Le Western Muet : l'année 1910

Hombre vous propose un aperçu des westerns muets au fil des années
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Le Western Muet : l'année 1910

Messagepar Hombre » 03 oct. 2016 19:51

Année 1910




En 1910, 389 westerns courts et un long métrage ont été recensés :



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In Old California
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In Old California est le tout premier film tourné dans une petite ville nommée Hollywood...
Griffith a entendu parler d’un petit village et il est tout de suite attiré par les jardins fleuris,
la beauté des paysages et son chemin de terre appelé Sunset Boulevard. Le film longtemps considéré
perdu a été retrouvé en 2004 et projeté lors du Beverly Hills Film Festival, après une absence de 94 ans.
La légende raconte que c’est durant le tournage de In Old California que Griffith a prononcé pour la
première fois la phrase devenue célèbre : « Lumière, caméra, action ».

"Au XIXe siècle, dans la Californie mexicaine, le riche et prestigieux Jose Manuella tombe
amoureux de Perdita, mais découvre que le cœur de celle-ci appartient déjà à Cortes, un
troubadour du village au physique avenant. Cortes fait impression sur les jeunes filles simples
et un peu étourdies grâce à ses douces manières persuasives doublées de ses talents de musicien.
Perdita, qui a l’âme romantique, tombe dans le panneau et l’épouse. 20 ans plus tard, elle est le
témoin de son erreur. Cortes s’avère être une personne dépravée, gaspillant son temps et l’argent
que Perdita gagne en boisson. Le pire est qu’ils ont un fils, âgé à ce moment-là de presque 19 ans.
Perdita se rend compte que l’environnement familial est peu propice au bien-être de son fils,
c’est pour cela qu’elle va tenter de le sortir de là. C’est alors que Baja et Alta-Californie entrent
en conflit, et José Manuella est devenu gouverneur. Elle fait appel alors à lui pour protéger l’avenir
de son fils. Le gouverneur prend le fils dans sa propre compagnie. Mais peu de temps se passe avant
de s’apercevoir que le jeune homme est bien le fils de son père. Il s’avère être lui aussi une personne
peu scrupuleuse, à son actif : Ivresse, vol de bas étage, extorsion de ses propres camarades d’armes...
tout cela dans la totale ignorance de sa mère. Perdita, sentant sa fin proche, persuadée que son fils
s’est fait un nom, écrit au gouverneur qu’elle aimerait le revoir avant de mourir.
Le gouverneur, est définitivement déçu par le garçon qui une nouvelle fois est mêlé à une histoire de vol,
mais voulant préserver Perdita, il prend la décision de décorer son fils pour qu'il apparaisse comme un héros.
aux yeux de sa mère.
Une fois Perdita partie en paix, il est envoyé en prison où la sanction qu’il mérite lui est infligée."
Wikipédia.

Fiche technique
Réalisateur : D. W. Griffith
Scénario : Stanner E. V. Taylor
Image : G. W. Bitzer. Camera Pathé Hand Crank Model 1909
Production : American Mutoscope and Biograph Company
Durée : 17 minutes. 302 m (1 bobine)


D.W. Griffith au travail :
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Le scénariste Stanner E. V. Taylor :
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Distribution :
Frank Powell : Jose Manuella
Marion Leonard : Perdita
Arthur V. Johnson : Cortes
Henry B. Walthall : le fils de Perdita

Frank Powell, Marion Leonard, Arthur V. Johnson et Henry B. Walthall :
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Une affiche publicitaire de la Biograph :
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Selig Polyscope Company


La Selig a été fondée en 1896 par William Selig à Chicago.
Elle a été une pionnière dans le genre qui nous plaît, le western.


Les studios de la Selig Polyscope Company à Chicago
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William Selig était un ancien magicien, il se produisait en Californie ainsi qu'à Chicago.
Au tout début de l'ère muette la Selig a produit des centaines de courts métrages sur
les animaux sauvages, des sujets historiques et les premiers westerns jusqu'en 1918.

William Selig :
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Elle a ainsi produit les premiers films de Tom Mix, Harold Lloyd ou encore Roscoe « Fatty » Arbuckle.
A la recherche d'un climat plus clément pour le tournage de ses films et en même temps pour
s'éloigner d'Edison et de ses représentants légaux sur la côte Est, il s'installe en 1909 à Edendale.
Le réalisateur et associé Francis Boggs commence la construction du premier studio prenant
bizarrement comme modèle la Mision de San Gabriel. Les travaux de cet immeuble, qui servira
d'exemple aux autres studios qui se construiront dans les décennies suivantes, seront terminés en 1910.
Pour les besoins de ses films Selig avait rassemblé une grande ménagerie, et en 1913 il achète
130.000 m² de terrain dans Lincoln Heights pour en faire un Studio/Zoo ouvert au public.
En 1917, il loue les locaux d'Edendale à William Fox.

