Lewis et Clark : Capitaines de l'impossible

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Re: Lewis et Clark : Capitaines de l'impossible

Messagepar major dundee » 05 juin 2019 22:50

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Loco
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Re: Lewis et Clark : Capitaines de l'impossible

Messagepar Loco » 06 juin 2019 8:29

Merci Lasso et Major pour les illustrations !

Lasso, vous avez suivi tout leur périple jusqu'à la côte pacifique ?

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Modifié en dernier par Loco le 06 juin 2019 8:40, modifié 1 fois.
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Re: Lewis et Clark : Capitaines de l'impossible

Messagepar Loco » 06 juin 2019 8:36

CAPITAINES DE L'IMPOSSIBLE

CHAPITRE XII
UN TROP LONG HIVER


Durant les semaines qui suivirent, les hommes s'employèrent essentiellement à trois tâches : chasser, faire bouillir de l'eau de mer pour en extraire le sel, préparer des vêtements et des mocassins pour le retour. Les capitaines espéraient avec le produit de leur chasse constituer une réserve de viande pour le voyage, mais les daims et les élans qu'ils réussirent à tuer parvinrent à peine à nourrir la troupe au jour le jour.

Ayant épuisé la plus grande partie des marchandises destinées au troc, ils ne pouvaient plus guère compter sur les Indiens pour leur subsistance, et ils entretenaient d'ailleurs avec eux de très mauvaises relations. Les vols et les chapardages poussaient leur patience à bout, mais ils n'en oubliaient pas pour autant la mission que leur avait confiée Jefferson.

Lewis se livra à une étude sérieuse des tribus du littoral, mais sans la passion qui avait été la sienne l'hiver précédent dans les villages mandans. Pendant ce temps, Clark établit la carte des régions qu'ils avaient traversées depuis le Missouri, effectuant un travail d'une grande précision compte tenu des moyens dont il disposait. Mais ces divers travaux ne rendaient pas l'hivernage à Fort Clatsop moins exaspérant.

Cependant, toutes les informations qu'avaient pu recueillir les capitaines concordaient : ce serait pure folie que de tenter de franchir les montagnes avant le mois d'avril.

En février, plusieurs hommes tombèrent malades. Le 15, Gibson revint si affaibli d'une expédition de chasse que ses camarades durent le transporter sur une civière. Le lendemain, Bratton fut pris de violentes douleurs à la colonne vertébrale. La semaine suivante, McNeal, Willard et le sergent Ordway vinrent s'ajouter à la liste des invalides. Le 3 mars, ce fut le tour de Lepage. Le 6, Hall se blessa sérieusement à la cheville. Le 18, dans la nuit, Clark dut saigner Drouillard de toute urgence, ce dernier ayant été pris de violentes douleurs.

Les capitaines en vinrent à penser que la monotonie de la vie à Fort Clatsop n'était pas étrangère à tous ces maux. Sans doute n'avaient-ils pas entièrement tort. Vint s'y ajouter durant les premières semaines de mars un manque de nourriture dû à la rareté croissante de gibier. Seul le troc de racines et de poissons avec les Indiens permit à l'expédition de ne pas connaître la famine. Leur médiocre alimentation ne fit que retarder la guérison des malades – et du même coup le départ vers l'est tant attendu.

Finalement, les capitaines décidèrent qu'ils devaient repartir début avril, quoiqu'il arrive. Ils manquaient de canoës et de marchandises pour en acheter aux Indiens, qui réclamaient des prix hors de proportion en échange de leurs embarcations. Las d'être ouvertement escroqués, les capitaines adoptèrent une autre stratégie.

Un chef cathlamah, Comowool, leur ayant volé six élans abattus au début de l'hiver, ils lui dérobèrent un canoë durant la nuit du 18 au 19 mars, cependant qu'il dormait tranquillement au fort. Pour la première fois, les capitaines traitèrent les Indiens comme ils allaient l'être par tous les hommes blancs qui les suivraient durant un siècle, prenant par la ruse ce qu'ils ne pouvaient obtenir honnêtement.

Certes, les Cathlamahs s'étaient livrés durant l'hiver à quelques larcins, mais ces derniers ne justifiaient pas le vol délibéré commis par les explorateurs. De façon imperceptible, un tournant venait d'être pris dans une direction qui allait mener à une des plus longues guerres de conquête que connaîtrait l'Histoire.

