Le Western Muet : l'année 1917

Hombre vous propose un aperçu des westerns muets au fil des années
Avatar du membre
Hombre
Marshall
Marshall
Messages : 2857

Le Western Muet : l'année 1917

Messagepar Hombre » 21 juin 2017 16:01

Année 1917


C'est-à-dire il y a un siècle.



John Ford (1895 - 1973)


Image Jack Ford en 1915

Le hasard a voulu qu'un jour le jeune John Ford découvre son frère ainé Francis Ford
sur l'écran d'une salle de cinéma de Portland, c'est peut-être l’élément déclencheur
du début de son histoire avec le cinéma.

Entre les frères on ne peut parler de partenariat mais plutôt de rapport de maitre
à élève. Et quel maitre! En effet John est très impressionné par l'hyper créativité et
l'hyperactivité de Francis qui, de l'aveu même de John, "faisait tout à la perfection".
Son influence perdurera de longues années, sinon toute sa vie.

On peut dire que le cinéma muet était en mutation permanente, John en parallèle
faisait de même, abandonnant les noms qu'il portait (John Feeney, Sean O'Feeney,
Jack Ford)*. C'est une période de chamboulement, de progression créative et artistique
qui s'étale entre ses 19 ans et ses 33 ans année de son premier film parlant.

Si, son apprentissage John l'a effectué avec les modestes moyens de l'époque du muet,
il a par la suite incontestablement bénéficié des nouveaux moyens techniques de l'après
cinéma sonore et deviendra le "héraut" du western et selon Ingmar Bergman "Le plus
grand réalisateur du Monde".


*Ce n'est pas sans rappeler que dans certaines tribus indiennes il était
d'usage d'adopter différents noms dans une vie.


Francis et John Feeney
le maitre et l'élève :

Image

Sean O'Feeney, allait sur ses 19 ans lorsqu'en compagnie de sa mère, il a vu sur l'écran d'un cinéma
de Portland, son frère ainé Francis Ford jouant dans un western. Francis, après de longues années
d'absence revient, l'été 1914, à la maison familiale, au volant d'une Stutz Bearcat, vêtu de cachemire
et accompagné de la star du muet, Grace Cunard.
Dès lors tout va très vite pour Sean. En juillet de la même année Francis le vit débarquer par le train
et l'engagea pour les derniers épisodes de la série à succès Lucile Love : The Girl of Mystery. "Ford se
souvient d'avoir été accessoiriste. Il y joua probablement des petits rôles dans différents épisodes, fit
quelques cascades (il doubla souvent son frère) et travailla comme assistant à tout faire sur le plateau".(1)
Dès son arrivée en Californie, on peut dire que Francis s'est bien occupé de son jeune frère : "Il l'a fait
sauter en tirant avec un canon sur un local bourré de dynamite où Jack était assis; il l'a fait sauter
d'une vingtaine de mètres de hauteur d'un train de marchandises roulant sur un pont à chevalets; il l'a
fait sauter d'une voiture roulant à vive allure; il l'a fait courir sur un champ de bataille confédéré, tout
en évitant les obus, une grenade devait exploser sur sa tête (pour une prise de vue rapprochée) au final
elle éclata sous son menton. "C'était à un poil près", lui dira Francis à l'hôpital. "Une seconde de plus le
public aurait crut que j'avais un double".
Jack, lui en a voulu longtemps. Vingt ans plus tard durant le tournage de Judge Priest, "Francis jouait
un ivrogne se reposant dans une brouette, on avait reliée celle-ci d'une corde à une voiture qui démarra, Francis
alla s'écraser au bas de la rue, avalant sa chique à la première secousse". "C'était pour la grenade",