Les studios de la Selig à Edendale, Los Angeles :
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William Selig avec des Indiens Pieds-Noirs en 1912 :
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Photo : Selig Company
.



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Across the plains
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« Une peinture des plaines, tournée dans les prairies retraçant la vie de cette région. Il est peut-être
difficile de faire une quelconque critique utile d’un tel film. L’opérateur a bien fait son travail,
et il n’y a rien à dire contre ses choix. Le film est l’esprit de la plaine et illustre graphiquement,
la vie qui est en train de disparaître. Ce genre de films, non seulement intéresse ceux qui les voient,
mais aussi, conserve dans des scènes de forme intelligible ce qui bientôt ne sera plus qu'un vague souvenir. »
The Moving Picture World, 26 mars 1910. In IMDb.

Fiche technique :
Réalisation : Francis Boggs
Production : Selig Polyscope Company
Durée : 300 mètres (1 bobine)
Film considéré perdu
Francis Boggs :
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Distribution :
Hobart Bosworth
Betty Harte
Tom Santschi

Hobart Bosworth, Betty Harte et Tom Santschi :
Image.Image.Image



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Francis Boggs (1870-1911)


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Acteur de théâtre et pionnier du cinéma muet, il est l'un des premiers a avoir tourné des films
à Hollywood.
En 1907, après avoir travaillé dans les théâtres de San Francisco et Los Angeles, il fait une
rencontre importante celle de William Selig, producteur, et il se met à réaliser des films pour
la Selig Polyscope Company.
Toujours à la recherche de climats plus tempérés il loue pour le compte de la Selig un bungalow
à Edendale à Los Angeles et il démarre la construction des studios Selig.
Francis Boggs lance la carrière de plusieurs futures stars : Betty Harte, Bessie Eyton et Bebe Daniels,
ainsi que les acteurs-réalisateurs Hobart Bosworth et Robert Z. Leonard.
Entre 1907 et 1911 Boggs réalise près de 200 courts métrages, dont 29 westerns.
Francis Boggs a été abattu le 27 octobre 1911 par Frank Minnimatsu, employé de la Selig devenu fou,
blessant aussi dans le bras William Selig qui essayait de lui prendre son arme. Constituant ainsi le
premier fait divers du cinéma muet.

Francis Boggs à gauche du caméraman dirige une scène de The Girls of the Range en 1910 :
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Photo : Wikipédia.


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Edendale



Une vue de la rue Alessandro à Edendale où ont élu domicile la plupart des studios :

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Peu de gens savent qu'Edendale a été durant près de 20 ans, la Mecque du cinéma, avant Hollywood.

Edendale était une belle banlieue de Los Angeles, ensoleillée 300 jours par an. Ce qui était très
propice pour le tournage des films. On y a produit des westerns muets, des comédies et des
épopées historiques et les premières stars y ont fait leur début.

En 1909, la Selig a été la première a s'y implanter, permettant ainsi à Edendale de devenir la
capitale du cinéma américain.

D'autres studios suivent, comme Bison Company spécialisé dans le western a 1 bobine; en 1912
suit l'Universal Studio, puis la Keystone Kops arrive pour tourner ses burlesques; plus tard la
Pathé West Coast Company s'y installe, mais on ignore pour celle-ci, combien de films elle a produit;
en 1915 Mack Sennett construit le premier studio en béton armé, peu après l'enseigne de Keyston
est remplacée par celle de Sennet.

En 1916 c'est le tour de Fox Studio, avec des stars comme Theda Bara et Tom Mix, ce dernier acheté
à la Selig. Tom Mix devenu célèbre a carte blanche pour produire ses westerns au sein de la Fox.
Il construit un ensemble propice au western connu par la suite sous le nom de Mixville.

