Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

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Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 21 mai 2019 13:31

SAISON 5


Sommaire :
Critique épisode 11
Critique épisode 21


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Charles Bickford


5.01- Legacy of Hate

Réalisation : Don McDougall
Scénario : Frank Chase
Guests stars : Jo Van Fleet & Jeremy Slate
Première diffusion 14/09/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 6/10

Le Pitch : John Grainger (Charles Bickford) vient prendre la succession du juge Garth et de Morgan Starr à la tête du ranch Shiloh : il a amené avec lui ses deux petits-enfants, Elizabeth et Stacey ; à peine arrivé, ce dernier vient déjà de passer quelques heures dans la prison de Medicine Bow par le fait de s’être battu. Le Virginien attend de voir comment va se comporter son nouveau patron avant de décider s’il va ou non rester en tant que régisseur. Grainger va avoir fort à faire dans l’immédiat à cause de sa plus proche voisine (Jo Van Fleet) qu'il connait bien et qui semble lui porter une rancune tenace depuis plus de 25 ans, date de la mort de son époux...

Mon avis : Beaucoup de changements dans le casting pour cette nouvelle saison ; nous ne retrouverons ainsi plus ni le Juge Garth (Lee J. Cobb) ni Morgan Starr (John Dehner), pas plus que Randy (Randy Boone) ou encore Jennifer (Diane Roter) ; plus curieux car un peu innatendu, Clu Gulager -alias le shérif Ryker- n’est plus lui non plus crédité au générique de début qui a lui aussi pas mal évolué, tout du moins très logiquement parmi les têtes qui défilent à cheval sur le thème musical toujours aussi sympathique et plein d’allant de Percy Faith. En allant fouiller un peu il s’avère que cet excellent comédien qu'est Gulager -finalement plus mémorable lorsqu’il jouait les Guest Star dans les deux premières saisons que lorsqu’il endossera plus tard la défroque récurrente de l’homme de loi de Medicine Bow- fera encore quelques apparitions ici et là mais assez rarement : on peut le déplorer même si le très bon Ross Elliott est au contraire réapparu dans le rôle du shérif Mark Abbott sans que l’on nous donne des explications sur sa très longue absence. Raisons de plus pour dire à nouveau qu’il s’agit d’une série dont nous pouvons sans problème visionner les épisodes indépendamment les uns des autres ; même s’il demeure bien heureusement pour les aficionados quelques petits éléments de continuité, leur méconnaissance ne saurait gâcher le plaisir de ceux qui abordent la série par n’importe quel sens et visionnent les épisodes dans n’importe quel ordre.

Pour en revenir à Legacy of Hate, l’épisode est bien plus intéressant pour sa présentation des nouveaux venus que par son intrigue proprement dite qui s’avère bien mince pour vraiment parvenir à nous captiver toute sa durée. Nous faisons donc connaissance avec la famille Grainger, le grand père qui vient prendre la succession de Morgan Starr ainsi que ses deux petits-enfants, Elizabeth et Stacey, tous deux la vingtaine, leurs parents ayant été tués dix ans plus tôt lors d'un raid perpétré par des indiens. John c’est Charles Bickford, bien connu des cinéphiles pour avoir joué dans moult grands classiques des années 40 et 50, les westernophiles se souvenant de lui pour avoir entre autres été le grand propriétaire terrien dans Les Grands Espaces (The Big Country) de William Wyler ou encore le père du prétendant de Audrey Hepburn dans Le Vent de la plaine (The Unforgiven) de John Huston. Tout ceci, c’était durant les dernières années de sa carrière qu’il terminera d’ailleurs avec le Virginien puisqu’il décèdera dès le milieu de la saison suivante, ayant néanmoins eu l’occasion d’officier durant une petite vingtaine d’épisodes. "This is the last stop, Stacey. This is the place I've been dreaming about all my life" dit John Grainger en arrivant à Shiloh : le décès de l’acteur dans les mois à venir rend cette phrase encore plus émouvante. En attendant, le nouveau propriétaire de Shiloh a su convaincre le Virginien qui décide de rester travailler pour lui ; peut-être pour l’instant un peu moins le spectateur même si son talent demeure intact. Il faut dire qu’il succède à deux monstres sacrés sacrément charismatiques et que son personnage n’a pas encore eu le temps de bien s’affirmer durant cette histoire de rancœur et de rivalité qui se terminera d’une manière positive.

La petite fille de Grainger, Elizabeth, est interprétée par Sara Lane dont ce sera le seul rôle d’importance : elle a beau être ravissante, pour l’instant rien ne laisse présager non plus si son personnage deviendra ou non intéressant et si la comédienne saura nous séduire plus que par son joli minois. Enfin le frère de la jeune fille est joué par Don quine dont nous pouvons pour l’instant dire exactement la même chose. Stacey a beau sembler être une forte tête qui amènerait un peu de sel supplémentaire à une famille un peu trop sage, l’acteur sera-t-il à la hauteur pour nous rendre son personnage riche et attachant ? Mais laissons leur à tous trois faire leurs preuves et nous déciderons un peu plus tard si cette nouvelle famille à la tête de Shiloh aura réussi à nous faire oublier les prédécesseurs. Parmi les Guest Stars, nous retiendrons plus que Jeremy Slate (Les 4 fils de Katie Elder, 100 dollars pour un shérif, tous deux signés Henry Hathaway) qui n’a pas l’occasion de pouvoir prouver grand chose, une talentueuse Jo Van Fleet -inoubliable dans Le Fleuve Sauvage (Wild River) de Elia Kazan- dans le rôle de la voisine acariâtre de Shiloh, celle qui ne supporte pas de savoir que le nouveau propriétaire du ranch soit un homme pour qui elle semble avoir une profonde rancœur, lui faisant en quelque sorte porter le chapeau de la mort de son mari voilà plus de 25 ans. On devine ainsi aisément les conflits qui vont être générés mais l'on regrette néanmoins que la tension dramatique ne soit pas spécialement de la partie, Don McDougall à la réalisation et Frank Chase à l’écriture accomplissant correctement leur travail mais nous ayant auparavant souvent démontré qu’ils étaient capables de faire beaucoup mieux.

Nous avons donc dans cet épisode une équipe grandement renouvelée ; ajoutez à ça un Virginien qui narre à quelques reprises l’intrigue en voix-off, quelques nouveaux lieux de tournage ainsi que de nouveaux thèmes musicaux et nous pouvons presque dire nous trouver devant une nouvelle série ! Plaisanterie mise à part, il n’est pas désagréable de partir sur de nouvelles bases afin que la série ne tourne pas trop en rond. Avec Legacy of Hate et son histoire de vol de bétail conjuguée à une rivalité entre deux ranchers, cette nouvelle mise en place se fait intempestivement bavarde et peut-être trop en douceur mais guettons néanmoins la suite avec curiosité car l’ensemble fut néanmoins loin d’être désagréable. Signalons quand même que James Drury semble ici un peu en retrait malgré un rôle de relative importance alors que Doug McClure ne fait une apparition que dans les dix dernières minutes. Joli happy end grâce à Jo van Fleet, parfaite dans le rôle de cette vieille femme aigrie par la solitude et l’amertume.