grogna Jack.
Pendant trois ans Jack a assisté de près au travail de son frère Francis, lequel était engagé par Universal
comme acteur, scénariste et réalisateur. Il ne pouvait pas avoir de meilleur professeur pour apprendre
toutes les ficelles du métier. En plus d'être cascadeur, assistant réalisateur, accessoiriste, homme à tout
faire, il a joué dans au moins douze films d'une ou deux bobines de Francis, tous perdus aujourd'hui.
En cette année 1917 et comme se fut le cas pour Griffith et Ince, Jack Ford débuta dans la réalisation
grâce à l'absence d'un réalisateur. Il fut choisi par Carl Laemmle parce que "il braille vraiment très fort" et
il tourna avec la troupe de Francis, Tornado, son premier film et son premier western, "Il n'y avait que
des cascades, rien que des cascades"
(1). Puis, c'est The Trail of Hate, sa deuxième réalisation, dont un
critique a dit qu'il était "passionnant... grouillant de vie, de couleur et d'action". A la sortie de son
troisième film The Scrapper, un journaliste du The Universal Weekly écrit, avec une clairvoyance qu'il
ne pouvait imaginer : "Pendant longtemps, les gens entendant le nom de Ford, à propos d'un film, disaient :
Ford ? Quel rapport avec Francis ? Très bientôt, à moins que tous les pronostics actuels n' échouent, les gens
diront : Ford ? Quel rapport avec Jack ?"

Francis disait aussi que le premier film de Jack "était pas mal, sauf son jeu". Par contre il trouvait que
son quatrième film Pour son gosse, "était un petit bijou".

Voir aussi sur le forum (il n'y a pas de biographie de John Ford) : http://forum.westernmovies.fr/viewtopic ... 05#p109576
Source : Senses of Cinema.
(1) Peter Bogdanovich : John Ford.

______________________________________
Pour son gosse (The Soul Herder)
______________________________________
"La communauté d'une petite ville déclare Harry indésirable et l'expulse. Harry traverse un désert
où il rencontre un pasteur et sa famille. Le pasteur est tué au cours d'une attaque d'Indiens. Harry
prend la petite fille sous sa protection avant d'enfiler les vêtements du défunt et de convertir ceux
qui l'avaient banni.
Pour son gosse est le premier des vingt-six films tournés avec Harry Carey. Ford le considère comme
sa premier véritable mise en scéne. Hoot Gibson y fait également sa première apparition dans un
film de Ford"
. Peter Bogdanovitch : John Ford.
Film considéré perdu.

Fiche technique :
Réalisateur : Jack Ford
Scénario : George Hively
Image : Ben Reynolds
Production : Universal Pictures Corporation
Durée : 30 minutes - (3 bobines)
Lieu de tournage : Universal Studios - 100 Universal City Plaza, Universal City, Californie

Jack Ford et Ben Reynolds :
Image.Image


Distribution : Harry Carey [Cheyenne Harry], Molly Malone, Hoot Gibson, Jean Hersholt [the priest],
Elizabeth James [daughter], Duke R. Lee, Vester Pegg, Fritzi Ridgeway, William Steele

Harry Carey, Molly Malone et Hoot Gibson :

Image.Image.Image



______________________________________
Le Ranch Diavolo (Straight Shooting)
______________________________________

Image


Fiche technique :
Réalisateur : Jack Ford
Scénario : George Hively
Image : George Scott
Production : Universal Pictures Corporation
Durée : 57 minutes - 1500 mètres (5 bobines)
Lieu de tournage : Californie

Distribution : Harry Carey [Cheyenne Harry], Molly Malone [Joan Sims], Duke R. Lee [Thunder Flint],
George Berrell [Sweet Water Sims], Ted Brooks [Tom Sims], Milt Brown [Black-Eyed Pete], Hoot Gibson
[Danny Morgan], Vester Pegg, [Sheriff Daniels]

Harry Carey :
Image



_______________________________________
A Marked Man
_______________________________________

Image


Fiche technique :
Réalisateur : Jack Ford
Scénario : George Hively, d'après une histoire de Ford
Image : John W. Brown
Production : Universal Pictures Corporation
Durée : 50 minutes - 1500 mètres (5 bobines)

Distribution : Harry Carey [Cheyenne Harry], Molly Malone [Molly Young], Harry Rattenbury [Mr. Young],
Vester Pegg [Kent], Mrs. Townsend (Anna Townsend) [Harry’s mother], William Gettinger [sheriff],
Hoot Gibson, Joe Harris



Harry Carey (1878 - 1947)

Image


Harry Carey né au sein d'une famille aisée à New York n'était pas destiné à devenir un des acteurs
le plus représentatif du western muet. Les aléas de la vie l'ont fait dévier d'une voie toute tracée,
vers le théâtre. Ce n'est qu'à l'âge de 31 ans qu'Harry tourne son premier film avec Griffith pour
la Biograph à New York. Il suivra Griffith à Hollywood.
Puis en 1915, Harry Carey signe chez Universal où il tournera avec des jeunes réalisateurs tels :
Fred Kelsey, George Marshall et John Ford. Il incarnera un cowboy taciturne à la gestuelle particulière,
avec grand succès jusqu'au début des années 20. Son personnage sombre, ayant moins les faveurs
du public, Universal promut à sa place Hoot Gibson, ce qui poussa Harry à quitter Universal.

