Les ABENAQUIS

DEMERVAL
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Les ABENAQUIS

Messagepar DEMERVAL » 30 déc. 2017 17:34

Le mot Abenaki, et son raccourci, Abnaki, sont tous deux dérivés de Wabanaki, ou Wôbanakiak, signifiant "Peuple du pays de l’aube" en langue Abenaqui. Alors que les deux termes sont souvent confondus, les Abenaquis sont l’une des nombreuses tribus de la Confédération Wabanaki.
Wôbanakiak est dérivé de wôban ("aube" ou "est") et aki ("pays") — le nom aborigène de la région correspondant vaguement à la Nouvelle Angleterre et les Provinces Maritimes. Ce terme est parfois utilisé pour faire référence à tous les peuples régionaux de langue algonquine—les Western Abenaquis, les Eastern Abenaquis, les Wolastoqiyik-Passamaquoddy, et les Mi'kmaqs.
Le peuple Abenaqui s’appelait aussi lui-même Alnôbak, signifiant "Vrai Peuple" et par l’autonyme Alnanbal, signifiant "hommes".

Les Subdivisions

Historiquement, les ethnologues ont classifié les Abenakis par groupes géographiques : les Western Abenakis et les Eastern Abenakis. Au sein de ces groupes gravitent les bandes Abenakis :
• Western Abenaki
o Amoskeay
o Arsigantegok (aussi Arrasaguntacook, Ersegontegog, Assagunticook, Anasaguntacook), vivaient le long de la Rivière St. Francis River au Québec. Village Principal: St. Francis (Odanak). Le peuple était aussi appelé St. Francis River Abenakis, et ce terme fut graduellement appliqué à tous les Western Abenakis.
o Cocheco
o Cowasuck (aussi Cohass, Cohasiac, Koasek, Koasek, Coos – "Peuple des Pins"), vivaient dans la partie supérieure de la vallée de la rivière Connecticut. Principal village: Cowass, près de Newbury, Vermont.
o Missiquoi (aussi Masipskwoik, Mazipskikskoik, Missique, Misiskuoi, Missisco, Missiassik – "Peuple du Silex"), aussi connus comme les Sokokis. Ils vivaient dans la vallée du Missisquoi, du Lac Champlain aux sources. Principal village autour de Swanton, Vermont.
o Nashua
o Ossipee, vivaient le long des rives du Lac Ossipee au centre est du New Hampshire. Souvent classés parmi les Eastern Abenakis.
o Pemigewasset
o Pennacook (aussi Penacook, Penikoke, Openango), vivaient dans la vallée du Merrimack, de ce fait parfois appelés Merrimacks. Principal village Penacook, New Hampshire. Les Pennacooks constituèrent un jour une grande confédération qui était politiquement distincte et en compétition avec leur voisins Abenakis du Nord.
o Pequawket (aussi Pigwacket, Pequaki), vivaient le long de la rivière Saco et dans les White Mountains. Le principal village Pigwacket était localisé en amont de la rivière Saco près aujourd’hui de Fryeburg, Maine. Occupèrent une localisation intermédiaire, d’où parfois leur classement parmi les Eastern Abenakis.
o Piscataqua
o Sokoki (aussi Sokwaki, Squakheag, Socoquis, Sokoquius, Zooquagese, Soquachjck, Onejagese – "Peuple Qui se Sépara"), vivaient dans le Middle et l’Upper vallée de la rivière Connecticut. Principaux villages: Squakheag, Northfield, Massachusetts et Fort Hill.
o Souhegan
o Winnipesaukee (aussi Winnibisauga, Wioninebeseck, Winninebesakik – "région des terres autour des lacs"), vivaient le long des rives du lac Winnipesaukee, New Hampshire. • Eastern Abenaki
o Apikwahki
o Amaseconti, vivaient entre les rivières Kennebec supérieur et Androscoggin dans l’ouest du Maine.
o Androscoggin (aussi Alessikantekw, Arosaguntacock, Amariscoggin), vivaient dans la vallée de l’Androscoggin et le long de la rivière St. Francis, de ce fait parfois appelés St. Francis River Abenakis.
o Kennebec (aussi Kinipekw, Kennebeck, Caniba, connus plus tard comme Norridgewocks), vivaient dans la vallée de la rivière au nord du Maine. Principal village: Norridgewock (Naridgewalk, Neridgewok, Noronjawoke); autres villages: Amaseconti (Amesokanti, Anmissoukanti), Kennebec et Sagadahoc.
o Kwupahag (aussi Kwapahag)
o Maliseet (aussi Wolastoqiyik, Walastekwyk, Malecite), vivaient dans les terres du Maine supérieur et au centre du New Brunswick le long de la rivière St. John. Principaux villages: Meductic, Aukpaque. Maintenant une tribu séparée fédéralement reconnue.
o Odanak (aussi connus comme St. Francis, St. Francois du Lac), vivaient au sud-ouest de Trois-Rivières, Quebec et possédaient des campements le long de la rivière St. Francois.
o Ossipee, vivaient le long des rives du lac Ossipee au centre-est du New Hampshire. Quelquefois classés comme Western Abenakis.
o Penobscot (aussi Panawahpskek, Pamnaouamske, Pentagouet), vivaient dans la vallée du Penobscot. Principaux villages: Penobscot (Pentagouet), maintenant Indian Island, Old Town, Maine; autres villages: Agguncia, Asnela, Catawamtek, Kenduskeag, Mattawamkeag, Meecombe, Negas, Olamon, Passadumkeag, Precaute, Segocket et Wabigganus. Maintenant une tribu séparée fédéralement reconnue.
o Passamaquoddy (aussi Peskotomuhktati, Pestomuhkati), vivaient sur la côte de Passamaquoddy Bay et à l’intérieur des terres, entre les rivières St. John, St. Croix et Penobscot, aujourd’hui le Maine et le New Brunswick. Principal village: Machias. Maintenant une tribu séparée fédéralement reconnue.
o Rocameca, vivaient le long de la rivière Androscoggin, près de Canton, Maine.
o Wawinak (aussi Ouanwinak, Sheepscot, Wawenock, Wawnock, Wewenoc), vivaient dans les régions côtières du sud du Maine.
o Wôlinak (aussi Becancour), vivaient autour de Trois-Rivières, Quebec.

