Fort Alamo

Réalité et fiction
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Longway
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Fort Alamo

Messagepar Longway » 23 sept. 2012 17:24

Fort Alamo ( 1718 – 1879 ) Texas


Historique

Il fut construit pour protéger la mission catholique " San Antonio de Valero " des attaques indiennes. En 1722 il est déplacé deux miles en aval pour faire face à la mission elle-même.
Celle ci est sécularisée en 1793 et les troupes Espagno-Mexicaines y établissent une garnison en 1803. Le présidio ( poste de défense ) n’est pas fortifié, bien que plusieurs plans aient été proposés.
" El Alamo " , construit en 1755 est l’ancienne chapelle de la mission, et dans les années 1830 c’est tout l’ensemble du complexe missionnaire qui est désigné comme tel, c’est devenu la principale unité de défense.
En 1835 les forces texanes qui revendiquent leur indépendance vis-à-vis du Mexique en prennent possession, mais en Mars 1836 il est pris d’assaut par l’armée de Santa Anna qui en extermine les 189 défenseurs retranchés derrière ses murs, au terme d’une héroïque résistance qui dura 13 jours.
Les texans l’occupent de nouveau après leur victoire à la bataille de San Jacinto en Avril 1836. L’armée Mexicaine y revient brièvement en Septembre 1842, et en 1845 lors de l’annexion du Texas aux Etats-Unis le site est en ruine. Les américains le reprennent définitivement en 1846 au moment de la guerre avec le Mexique.
" The Alamo " se nomme alors " Fort San Antonio ". Il sert principalement de dépôt d’approvisionnement pour l’armée avant que celui-ci ne soit transféré à Fort Houston en 1879.
Les forces américaines confédérées l’occupèrent durant toute la guerre de Sécession.
" The Alamo " est devenu un site historique national en 1960. C’est aujourd’hui un musée et il reste un des plus beaux exemples de missions espagnoles implantées aux Etats-Unis.


Le combat de Fort Alamo est célèbre dans toutes les mémoires, et les représentations du siège assez nombreuses sous différentes versions westerniennes à grand et petit budget.
Les décors sont la plupart du temps soignés et respectueux de l’authentique " El Alamo "

Les westerns où il apparaît :

The birth of Texas 1916
Davy Crockett and the Fall of the Alamo 1926
Heroes of the Alamo 1937
Le Déserteur de Fort Alamo( The man from the Alamo ) 1953
Quand le Clairon sonnera ( The last command ) 1955
Davy Crockett, Roi des Trappeurs ( Davy Crockett, king of the wild frontier ) 1955
Alamo ( Alamo ) 1960, John Wayne
Seguin 1982, téléfilm
Alamo:13 jours pour la Gloire ( The Alamo : 13 days to glory ) 1987
Alamo ( Alamo ) 2004, John Lee Hancok

On peut également citer deux autres westerns où le fort est mis en valeur, mais dont le scénario et l’action se situent bien après le combat d’indépendance du Texas.

San Antonio ( San Antonio ) 1945
Arizona Bill ( La strada per Fort Alamo ) 1965

Egalement nommé dans : Attaque à l'Aube ( The first texan ) 1956
Modifié en dernier par Longway le 23 sept. 2012 21:36, modifié 1 fois.

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HART
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Re: Fort Alamo

Messagepar HART » 23 sept. 2012 20:23

Pour donner quelques précisions au post érudit de Longway , il faut ajouter au moins trois titres à la filmographie indiquée .D'abord ," The birth of Texas" de Christy Cabanne (1916) , je l'ai vu hier soir , ce n'est pas mal du tout ,Alamo n'est pas en toile de fond , c'est le sujet du film.
Une autre oeuvre , datée de 1937 , "Heroes of the Alamo" de Harry Fraser , a été distribuée par Columbia , mais elle n'est pas fameuse malgré la présence de Lane Chandler dans la distribution.
Un autre film sur le sujet " Davy Crockett and the fall of the Alamo" est sorti en 1926 , je ne connais pas celui-ci , il semble très difficile à trouver.
Passionné par le sujet ,je dois dire que la meilleure version est , de loin , la dernière , celle de John Lee Hancock , dont le scénario a été établi sur la base des travaux des historiens de l'université d'Austin , dont la distribution est tout à fait convaincante et qui n'est pas "politiquement correcte" , on y voit les esclaves noirs des texans dégoutés de leur situation , alors qu'à cette époque l'esclavage était aboli au Mexique...
Pour compléter le sujet , il faut citer une autre oeuvre remarquable : "Seguin" , qui raconte l'histoire des texans d'origine mexicaine qui ont combattu à Alamo et à San Jacinto contre Santa Anna.Tournée pour la TV dans les années 80 , elle est aussi très difficile à voir.
Pour les " westerners" intéréssés par cet épisode de l'histoire de l'Ouest , je recommande le meilleur livre écrit sur le sujet , à mon avis : " Blood of noble men" de Alan Huffines.

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Longway
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Re: Fort Alamo

Messagepar Longway » 23 sept. 2012 21:26

Merci Hart pour ces précisions. Je rajoute les films dans la liste. :D

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lafayette
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Re: Fort Alamo

Messagepar lafayette » 08 févr. 2017 9:10

Fort Alamo est cité dans Trouble in Texas 1937 au travers d'une chanson de Tex Ritter : mais "adios au Fort Alamo" chante-t-il.
Pour moi la vie va commencer...

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Re: Fort Alamo

Messagepar U.S. Marshal Cahill » 17 févr. 2018 13:38

l'entrée du fort dans Le déserteur de Fort Alamo - The Man from the Alamo - 1953 - Budd Boetticher

lasbugas a écrit :Image
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DEMERVAL
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Re: Fort Alamo