Mais les capitaines, conscient de leurs obligations envers leurs hommes aussi bien que de leurs devoirs envers les Indiens, n'ignoraient pas que pour le moral de la troupe, il était indispensable que le voyage vers l'est commence à la date prévue, et ce, coûte que coûte. Aussi le vol du canoë de Comowool leur sembla-t-il un mal nécessaire et sans conséquence.

De plus, un problème tout aussi grave que celui du transport ne cessait chaque jour de s'amplifier : les élans, qui constituaient la base de leur nourriture, avaient déserté la région et les chasseurs devaient aller un peu plus loin à chaque expédition et ramenaient à chaque fois un peu moins de gibier.

Ne pouvant plus se permettre d'acheter des provisions aux Cathlamahs, les capitaines décidèrent finalement d'avancer la date du départ au 23 mars, espérant gagner au plus vite une région plus giboyeuse. Quatre jours plus tard, ils atteignirent un village skilloot dans lequel les habitants se montrèrent particulièrement hospitaliers : ils offrirent à toute la troupe un copieux repas composé de poisson séché et de racines et échangèrent des provisions à un prix beaucoup moins élevé que celui qu'exigeaient leurs voisins cathlamahs.

Cependant, même lorsqu'ils pratiquaient des prix raisonnables, les Indiens ne pouvaient être la seule source d'alimentation de l'expédition.
Ceux qu'ils croisèrent sur le fleuve le 1er avril descendaient à la rencontre des saumons car toutes leurs réserves étaient épuisées. Le lendemain, ils décidèrent donc d'établir un camp permanent et de se consacrer à la chasse jusqu'à ce qu'ils aient séché assez de viande pour se nourrir jusqu'au pays des Nez-Percés et assez de peaux pour acquérir de meilleures embarcations lors de leur remontée vers les Grandes Chutes du Columbia. Il leur fallut une semaine pour mener cette tâche à bien, et le 7 avril, ils se remirent en route vers l'amont.

Après quatre jours de voyage, ils atteignirent le pays des Wahclellahs, avec lesquels ils faillirent à plusieurs reprises en venir aux dernières extrémités. Quelques guerriers particulièrement agressifs jetèrent des pierres sur les hommes qui hâlaient les canoës, en signe de défi, puis s'en prirent à John Shields, tentant de le détrousser, ne battant en retraite qu'après qu'il eût tiré son couteau de chasse pour se défendre. Enfin, durant la nuit, ils volèrent Scannon, le chien du capitaine Clark. L'officier les poursuivit avec quelques hommes et dut les faire mettre en joue pour qu'ils rendent l'animal.

À suivre...

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Re: Lewis et Clark : Capitaines de l'impossible

Messagepar lasso » 06 juin 2019 10:52

Loco a écrit :
Lasso, vous avez suivi tout leur périple jusqu'à la côte pacifique ?



Bien-sûr loco, Columbia River, Astoria OR



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au début de mon voyage (Retour de L&C sur le Yellowstone River, près de Billings (MT) Pompey's Pillar, un grand rocher solitaire,
nommé au nom du fils de Sacajavea, où Clark a laissé son nom Gravé dans le Rocher, seul témoignage sur le tracé de l'expédition.


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Re: Lewis et Clark : Capitaines de l'impossible

Messagepar Loco » 06 juin 2019 14:58

lasso a écrit :Bien-sûr loco, Columbia River, Astoria OR


merci !

Superbes photos, encore une fois, et que de souvenirs, j'imagine !

Manger du kilomètre aux États-Unis est un plaisir que je trouve assez incomparable. :D
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Re: Lewis et Clark : Capitaines de l'impossible

Messagepar Loco » 07 juin 2019 12:37

CAPITAINES DE L'IMPOSSIBLE

CHAPITRE XIII
À TRAVERS LES ROCHEUSES


Le 15 avril, les explorateurs passèrent devant Memaloose Alahee – l'île qu'ils avaient dépassée le 29 octobre de l'année précédente et qu’ils baptisèrent le Rocher du Sépulcre.

Le lendemain, ils s'arrêtèrent près d'une série de villages skilloots et eneeshurs et tentèrent d'y acheter des chevaux. Les négociations durèrent jusqu'au 20 avril et Clark ne parvint à acquérir que huit bêtes faméliques. Avec ces montures, les capitaines purent progresser plus rapidement vers les Grandes Chutes, qu'ils atteignirent le 21, après avoir eu de nouveaux démêlés avec les Eneeshurs qui tentaient de les dépouiller. À plusieurs reprises, Lewis en vint aux mains avec des guerriers qui refusaient de rendre ce qu'ils avaient dérobé.

