Documentaire "James Stewart, Robert Mitchum : les deux visages de l'Amérique"

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Documentaire "James Stewart, Robert Mitchum : les deux visages de l'Amérique"

Messagepar Tecumseh » 07 févr. 2018 12:17

Pour ceux qui possèdent les chaînes Oranges, ce soir sur OCS Géants à 22H20, diffusion du documentaire de Grégory Monro :

"James Stewart, Robert Mitchum : les deux visages de l'Amérique "

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"Tout semblait les opposer, et pourtant… En retraçant le parcours de ces deux monstres sacrés hollywoodiens, le film “James Stewart, Robert Mitchum : les deux visages de l’Amérique”, enrichi d’archives exceptionnelles grâce aux filles respectives des deux stars, dresse un singulier portrait des États-Unis de l’après-guerre.

Premier juillet 1997. Robert Mitchum passe l’arme à gau­che, à 79 ans. Les ­cinéphiles n’ont pas le temps de sécher leurs larmes. Le lendemain, James Stewart, de dix ans son aîné, lui emboîte le pas. Sale temps pour les icônes. A quelques heures d’intervalle, Hollywood a perdu son mauvais garçon et son mari idéal. A première vue, hormis cette saisissante sortie de scène, et un seul film en commun, en 1978 — le très oubliable Grand Sommeil, de Michael Winner —, Bob et Jimmy n’ont pas partagé grand-chose. Le premier, parangon de virilité, s’est illustré dans des rôles assez sombres, de détective privé ou de cow-boy sans foi ni loi, à l’image de son célèbre personnage de révérend meurtrier dans La Nuit du chasseur. Le second incarne au contraire la fragilité humaine, toujours du côté de la loi et de la morale, politicien idéaliste ou commerçant bienveillant chez Capra (Mr Smith au Sénat, La vie est belle), shérif droit dans ses bottes chez Ford. L’idée de rapprocher ces deux stars dans un documentaire pourrait donc paraître artificielle.
Pays névrosé

Le réalisateur français Grégory Monro y pense pourtant depuis ce funeste mois de juillet où son radio-réveil l’a cueilli coup sur coup. Elevé aux westerns hollywoodiens et aux films de guerre, il a découvert très tôt James Stewart et Robert Mitchum. « Ce fut un choc lorsque j’ai appris leur disparition. J’ai grandi avec cette image du héros et de l’antihéros qui symbolisaient à eux seuls une certaine Amérique, celle du rêve et de la réussite. Très rapidement, je me suis rendu compte que les rôles n’étaient peut-être pas ceux que l’on croyait et qu’ils nous autorisaient non seulement à raconter le parcours cinématographique et personnel de deux figures majeures du paysage hollywoodien, mais surtout à dépeindre le portrait d’une Amérique loin du rêve que j’imaginais. Celle d’un pays en quête d’identité au sortir de la Seconde Guerre mondiale, un pays névrosé et empreint d’une troublante paranoïa, qui, malgré la victoire, n’a jamais vraiment su se stabiliser. »

Pour raconter cette histoire de l’Amérique par le prisme de Holly­wood, Grégory Monro a bénéficié de deux atouts majeurs : une belle collection d’archives où l’on découvre Mitchum et Stewart en famille, en tournage, ou donnant des interviews télévisées d’une rare franchise. Et, surtout, il a pu recueillir la précieuse parole des filles des deux stars, qui se trouvent avoir grandi dans le même quartier, et avoir fréquenté, dès la fin des années 1950, les mêmes écoles, comme beaucoup d’enfants d’acteurs. C’est une très belle idée de faire témoigner Petrine Mitchum en compagnie de Kelly et Judy, les jumelles Stewart. Donner la parole aux filles de chacun apporte une perspective féminine originale et permet au documentaire de dépasser l’écume des traditionnelles biographies de célébrités où chacun y va de son compliment.

Devenue écrivaine et réalisatrice de documentaires après une carrière de scénariste à Hollywood, Petrine Mitchum nous a confié avoir été un peu inquiète au début du projet, n’hésitant pas à user d’une métaphore pâtissière : « Dans l’inconscient collectif, mon père serait le chocolat et James Stewart la vanille du mâle américain. J’ai eu peur que le film se contente de cette superficialité. Mais même s’il est connu pour ses rôles de hors-la-loi, Mitchum a aussi interprété des personnages sensibles et drôles. Et Stewart, connu pour ses rôles positifs de père de famille, a aussi joué de nombreux personnages à la psyché tourmentée et à la nature plus noire, plus chocolat ! »
James Stewart avec ses filles Judy et Kelly.