Voir la biographie de Demerval : http://forum.westernmovies.fr/viewtopic ... 15#p179258


Harry Carey et John Ford


En 1917, Harry Carey tourne pour la première fois sous la direction de Jack Ford, Pour son gosse.
Il y incarne son personnage récurrent, Cheyenne Harry. C'est le début d'une collaboration étroite
et complémentaire qui durera 4 ans, ils feront 26 films ensemble.
John Ford admirait Harry Carey. Il a déclaré "Harry Carey m'a beaucoup appris les premières années".
En effet Harry son ainé de 16 ans, avait déjà une longue expérience d'acteur depuis ses débuts avec
Griffith, en 1910. De plus, lorsque Harry Carey reprit le personnage de Cheyenne Harry avec Ford
dans Pour son gosse, il l'avait déjà interprété 8 fois auparavant. Dans cette collaboration Ford
lui même dit "Carey et moi écrivions nos propres scripts", ce qui leur a permis de peaufiner le
personnage de Cheyenne Harry.

La cowgirl Vera McGinis assise à gauche, John Ford avec des lunettes et Harry Carey assis à droite.
Tournage d'un film non identifié, en 1917 :

Image
Photo : My Favorite Westerns.

Jack se souvient avoir proposé à Harry Carey de faire un film ensemble, ce qu'il accepta. "Je lui
ai fait remarquer qu'on n'avait même pas de machine à écrire. "Nom d'un chien, mais c'est inutile,
on n'a qu'inventer au fur et à mesure."
ils avaient tout dans leurs têtes, rien sur papier. Une fois
que Jack avait finit le film, George Hively écrivait le scénario et l'envoyait aux archives d'Universal.
Contrairement à la vague des cow-boys fringants et "pomponnés" ils décident "de faire de Carey une
sorte de clochard, de vagabond à cheval. L'idée venait à 50% de Carey et à 50% de moi. Il portait
toujours une chemise bleue et sale, ainsi qu'une vieille veste et une espèce de combinaison rapiécée."

Malheureusement, la plupart des films ont disparu et il n'en restent que trois : Ranch Diavolo et
Bucking Broadway, tous deux de 1917 et Hell Bent, de 1918. Néanmoins quelques extraits de
The Scarlet Drop et Gun Fightin' Gentleman ont survécu.

Source : Peter Bogdanovich : John Ford.

L'hommage de John Ford à Harry Carey dans Le fils du désert (1948) :

"A la mémoire de Harry Carey
Image

Brillante étoile au firmament des premiers westerns"
Image


___________________________________________
À l'assaut du boulevard (Bucking Broadway)
___________________________________________

Poster original de 1917 de Gabriello de Angelis :
Image
Photo : Wikipédia.


Ce film, longtemps considéré perdu, a été retrouvé en 2004 et a été restauré par les Archives
françaises du film du Centre national de la cinématographie.

Une excellente copie restaurée avec sous-titres français est visible sur le site Vimeo : https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q= ... ix48bRgAdA

Fiche technique :
Réalisateur : Jack Ford
Scénario : George Hively
Image : John W. Brown, Ben F. Reynolds
Production : Universal Pictures Corporation
Durée : 53 minutes - 1500 mètres (5 bobines)

Distribution : Harry Carey [Cheyenne Harry], Molly Malone [Helen Clayton], L.M. Wells [Ben Clayton] , Vester Pegg [Eugene Thornton], William Gettinger [Buck Hoover]






Peter Bogdanovitch : Comment se faisait la réalisation des films à cette époque ?

John Ford : Les films à deux bobines étaient tournés en cinq, voire six jours au maximum.
On allait sur les lieux du tournage à cheval. on tournait jusqu'à la nuit et on dormait sur
place dans des sacs de couchage. On restait jusqu'à la fin du film et on repartait à cheval.
A cette époque, comme les rushes se vérifiaient directement sur les négatifs, il était
difficile d'en dire quoi que ce soit.