Localisation

La terre natale des Abenaquis, qu’ils appelaient Ndakinna (notre terre), s’étendait à travers la majeure partie du nord de la Nouvelle Angleterre, le sud du Québec et le sud des Provinces Maritimes du Canada. La population des Eastern Abenaquis était concentrée dans des portions du Nouveau Brunswick et du Maine, à l’est des White Mountains du New Hampshire. L’autre tribu majeure, les Western Abenaquis, vivaient dans la vallée de la rivière Connecticut dans le Vermont, le New Hampshire et le Massachusetts. Les Missiquois vivaient le long de la rive orientale du lac Champlain. Les Pennacooks vivaient le long de la rivière Merrimack dans le sud du New Hampshire. Les Abenakis Maritimes vivaient autour des vallées de St. Croix et Wolastoq (Rivière Saint John) près de la frontière entre le Maine et le Nouveau Brunswick.
La colonisation anglaise de la Nouvelle Angleterre et les fréquentes guerres obligèrent de nombreux Abenaquis à se retirer au Québec. Les Abenakis s’installèrent dans la région de Sillery entre 1676 et 1680, et par la suite, pendant environ 20 ans, vécurent sur les rives de la rivière Chaudière près des chutes, avant de s’installer à Odanak et Wôlinak au début du 18ème siècle. Le nom "Abenaki" était dérivé des termes w8bAn (lumière) et Aki (pays), qui signifie "peuple du soleil levant" ou "peuple de l’Est". A cette époque, les Abenaquis practiquaient une économie de subsistance basée sur la chasse, la pêche, le trapping, la cueillette des baies et sur la culture du maïs, des haricots, de la courge, des pommes de terre et du tabac. Ils produisaient auusi des paniers faits de frêne et de foin, pour cueillir les baies sauvages et faire bouillir du jus d’érable pour en faire du sirop. Le tissage de paniers demeure une activité traditionnelle des membres des deux communautés.
Ayant été déplacés de Ndakinna par les immigrants anglais, les Abenaquis furent les alliés de la France, durant les guerres Anglo-Françaises. Une anecdote de cette période raconte l’histoire d’un chef de guerre Maliseet appelé Nescambuit ou Assacumbuit, qui tua plus de 140 ennemis du roi Louis XIV et reçut le rang de chevalier. Cependant, tous les Abenaquis ne combattirent pas au côté des Français; nombre d’entre eux demeurèrent sur leurs terres natales des colonies du Nord. La plupart des pièges étaient posés par le peuple qui commerça ensuite avec les colons Anglais contre des denrées durables. Ces contributions des peuples Abénaquis furent largement tues.
Deux communautés tribales se formèrent au Canada, l’une à Saint-Francois-du-lac près de Pierreville, Québec (maintenant appelé Odanak, Abenaqui pour "De retour à la maison") et l’autre à Bécancour (maintenant près de Wôlinak) sur la rive sud de la rivière Saint-Laurent, directement à travers la rivière à partir de Trois-Rivières. Ces deux réserves Abenaquis continuent de s’accroître et de se développer. Depuis l’année 2000, la population totale des Abenaquis (dans et en-dehors de la réserve) a doublé pour atteindre 2,101 membres en 2011. Approximativement 400 Abenaquis résident sur ses deux réserves, qui couvrent moins de 7 km². La majorité non reconnue sont des membres hors-réserves, vivant dans diverses cités et villes à travers le Canada et les Etats-Unis.