On pouvait voir dans les rues d'Edendale les premiers tournages de Chaplin, Fatty Arbuckle, Ben Turpin
et Buster Keaton, entre autres. Le quotidien des habitants change inéluctablement, par exemple :
Coy Watson, plâtrier de son état se voit vêtu d'un pagne, le visage peint et coiffé d'une perruque
indienne. «Pour 3 dollars par jour nous étions des indiens fuyant dans les collines devant les
soldats, et la scène suivante, nous vêtions l'uniforme des soldats pourchassant les indiens»
.
Pendant ce temps-là Mme Watson lavait et repassait les costumes des acteurs. Sarah Brener, pâtissière,
faisait les tartes à la crème, que Mabel Normand lançait au visage des autres acteurs. Rappelons au
passage que son meilleur client était Charles Chaplin lequel lui a offert l'une de ses cannes, en guise
de remerciements «pour les meilleures tartes de la ville».

Mack Sennett continuera à faire ses films jusqu'en 1928 et son déménagement au cours de la même année
à studio City marquera la fin de l'aventure cinématographique d'Edendale.

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The Two Brothers
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Fiche technique :
Réalisateur : D. W. Griffith
Scénario : Eleanor Hicks
Image : G. W. Bitzer, Atthur Marvin
Production : Biograph Company
Durée : 17mn. 303 m (1 bobine)
Lieu de tournage : San Juan Capistrano, California

Distribution :
Arthur V. Johnson : Jose
Dell Henderson : Manuel
Kate Bruce : La mère
Marion Leonard : Red Rose
Charles West : Un mexicain
Henry B. Walthall : Pedro
W. Chrystie Miller : Prêtre
Linda Arvidson : Une mexicaine
Art Acord



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Pendaison à Jefferson City
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"À Jefferson City, cité minière, le transporteur de la paye des mineurs se noie. La dernière personne vue
en sa compagnie est arrêtée et jugée coupable. Alors que l'on va le pendre, Joe arrive pour rétablir la vérité.
" Wikipédia.

Fiche technique :
Réalisateur : Jean Durand
Scénario :Joë Hamman Production :Gaumont
Pays d'origine : France
Durée : 7 minutes. 175 mètres
Lieu de tournage : Camargue, Bouches du Rhône, France

Jean Durand :
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Distribution :
Joë Hamman : Joe, le cow-boy
Gaston Modot
Gustave Hamiton
Raymond Aimos
Berthe Dagmar
Joaquim Renez

Joë Hamman et Gaston Modot :

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White Fawn’s Devotion : A Play Acted by a Tribe of Red Indians
in America
(Le dévouement de l’Indienne)

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Combs s’est installé dans le Dakota, avec son épouse indienne, et leur fille de huit ans.
Un jour un cavalier lui apporte une lettre d'un avocat de New York lui disant qu’ il avait hérité
d’une fortune. Il montre la lettre à sa femme et il décide de partir en voyage. Elle réfléchit et
craint le pire, une fois la fortune acquise il oubliera sa femme indienne et ne reviendra point.
Elle prend un couteau, et se poignarde. Quand il va lui dire au-revoir, il la trouve gisant sur le sol,
apparemment sans vie. Il prend dans ses mains le couteau qu'elle a utilisé, sa fille de retour
voit la scène et fuit paniquée ...
Voir au sujet du film le commentaire de Pak : http://forum.westernmovies.fr/viewtopic ... 15#p230085

Fiche technique :
Réalisateur : James Young Deer
Production : Pathé Frères
Durée : 11Minutes. 289,56 mètres (1 bobine)
Lieu de tournage : New Jersey

Distribution :
Red Wing : White Fawn

La lecture de la lettre qui va provoquer le drame :

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The Sergeant
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Dans ce Western, le sergent Adams amène la fille de son commandant pour une balade à cheval
le long de la rivière Merced. Leurs chevaux leur étant volés par un renégat, les voici obligés de
se rendre au poste à pied. Une troupe part à la recherche du couple égaré. Ils sont retrouvés le lendemain
et le sergent est déshonoré. Cependant, le sergent prouve son courage quand il s’échappe lors d'une
attaque indienne et conduit des renforts. Grâce à son exploit audacieux, il retrouve son honneur.
Le réalisateur Francis Boggs amène cette fois toute son équipe à la vallée de Yosemite, avant qu'elle
ne devienne Park National.
Le sergent, longtemps considéré perdu a été retrouvé en 2010, en Nouvelle Zélande, parmi
75 films muets américains.
Le Sergent a été le premier film restauré dans le cadre d'un partenariat entre la cinémathèque
de Nouvelle Zélande et le National Film Preservation Foundation.
Par ailleurs, 2 titres de John Ford faisaient partie du lot : Upstream (1927) et Maytime (1923), ainsi que
le premier film réalisé et interprété par Mabel Normand, des courts-métrages comiques avec Charles Puffy,
Snub Pollard et Joe Murphy.
Ce film fait partie du coffret Treasures 5: The West, 1898-1938, édité en 2012.
Vous pouvez toujours voir 2 extraits sur le site National Film Preservation Foundation:
https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q= ... 4163,d.ZGg


