L'Homme des vallées perdues - Shane - 1953 - George Stevens

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COWBOY PAT-EL ZORRO
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Re: L'Homme des Vallées Perdues - Shane - 1952 - George Stevens

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 05 mai 2019 16:09

J'avais mentionné ceci dans le sujet-débat sur cet autre film mais je me demande encore si Monte HELLMAN n'était pas lui aussi un grand fan de ce film car Jack NICHOLSON porte un peu le même genre de costume et est tout aussi froid (mais plus psychopathe) dans LA MORT TRAGIQUE DE LELAND DRUM (THE SHOOTING)(1967) face à Warren OATES... Image
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Re: L'Homme des Vallées Perdues - Shane - 1952 - George Stevens

Messagepar Loco » 03 août 2019 20:39

Suite symphonique composée par Victor Young.



(Spécial dédicace pour Yves, évidemment... :wink: )

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Re: L'Homme des vallées perdues - Shane - 1952 - George Stevens

Messagepar U.S. Marshal Cahill » 11 sept. 2019 20:18

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Re: L'Homme des vallées perdues - Shane - 1952 - George Stevens

Messagepar yves 120 » 12 sept. 2019 8:03

Merci sympa comme dédicace Loco " pour cette suite symphonique " je ne l 'avais pas vu étant en voyage à cette période :D
" Qu' est - ce qu 'un revolver ? Ni pire ni mieux qu 'un autre outil , une hache , une pelle ou une pioche .
Qu 'il en sorte du bien ou du mal dépend de qui s'en sert . " SHANE

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Re: L'Homme des vallées perdues - Shane - 1952 - George Stevens

Messagepar Loco » 12 sept. 2019 8:14

Héhé, c'était un cadeau pour votre retour ! :D

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Re: L'Homme des vallées perdues - Shane - 1952 - George Stevens

Messagepar Loco » 14 sept. 2019 15:57

Une des plus belles scènes de l'histoire du western, et même du cinéma, à mes yeux, la scène de l'arrache de la souche.

Une valeur qui ne réside pas dans sa mise en scène à proprement parler. Même s'il y a une grande maîtrise des valeurs de plans et de belles compositions, il n'y a pas de travail particulier à la caméra, en termes cadrage ou de mouvement, ni de prouesses de montage. La scène est simple et montrée avec la sobriété qui convient. Non, ses qualités sont ailleurs, elles sont humaines, émotionnelles, elles en appellent à ce qu'il y a de meilleur en nous, et en deux minutes, même en faisant abstraction de scènes qui ont précédés, George Stevens, ses comédiens et la partition de Victor Young nous communiquent une quantité fabuleuse d'informations et d'émotions.

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Nous avons là cette famille et cet étranger encore mystérieux, dont on ne sait même pas encore s'il va rester, ni le fils ni le père n'en sont certains, même si l'on peut penser que dès la fin du déjeuner, la mère l'espère déjà un peu, secrètement, et lui-même n'en dit pas plus, en tout cas pas avec des mots. C'est par ses actes, la hache à la main, qu'il va le faire. En entreprenant de déraciner cette souche dans la cour de la ferme, il inscrit immédiatement son passage dans la vie de cette famille dans la durée. Si l'on ignore encore ce qu'il fera par la suite, chaque fois qu'ils passeront à l'endroit où elle se trouvait, ils penseront à lui.

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Il y a aussi dans la scène un magnifique hommage à l'Amérique des pionniers, loin des spectaculaires péripéties des films de convois, celle du courage, de l'obstination, de la valeur du travail, sans l'artifice de moyens modernes ni même la force des chevaux ("Il y a des choses pour lesquelles un homme ne doit compter que sur ses muscles et sa sueur."). C'est un hommage aux milliers de Joe Starrett qui ont modelé un pays sauvage et l'on domestiqué, à une époque, celle de l'action au moins, où l'exploitation de la terre se faisait encore à armes égales, où la quantité de boisseaux que l'on tirerait d'un champ n'avait d'autre visée que de faire vivre décemment sa famille. C'est un hommage, et je reprends là la conclusion de Moonfleet, à une innocence qui sera bientôt à jamais perdue dans le cinéma.