Messagepar DEMERVAL » 23 févr. 2018 13:16

Le Contexte

Sous la présidence d’Antonio López de Santa Anna, le gouvernement mexicain commença à s’éloigner du modèle fédéraliste. La politique dictatoriale croissante dont la révocation, au début de 1935, de la constitution de 1924, incita de nombreux fédéralistes à la révolte. La frontière entre le Mexique et le Texas étaient largement peuplée d’immigrants des Etats-Unis. Ces personnes étaient habituées au gouvernement fédéraliste et à des droits individuels étendus et elles étaient très disertes sur leur mécontentement vis-à-vis du retour au centralisme mexicain. Déjà suspicieuses après des tentatives américaines précédentes d’acquérir le Texas Mexicain, les autorités mexicaines critiquèrent les troubles fomentés par les immigrants, la plupart d’entre eux ayant fait peu d’efforts pour s’adapter à la culture mexicaine.
En octobre, les Texans engagèrent le combat contre les troupes Mexicaines dans la première bataille officielle de la Révolution Texane. Déterminé à mater la rébellion, Santa Anna commença à rassembler de nombreuses troupes, l’Armée des Opérations du Texas, pour rétablir l’ordre. La plupart de ses soldats étaient de nouvelles recrues et un grand nombre avait été enrôlé de force.
Les Texans défirent systématiquement les troupes mexicaines déjà stationnées au Texas. Le dernier groupe de soldats mexicains dans la région—commandé par le beau-frère de Santa Anna, le Général Martín Perfecto de Cos— se rendit le 9 décembre après le siège de Béxar. A ce point, l’Armée Texane était dominée par de nouveaux arrivants dans la région, notamment des aventuriers provenant des Etats-Unis. De nombreux colons Texans, non préparés pour une longue campagne, étaient retournés chez eux. Furieux par ce qu’il percevait comme une ingérence dans les affaires mexicaines, Santa Anna promulgua une résolution classant les étrangers pris les armes à la main au Texas comme pirates. La résolution prohiba effectivement la capture de prisonniers de guerre: à cette période, les pirates capturés étaient immédiatement exécutés. Santa Anna réitéra ce message dans une lettre aux mots forts envoyée au Président des Etats-Unis, Andrew Jackson. Cette lettre ne fut pas largement diffusée et il est plus que probable que la plupart des recrues américaines servant dans l’Armée Texane, ignoraient qu’ils ne pouvaient plus être des prisonniers de guerre.
Quand les troupes mexicaines quittèrent San Antonio de Béxar (maintenant San Antonio, Texas, USA), les soldats Texans établirent une garnison à la Mission Alamo, un ex avant-poste religieux espagnol qui avait été converti en fort de fortune par l’Armée Mexicaine récemment expulsée. Décrite par Santa Anna comme "une fortification irrégulière méritant à peine le nom", l’Alamo avait été construit pour enrayer une éventuelle attaque Indienne et non pas une armée équipée d’une artillerie. Le complexe s’étendait sur 1,2 hectare, avec un périmètre d’environ 400m de défenses. Une place intérieure était bordée à l’est par une chapelle et au sud par un immeuble à un étage connu sous le nom de Low Barracks. Une palissade en bois reliait ces deux bâtiments. Un bâtiment à deux étages, Les Long Barracks, s’étendait au nord de la chapelle. A l’extrémité nord du mur de l’est se trouvait un enclos à bétail et un corral pour les chevaux. Les murs entourant le complexe avaient au moins 84 cm d’épaisseur et de 2,7 à 3,7 m de haut.
Pour compenser le manque de postes de tir, l’ingénieur Texan, Green B. Jameson construisit des passerelles pour permettre aux défenseurs de faire feu par-dessus le mur; cette méthode, cependant, laissait la partie supérieure du corps exposée. Les forces mexicaines avaient laissé derrière elles 19 canons que Jameson installa le long des murs. Un canon de 18 livres était arrivé au Texas avec les New Orleans Greys. Jameson le positionna dans le coin sud-ouest de l’enceinte.
La garnison Texane était cruellement en sous-effectif et sous-approvisionnée avec moins de 100 soldats restants au 6 janvier 1836. Le Colonel James C. Neill, le commandant par intérim du Alamo, écrivit au gouvernement provisoire: "Si il y a un dollar ici je n’en ai pas eu connaissance". Neill demanda des renforts de troupes et de provisions, craignant que la garnison ne soit pas capable de soutenir un siège durant plus de quatre jours. Le gouvernement Texan était en plein bouleversement et incapable de fournir beaucoup d’aide. Quatre hommes différents affirmèrent avoir reçu le commandement de toute l’armée ; le 14 janvier, Neill approcha l’un d’eux, Sam Houston, pour lui demander des provisions, des vêtements et des munitions.

Prélude à la bataille

Houston ne pouvait pas envoyer le nombre d’hommes nécessaire pour réussir la défense du Alamo. A la place, il envoya le Colonel James Bowie avec 30 hommes pour enlever l’artillerie du Alamo et détruire l’installation. Bowie fut incapable de transporter l’artillerie parce que la garnison de l’Alamo ne possédait les bêtes de trait nécessaires. Neill persuada rapidement que l’endroit avait une importance stratégique. Dans une lettre au Gouverneur Henry Smith, Bowie argua que "le sauvetage du Texas dépend en grande partie du fait de garder Béxar hors des mains de l’ennemi. Le fort sert de tour de contrôle de la frontière et si il était en possession de Santa Anna, il n’y a pas de place-forte grâce à laquelle on peut alors empêcher sa marche vers la Sabine. La lettre à Smith se terminait, "Le Colonel Neill et moi-même sommes arrivés à la résolution solennelle que nous préférons mourir dans ces fossés plutôt que de les livrer à l’ennemi." Bowie écrivit aussi au gouvernement provisoire pour lui demander des "hommes, de l’argent, des fusils et de la poudre à canon". Quelques renforts furent autorisés; l’officier de cavalerie William B. Travis arriva à Béxar avec 30 hommes le 3 février. Cinq jours plus tard, un petit groupe de volontaires arriva, dont le célèbre pionnier et ex membre du Congrès, David Crockett de Tennessee.
Le 11 février, Neill quitta le Alamo, bien déterminé à recruter des renforts supplémentaires et rassembler des vivres. Il transféra le commandement à Travis, l’officier de l’armée régulière le plus haut gradé de la garnison. Les volontaires constituaient la majeure partie de la garnison et ils ne désiraient pas accepter Travis Travis comme leur leader. Les hommes élirent à la place Bowie, qui avait la réputation d’être un fier guerrier. Bowie célébra l’événement en s’enivrant et en causant des dégâts dans Béxar. Pour atténuer le résultat négatif de sa virée, Bowie accepta de partager le commandement avec Travis.
Alors que les Texans avaient du mal à trouver des hommes et des vivres, Santa Anna continuait à rassembler des hommes à San Luis Potosi; vers la fin de 1835 son armée comptait 6,019 soldats. Plutôt que d’avancer le long de la côte, où les vivres et les renforts pouvaient être facilement délivrés par mer, Santa Anna dirigea son armée à l’intérieur des terres vers Béxar, le centre politique du Texas et le lieu de la défaite de Cos. L’armée commença sa marche vers le nord à la fin décembre. Les officiers utilisèrent le long voyage pour entraîner les hommes. Nombre des nouvelles recrues ne savaient pas utiliser le viseur de leurs fusils et beaucoup refusèrent de faire feu au niveau de l’épaule à cause du fort recul.
La progression était lente. Il n’y avait pas assez de mules pour transporter toutes les vivres et nombre des cochers, tous des civils, partirent quand le règlement de leur paie prit du retard. Le grand nombre de soldaderas – les femmes et les enfants qui suivaient l’armée – consommaient beaucoup des vivres déjà insuffisantes. Les soldats furent rapidement rationnés. Le 12 février, ils traversèrent le Rio Grande. Les températures au Texas atteignirent un bas niveau historique et le 13 février 38 à 41 cm de neige étaient tombés. L’hypothermie, la dysenterie et les raids des Comanches prélevèrent un grand nombre de vie dans les rangs mexicains.
Le 21 février, Santa Anna et son avant-garde atteignirent les rives de la rivière Medina, à 40 kms de Béxar. Inconscient de la proximité de l’Armée Mexicaine, la majorité de la garnison d’Alamo rejoignit les habitants de Béxar pour une fiesta. Après avoir ouï dire de la fiesta programmée, Santa Anna ordonna au Général Joaquín Ramírez y Sesma de s’emparer immédiatement du Alamo déserté mais des pluies soudaines arrêtèrent le raid.