Heureusement, en franchissant les chutes, ils quittèrent le territoire de cette tribu peu hospitalière pour s'enfoncer dans les plaines qui menaient à celui des Nez-Percés, où les attendaient leur ami le chef Chevelure Emmêlée et les trente-huit chevaux qu'ils lui avaient laissés en garde à l'automne.

Le 23 avril, ils rencontrèrent un Nez-Percé qui remontait lui aussi le fleuve, en compagnie de sa femme, et avec qui ils allaient voyager jusqu'au 1er mai. Quatre jours plus tard, le 27, ils arrivèrent au village du chef wallawalla Yellept, qui s'était montré très amical à l'automne. Ses sentiments n'avaient pas changé et, après avoir permis aux capitaines de rencontrer ses voisins yakimas, il offrit un magnifique cheval blanc à Clark, qui le remercia en lui faisant cadeau de son sabre.

Après une halte de deux jours, ils reprirent leur progression, guidés par leur compagnon de voyage nez-percé qui, avant de prendre congé d'eux, leur indiqua le meilleur chemin pour rejoindre le camp de Chevelure Emmêlée. Le niveau élevé des eaux de la rivière rendait inoffensifs les hauts fonds qui les avaient ralentis à l'automne, et ils progressaient à une excellente allure, compte tenu de la force et de la vitesse du courant qu'ils devaient combattre.

Le 3 mai, ils atteignirent le village nez-percé du chef Apash Wyakaikt. Il leur servit de guide durant deux jours, puis partit en direction de la rivière Snake, après leur avoir indiqué la voie à suivre. Le 7 mai, ils furent rejoints par le propre frère de Chevelure Emmêlée, qui les guida jusqu'au camp de chasse du chef qui leur avait rendu tant de services quelques mois plus tôt.

Ils étaient à présent en vue des Montagnes Rocheuses, qui se dressaient à l'est comme une infranchissable barrière couverte de neige. Leurs amis nez-percés leur conseillèrent d'attendre la mi-juin pour tenter la traversée : s'ils essayaient de passer avant, leurs chevaux mourraient de faim ou se noieraient dans les rivières en crue, et eux gèleraient dans le blizzard et ne trouveraient aucun gibier.

À contrecœur, les capitaines acceptèrent donc de patienter durant tout un mois près du village de Chevelure Emmêlée. Ce dernier, se souvenant de leurs conseils, organisa une conférence de paix qui rassembla les principaux chefs nez-percés du versant occidental des Rocheuses : Tunnachermotoolt, Neshnenpahkeeook, Yoompahkatim et Hohastilpilp.

Pendant que les capitaines parlaient aux anciens, les jeunes guerriers rassemblèrent les trente-huit chevaux laissés à l'automne par l'expédition.

Le 13 mai, un camp permanent fut installé sur les rives de la Kooskooskee, qui présentaient le triple avantage de ne manquer ni d'herbe pour les chevaux, ni de bois pour les feux, ni de gibier pour les chasseurs. Durant les semaines qui suivirent, les hommes se consacrèrent essentiellement à la chasse, au troc et au don de soins médicaux divers aux Nez-Percés malades qui se présentaient à eux. Leur plus grande réussite fut de guérir de paralysie un jeune chef en lui faisant subir des séances de sudation répétées. Ce succès, ainsi que les excellentes relations qu'ils entretinrent avec tous les membres de la tribu, en particulier les jeunes femmes, laissèrent aux Nez-Percés un excellent souvenir de l'expédition, ainsi qu'un enfant aux cheveux blonds dont le père était probablement Clark lui-même.

Finalement, le 10 juin, le camp fut déplacé jusqu'au pied des Rocheuses, dans les Quamash Flats. Ils restèrent là quatre jours, complétant leur provision de viande et récoltant des racines comestibles, puis le 15 juin, ils se lancèrent à l'assaut des montagnes.

Ils franchirent vingt-deux milles le premier jour. Le lendemain, ils campèrent sur les rives de la Hungry Creek. La neige rencontrée en basse altitude n'augurait rien de bon pour le reste de la traversée, et les capitaines le savaient. Le 17, ils tentèrent de progresser davantage vers l'est, mais dans l'après-midi, ils durent rebrousser chemin. La neige était trop épaisse et masquait entièrement la piste ; avancer plus loin aurait été pure folie.
Pour la première fois depuis son départ, l'expédition dut battre en retraite.

