Duel au soleil - Duel In The Sun - 1946 - King Vidor

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Cole Armin
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Duel au soleil - Duel In The Sun - 1946 - King Vidor

Messagepar Cole Armin » 01 mars 2011 22:45

Pour ceux qui ne connaissent pas le film, voir ICI


Attention, les SPOILER sont autorisés, donc ne lisez pas ce topic avant d'avoir vu le film.


Tous les documents sont à poster dans ce topic:
viewtopic.php?f=20&t=12187


Que le débat commence!
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ROY ROGERS
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Re: Duel au soleil - Duel In The Sun - 1946 - King Vidor

Messagepar ROY ROGERS » 03 mars 2011 10:20

bjr,
On a tous dns nos vidéothèques pas mal de films, certains que l'on voit régulièrement, d'autres aussitôt vus aussitôt rangés, d'autres que l'on n'a pas encore vus, brefs quand même pas mal que l'on ne voit pas souvent. donc une fois de plus merci le forum de ns permettre de déclasser nos dvd de leur rayon, et souvent de ns remettre à jour.
DUEL AU SOLEIL :

vu il y a bien des années, et pas mal troublé par jennifer jones, et G PECK, un acteur que j'aimais. Uun bon souvenir.
Revu à l'achat du DVD,......................(points de suspension pour montrer que je suis resté plus dubitatif) Le coté mélo romantique ne m'a pas trop accroché ( et npuis les histoires d'amour finissent tjrs mal, en général ! et là c'est bien illustré ) et le côté parfois un peu surjoué de l'actrice. Dans ce cas je conseille de le voir en vo (sous-titré pour les mal comprenant en anglais) celà change bcp les choses. Malgré tout je pense que c'est un bon film !
dit "ROBERT"

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jamesbond
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Re: Duel au soleil - Duel In The Sun - 1946 - King Vidor

Messagepar jamesbond » 03 mars 2011 14:40

Ce grand western classique m'a marqué au fer rouge à cause de son sujet dramatique dont la mis en scène fut construit en grande partie par l'excellent cinéaste King Vidor qui réalisera d'une main de maître l'un des plus grand western du 7 ème art . Le sujet était passionnant et effrayant car Vidor a en brosser au vitriol un tableau sur l'ouest de façon dramatique flamboyant où l'excellent acteur Gregory Peck joue pour la première un méchant, un jeune voyou face à son frère le dandy Joseph Cotten dont les parents sont deux acteurs hors du commun Lionel Barrymore et Lilian Gish deux des acteurs fétiches du grand innovateur du cinéma moderne D.W Griffith.

J'avais lu quelques part dans les archives américaines du cinéma ,que ce western était acheté par la RKO puis revendu pour des raisons que j'ignore à United Artist ,c'était l'écrivain Niven Bush qui avait écrit ce drame westernien pour sa femme l'actrice Teresa Wright(Madame Miniver,l'ombre d'un doute) qui devait jouer le rôle de Pearl Chavez. mais David O Selznik qui était depuis 1939 le nouveau adjoint de la MGM après la mort de l'enfant prodigue Irving Thalberg,fut l'un des plus grands Nababs depuis son plus grand film qu'il avait produit ,Gone With The Wind( Autant en emporte le vent) qui fut l'une des productions les plus chères de la MGM ou celui ci démissionnera par la suite. Il deviendra le nouveau patron de United Artist quand il rachètera les droits de ce roman de Bush pour la UA c'était pour lui l'aubaine de mettre en scène Jenifer Jones sa femme, afin d'égalisé son film Gone With The Wind. Vers la fin des année 40 ,Selznik avait mit le paquet pour produire ce film il choisira King Vidor dont celui ci ne supportait pas la tyrannie du producteur, il quittera le plateau dans une colère noire alors que la plus part des scènes de ce film furent construite par lui avec une merveilleuse palette de couleurs ressemblant à de la peinture à l'huile d'une grande richesse. Car ce grand cinéaste hors pair était l'un des artiste les plus prolifiques. Après son départ, Selznik voulait vraiment finir ce western pour mettre en avant sa femme Jennifer Jones. Une succession de réalisateurs dont les plus connus après Vidor étaient Joseph Von Sternberg et William Dieterle et six autres réalisateurs ont réalisé ce film le plus cher à l'époque. Chacun des réalisateurs ont respecté le travail de King Vidor qui avait déjà installé la mis en scène refusèrent d'être crédité au générique. Mais la tension monta également avec le compositeur et musicien du film le grand génie Dimitri Tiomkin contre David O Selznik. Aucun western au cours de l'histoire du 7ème art eu n'a jamais autant de réalisateurs qui ce sont succédés dont une grande partie à été réalisé par King Vidor.