____________________________________________________________________





Carl Laemmle (1867 - 1939)

Image
Photo : Museum zur Geschichte von Christen und Juden


Laemmle est né à Laupheim en Allemagne dans une famille juive.
Dès l'âge de 13 ans Carl travaille comme apprenti.
A la mort de sa mère en 1883, il émigre aux USA pour y rejoindre son frère en compagnie d'un
camarade d'école avec en tout et pour tout 50 dollars en poche. Il y exerce différents emplois,
il devient aide-comptable et développe ses talents de publicitaire puis dirige une chaine de
magasins de vêtements. Lors d'un voyage à Chicago il est étonné du succès des nickel-odéons et
en 1906,il décide d'investir dans le cinématographe, et il en achète plusieurs.

« Il n'y a probablement pas de théâtre dans la ville aujourd'hui qui soit aussi mauvais que mon
premier théâtre. Mais j'ai adoré. Tout ce que je possédais au monde était lié à ce petit théâtre.
Mes amis m'ont traité de fou, me disant que j'échouerais, que les gens se lasseraient, que le cinéma
ne serait jamais une bonne affaire. Mais, malgré tout j'avais confiance en cette nouveauté que
nous appelions le nickel-odéon,et sans être prophète, j'ai cru au cinéma ; allez savoir pourquoi !!!
Et, j'étais un vendeur ».


En 1909, Laemmle crée L'Indépendant Moving Pictures (IMP) basé à New York City et Fort Lee,
New Jersey.
Dès la première année, l'IMP produit environ 100 films, embauche Mary Pickford et Florence Laurence.
Son premier film est Hiawatha (1909) avec Gladys Hulette
Il se bat et gagne contre le monopole de la MPPC d'Edison qui impose des taxes aux studios indépendants
comme le sien, désirant produire des films.

En 1912, l'IMP est absorbée par Film Manufactuing Company Universal (composé de plusieurs studios)
et C. Laemmle en devient le président et produira plus de 400 films. Puis, il s'installe en Californie .
Harold Lloyd, Harry Carey, et Lon Chaney en seront les premières stars.
Laemmle vit à New York et Irving Talberg devient son bras droit à Hollywood.
John Ford et Erich Von Stroheim qui désirent passer derrière la caméra, ont le feu vert de Laemmle .
Le deuxième film d'Eric Von Stroheim s'avère un gouffre financier, Laemmle s'en sépare. Universal
compte sur son étoile Lon Chaney, et Carl Laemmle est mis petit à petit à l'écart, son fils le remplace à
la tête des studios en 1928 mais tous deux quittent l'entreprise en 1936 au moment de la Grande Dépression.

Laemmle est resté fidèle à sa ville natale en Allemagne et dans les années 30 a financé l'émigration
de centaines de juifs les sauvant ainsi de l'Holocauste.

Carl Laemmle et Albert Einstein :
Image
Photo : Silent Hollywood.com


A suivre...
Modifié en dernier par Hombre le 12 avr. 2018 22:13, modifié 10 fois.

Avatar du membre
Hombre
Marshall
Marshall
Messages : 2857

Re: Le Western muet : Un aperçu chronologique 1903 - 1929

Messagepar Hombre » 04 sept. 2017 16:18

Année 1917 (suite)



Hart dans Wolf Lowry :
Image


W.S. Hart et l’année 1917

Par Marc


Par leur qualité , les films de William S. Hart diffusés en 1916 apportèrent à l’acteur/réalisateur
une notoriété artistique de premier plan.
1917 ne fut pas aussi prodigue en réussites que l’année précédente , mais pour des raisons d’un
autre ordre , elle fut essentielle dans la carrière de l’artiste. C’est , en effet , au cours de cette
année que Hart prit ses distances avec Thomas H. Ince , estimant celui-ci déloyal dans l’exécution
de leurs relations contractuelles.
Plus positivement , c’est également en 1917 que l’acteur entreprit une longue et fructueuse
collaboration avec un réalisateur talentueux , mais aujourd’hui bien oublié : Lambert Hillyer.