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Messagepar Moonfleet » 21 mai 2019 13:31

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Angie Dickinson



5.02- Ride to Delphi

Réalisation : Anton Leader
Scénario : Andy Lewis & Don Tait
Guests stars : Angie Dickinson & Warren Oates
Première diffusion 21/09/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 6/10

Le Pitch : Lemoine et Buxton (Warren Oates) viennent de vendre un troupeau à Shiloh mais le lendemain de leur départ il manque cinq bêtes. Le Virginien part à leur recherche. Il pense avoir trouvé le larron près de Delphi en la personne de Kiley, un fermier noir, et va demander de l’aide au shérif de la ville pour pouvoir enquêter. Sur place il croit reconnaitre Annie (Angie Dickinson), une femme qu’il a autrefois aimée et qui est maintenant la belle-mère de Lemoine. Un peu plus tard un indice lui fait comprendre que son voleur pourrait bien être ce dernier mais Kiley, le seul à pouvoir l’identifier, est retrouvé mort ; le Virginien va être accusé de ce meurtre…

Mon avis : A peine avons nous fait connaissance avec la nouvelle famille propriétaire du ranch Shiloh que les auteurs l’oublient déjà, faisant faire à leurs membres une courte apparition en début et fin d'épisode pour les laisser tomber entre temps ; en effet le seul protagoniste récurrent de la série à venir officier ici est Le Virginien en personne, un James Drury qui s’avère toujours aussi convaincant et qui n’a rien perdu de son mordant ni de sa ténacité. Au cours de cette histoire il va se voir accusé d’un meurtre qu’il n’a évidemment pas commis car les spectateurs que nous sommes serons une fois encore bien en avance sur les personnages quant à l’intrigue - c'est une des particularités de la série -, sachant dès le départ qui sont les voleurs recherchés par le Virginien et qui sont les coupables du crime, tout simplement les deux cow-boys étant venus lui vendre leur bétail. Malgré quelques réticences plus liées à la peur qu’à une mauvaise conscience, le jeune Lemoine laisse faire son comparse Buxton (très bon Warren Oates) lorsqu’il décide en repartant de s’accaparer cinq bêtes du troupeau afin de se faire de l’argent de poche pour pouvoir aller s’amuser en ville ; deux jeunes délinquants qui à priori ne sont pas plus méchants que ça mais qui vont se transformer en criminel par crainte de se faire démasquer et qui vont faire porter le chapeau au régisseur de Shiloh. Toute l’intrigue va tourner autour du procès dans une deuxième partie bien moins captivante que la première au cours de laquelle venait s’ajouter le mystère concernant le passé de Annie, femme que semble reconnaitre le Virginien comme l’une de ses ex mais qui fait tout pour le détromper.

Annie c’est la Feathers de Rio Bravo, la superbe Angie Dickinson qui se révèle ici également très bien, une femme qui ne veut surtout pas que son époux très conservateur découvre qu’elle travaillait autrefois dans un saloon à Abilene de peur d’être répudiée faute à son trouble passé, et qui va donc se trouver très mal à l’aise lorsqu’elle va être alpaguée dans la rue par l’un de ceux qui la fréquentait à l’époque, en l’occurrence le Virginien. Celui-ci comprend vite qu’elle souhaite ne pas être reconnue mais se trouve à son tour très embarrassé lorsqu’il est invité à diner chez la famille ; en effet le jeune Lemoine a assisté au petit manège entre les deux et, espérant en savoir plus quitte à pouvoir opérer un chantage, a demandé au Virginien de leur rendre visite à l’occasion d’un repas. Le mari de Annie est l’homme qui a vendu le bétail à Grainger en début d'épisode - le jeune Lemoine étant bien évidement son fils - ; il profite de l’occasion de la venue du Virginien à Delphi pour le rencontrer et demander des nouvelles de Shiloh. Le comédien l’interprétant n’est autre que Harold J. Stone que l’on avait déjà croisé peu de temps auparavant dans la série ; c’était lui qui avait endossé le rôle de l’affable commerçant/rabbin dans le dernier épisode de la précédente saison, The Mark of a Man ; il est à nouveau excellent ici. Les retrouvailles en secret de Annie et du Virginien sont l’occasion d’une très jolie séquence mettant en avant le talent dramatique des deux acteurs. Pas mal d’imbroglios plus tard et le voilà emmené en prison suite à la découverte du corps d’un fermier noir qu’il soupçonnait de vol mais qui niant en bloc avait accepté de venir en ville identifier le véritable détrousseur parmi tous les habitants, capable de le reconnaitre puisque c’est lui qui lui aurait revendu les vaches volées.

Les véritables coupables de cette tragédie, on le sait donc très bien, ce sont les deux jeunes cowboys : Lemoine est incarné par un Ron Russell pas spécialement aguerri pour ce rôle de pleutre et de lâche, ce qui n’est pas le cas de Buxton, son vaurien d’acolyte, que Warren Oates parvient à rendre vraiment inquiétant. Quoiqu'il en soit c'est l'intendant de Shiloh qui se retrouve sur le banc des accusés. Nous avons assisté à plusieurs procès tout au long de la série ; j’ai déjà oublié ce qui se passait dans celui qui se déroule au cours de cet épisode tellement il m’avait semblé sans surprises ni objets de discussions spécialement intéressantes ; il faut dire que les auteurs Andy Lewis et Don Tait avaient précédemment signés deux des épisodes les plus faibles de la série et que si l’intrigue avait tous les atouts pour s'avérer captivante, le scénario peine à combler les attentes suscitées par le postulat de départ, au final plutôt inodore même, le point le plus faible de cette fiction par ailleurs loin d’être mauvaise ni désagréable, loin s’en faut. Parmi les petites surprises de ce scénario, le personnage du fermier noir - le comédien Bernie Hamilton - toujours accompagné de ses deux fils ; ils offrent un vrai plus à l’intrigue et sont de la partie lors de la seule véritable scène d’action pleine de suspense de Ride to Delphi qui se terminera par le drame que l’on sait et qui va amener le Virginien devant le tribunal. Egalement John Kellog dans le rôle d’un shérif qui ne voit pas pourquoi se mêler des affaires du Virginien et lui refuse son soutien au maximum d’autant qu’il lui demande de l’aider à confondre le fermier qu’il sait pertinemment être un honnête homme ; une assez bonne idée que cette volonté de montrer le héros de la série en train de se fourvoyer par entêtement et se voir contrer par un homme de loi qui va se révéler avoir raison.

Encore une fois, dommage que le réalisateur choisi pour mettre en scène cette histoire soit Anton Leader, décidément pas le plus doué de la série, ses nuits américaines continuant de s’avérer assez épouvantables : il ne possède pas le talent nécessaire pour magnifier cette intéressante intrigue et nous livre un épisode certes très honorable grâce aux imbrications des pistes dramatiques et surtout à une très bonne interprétation d’ensemble, mais ne parvient pas à se hisser très haut, cette cinquième saison commençant vraiment trop en douceur même si le plaisir est néanmoins au rendez-vous. Espérons cependant un sursaut rapide afin de tomber sur un grand épisode capable de relancer notre enthousiasme un tout petit peu émoussé !