Dans sa distribution , Selznik choisira Lionel Barrymore pour intèprèter magnifiquement bien sur une chaise roulante le Sénateur McCanles ,un homme froid et très dur, préférant son fils aîné le dandy Jesse (interprété admirablement par Joseph Cotten) à son plus jeune fils Lewt( une des des meilleur interprétation westernienne de Gregory Peck dans un rôle dramatique) qui était un coureur de jupon et bien entendu le fils préféré de Laura Belle McCanles ,la femme du sénateur(L'excellente actrice Lilian Gish).

ce western dramatique est présenté comme une Bible ouverte entre deux frères (Abel et Cain et puis celui de Jacob et Esaü, les deux fils d'Isaac qu'il la eu avec Rebecca) aimant la même femme une jeune métisse de sang mêlé qui deviendra le théâtre de toute l'action du film. son ouverture réaliste sur le far west est raconté dans sa VO par le grand Orson Welles qui commencera sur un gros plan d'une montagne en forme de visage qu était d'une couleur rouge sombre que seul l'artiste King Vidor était capable de peindre dans un super montage ressemblant à la couleur du coucher du soleil. Ce magicien Vidor était capable de réalisé des petites choses comme des grandes; Sa camera se promène sur une petite fleur sauvage très jolie pour arrivé 13 ans plus tard vers une très belle plante sauvage au nouveau Texas( Car son histoire commencera en 1880) une jeune femme, Pearl Chavez dansant devant des enfants de la rue.Pearl Chavez est une jeune métisse de sang mêlé née d'un père aristocrate(Herbert Marshall) un homme qui avait rejetez autrefois son ex fiancés Laura Belle qui deviendra la femme du sénateur McCanles. Il décidera de s'éloigner pour la frontière mexiquaine avec une une jeune amérindienne infidèle dont celle ci donnera naissance à Pearl trompera devant ses yeux son mari ,celui ci tuera son amant et elle avant d'être pendu par les autorités du Nouveau Mexique,il laissera sa fille orpheline toute seule , alors que celle ci était témoins du meurtre de son père, l'homme qui tua sa mère et son amant.Ainsi commencera le drame psychologie de l'un des meilleurs western flamboyant du 7ème art.

Un western qui contient énormément de symboles comme celui de la jolie fleur sauvage naît dans les montagnes sur un soleil torride ressemblant à Pearl Chavez qui grandira, mûrira et finira par mourir au soleil. La fin de ce film est certainement un des plus beaux finals tragédiens et shakespeariens, une de mes fins préférées d'un western,les amants maudits s' aiment d'un amour fou, jusqu’à finir tout les deux en plein soleil dans le désert etenduent main dans la main en mourant ensemble puis la caméra recule en laissant les deux amants morts dans la poussière du désert devant un magnifique paysage couvert de sables chauds et de montagnes .

Il y à beaucoup de chose à dire sur ce magnifique western,tout les acteurs sont excellents.Lionel Barrymore(Le grand oncle de l'actrice Drew Barrymore) et Lilian Gish ainsi que Walter Huston(Le père du réalisateur John Huston) trois stars à l'époque du muet sont à la limite de la perfection,malgré leur excellente interprétation ils n'ont rien à prouvés ce sont de véritable stars de légendes donnant la réplique à de jeunes acteurs respectant leurs aînés font de ce western un véritable chef d'oeuvre.