Hart entama l’année sous l’égide de la Triangle Films Corporation avec laquelle il était sous contrat.
Il réalisa et interpréta six westerns, ses derniers films pour cette compagnie de production.
En effet , la Triangle périclita dès cette année avant de connaitre la faillite en 1918. Le débauchage
à prix d’or de certaines de ses stars par la Paramount hâta la fin de la compagnie qui avait produit
Intolerance.
Hart , entrainé par Thomas H. Ince , rejoignit en Juin 1917 Famous Players Lasky pour une nouvelle
étape. Le nouveau contrat prévoyait pour l’acteur seize films sur deux ans.
Les métrages produits seraient distribués par Artcraft Line , emblème des productions de prestige
de la Paramount.
Financièrement , le contrat était mirobolant pour Hart : 150 000 $ par film + 35 % des profits
( à partager à 50-50 entre Ince et lui ).
Néanmoins, cette opération eut pour conséquence la rupture de la confiance entre Hart et Ince.
Dès ses débuts, Hart avait été une importante source de profits pour son producteur et il s’estimait
injustement rétribué en regard des gains qu’il avait générés.
Une reconnaissance certaine envers Ince , qui lui avait donné sa chance , l’avait conduit à ne pas
rompre leur accord en dépit de sollicitations de concurrents et cela dès 1915.
Le contrat signé avec Players Lasky détériora définitivement leurs relations , Hart considérant avec
amertume que Thomas H.Ince gonflait artificiellement les frais des nouvelles productions pour
réduire la part des bénéfices et , de fait , leur distribution.
Et bien que, pour des raisons publicitaires , les nouveaux films furent estampillés «  Produced by
William S . Hart »
 , l’acteur n’eut pas l’opportunité ( ou la volonté ? ) de rompre ce nouveau contrat.
Paramount Artcraft distribua donc les films de Hart « Supervised by Thomas H. Ince » jusqu’en novembre 1919.

L’année 1917 peut ainsi se scinder en deux périodes :

La fin de la période Triangle Films Corporations : 6 films distribués.
Le début de la période Paramount Artcraft : 2 films distribués.
Tous ces films furent des westerns .
On peut ajouter à ces métrages un petit film de propagande distribué en octobre 1917 où Hart s’associe
à Mary Pickford , Douglas Fairbanks et au controversé président Woodrow Wilson pour favoriser l’achat
de bons de la défense émis pour l’entrée en guerre des USA sur le continent européen.

La fin de la période Triangle parait excellente, au conditionnel cependant car les films concernés sont
extrêmement difficiles à voir aujourd’hui.
Truthful Tulliver , The Square Deal et le mythique Wolf Lowry ( au scenario magnifique ) semblent toujours
inaccessibles.

The Desert Man , lui , est bien visible si on a de la chance.
L’unique copie nitrate ( très bien restaurée , mais malheureusement incomplète ) de ce film est
détenue par la Cinémathèque Française et on peut parfois la voir à Paris lors de certaines programmations
( la dernière fois , ce fut en Janvier 2015).
Ce film ayant fait l’objet d’une courte critique dans WM , il ne parait pas utile d’y revenir sinon pour
réaffirmer que Hart y est toujours à l’aise dans le rôle de l’étranger sauveur de la jeune fille et de
l’orphelin ( à prendre dans le cas présent au premier degré ) et que la réalisation y est d’une grande sobriété.

Image


The Cold Deck ( un terme de poker pour ce titre ) est plus original et peut-être le meilleur Hart de l’année.
Mais c’est plus un mélodrame qu’un western. Film sur le thème de l’expiation et fortement empreint de
religiosité ( le dernier plan montre une croix ) , il a aussi fait l’objet d’une restauration superbe par la
Cinémathèque française.
Ici , le personnage principal ( Hart en joueur de poker professionnel ) se retrouve au fond d’un abîme
de malheurs : ruine , décès d’un proche , compromission inutile , injustice et prison…
Il s’en sortira néanmoins au cours d’un final improbable mais miraculeux.
Beaucoup de pathos , mais une réelle efficacité . L’acteur régulièrement bon est ici exceptionnel.