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Messagepar Moonfleet » 21 mai 2019 13:32

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Susan Strasberg & Sara Lane




5.03- The Captive

Réalisation : Don Weis
Scénario : Peter Packer
Guests stars : Susan Strasberg
Première diffusion 28/09/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 3.5/10


Le Pitch : Alors qu’ils rassemblent du bétail, Trampas et Stacey tombent sur un trio d’indiens Arapahos en train de leur voler quelques bêtes ; il s'agit d'un couple et de leur fille adoptive Liliota (Susan Strasberg) ; les deux adultes sont renvoyés dans leur réserve tandis que les autorités décident que la jeune fille sera gardée à Shiloh jusqu’à ce que l’on retrouve ses parents biologiques et malgré le fait qu’elle aurait préféré rester vivre auprès de sa tribu. Les trois membres de la famille Grainger vont tenter de ‘l’apprivoiser’ sans grand succès jusqu’au jour où un couple se présente pensant avoir retrouvée en Liliota leur fille Katherine…

Mon avis : Après un début de saison assez mollasson même si tout à fait honorable, on se prenait à rêver avec ce troisième épisode à un véritable redémarrage, avec en plus les membres de la famille Grainger enfin comptés parmi les protagonistes principaux, jusque là un peu mis en retrait malgré leur importance en tant que nouveaux arrivants. Les dix premières minutes renforçaient cet espoir, les premières séquences en extérieurs étant très bien filmées et en plus au sein de paysages qui n’avaient semble-t-il pas encore été foulés par nos cowboys de Shiloh. Trampas et le jeune Stanley Grainger rassemblent du bétail lorsqu’ils tombent sur quelques-unes de leurs vaches emmenées par un trio d’indiens constitué par un couple d’âge mûr et une jeune fille. En les arrêtant pour récupérer leur bien, nos deux hommes se rendent compte que la jeune femme est de race blanche. Ils sont tous trois conduits devant le shérif et une décision est prise : renvoyer le couple à la réserve indienne - sans les punir plus avant puisque ils ne s'avèrent pas être de mauvais bougres, n'ayant volé que parce qu’ils étaient affamés - mais de garder leur fille afin de rechercher ses parents biologiques, estimant que ces derniers doivent avoir la priorité sur les parents adoptifs même si ce n’est pas du tout l’avis de la principale intéressée.

On constate à la lecture de cette description que l’épisode aurait pu faire l’objet d’une passionnante réflexion à ce sujet (liens du sang plus forts que tout autres ?) sauf que les points de vue deviennent rapidement unidimensionnels, les indiens étant même totalement oubliés à mi-parcours, la jeune fille devant impérativement retrouver une vie familiale parmi les blancs ! Et c’est ce qui arrivera avec de la joie pour tout le monde à la fin de cet épisode qui se sera vite avéré laborieux une fois les idées des auteurs bien posées et auxquelles il ne dérogeront plus, le débat étant quasiment clos d'emblée. Étonnant et surtout un peu désagréable pour une série qui durant ses quatre premières saisons s’était érigée comme éminemment progressiste ! Les indiens n’auront pas leur mot à dire ; et de toute façon ils ont dû réintégrer leur réserve sans broncher pour ne plus jamais réapparaitre y compris au sein des conversations. On croit rêver ou plutôt faire un cauchemar en espérant que la série saura ensuite se relever de cette déplaisante leçon de moralisme douteux. On imagine que ce n’était pas intentionnellement méchant mais un léger relent de racisme est bien présent même si le couple indien côtoyé au départ s’avérait plutôt sympathique. Les séquences où la jeune métisse fait connaissance avec la civilisation au travers des objets dont elle ne soupçonnait même pas l’existence, même si déjà vu dans de nombreux films dont pas mal réalisés par Cecil B. DeMille, s’avèrent plus ridicules qu’émouvantes ou amusantes.

Une fois Liliota arrivée chez les Grainger, l’épisode ne va quasiment plus tourner qu’autour des essais d’apprivoiser la jeune captive par les trois membres de la famille Grainger ; nous pouvons donc ainsi les voir plus longuement ‘en action’ que lors des deux précédents épisodes ; ils ne sont pas forcément désagréables mais ne nous font pas non plus encore forte impression ; peut-être plus tard !? Quoiqu’il en soit, le scénario s’avère assez vite très répétitif et pas forcément captivant : Stacey vient essayer de faire sortir la jeune métisse de sa coquille, elle se renferme encore plus ; Elizabeth, compatissante, vient essayer de s’en faire une amie, cette dernière rechigne et continue à bouder ; leur père tente lui aussi de lui faire comprendre les raisons de sa ‘captivité, elle ne veut pas en entendre parler ni encore plus aller dans son sens. Et le scénario de l’auteur de télévision Peter Packer ne nous donne pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent ; il n’a d’ailleurs pas fait grand-chose de réputé au vu de sa filmographie et on peut aisément comprendre pourquoi au vu de ce script Quant à Don Weiss qui fut le chouchou de tout un panel de cinéphiles pour l’un de ses premiers pas dans le cinéma avec un film devenu culte en France dans les années 60/70, le pourtant assez médiocre Les Aventures de Hadji (The Adventures of Hajji Baba) joué par John Derek et Elaine Stewart, il confirme qu’il n’avait pas beaucoup évolué depuis cette époque, incapable - si ce ne sont durant les premières séquences - de relever la sauce, le tout s’avérant bien plan-plan, bien tiédasse ; quant aux scènes qui essaient de reconstituer l’enlèvement de la petite fille 12 ans auparavant, elles sont assez navrantes niveau mise en scène.

Ce n’est donc pas avec cet épisode que nous allons commencer à applaudir les qualités de la cinquième saison. Il promettait pourtant beaucoup au départ - une réflexion sur les liens du sang dans la lignée de La Prisonnière du désert par exemple – mais dure et s’éternise pour au final nous sortir une morale assez rance et loin d’être sur la ligne progressiste de la série dans ses meilleurs moments, et ceci même si certains protagonistes tentent de réfléchir à la situation à quelques brèves reprises ; la jeune blanche adoptée depuis sa plus tendre enfance par des indiens qui l’ont élevée avec amour devra néanmoins vivre désormais dans le monde des blancs où elle sera bien "plus à sa place" ; ça pourrait finalement s'apparenter à de la noirceur mais le mièvre ‘happy-end’ vient le contredire. On retiendra néanmoins une bonne interprétation d’ensemble même si la pauvre Susan Strasberg s’est vu octroyer un rôle assez ingrat pour lequel elle dut faire quasiment la même chose durant toute la durée du récit. Il y eut encore de plus mauvais épisodes ce qui n’empêche celui-ci de faire partie des plus faiblards et des moins satisfaisants depuis le début de la série. Quoiqu'il en soit, les amateurs de drames familiaux seront plus à la fête que les aficionados de westerns.