Fiche technique :
Réalisateur : Francis Boggs
Scénario Hobart Bosworth
Image : John Dored
Durée : 290 mètres (1 bobine)
Lieu de tournage : Yosemite Park, California
Production : Selig Polyscope Company

Distribution :
Hobart Bosworth : Sergeant Robert Adams
Iva Shepard : La fille du Coronel Westley
Tom Santschi : Soldat
Frank Clark : Soldat
Art Acord : Indien Scout

Iva Shepard :
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Iva Shepard et Hobart Bosworth :
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Ramona
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Dans la Californie espagnole Ramona est une orpheline élevée par la riche famille Moreno. Elle tombe
amoureuse d’Alessandro un Indien venu travailler dans le ranch. Sa mère adoptive, la Señora Moreno,
s’oppose à cette relation et Alessandro est expulsé du ranch. Il rentre chez les siens pour constater
que son village a été décimé. Ramona le rejoint, se marient et ont un enfant…
Première adaptation du roman éponyme de Helen Hunt Jackson.
Voyez le film sur le site Internet Archive : https://archive.org/details/Ramona_953


Fiche technique
Réalisateur : D.W. Griffith
Scénario : D. W. Griffith et Staner E.V. Taylor, d'après la nouvelle éponyme d'Helen Hunt Jackson
Image : G.W. Bitzer
Production : American Mutoscope and Biograph Company
Durée : 17 minutes. 303 mètres (1 bobine)
Lieu de tournage : Rancho Camulos, San Gabriel, Californie

Le scénariste Staner E.V. Taylor :
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Le caméraman G.W. Bitzer et Griffith dirigeant Henry B. Walthall :
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Distribution
Mary Pickford : Ramona
Henry B. Walthall : Alessandro
Francis J. Gradon : Felipe
Kate Bruce : la mère
W. Chrystie Miller: le prêtre

Mary Pickford et Henry B. Walthall :
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Henry B. Walthall, Mary Pickford et Kate Bruce :
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Mary Pickford et Francis J. Gradon :
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Recapitulatif production westernienne années 1903 - 1910 :

Années ...... Westerns courts -/- longs........ Films avec Indiens

1903 ................. 9 ................................... 4 - 40 %
1904 ................. 3 ................................... 1 - 33 %
1905 ................. 3
1906 ................. 8 ................................... 2 - 25 %
1907 ................ 20 ................................... 5 - 25 %
1908 ................ 50 .................................. 14 - 28 %
1909 ............... 107 .................................. 47 - 44 %
1910 ............... 390 .................. 1 ............. 97 - 25 %
Modifié en dernier par Hombre le 08 févr. 2020 17:27, modifié 33 fois.

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Re: Le Western muet : Un aperçu chronologique 1903 - 1929

Messagepar Hombre » 20 oct. 2016 18:16

Année 1910 (suite)



Gilbert M. « Broncho Billy » Anderson réalise et interprète Broncho Billy's Redemption et crée
Broncho Billy, il tournera 148 courts-métrages sous les traits de ce même personnage qui le rendra célèbre.
Il ne s'arrête plus, il tourne très vite, 5 à 6 films par semaine ce qui lui fera dire « on ne
changeait pas de scénario, on changeait simplement de cheval ».


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Broncho Billy's Redemption
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« Un voleur de bétail recherché risque la prison en aidant un éleveur malade et sa fille.
Il l'amène en ville chez le médecin, il est reconnu et arrêté. »
IMDb.

Fiche Technique :
Réalisateur : Gilbert M. « Broncho Billy » Anderson
Scénario : Gilbert M. « Broncho Billy » Anderson
Production : Essanay Film
Durée : 290 mètres (1 bobine)
Lieu de tournage : Chicago. El Paso.

Distribution :
Gilbert M. « Broncho Billy » Anderson : Broncho Billy
Clara Williams : Millie Merril
Franklin Hall
Chick Morrison

Clara Williams et Chick Morrison :
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Bison Life Motion Picture


La Bison est fondée par Adam Kessel, Charles Bauman et Fred Balshofer en mai 1909, à New Jersey.
Le studio se spécialise dans la production de westerns à 1 bobine, devenant ainsi un des pionniers
du genre.