Même prévention du côté de Kelly Stewart, qui n’avait jamais pensé à rapprocher son père de celui de sa camarade de classe, mais se réjouit du résultat. « Le film met en lumière leurs points communs : ils étaient des icônes et des héros du cinéma américain, tous les deux patriotes et tous les deux de grands professionnels dévoués à leur métier. Ils se respectaient et s’admiraient. Pas seulement dans le travail. Mon père, qui était le citoyen modèle comparé à Mitchum, avait néanmoins du respect pour son côté rebelle. »

Les journaux à scandale font généralement leurs choux gras des frasques des enfants de stars du cinéma. Les deux « filles de » insistent au contraire sur leur chance d’avoir eu des parents attentifs et aimants. Très conscientes de leurs privilèges, Petrine et Kelly disent tout le bonheur qu’elles ont eu à avoir un papa célèbre. Elles reconnaissent une enfance « aisée mais pas gâtée », avec « une ouverture sur le monde ». C’est à l’occasion d’un safari au Kenya en famille que Kelly Stewart découvre, à l’âge de 14 ans, sa vocation : elle sera anthropologue. Ce qui l’amènera à travailler auprès de Dian Fossey au Rwanda et au Congo pour étudier les gorilles (dans la brume).
Républicains à l’ancienne

Autre lieu commun auquel cet excellent documentaire tord le cou : les opinions politiques de James Stewart et Robert Mitchum, a priori incompatibles. Le premier s’engageant dans l’armée de l’air après la cuisante défaite de Pearl Harbor, contre l’avis des studios qui l’employaient, quand le second, déjà mis à l’ombre quelque temps pour consommation de marijuana, est enrôlé de force pour éviter la prison après une énième bagarre. La réalité est évidemment plus complexe. Tous deux « républicains à l’ancienne », selon leurs filles, ils partageaient les valeurs du libéralisme à l’américaine, c’est-à-dire un attachement viscéral aux droits individuels, comme on peut s’en rendre compte dans les archives exhumées par Grégory Monro. On apprend ainsi que James Stewart a été approché par J. Edgar Hoover pour servir de taupe au FBI pendant la chasse aux sorcières qui ravagea Hollywood au début des années 1950. Refus catégorique de l’intéressé. « Mon père ne pouvait pas supporter l’idée d’espionner ses amis, se souvient sa fille. Henry Fonda, qui était très proche de mon père, et comme lui ­extrêmement attaché aux libertés individuelles, a certainement eu une influence sur lui et l’a mis en garde contre les tactiques du sénateur McCarthy. »

C’est à la même période, justement, que les scénaristes camouflent leurs critiques contre l’anticommunisme primaire du gouvernement dans la science-fiction, le western, le film noir, apportant de l’ambiguïté à des films de genre a priori inoffensifs. Et de la complexité à un débat binaire qui en manquait cruellement. Devant la caméra de Hitchcock, Jimmy Stewart le patriote devient voyeur (Fenêtre sur cour), espionnant les faits et gestes de ses voisins, criminels en puissance. Dans La Corde, il cherche la culpabilité enfouie en chacun de nous et découvre sa part de responsabilité dans le meurtre commis par ses étudiants.

« En se proclamant le gendarme du monde, les Etats-Unis ont dû faire face à leurs propres démons, analyse Grégory Monro, prônant la liberté mais usant de violence pour éradiquer la violence. Ce qui m’interpelle, c’est de voir à quel point cette quête d’identité raisonne ­aujourd’hui plus que jamais… » Quand on leur a demandé quel sentiment leur père aurait éprouvé pour l’actuel président des Etats-Unis, Petrine Mitchum et Kelly Stewart ont employé, sans le savoir, le même mot : « consternation ». "

Source Télérama - article de Jérémie Couston
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Re: Documentaire "James Stewart, Robert Mitchum : les deux visages de l'Amérique"

Messagepar Chris » 07 févr. 2018 12:36

Ça a l'air super intéressant!!! :applaudis_6:

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Sitting Bull
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Re: Documentaire "James Stewart, Robert Mitchum : les deux visages de l'Amérique"

Messagepar Sitting Bull » 07 févr. 2018 17:48

Tecumseh a écrit :Pour ceux qui possèdent les chaînes Oranges, ce soir sur OCS Géants à 22H20, diffusion du documentaire de Grégory Monro :

"James Stewart, Robert Mitchum : les deux visages de l'Amérique "

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Ça doit pouvoir s'arranger. :wink:
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Arizona Kid
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Re: Documentaire "James Stewart, Robert Mitchum : les deux visages de l'Amérique"

Messagepar Arizona Kid » 08 févr. 2018 23:24

Ouuuiiiin, je n'ai plus les chaînes cinéma d'Orange, moi; c'est pô justeuuuuh :lol:
Blague à part, un documentaire sur ces deux icônes du cinéma américain -et notamment du western, ce genre qui nous est si cher- ne peut qu'être fort intéressant...

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