Geronimo le Peau-Rouge - Geronimo - 1939 - Paul Sloane

Voir tous les films critiqués
Règles du forum
Avant d'ouvrir un nouveau sujet de discussion, pensez à consulter la liste de tous les westerns critiqués sur ce forum

SVP : Pour les images larges et lourdes, utilisez IMG2 et non IMG pour faire une miniature. Pensez aux connexions lentes!
Avatar du membre
Moonfleet
Eclaireur 
Eclaireur 
Messages : 1914
Contact :

Re: Geronimo le peau-rouge - Geronimo - 1939 - Paul Sloane

Messagepar Moonfleet » 28 juin 2019 11:10

Image




Geronimo (The Story of a Great Enemy - 1939) de Paul Sloane
PARAMOUNT


Sortie USA : 26 novembre 1939


Le chef des Apaches Geronimo (Chief Thundercloud) ne cesse d’attaquer, piller et tuer les colons, poussé par le vil Gillespie (Gene Lockhart), un trafiquant d’armes qui très logiquement profite bien plus des conflits que de la paix. Le Président Grant demande au Général Steele (Ralph Morgan) de bien vouloir régler le problème en essayant de faire cesser les hostilités. Pour mener à bien sa mission, ce dernier délègue un vétéran des guerres indiennes, le capitaine Starrett (Preston Forrest), ainsi que son éclaireur Sneezer (Andy Devine) qui connait bien les tactiques de Geronimo. Le problème se corse pour le Général le jour où il voit arriver dans son escouade, tout frais sortie de West Point, son fils (William Henry), qu'il appréhende de voir partir au combat.


Image


Le Brigand bien Aimé (Jesse James) de Henry King, La Chevauchée Fantastique (Stagecoach) et Sur la Piste des Mohawks (Drums along the Mohawk) de John Ford, Les Conquérants (Dodge City) de Michael Curtiz, Pacific Express (Union Pacific) de Cecil B. DeMille, Femme ou Démon (Destry Rides Again) de George Marshall… L’année 1939 fut une cuvée tout à fait exceptionnelle pour le western d’autant qu’elle en profita pour faire acquérir au genre sa maturité et surtout sa légitimité, les critiques le prenant enfin au sérieux. En revanche disons-le d’emblée, le film de ce total inconnu qu’est Paul Sloane ne mérite pas vraiment que l’on perde du temps à longuement s’y arrêter. Paramount semble avoir voulu le lancer à la manière ‘épique’ de The Plainsman (magnifique western de Cecil B. DeMille) sauf qu’il ne s’agit cette fois que d’un film de série au budget plus que réduit usant jusqu’à plus soif de stock-shots et séquences entières d’autres précédents westerns comme principalement Une Aventure de Buffalo Bill justement mais aussi The Texas Rangers de King Vidor ou encore Wells Fargo de Frank Lloyd, la mise en scène étant sinon aussi peu inspirée que le scénario, Paul Sloane étant d’ailleurs responsable de l’ensemble.


Image


Non seulement Geronimo est décrit comme un indien sanguinaire - sentiment renforcé par le fait que l’acteur Chief Thundercloud ait été affublé d’un nez crochu postiche - mais ce qui est surtout dommage est que ce passionant personnage historique ait été relégué au second voire troisième plan, l’auteur ayant préféré s’attacher aux soldats et à une histoire familiale qui préfigure celle de Rio Grande (film avec lequel nous ne nous amuserons pas à faire de comparaison au risque d’être encore plus lapidaire pour le western de Sloane), le Général voyant arriver dans le fort qu’il commande non moins que son fils frais émoulu de West Point. Non seulement le film peine à se mettre en place et à démarrer mais il n’arrivera jamais vraiment à quitter son rythme languissant, son ‘typage caricatural’, son aspect très cheap et son ton larmoyant. Quel dommage également que le personnage féminin interprété par la ravissante Ellen Drew se retrouve les ¾ du temps alité, qu’Andy Devine écope encore et toujours d’un rôle similaire et souvent pas très drôle, que le talent de Preston Foster ne soit pas mieux mis en valeur, que le scénario soit aussi ennuyeux qu’invraisemblable à l’image de la bataille finale au cours de laquelle quelques soldats sont confinés et piégés sur une ‘île’, et enfin que l’histoire narrée ici soit dans son ensemble totalement fantaisiste.


Image


Ne reste donc pas grand-chose à se mettre sous la dent hormis un Gene Lockhart toujours parfait dans la peau des plus vils salopards, ainsi que quelques thèmes musicaux de Gerard Carbonara plutôt enlevés, notamment celui de la séquence de l’attaque par les indiens de la diligence où se trouvent la fille et la femme du général et qui va conduire au drame. Une curiosité et une rareté plus qu’une réussite, un film qui a vraiment du mal à nous intéresser et du coup à retenir notre attention. Le film de Arnold Laven consacré en 1962 au même Geronimo ne sera malheureusement guère plus convaincant. Pour l'anecdote mais n’ayant pas revu le film de Henry Hathaway depuis longtemps, il s’agirait dans la progression dramatique d’une sorte de remake non avoué des Trois lanciers du Bengale, Preston Foster reprenant le rôle de Gary Cooper, Andy Devine celui de Franchot Tone et Ralph Morgan celui de Guy Standing.