Je veux simplement retenir une citation dans ce western ,C'est quand le sénateur McCanles après la mort de sa femme se trouvera seul quand son jeune fils était devenu un assassin où un de ses amis sénateur comme lui vient lui rendre visite ,McCanles lui dira<<You see them plains and hills. I was so almighty proud of what,I carved out of this country. I figured was building something,Lewtas et Jesse . And what have now ? Lewtas a murdered an outlaw and Jesse,Jesse...I'm just lonely old man who needs a friend. As you said,Lem>>( Vous voyez les montagnes et les collines.J'étais tellement fier de toute puissante que j'ai taillé dans ce pays. J'ai pensé que je construirais quelque choses. Lewt et Jesse. Et qu'ai je maintenant ? Lewt est devenu un assassin et un hors la loi. Et Jesse,Jesse... Je suis juste un vieille homme solitaire qui a besoin d'un ami . Comme vous l'avez dit Lem . C'est un western qui apporte un véritable message sur ce qui le plus important . Le vieillart n'avait pas encore compris jusqu'au jour où sa femme est morte, c'est à dire l'âme de la maison ,que le plus important ce n'était pas réussir dans la vie, mais réussir sa vie, il perdra tout d'un seul coup sa femme,sa cousine au deuxième degré Pearl,ses deux enfants Lewt et Jesse .Et il se retrouvera tout seul devant son grand ranch; C'est un message très fort avec des conséquences terribles qui malheureusement existe encore aujourd'hui.

Image L'un des plus grand western tragédien et dramatique avec une playade de grandes stars.
Modifié en dernier par jamesbond le 04 mars 2011 12:15, modifié 1 fois.
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Re: Duel au soleil - Duel In The Sun - 1946 - King Vidor

Messagepar Tecumseh » 03 mars 2011 21:24

Je partage complètement la vision qui vient d'en être fait par jamesbond. :applaudis_6:

Un film qui m'a énormément marqué dans ma jeunesse, que je n'ai pas revu depuis de nombreuses années et dont je me suis toujours refusé à acheter le dvd Z2 (absence de vostf). :( (Il va falloir que me décide à commander le Z1)

Une nouvelle vision serait la bienvenue car depuis j'ai découvert beaucoup de choses sur le génèse de ce film et les acteurs qui en font partie. J'adorerai surtout avoir la chance de le revoir au cinéma, malheureusement j'habite pas Clermont-Fd. :wink:
ImageImageImage

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chip
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Re: Duel au soleil - Duel In The Sun - 1946 - King Vidor

Messagepar chip » 04 mars 2011 10:16

:wink: Comme tous les ans "le cercle des amis du cinéma" de Clermont-Fd fait son festival, cette année : invitation à l'aventure, du 22 mars au 29.
liste des films programmés:
-la fôret d'émeraude
-le cygne noir
-le tigre du Bengale
-le tombeau indou
-le voyage fantastique
-chasse à l'homme
-les 12 salopards
- la chevauchée fantastique (1939)
- la rivière rouge
Occasion supplémentaire de rencontrer mon ami Abilene pour les deux westerns....

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Alec Longmire
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Re: Duel au soleil - Duel In The Sun - 1946 - King Vidor

Messagepar Alec Longmire » 04 mars 2011 10:19

Il y a longtemps que je ne l'ai vu, cette rubrique pourrait bien être l'occasion de remédier à cela... Je me souviens bien du soir où je l'ai découvert... et de ma déception à cette occasion ! Pour moi, Vidor c'était L'homme qui n'a pas d'étoile : un western court, nerveux et rythmé. Or ici on n'est pas du tout sur la même longueur d'onde... J'attendais beaucoup, trop peut-être, de ce qui était considéré comme le chef-d'oeuvre de Vidor.
De cette première vision, j'ai retenu la lenteur et un certain manque de rythme. Et j'avoue que le jeu outré de Jennifer Jones notamment m'a pas mal gêné (comme le soulignait Roy...) Il est vrai également que c'est dans sa VF que je l'ai découvert, et je pense en effet qu'il gagnerait à être vu dans sa version d'origine.

