Hattie McDaniel (1892-1952)

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DEMERVAL
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Hattie McDaniel (1892-1952)

Messagepar DEMERVAL » 12 nov. 2013 10:55

Hattie McDaniel fut la première afro-américaine à remporter un oscar, mais elle dut payer le prix pour passer la barrière de la couleur de peau. Elevée à l’école des minstrels shows dans les années qui ont mené à la grande dépression, elle y développa le personnage de l’insolente femme de ménage noire qui refuse de lécher les bottes de ses patrons blancs. Hattie McDaniel arriva à Hollywood après le crash de 1929 et gagna rapidement plus d’argent à incarner les femmes de ménage que la plupart des boursicoteurs de l’heure. Apparaissant tout en bas des génériques, elle fit beaucoup plus que de la figuration aux côtés de Clark Gable, Bette Davis, Jean Harlow et Barbara Stanwyck, leur volant même parfois la vedette dans une ou deux scènes dans des films tels que "Judge Priest" de John Ford (1934), "La Malle de Singapour" de Tay Garnett (1935) et "Désirs Secrets" de George Stevens (1935). Clark Gable la recommanda au producteur David O. Selznick pour interpréter le rôle de la nounou de Scarlett O'Hara, Mammy, dans "Autant en emporte le vent" (1939); Selznick fut si impressionné par l’actrice qu’il fit réécrire le scénario pour lui faire plaisir. Bien que la ségrégation empêcha Hattie McDaniel de paraître lors de la première du film à Atlanta, elle obtint sa revanche en décrochant l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Si ses films déclinèrent en qualité les années précédant sa mort en 1952, Hattie McDaniel avait depuis longtemps prouvé que, d’avoir été la première actrice afro-américaine à connaître le succès, avait été une réalisation révolutionnaire et que faisant fi des critiques, elle avait toujours vécu avec son credo, "Je préfére interpréter les femmes de ménage que d’en être une."
Hattie McDaniel était née à Wichita, Kansas, le 10 juin 1893. La plus jeune d’une fratrie de 13 enfants du prêtre baptiste Harry McDaniel et de sa femme, Susan Holbert – tous les deux d’anciens esclaves – Hattie McDaniel grandit à Denver, Colorado. En 1908, on la scolarisa à la Denver East High School, où elle participa activement à la troupe théâtrale de l’établissement et remporta un concours sponsorisé par la Women's Christian Temperance Union. Ayant abandonné sa scolarité en seconde, Hattie McDaniel rejoignit le minstrel show de son frère Otis, écrivant des chansons et faisant une tournée avec ladite troupe au Colorado, au Kansas et au Nebraska, tout en chantant à la radio. La compagnie éclata avec la mort d’Otis en 1916. Elle fonda aussi un minstrel show entièrement féminin avec sa sœur, Etta Goff. Profitant de sa présence dans le McDaniel Sisters Company, elle commença à développer un modèle de personnage, celui d’une mammy connaissant tout et très bavarde. En 1920, Hattie McDaniel fut louée comme vocaliste pour le professeur George Morrison's Melody Hounds, un orchestre de jazz basé à Denver, et elle enregistra un certain nombre de morceaux pour les labels Okeh et Paramount Records, ainsi que pour le label Merritt de Kansas City.
Après le krach boursier de 1929, Hattie McDaniel en fut réduite à travailler comme préposée aux toilettes d’une boîte de nuit réservée aux blancs à Milwaukee, bien qu’elle ait persuadé son propriétaire de la laisser se produire épisodiquement sur scène. Finalement elle rejoignit son frère Sam et ses sœurs Etta et Orlena à Hollywood, où Sam avait trouvé du travail à la radio et au cinéma. Alors qu’elle recherchait du travail en tant qu’actrice, Hattie McDaniel devint une familière de l’émission de radio, "The Optimistic Do-Nut Hour," diffusée sur KNX, où elle perfectionna le personnage de Hi-Hat Hattie, une femme de ménage de couleur noire arrogante qui en savait plus que ses employeurs