Brimstone - 2016 - Martin Koolhoven

Avatar du membre
HART
Comanche
Comanche
Messages : 782

Re: Brimstone - 2016 - Martin Koolhoven

Messagepar HART » 27 mars 2017 18:47

Trop démonstratif dans son propos , trop complaisant par ses images , trop long et pesant dans sa forme , Brimstone gâche toutes ses chances.
Pourtant cette histoire d'une jeune femme traquée durant des années par un pasteur mystérieux et sadique était prometteuse.
Mais l'auteur-metteur en scène nous livre ici un film bancal plus destiné à choquer qu'à intéresser.
Maladresse et incompétence ? Je dirais plutôt prétention , mépris et suffisance.
Koolhoven n'est pas un tâcheron. L'idée de présenter l'histoire comme une chronologie à l'envers était séduisante.
Il y a des scènes fort réussies : l'abandon de la jeune fille par la famille chinoise , la mort d'un personnage exécuté par un tireur invisible dans un brouillard neigeux , les séquences montrant la solidarité entre prostituées ,...
Alors pourquoi un tel gâchis ?
Il semble que notre auteur ne puisse faire passer son propos que par l'excès et la complaisance , parfois au détriment de la cohérence.
Un exemple : L'un des personnages , un hors-la-loi à ce que j'ai compris , veut éliminer son complice. Ils sont dans une ferme isolée , il suffirait de lui tirer une balle dans le dos.Top commun.
Il va attendre que sa victime aille déféquer dans la cabane au fond du jardin pour passer un noeud coulant par le toit et l'étrangler.Au risque de s'exposer aux balles tirées au hasard par son antagoniste suffocant. Vraiment idiot , mais cela permet au réalisateur de filmer l'agonie du pendu , fesses à l'air au-dessus de la fosse d'aisance.
Le reste est à l'avenant : on massacre des moutons , on montre le foetus d'un agneau au milieu des entrailles d'une brebis , on tue un cochon , on s'attarde longuement sur ses convulsions , le révérend méprise les femmes , on le montre fouetter un fillette de cinq ans...
Que cela apporte-t-il ? Franchement rien. Pas besoin de ça pour nous faire comprendre le calvaire de l'héroïne ou la noirceur du personnage principal.
Quelque part c'est insulter le spectateur que de se vautrer dans la complaisance pour lui raconter une histoire.
Les gens ne sont pas des imbéciles , pas besoin de les écoeurer pour leur faire comprendre une histoire ou un personnage.
C'est aussi dommage pour les acteurs , très bons à l'exception notable de Guy Pearce ( je rejoins Pak ).
Cet interprète souvent talentueux est ici ridicule. Yeux fixes et visage fermé pour avoir l'air le plus méchant possible quand il se tait , il est risible par sa grandiloquence quand il parle.
Bon , je ne peux donc pas dire que j'ai apprécié ce film. Ce serait intéressant d'avoir un avis positif.
En sortant du cinéma tout à l'heure, j'ai croisé un spectateur avec qui j'avais échangé à la sortie du magnifique " Logan ". Cette fois-ci , il m'a regardé d'un air navré et a lâché : " Nous autres cinéphiles , avons parfois notre châtiment ".
Je ne saurais dire mieux.

Avatar du membre
lafayette
Grand Sachem
Grand Sachem
Messages : 6207
Localisation : Landais expatrié dans le 91

Re: Brimstone - 2016 - Martin Koolhoven

Messagepar lafayette » 28 mars 2017 21:31

Je comprends le ressentiment de Hart.
Bien sûr en désaccord sur le jeu de Pearce qui réussit donc à être haïssable ici.
C'est vrai qu'il y a un excès de certaines choses sanglantes et, aussi horrible soit la vue de l'agneau sanglant, ceci semblait sans doute nécessaire à l'auteur, comme un message direct du Pasteur à sa fille, sa signature d'une vengeance allant au bout... Moi je n'aurais pas été aussi loin. Une vue des animaux abattus par vengeance suffisait.

Pour la scène de tuerie à la cabane d'aisance, je ne suis pas sûr que le pendeur ait été en mesure de flinguer plutôt que d'agir comme ça. Mais je ne reverrai pas le film exprès pour ça. C'est vrai que la scène était suffisamment "glauque" en elle-même et qu'il n'était pas nécessaire de montrer la jeune héroîne face à cet assassinat. C'était vraiment plus Impitoyable que dans Impitoyable. Depuis je vérifie qu'il n'y a pas de corde qui traîne quand je vais quelque part.

Pour le cochon, ayant moi-même été convié dans ma jeunesse à participer à la "cérémonie" de la mort jusqu'au découpage, à la ferme, sa mort m'a paru plus pacifique ici où il ne se rendait pas compte de ce qui arriverait. C'était sans doute un moyen de monter en puissance d'une paternité menaçante et en même temps de montrer une arme inhabituelle qui allait servir au combat entre hommes plus tard. Ca a été un châtiment contre le pendeur dans l'Eglise où le pasteur retourne l'arme d'abattage contre lui. Pas mal l'acteur d'ailleurs.

:sm57: Chip me redonne envie de voir le Shérif Jackson.
Je suis un nouvel abonné.



Retourner vers « Cinéma »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 3 invités