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 21 mai 2019 13:32

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John Anderson



5.04- An Echo of Thunder

Réalisation : Abner Biberman
Scénario : Don Ingalls
Guests stars : John Anderson
Première diffusion 05/10/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 8/10

Le Pitch : Arrivé dans une petite ville du Colorado où il est venu livrer des chevaux, Trampas demande l’autorisation au Virginien d’y rester quelques jours pour rendre visite à un vieil ami ; mais il arrive juste au moment où se déroulent les funérailles de ce dernier. Voulant savoir ce qu’il lui est arrivé, on lui donne des versions contradictoires : celle du beau-frère du défunt, le shérif de la ville, diffère beaucoup de celle du jeune Chico. Trouvant les circonstances de la mort de son ami assez troubles, il décide d’enquêter plus profondément mais se heurte vite aux deux menaçants hommes de main du shérif dont l’inquiétant Morrell (John Anderson)...

Mon avis : Le voilà l’épisode qui nous rassure enfin quant à une saison 5 capable après un démarrage assez laborieux de nous apporter son lot de pépites ; en voici donc déjà une première en espérant qu’elle sera suivie par bien d’autres ! Il s’agit d’un épisode ne mettant en scène que Trampas parmi les protagonistes principaux, après une rapide apparition du Virginien au tout début, le régisseur donnant à son cowboy l’autorisation de rester quelques jours dans la petite ville du Colorado où ils sont venus vendre des chevaux afin qu'il puisse aller rendre visite à un vieil ami. Les épisodes au cours desquels Trampas se retrouve seul dans une région éloignée du Wyoming et où il se met dans de difficiles situations ont déjà fourni à la série plusieurs de ses meilleurs épisodes. Il en est de même avec An Echo of Thunder, seule participation au Virginien du réalisateur Abner Biberman ; attention, ne pas confondre avec Herbert Biberman, auteur entre autre du puissant film semi-documentaire Salt of the Earth (Le Sel de la terre) ! Le Biberman qui nous concerne ici fut tout d’abord journaliste puis acteur de théâtre avant d’interpréter d’innombrables seconds rôles au cinéma. Peu apprécié sur les tournages en raison de son caractère teigneux, il fut ensuite embauché par le studio Universal afin de former en art dramatique leurs nouvelles recrues puis passa à la réalisation. Une arme pour un lâche (Gun for a Coward), son sixième film, entrait dans la catégorie des westerns familiaux à tendance psychologique avec comme différence que l’accent était principalement mis sur les plus jeunes ; il s'agissait déjà une petite réussite du genre.

Quant au scénariste Don Ingalls, il fut déjà l’auteur de trois très bons épisodes de la série, Smile of a Dragon dans la saison 2, ainsi que plus tôt encore Duel at Shiloh, le remake du film de King Vidor L’Homme qui n’a pas d’étoile (Man Without a Star), et enfin tout récemment en fin de quatrième saison, le très bon Day of the Scorpion avec déjà John Anderson. Même si ça tenait du pur hasard, le comédien aurait pût se vanter d’être une des valeurs les plus sûres de la série puisque les quatre épisodes - très sombres - pour lesquels il fut au générique font partie des plus mémorables ; outre celui qui nous concerne ici, citons les deux autres, les formidablement noirs et puissants Throw a Long Rope, 3ème épisode de la série, ainsi que peut-être le meilleur de tous jusqu'à cette date, l'étonnant Harvest of Strangers. Autre intervenant prestigieux venant s’inviter pour une unique fois au sein de la série, l’immense musicien Franz Waxman (Rebecca, Sunset Boulevard, Fenêtre sur cour... et tant d'autres) qui ici encore marquera nos oreilles ; de plusieurs manières d’ailleurs : très surprenant lorsqu’il compose un thème assez guilleret - et entêtant - pour le personnage de Trampas ou encore lorsqu'il utilise un ocarina pour celui du jeune Chico ; très efficace pour toutes les séquences les plus dramatiques. Bref, rien que le "Full Cast & Crew" lu sur imdb aurait pu faire pressentir un tel accomplissement et la vision de l’épisode vient largement le confirmer.

Rien à redire niveau mise en scène puisque Abner Biberman emballe le tout avec une grande efficacité, tout autant au niveau de la direction d’acteurs que dans la gestion d’un suspense parfois très tendu, ou encore dans sa manière de filmer les scènes d’action, l’épisode se concluant par un duel de haute volée rondement bien mené ; on saluera également son montage très original probablement inspiré par son scénariste puisque beaucoup de séquences seront coupées assez brutalement juste au moment où nous aurions pu en apprendre un peu plus ; une fois n’est pas coutume, la plupart des protagonistes de l’histoire sont cette fois en avance sur le spectateur. L’écriture est donc toute aussi admirable, le récit restant intrigant et captivant de bout en bout, les répliques fusant avec intelligence, le scénario étant tout autant réussi concernant le déroulement de l'intrigue que pour la richesse dans la description de ses divers protagonistes. Il faut dire aussi que le casting est parfait : outre Doug McClure, on applaudira donc une fois encore John Anderson dans le rôle d’un inquiétant salaud ainsi que Brendon Boon dans celui de son coéquipier, les deux actrices que sont Indus Arthur (la sœur du défunt) et surtout Barbara Werle (l’entraineuse de saloon) pour sa quatrième participation à la série, mais également Linden Chiles (l’homme d’affaires), Jason Evers (le shérif nerveux) et même le jeune Mark Miranda qui évite les clichés du petit mexicain et qui s’avère vraiment très crédible notamment lors de la séquence où la dextérité de Trampas lui laisse échapper un rire aux éclats qu’on dirait filmé à son insu tellement il semble totalement sincère.

Un western louchant sur le film noir par l’enquête que mène Trampas pour comprendre et élucider les raisons de la mort de son ami dans un patelin où les habitants ne semblent pas avoir la conscience tranquille : un thème récurrent du genre et qui a souvent donné naissance à de grands films ; une fiction à l’écriture, aux dialogues, à la mise en scène, à la musique et à l’interprétation hors pair… Pour retrouver Don Ingalls au scénario, il faudra désormais attendre la saison 7 ; mais misons sur le fait qu’il avait des collègues tout aussi doués qui ne nous feront pas patienter jusque-là pour retomber sur un autre formidable épisode. An Echo of Thunder devrait néanmoins convaincre les plus réticents qui auraient pu penser que le Virginien n’était qu’une série familiale de plus comme l’avait par exemple suggéré l’auteur Louis-Stéphane Ulysse dans son histoire du western ; peut-être n’était-il tombé que sur des épisodes comme le précédent ; il n’aurait pas pu écrire la même chose en visionnant celui-ci.