Laissant derrière eux leurs bagages, ils regagnèrent leur camp des Quamash Flats, qu'ils atteignirent le 21 juin. Deux Nez-Percés rencontrés en chemin acceptèrent d'y demeurer avec eux. Les capitaines avaient envoyé Drouillard et Shannon chercher des guides au camp de Neshnenpahkeeook, mais s'ils revenaient seuls, les deux Indiens pourraient remplir ce rôle. Cependant, le 23, les deux émissaires revinrent avec trois jeunes guerriers qui étaient d'accord pour accompagner les explorateurs jusqu'aux chutes du Missouri.

Le lendemain, ils reprirent le chemin des crêtes. Aucun signe n'était visible, l'herbe était rare, et sans l'aide des Nez-Percés, l'expédition n'aurait sans doute pas réussi à sortir de l'enchevêtrement de collines et de ravins à travers lequel ils progressèrent durant cinq jours.

Enfin, le 29 juin, la crête s'abaissa lentement et vint mourir dans la plaine qui bordait la Kooskooskee. Lorsqu’ils l’eurent traversée, ils la suivirent jusqu'aux sources chaudes de Lolo, où ils se baignèrent au pied des rochers. Après avoir franchi la barrière des neiges, les hommes, les officiers et les guides indiens avaient bien mérité ce moment de détente.

Le lendemain, ils dressèrent leur camp sur Traveller's Rest Creek, le point où ils avaient prévu de se séparer, Lewis gagnant les Grandes Chutes du Missouri par voie de terre, à travers le pays pied-noir, puis remontant la Maria's River jusqu'à son embouchure, pendant que Clark explorerait les rivières Jefferson et Yellowstone.

À suivre...

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Re: Lewis et Clark : Capitaines de l'impossible

Messagepar major dundee » 07 juin 2019 20:58

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Re: Lewis et Clark : Capitaines de l'impossible

Messagepar Loco » 07 juin 2019 21:33

Belle référence IMEX. Dommage qu'ils aient cessé la production, leurs thèmes devenaient de plus en plus pointus.
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Re: Lewis et Clark : Capitaines de l'impossible

Messagepar Loco » 08 juin 2019 17:52

CAPITAINES DE L'IMPOSSIBLE

CHAPITRE XIV
DU SANG SUR LA PRAIRIE


Il fallut aux capitaines deux jours pour préparer leurs expéditions respectives.

Lewis emmènerait avec lui neuf hommes jusqu'au Missouri. Là, il en laisserait trois – Thompson, Goodrich et McNeal – avant de remonter la Maria's River avec les six autres – Drouillard, les frères Fields, Gass, Werner et Frazer. Clark gagnerait la Yellowstone, puis la remonterait avec sept hommes et Sacajawea jusqu'à son embouchure, où il attendrait Lewis, pendant que les trois hommes restants iraient directement chez les Mandans avec les chevaux et tenteraient, avec l'aide d'Alexander Henry, d'organiser le voyage à Washington d'une délégation de chefs sioux.

Le 3 juillet, les deux groupes se mirent en route.

Les Nez-Percés accompagnèrent Lewis durant une journée puis, après l'avoir mis sur la piste du Missouri, prirent congé de lui pour rejoindre leurs amis shallees. Le groupe suivit la Clark's River, puis la Medicine River, et franchit le Partage des Eaux le 7 juillet, donnant ainsi son nom actuel à la « Lewis and Clark Pass » – la Passe de Lewis et Clark.

Quatre jours plus tard, ils arrivèrent en vue des White Bear Islands – les Îles de l’Ours Blanc – toute proches des Grandes Chutes. Les rives du fleuve leur apparurent couvertes de bisons, et les chasseurs réussirent à tuer onze de ces animaux, dont la viande constituait une réserve de nourriture providentielle et les peaux un matériau idéal pour la construction des canoës nécessaires à la suite du voyage.

Le 12 juillet, Drouillard dut repartir en arrière à la recherche de sept chevaux qui avaient disparu. Il revint quatre jours plus tard et annonça qu'il avait remonté la piste des bêtes jusqu'à un campement indien abandonné, mais n'avait pas poursuivi les voleurs car ces derniers avaient trop d'avance sur lui.