De mon point de vue, il gagne à être revu, car lors d'une seconde vision assez peu de temps après je l'avais bien mieux apprécié, quoique je n'aie pas encore été conquis. Alors, peut-être cette fois... ? Cela ne devrait pas trop tarder...

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Alec Longmire
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Re: Duel au soleil - Duel In The Sun - 1946 - King Vidor

Messagepar Alec Longmire » 04 mars 2011 10:27

chip a écrit :Comme tous les ans "le cercle des amis du cinéma" de Clermont-Fd fait son festival, cette année : invitation à l'aventure, du 22 mars au 29


Belle programmation pour ce festival ! Les Lang, que je n'ai jamais vus, me tentent bien (surtout Chasse à l'homme), ainsi que les westerns bien sûr ! Je ferai sans doute le déplacement :beer1:

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ROY ROGERS
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Re: Duel au soleil - Duel In The Sun - 1946 - King Vidor

Messagepar ROY ROGERS » 04 mars 2011 11:41

Assurément un film qui ne laisse pas indifférent. Sa réalisation problématique, qu'il ait failli finir en film "maudit", et les gens de grand talent qui l'accompagne (tout celà rappelé par la prolifique :wink: plume de notre ami 007, mais très instructive !) en font un western très complexe, qu'une simple vision au premier degré ne peut suffire, à celui qui veut gratter un peu sous la pellicule !

Ha oui, une dernière chose, chez moi ns avons les meilleurs vins de France :beer1: (ou parmi les meilleurs), mais en matière de programmation cinématographique, vs êtes balèzes à CLERMONT ! :sm91:
dit "ROBERT"

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Re: Duel au soleil - Duel In The Sun - 1946 - King Vidor

Messagepar jamesbond » 07 mars 2011 11:36

Je suis assez étonné qu'il n' y est pas beaucoup de discutions sur ce sujet qui aurait put faire un bon débat, peut être que ce film est trop dramatique ou certains n'aime pas ce genre de western, et je les comprends chacun ses gouts. Pour faire un peut d'ironie, d'habitude Pick Bishop (Salut, Pick) ouvre les débat,peut être qu'il est en vacance ou alors il dort ? :lol: :lol: :lol: :lol: (respect pour Pick car ses sujets sont toujours passionnants ) icongc1
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Re: Duel au soleil - Duel In The Sun - 1946 - King Vidor

Messagepar Pike BISHOP » 07 mars 2011 14:49

PIKE ! pas PICK si ça ne te fait rien JIMMY !!!
Sinon...Oui...Pas que j'ai rien à dire, mais en déplacement et attendais d'avoir un peu de temps et quelques élucubrations
pour pouvoir intervenir plus tard....
Pas dit grand-chose non plus sur le précédent "EL PERDIDO" qu'il aurait peut-être fallu plus fouiller...
Quelque chose a été dit sur le SUR jeu de JENNIFER JONES...Accentué il est vrai par une VF des années 40..Délicieuses voix
de ces comédiens toutes venues de l'au-delà...
Celà gagne évidemment beaucoup sur la VO...Et dès le prologue on est en plein dans l'emphase avec une voix d'outre tombe
celle de ORSON WELLES...
Il n'y a pas que JENNIFER qui soit dans le SUR..
"DUEL in THE SUN" est un "SUR" western, SUR mélodrame...Amplification voulue totalement comme un écrin énorme pour la perle
qu'était sa compagne par DAVID O-SELZNICK...Exagération des situations, du drame, des horizons, des couleurs flamboyantes
des cavalcades géantes, rythmées à la cloche (si je me souviens bien) par les accords pompiers de TIOMKIN....
Des armées de cavaliers se font face, comme si tout le TEXAS s'appelait MCCANLESS et faisait sécession avec l'union
un fils rebelle et ce sont des trains qui déraillent, qui explosent..Et dans cet univers géant, la passion doit être aussi
démesurée, torride dévorante, ...Les sentiment exacerbés Amour, Haine, Bien ,Mal, vengeance, rancoeur. jalousies, racisme..Sexe..Puritanisme..
Il fallait que ce western..Etonnant quand même à cette époque de voir que l'on investissait à millions de dollars sur le genre
..Il y avait déjà des mégas productions, mais là la mégalomanie de SELZNICK y a englouti et fait enrager et céder à ses dictats
presque une dizaine de metteurs en scène... fut le film le plus marquant de son année de production, qu'il dépassa en moyens
et succès (ce qui ne fut bien sûr pas le cas) "GONE WITH THE WIND"...
Si l'on joue totalement le jeu et on adhère à cette mégalomanie, l'oeuvre est quand même splendide....Passé le prologue
un peu kitsch, grandiloquent et cartonpateux...PEARL CHAVEZ danse dans la rue..Tandis que sa mère danse sur un bar formidable
(au passage JEAN GIRAUD, BLUEBERRY n'est pas resté indifférent à la scène) encadré de canons presque droit sortis de l'ALAMO
sur une musique archi-trépidante..On y entre, on y est, dans le super spectacle et les passions aussitôt vont se déchaîner
et le fatum suivre PEARL dans sa destinée.....
If they move, kill'em !!

