Le Western Muet : l'année 1922

Hombre vous propose un aperçu des westerns muets au fil des années
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Le Western Muet : l'année 1922

Messagepar Hombre » 03 mars 2018 10:33

Année 1922




Une séance au temps du cinéma muet :

« Ah ! si Charlot l’avait su ! il serait venu trinquer avec nous pour applaudir avec les
cheminots délirants, au triomphe de M. Nouvel-An, son sosie. M. Nouvel-An était le
directeur de ce cinéma bistrot.
… Dans ses imitations des bruits, c’était un véritable virtuose, c’est pourquoi son
programme se composait des films d’actualité et de films documentaires qu’il choisissait
lui-même, ce qui lui permettait de donner libre cours à son talent et à sa fantaisie.
Il faisait le vent, la pluie, le clair de lune, la nuit l’orage, la tempête, le bruit des machines,
le télescopage d’un train en marche, le ronflement d’un moteur d’avion, le brouhaha de
la foule dans la rue, la sortie du métro, l’incendie, tous les animaux, mâles et femelles,
tous les oiseaux, à volonté, la mer ou l’océan, et imitait comme pas un le téléphone,
sa sonnerie, sa friture, son dialogue coupé ou une bataille de revolvers. Pour les films
de Charlot il improvisait des sketches vertigineux et irrésistibles. Sa voix imitait toutes
les contorsions, toutes les acrobaties de Charlot et de ses comparses, et dans les moments
pathétiques, quand l’action marquait un temps d’arrêt pour laisser apparaître en gros plan
sur l’écran la face consternée de Charlot, figé, hébété, foudroyé, avec ce sourire si triste,
à retardement, désarmé, qu’il a devant la méchanceté du sort, quand il est désemparé,
qu’il tombe de son haut, que la vie lui a rogné les ailes, M. Nouvel-An trouvait des mots
d’un drôle qui vous tirait les larmes. Le petit chapeau, le large pantalon, la petite canne,
la fuite, la chute, les glissades, l’équilibre instable, la soif, la faim, l’amour, chacune des
particularités de Charlot avait sa voix propre, son intonation spéciale, son accent et son timbre.
Il y avait des grimaces, des gifles, des coups, d’affreux retours sur soi-même, un étonnement
angélique dans les intonations que M. Nouvel-An savait prendre ; sa voix arrivait même à rendre
la démarche les pieds en dehors de Charlot. »
Blaise Cendrars. Les Confessions de Dan Yack.

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Le Palace cinéma, théâtre, dancing de Loudun, avec son piano et son orgue :
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L'orchestre du Palace :
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Photos : E. Verger

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Helen Holmes (1892 – 1950)

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Selon son arrière petite fille, Helen Holmes, n'était pas actrice de théâtre, contrairement à ce qu’on a pu écrire.
Par ailleurs, c'est grâce à Mabel Normand qu'elle démarre sa carrière d'actrice cinématographique.

Fille d'un ingénieur des chemins de fer, elle a grandi dans cet univers et adolescente savait déjà conduire une locomotive.
En 1910, la famille déménage, à cause de la maladie de son frère à la Vallée de la Mort. Helen vit aux côtés des Indiens
et elle a été chercheuse d'or. A la mort de son frère Helen part pour Los Angeles.

En 1912, Helen Holmes fait la connaissance de Mabel Normand qui la présente à Mack Sennett et signe pour la Keystone.
L'année suivante elle tournera 20 films. Cette même année Helen rencontre l’acteur et réalisateur J.P. McGowan
(fils de cheminot aussi) son futur mari et partenaire.

En 1914, Helen Holmes est l'héroïne du serial aux 119 épisodes
The Hazards of Helen, qui l'a rendu célèbre. Elle participe également à la réalisation et à l'écriture :
"si une actrice de cinéma veut montrer de vrais frissons, elle doit les écrire elle-même dans le scénario ».

En 1915, elle coproduit avec JP McGowan le serial de 15 épisodes The Girl and the Game, dans lequel
" l'intrépide Helen sauve son père et son petit ami d'un accident de train, sauve encore ce dernier, mais cette
fois d'une locomotive en feu ; sauve la compagnie de chemin de fer de la ruine financière ; récupère les salaires
des mains des voleurs, sauve à nouveau son petit ami et un ami d'un autre accident de train ; sauve un homme
d'un lynchage ; capture des voleurs ; sauve deux hommes après l'éboulement d'une mine ; récupère encore de
l'argent volé et décroche un train de marchandises pour éviter un «terrible accident».