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 21 mai 2019 13:32

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Aldo Ray



5.05- Jacob was a Plain Man

Réalisation : Don McDougall
Scénario : Eric Bercovici
Guests stars : Aldo Ray
Première diffusion 12/10/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 4/10


Le Pitch : Stacey s’inquiète de la disparition de Jake (Aldo Ray), un sourd-muet qu’il avait pris sous son aile. Flash-Back : Jake a accidentellement tué un homme alors qu’il avait été provoqué dans le saloon d’une petite ville éloignée de Medicine Bow. Par peur d’être arrêté et pendu, il s’était enfui de cette bourgade et avait atterri au ranch Shiloh. Le Virginien avait accepté de l’embaucher et Stacey s’était occupé de son éducation. Tout allait pour le mieux sauf que Jack était toujours recherché pour meurtre et que dans le même temps deux cowboys craignent qu’il finisse par comprendre leurs magouilles depuis qu’il les a surpris à cacher du bétail…

Mon avis : Heureusement que l’épisode précédent était là pour nous redonner espoir, car si nous avions découvert celui-ci avant, notre moral aurait été au plus bas, découvrant que même l’excellent et jusqu’à présent toujours constant Don McDougall perdait pied lui aussi en signant ce Jacob was a Plain Man, non pas déshonorant mais assez vite fade et ennuyeux. Et puis comment expliquer que le réalisateur ait pu laisser passer durant une séquence entière des gros plans sur lesquels le chef opérateur n’a pas fait le point, totalement flous sur le visage de Don Quine à plusieurs reprises et durant quelques longues secondes ?! Un manque de conviction ? Et puis sans que ce ne soit en sa faveur, il est difficile de ne pas comparer cet épisode avec le 9ème de la deuxième saison, Run Quiet, qui voyait un Clu Gulager pré-Ryker dans le rôle d’un jeune sourd-muet clochardisé qui, molesté par deux cow-boys, était pris en pitié par Steve qui décidait de l’emmener à Shiloh et de le faire embaucher par le Virginien le temps qu’il gagne assez d’argent pour repartir sur de bonnes bases. Mais cet homme au tempérament violent allait lui causer des ennuis surtout lorsqu’on le surprenait sur les lieux d’un crime qui venait d’avoir lieu ; principal suspect, il fuyait la prison...

Comme on peut le constater si l’on se souvient de l’épisode ou encore à la simple lecture de ce pitch, il existe donc de très nombreuses similitudes entre ces deux fictions, deux récits d’apprentissage qui se transforment en tragédie à partir du moment où les handicapés incapables de se défendre sont accusés de meurtres, deux histoires de deux sourds-muets rejetés par beaucoup sauf par quelques rares personnes bienveillantes ou encore par ceux qui, le considérant comme un idiot, décident de profiter de son handicap pour l'exploiter. Clu Gulager portait l’épisode sur ses épaules sans trop en faire, sans caricaturer mais au contraire toujours extrêmement juste, s’avérant formidablement plausible en sourd-muet. Mais alors que son personnage était violent, il n’en est pas de même pour celui qu’incarne Aldo Ray, Jack étant un homme profondément brave et gentil qui provoque des drames plus par accident et maladresse. C’est donc l’attachant Aldo Ray (excellent et très drôle dès ses premiers pas dans Pat and Mike ou The Marrying Kind sous la direction de George Cukor qui le fit réellement décoller ; inoubliable dans le méconnu et superbe Nightfall de Jacques Tourneur ; mais surtout connu pour avoir joué dans beaucoup de grands films de guerre à la fin des années 50) qui interprète le sourd-muet dans Jacob was a Plain Man ; au sein de la série, il formait déjà avec Lee J. Cobb dès le sixième épisode, le réjouissant Big Day, Great Day, un duo absolument jubilatoire et dont l’alchimie fonctionnait à merveille, aidant à la réussite de cette histoire sans thématique principale autre que l’amitié et ce qu’on peut être capable de faire pour ne pas la briser même si c’est pour dévier de son éthique et fermer les yeux sur certains faits peu glorieux ; joli sujet !

Pour en revenir à nos moutons - où plutôt à nos Deaf-and-Dumb -, le comédien n’est aucunement en cause concernant le semi ratage de cet épisode même si la prestation de Clu Gulager fut plus mémorable ; il est cependant lui aussi assez convaincant dans ce rôle de composition ; seulement son personnage n’est pas aussi bien écrit que celui interprété par son prédécesseur et surtout le scénario fait vite du sur place sans plus jamais nous captiver dès sa seconde moitié, paradoxalement à partir du moment où le suspense devient croissant et où l’action commence à prendre le pas sur le récit initiatique et de tolérance. Le réalisateur ni les comédiens ne sont donc pas vraiment à blâmer - quoique la clique des Grainger continue à nous faire penser qu’il faudra un grand scénariste ou un grand directeur d’acteurs pour faire prendre plus d’ampleur, de charisme et de chair à ses membres, si tant est que ce soit faisable – la faute principale de cette tiédeur ambiante incombant ici principalement au scénariste Eric Bercovici qui non seulement finit par nous lasser très rapidement par un peu trop de mièvrerie, mais qui fait également se terminer son récit d’une manière abrupte et totalement déceptive, le Virginien faisant son apparition comme un cheveu sur la soupe pour régler l’affaire en un tournemain, sorte de cavalerie à lui tout seul. Au final, les séquences plus ‘familiales’ du flash-back de la première moitié de l'épisode se seront avérées plus sympathiques, le joli minois de Sara Lane - qui a rarement été aussi charmante - faisant son effet tout comme la voix off très douce de Don Quine qui narre le récit.

Malgré la déception, on retiendra l’interprétation assez nuancée de Aldo Ray, quelques notations touchantes (le père qui se félicite en secret de la gentillesse et de la bienveillance de son fils ; l’amitié qui se noue entre ce dernier et son protégé à qui il apprend à lire et à écrire), d’autres toujours intéressantes même si pas très nouvelles sur la haine qu’inspiraient aux hommes de loi les chasseurs de prime ("A bounty hunter, sure hate to see his kind around Medicine Bow") et enfin quelques jolies phrases sur la désespérance du handicap : "He must be a very lonely man. It must be terrible to live all alone inside himself like that ... Not being able to talk or hear. Not being able to tell anyone what you want or how you feel. Just silence all the time." Pas déshonorant - on a vu pire au sein de la série - mais loin non plus d'être captivant.



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Moonfleet
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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 21 mai 2019 13:33

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Dan Duryea & Michael Burns



5.06- The Challenge

Réalisation : Don McDougall
Scénario : Joy Dexter & Harry Kronman
Guests stars : Dan Duryea
Première diffusion 19/10/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 5/10

Le Pitch : A Medicine Bow, tout le monde se demande où a bien pu passer Trampas qui semble s’être volatilisé depuis quelques jours sans prévenir qui que ce soit. Le Cowboy de Shiloh n’est néanmoins pas mort puisqu’il arrive blessé et amnésique chez les Crayton qui décident de le garder afin de le soigner et de le lui faire retrouver la mémoire. Cependant le patriarche (Dan Duryea) craint qu’il ne fasse partie de la bande de dangereux bandits qui vient d’attaquer une diligence tuant tous ses passagers, d’autant que son fils Bobby a vu qu’il portait le revolver nacré dont on sait qu’il appartient au leader du gang…