Le Siege

Investissement

Aux premières heures du 23 février, les habitants commencèrent à fuir Béxar, craigant l’arrivée imminente de l’armée mexicaine. Bien que non convaincu par les rapports, Travis plaça un soldat dans la tour de la cloche de la chapelle de San Fernando, le point le plus élevé de la ville, pour surveiller tout signe d’une troupe approchante. Plusieurs heures plus tard, les éclaireurs Texans rapportèrent avoir vu des troupes mexicaines à 2,4 kms de la ville. Peu d’aménagements avaient été faits pour supporter un éventuel siège. Un groupe de Texans s’éparpilla pour ramener du bétail dans le Alamo, pendant que d’autres visitaient les maisons récemment abandonnées pour recueillir des vivres. Plusieurs membres de la garnison, qui vivaient en ville, emmenèrent leurs familles avec eux quand ils se rendirent au Alamo.Parmi ceux-ci figuraient Almaron Dickinson, qui emmena son épouse Susanna et leur petite fille Angelina; Bowie, qui était accompagné par les cousines de son épouse défunte, Gertrudis Navarro et Juana Navarro Alsbury, et le jeune fils d’Alsbury; et Gregorio Esparza,dont la famille grimpa à travers la fenêtre de la chapelle du Alamo après que l’armée mexicaine fut arrivée. D’autres membres de la garnison désertèrent; la plupart des hommes travaillant en dehors de Béxar ne tentèrent pas de passer à travers les lignes mexicaines.
Vers la fin de la soirée, Béxar était occupé par environ 1,500 soldats mexicains. Quand les troupes mexicaines exhibèrent un drapeau rouge signifiant pas de quartier, Travis répondit par un tir du canon le plus gros du Alamo. Pensant que Travis avait agi précipitamment, Bowie envoya Jameson à la rencontre de Santa Anna. Travis fut furieux que Bowie ait agi unilatéralement et il envoya son seul représentant, le Capitaine Albert Martin.Les deux émissaires rencontrèrent le Colonel Juan Almonte et José Bartres. Selon Almonte, les Texans demandèrent une reddition honorable mais furent informés que toute reddition devait être inconditionnelle. En apprenant cela, Bowie et Travis décidèrent tous les deux de faire feu au canon.

Les escarmouches

La première nuit du siège fut relativement calme. Durant les quelques jours qui suivirent, des soldats mexicains installèrent des batteries d’artillerie, initialement à 300m des murs sud et est du Alamo. Une troisième batterie fut positionnée au sud-est du fort. Chaque nuit les batteries avançaient plus près des murs du Alamo. Durant la première semaine du siège, plus de 200 boulets de canon atteignirent la place du Alamo. Au début, les Texans répondaient coup pour coup à l’artillerie mexicaine, en réutilisant souvent les boulets mexicains. Le 26 février, Travis ordonna à l’artillerie d’économiser la poudre.
Deux événements notables survinrent le mercredi 24 février. A un moment de cette journée, Bowie s’effondra, malade, laissant Travis seul aux commandes de la garnison. Plus tard dans la soirée, deux éclaireurs mexicains devinrent les premières victimes du siège. Le matin suivant, 200 à 300 soldats mexicains traversèrent la rivière San Antonio et s’abritèrent dans des cabanes abandonnées près des murs du Alamo. Plusieurs Texans s’aventurèrent hors du fort pour brûlerv les huttes pendant que les Texans dans le fort les couvraient d’un tir nourri. Après deux heures d’escarmouches, les troupes mexicaine se retirèrent dans Béxar. Six soldats mexicains furent tués et quatre autres blessés. Aucun Texan ne fut blessé.
Un vent du nord souffla le 25 février faisant chuter les températures à 4 °C. Aucune des deux armées n’étaient préparées pour des températures aussi froides. Les tentatives texanes de rassembler du bois furent contrariées par les troupes mexicaines. Le soir du 26 février, le Colonel Juan Bringas engagea le combat avec plusieurs Texans qui essayaient de brûler plus de huttes. Selon l’historien J.R. Edmondson, un Texan fut tué. Quatre jours plus tard, les Texans firent feu et tuèrent le 1ère classe Secundino Alvarez, un soldat d’un des deux bataillons que Santa Anna avaient stationnés sur les deux flancs du Alamo. Le 1er mars, le nombre de pertes mexicaines étaient de neuf morts et quatre blessés pendant que la garnison Texane n’avait perdu qu’un seul homme.