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Helen Holmes était connue pour faire les cascades de ses films elle-même et était appelée la Railroad Girl.
Ses exploits durant les tournages de ses films étaient vraiment dangereux à une époque ou les conditions de sécurité
n'étaient pas les meilleures et il arrivait de déplorer des morts. Elle a échappé une fois à un train en feu;
une autre fois elle se sauve d'un camion dont les freins ont lâchés; elle aurait perdu un pouce en sautant d'une
monture au galop sur un train roulant à toute vitesse.

Aimant les voitures et la vitesse, Helen n’hésitait pas à s'inscrire avec l'initiale de son prénom pour contourner les
règles interdisant aux femmes les compétitions.

Dans les années vingt la mode n'étant plus aux héroïnes, la popularité d'Helen chute. Elle tourne encore un peu, on la
voit donnant la réplique aux acteurs tels : William Desmond, Hoot Gibson et Jack Hoxie ainsi que JP McGowan.


Helen Holmes conduisant une locomotive en 1912 :
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2 westerns avec Helen Holmes :

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Whispering Smith
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J. P. McGowan (1880-1952) dirige en 1916 la première adaptation du roman Whispering Smith, et il compte sur le
concours de l'auteur : Frank H. Spearman pour le scénario.
Par la suite il y aura 2 remakes : en 1926 avec H. B. Warner et Lilian Rich et en 1948 avec Alan Ladd et Brenda Marshall.

Fiche technique :
Année : 1916
Réalisateur : J.P. McGowan
Scénario : Frank H. Spearman d'après son roman
Production : Signal Film
Durée : 5 bobines


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Distribution : Helen Holmes (Marion Sinclair), Belle Hutchinson (Sinclair's friend), J.P. McGowan
(Whispering Smith), Paul Hurst (Murray Sinclair), Leo D. Maloney (DuSang)

Helen Homes, JP McGowan et Paul Hurst :
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Ghost City
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Helen Holmes et Jack Connolly :
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"Nada Mayhew persuade son père malade de passer quelques mois dans les montagnes, où ils sont soupçonnés
à tort d'être des agents fédéraux par les trafiquants Bob Clark et Jim Hendricks. Utilisant une carte trouvée
par Nada, père et fille partent à la recherche d'une veine d'argent cachée, mais pour échapper à la bande
ils chevauchent jusqu'à Ghost City. Quand l'arpenteur Dick Carroll trouve Nada dans sa cabine, elle le soupçonne
de faire partie du gang et l'attache. Jim Hendricks arrive et capture Nada. Réalisant son erreur, Nada ronge les
liens de Dick tandis que Hendricks cherche la carte, boit accidentellement du poison et provoque un incendie.
Tous les trois s'échappent. Dick bat Hendricks, et Nada et Dick reprennent la recherche de la veine"

AFI Catalog of Feature Films

Fiche technique :
Année : 1921
Réalisateur : William Bertram
Scénario : George Rix, d'après l'histoire, The Girl in Gopher City
Image : Stephen Norton
Production : Helen Holmes Productions
Durée : 1.500 m (5 bobines)

Distribution : Helen Holmes (Nada Mayhew), Leo Maloney (Jim Hendricks), Ann Schaefer (Desert Meg),
Tom London (Bob Clark), Jack Connolly (Dick Carroll)

William Bertram et Anne Schaefer :
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L'Aigle (Sky High)
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Grant Newbury (Tom Mix), est un agent, envoyé pour démanteler le trafic à la frontière mexicaine. Alors qu'il
est en reconnaissance, il tombe sur Estelle (Eva Novak), perdue dans le Grand Canyon en faisant du tourisme.
Grant est capturé et ligoté par Bates (J. Farrell MacDonald), le chef des contrebandiers, au courant de sa mission.
Avec l'aide d'Estelle, il s'échappe et arrive à Williams City et demande l'aide du shérif. Pendant ce temps, Bates
kidnappe Estelle, ignorant qu'elle est la nièce de son employeur, Jim Halloway. Grant Newbury grimpe dans
un avion, saute dans un ruisseau, nage vers l'endroit où est détenue Estelle et la sauve. Les bandits sont arrêtés
et la romance de Grant et Estelle...

Le rythme du film est soutenu, on y voit de belles images du Grand Canyon, ce malgré les copies moyennes existantes,
le film a 96 ans !