blanc et ne le cachait jamais. Elle fit ses débuts au cinéma pour Universal dans le rôle d’une patiente d’un hôpital dans le film mélodramatique de James Whale, "The Impatient Maiden" (1932), aux côtés de Lew Ayres et Mae Clark. Un rôlet de chanteuse suivit dans le film d’ Harry Beaumont, "Are You Listening?" (1932) pour Metro-Goldwyn-Mayer, mais quand elle fut castée pour le rôle d’une femme de ménage dans le drame politique de Charles Brabin, "The Washington Masquerade" (1932) et pour celui d’une cuisinière dans le western de Hoot Gibson, "The Boiling Point" (1932), elle avait enfin trouvé sa voie à Hollywood. Bien que loin d’atteindre le statut de co-star de Marlene Dietrich dans le film post-dépression de Josef von Sternberg, "Blonde Venus" (1932), son apparition à l’écran avec la vedette importée d’Allemagne la fit découvrir aux yeux de tous les spectateurs du monde. Hattie McDaniel travailla aussi très bien avec Mae West, interprétant sa manucure aux idées bien arrêtées dans la comédie de Wesley Ruggles, "Je ne suis pas un ange" (1933), avec Cary Grant.
Il fallut attendre que John Ford l’ait associée avec l’humoriste Will Rogers et couplée avec un partenaire, en l’occurence Stepin Fetchit, dans "Judge Priest" (1934) pour que Hi-Hat Hattie commença vraiment à s’affirmer, fendant les airs avec sa voix démonstrative et tonitruante et ouvrant tout grand ses yeux comme si elle voulait imposer le silence à tout désagrément potentiel et contrebalancer les inclinaisons clownesques du paresseux domestique Stepin Fetchit. L’affirmation à l’écran de la personnalité d’Hattie McDaniel fut évidente cette année-là dans beaucoup de films telles les comédies "Lost in the Stratosphere" et "The Little Colonel," avec en co-star Shirley Temple. La même année elle rejoignit la Screen Actors Guild et signa un contrat à long terme avec la Fox Film Corporation. Ce fut le réalisateur George Stevens qui reçut le mérite d’avoir révélé la vraie Hi-Hat Hattie dans son film "Désirs Secrets" (1935). Ayant à l’affiche Katherine Hepburn dans un de ses premiers rôles, le film tournait autour de l’histoire d’une pauvre fille qui essayait de faire sa place dans la société en prétendant être influente, affirmant notamment que ses parents avaient une femme de ménage noire afin d’impressionner son soupirant, Fred MacMurray. Dans la scène devenue culte du dîner, les personnages blancs allaient de bévue en bévue pendant que Hattie McDaniel, engagée pour jouer le rôle de Malena Burns, grognait, roulait des yeux, mâchait du chewing gum et murmurait des apartés cinglantes qui rabattaient le caquet des prétentions des personnages blancs, avec l’acuité d’un chœur grec. Les Critiques saluèrent ses interventions comiques et ses personnages gagnèrent en importance. A la MGM, elle interpréta la servante de Jean Harlow dans les films de Tay Garnett, "La Malle de Singapour" (1935) et Jack Conway, "Saratoga" (1937) et fut la mère porteuse de la capricieuse jeune fille de la haute société, Barbara Stanwyck dans "Miss Manton est folle" (1938). Dans tous ces rôles, Hattie McDaniel n’était qu’apparemment soumise à ses employeurs blanc, à qui elle servait de coach de vie, d’avocat du diable ou de mère confesseur.
Mais ce fut « Autant en emporte le Vent » de David O. Selznick (1939), basé sur le roman historique de Margaret Mitchell et ayant pour cadre la guerre civile américaine, qui lui fournit le rôle de sa vie. Dans le rôle de Mammy, la servante qui gâtait la perle géorgienne, Scarlett O'Hara (Vivien Leigh), Hattie McDaniel appliqua son habituel fond de commerce mais le cinémascope et le technicolor semblèrent lui faire crever l’écran et la projeter sur les genoux des spectateurs. Habitée par l’actrice – et boosté par O’ Selznick, qui avait ordonné des changements dans le script pour compléter le style de l’actrice- Mammy était, tout à la fois, la mère adoptive de