Mon avis : Don McDougall à la baguette ne parvient toujours pas à retrouver un scénario à la hauteur, en l'occurrence une histoire pourtant signée par Joy Dexter, l’auteur d’un bon épisode de la saison précédente, Chaff in the Wind, celui dans lequel Ed Begley arrivait avec son fils et sa fille à Shiloh après s’être fait rejeté un peu de partout pour cause d'escroqueries. Malheureusement et malgré en Guest Star principale l’excellent Dan Duryea, l’épisode est bien moins intéressant, pas déshonorant mais globalement très moyen. Il débute à la gare de Medicine Bow où l’on voit Grainger et le Virginien s’inquiéter de ne pas voir une fois de plus Trampas descendre du train ; il est en effet parti depuis plusieurs jours mais toujours pas rentré alors que cela aurait dû être le cas depuis un long moment ; et puis ce n’est pas dans ses habitudes de ne pas donner de nouvelles. Si le patron et le régisseur semblent craindre le pire, le spectateur est immédiatement rassuré puisque l’on retrouve le cowboy de Shiloh dès la séquence suivante, certes en facheuse posture mais seulement évanoui et blessé à la tête. Il se relève et, titubant, arrive à une ferme, celle de la famille Crayton composée du veuf Ben, de sa charmante et blonde fille Sarah ainsi que de son jeune cadet Bobby. Ils découvrent rapidement que non seulement ce nouvel arrivant ne se souvient de rien de ce qu’il lui est arrivé mais qu’il a également oublié qui il était et d’où il venait.

Le médecin conclut très logiquement à une amnésie passagère et, ne sachant où le ramener, demande aux Crayton de le recueillir le temps qu’il recouvre la mémoire. Sarah tombe sous le charme de son invité, ce qui n’est pas forcément bien vu de son père qui se révèle très protecteur. Effectivement la jeune fille expliquera à Trampas qu’elle se sent un peu prisonnière, frustrée et étouffée de ne pas pouvoir sortir avec qui elle veut : son précédent fiancé n’ayant pas plu à son père, elle ne peut désormais plus le fréquenter. Ce dernier est désormais adjoint du shérif et on se rend très vite compte que le père, certes intraitable, a peut-être quand même eu le nez creux en ne lui faisant pas confiance ; en effet peu de temps après l’on apprend qu’il s’agit non seulement du frère du chef de gang qui vient d’attaquer une diligence et tuer tous ses passagers mais également qu’il n’est pas contre partager le butin avec les meurtriers. Quoiqu’il en soit Sarah s’est toujours sentie brimée et elle est sur le point de se révolter contre son paternel pour enfin pouvoir prendre son envol et faire ce qu’elle veut de sa vie. Quant à son jeune frère, lui aussi souffre un peu de l’autoritarisme de son père, obligé de trimer du matin au soir sans pouvoir s’amuser de temps à autre, Ben estimant que "It's the land. It takes a man's life for just a piece of bread". De bons postulats pour un mélodrame familial qui n'aura cependant pas vraiment lieu, quelques réflexions étant pourtant posées ça et là !

Le vieux Ben n’est pourtant pas un mauvais bougre, n’ayant pas retrouvé le sourire depuis la mort de son épouse et pensant que sa dureté envers ses enfants leur est un bienfait pour leur avenir. Dan Duryea s’avère très convaincant dans ce rôle, lui que l’on connaissait surtout pour être l’un des plus inquiétants bads Guys de l’histoire du cinéma : dans le genre qui nous concerne ici, inoubliable dans Winchester 73 d’Anthony Mann, Ride Clear at Diablo (Chevauchée avec le Diable) de Jesse Hibbs ou encore Six Chevaux dans la plaine (Six Black Horses) de Harry Keller, deux films où il formait avec Audie Murphy un remarquable duo, mais aussi bien sûr et avant tout dans Quatre étranges cavaliers (Silver Lode) de Allan Dwan dans lequel il campait le redoutable chef de gang contre lequel John Payne allait devoir se battre. La même année que cet épisode, le comédien était en tête d’affiche de Incident at Phantom Hill (Sans foi ni loi), une très bonne série B westernienne aux côté de Robert Fuller, réalisé par un habitué de la série Le Virginien, Earl Bellamy. Il est entouré ici par des comédiens un peu moins concluants, que ce soit Michael Burns et Barbara Anderson (ses enfants), ou Don Galloway. En revanche, également au générique du western d’Earl Bellamy cité ci-avant, Bing Russell fait froid dans le dos dans la peau du chef de bande sans scrupules, fourbe et cruel, prêt à tuer sans sourciller.

Cette jolie histoire sur la compassion, la confiance ("Sometimes you have to look deep for the truth, Sometimes you have to go by your feelings"), l’entraide et le fait de ne pas devoir juger un étranger sur une première impression aurait pu accoucher d’un très bon épisode d’autant que Don McDougall fait le job ; difficile d’expliquer ce qui l’en empêche si ce n’est que le tout traine un peu en longueurs surtout à mi parcours – paradoxalement comme souvent à partir du moment où le récit s’emballe - et que sans nous ennuyer nous restons néanmoins constamment sur notre faim. A signaler un thème musical principal bien troussé et rapidement entêtant, beaucoup de similitudes dans le récit avec celui de Smile of a Dragon, l’épisode réalisé par Andrew V. McLaglen, ainsi enfin qu’un Virginien qui fait pour l’instant toujours tapisserie en ce début de cinquième saison et que l’on aimerait voir assez vite retrouver une place d’importance au sein de la série qui porte son nom.


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La suite dans environ 3 semaines, après mes congés "d'été" :wink:

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Bat Lash
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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Bat Lash » 28 mai 2019 17:12

D’où peu bien venir le drôle de nom de l'hotel de Medecine Bow vus dans plusieurs épisodes ? ; Le Grand Téton Hotel :sm57:

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chip
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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar chip » 28 mai 2019 18:04

les " Grand tetons " sont les sommets d'une chaîne de montagne du Wyoming, on les voit beaucoup dans SHANE (l'homme des vallées perdues.

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Bat Lash » 28 mai 2019 18:24

merci (c'est moins sexy)

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar limpyChris » 29 mai 2019 13:30

Oui, mais ça vient quand même, si j'ai bonne mémoire, du surnom donné à ces montagnes par les premiers trappeurs français, en référence à ce que vous pensiez, Bat ... (je parle sous le contrôle de Mussel, Hart, Longway, loco ... etc. qui rectifierons s'il y a lieu.)
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Loco » 29 mai 2019 14:08

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Je confirme, évidemment ! Et pas une paire, une demi-douzaine ! :mrgreen:

PS: Comme si vous avez besoin de parler sous contrôle ! Tsss... :wink:

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar HART » 29 mai 2019 18:10

Si nos trappeurs étaient en manque , sûr que ça leur a fait du bien...

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar chip » 30 mai 2019 7:15

:lol: Je confirme.