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Mais la scène est avant tout pour moi un tourbillon émotionnel absolument remarquable. Elle est aussi bouleversante pour moi qu'une scène de venue au monde d'un enfant, ou que la venue au monde d'un enfant, tout simplement, le cinéma n'a presque rien à y voir, car c'est à une triple naissance que nous assistons : celle d'une amitié, celle d'une admiration sans borne, et celle d'un amour.

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Lorsque Shane sort, Joey est le premier à le suivre, et dans ses yeux l'admiration qu'il avait ressentie devant le ceinturon et le revolver de Shane grandit, et elle grandira encore avant la fin de la scène, lorsque la souche cédera enfin devant les efforts des deux hommes. Dans le même plan, superbe, Joe apparaît à la fenêtre, suivit de Marian, touchée par le geste de cet homme arrivé armé qu'elle pourrait voir comme une menace pour les siens, parce qu'il est ou a été un homme de violence, et aussi parce que déjà, elle ressent un trouble à son égard. Joe prend sa femme dans ses bras (geste possessif autant que protecteur, peut-être), mais on le retrouve dans le plan suivant maniant la hache face à Shane, et c'est durant cet exercice viril, dur, qui nécessite autant de courage que de livrer un combat - n'est-ce pas d'ailleurs un combat contre la puissance de la nature ? - que l'amitié va naître entre les deux hommes. Une amitié qui grandit sans un mot, en quelques heures, chacun jaugeant l'autre à l'aune de sa ténacité face à la brûlure de ses mains, à la douleur de ses épaules, à ses jambes qui se font lourdes à force d'être fléchies.

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Quand la nuit tombe, le dénouement est proche, et en deux plans, l'un sur Marian et l'autre sur Joey, George Stevens nous montre que leurs sentiments envers Shane ont déjà grandi - et qu'ils ont pris en même temps la dualité qu'ils auront durant tout le film, car cet amour involontaire et cette admiration pour Shane, c'est bien sûr une trahison envers le mari et le père, c'est forcément un déchirement pour la mère comme le fils. Le visage de Jean Arthur exprime tellement magnifiquement à la fois son amour solide pour son mari, que jamais elle ne trahirait, en ce qu'elle commence à ressentir pour Shane.

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Et Joey, en serrant les poings d'excitation, ne lutte-t-il pas aussi un peu contre lui-même pour ne pas voir Shane supplanter son père dans son regard émerveillé de petit garçon ?

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Les derniers regards échangés, toujours sans un mot, et les ultimes efforts de Shane et Joe pour avoir raison de la souche, qui finit par basculer dans un craquement tant attendu, mettent un terme à la scène, dont la coda se fait sur la maisonnette au toit fumant dans la pleine, sous les crêtes déchiquetées des Tetons, où tous ont pris place. Shane est désormais intégré à la famille, avec une place propre dans le cœur de chacun, pas tout à fait la même, mais aussi forte pour chacun d'eux.

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Je sais que l'on peut, à travers l'analyse, faire dire n'importe quoi à n'importe quelle scène, mais je ne parle ici que d'un ressenti, de la gorge qui se serre, de l'émotion qui s'amplifie, de la sensation de jubilation finale, je n'irai pas jusqu'à parler d'extase, quoique la musique de Victor Young composée pour la scène est sans équivoque religieuse - mais ces deux minutes me transportent comme très peu d'autres dans l'histoire du 7e Art (en regard de la multitude de scènes de deux minutes qu'il contient !).

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Cela n'apportera rien à la vision que chacun aura du film, j'avais simplement envie de partager de moment d'émotion cinématographique rare lié à ce qui restera un des chefs-d'œuvre du western.


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Re: L'Homme des vallées perdues - Shane - 1952 - George Stevens

Messagepar yves 120 » 14 sept. 2019 18:45

Loco , merci merci merci , j 'en ai les larmes aux yeux de votre sincérité au sujet de cette " souche " dans l 'homme des vallées perdues "
oui c 'est le western le plus humain qui soit , oui c 'est le plus émotionnel , non il n 'y a rien de particulier dans le montage de la caméra , mais juste
de l 'intelligence émotionnelle très très forte ! tout ça de la part d'une lucidité du metteur en scène et de la grande , très grande sensibilité d ' Alan Ladd
c 'est trop merveilleux à ce stade de pouvoir dégager autant d 'émotion de cet acteur du moins de cet homme , merci à vous cher cinéphile d 'avoir écrit ceci et surtout de l 'avoir ressenti !