Adam Kessel, Charles Bauman et Fred Balshofer :
Image.Image.Image


Obtenant un grand succès avec ses westerns la Bison envoie Fred Balshofer à Edendale, Los Angeles,
où il aménage un studio : « comprenant une écurie, une piste truquée , une forêt avec des broussailles
et rochers, une scène en plein air large de 6 mètres environ et de la même longueur, avec des
poteaux en bois plantés de deux côtés, pour y suspendre des toiles de fond en guise de décor ».

Balshofer se souviendra plus tard des scènes qu'il tournait aux alentours d'Echo Park et Hollywood,
« des chevauchées dans les chemins sinueux des collines d'Hollywood », et aussi de la découverte
« d'un beau site aux collines boisées, idéal pour tourner des films de l'Ouest. C'était seulement
à quelques milles de notre studio, et nous y avions mis en place un village indien ».

Fred Balshofer s'est entouré des réalisateurs Francis Ford, Allan Dwan, Thomas H. Ince, George
Marshall, Otis Turner...

Francis Ford, Allan Dwan, Thomas H. Ince et George Marshall :
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Charles K. French réalisa quelques 185 films avec la collaboration de Fred Balshofer.

Charles K. French :
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Les scenarii ne se différenciaient pas trop entre eux. Le réalisateur Robert Florey nous dit à ce propos
« Bien souvent monsieur French commençait une bande au petit jour. Pour débuter par l'attaque de la
malle-poste. Un rescapé prévenait le shérif qui ne tardait pas à châtier les méchants indiens ou les
outlaws farouches qui n'avaient même pas eu le temps de se partager le butin. A 5 heures du soir,
tout était dit. Les voyageurs avaient retrouvé leurs bagages, le cocher sa diligence, le postier ses
lettres, et les figurants touchaient leur chèque. »


Les équipes de la Bison ont utilisé les paysages et ranchs qui entouraient les studios pour des courses
poursuites à cheval, fusillades, et attaques de diligences qui étaient un des point forts du genre western.

Quelques années plus tard Thomas H. Ince remplace Balshofer à la direction de la Bison.
Après avoir engagé la troupe du cirque californien Ranch 101, la compagnie signe ses productions sous
le nom de Bison 101.

En 1912, la compagnie fusionna avec d'autres sociétés et devint l'Universal.


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The Mexican's Jealousy
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Fiche technique:
Réalisateur : Fred J. Balshofer
Image : Fred J. Balshofer
Production Bison Motion Picture
Durée : 275 mètres (1bobine)

Fred J. Balshofer :
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Distribution :
Red Wing
J. Barney Sherry

Red Wing et J. Barney Sherry
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Une scène de The Mexican's Jealousy :
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Photo : IMDb


Dix titres parmi la centaine tournés par Balshofer durant l’année 1910 :

The Cowboy and the Schoolmarm; The Indian and the Cowgirl avec James Young Deer, Red Wing.
Red Wing’s Constancy avec Red Wing, Charles K. French.
Young Deer’s Gratitude; A Redman’s Devotion avec James Young Deer.
A Cheyenne’s Love for a Sioux avec Franck Montgomery et Mona Darkfeather.
A Ranchman’s Simple Son avec E. H. Allen, Charles Avery.
Perils of the Plains avec J. Barney Sherry, Charles Avery
A Red Girl's Romance avec Red Wing
The Female Bandit.


The Cowboy and the Schoolmarm :
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The Indian and the Cowgirl :
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Red Wing’s Constancy :
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Young Deer’s Gratitude :
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Photos : IMDb



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The Cowboy and the Squaw
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"Tom Ripley, un cowboy du Circle A ranch, s’attire la haine de Jim Simpson, un autre cowboy,
lorsqu'il prend la défense de Lightfeather, une jolie squaw insultée par ce dernier.
La scène se produit dans le salon Silver Dollar à Bisbee.
Quelques jours plus tard, Lightfeather va dans le cabanon de son protecteur et lui fait don
d’une paire de mocassins fins pour le remercier. Tom, lui en est reconnaissant, et, il conseille
à la jeune indienne de ne pas hésiter à tirer, si elle est à nouveau importunée.
Peu de temps après, on assiste à un combat entre Simpson et Ripley près de la plage au bord
d'un précipice . Au cours de la bagarre, Ripley est poussé du haut de la falaise, et s'écrase
sur les rochers. Son cheval s'enfuit au galop, il est reconnu par Lightfeather, qui l'arrête ,
le monte , puis suit la piste jusqu’ au sommet ou elle trouve son ami blanc qui gît inanimé.
Non sans mal, elle réussit à le remonter, et à le ramener dans son cabanon pour le soigner.
Simpson…"
Moving Picture World Synopsis. IMDB.