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Moonfleet
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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 12 juin 2019 14:20

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Fabian



5.07- Outcast

Réalisation : Alan Crosland Jr
Scénario : Lou Shaw
Guests stars : Fabian
Première diffusion 26/10/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 5.5/10


Le Pitch : Charlie (Fabian), accusé de vol et de meurtre, s'évade de la prison de Porterville. A Bottleneck, il retrouve son complice et lui donne rendez-vous pour plus tard afin de partager le magot de l’attaque d'une banque. En attendant il se réfugie à Medicine Bow où il se fait embaucher à Shiloh. Elisabeth tombe sous son charme et Stacey se prend d'amitié pour le nouveau venu qui vient de le tirer d’affaire alors qu’il se trouvait en fâcheuse posture. Mais la romance entre Charlie et sa sœur ne met pas Stacey bien à son aise d’autant qu’il commence à soupçonner un passé pas très reluisant à son nouvel ami qui a parfois d'étranges réactions…

Mon avis : 3ème épisode réalisé par Alan Crosland Jr. après le sympathique The Money Cage avec Steve Forrest ainsi que le ratage constitué par A Father for Toby avec un jeune Kurt Russell, Outcast se situe qualitativement entre les deux, certes pas désagréable mais une fois encore très décevant, cette cinquième saison - à l’exception d’un très bel épisode - continuant à avoir beaucoup de mal à décoller, faute avant tout aux trois comédiens incarnant les trois membres de la nouvelle famille propriétaire de Shiloh, certes pas antipathiques mais néanmoins très peu charismatiques et pour l'instant encore pas vraiment intéressants : Sara Lane possède certes un très joli minois mais ça ne lui suffit pas à nous faire oublier le charme et la vivacité de Roberta Shore ; Don Quine demeure jusqu’à présent toujours un peu terne, surtout dans la peau d'un personnage censé être une forte tête ; mais surtout Charles Bickford nous fait vraiment regretter Lee J. Cobb et John Dehner. Il nous avait pourtant fait souvent belle impression au cinéma lorsqu’il incarnait déjà des gros éleveurs de bétail (Duel au soleil de King Vidor ; Marqué au fer de Rudolph Maté ; Les Grands espaces de William Wyler…), très convaincant dans la peau d'un dangereux Bad Guy dans La Dernière Chevauchée de Alfred L. Werker, capable aussi dans le curieux Four Faces West de Alfred E. Green de composer l’un des Marshall les plus attachants que l’on ait pu voir dans le western. Autant dire qu’il semble bien moins motivé ici ; probablement à cause de la fatigue puisque John Grainger sera son dernier rôle avant son décès.

Mais nous ne pouvons pas faire porter la faiblesse de tous ces épisodes uniquement sur leurs frêles épaules. L’histoire de Lou Shaw pour cet Outcast semble avoir déjà été vu de nombreuses fois y compris au sein de la série, celle d’un prisonnier qui s’évade et qui atterrit à Shiloh où il se fait embaucher dans la bande de cowboys du Virginien. Il y eut déjà plusieurs variantes ; celle-ci n’est pas la plus captivante même si Fabian - que l’on avait pu croiser sur grand écran dans l’amusant North to Alaska (Le Grand Sam) réalisé par Henry Hathaway - est plus convaincant que lors de sa précédente prestation dans la série, dans Two Men Named Laredo. Son visage poupin - un peu à la Audie Murphy - renforce l’ambiguïté du protagoniste ainsi que le malaise qui nous étreint, les spectateurs que nous sommes arrivant difficilement à nous persuader qu’il s’agit réellement d’un tueur malgré les quelques preuves qui nous sont données tout au long de l’intrigue ; d’autant plus que la romance qui se noue entre lui et Elisabeth s’avère plutôt plausible et sincère. Bref, alors qu’il avait en quelque sorte gâché Two Men named Laredo, Fabian est au contraire celui qui rehausse ici un récit un peu trop banal. La première fois que l’on rencontre Charlie, il est emprisonné et discute avec le shérif en essayant de le convaincre une fois de plus de son innocence. Son geolier est un homme de loi d’une profonde humanité qui refuse que l’on serve à son prisonnier un repas moins bien préparé que le sien, estimant que tout le monde a le droit aux mêmes égards d’autant que le jeune Charlie n’a pas encore été jugé. Quoiqu’il en soit, le jeune homme ne voulant pas être lynché, il préfère sauter sur l’occasion et s’évade en profitant de la confiance que le shérif avait en lui.

On comprendra peu de temps après qu’il était vraiment coupable de vol et de meurtre lors de sa rencontre avec son complice interprété par un spécialiste de la série TV, Milton Selzer, parfait dans son rôle de ‘serpent’, lâche mais vil, s’étant fait l’amant d’une Saloon Gal en lui faisant miroiter la fortune. Dommage d’ailleurs que ce personnage féminin n’ait pas été mis en avant car les rares apparitions de la comédienne Carol Kane sont assez fortes. Même si l’on sait que Charlie n’est guère fréquentable, la naïveté qui se dégage du visage de Fabian aidera donc le scénariste à jouer de l’ambiguïté de son protagoniste, parvenant même à nous le rendre attachant même si nous savons qu’il trame encore des choses peu recommandables et même si l’on craint pour Elisabeth qui est tombée amoureuse de lui ; en effet il a vite réussi à se faire embaucher à Shiloh sans que le régisseur ne se pose trop de questions, venant juste avant de tirer Stacey d’une mauvaise passe, ce dernier lui en étant grandement reconnaissant. Les ¾ du récit s'avèrent donc assez moyens avec aussi pas mal de mièvreries lorsque John doit expliquer ‘la vie’ à sa fille (nous sommes loin de la sensibilité qui régnait lors de séquences semblables entre Lee J. Cobb et Roberta Shore) mais l'on y trouve cependant quelques notations intéressantes qui se dégagent des ressentis de nos protagonistes récurrents à l’encontre de Charlie et notamment celui du Virginien qui se trompe en voulant rester confiant quant à l’intuition féminine et qui répète comme déjà souvent auparavant qu’il ne devrait pas être considéré comme coupable tant que la justice n’a pas tranché. Il ne veut également surtout pas qu’un innocent soit pendu ; car entre temps le shérif Abbott ayant trouvé un avis de recherche, il a à son tour emprisonné Charlie afin qu’il soit amené devant un tribunal.

Si la première partie aura été dans l’ensemble assez médiocre, peinant à prendre son envol, les 20 dernières minutes viennent rattraper tout ça à partir du moment où Milton Selzer arrive à Medicine Bow pour demander à son complice sa part du butin. Le piège que lui tend Charlie est tout aussi diabolique qu’inattendu et le final n’est pas trop bâclé par trop de précipitations. Alan Crosland Jr. nous gratifie également de quelques très beaux plans dont ceux au cours desquels l’on voit Elisabeth rêvasser dans un endroit idyllique (presque toujours le même depuis le début de la série, cet oasis de verdure au bord d’une petite cascade) et le scénariste sort un peu de sa torpeur avec une certaine efficacité dans la résolution de son intrigue. Malheureusement Le Virginien reste encore sur la touche depuis le début de la saison, ne se contentant que de bien trop brèves apparitions. Il serait quand même temps de lui redonner le beau rôle !