Vous écrivez aussi , mais la scène est avant tout pour moi un tourbillon émotionnel absolument remarquable , elle est aussi bouleversante pour moi qu'une scène de venue au monde , ou que le venue au monde d 'un enfant tout simplement .
Le cinéma n 'a presque rien à y voir , car c 'est une triple naissance que nous assistons : celle d 'une amitié , celle d'une admiration sans borne et celle
d 'un amour .
Que dire de mieux Loco vous avez encore raison .

Vous dites aussi et je suis d 'accord avec vous , je sais que l 'on peut à travers l 'analyse faire dire n 'importe quoi à n 'importe quelle scène , mais je ne
parle ici que d'un ressenti de la gorge qui se serre , de l émotion qui s 'amplifie , de la sensation de jubilation finale , je n 'irai pas jusqu 'à parler d 'extase , quoi que la musique de Victor Young composée pour la scène est sans équivoque religieuse , mais ces deux minutes me transportent comme très peu d 'autres dans l 'histoire du 7e Art .

Héhé , je ne savais pas que vous aimiez ce film à tel point , votre analyse est sans faille , ça fait du bien .
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Re: L'Homme des vallées perdues - Shane - 1952 - George Stevens

Messagepar Loco » 14 sept. 2019 19:57

Heureux que cela vous ait touché, Yves, je pensais à vous, évidemment, et aux nombreuses fois où vous parlez de l'émotion et de l'humain. Oui, le cinéma, c'est ça, avant tout.

J'aime tout le film, beaucoup, mais cette scène... Alors, cette scène...

Parce qu'il y a l'humanité de Ladd et de Van Heflin, avant tout, qui ne jouent pas, ils sont. Ce sourire de Van Heflin au-dessus de la souche, et puis ce charme unique d'Alan Ladd, et surtout, cette douceur qu'il dégage toujours, c'est quelque chose qui m'a toujours frappé, il semble pouvoir tout apaiser, même s'il peut laisser sa violence exploser ensuite. C'est un héros humain. Quant à Van Heflin, je l'aime beaucoup dans un film moins connu et antérieur, "Tennessee Johnson", un beau portrait d'homme, même s'il n'a pas encore l'épaisseur (le film est de 1942), qu'il aura ensuite.

Dans un autre genre, et avec un autre acteur, je trouve que Victor Mature se rapproche de cela dans Les Inconnus dans la ville, où c'est avant tout un père, malgré tout ce qui arrive, tout ce qu'il doit faire.

Pour ce qui est de l'émotion, je me fais souvent avoir par Ford. La mort du soldat Smith dans La Charge héroïque me fait le même effet (dans le corral, la scène des funérailles est magnifique, mais celle de sa mort est plus forte). Il faudra que j'en parle un de ces jours. Et que je me revoie quelques Alan Ladd que je n'ai pas vus depuis longtemps, histoire de traquer cette humanité hors pair.

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Re: L'Homme des vallées perdues - Shane - 1952 - George Stevens

Messagepar yves 120 » 14 sept. 2019 21:01

Oui Alan est exceptionnel question douceur et c 'est là sa plus grande force ! en fait cela n ' à rien à voir avec " Shane " peut être que si ? c 'est Jennifer Jones qui dans ce merveilleux film qu 'est " La Colline de l 'adieu " ou William Holden , en allument une cigarette à Jennifer Jones tu es forte , non , Jennifer Jones répond à William Holden , c 'est toi qui est fort , car la douceur est vraiment plus forte que la force , avec la aussi une musique ! enfin bon , en fait Alan m 'a fait rêver toute ma petite enfance de part sa gentillesse et sa douceur c 'est magique et magnifique .
Je ne peux pas oublier ça , c 'est trop beau et pas que dans Shane , même dans les Ambitieux ou il est majestueux ! trop fort ce Ladd et merveilleux
être humain . oui tu l 'as bien dit Loco va traqué c 'est Humanité hors pair tu ne seras pas déçu .