Film visible sur Internet Archive : https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q= ... mzSjPdNG1E

Voir aussi l'article de Pak : viewtopic.php?f=7&t=16278&p=230584&hilit=In+the+Land+of+the+Head+Hunters#p230596

Tom Mix, Eva Novak, Pat Chrisman, Sid Jordan et Wynn Mace :
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Fiche technique :
Réalisateur : Lynn Reynolds
Scénario : Lynn Reynolds
Image : Benny Kline
Production : Fox Film Corporation
Durée : 58 min – 1.385 m '(5 bobine)
Lieu de tournage : Grand Canyon National Park ; Williams, Arizona

Tom Mix et Eva Novak :
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Distribution : Tom Mix (Grant Newbury), Eva Novak (Estelle Halloway), J. Farrell MacDonald (Jim Frazer,
gardien), Sidney Jordan (Andrew ‘Bullet’ Bates), William Buckley (Victor Castle), Pat Chrisman (Pasquale),
Wynn Mace (Patterson), Adele Warner, (Marguerite Castle), Tony (cheval)




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Youth Must Have Love
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« Earl Stannard (Wallace MacDonald ), est accusé de meurtre, arrêté et envoyé en prison. Della Marvin
(Shirley Mason) découvre qu’il est victime d’un complot ourdi par son père (Cecil Van Auker). Earl s'échappe
et retrouve celui qui l’avait dénoncé. Marvin Sr. avoue avoir menti pour protéger son ami. Finalement,
le vieil homme innocente Stannard et désigne son ami comme le vrai coupable. »
AFI
Film considéré perdu.

Fiche technique :
Réalisateur : Joseph Franz
Scénario : Dorothy Yost, d'après son histoire
Image : George Schneiderman
Production : Fox Film Corporation
Durée : 5 bobines

Shirley Mason et Wallace MacDonald :
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Distribution : Shirley Mason (Della Marvin), Cecil Van Auker (Mr. Marvin), Wallace MacDonald (Earl Stannard),
Landers Stevens (Frank Hibbard), Wilson Hummel (Austin Hibbard)



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The Greater Duty
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Gilbert M. « Broncho Billy » Anderson :
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Après 349 films, le premier cowboy du cinéma, G. M. « Broncho Billy » Anderson tire sa révérence et livre ici
son dernier film en tant qu’acteur. Cette même année il réalisera aussi, ses trois derniers films dont deux
comédies avec Rigolo Stan Laurel.

Tournage d'un film avec "Broncho Billy", en 1910 :
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Fiche technique
Production : Amalgamated Producing Corporation
Durée : 1500 m (5 bobines)

Distribution : Gilbert M. « Broncho Billy » Anderson; Carol Holloway; Frank Campeau; Melbourne MacDowell


Carol Holloway, Frank Campeau et Melbourne MacDowell :
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Modifié en dernier par Hombre le 30 mars 2018 21:37, modifié 17 fois.

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Re: Le Western muet : Un aperçu chronologique 1903 - 1929

Messagepar Hombre » 30 mars 2018 17:57

Année 1922 (Suite)


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En 1922, un seul film de W.S. Hart sort sur les écrans.


Par Marc

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Sur les grands chemins (Travelin’on)
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Travelin’on vient confirmer que le crépuscule de la star a commencé.
C’est le dernier film du contrat signé en 1920 entre la William S. Hart Company et la Paramount Artcraft.
L’accord qui portait sur toute une série de films produits et interprétés par l’acteur n’est pas reconduit.
Paramount juge trop aléatoire de s’engager sur la distribution successive de plusieurs métrages mettant
Hart en vedette.
Le nom de celui qui fut la première star du western n’est plus une garantie absolue de succès.
Après 1922, les derniers films de Hart feront l’objet de contrats de distribution ponctuels : deux seront
encore distribués par Paramount et l’ultime, le célèbre Tumbleweeds, le sera par United Artists.

Dans Travelin’on, W.S. Hart construit son film sur un personnage calqué sur ceux qui ont fait sa renommée :
un individu d’abord douteux et égoïste qui se révèle au final sensible et généreux.
C’est la dernière fois.
Ses ultimes westerns, deux reconstitutions historiques et une tragi-comédie ratée, ne reprendront pas de façon
aussi évidente le thème de la rédemption. Le good badman termine ici son chemin.

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Enfin, ce film est le dernier de l’acteur à être dirigé par Lambert Hillyer, il met fin à une série ininterrompue
de onze films entre la star et son réalisateur.
Après leur séparation, Hillyer mettra ses talents au service du premier rival de Hart, le fantasque Tom Mix.
Il continuera à réaliser de nombreux westerns (dont la seconde adaptation de The Spoilers), mais jamais il ne
retrouvera dans le genre l’éclat de ses collaborations avec Hart.
Sa carrière se terminera à la télévision au milieu des années 50, après un long passage par les petits budgets de
la Monogram.