Image


The Gunfighter , film plus renommé , est , au contraire , un vrai western. Hart remet son costume
du «  good badman » , mais presque plus « bad » que « good » pour une fois.
Chef de bande impitoyable ( surnommé «  The Killer » ), il s’oppose au prix de sa vie à un outlaw encore
plus redoutable pour sauver une jeune femme.
Ce film fait penser à Hell’s Hinges , mais moins ambitieux et abouti , il se contente de célébrer la
mythologie de l’acteur et de son personnage fétiche.
A noter , toutefois , une séquence saisissante au cours de laquelle le héros , en pleine crise de
« delirium tremens » , revoit les victimes de ses meurtres.

Image


Film de la discorde entre Ince et Hart , et premier film tourné pour Artcraft Paramount , The Narrow Trail
adopte un ton plus léger que les westerns précédemment évoqués.
Encore un rôle de bandit pour Hart , mais loin de la noirceur du « Killer » , l’acteur joue sur un registre
moins crispé pour se convertir en Romeo contrarié.
Romance , défiance amoureuse , mais aussi longue bagarre de saloon et excitante course de chevaux
font de ce film un agréablement divertissement clairement destiné à élargir le public de l’acteur.

Hart et Sylvia Breamer dans The Narrow Trail :
Image


Notablement , Hart n’a pas réalisé The Narrow Trail , il a laissé cette responsabilité à Lambert Hillyer ,
le scénariste de The Desert Man et de Wolf Lowry.
C’est une étape pour l’acteur car cette association artistique avec Hillyer apportera beaucoup aux
deux hommes. Ce nouveau «  Director » réalisera quelques- uns des meilleurs westerns de la
deuxième partie de carrière de Hart.


Quelques mots sur Lambert Hillyer , sans doute le plus méconnu des réalisateurs de westerns.
Outre une douzaine de westerns pour Hart ( dont au moins deux chefs d’œuvre : The Toll Gate et White Oak ) ,
il réalisa environ quatre-vingt westerns entre 1917 et 1949.

Lambert Hillyer :
Image


La quasi-totalité d’entre eux est inédite en France. Son déficit de reconnaissance est assez inexplicable.
Il a été certes cantonné dès le milieu des années 30 aux budgets plus que limités de la série B , mais c’est
aussi le cas de Sam Newfield ou Lew Landers qui eux sont plus connus , mais moins déterminants .
A remarquer parmi les westerns de Lambert Hillyer encore visibles , un étonnant film interprété par
Buck Jones , South of the Rio Grande , où l’acteur tient le rôle inattendu d’un policier mexicain.
Quant aux historiens du cinéma , ils retiennent paradoxalement Hillyer pour deux films fantastiques
Universal tournés en 1936. L’excellent et palpitant The Invisible Ray avec Bela Lugosi et Boris Karloff
et surtout , le somptueux Daughter of Dracula. Ce dernier film , suite directe du Dracula de Tod Browning
est une extraordinaire variation sur le vampirisme , d’une audace stupéfiante pour son époque ,
le lesbianisme y est clairement évoqué.
N’oublions pas Lambert Hillyer.
Second film tourné par Hart pour Paramount Artcraft , mais sorti avant le précédent , The Silent Man
joue sur le stéréotype du héros taciturne immortalisé par l’acteur. La recette est , une fois de plus ,
efficace, mais pas d’originalité au rendez-vous.
Ce film semble entériner la nécessité pour Hart de rechercher des thèmes et des environnements
différents pour éviter la monotonie.
Les tentatives de 1918 iront dans ce sens.


Films de William S. Hart ( tous réalisés par lui-même à l’exception de The Narrow Trail ) diffusés
aux USA en 1917 :

Truthfull Tulliver ( Janvier )
The Gunfighter ( Février )
The Square Deal Man ( Mars)
The desert man ( Avril)
Wolf Lowry (Mai)
The Cold Deck (Novembre )
The Silent Man ( Novembre )
The Narrow Trail (Decembre)

Dossier préparé par Marc.




______________________________________
The Fighting Trail
______________________________________
"Comme il est décrit dans un magazine : un minerai découvert dans une mine de la Californie nécessaire
dans la fabrication d'un nouvel explosif est convoité par des puissances. Ce document secret se trouve
en possession de Nan (Holloway) lequel est capturé par les sbires de l'espion allemand Von Bleck (Rogers)
il est sauvé par l'ingénieur des mines John Gwynn (Duncan)."
Wikipédia.
Film considéré perdu.