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musselshell
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Re: Duel au soleil - Duel In The Sun - 1946 - King Vidor

Messagepar musselshell » 07 mars 2011 18:33

Bon ben voilà...
Pick a tout dit. :lol:
Un truc qu'on peut ajouter: ce film démesuré reste un King Vidor, en dépit de la pléthore de réalisateurs que l'hyper producteur a consommé...qui tous d'ailleurs ont reconnu la patte du cinéaste pour ne pas la retoucher. Si la démesure est bien celle du producteur ennamouré, la façon dont le tout est traité de l'intérieur est bien du King Vidor...et les moments les plus denses, humainement, charnellement parlant, sont presque aussi vidoriens que Rebecca était hitchcockien (presque...Hitchcock était encore plus résistant que Vidor...et le producteur, là, voulait le cinéaste...)...
C'est la relation Lew/ Pearl qui fait que le film résiste au temps...Animale, avide...Vidor savait filmer çà...qu'on retrouve dans pas mal de ses films. Ce mélange de sensualité brûlante et de fatum...sans jugement puritain tout en étant traversé de puritanisme...Mais un puritanisme lui même comme jugé de l'extérieur...une morale oui, mais condamnée à son tour par la puissance des images. Un hymne à la liberté finalement, qui va toujours de pair avec le fait que çà se paie...
Le fatum social, aussi...Pearl est condamnée au départ par d'où elle vient...et sa lutte contre son propre désir n'en est que plus impressionnante...
Le final est superbe...un des plus beaux (avec toutes les différences) dans le genre avec celui de Colorado Territory...
L' individu acharné contre le groupe qui le génère et/ou l' accueille ... L'intégration ou la révolte, le conformisme ou la flamboyance suicidaire (le tout vautré dans l'éros dévastateur...), çà aussi c'est Vidor...
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.

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jamesbond
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Re: Duel au soleil - Duel In The Sun - 1946 - King Vidor

Messagepar jamesbond » 07 mars 2011 19:30

Je suis désolé Pike d'avoir grossièrement écorché votre pseudo, en ce qui concerne El Perdido le l'avait vu il y a très longtemps et il ne m'avait pas vraiment marqué sauf peut être la fin don je m'en souviens maintenant du suicide volontaire de kirk Douglas. ce n'était pas mon western préféré de Robert Aldrich mais ça c'est sur une autre discutions.