Travelin’on est aujourd’hui un film difficile à voir. Contrairement à d’autres films de l’acteur, il n’a fait l’objet
d’aucune édition sur support VHS ou DVD .
La raison en est simple : il n’existe aucune copie complète du métrage, même celle détenue à la Library of
Congress
est amputée d’une bobine.
Toutefois, ce film semble plus intéressant par la façon dont il a été reçu que pour ses qualités propres.

Hart, Ethel Grey Terry et Mary Jane Irving :
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J.B. (Hart) est un cow-boy sans foi ni loi, son passé trouble le rend inquiétant aux yeux de ceux qui l’approchent.
Au hasard de ses vagabondages, il passe par une petite ville où un prêcheur, Morton, et sa femme Susan,
essaient de faire bâtir une église.
J.B. convoite rapidement Susan, tout comme McGee, le propriétaire du Saloon. Susan les repousse tous les deux.
McGee décide d’employer la force pour parvenir à ses fins. J.B., amoureux sincère de la jeune femme, la
protège, puis la sauve.
De son côté, Morton, désespéré car incapable de trouver de quoi financer son église, décide de voler l’argent
nécessaire à cette bonne cause. Il attaque et pille une diligence.
Le shérif retrouve sa trace et le capture. Il est condamné à la pendaison.
Afin de disculper le prêcheur, J.B. s’accuse du crime. Il renonce ainsi à son amour pour Susan et se sacrifie pour
lui épargner le déshonneur.
Mais, plus malin que Morton, il s’échappe de la prison la veille de son exécution et disparaît.

Pour leur dernière collaboration, Hart et Hillyer livrent un film distrayant, mais en-deçà de leurs meilleures œuvres.
Le scénario pioche des éléments dans certains des précédents films de l’acteur : Hell’s Hinges, Sand !, The Cold Deck
et même On the Night Stage ( 1915).
L’intrigue est tirée d’une nouvelle écrite par Hart, lequel semble avoir de plus en plus de mal à renouveler son inspiration.
Le ton général est tragique, mais des séquences plus légères sont distillées au cours du récit.
Ainsi si Fritz, le légendaire cheval de l’acteur, est toujours présent à l’écran, l’animal vedette du film est
bel et bien le petit singe Jocko, à qui le héros confie ses tourments .
Hart déroule ici un rôle complètement maitrisé.

Hart et Jocko :
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Travelin’on va se distinguer d’une façon tout à fait inattendue dans la filmographie de W.S. Hart.
C’est le film de l’acteur qui a généré les critiques les plus virulentes, certaines d’une violence peu commune.
Elles ne portaient pas sur la forme mais bien sur le fond.
Les autorités religieuses de différentes confessions ne supportèrent pas de voir un homme de foi commettre
un crime, pas plus qu’elles ne tolérèrent de voir un mécréant sauver la brebis égarée.
C’est bien la situation contraire qui était relayée systématiquement par le cinéma américain, trop souvent envahi
par de bonnes (et hypocrites) intentions.
Hart avait pourtant déjà fait mieux (ou pire ?) sans déclencher autant d’opprobre avec Hell’s Hinges (où l’on voyait
un pasteur renier les valeurs spirituelles de sa religion sous l’emprise de l’alcool).
Cela n’empêcha pas Travelin’on d’être qualifié de film nauséabond et pervers dans de nombreux états américains.
En particulier ceux où les méthodistes étaient majoritaires, dans le Middle West et le Sud des Etats-Unis.
Même le magazine Variety, habituellement favorable à l’acteur, fustigea le film sous la pression de ses détracteurs.

Pour W.S.Hart , cette année 1922 est donc symbolique d’une cassure avec la prestigieuse période précédente.
De plus, l’échec de son mariage avec Winifred Westover (actrice qui tint le rôle féminin principal de la première
version de Three Godfathers tournée par Ford) mit fin aux projets domestiques de l’acteur.
Et même si la plupart des films du contrat de Hart avec Paramount Artcraft furent d’honnêtes succès, ils restèrent
loin des triomphes d’un Douglas Fairbanks à la même époque : Mark of Zorro (1920), The Three musketeers (1921)
et Robin Hood (1922) dominèrent sans peine le box-office.