Avatar du membre
Loco
Marshall
Marshall
Messages : 2013

Re: Geronimo le peau-rouge - Geronimo - 1939 - Paul Sloane

Messagepar Loco » 28 juin 2019 13:58

Ce n'est pas toujours le cas, mais là, je suis tout à fait d'accord avec cette chronique. "Une rareté plus qu'une réussite," tout est dit.

Longtemps, ce film m'a fait rêver, parce que c'était un Paramount et pour les exemples que cite Moonfleet, Une Aventure de Buffalo Bill et La Légion des damnés. Je m'attendais à quelque chose du même niveau, en termes de budget, au moins, même s'il n'y avait ni Cooper, ni McMurray, et si Sloane n'était pas Vidor ou De Mille. J'ai sérieusement déchanté en le découvrant il y a une vingtaine d'années.

Victor Daniels / Chief Thundercloud, probablement d'ascendance apache ou pima, quoi qu'il se prétendit parfois Creek ou Cherokee, était plutôt bien choisi pour le rôle - quoiqu'un peu grand peut-être. Mais les stock shots utilisés jusqu'à l'indigestion et un scénario qui semble en partie avoir été bâti pour coller à ces derniers, plus le manque, à mon avis, d'acteurs convaincants dans les principaux rôles (hors celui de Geronimo qui, si caricatural fut-il, l'est), empêche le film de prendre son envol.

Il y a cependant une scène que je trouve remarquable...

Spoiler: Montrer
Quand Geronimo endosse une défroque de soldat et se glisse dans le camp assiégé. Son apparition à l'arrière-plan, puis ce gros plan sur son visage, est digne d'un film d'horreur Universal de la même période. Je trouve qu'un instant, on bascule presque dans le fantastique, avec cette apparition presque spectrale ou démoniaque.

Image
(Image tirée de l'enregistrement télé, pas du Blu-ray !)
Modifié en dernier par Loco le 16 août 2019 15:27, modifié 1 fois.

Avatar du membre
Vince
As de la gâchette
Messages : 529

Re: Geronimo le peau-rouge - Geronimo - 1939 - Paul Sloane

Messagepar Vince » 29 juin 2019 20:16

pass a écrit :
Vince a écrit : Il a donc fallu attendre la fin de l'occupation pour enfin le voir... en 1946.


Première représentation à Paris le 31 Juillet 1946 au Max-Linder en version française.


Le pavé paru le 31/07/1946

Image

A noter que la VF présente sur le DVD est bien celle d'origine.

Avatar du membre
Yosemite
Chercheur d'or
Chercheur d'or
Messages : 4891
Localisation : Paris (Texas ?)

Re: Geronimo le peau-rouge - Geronimo - 1939 - Paul Sloane

Messagepar Yosemite » 18 oct. 2019 15:23

Si la réalisation et le jeu plaisant des acteurs, d'Andy Devine notamment, permet de se prendre à l'histoire durant, disons, la première moitié du film, les choses se gâtent sérieusement lorsque le propos dérive sur les attaques sanglantes des Indiens et le repentir du général Steele (Indiens qui ne seront pas capables d'écraser une poignée de soldats isolés certes, mais héroïques comme on n'en fait plus).

Un western pour passionnés du genre mais sans grand autre intérêt que de montrer, si besoin était, que la désignation des ennemis des USA, a toujours été une marotte d'Hollywood qui a évolué au fur et à mesure des époques et qui a régulièrement pris des tournures pour le moins caricaturales.
Yo.

Avatar du membre
Sitting Bull
Lieutenant
Lieutenant
Messages : 7519
Localisation : Grande prairie du Sud-Ouest

Re: Geronimo le peau-rouge - Geronimo - 1939 - Paul Sloane

Messagepar Sitting Bull » 18 oct. 2019 16:23

Pass a écrit :
"Vince a écrit :
Il a donc fallu attendre la fin de l'occupation pour enfin le voir... en 1946."

Première représentation à Paris le 31 Juillet 1946 au Max-Linder en version française.
--------
Je ne pense pas que, même s'il était sorti en France en 1941, vous seriez allé (l'un comme l'autre) le voir au cinéma. :lol:
-------
Dans l'article, sûrement écrit par un humoriste qui "dézingue" carrément le film, de la revue "CinéVie" posté par Vince, j'ai bien aimé :
- "tout le monde était plus ou moins tué"
- "sa fiancée qui n'était pas tout à fait morte"
- "les mulets américains courent plus vite que les chevaux indiens".

En revanche la Paramount n'a pas de mots assez forts pour louer son film :
"La mise en scène est grandiose et terrifiante....tout exploitant qui programmera Geronimo, fera salle comble !"
Pas moins. :D
Image

"What is this ? The stuff that dreams are made of." (W.Shakespeare)



Retourner vers « Les Westerns : critiques et illustrations de films »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 3 invités