Fiche Technique :
Réalisateur : Gilbert M. « Broncho Billy » Anderson
Scénario : Gilbert M. « Broncho Billy » Anderson
Production : Essanay Film
Durée : 11 minutes. 285 mètres (1 bobine)
Lieu de tournage : El Paso, Texas.

Gilbert M. « Broncho Billy » Anderson :
Image
Photo : Winners of the West. Kalton C. Lahue.


Distribution :
Gilbert M. « Broncho Billy » Anderson : Le cowboy
Clara Williams : Lightfeather
Fred Church : Le barman
Chick Morrison
John O’Brien
Clara Williams :

Clara Williams :
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Photo : Silent Hollywood.


Fred Church et Chick Morrison :
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« Broncho Billy » Anderson dans un de ses westerns non identifié :
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Photo : The Strong Silent Type. Buck Rainey.


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Un pionnier :

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Hobart Bosworth (1867-1943)

Hobart Bosworth fut un pionnier exemplaire du cinéma muet. Il a mené une vie aventureuse
comme beaucoup de gens de cette époque. Fils de marin, après le décès prématuré de sa mère,
son père se remarie et ne s'entendant pas avec sa belle mère, il prend le large à l'âge de 12 ans.
D'abord il est garçon de cabine sur un clipper, puis il sillonne l'Arctique sur un baleinier. Quelque
temps après on le retrouve à San Francisco où il exerce des petits boulots. Il a été aussi lutteur,
boxeur et devient cavalier émérite en travaillant comme vacher dans un ranch du sud de la
Californie et au Mexique. Mais son véritable intérêt c'est la peinture et pour pouvoir se payer ses
études il se fait embaucher en tant que régisseur par The California Theatre. Ensuite, toujours
avec l'idée de se faire de l'argent on le trouve poussant un wagon dans les mines d'argent de Park
City, dans l'Utah.

A 20 ans, c'est un bel homme d'un mètre quatre-vingt dix, aux yeux bleus et aux longs cheveux blonds,
il est acteur et interprète Macbeth, selon son propre aveu le plus drôle ou le plus mauvais. Il laisse
de coté son activité théâtrale pour accompagner le magicien Hermann the Great à travers le Mexique.
Il revient sur New York et travaille pendant dix ans avec le dramaturge Augustin Daly parcourant l'Europe,
Berlin, Cologne, Londres, Paris... Après toutes ces années d'activité intense il doit renoncer à sa carrière
d'acteur car il est déclaré tuberculeux. Son temps libre lui laisse le loisir de se consacrer à la lecture et
à la peinture.
Néanmoins Il essaye de poursuivre son travail lorsque son état de santé le lui permet.
Il met fin à sa carrière d'acteur de théâtre lorsqu'il perd sa voix.

L'inattendu se produit, contre toute attente il voit qu'il peut continuer à faire l'acteur dans une nouvelle
expression, le cinéma muet. En 1908 déménage à San Diego à la recherche d'un climat plus clément pour
sa santé, c'est là que la Selig le repère et l'engage pour un tournage, ce sera le début d'une nouvelle
carrière.
Pour la Selig il écrira 112 scenarii et produira 84 films.
Il sera un pionnier du genre western et une star dans les années 1910.
En 1913 il fonde sa propre compagnie, la Hobart Bosworth Production Co. Il adapte et produit plusieurs
romans de son auteur préféré Jack London et l'engage même pour jouer un marin dans Les Loups des Mers,
se réservant le rôle de Wolf Larsen.

Jack London en 1903 :
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En 1916, sa compagnie a été absorbée par la Paramount.
Il continue sa carrière avec succès dans les années 1920.
Entre temps il a récupéré sa voix et a pu négocier ainsi le passage du muet au cinéma sonore.
Il a été actif jusqu'à la fin de sa vie.

Hobart Bosworth dans King of the Sierras (1938) de Samuel Diege, Arthur Rosson :
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Davy Crockett
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Avec un scénario similaire au film de Fred J. Balshofer Davy Crocket-In Hearts United sorti en 1909,
Francis Boggs relate l'histoire fictive de la vie de Crockett où il sauve son amour juste avant qu'elle n'épouse
son rival. Le film se termine avec Crockett et sa petite amie à cheval au loin. Source : Wikipedia.