Le western tel que le concevait Hart n’était déjà plus à la mode en 1922.
Ses trois principaux concurrents dans le genre le comprirent vite.
Tom Mix en propulsera les codes hors du continent américain : Tom Mix in Africa (1922).
Hoot Gibson, autre antithèse de Hart, mais moins spectaculaire que Tom Mix , connaitra une popularité extraordinaire
en créant un personnage pétri de bonne humeur et de naïveté.
Buck Jones, enfin, s’imposera par des rôles plus sérieux que les deux autres acteurs cités , mais il prendra toujours
soin d’éviter de donner dans l’amertume et la tragédie, caractéristiques des westerns de W.S. Hart.
Celui-ci, toutefois, ne se découragera pas et va persévérer dans le genre au cours des trois dernières années de sa
carrière.
Pour le meilleur et pour le pire…

Fiche technique :
Réalisateur : Lambert Hillyer
Scénario : Lambert Hillyer, d'après “J.B. the Unbeliever” de William S. Hart
Image : Joe August
Production : William S. Hart Company
Durée : 70 min (7 bobines)

Distribution : William S. Hart (J.B., l'étranger), James Farley (‘Dandy’ Dan McGee), Ethel Grey Terry
(Susan Morton), Brinsley Shaw (Hi Morton), Mary Jane Irving (Mary Jane Morton), Robert Kortman (Gila),
Willis Marks (‘Know-It-All’ Haskins), Fritz le cheval, Jacko le singe


Sorties des films de William S. Hart en 1922 :

Travelin’on (mars) Réalisation : Lambert Hillyer.

Dossier préparé par Marc.



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The Ableminded Lady
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"Un célibataire endurci (Henry B. Walthall) est embauché comme nouveau contremaître par la propriétaire
d'un ranch trois fois veuve (Helen Raymond). Walthall devient non seulement son quatrième mari, mais arrête
aussi une bande de voleurs de bétail. Au passage l'homme réunit deux jeunes amoureux.
L'acteur vétéran, Walthall est entré dans l'histoire comme D.W. Le jeune colonel dans Naissance d'une nation
(1915) de Griffith. L'ingénue, Elinor Fair, a plus tard épousé William Boyd, son partenaire dans The Volga
Boatman
(1926)."
ALLMOVIE

Fiche technique :
Réalisateur : Don Gamble, Ollie Sanders
Scénario : D'après “The Able-minded Lady” de William R. Leighton
Image : Ollie Sellers
Production : Pacific Film Company
Durée : 5 bobines

Distribution : Henry B. Walthall (Breezy Bright), Elinor Fair (Daphne Meadows), Helen Raymond (Widow McGee)

Henry B. Walthall et Elinor Fair :
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Rintintin (1918 – 1932)


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Durant la première guerre mondiale, une femelle berger allemand et ses cinq chiots
seuls survivants d'un chenil bombardé à Flirey sont découverts par le caporal américain
Lee Duncan mitrailleur sur bombardier, qui adopte deux chiots et les nomme Nénette
et Rintintin en souvenir des poupées de laine, amulettes offertes par les enfants
aux soldats pour leur porter chance.

Lee Duncan et Rintintin, en 1918 :
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Nénette et Rintintin, les 2 poupées en laine :
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Lee Duncan amène les deux chiots aux EU. Nénette meurt durant la traversée de
l'Atlantique. Plus tard, Rintintin participe à des spectacles canins, le producteur
Charles Jones le voit franchir une palissade haute de 3,50 mètres et demande
l'autorisation de le filmer. Et c'est le début d'une étonnante carrière.

Par la suite Rintintin joue dans 28 westerns dont le premier sort en 1922, Gaspard
le loup (The Man from Hell's River).

A sa mort à l'age de 13 ans Lee Duncan le fait rapatrier en France et enterrer au
cimetière des chiens à Asnières-sur-Seine.