Lewis décida alors de laisser six hommes sur le Missouri, pour défendre les canoës et les bagages contre d'éventuels maraudeurs indiens, et de n'en emmener que trois avec lui pour explorer la Maria's River.

Il partit le 16 août avec Drouillard et les frères Fields. Le 17, la présence d'un bison blessé sur la Teton River confirma leurs craintes : les Pieds-Noirs rôdaient dans les parages. Néanmoins, ils continuèrent à avancer. Le lendemain soir, ils atteignirent la Maria's River. Ils la remontèrent durant quatre jours, puis établirent leur camp dans un bosquet de peupliers, au pied des montagnes. Ils y restèrent jusqu'au 26, puis repartirent vers le sud-est.

Alors qu'ils avançaient dans cette direction, suivant un petit cours d'eau, des Indiens à cheval apparurent au sommet d'une colline. Lewis s'approcha d'eux en leur adressant des signes de paix, cependant que leur chef faisait de même. Après avoir serré la main du capitaine, il salua également les frères Fields, pendant que Lewis serrait les mains des autres guerriers. Le capitaine demanda à un des Indiens d'aller chercher Drouillard en compagnie de Reuben Fields, puis fuma quelque temps avec le chef.

Finalement, ils décidèrent de camper ensemble près de la rivière et partirent dans cette direction. En chemin, ils rencontrèrent Drouillard, Fields et le guerrier qui les accompagnait. La troupe gagna bientôt une plage de sable qui s'étendait au pied d'une falaise abrupte. Conscient du danger que représentaient ces Pieds-Noirs, Lewis prit le premier tour de garde, ne passant le relais à Drouillard qu'une fois tous les Indiens endormis. Reuben Fields releva Drouillard, puis alla se coucher lorsque son frère Joseph vint prendre la dernière garde.

À l'aube, les Pieds-Noirs se rassemblèrent autour du feu, tenant un conseil des plus suspects. Soudain, l’un d’eux s'empara des fusils des deux frères et les autres firent mine de voler ceux de Lewis et Drouillard. Joseph Fields bondit sur ses pieds, réveilla son frère et ils se lancèrent à la poursuite du voleur. Lorsqu'ils le rattrapèrent, Reuben tira son poignard et, dans le combat qui s'ensuivit, transperça le cœur de l'Indien, qui s'écroula raide mort.

Au même moment, la voix de Drouillard retentit : « Bon Dieu, ne touche pas à ce fusil ! ».

Ouvrant les yeux, il venait de voir un Pied-noir se saisir de son arme. Son cri éveilla Lewis, qui, le voyant se battre avec l'Indien, voulut prendre son fusil. Mais il n'était plus là. Bondissant sur ses pieds, le capitaine tira son pistolet et mit en joue le guerrier qui s'enfuyait avec son arme.

Prudemment, l'homme reposa le fusil à terre, car Drouillard était parvenu à reprendre son arme et les frères Fields l'avaient eux aussi mis en joue.
Cependant, les Pieds-Noirs ne s'avouaient pas vaincus.

N'ayant pas réussi à voler les armes, ils se rabattaient sur les chevaux. Voyant cela, Lewis se lança à leur poursuite, les contraignant à abandonner douze de leurs propres bêtes. Mais ils avaient emmené les chevaux de l'expédition et le capitaine ne l'entendait pas de cette oreille. Après leur avoir crié qu'il allait tirer s'ils ne faisaient pas demi-tour, il mit sa menace à exécution.

Il toucha au ventre un guerrier, qui riposta malgré sa blessure. La balle passa juste au dessus de la tête de l'officier, qui battit en retraite faute de pouvoir recharger son arme.

De retour au camp, il fit brûler les armes que les Pieds-Noirs avaient laissées derrière eux, prit quatre de leurs chevaux pour remplacer ceux qui lui avaient été volés, reprit le drapeau des États-Unis qu'il avait offert au chef principal, mais laissa au cou du chef mort la médaille qui lui avait été donnée la veille.

À leur retour, les frères Fields annoncèrent que les Pieds-Noirs s'étaient enfuis, mais Lewis supposa qu'ils allaient revenir en force, aussi pressa-t-il ses hommes. Ils chevauchèrent jusqu'à deux heures du matin, parcourant une distance considérable. Malgré leurs courbatures et le manque de sommeil, ils reprirent leur course à l'aube.