Fiche technique :
Réalisateur : Francis Boggs
Production : Selig Polyscope Companyelle
Durée : 300 m (1 reel)

Distribution :
Hobart Bosworth
Betty Harte
Tom Santschi

Hobart Bosworth, Betty Harte et Tom Santschi :
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Arthur C. Miller (1895 – 1970)


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Photo : One Reel a Week de Fred J. Balshofer et Arthur C.Miller.


Arthur Charles Miller a été un vrai pionnier de la photographie . Il commence sa carrière dans le
cinéma à 13 ans. Il travaille à ce moment là pour un marchand de chevaux, lorsque quelqu'un le
remarque sur son cheval et lui propose de l'embaucher pour faire la même chose dans les tournages
de films. Il fait la connaissance du réalisateur Fred J. Balshofer. Ils deviennent amis et le resteront
toute leur vie.
En 1909, commence comme assistant réalisateur – caméraman de Fred Balshofer dans The True
Heart of an Indian
pour la Bison.
En 1914 est le cameraman de la célèbre série Les exploits d'Elaine ( The Perils of Pauline).
En 1916, il travaille pour le réalisateur George Fitzmaurice dans New York. Leur collaboration durera
neuf ans, ils tourneront 33 films au total. Il trouve en George Fitzmaurice le réalisateur idéal, qui lui
laisse le champ libre, lui permettant ainsi d'expérimenter de nouvelles méthodes photographiques
et de se perfectionner dans sa spécialité.
Dans les années 20 travaille notamment avec le producteur Samuel Goldwin, les réalisateurs Paul Sloane
et Cecil B. DeMille.
En 1932 signe la photo de Me and My Gal, de Raoul Walsh.
Plus tard collabore avec John Ford dans Qu'elle était verte ma vallée (1942) film pour lequel il obtient
son premier Oscar sur les trois qu'il a eu. Miller dira de Ford « J'ai aimé travailler avec lui plus qu'avec
quiconque. Vous n'échangiez pas plus de 50 mots dans la journée, mais la communication passait si bien
que vous pouviez sentir vraiment ce qu'il voulait » Le paradoxe est que Miller n'a jamais photographié
ne serait-ce qu'un seul western de John Ford.
Cependant, c'est dans un film de William A. Wellman L'étrange Incident (The Ox-Box Incident) qu'il
nous laisse l'une des plus belles réussites du genre western, en tant que directeur de la photo, évidemment.
L'exploit consistait à représenter en studio l'action du film se déroulant du crépuscule au lever du soleil.
Miller était une des personnalités les plus influentes du cinéma, un maitre de la photographie, admiré par
ses pairs. C'était un perfectionniste, allant jusqu'à cirer les meubles et boiseries pour obtenir l'aspect brillant
qu'il recherchait.
Arthur C. Miller prend sa retraite en 1951 après un dernier film de Joseph Losey.
Source : IMDb, Wikipédia, One Reel a Week de Fred J. Balshofer et Arthur C. Miller.

Miller dans le laboratoire de la New York Motion Picture Company en 1909, à l'âge de 14 ans :
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Photo : One Reel a Week de Fred J. Balshofer et Arthur C.Miller.



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Philippe Soupault et le cinéma muet :

"Nous nous précipitâmes dans les cinémas et nous comprîmes
que tout était changé.
Le sourire de Pearl White apparut sur l'écran; ce sourire presque
féroce annonçait les bouleversements du nouveau monde.
Nous comprenions enfin que le cinéma n'était pas un jouet mécanique
perfectionné mais le terrible et magnifique drapeau de la vie.
Les petites salles sombres où nous nous assîmes devinrent le théâtre de
nos éclats de rire, de nos rages et de nos grands mouvements d'orgueil.
Sous nos yeux agrandis nous lisions les crimes, les départs, les phénomènes,
ou, malgré tout et surtout, la poésie de notre âge."

Philippe Soupault. Le Cinéma U.S.A, in "Le Théâtre et Comoedia illustré"


Pearl White 1892 - 1938) :

Image

Née dans une ferme du Missouri, Pearl White était une fille de l'ouest.
Lycéenne, elle rejoint une troupe de théâtre, et part en tournée à l'âge de 18 ans.

En 1910, elle est dactylo dans un studio et fera sa première apparition au
cinéma dans un western : His Yankee Girl, elle enchaine avec A Woman's Wit,
et The Sheriff and Miss Jones.