Image
Photo : Wikipedia


Fiche technique :
Réalisateur : William Duncan
Scénario : Edward J. Montagne, Garfield Thompson
Production : Vitagraph Company of America
Durée : 9 300 m (31 bobines) (15 épisodes)

William Duncan :
Image


Distribution : William Duncan : John Gwynn; Carol Holloway : Nan; George Holt : "Cut Deep" Rawls
Joe Ryan : "Shoestring" ; Walter Rodgers : Von Bleck ; Fred Burns -

Carol Holloway, George Holt et Joe Ryan :
Image.Image.Image



__________________________________________
The Squaw Man's Son
__________________________________________
Film probablement perdu.

Fiche technique :
Réalisateur : Edward LeSaint
Scénario : Charles Maigne, Edwin Milton Royle
Image : Allen M. Davey
Production : Jesse L. Lasky Feature Play Company
Durée : 50 minutes - (5 bobines)

Edward LeSaint, Charles Maigne et Edwin Milton Royle :
Image.Image.Image


Distribution : Wallace Reid, Anita King, Dorothy Davenport

Wallace Reid, Anita King et Dorothy Davenport :
Image.Image.Image


__________________________________________
Wild and Woolly
__________________________________________

Image


"Un jeune homme riche de l'est, qui a toujours voulu vivre dans «l'Ouest sauvage» prévoit de déménager
dans une ville de l'Ouest. Mais il ignore que, les jours «sauvages» de la ville ont disparu depuis longtemps,
et c'est maintenant un endroit ordonné et civilisé. Les citadins, ne voulant pas perdre un riche habitant
potentiel, parviennent transformer la ville pour convenir au fantasme du jeune homme."
IMDb.
Voir l'article de Pak : viewtopic.php?f=7&t=16278#p225880

Douglas Fairbanks :
Image


Fiche technique :
Réalisateur : John Emerson
Scénario : Anita Loos d'après Horace B. Carpenter
Production : Douglas Fairbanks Pictures
Durée : 72 minutes - 1500 mètres (5 bobines)
Lieu de tournage : Nogales, Arizona

Le réalisateur John Emerson et la scénariste Anita Loos :
Image.Image


Distribution : Douglas Fairbanks, Eileen Percy, Calvert Carter, Charles Stevens

Douglas Fairbanks, Eileen Percy, Calvert et Charles Stevens :
Image.Image.Image




_______________________________________________


Sessue Hayakawa (1889 – 1973)


Image

Il fut l'une des plus grandes vedettes d'Hollywood à l'époque du cinéma muet.
Il arrive à Chicago en 1911 pour faire des études. Attiré par le métier d'acteur
il se lance dans le théâtre, où, il est remarqué par Thomas H. Ince lors d'une
représentation. En 1914, il débute donc dans les Kay-Bee Studios avec l'actrice
Tsuru Aoki, qui deviendra sa femme.
Il tournera près de 70 films, dont quelques westerns et vivra pleinement le
« rêve américain », donnant des diners fastueux et roulant dans une Pierce Arrow
plaqué or. Mais son rêve sera de courte durée. Lors de la période frisant l'hystérie
de l'anti-japonisme des étasuniens, il sera expulsé. Après un séjour au Japon
il viendra en France, où il tournera en 1937 Yoshiwara, de Max Ophuls et Forfaiture,
de Marcel L'Herbier. En 1957, il sera le sadique colonel Saïto dans : Le pont de la rivière Kwaï
de David Lean.




__________________________________________
El Jaguar (The Jaguar's Claw)
__________________________________________
"Le directeur de l'American Oil Company, s'en va par peur d'El Jaguar, le bandit qui terrorise la campagne
mexicaine, Phil Jordan est envoyé à sa place. Phil arrive avec sa jeune soeur Nancy, quand le bandit lui fait
des avances non désirées, Phil le bat. Ce qui pousse El Jaguar à chercher une vengeance. Quand l'épouse
de Phil arrive, El Jaguar capture les trois Américains et, sadiquement, force Phil à choisir entre quitter sa
sœur ou sa femme. Beth se porte volontaire pour rester. Phil et Nancy partent retrouver une troupe de rangers.
Ils se précipitent tous pour secourir Beth, mais avant leur arrivée, le bandit est tué par une femme qu'il avait
enlevée et violée lors de sa nuit de noces."
IMDb.