votre analyse est très intéressant sur Duel In The Sun. d'abord ce western m'avait beaucoup marqué à cause de sa psychologie des personnages en Technicolor et de son scenario très riche,foisonnants d'idées incroyables comme celui du caractère du méchant rôle de Grégory Peck, un acteur charismatique plein de fougue dont celui ci pouvait prouver qu'il était capable de jouer les méchants avec une subtilité d'un démon angélique. Son rôle était fabuleux dans la peau du personnage du plus jeune fils McCanless qui est d'une cruauté à faire peur les puristes,mai je concidére cet acteur au dessus d'autres dont certains ont refusés de jouer des rôles de crapules sournois. Je vais prendre des exemple (j'espère que celui ci va lancer sur Duel In The Sun); Dans cette excellent film d'aventure marine en Technicolor de Cecil B. DeMille ,Reap The Wild Wind(Les naufrageurs des mers du sud),John Wayne qui jouait le rôle du méchant n'était pas assez crédible , mais cet acteur à toujours dis qu'y naimait pas interpréter des rôles de méchants où de mari tromper. Ce n'est pas le cas de Grégory Peck qui à toujours aimer jouer les caméléons il a souvent été un héros , un anti héros, mais également un méchants. Cet un grand acteur que j'ai beaucoup apprécié pour ses rôles divers.

Il y a beaucoup de chose à dire sur le Technicolor sur ce western, sa couleur est riche ,les tons ont été choisi par Joseph Von Sternberg, car avant d'être un réalisateur c'était un artiste d'ailleurs c'est pour cela que Selznick lui avait demandé d'être son conseiller en ce qui concerne les nuance de couleurs et c'est ce dernier qui proposa à Selznick de prendre comme cinéaste King Vidor pour son style épuré de la couleur,sa vision érotisme et mélodramatique ,son coté des plus favorisé et des plus pauvres de la société,il ne faut pas oublier que dans toute l'histoire du 7ème art ,Vidor fut le premier réalisateur blanc à avoir mis en scène que des acteurs noirs en 1929 dans un de ses chef d'œuvre, Hallelujah comme l'un des films les plus marquant du cinéma américain.

Ce n'est pas étonnant que Selznick avait approuvé le choix de Von Sternberg au sujet de Vidor. Mais Vidor était surtout un rebelle, il n'aimait pas la tyrannie de Selznick ,il n'aimait pas qu'un producteur comme lui qu'il n'y connaissait rien à la façon de réaliser son western, essaye de lui donner des leçons sur comment positionner des acteurs ,comme par exemple sa femme ,Jennifer Jones (Certes j'en conviens qu'elle était immensément belle) qui devait se mettre en valeur . C'est vrai que en 1946 ce western coutait 6 millions de dollars au début puits 2 millions de plus vers la fin du tournage après le départ houleux de Vidor contre Selnick. C'est ce qui fait en 1940 LE WESTERN le plus chère du 7ème art.

Ce grand réalisateur King Vidor était un rebelle comme le titre français de l'un de ses film,il avait aucune rancune pour Jennifer Jones la preuve il la fit tourné quelques années plus tard en 1953 qui produira lui même dans un drame passionnel, Ruby Gentry(La fureur du désir) avec une illustre star montante,Charlton Heston.

Ce film Duel In the Sun fut l'un des western les plus maudits dans l'histoire du cinéma mais King Vidor en à fait un art par son style de couleur baroque ,de lyrisme et d'un style très violent parfois déroutant mais bien réalisé.
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Alec Longmire
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Re: Duel au soleil - Duel In The Sun - 1946 - King Vidor

Messagepar Alec Longmire » 09 mars 2011 13:55

Eh bien ça y est, je l'ai revu ! Comme je m'y attendais un peu, cette troisième vision a été celle que j'ai le plus appréciée : il faut croire que je suis long à la comprenante... Je crois que la première fois, j'avais eu le "tort" de l'aborder comme un pur western (j'entends rythme trépidant, pas mal d'action, coups de feu, etc...), alors qu'il faut certainement le comprendre comme une fresque dans laquelle tout, en effet, est démesuré.
Le parallèle avec Autant en emporte le vent, est vraiment pertinent je trouve, non seulement pour des questions de budget et d'envergure du film, mais aussi sur le fond : parcours d'une femme de caractère, amours et désirs contrariés ou reniés, peinture "historique" d'une famille dans un contexte plus large (la guerre de Sécession pour l'un, la fin de l'ouest et des open range pour l'autre). Bref, plein de thèmes foisonnants et pas forcément ancrés dans la grande tradition du western.
Une nouvelle fois cependant, la lecture du western comme une tragédie s'applique bien : Musselshell rappelait que Pearl est marquée par son destin qui s'achèvera tragiquement dans les bras de son amant tout comme dans Colorado Territory, comparaison que je trouve très juste : on ne se fait pas beaucoup d'illusion et le parcours de Pearl est scellé d'avance. Son père, dès le début, en donne les clefs dans un monologue plein de dépit :
Sur les ailes du temps nous sommes emportés
Voilà la certitude, le reste est vanité.
Riens sur terre ne saurait durer :
La fleur à peine épanouie
Déjà s'évanouit.