Rintintin à son étoile sur Hollywood boulevard.
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Gaspard le loup (The Man from Hell's River)
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Rintintin en 1929 :
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"Connu aussi par Hell's River. Presque tous les acteurs doivent se frayer un chemin à partir des
rôles de soutien et cela inclut même Rin-Tin-Tin. Connu seulement sous le nom de Rin Tin en 1922, il a fait un
début remarquable dans ce drame du Nord-Ouest, basé sur le roman de James Oliver Curwood, God of Her People.
La jolie Maballa (Eva Novak) vit dans un petit poste de traite canadien-français avec son père. Alors que son
amoureux Pierre, un Mountie (Irving Cummings, qui a également dirigé), est en train de capturer des méchants,
elle se retrouve à la merci de Gaspard, un personnage diabolique connu sous le nom de Wolf (non, Rin-Tin-Tin,
mais Wallace Beery en mode méchant élevé). Gaspard sait que le père de Maballa est recherché pour un meurtre
(qu'il n'a bien sûr pas commis) et menace de le faire arrêter à moins qu'elle ne l'épouse. Maballa n'a pas le choix,
et est fiancée à Gaspard au moment où Pierre revient au poste (c'est ici que Rin-Tin-Tin apparaît, en tant que chien
pilote de l'équipe de Pierre). Maballa ne peut pas expliquer la situation à son petit ami, mais un prêtre finit par tout
raconter. Gaspard essaie d'emmener Maballa, mais Pierre le suit et un combat à mort s'ensuit. Au moment où les
choses semblent mauvaises pour Pierre, son fidèle chien-pilote saute sur Gaspard et l'envoie voler au-dessus de la falaise.
Pierre et Maballa sont finalement réunis et Rin-Tin-Tin prend sa place dans l'histoire du cinéma aux côtés d'une
autre star de l'ère du silence, Strongheart. »
Janiss Garza. ALLMOVIE.

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Premier film où apparaît le chien star Rintintin (1918-1932). Il tournera 28 films pour la Warner.

Film probablement perdu.

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Fiche technique :
Réalisateur : Irving Cummings
Scénario : Irving Cummings, d’après l’histoire “God of Her People” de James Oliver Curwood
Image : Conrad Wells
Production : Irving Cummings Productions production
Durée : 1.500 m (5 bobines)

Distribution : Irving Cummings (Pierre de Barre), Eva Novak (Mabella), Wallace Beery (Gaspard, the Wolf),
Frank Whitson (Sergeant McKenna), Robert Klein (Lopente), William Herford (le padre), Rin-Tin-Tin (le chien-loup)

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Moonshine Valley 
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Sadie Mullen, Holmes Herbert, William Farnum et Jean Bronte (le chien) :
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Ned Connors, un prospecteur,vit heureux avec sa femme dans les collines, jusqu'à ce que le destin amène un visiteur
malade à leur cabane: le Dr Martin. La femme de Connors,le soigne et tombe amoureuse de lui. Lors d'un combat Martin,
tire sur Connors et jette son corps du haut d'une falaise. Mme Connors, croyant son mari mort, part avec Martin.
Pendant ce temps, Connors, vivant mais gravement blessé, est sauvé par son chien. Quelques années passent, Connors
devenu un ivrogne, recueille une petite fille égarée. L'enfant tombe malade, Connors appelle le médecin et se retrouve
face à face avec Dr Martin qui reconnaît sa fille et veut l'emmener. Connors le tue. Le film se termine avec Connors sa
femme et la petite fille réunis.

Film considéré perdu.

Dawn O’Day et William Farnum :
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Fiche technique :
Réalisateur : Herbert Brenon
Scénario : Mary Murillo et Herbert Brenon
Image : Tom Malloy
Production : Fox Film Corporation
Durée : 50 min - 1 730,96 m (5 bobines)

Distribution : William Farnum (Ned Connors), Sadie Mullen (sa femme), Holmes Herbert (Docteur Martin),
Dawn O’Day (Nancy, la fille), Jean Bronte (Jeane, le chien)

Dawn O’Day et William Farnum :
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Big Stakes
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Chassant un veau à travers la frontière, un cow-boy rencontre une señorita fiancée d'un Capitaine mexicain.
Celui-ci jaloux, projette la mort du cow-boy provoqué par la morsure du monstre de Gila appelé le "reptil diablo".
Le cow-boy demande au Capitaine d'accepter une compétition entre les haricots sauteurs. Le cow-boy gagne et
laisse la señorita choisir entre les deux. Puis, il part pour sauver une autre fille kidnappée par les Night Riders,
alors le Capitaine décide de le suivre pour l’aider.