Les Renforts

Santa Anna posta une compagnie à l’est du Alamo, sur la route de Gonzales. Almonte et 800 dragons étaient stationnés le long de la route de Goliad. Tout au long du siège, ces villes avaient reçu de multiples courriers, envoyés par Travis pour demander des renforts et des vivres. La plus célèbre de ces missives, écrite le 24 février, fut adressée Au peuple du Texas et à tous les Américains du monde. Selon l’historien Mary Deborah Petite, la lettre est "considérée par de nombreuses personnes comme un chef d’œuvre du patriotisme américain." Des copies de la lettre furent distribuées à travers le Texas, et finalement réimprimée à travers les Etats-Unis et une grande partie de l’Europe. A la fin du premier jour de siège, les troupes de Santa Anna furent renforcées par l’arrivée des 600 hommes du Général Joaquin Ramirez y Sesma, ce qui porta l’effectif de l’armée mexicaine à plus de 2000 hommes.
Alors que des nouvelles du siège s’étendaient à travers tout le Texas, des renforts potentiels se rassemblèrent à Gonzales. Ils espéraient y rencontrer le Colonel James Fannin, qui était censé arriver de Goliad avec sa garnison. Le 26 février, après 10 jours d’indécision, Fannin prit le commandement de 320 hommes, quatre canons, et plusieurs chariots de vivres pour marcher vers le Alamo, à 140 kms de là. Ce groupe fit moins de 1,6 kms avant de faire demi-tour. Fannin blâma la retraite de ses officiers; les officiers et les hommes enrôlés accusèrent Fannin d’avoir fait avorter l’expédition.
Les Texans réunis à Gonzales ne furent pas au courant du retour de Fannin à Goliad et la plupart d’entre eux continuèrent d’attendre. Impatient du retard constaté, le 27 février, Travis donna l’ordre à Samuel G. Bastian de se rendre à Gonzales "pour hâter les renforts". Selon l’historien Thomas Ricks Lindley, Bastian rencontra la Gonzales Ranging Company conduite par le Lieutenant George C. Kimble et le courrier que Travis avait envoyé à Gonzales, à savoir, Albert Martin, qui étaient fatigués d’attendre Fannin. Une patrouille mexicaine attaqua, chassant quatre des hommes dont Bastian. Dans le noir, les Texans firent feu sur les 32 hommes restants qu’ils prirent pour des soldats mexicains. Un homme fut blessé et les jurons criés en anglais convainquirent les défenseurs qui ouvrirent les portes.
Le 3 mars, les Texans regardèrent par-dessus les murs, un millier de mexicains parader dans Béxar. L’armée mexicaine célébrèrent bruyamment jusqu’à la nuit, d’une part les renforts et d’autre part, la victoire, le 27 février, des troupes commandées par le Général José de Urrea sur les troupes Texanes du Colonel Frank W. Johnson lors de la bataille de San Patricio. La plupart des Texans du Alamo croyaient que Sesma avait conduit les forces mexicaines durant le siège et ils attribuèrent par erreur la célébration à l’arrivée de Santa Anna. Les renforts abondèrent le nombre des soldats mexicains à Béxar à 3 100.
L’arrivée des renforts mexicains pressa Travis à envoyer trois hommes, dont Davy Crockett pour trouver la force de Fannin qu’il pensait toujours en chemin pour rejoindre le Alamo. Les éclaireurs découvrirent un large groupe de Texans campant à 32 kms du Alamo. Les recherches de l’historien Lindley indiquent qu’au plus 50 de ces hommes venaient de Goliad après la mission de sauvetage avortée de Fannin. Les autres avaient quitté Gonzales plusieurs jours plus tôt. Avant le lever du jour, le 4 mars, une partie de la force texane se forgea un passage entre les lignes mexicaines et entra dans l’Alamo. Les soldats mexicains poursuivirent un second groupe à travers la prairie.

Les préparatifs de l’assaut

Le 4 mars, le jour suivant l’arrivée de ses renforts, Santa Anna proposa dans se lancer à l’assaut du Alamo. Nombre de ses officiers supérieurs recommandèrent d’attendre l’arrivée des canons de 12 livres, prévue pour le 7 mars. Ce soir-là, une femme, probablement la cousine par alliance de Bowie, Juana Navarro Alsbury, approcha Santa Anna pour négocier une reddition des défenseurs du Alamo. Selon de nombreux historiens, la visite accrut probablement l’impatience de Santa Anna; comme le nota l’historien Timothy Todish, "il n’y aurait eu que peu de gloire dans une victoire sanglante". Le matin suivant, Santa Anna annonça à son état-major que l’assaut aurait lieu le 6 mars. Santa Anna s’arrangea pour les troupes provenant de Béxar soient exclues des premières lignes afin de ne pas avoir à combattre leurs propres familles.
La légende affirme qu’à un moment du 5 mars, Travis réunit ses hommes pour leur expliquer que l’attaque était imminente et qu’ils étaient largement en sous-nombre par rapport aux forces mexicaines. Il aurait alors tracé une ligne sur le sol et demandé à ceux qui désiraient mourir pour la cause texane de venir de l’autre côté près de lui ; seul un homme (Moses Rose) serait censé avoir décliné l’offre. La plupart des chercheurs contestent cette histoire car aucune preuve n’existant de sa véracité (l’histoire n’apparut que des décennies après la bataille). Cependant, Travis rassembla bien apparemment, à un moment avant l’assaut final, ses hommes pour les informer de la situation inextricable dans laquelle ils se trouvaient et qu’ils avaient dès lors toutes les chances d’y laisser leurs peaux. Susannah Dickinson se rappela que Travis demanda à chaque homme qui désirait s’échapper, de se faire connaître et donc de sortir des rangs.
Le dernier texan avéré, qui quitta le Alamo, fut, le 5 mars, James Allen, un courrier qui transportait des messages personnels de Travis et de plusieurs autres hommes.