Entre parenthèses, j'aimerais bien savoir de qui sont ces vers, (c'est ici la traduction donnée dans la version française) : quelqu'un le sait-il ? Cette formule surprend d'ailleurs et prouve avec quelle attention le film a été écrit. C'est encore le cas plus loin dans la bouche du mari promis à Pearl et que Lew abattra : Si tous les êtres humains sont appelés à se connaître dans une étreinte éphémère, il faut s'aimer et mourir, ce qui est évidemment très prophétique !

J'ai encore quelques réserves sur ce film, mais je pense que pas mal d'entre elles sont liées à la version française. Je trouve toujours le jeu de Jennifer Jones très daté : alors qu'elle est n'est pas une actrice du muet, son jeu le rappelle beaucoup, contrairement à L. Barrymore et L. Gish que j'ai paradoxalement trouvés bien plus convaincants ! L'autre chose qui m'a insupporté dans cette VF (et que j'avais oubliée depuis la dernière vision), c'est la voix de la jeune servante noire, absolument inaudible. Elle hérite de la même voix que Priscie dans Autant en emporte le vent, je pense (autre point de comparaison d'ailleurs) : c'est abominable, complètement rétrograde, et même raciste (le stéréotype de la servante noire un peu simple mais dévouée, lente à la détente, avec cette voix caricaturée à outrance).

A part ça, je me suis aperçu que le rôle de J. Cotten a visiblement inspiré Joseph H Lewis puisque Cotten tiendra quasiment le même rôle (le fils honnête, déchu du domaine de son père qui est un véritable cattle baron) 11 ans plus tard dans The Halliday Brand !

Pour finir, je ne sais pas comment le film a été reçu à l'époque (?) mais il me semble que l'atmosphère et les relations teintées de sensualité voire d'érotisme entre les deux héros sont assez inhabituelles pour un film de 1946. Toutes les scènes qu'ils ont ensemble sont sur cette base, ça en est même impressionnant ! D'ailleurs, celle dans laquelle Lew dresse un cheval est révélatrice : la tension électrique, "sexuelle" même qui règne à distance entre Lew et Pearl est vraiment marquée, et il n'est au fond pas du tout question d'un cheval. La remarque de Lew à la fin de cette scène ne fait aucun doute : L'essentiel c'est qu'il se rende compte que je suis le plus fort. C'est facile de les dresser, il suffit de savoir les prendre. Difficile de faire plus explicite !

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musselshell
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Re: Duel au soleil - Duel In The Sun - 1946 - King Vidor

Messagepar musselshell » 09 mars 2011 15:53

"Oh, threats of hell and hopes of paradise! One thing at least is certain -- this life flies;

One thing is certain, and the rest is lies;

The flower that once has bloomed forever dies."


C'est joli et çà vient du Rubaiyat, un recueil de poèmes d' Omar Khayyam, poète, philosophe et médecin Perse du onzième siècle... Très bien traduit en anglais, au point où çà sonne comme du Keats!
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.

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Alec Longmire
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Re: Duel au soleil - Duel In The Sun - 1946 - King Vidor

Messagepar Alec Longmire » 09 mars 2011 16:18

Ah c'est donc ça ! Merci beaucoup ! J'avais bien tenté après avoir traduit à peu près en anglais de voir ce que Google en disait, mais ça ne donnait rien de convaincant... En tout cas cela confirme que le film n'a pas été écrit n'importe comment !
Ford et Dmytryk citaient Shakespeare dans deux de leurs films (My Darling Clementine et Warlock), eh bien pour Vidor c'est Omar Khayyam : chapeau !



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