l’orpheline Scarlett O’Hara et la seule vraie défenseur des valeurs familiales. Elle était aussi à la fois un personnage comique et la vraie âme du film. Bien que la couleur de sa peau lui interdisit de participer à la première du film à Atlanta, Hattie McDaniel fut couverte de louanges par le New York Times et devint la première actrice noire à remporter un oscar. En fait, il faut mettre au crédit de la grande dignité de l’actrice d’avoir su faire un speech touchant et larmoyant après avoir été contrainte de s’asseoir tout au fond de la salle alors que toutes ses co-stars du film étaient assises au premier rang.
Malgré la ségrégation ambiante, elle devint une proche amie de beaucoup de ses co-stars hollywoodiennes, dont Clark Gable, Bette Davis, Henry Fonda, Joan Crawford, Ronald Reagan et Shirley Temple, évoluant et travaillant parmi elles en égale. Malheureusement elle froissa certains de ses congénéres en choisissant d’interpréter des américaines de petite condition – incitant l’actrice à l’esprit vif à railler son "Je préfére interpréter une femme de ménage qu’en être une." Elle devait continuer à incarner les domestiques tout au long de la seconde guerre mondiale, prenant soin du général Custer, alias Errol Flynn, dans "La Charge Fantastique" (1941), des new-yorkais déplacés Jack Benny et Ann Sheridan dans la farce rurale "La maison de mes rêves" (1942), et étant trompée par son employeur, alias Bette Davis dans "L’amour n’est un jeu" (1942). Elle fut aussi la domestique essayant de mettre un peu de plomb dans la tête de l’adolescente Joyce Reynolds dans le petit film de Michael Curtiz, "Janie" (1944) et la suite du film dirigée par Vincent Sherman, "Janie Gets Married" (1946). En tant que tante Tempy dans "Mélodie du Sud" des studios Disney (1946), Hattie McDaniel était la nounou de l’enfant star Bobby Driscoll, mais l’éclat de ses performances précédentes était remarquablement absent. Dans son dernier rôle au cinéma, celui de la femme de ménage du drame, "Le grand départ" (1949) avec en vedette Mickey Rooney, elle était à peine créditée.
A partir de 1947, Hattie McDaniel gagna $1,000 par semaine en tant que star d’une comédie radiodiffusée sur CBS, "The Beulah Show." Le personnage était à son origine en 1944 partie prenante de l’émission "Fibber McGee and Molly" et était doublé par la voix d’un acteur blanc, Marlin Hurt. Quand McDaniel assuma le rôle, elle devint la première femme noire à être la vedette d’un programme radio. Une version télévisée, "Beulah" fut lancée par ABC en 1950, avec Ethel Waters dans le rôle titre. Quand Ethel Waters quitta la sitcom en 1951, Hattie McDaniel reprit le rôle également pour la télévision, mais n’apparut que dans 6 épisodes. Se voyant diagnostiquer un cancer du sein, elle céda sa place à la radio à Lillian Randolph et à la télévision à Louise Beavers. Hattie McDaniel décéda le 26 octobre 1952. Bien qu’elle avait voulu être enterrée au cimétière ségrégationniste de Hollywood, elle fut inhumée au Los Angeles' Rosedale Cemetery. Deux étoiles lui furent octroyées à titre posthume sur le Hollywood Walk of Fame. En 1999, un monument fut installé en son honneur au renommé Hollywood Forever Cemetery, là où elle voulait reposer.
Sa contribution au western :
The Boiling Point de George Melford (1932), Caroline
The Golden West de David Howard (1932), Mammy Lou
L’Agent n° 13 de Richard Boleslawski (1934), Annie
Autant en emporte le vent de Victor Fleming (1939), Mammy
La charge fantastique de Raoul Walsh (1941), Callie

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Re: Hattie McDaniel (1892-1952)

Messagepar LordDécadent » 29 juin 2020 15:41

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Encore au coeur d'une polémique en 2020.

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http://www.carnet-noir-des-acteurs.com/1952


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