PS : j 'aime bien Ford , surtout quelques un comme la Prisonnière du Désert , la Charge héroïque , etc ... il sait les choses , le fait bien ressentir avec intelligence , mais c 'est trop social en se voulant individualiste et en fait manque d 'émotions car cela fait partie de son vécu son savoir à lui, mais pas vraiment en lui profondément comme il le prétend ou veut le démontré , il y a un manque , un doute . c 'est juste mon opinion , qui est loin et très loin et c 'est tant mieux d 'être partagé .
Et puis comme dit HART , nous sommes pas obligé d 'être d 'accord sur certains point de vues , mais cela nous pose aucun problème .
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Re: L'Homme des vallées perdues - Shane - 1952 - George Stevens

Messagepar HART » 15 sept. 2019 9:36

Quel bel échange , compañeros , où l'émotion d'Yves répond à la sagacité de Loco , j'ai presque honte d'écrire après ça ....
Mais on ne dira jamais assez de bien de " Shane " et le sujet sera encore ouvert pour longtemps.
Encore un mot quand même sur Van Helfin , acteur prodigieux , qui en effet a multiplié les rôles marquants ( sa prestation dans " Act of violence " est , à mon avis , un autre sommet ) et qui a livré , au final , une des carrières les plus exemplaires du cinéma.
Et quand il tourne en Italie " Chacun pour soi " , usé , fatigué , au crépuscule de sa vie , il réussit encore à nous étonner par son humanité.
Shane , c'est comme de la pure magie , un ensemble d'éléments qui se conjuguent à la perfection , je n'ai pas envie d'expliquer pourquoi c'est si totalement parfait , j'ai seulement envie de toujours le voir et le revoir ...

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Re: L'Homme des vallées perdues - Shane - 1952 - George Stevens

Messagepar yves 120 » 15 sept. 2019 10:12

Merci compagnon à la tienne :beer1: c 'est un fait certain que la sagacité de Loco est une évidence , on ne peut le nié c 'est le mot juste :D
ainsi que les critiques de Moonfleet sont toujours intéressantes que l 'on soit d 'accord ou pas :D
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Re: L'Homme des vallées perdues - Shane - 1952 - George Stevens

Messagepar Loco » 15 sept. 2019 10:19

Les interventions d'Yves m'ont amené à m'interroger sur les films, bons ou mauvais, qui ont une place à part dans mon panthéon personnel, et j'ai réalisé que la clé était toujours l'émotion, une scène qui me serrait la gorge à chaque fois.
La mort du soldat Smith dont je parlais (cet appel au "capitaine" Tyree et cette réponse "Sir.." qui arrive trop tard), mais encore Charlton Heston tendant le bras à la jeune orpheline chinoise pour la faire monter derrière à la fin des 55 Jours de Pékin, les courtes et magnifiques scènes entre Jo Van Fleet, Kirk Douglas et Burt Lancaster durant la nuit précédant l'affrontement dans Règlements de comptes à OK Corral (une magnifique histoire d'amitié)... Toujours, c'est l'humain qui me touche. Je pourrais rajouter l'apparition salvatrice de Robert Duvall à la fin de Du Silence et des Ombres (rien que d'y penser, j'en ai la gorge serrée), parce qu'elle conjugue l'enfant à des valeurs humaines d'une grande modernité (le roman de Harper Lee et le film de Mulligan traitent de sujets qui restent totalement actuels : le racisme, la différence, le vivre ensemble, et même les familles mono-parentales...)
Vous avez raison, Hart, plutôt que d'expliquer (ce que j'aurais sans doute tendance à trop vouloir faire), le mieux est juste de dire le beau et l'émotion, par forcément de l'expliquer.
Oui, Yves, nous ne pouvons tous aimer les mêmes choses, sinon, quel ennui ! Je pense que ce que j'aime chez Ford, et ce que nous aimons chez tel ou tel artiste, est autant lié à notre vécu qu'aux œuvres elles-mêmes.
Pour en revenir à Shane, mais cela s'applique finalement à quelques-uns des exemples ci-dessus, on a souvent derrière cela des auteurs (Leon Uris pour OK Corral, Harper Lee, et bien sûr Jack Schaeffer et A.B. Guthrie pour Shane)