L’assaut final

Le combat extérieur

A 22h00 le 5 mars, l’artillerie mexicaine cessa son bombardement. Comme Santa Anna l’avait anticipé, les Texans exténués trouvèrent rapidement le premier sommeil ininterrompu depuis le début du siège. Juste après minuit, plus de 2,000 soldats mexicains se préparèrent à l’assaut final. Près de 1,800 d’entre eux furent divisés en quatre colonnes commandées par Cos, le Colonel Francisco Duque, le Colonel José María Romero et le Colonel Juan Morales. Des vétérans furent positionnés en dehors des colonnes pour mieux contrôler les jeunes recrues. En précaution, 500 cavaliers mexicains furent positionnés autour du Alamo pour empêcher toute évasion de Texans ou désertion de mexicains. Santa Anna resta dans le camp avec une réserve de 400 hommes. Malgré le froid mordant, les soldats avaient reçu l’ordre de ne pas porter de pardessus qui auraient pu entraver leurs mouvements. Des nuages masquaient la lune et donc les mouvements des soldats.
A 5h30, les troupes avancèrent dans le silence. Cos et ses hommes approchèrent du nord-ouest du Alamo, pendant que Duque conduisit ses hommes situés au nord-ouest vers une brèche repérée dans le mur nord du Alamo. La colonne commandée par Romero marcha vers le mur est et la colonne de Morales prit pour cible le bas parapet près de la chapelle.
Les trois sentinelles texanes positionnées en dehors des murs furent tuées dans leur sommeil, permettant ainsi aux soldats mexicains d’approcher sans être détectés à un tir de mousquet des murs. A ce moment, le silence fut brisé par des cris de "¡Viva Santa Anna!" et la musique des bugles. Le bruit réveilla les Texans. La plupart des non-combattants se réfugièrent dans la sacristie de la chapelle. Travis se précipita à son poste en criant, "Allez les gars, les mexicains nous attaquent et nous allons leur montrer ce qu’est l’enfer!" et, comme il passait devant un groupe de Tejanos, "¡No rendirse, muchachos!" ("Ne vous rendez-pas, les gars").
Dans les premiers moments de l’assaut, les troupes mexicaines furent à leur désavantage. La formation de leurs colonnes ne permettaient qu’aux premiers rangs de faire feu en sécurité. Inconscientes du danger encouru, les recrues mal entraînées "firent feu de leurs fusils à l’aveugle", blessant ou tuant les troupes devant elles. La dense concentration des troupes leur permit aussi de faire une cible idéale pour l’artillerie texane. Manquant de munitions, les Texans remplirent les canons de toute sorte de métal qu’ils trouvèrent, dont des charnières de porte, des clous et des fers à chevaux coupés en morceaux, transformant ainsi les canons en immenses fusils d chasse. Selon le journal de José Enrique de la Peña, "une simple volée d’un canon dégageait la moitié d’une compagnie de chasseurs de Toluca". Duque tomba de son cheval après avoir été blessé à la cuisse et fut presque piétiné par ses propres hommes. Le Général Manuel Castrillón prit rapidement le commandement de la colonne de Duque.
Bien que quelques-uns sur le devant des rangs mexicains hésitèrent, les soldats de l’arrière les poussèrent vers l’avant. Alors que les troupes se massaient contre les murs, les Texans furent forcés de se pencher au-dessus du mur pour faire feu, s’exposant alors aux tirs mexicains. Travis fut l’un des premiers défenseurs à être tué, abattu alors qu’il faisait feu sur les soldats en-dessous de lui, bien qu’une source affirma qu’il tira son épée et transperça un officier mexicain qui avait franchi le mur avant de succomber à sa blessure. Peu des échelles mexicaines atteignirent les murs. Les quelques soldats, qui furent capables de grimper sur les échelles, furent rapidement abattus ou repoussés. Après que les Texans eurent déchargé leurs fusils préalablement chargés, ils eurent beaucoup de mal à recharger tout en essayant d’empêcher les soldats mexicains d’escalader les murs.
Les soldats mexicains se retirèrent et se regroupèrent, mais leur seconde attaque fut repoussée. Quinze minutes plus tard, ils opérèrent une troisième charge. Durant la troisième charge, la colonne de Romero, ayant pour cible le mur est, fut exposée au feu des canons et se décala vers le nord, se mélangeant avec la seconde colonne. La colonne de Cos, sous le feu des Texans sur le mur ouest, vira aussi vers le nord. Quand Santa Anna vit que le gros de son armée était massé contre le mur nord, il eut peur d’une déroute ; "paniqué", il envoya les réserves dans le même endroit. Les soldats mexicains les plus proches du mur nord réalisèrent que le mur de fortune contenait de nombreux trous et brèches. L’un des premiers à escalader le mur de 3,7m de haut fut le Général Juan Amador; devant ce challenge, ses hommes le suivirent. Amador ouvrit la poterne du mur nord, permettant ainsi aux soldats mexicains de s’engouffrer dans le complexe. D’autres grimpèrent à l’aide des sabords sur le mur ouest qui n’avait que peu de défenseurs. Alors que les défenseurs texans abandonnaient le mur nord et l’extrémité nord du mur ouest, les canonniers texans du sud de la mission tournèrent leurs pièces d’artillerie vers le nord et firent feu sur les soldats mexicains avancés. Cela laissa la partie sud de la mission sans protection; en quelques minutes les soldats mexicains escaladèrent les murs et tuèrent les canonniers, prenant ainsi possession des pièces de 18 pouces du Alamo. A ce moment, les hommes de Romero avaient pris possession du mur est de l’enceinte et se déversaient à travers l’enclos à bétail.

