquement un paradoxe dans la personnalité de Grant à l’écran, dans sa capacité inhabituelle à "mélanger le brillant et le burlesque dans des scènes successives". Il remarque que Cary Grant était "de manière rafraichissante capable d’incarner un presque fou, le parfait idiot, sans compromettre sa masculinité. Son habileté à mettre en jeu sa propre image de héros fort et romantique est, en effet, probablement unique parmi les superstars. Personne d’autre ne me vient à l’esprit qui pourrait, de manière similaire, caresser sa propre dignité sans jamais la perdre". Wansell note plus loin que Cary Grant pouvait, "avec un haussement de l’arcade sourciliaire ou la moindre esquisse d’un sourire, questionner sa propre image", réussissant à "mélanger l’ironie et la romance d’une manière que peu d’autres stars aient su faire, en ne se prenant jamais au sérieux et en y ajoutant sa prorpe naiveté et mondanité ". Stanley Donen, un réalisateur qui travailla avec Cary Grant, affirma que sa vraie magie venait de son attention à minuter les détails et toujours sembler vrai, ce qui était le résultat d’une "énorme quantité de travail" plutôt qu’un don de Dieu. Cary Grant remarqua sur sa carrière: "Je devine qu’à un certain niveau je suis effectivement parvenu à devenir les personnages que j’interprétais. J’ai joué à essayer de devenir quelqu’un que je voulais être jusqu’à ce que je devienne cette personne ou alors il est devenu moi." Il devait plus tard professer que le vrai Cary Grant ressemblait plus au pêcheur mal rasé et sale de Father Goose que "le charmeur bien sapé" de Charade.
Cary Grant se moquait souvent de lui-même avec des déclarations comme, "Tout le monde veut être Cary Grant—même moi je veux être Cary Grant" et des textes improvisés—comme dans le film His Girl Friday (1940) dans lequel il disait, "Ecoute, le dernier homme qui m’a dit cela était Archie Leach, juste une semaine avant qu’il ne se tranche la gorge." Dans Arsenic and Old Lace (1944), on peut voir une pierre tombale portant le nom d’Archie Leach. Selon une célèbre histoire maintenant avérée comme fictionnelle, après avoir vu un télégramme destiné à son agent émanant de l’éditeur d’un magazine, demandant "Quel âge a Cary Grant?", ce dernier aurait répondu, "Le vieux Cary Grant se porte bien. Et vous?" Malgré ses qualités comiques exceptionnelles, Alfred Hitchcock pensait que Cary Grant était aussi efficient dans la production de rôles plus sombres, avec une qualité mystérieuse et dangereuse, remarquant qu’ "il y avait un côté effrayant chez Cary que personne n’a jamais pu toucher du doigt". Wansell note que son côté mystérieux et sombre lui provenait de sa vie personnelle qu’il mit beaucoup de soins à cacher pour maintenir son image débonnaire.
Les biographes Morecambe et Stirling pensent que Cary Grant fut le "plus grand acteur de premier plan qu’Hollywood eut jamais". Schickel affirma qu’il y avait "très peu de stars qui eurent l’envergure de Cary Grant, un art aussi élevé et si subtile" et pensait qu’il était "le meilleur acteur qui fut jamais sur le grand écran". David Thomson et les réalisateurs Stanley Donen et Howard Hawks convinrent que Cary Grant fut le plus grand et le plus important acteur de l’histoire du cinéma. Il était l’un des acteurs préférés d’Alfred Hitchcock, qui l’appela "le seul acteur que j’ai jamais aimé dans ma vie " et resta l’une plus grandes sensations du box office pendant presque 30 ans. Wansell écrivit: "Pour des millions de spectateurs dans le monde, Cary Grant représentera toujours le glamour et le style de l’Age d’Or d’Hollywood. Avec ses cheveux foncés et ses yeux encore plus foncés, son sourire machiavélique et son élégance naturelle, il était, est et restera toujours indélébilement une des plus grandes stars du cinéma. Depuis sa mort en 1986, l’incandescence de sa présence à l’écran ne s’est pas atténuée pendant un instant. Kael affirma que le monde pense encore à lui de manière affectueuse, parce qu’il "personnifie ce qui semblait une époque plus heureuse-une époque où on avait une relation plus simple avec la performance."
Cary Grant fut nominé pour deux Oscars, pour Penny Serenade (1941) et None But the Lonely Heart (1944), mais ne remporta jamais le jackpot, il reçut un Oscar d’Honneur pour l’ensemble de sa carrière en 1970. L’inscription sur cette statuette dit "A Cary Grant, pour sa maîtrise unique de l’art dramatique à l’écran avec le respect et l’affection de ses collègues". En lui remettant son Oscar, son ami Frank Sinatra annonça: "Il fut fait pour la pure brillance de l’art dramatique... Personne n’a apporté plus de plaisir à plus de personnes pendant tant d’années comme Cary l’a fait et personne n’a fait autant de choses aussi bien".
Au Straw Hat Awards à New York en mai 1975, Cary Grant obtint une plaque espéciale qui relatait la reconnaissance de la cité envers "la star et la superstar du divertissement". Au mois d’août suivant, il fut invité par Betty Ford à prononcer un discours lors de la Republican National Convention de Kansas City et à participer au dîner marquant le Bicentennial en présence de la reine Elizabeth II à la Maison Blanche. Il fut plus tard invité à participer à un gala royal de charité au London Palladium en 1978. En 1979, Cary Grant anima l’hommage qui fut donné à l’American Film Institute à Alfred Hitchcock et remis un Oscar d’Honneur à Laurence Olivier.
En 1981, Cary Grant obtint le Kennedy Center Honors. Trois ans plus tard, un théâtre appartenant à la MGM fut rebaptisé "Cary Grant Theatre". En 1995, alors que plus d’une centaine de réalisateurs les plus en vue furent invités à répondre à un sondage leur demandant quel était leur acteur favori de tous les temps, Cary Grant arriva à la seconde place derrière Marlon Brando. Le 7 décembre 2001, une statue fut dévoilée au Millennium Square, un quartier réhabilité près du port de Bristol, dans la cité où il naquit. En novembre 2005, Cary Grant arriva encore premier parmi une liste de 50 plus grandes stars du cinéma dans un sondage effectué par le magazine Premiere. Selon McCann, 10 ans plus tôt, ils avaient déclaré que Cary Grant était "tout simplement, l’acteur le plus marrant que le cinéma ait jamais produit".
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Re: Cary GRANT (1904-1986)