À suivre...

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Re: Lewis et Clark : Capitaines de l'impossible

Messagepar lasso » 09 juin 2019 9:28

message reçu AUJOURD'HUI de mes amis de Great Falls Montana

L&C CAVERNS - State Park MT Whitehall près de THREE FORKS (Missouri) Cavernes découvertes par L&C

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Re: Lewis et Clark : Capitaines de l'impossible

Messagepar Loco » 09 juin 2019 10:27

CAPITAINES DE L'IMPOSSIBLE

CHAPITRE XV
LA ROUTE DU RETOUR


Lewis et ses hommes atteignirent le Missouri dans la matinée et, après avoir suivi son cours sur une quinzaine de milles, s'arrêtèrent comme convenu à l'embouchure de la Maria's River, où ils retrouvèrent non seulement Gass et les cinq hommes qui étaient censés les y attendre, mais également le sergent Ordway et son détachement qui, après s'être séparé du capitaine Clark aux Trois Fourches, avait descendu le fleuve en canoë.

Tous embarquèrent rapidement et ils gagnèrent l'île où ils avaient laissé les grandes pirogues l'été précédent. La pirogue rouge n'était plus utilisable, mais plusieurs hommes embarquèrent à bord de la pirogue blanche qui n'avait subi aucun dommage. La descente du fleuve put dès lors se faire dans de meilleures conditions.

Après avoir dépassé celles de la Musselshell et de la Milk River, le groupe de Lewis atteignit l'embouchure de la Yellowstone le 7 août. Clark y avait laissé une note à l'intention de Lewis, lui indiquant qu'il poursuivait la descente jusqu'à un lieu de campement plus propice que l'embouchure, où le gibier était rare et les moustiques insupportables.

Clark aurait pu être rejoint sans encombre si Lewis, parti chasser à terre, n'avait été victime de la maladresse de Cruzatte, qui lui tira involontairement dans les fesses, mais sans le blesser gravement. Après avoir craint à un moment qu'il ne s'agisse d'une embuscade tendue par les Indiens, le capitaine finit par comprendre ce qui s'était réellement passé. Il n'en tint pas rigueur au malheureux Cruzatte qui, totalement mortifié, reconnut finalement son erreur.

Malgré cet incident, ils rejoignirent le groupe de Clark le 12 août, après avoir rencontré Joseph Dickson et Forest Hancock, deux trappeurs en route vers l'ouest, les premiers à suivre la piste qu'ils avaient ouverte au prix de tant d'efforts.

Pendant que Lewis s'avançait dangereusement en pays pied-noir, Clark avait lui aussi eu sa part de démêlés avec les Indiens. Durant les trois jours qui suivirent leur départ de Clark's River, ils virent de nombreuses traces des Shoshones, mais ne purent en apercevoir aucun. Le 7 juillet au matin, cinq de leurs chevaux manquaient, et il leur fut impossible de les retrouver – ce qui n'aurait pas été le cas si les bêtes s’étaient seulement dispersées.

Le lendemain, ils atteignirent la cache où ils avaient entreposé marchandises et canoës à l'aller. Il leur fallut deux jours pour tout remettre en état, et le 10 juillet, ils repartirent, après que Clark eut décidé de scinder son groupe en deux.

Le sergent Ordway accompagné de neuf hommes devaient descendre la rivière en pirogue, pendant que Clark et le reste des hommes voyageraient par voie de terre. Mais, constatant que les canoës progressaient plus vite que les chevaux, Clark changea ses plans et confia au sergent Pryor le rôle de conduire ses chevaux, pendant que lui et son groupe navigueraient sur le fleuve.

Quatre jours plus tard, ils arrivèrent aux Trois Fourches du Missouri.

Ordway entreprit de descendre le fleuve pendant que Clark obliquait vers l'est avec les chevaux pour gagner la Yellowstone. Deux jours plus tard, le 15 juillet, il franchit la passe de Bozeman et arriva en vue de la Roche Jaune, comme l'appelaient les trappeurs français. Durant cinq jours encore, le groupe de Clark dû suivre la Yellowstone par voie de terre, avant de trouver des arbres assez gros pour permettre la construction de pirogues.