Le combat intérieur

Comme prévu, la plupart des Texans reculèrent vers les casernements et la chapelle. Des trous avaient été faits dans les murs pour permettre aux Texans de faire feu. Incapable d’atteindre les casernements, des Texans se positionnèrent le long du mur ouest pour se diriger vers la rivière San Antonio. Quand la cavalerie chargea, les Texans se mirent à l’abri et commencèrent à faire feu à partir d’une tranchée. Sesma fut obligé d’envoyer des renforts et les Texans furent finalement tués. Sesma rapporta que cette escarmouche impliqua 50 texans mais Edmondson croit que le nombre était surévalué.
Les défenseurs de l’enclos à bétail se retirèrent dans l’enclos des chevaux. Après avoir déchargé leurs armes, la petite bande de Texans escalada le petit mur, contourna la chapelle et s’élança à pied dans la prairie est, qui était désertée. Alors que la cavalerie mexicaine s’avançait sur le groupe, Almaron Dickinson et le personnel de l’artillerie tournèrent leurs canons et firent feu sur la cavalerie, lui infligeant probablement de lourdes pertes. Néanmoins, tous les texans échappés furent tués.
Le dernier groupe de texans à rester en plein air était Crockett et ses hommes, qui défendait le petit muret devant la chapelle. Incapable de recharger, ils utilisèrent leurs fusils comme matraques et combattirent au couteau. Après une salve et le passage de mexicains munis de baïonnettes, les quelques survivants se retirèrent vers la chapelle. L’armée mexicaine contrôlait maintenant tous les murs extérieurs et l’intérieur du Alamo à l’exception de la chapelle et des pièces situées le long des murs est et ouest. Les soldats mexicains tournèrent leur attention vers le drapeau texan flottant sur le toit d’un bâtiment. Quatre mexicains furent tués avant que le drapeau du Mexique ne remplaça le drapeau texan.
Durant l’heure qui suivit, l’armée mexicaine s’efforça de sécuriser complètement le Alamo. Nombre des défenseurs restants furent acculés dans les pièces des casernements fortifiés. Dans la confusion, les texans avaient négligé de saboter leurs canons avant de se retirer. Des soldats mexicains tournèrent les canons contre les casernements. Dès qu’une porte était explosée, les soldats mexicains envoyaient une salve de mousquets dans la pièce sombre, puis chargeaient pour combattre au corps-à-corps.
Trop malade pour participer à la bataille, Bowie préféra mourir dans son lit. Des témoins oculaires de la bataille donnèrent des versions divergentes de sa mort. Quelques témoins affirmèrent qu’ils avaient vu plusieurs soldats mexicains entrer dans la chambre de Bowie, lui donner des coups de baïonnettes et le porter vivant hors de la chambre. D’autres affirmèrent que Bowie se suicida ou fut tué par des soldats alors qu’il était trop faible pour lever la tête. Selon l’historien Wallace Chariton qui donna la version la "plus populaire, et probablement la plus précise", Bowie décéda dans son lit, "le dos accolé contre le mur, en utilisant ses pistolets et son célèbre couteau."
Les derniers texans à mourir furent les 11 hommes maniant les deux pièces de 12 livres de la chapelle. Un tir émanant du 18 pouces détruisit les barricades devant l’église et les soldats mexicains entrèrent dans le bâtiment après avoir balancé une salve de mousquets. Le personnel de Dickinson firent feu avec leurs canons de l’abside dans un groupe de soldats mexicains massés contre la porte. N’ayant pas le temps de recharger, les Texans, dont Dickinson, Gregorio Esparza et James Bonham, attrapèrent leurs fusils et firent feu avant de tomber victimes des baïonnettes. Le Texan Robert Evans, le responsable du matériel, avait été chargé de faire en sorte que la poudre à canon ne tomba pas entre les mains des Mexicains. Blessé, il rampa près du magasin de poudre mais fut tué par une balle de mousquet avec sa torche seulement à quelques centimètres de la poudre. S’il eut réussi, le souffle de la déflagration aurait détruit la chapelle et tué les femmes et les enfants qui s’y cachaient.
Alors que les soldats approchaient la sacristie, un des jeunes fils du défenseur Anthony Wolf se leva pour mettre une couverture sur ses épaules. Dans le noir, les soldats mexicains le prirent pour un adulte et le tuèrent. Il est possible que le dernier texan à mourir dans la bataille fut Jacob Walker, qui tenta de se cacher derrière Susannah Dickinson et fut tué par une baïonnette devant les femmes. Un autre texan, Brigido Guerrero, chercha aussi refuge dans la sacristie. Guerrero, qui avait déserté de l’armée mexicaine en décembre 1835, fut épargné après avoir convaincu les soldats qu’il était prisonnier des texans.
A 6h30, la bataille de l’Alamo avait pris fin. Les soldats mexicains inspectèrent chaque dépouille, transperçant de leurs baïonnettes tout corps qui bougeait. Même avec tous les texans tués, les soldats mexicains continuèrent de tirer, se tuant parfois entre eux dans la confusion ambiante. Les généraux mexicains furent incapables d’arrêter le bain de sang et appelèrent à l’aide Santa Anna. Bien que le général se soit montré, la violence continua et les clairons ordonnèrent finalement la retraite. Pendant 15 minutes après la sonnerie, les soldats continuèrent de tirer sur les corps inertes.

Les conséquences

Les pertes

Selon de nombreux rapports sur la bataille, entre 5 à 7 texans se rendirent. Révolté que ses ordres aient été bafoués, Santa Anna demanda à ce qu’ils soient immédiatement exécutés. Des semaines après la bataille, des histoires circulèrent que Crockett figurait parmi ceux qui se seraient rendus. Cependant, Ben, un ex esclave américain qui cuisinait pour les officiers de l’armée de Santa Anna, maintint que le corps de Crockett avait été trouvé entouré par "pas moins de seize corps de mexicains". Les historiens ne sont pas d’accord sur la version la plus exacte.
Santa Anna dit apparemment au Capitaine Fernando Urizza que la bataille "était une petite affaire". Un autre officier remarqua alors qu’ "avec une autre victoire comme celle-là, nous irions en enfer". Dans son rapport initial Santa Anna affirma que 600 texans avaient été tués pour seulement 70 soldats mexicains tués et 300 blessés. Son secrétaire, Ramón Martínez Caro, répudia plus tard le rapport. D’aucuns estiment que le nombre de soldats mexicains tués se situe entre 60 à 200 avec 250 à 300 blessés. La plupart des historiens du Alamo fixe le nombre de pertes mexicaines entre 400 et 600. Cela représenterait environ un tiers des soldats mexicains impliqués dans l’assaut final, ce qui est, quoi qu’en dise, un lourd tribut à supporter. La plupart des témoins visuels comptèrent entre 182 et 257 texans tués. Quelques historiens croient qu’au moins un texan, Henry Warnell, parvint à s’échapper de la bataille. Warnell décéda plusieurs mois plus tard des blessures reçues durant la bataille ou durant son évasion comme courrier.
Les soldats mexicains furent enterrés dans le cimetière local de Campo Santo. Peu de temps après la bataille, le Colonel José Juan Sanchez Navarro proposa qu’un monument soit érigé à la gloire des soldats mexicains tombés. Cos rejeta l’idée.
Les corps des Texans furent entassés et brûlés. La seule exception fut celui de Gregorio Esparza. Son frère Francisco, un officier de l’armée de Santa Anna, reçut la permission de lui donner une propre sépulture. Les cendres furent laissées là où elles tombèrent jusqu’en février 1837, date à laquelle retourna à Béxar pour examiner les restes. Un simple cercueil gravé aux noms de Travis, Crockett et Bowie fut rempli de cendres provenant du brasier funéraire. Selon un article du 28 mars 1837 dans le Telegraph and Texas Register, Seguín enterra le cercueil sous un pêcher. L’endroit ne fut pas marqué et ne peut être identifié. Seguín affirma plus tard qu’il avait placé le cercueil devant l’autel de la cathédrale San Fernando. En juillet 1936 un cercueil fut découvert enterré à cet endroit, mais selon l’historien Wallace Chariton, il ne contenait probablement pas les restes des défenseurs du Alamo. Des fragments d’uniformes furent trouvés dans le cercueil, et l’on sait que les défenseurs du Alamo ne portaient pas d’uniformes.