Le réalisateur Clifford Sanford Elfelt (1892 –1975) était aussi scénariste et producteur dans la période du cinéma
muet. Il a essentiellement travaillé pour Universal de 1916 jusqu’en 1926. Il avait aussi créé sa propre maison de
production, Clifford S. Elfelt Productions. Il a été marié à l’actrice Gladys E. Fry (1903 – 1991). Autres westerns :
Flaming Hearts (1922); Crimson Gold (1923); $50,000 Reward (1924); Under Fire (1926)…

Au centre le cowboy et le capitaine :
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Le monstre de Gila appelé le reptil diablo :
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Le cowboy tire sur le reptile :
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Fiche technique :
Réalisateur : Clifford S. Elfelt
Scénario : Frank Howard Clark, d’après l’histoire “High Stakes” de Earl Waylan Bowman
Image : Clyde De Vinne
Production : Clifford S. Elfelt Productions
Durée : 61 min – 1.420 m (5 bobines)

Distribution : J.B. Warner (le cowboy), Elinor Fair (Senorita Mercedes Aloyez), Les Bates, Willie May Carson,
H.S. Karr, Robert H. Gray (Capitan Montoya)
Modifié en dernier par Hombre le 12 avr. 2018 15:15, modifié 2 fois.

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Re: Le Western muet : Un aperçu chronologique 1903 - 1929

Messagepar Hombre » 05 avr. 2018 17:57

Année 1922 (Suite bis)




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Malec chez les Indiens (The Paleface)
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Les dirigeants d'une compagnie pétrolière s'emparent de l'acte de propriété de terres indiennes
et donne une journée aux occupants pour s'en aller.
Le chef décide de saisir et brûler le 1er homme blanc qu'ils apercevront sur leurs terres. Keaton,
insouciant chasseur de papillons se pointe.

Buster Keaton observe un papillon :
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S'en suit une série de gags . Au final Buster reconnu par les indiens comme un grand chef,
les aidera dans leur combat.

Film à voir sur le site Internet Archive. Vous passerez un bon moment (20 min) : https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q= ... uKRe-8enfd

Keaton reconnu chef (Joe Roberts et Keaton) :
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Virginia Fox et Keaton :
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Fiche technique :
Réalisateur : Buster Keaton, Eddie Cline
Scénario : Buster Keaton, Eddie Cline
Image : Elgin Lessley
Production : Comique Film Corporation
Durée : 20 min - 600 m (2 bobines)
Lieu de tournage : Iverson Ranch - 1 Iverson Lane, Chatsworth, Los Angeles, Californie

Distribution : Buster Keaton (petit chef paleface), Virginia Fox (fiancée Indienne), Joe Roberts (chef Indien)

Les indiens, les représentants pétroliers et les deux chefs :

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The Bearcat
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Cow-boy indolent , le Bearcat, alias “The Singin 'Kid”, traverse le Rio Grande en chantant . Il sauve Alys, fille
de l'éleveur John P. May, des roues d'une voiture folle. Le père en récompense lui offre un emploi dans son ranch.
Bien que sachant Alys fiancée à Aitken, camarade de collège de son frère, le Kid en tombe rapidement amoureux.

Voici à quoi ressemble un bearcat
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Hoot Gibson et Lillian Rich :
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Aitken a des ennuis avec Mary Lang son ex petite amie qui veut monnayer son silence . Soucieux de protéger la
réputation d'Alys, le Kid déconseille à Aitken de payer, et lorsque le complice de Mary est assassiné, il en endosse la
responsabilité. Par la suite il prouve son innocence, et arrête le vrai coupable. Quant à Aitken, il part pour l'Est
laissant le champ libre aux deux amoureux.

Film considéré perdu.

Le Bearcat attrape le vrai coupable :
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Fiche technique :
Réalisateur : Edward Sedgwick
Scénario : George Hively, d’après une histoire de Frank R. Buckley
Image : Charles Kaufman
Production : The Universal Film Manufacturing Company
Durée : 50 min – 1.386,84 m (5 bobines)

Edward Sedgwick, en 1914 :
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Distribution : Hoot Gibson (‘The Singin’ Kid’), Lillian Rich (Alys May), Charles K French (Sheriff Bill Garfield), Joe Harris
(Doc Henderson), Alfred Hollingsworth (John P. May), Harold Goodwin (Peter May), William Buckley (Archer Aitken),
Fontaine La Rue (Mary Lang)

Edward Sedgwick (1889 – 1953) était un réalisateur, scénariste, acteur et producteur. Fils de parents acteurs,
dès l'âge de 4 ans il fait partie de la troupe de vaudeville familiale. A 7 ans il obtient son premier rôle dans une comédie
écrite par son père, Just Over. C'est Romaine Fielding qui l’introduit dans le cinéma, en 1915. En 1920 Edward
dirige son premier film, il en tournera 79, dont au moins 25 westerns. En 1921 il intègre l'unité des westerns de Tom Mix.
Edward fait la connaissance de Buster Keaton, son âme sœur et il réalisera la plupart de ses films MGM, dont L'opérateur (The Cameraman), en 1928.