Ils les découvrirent juste à temps, car dans la nuit du 19 au 20 juillet, vingt-quatre de leurs chevaux disparurent. De nouveau, malgré les recherches menées par Charbonneau, Shannon et Bratton, les bêtes manquantes demeurèrent introuvables. Quelques jours plus tôt, ils avaient aperçu des signaux de fumées qu'ils avaient attribués aux Corbeaux : la disparition de leurs montures leur confirma qu'ils ne s'étaient pas trompés.

Le 23 juillet, Charbonneau découvrit un mocassin usé et un morceau de tunique non loin du camp : non contents de leur avoir volé la moitié de leurs chevaux, les Corbeaux rôdaient encore dans l'espoir de leur dérober les autres. Le sergent Pryor fut chargé de conduire les chevaux au plus vite jusqu'aux villages mandans pour les mettre en sécurité.
Après avoir pris cette mesure d'urgence, Clark fit charger les deux canots que ses hommes venaient de construire et commença à descendre la Yellowstone. Le 25 juillet, il dépassa une formation rocheuse semblable à une tour qu'il baptisa en l’honneur du jeune fils de Sacajawea Pompey's Pillar – le Pilier de Pompey – qui servirait de repère à bien des convois dans les décennies à venir.

Deux jours plus tard, il campa à l'embouchure de la Big Horn River, dont l'un des affluents, la Little Big Horn, devait devenir tristement célèbre soixante-dix ans plus tard.

Le 3 août, après avoir affronté les ours et les loups qui rôdaient sur les berges et dû éviter les troupeaux de bisons qui traversaient la rivière, Clark et son groupe arrivèrent à la jonction de la Yellowstone et du Missouri, où ils installèrent leur camp, dans l'intention d'y attendre le capitaine Lewis et le sergent Ordway. Mais les moustiques et le manque de gibier les contraignirent à continuer à descendre le fleuve.

Le 8 août, ils virent arriver de curieux canoës, qu'ils supposèrent être ceux de Lewis, mais il n'en était rien. Il s'agissait de Pryor et de ses hommes, qui s'étaient fait voler tous les chevaux par les Corbeaux et avaient dû poursuivre leur voyage dans des embarcations circulaires semblables à celles des Mandans, qui s'étaient révélées d'une grande fiabilité. Outre les maraudeurs corbeaux, ils avaient eu à affronter les loups après que l'un de ces derniers eut mordu le sergent à la main.

Le 11 août, Clark rencontra les trappeurs Dickson et Hancock, qui devaient croiser Lewis le lendemain. Ils lui apprirent que Pierre Durion était parti pour Washington avec une délégation de Yanktons, mais aussi que les Mandans et les Hidatsas étaient en guerre contre les Arikaras et les Assiniboins.
Les promesses de paix n'avaient pas été tenues bien longtemps.

Les pensées de Clark auraient pu être assombries par cet échec s'il n'avait été rejoint le lendemain par Lewis et Ordway, auxquels il ne manquait aucun homme malgré les dangers qu'ils avaient rencontrés.

À suivre...
Demain l'épilogue de cette extraordinaire aventure !


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Re: Lewis et Clark : Capitaines de l'impossible

Messagepar Loco » 09 juin 2019 10:29

lasso a écrit :message reçu AUJOURD'HUI de mes amis de Great Falls Montana

L&C CAVERNS - State Park MT Whitehall près de THREE FORKS (Missouri) Cavernes découvertes par L&C

https://kxlh.com/sponsored/montana-stat ... new-light/


Merci Lasso. Je saute dans mon jet et j'y vais... :sm57:

Justement, passage au Trois Fourches dans le chapitre du jour...
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Re: Lewis et Clark : Capitaines de l'impossible

Messagepar Loco » 09 juin 2019 14:41

Mini diorama Lewis et Clark.

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D'autres photos ici :

http://bennosfiguresforum.com/viewtopic.php?t=9231&p=111533
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Re: Lewis et Clark : Capitaines de l'impossible

Messagepar major dundee » 09 juin 2019 21:08

Ouais, c'est fait avec les figurines "IMEX"de la boite présentée plus haut...cela aurait mérité du 1/32ème.

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Un sujet zappé par "Atlantic" !

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Re: Lewis et Clark : Capitaines de l'impossible

Messagepar Loco » 09 juin 2019 21:52

Atlantic avait un "Kit Carson" avec un radeau un peu de le genre. Et un canoë dans son "Davy Crockett"... Amateur, à ce que je vois !
Loco : (1) fou - (2) chef apache chiricahua - (3) esprit du vaudou - (4) terme familier pour "locomotive"


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