Les survivants texans

Dans une tentative de convaincre les autres esclaves du Texas à soutenir le gouvernement mexicain contre la rébellion texane, Santa Anna épargna l’esclave de Travis, Joe. Le lendemain de la bataille, il interrogea individuellement chaque non-combattant. Impressionné par Susanna Dickinson, Santa Anna lui offrit d’adopter sa fille Angelina et d’éduquer l’enfant à Mexico. Dickinson refusa l’offre, qui ne fut pas proposée à Juana Navarro Alsbury, bien que son fils ait le même âge. Chaque femme reçut une couverture et deux pesos en argent. Alsbury et les autres femmes Tejano furent autorisées à retourner chez elles à Béxar; Dickinson, sa fille et Joe furent envoyés à Gonzales, escortés par Ben. Ils furent encouragés à relater les événements de la bataille, et à informer le reste des forces texanes que l’armée de Santa Anna était imbattable.

L’impact sur la révolution

Durant le siège, des délégués nouvellement élus de tout le Texas, se rencontrèrent lors de la Convention de 1836. Le 2 mars, les délégués proclamèrent l’indépendance pour former la République du Texas. Quatre jours plus tard, les délégués de la convention reçurent un message que Travis avait rédigé le 3 mars pour alerter de l’inextricabilité de la situation. Ne sachant pas que le Alamo était tombé, Robert Potter demanda à ce que l’on ajourne la convention pour marcher immédiatement vers le Alamo. Sam Houston convainquit les délégués de rester à Washington-on-the-Brazos pour développer la constitution. Après avoir été nommé seul commandant des troupes texanes, Houston effectua le voyage à Gonzales pour prendre le commandement des 400 volontaires qui attendaient encore Fannin pour les conduire au Alamo.
Dans les heures qui suivirent l’arrivée de Houston le 11 mars, Andres Barcenas et Anselmo Bergaras arrivèrent avec la nouvelle que le Alamo était tombé et que tous les Texans avaient été abattus. Espérant stopper le vent de panique, Houston arrêta les deux hommes comme espions ennemis. Ils furent relâchés quelques heures plus tard quand Susannah Dickinson et Joe arrivèrent à Gonzales et confirmèrent le rapport. Réalisant que l’armée mexicaine avancerait rapidement vers les colonisations texanes, Houston alerta tous les civils des environs d’évacuer et ordonna à sa nouvelle armée de battre en retraite. Cela créa un exode massif, connu comme le Runaway Scrape, et la plupart des Texans, dont les membres du nouveau gouvernement s’enfuirent vers l’est.
Malgré ses pertes au Alamo, l’armée mexicaine au Texas était toujours en surnombre par rapport à l’armée texane, selon un rapport de 6 contre 1. Santa Anna affirma que la connaissance de la disparité des effectifs militaires et le sort des texans au Alamo auraient raison de la résistance texane et que les soldats texans quitteraient rapidement le territoire. La nouvelle de la chute du Alamo eut cependant l’effet inverse et les hommes accoururent pour rejoindre l’armée de Houston. Le New York Post fit un éditorial qui affirma que si "Santa Anna avait traité les vaincus avec modération et générosité, il aurait été difficile voire impossible d’éveiller cette sympathie générale pour le peuple du Texas qui force maintenant autant d’esprits aventureux et ardents à se presser pour aider leurs frères".
Dans la soirée du 21 avril, l’armée texane attaqua le camp de Santa Anna près de Lynchburg Ferry. L’armée mexicaine fut prise par surprise et la Bataille de San Jacinto fut essentiellement terminée au bout de 18 minutes. Durant le combat, de nombreux soldats texans crièrent répétitivement "Souvenez-vous du Alamo!" en massacrant les troupes mexicaines qui s’enfuyaient. Santa Anna fut capturé le jour suivant et il aurait alors dit à Houston: "Cet homme pourrait se considérer né avec le destin non commun de conquérir le Napoléon de l’Ouest. Et maintenant il lui reste à être généreux pour le vaincu." Houston répliqua, "Vous auriez dû vous rappeler cela au Alamo". La vie de Santa Anna fut épargnée et il fut forcé d’ordonner à ses troupes de quitter le Texas, mettant ainsi fin au contrôle mexicain sur la province et accordant une certaine légitimité à la nouvelle république.

L’héritage

Suite à la bataille, Santa Anna fut alternativement perçu comme un héros national ou un paria. Les perceptions mexicaines de la bataille reflétèrent souvent le point de vue dominant. Santa Anna avait été disgracié après sa capture à la bataille de San Jacinto et de nombreux rapports mexicains de la bataille avaient été rédigés par des hommes qui avaient été, ou étaient devenus, ses critiques sans détours. D’autres historiens affirment que quelques-unes des histoires, telles que l’exécution de Crockett, pourraient avoir été inventées plus tard pour discréditer Santa Anna. Dans l’histoire mexicaine, la campagne texane dont la bataille d’Alamo, fut rapidement éclipsée par la guerre Américano-Mexicaine de 1846 à 1848.
Dans San Antonio de Béxar, la population largement d’origine Tejano considéra le complexe du Alamo comme étant plus qu’un simple site de bataille; Alamo représentait des décennies d’assistance —comme une mission, un hôpital, ou un poste militaire. Alors que la population anglicisante augmentait, le complexe devint plus connu pour la bataille. L’attention se focalisa d’abord sur les défenseurs texans, avec une légère empathie pour le rôle des soldats Tejanos qui servirent dans l’armée texane ou les actions de l’armée mexicaine. Au début du 20ème siècle, la Législature Texane acheta la propriété et attribua aux Daughters of the Republic of Texas le gardiennage permanent de ce qui est maintenant un lieu de pèlerinage officiel. En face de l’église, au centre de la place d’Alamo, se dresse un cénotaphe, conçu par Pompeo Coppini, qui commémore les Texans et les Tejanos qui décédèrent durant la bataille. Selon le livre Battlefields of Texas de Bill Groneman, le Alamo est devenu "le site touristique le plus populaire du Texas".
Les premiers récits de la bataille en langue anglaise furent écrits et publiés par le Texas Ranger et historien amateur John Henry Brown. Le traitement majeur suivant de la bataille fut le livre de Reuben Potter, The Fall of the Alamo, publié dans The Magazine of American History en 1878. Potter basa son travail sur des interviews de nombreux survivants mexicains de la bataille. Le premier livre non-fictionnel sur la bataille, The Alamo de John Myers Myers fut publié en 1948. Depuis cette date, la bataille fit l’objet de nombreux travaux non-fictionnels.
Selon Todish, "il y a peu de doute que la plupart des américains se soient probablement forgés leurs opinions sur ce qui arriva au Alamo, non pas à travers les livres mais plutôt à travers les divers films traitant de la bataille." Le premier film sur la bataille sortit en 1911, quand Gaston Méliès réalisa The Immortal Alamo. La bataille gagna en popularité après que Walt Disney l’ait mise en scène dans les années 1950 dans sa minisérie, Davy Crockett, qui était largement basé sur le mythe. Quelques années plus tard, John Wayne réalisa et joua dans une des versions cinématographiques les plus connues, The Alamo. En 2004 un autre film, aussi intitulé The Alamo, fut diffusé par CNN qui le qualifia de probablement "plus fidèle de tous les films sur le sujet".
Un certain nombre de compositeurs de chansons ont été inspirés par la bataille d’Alamo. "The Ballad of Davy Crockett" de Tennesse Ernie Ford figura 16 semaines au hit-parade de la country music pour culminer à la 4ème place en 1955. Marty Robbins enregistra une version de la chanson "The Ballad of the Alamo" en 1960 qui resta 13 semaines au hit-parade pour culminer à la 34ème place. La chanson de Jane Bowers, "Remember the Alamo" a été enregistrée par des artistes comme Johnny Cass et Donovan. L’auteur compositeur et interprète Phil Collins collectionna des centaines d’éléments afférents à la bataille, narra un spectacle son et lumières sur le Alamo et fit des conférences sur les événements. En 2014 Collins donna toute sa collection sur le Alamo à l’Etat du Texas.
Le Ministère des Postes américain émit deux timbres en commémoration à la bataille d’Alamo et à l’Etat du Texas.