Buster Keaton et Edward Sedgwick durant le tournage de The Cameraman :
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Man to Man
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Steve Packard fils d'un riche éleveur de l'Arizona, est un bon à rien qui vit dans une île du Pacifique Sud.
Après l'assassinat de son père, Steve revient en Arizona réclamer son héritage. Le grand-père de Steve
aidé de son fidèle contremaître tente par tous les moyens de s'approprier le ranch et l'héritage qui reviennent
à Steve. Celui-ci est même accusé de vol, mais au final, Steve traque le meurtrier, appréhende le voleur,
et au passage gagne le cœur de Terry Temple propriétaire du ranch voisin.

Film probablement perdu.

Lillian Rich et Harry Carey :
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Fiche technique :
Réalisateur : Stuart Paton
Scénario : George C. Hull, d'après le roman "Man to Man" de Jackson Gregory (New York, 1920).
Image : William Thornley
Production : Universal Pictures Corporation
Durée : 60 min - 1.715,72 m (6 bobines)

Distribution : Harry Carey (Steve Packard), Lillian Rich (Terry Temple), Charles Le Moyne (Joe Blenham),
Harold Goodwin (Slim Barbee), Willis Robards (Bill Royce)



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Colleen of the Pines
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Le trappeur Duncan Cameron, père de deux jeunes filles, Joan et Esther n'a aucune idée de ce qu'elles désirent,
et veut imposer son autorité. Il destine Joan a Paul Bisson qu'elle déteste, et ignore qu'Esther est amoureuse de
Jules Perrault . En l'absence de son père parti trapper en compagnie de Bisson, Esther s'enfuit avec Perrault.
Joan rencontre Barry O'Neil, un officier de la Police montée, ils tombent amoureux l'un de l'autre . Le jour de
son départ, Barry lui promet de revenir . Plusieurs mois ont passés, lorsque Esther portant un enfant, revient
s'accusant du meurtre de Perraut. Au même moment, le père et Bisson sont de retour : pour éviter à sa sœur
la colère de leur père, Joan déclare que le bébé est le sien et s'enfuit. Elle est poursuivie par Bisson fou de rage,
mais aussi par O'Neil qui lui, poursuit la meurtrière présumée. Il s'avère que Perrault n'est pas mort et tout
finira par s'arranger.

Film probablement perdu.

Fiche technique :
Réalisateur : Chester Bennett
Scénario : J. Grubb Alexander
Image : Jack MacKenzie
Production : Chester Bennett Production
Durée : 1.444,14 m (5 bobines)

Distribution : Jane Novak (Joan Cameron), Edward Hearn (Barry O’Neil), Alfred Allen (Duncan Cameron), J. Gordon Russell (Paul Bisson), Charlotte Pierce (Esther Cameron), Ernest Shields (Jules Perrault), ‘Smoke’ Turner (Jerry-Jo)

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The Masked Avenger
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Pat of Paradise possède un ranch dans un quartier fréquemment attaqué par une bande
de cavaliers masqués. Les propriétaires voisins se réunissent pour se débarrasser des
voleurs, mais Patterson s'en désintéresse jusqu'au jour ou les cavaliers s'en prennent
à son propre bétail. Il décide alors de faire le guet toutes les nuits , lui-même masqué
tel Zorro, afin de les identifier. Les voisins se méprennent et le confondent avec l'un
des voleurs . Il doit à tout prix prouver son innocence.

Dorothy Davenport et Lester Cuneo :
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Fiche technique :
Réalisateur : Frank B Fanning
Scénario : Henry McCarty, James Leo Meehan
Production : Doubleday Production Company
Durée : 60 min – 1.447,8 m (5 bobines)

Dorothy Davenport et Lester Cuneo :
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Distribution : Lester Cuneo (Austin Patterson), Dorothy Davenport (Valerie Putnam) Wallace Reid Jr. (Ecolier),
Claude Payton (Bruno Douglas), William Donovan (Shérif Dan Dustin)
Modifié en dernier par Hombre le 17 avr. 2018 19:59, modifié 7 fois.

limpyChris
Marshall
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Re: Le Western muet : Un aperçu chronologique 1903 - 1929

Messagepar limpyChris » 08 avr. 2018 21:02

Toujours pas eu le temps de tout lire, mais quel travail de recherches, clair et agréablement présenté ... :applaudis_6: :sm43:
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

- You've seen too many westerns, old man.
- That doesn't exactly work in your favor.


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