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Re: L'Homme des vallées perdues - Shane - 1952 - George Stevens

Messagepar Loco » 15 sept. 2019 10:21

Camarades, vous me faites rougir... :oops:
Merci beaucoup ! :beer1:

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Re: L'Homme des vallées perdues - Shane - 1952 - George Stevens

Messagepar Loco » 15 sept. 2019 10:40

Dans sa biographie d'A.B. Guthrie, Jackson J. Benson consacre inévitablement un passage important à Shane.
Le voici, ci-dessous, mais en anglais, désolé... ( :?

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Early in 1951 Bud’s life took another turn. Unexpectedly, he was offered a job in Hollywood to write a screenplay for the Western novel Shane. At $1,500 a week it was an offer he couldn’t refuse, even though he had no idea of how to write a screenplay. During his first weeks there, his daughter, Helen, wrote him, “Write me about all the movie stars you happen to see or talk to” (1/31/51).

And his brother wrote, “What a life! . . . We trust that the movie town won’t swallow up the author, although I’d probably be willing
to prostitute my art for the money they pay out there” (2/5/51).

Howard Hawks, with Ed Lasker, had bought the rights to The Big Sky, and because Hawks was impressed with Guthrie’s ability to write Western dialogue, had recommended him to the producer-director of Shane, George Stevens. Bud recalled his first meeting with Stevens:

The studio and the director, George Stevens, wanted to produce a superior western, within the western’s limits. The Robin Hood Idea, you know. Well, it worked out very well. But I like to think we added to the Myth. My first morning with Stevens I said, “Do you know one thing, George, that offends me? You see all these western pictures, people getting shot down—I ain’t never saw a funeral! Those bodies still lying all over the landscape? And he said, “By God, that’s a good idea. We’ll have a funeral!” It wasn’t in the book, though. The book is a very thin book. Just a short story. So a lot of improvising had to go into it.

Another suggestion that Bud made may have had even more of an influence on the tenor of the movie and its ultimate success. In regard to what would be the central conflict of the movie, he told Stevens that “there was no complete right or complete wrong in the stands taken by open-range ranchers and homesteaders. Each side had its case.” And again, Stevens agreed. Perhaps as a result of this understanding between writer and director, the movie was imbued with that pervasive sense of ambiguity that lifted it above most other Westerns.

The author of the novel was Jack Schaefer, who Bud thought had betrayed some ignorance of the Western lore that he himself was familiar with but, at the same time, showed that he knew a lot more about some things than Bud did. (Bud did not know that, when he wrote the novel, Schaefer had never been farther west than Toledo, Ohio. All his knowledge of the region had come from many years of reading about the West.) However, Bud did admire his prose and was attracted by two elements in the novel that he found very engaging. One was that the story was told from the point of view of a little boy. The other was that the triangle, which involved the homesteader, his wife, and Shane, was kept innocent by the admiration of each character for the others. In that regard, Bud commented that “you would hardly have thought that situation had much appeal to the industry.”

Maybe there was a confluence of taste in prose because Schaefer was also a newspaperman; certainly there was a confluence in their interest in history. In an interview, Schaefer has said that Shane was written while he was employed in Norfolk, Virginia. Recalling the Depression, he said, “I taught nights in a prison; mornings and afternoons I worked for a newspaper and edited a small weekly magazine. . . . When I was through working I read books on American history to relax . . . and felt most at home west of the Mississippi River.” Then he wrote that in 1945, “Primarily as a
means of relaxation I started writing fiction late at night. I began writing a short story about the basic legend of the West. It kept growing and wound up a novella.”

When he was through, he didn’t know what to do with it. Finally, on impulse, he sent the manuscript to Argosy, a men’s adventure magazine. And he was lucky. He sent his single-spaced typescript without a return envelope; such submissions are usually just discarded. The publisher, however, took it home with other manuscripts by mistake, started to read it, and ended up deciding that the magazine would use it. It was published in 1946 as a three-part serial under the title Rider from Nowhere, with lurid pulp-Western illustrations and captions.