Message par U.S. Marshal Cahill »

metek a écrit : Cary Grant

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Blue Bill a écrit :Cary Grant

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Seuls les anges ont des ailes (1939) Only Angels Have Wings

Archibald Alexander Leach, plus connu sous son pseudonyme de Cary Grant, né le 18 janvier 1904 à Bristol (source pour son heure de naissance : Astrodatabank), mort le 29 novembre 1986 à Davenport (Iowa), est un acteur américain d'origine britannique. Il a été naturalisé citoyen des États-Unis le 26 juin 1942.

Comme USMC , j'aurai bien voulu le voir dans le genre western aussi .
http://forum.westernmovies.fr/viewtopic ... nt#p160393

Cary Grant - Star Planétaire


Movie Legends - Cary Grant (Reprise)
U.S. Marshal Cahill a écrit :
yves 120 a écrit :Cary Grant j 'aurais aimer le voir en cow boy ...!
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Sauf , dans les Howards de Virginie , jamais vu ...!
le voici déjà en indien :sm57:

avec James Mason et Eva Marie-Saint au Dakota, au Mont Rushmore N.M. (photo lasso)

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Re: Cary GRANT (1904-1986)

Message par U.S. Marshal Cahill »

Howard le révolté - The Howards of Virginia - 1940
LordDécadent a écrit :Image

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Re: Cary GRANT (1904-1986)

Message par LordDécadent »

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"The Pride and the Passion/Orgueil et Passion" en 1956.

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http://www.carnet-noir-des-acteurs.com/1986
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