Sessue Hayakawa dans El Jaguar :
Image


Fiche technique :
Réalisateur : Marshall Neilan
Scénario : William M. McCoy, Beatrice DeMille, Leighton Osmun
Image : Walter Stradling
Production : Jesse L. Lasky Feature Play Company
Durée : 50 minutes - (5 bobines)

Le réalisateur Marshall Neilan :
Image


Distribution : Sessue Hayakawa, Fritzi Brunette, Tom Moore, Marjorie Daw

Sessue Hayakawa, Fritzi Brunette, Tom Moore et Marjorie Daw :
Image.Image.Image.Image


__________________________________________
La Bête enchaînée (A Romance of the Redwoods)
__________________________________________

Image


"Jenny Lawrence part pour l'Ouest à la recherche de son oncle, sans savoir qu'il a été tué par des Indiens et
que "Black" Brown, un bandit qui attaque les diligences, a usurpé son nom pour se protéger de la loi. Quand
Jenny arrive à Strawberry Flats, elle réalise ce qui se passe, mais elle se retrouve forcée d'accepter la protection
que lui offre Brown, la seule autre possibilité étant le saloon. Peu à peu, ils tombent amoureux l'un de l'autre
et Jenny le pousse à s'amender. Toutefois, l'attrait du passé est trop grand pour Brown, qui décide d'attaquer
une dernière diligence, attaque au cours de laquelle il est capturé par une milice. Malgré la plaidoirie de Jenny,
Brown est condamné à la pendaison. À bout d'arguments, Jenny déterre des vêtements de poupée et redemande
la libération de Brown, en prétendant qu'il est le père de son enfant. Il est libéré et ils sont mariés par le shérif.
Plus tard, la ruse est découverte, mais les habitants de la ville acceptent leur défaite avec bonne humeur."
Wikipédia

Film visible sur le site Internet Archives : https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q= ... r52IMjAXQq

Image

Image


Fiche technique :
Réalisateur : Cecil B. DeMille
Scénario : Cecil B. DeMille, Jeanie Macpherson
Image : Alvin Wyckoff
Production : Artcraft Pictures Corporation, Paramount Pictures
Durée : 70 minutes - 2004 mètres (7 bobines)
Lieu de tournage : Californie

Cecil B. DeMille, Jeanie Macpherson et Alvin Wyckoff :
Image.Image.Image


Distribution : Mary Pickford, Elliott Dexter, Tully Marshall, Raymond Hatton

Mary Pickford, Elliott Dexter, Tully Marshall et Raymond Hatton :
Image.Image.Image
Image



__________________________________________
The Heart of Texas Ryan
__________________________________________

Image


Le cow-boy Jack Parker est visiblement amoureux du portrait d’une fille qu’il n’a jamais vu. Texas Ryan,
la fille du colonel William ryan, propriétaire du ranch, reviens après avoir étudié plusieurs années dans un
collège de l’est ; Le bandit Antonio Moreno allié à « Dice » McAllister convoite le ranch du colonel. Moreno
décide de faire la cour à Texas Ryan mais Jack Parker s’aperçoit qu’elle est la fille de la photographie…

Film visible sur le site Internet Archives : https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q= ... UlBGkodYvN


Image
Photo : Boyd Magers

Fiche technique :
Réalisateur : E.A. Martin
Scénario : Gilson Willets, d’après le roman The Light of Western Stars de Zane Grey
Image : Walter Stradling
Production : The Selig Polyscope Company, Incorporated
Durée : 56 minutes -(5 bobines)


Gilson Willets et Zane Grey :
Image.Image


Distribution : Tom Mix [‘Single-Shot’ Parker], Bessie Eyton [Texas Ryan], George Fawcett [Colonel Ryan],
Goldie Colwell [Marion Smith], Frank Campeau [‘Dice’ McAllister], Sid Jordan [cocher]


Tom Mix et Bessie Eyton :
Image.Image


George Fawcett, Goldie Colwell, Frank Campeau :
Image.Image.Image


_____________
Modifié en dernier par Hombre le 05 nov. 2017 19:25, modifié 12 fois.


Retourner vers « Les Westerns muets : un aperçu chronologique »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 1 invité