By 1948 Schaefer had left his job as a newspaper editor, revised his manuscript, found an agent, and had his novella accepted for publication by Houghton Mifflin. It came out in hardbound edition in 1949. It was not a best-seller but has been a persistent and steady seller over the years, going into many editions. There is a parallel between Schaefer’s career and Guthrie’s—the newspaperman who works overtime to produce a successful novel that leads him to quit his job and become a freelance writer.

The novel, while it used many typical mythic elements, was by no means a pulp Western (despite Argosy’s illustrations). The critic Ann Ronald points out, “From its inception, Schaefer meant the piece to be a literary endeavor, ‘classical in form,’ he said, ‘stripped to the absolute essentials.’ Indeed, he speaks freely of the conscious artistry he brought to the novel, designing its narrative technique and shaping its story line so that layers of meaning gradually are revealed.”

Westerns, as pointed out by John Cawelti, have always had a cultural ambiguity, celebrating both the individual cowboy and outlaw, and the community of settlers. Shane, both the novel and the movie, raised this ambiguity to a new level. As Matthew J. Costello has noted, “[The producer-director] George Stevens saw the western in terms of mythic traditions of heraldic bravery and chivalry, yet offered a more starkly realistic portrayal of western life than had previously been achieved.” The critic goes on to point out that this disjunction of myth and reality in the film forces the audience to see “Shane as a mythic and chivalrous figure through the eyes of young Joey Starrett. This contrasts with the realism of the muddy streets, the meager constructions in the town, and the drab work clothes of the settlers.” (Contrast this drabness with Shane’s buckskin outfit decorated with fringes.) Much of the realism of the movie had its roots in the novel: “One of Schaefer’s most important accomplishments in Shane is that the background seems to be a real frontier and the people real people.”

Another congruence between Schaefer and Guthrie was their environmentalism. On Schaefer’s part, this concern was apparent even in his first novel, Shane, as Gerald Haslam has pointed out: “The environment itself is a dynamic force to which the characters must respond and within the framework of which they must interact. Indeed it sometimes appears that the interaction occurs as much between character and environment as between character and character.”

In any event the two writers had careers very much alike, had a similar fondness for reading history, and had a similar concern about human degradation of the environment and the slaughter of fellow mammals. It was, after all, in The Big Sky that Guthrie put forth the theme that man destroys the very things he loves, whether beaver, fellow humans, or the wondrous wilderness and the freedom that it offered. It was a felicitous joining of talents— Schaefer, Guthrie, and, of course, George Stevens—that produced a classic motion picture. (And the casting was fortuitous. The unlikely Alan Ladd—unlikely because he was short and blonde and in life not very heroic looking—did a bang-up job as the troubled
Shane. Jean Arthur played Mrs. Starrett, the farmer’s wife; and Van Heflin, Mr. Starrett, the farmer. Brandon de Wilde broke your heart as the young boy who idolizes Shane: “Shane! Shane! Come back!” And Jack Palance was unforgettable as the vicious hired gunfighter, Wilson.)

Since its release in 1953, the movie has been reviewed in hundreds of newspapers and magazines and analyzed by dozens of film scholars. The evaluations of it have been overwhelmingly positive, which pleased Bud very much indeed. He looked back with pride to say,
Not for more than a year did I see “Shane.” It had been kept in the can, as they say, until “High Noon” passed into the sunset, a matter of timing. When I did see it, I sat stunned and incredulous. I hardly recognized my own stuff. It was, if not the best, then high among the best of all the westerns I had ever seen. My conviction was supported by the reviews it received, by the gate it drew and by the inclusion in the five nominations for the Academy Award, which I think it deserved. I speak with modesty, for it was the genius of Stevens that made the film what it was. Under a grade-B director it would have been a grade- B picture.

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Re: L'Homme des vallées perdues - Shane - 1952 - George Stevens

Messagepar yves 120 » 15 sept. 2019 19:33

Extra Loco :num1
" Qu' est - ce qu 'un revolver ? Ni pire ni mieux qu 'un autre outil , une hache , une pelle ou une pioche .
Qu 'il en sorte du bien ou du mal dépend de qui s'en sert . " SHANE


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