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Re: Fort Alamo

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 24 févr. 2018 7:51

Bonjour. Je me permets d'ajouter 3 titres à la liste...

AU COEUR DU TEMPS: ALAMO (Sobey MARTIN 1966) avec dans les rôles historiques: Rhodes REASON: le Colonel TRAVIS (même doubleur français que Laurence HARVEY dans le film de WAYNE)
Jim DAVIS: le Colonel BOWIE (on revoit d'ailleurs Bowie tombé du rempart et se briser le dos comme dans certaines versions)
John LUPTON: le Capitaine DICKINSON (renommé ici "REYNERSON" !!)
De nombreux stock shots de QUAND LE CLAIRON SONNERA sont déjà présents ici aussi et... Une énormité (je spoile mais on le dit dès le début): ON DIT QUE "DAVY CROCKETT A ETE TUE LA VEILLE !"(Reynerson l'annonce quand un blessé sérieux est évacué...)

TEXAS (1995 je crois) avec Benjamin BRATT (Curtis REY dans NEW YORK POLICE JUDICIAIRE) dans le rôle de Benito, vaquero Texan dont le destin sera changé à jamais par le conflit, Rick SCHROEDER (Newt dans LONESOME DOVE et LONESOME DOVE LA LOI DES JUSTES), John SCHNEIDER (Bo de SHERIF FAIS-MOI PEUR)(Davy CROCKETT) et Patrick DUFFY (Stephen AUSTIN). Ici quelques stocks shots de QUAND LE CLAIRON SONNERA mais aussi de COLORADO (CENTENNIAL).

LES REBELLES DU TEXAS (Rod HARDY 1998) avec Kris KRISTOFFERSON, Peter COYOTE (Jim BOWIE) Tom SKERRITT (Sam HOUSTON) et Marco RODRIGUEZ (SANTA ANNA). En Louisiane en 1835 deux détenus: un vieux baroudeur (Kris KRISTOFFERSON, doublé par Mac de GORGI) et un jeune accusé à tort s'évadent du bagne après avoir tué le gardien chef (un Français !!). Le frère de ce dernier les traque jusqu'au Texas où le vieux baroudeur retrouve un de ses meilleurs copains, Jim Bowie... Alamo est brièvement évoqué et quand on le voit tout est fini... Diffusé sur France 3 en 1997 puis repassé sur TCM en 2004...

Image Jim DAVIS (BOWIE) dans AU COEUR DU TEMPS: ALAMO (1966)

Image Rhodes REASON (TRAVIS) ici propulsé à notre époque face au Général KIRK (Whitt BISSELL).
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Re: Fort Alamo (par Jean Marcellin)

Messagepar Compte Supprimé 9E » 03 sept. 2018 10:08

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Re: Fort Alamo (par Carlo Marcello)

Messagepar Compte Supprimé 9E » 03 sept. 2018 10:14

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Re: Fort Alamo

Messagepar major dundee » 03 sept. 2018 20:34

Demerval :" L’auteur compositeur et interprète Phil Collins collectionna des centaines d’éléments afférents à la bataille, narra un spectacle son et lumières sur le Alamo et fit des conférences sur les événements. En 2014 Collins donna toute sa collection sur le Alamo à l’Etat du Texas. "


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Re: Fort Alamo

Messagepar major dundee » 03 sept. 2018 20:35

Charging Bear : je l'avais cette bd, elle a disparu depuis...le Travis présenté ici est un peu vieux...

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Re: Fort Alamo

Messagepar Compte Supprimé 9E » 04 sept. 2018 7:19

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Re: Fort Alamo (par François Batet)

Messagepar Compte Supprimé 9E » 04 sept. 2018 8:10

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Re: Fort Alamo (par Hugo Pratt)

Messagepar Compte Supprimé 9E » 04 sept. 2018 8:12

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Re: Fort Alamo

Messagepar Longway » 04 sept. 2018 19:21

Je ne sais si Charging Bear les possède dans sa collection, alors dans le doute je les affiche.

Le " Davy Crockett " de Walt Disney : le livre qui fut imprimé en France en 1956 suite au succès du film au cinéma. Il reprend fidèlement le scénario.
Raconté par Jean Muray. Le dessinateur, lui, est non mentionné. Les dessins ne sont d'ailleurs pas terribles.

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Pendant longtemps j'ai cru à tort que l'architecture du fort se limitait à la chapelle comme vu ci-dessous, le film et le livre ne montrant que cette façade, devenue mythique certes, mais donnant une image bien réduite de ce qu'il était en réalité. Pour les gamins de mon age, à l'époque du film, c'était largement suffisant pour le reproduire en dessin ou château de sable.
J'ai du attendre " Alamo " de John Wayne pour en avoir une idée plus réelle.


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