1914 est une année décisive pour Pearl White, elle est engagée par la branche
américaine de Pathé, pour interpréter Pauline dans deux serials qui ont eu un très
grand succès : Les exploits d'Elaine (The Perils of Pauline) et Les mystères de New York
(The Exploits of Elaine).

Surnommée la « Fille intrépide sans égale » et aussi « L'Héroïne aux mille cascades »,
car elle était réputée pour les faire elle-même. Pilotant des avions, des voitures de
course, nageant à travers les rivières, sautant d'un train en marche, traversant les
flammes... risquant sa vie à plusieurs reprises, blessée gravement elle en souffrit
tout au long de sa vie.

En 1923, elle abandonne le cinéma, se retire en France à Paris, où elle meurt en 1938.
Elle est enterrée au cimetière de Passy.

Jean Mitry, dira qu' elle fut "la première véritable reine de l'écran ".

Pearl White dans Les exploits d'Elaine (1914) :
Image
Photo : Goldensilents.com

« Il est naturel à toutes les filles de l’ouest d’aimer
la vie en plein air et de faire toutes sortes de choses sauvages, oser,
encore et encore. »
Pearl White

Voir la biographie de Demerval : viewtopic.php?f=30&t=16903&p=239614#p239614


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Robert Desnos et le cinéma muet naissant :

« La nuit parfaite du cinéma ne nous offre pas seulement le miracle de l'écran,
pays neutre où les rêves sont projetés, elle nous offre encore la forme la plus
sympathique de l'aventure moderne.

(…) si à défaut d'aventure attachante, le sourire d'une femme, le regard séduisant
d'un assassin suscitent en nous une assez belle histoire, la salle et les spectateurs
s'évanouissent.

Opium parfait, le cinéma nous entraine alors loin des soucis matériels, nous donnent
la parfaite indifférence génératrice des grandes actions, des découvertes sensationnelles,
des pensées élevées.

Admirables salles qui trépignez aux avatars de Charlot, aux courses d'autos des
Mystères de NewYork, aux faits et gestes de Nazimova, de Pearl White et de Betty Compson »

Robert Desnos. Extraits de son Journal Littéraire.




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Divers


Un soir de cette année 1910, Thomas Harper Ince, un acteur de théâtre qui avait du mal à joindre
les deux bouts, voit descendre d'une limousine Joseph (John) Smiley, un vieil ami acteur. Celui-ci
lui raconte qu'il gagnait très bien sa vie, en jouant dans des films pour l'Independent Motion Picture. L'invite
à venir au studio, il est embauché dans l'immédiat dans un film en cours de réalisation...
Modifié en dernier par Hombre le 30 janv. 2018 20:02, modifié 6 fois.

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Vince
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Re: Le Western muet : Un aperçu chronologique 1903 - 1929

Messagepar Vince » 28 janv. 2017 19:04

Cher Hombre ! Pour info, "An Apache Gratitude" (1913) joué par Tom Mix est sorti à Paris le 10 Octobre 1913 sous le titre "Gratitude d'apache". Il a été présenté à la corporation le 22 Septembre 1913 à Paris. J'ai beaucoup d'informations de ce type si cela vous intéresse.

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Hombre
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Re: Le Western muet : Un aperçu chronologique 1903 - 1929

Messagepar Hombre » 29 janv. 2017 18:35

:num1

Bonjour Vince. Bien entendu tout cela m'intéresse.
Tu peux me contacter par MP. Merci d'avance.

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pak
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Re: Le Western muet : Un aperçu chronologique 1903 - 1929

Messagepar pak » 29 janv. 2017 18:49

:applaudis_6:

Bon, je me permets un petit ajout. L'importance de Hart fut assez récemment "officialisée" par une inscription du film Le Serment de Rio Jim au National Film Registry en 2010 (voir là : viewtopic.php?f=7&t=16278&p=224362&hilit=r%C3%A9compens%C3%A9s#p224415), lui assurant ainsi une sorte de postérité.

Mais c'est en fait le second film de l'acteur distingué puisque le premier a été Le Justicier (Hell's Hinges), film de 1916, que l'institution a choisi dans une de ses premières éditions (en 1994, alors que l'institution a débuté sa sélection de films à préserver en 1989).
Quand on joue dans un western, on peut embrasser le cheval mais pas l'actrice.

Gary Cooper


http://www.notrecinema.com/

Le quiz western 2014


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