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 19 juin 2019 15:22

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George Kennedy




5.08- Trail to Ashley Mountain

Réalisation : Abner Biberman
Scénario : Sy Salkowitz
Guests stars : Hugh Marlowe, George Kennedy & Gene Evans
Première diffusion 02/11/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 5/10


Le Pitch : Le Shérif Abbott vient arrêter Ed Wells (Hugh Marlowe), l’accusant de vol et de meurtre. Trampas n’en croit pas ses oreilles, Ed étant un ami en qui il a toute confiance. Même si quelques preuves sont accablantes, il soupçonne le jeune beau-frère de Ed, Willy (Richard Carlson), qui a déjà souvent eu affaire à la justice. Peu après, celui-ci fuit la ville ; pour disculper Ed, il n’y a plus qu’une solution, partir à la poursuite du probable coupable. Avec l’accord du Virginien, Trampas accompagne le shérif ; en route ils vont être rejoints malgré eux par plusieurs personnages peu recommandables dont un chasseur de primes et deux prospecteurs…

Mon avis : Abner Biberman dont j’écrivais par erreur lors de mon avis sur le seul très bon épisode à ce jour de cette saison 5, l’excellent An Echo of Thunder avec John Anderson en Guest Star, qu’il s’agissait de sa seule participation à la série, allait au contraire finir sa carrière en en réalisant pas moins de 25 ; auparavant, dans le domaine du western, il nous avait gratifié au cinéma d’un très sympathique Une arme pour un lâche (Gun for a Coward) avec Fred MacMurray et Jeffrey Hunter ; Martin Milner, déjà plutôt bon dans Timberland, l’épisode de Don McDougall se déroulant au sein d’une communauté de bucherons ; George Kennedy, comédien que l’on ne présente plus (le tueur à gages dans Les 4 fils Katie Elder de Hathaway, l’un des 12 salopards d’Aldrich…) ; Hugh Marlowe dont le visage vous sera également tout aussi familier et qui dans le western sera resté mémorable dans la peau du redoutable chef de bande dans le Rawhide (L’attaque de la malle poste) à nouveau signé Hathaway ; Jackie Coogan, The Kid de Charlie Chaplin… Pas mal de noms intéressants au casting et à nouveau, après An Echo of Thunder, un épisode réalisé par Biberman avec pour seul protagoniste récurrent le sympathique Trampas. Cette fois il est parti à la poursuite d’un jeune homme qui est seul à pouvoir sauver un ami très cher de la potence… Au vu de tous ces paramètres, pourquoi aurait-on dû ne pas en attendre beaucoup ? Surtout après une première demi-heure captivante ?

Vous l’aurez donc compris, la déception est une fois encore au rendez-vous au sein d’une saison qu'il ne va malheureusement pas être difficile de considérer jusqu’à présent comme la plus faible de la série. Faute donc surtout à Sy Salkowitz, le scénariste du déjà très mauvais Long Ride the Wind River avec John Cassavetes en invité principal, très peu crédible en homme des bois. Après nous avoir alléché au cours de toute une première partie non seulement touchante mais également passionnante et pleine de suspense, il pense donner de l’ampleur à son récit en intégrant tout un tas de nouveaux personnages qui au contraire le rendent de plus en plus indigeste. Mais revenons-en au point de départ ! L’on voit Trampas jouer aux dames sur le seuil de la maison d’un ami plus âgé que lui joué par Hugh Marlowe. Moment de quiétude tout à fait sympathique, la partie étant arrêtée par la tranquille arrivée du shérif Abbott qui parle de son épouse – nous ne savions encore pas qu’il était marié – et d’une chemise à Ed qu’elle aurait eu à rapiécer ; tout ça pour en venir à avouer qu’une des franges de cette chemise a été retrouvée sur les lieux d’un crime. Ed ne sachant ou ne voulant pas expliquer pourquoi ces franges sont arrivées à l'endroit où s'est déroulé un tel drame, de plus incapable de lui présenter la chemise, le shérif se voit dans l’obligation de l’arrêter au grand dam de l’épouse du vieil homme et de Trampas qui n’en croit pas ses yeux tellement il considère son ami comme incapable de faire de mal à une mouche.

Il va apprendre peu de temps après que le couple couvre en fait Willy, le jeune frère de la femme à qui elle avait justement donné la chemise ; un jeune homme assez voyou qui avait déjà eu affaire à la justice. Le trouvant sur son chemin quelques heures plus tard, Trampas manque de se faire renverser par le cheval de ce dernier, le cavalier fuyant la ville, aggravant ainsi sa culpabilité. Mais Ed ne voulant toujours pas parler et le seul témoin qui pouvait le disculper ayant été retrouvé mort, c’est lui qui continue à être soupçonné et qui devra être jugé, voire très probablement pendu. Une seule chose reste à faire pour ne pas qu'une telle tragédie arrive – d’autant plus lorsque l’on sait pertinemment qu’il s’agit d’un innocent -, rattraper le véritable criminel afin qu’il se confesse en public. Demandant la permission à son régisseur de partir à la poursuite du seul homme capable d’innocenter son ami, Trampas se voit accepter sa requête ("It's important to me"), le Virginien, nous montrant une fois encore son côté bourru mais par-dessous profondément humain, lui rétorquant : "I don't see that you're that much help around here anyhow. You might as well be someplace where you'll do some good." Juste avant nous avions été témoin d’une autre intéressante conversation entre Trampas et le shérif quant au métier d’homme de loi :
- “Abbott vous aimez votre métier
- "Oui sauf lorsqu'il s'agit d'emprisonner d'honnêtes gens"
- "Je ne ferais votre métier pour rien au monde".

Les bases bien posées, le suspense à son comble, des personnages tous attachants… mais voici que le scénariste embraie et change de braquet avec sa partie aventureuse… et là tout s’écroule, nous faisant perdre pied par l’intégration de toute une flopée de personnages caricaturaux et en fin de compte assez inutiles : un tueur à gages noir (Raymond St Jacques), deux avides prospecteurs (George Kennedy et Jackie Coogan qui ne peuvent pas s’empêcher de cabotiner) ainsi qu’un couple qui ne s’entend plus (Gene Evans & Judy Meredith). Avalanches de nouveaux et parfois grotesques protagonistes, décors de studio très pauvres virant au ridicule, un Steve Carlson assez fade dans la peau du principal suspect, un scénario qui patine, une mise en scène peu inspirée - témoin cette fusillade finale qui faillit nous faire somnoler - et l’impression d’ensemble aura été finalement fort mitigée après un démarrage pourtant prometteur. Reste un Matin Milner parfait en ordure intégrale, son personnage du télégraphiste meurtrier étant la meilleure idée de cette histoire qui aurait vraiment pu aboutir à un grand épisode si le scenario n’avait pas été si lâche et aussi peu crédible passé la première demi-heure. La famille Grainger n’était donc pas forcément la principale source de faiblesse de cette saison car ses trois membres sont absents de ce Trail to Ashley Mountain. "Tu as fini de jouer au policier, on va pouvoir élever du bétail" dit ironiquement le Virginien à Trampas à la fin de l’épisode ; espérons que ce retour aux sources annoncé fasse réintégrer la série sur de bons rails.


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