Il y a environ 3,200 Abenaquis vivants au Vermont et au New Hampshire, sans réserves, principalement autour du Lac Champlain. Le reste du peuple Abenaqui vit dans des villes multi-raciales à travers le Canada et les Etats-Unis princiaplement dans l’Ontario, le Québec, le Nouveau Brunswick et le nord de la Nouvelle Angleterre.
Quatre tribus Abenaquis sont localisées dans le Vermont. Le 22 avril 2011, le Vermont reconnut officiellement deux tribus Abenaquis : La Bande Nulhegan des Coosuk-Abenaquis et la tribu des Elnu Abenaquis. Le 7 mai 2012, la Nation Abenaki à Missisquoi et la bande de Koasek de la Nation des Koas Abenaquis furent reconnues par l’Etat du Vermont. Les Nulhegans sont localisés dans le Northeast Kingdom du Vermont, avec des quartiers généraux tribaux à Brownington, et les Elnu Abenaquis sont localisés dans le sud-est du Vermont avec des quartiers généraux tribaux à Jamaica, Vermont. La tribu des Elnu Abenaquis se concentre principalement sur la continuation et l’enseignement des traditions ancestrales qu’ils transmettent par le biais de leurs enfants. Le chef et leader politique de la bande des Nulhegans est Don Stevens. Les Sokokis (la Nation Abenaqui de Missisquoi) sont localisés le long de la rivière Missisquoi au nord-ouest du Vermont, avec des quartiers généraux tribaux à Swanton. Leurs terres traditionnelles se situent le long de la rivière, pour s’étendre jusqu’à son débouché dans le lac Champlain.
En décembre 2012, la tribu des Nulhegan Abenaquis du Vermont créa une forêt tribale dans la ville de Barton. Cette forêt fut établie avec l’assistance du Vermont Sierra Club et du Vermont Land Trust. Elle contient un camp de chasse et des entreprises d’acériculture qui sont administrées de manière coopérative par les Nulhegans. La forêt comprend 28 hectares.
La tribu des St Francis Missisquois possède une terre boisée dans la ville de Brunswick, centrée autour des Chutes du Brunswick. Ces chutes sont censées être un site religieux sacré des Abenaquis. Ensemble ces deux forêts du Vermont sont les seules terres possédées par les Abenaquis en dehors des réserves existantes au Québec et dans le Maine.

Le Langage

La langue Abenaqui est étroitement apparentée à la langue Panawahpskek (Penobscot). D’autres tribus Wabanakis voisines, les Pestomuhkatis (Passamaquoddy), Wolastoqiyiks (Maliseet) et les Mi'kmaqs, et d’autres langues Algonquines Orientales partagent plusieurs similitudes linguistiques. Cette langue est proche de l’extinction. Des membres des tribus travaillent pour faire revivre la langue Abenaqui à Odanak (qui signifie "dans le village"), une réserve des First Nations Abenaki près de Pierreville, Québec, et à travers les Etats du New Hampshire, du Vermont et de New York.
La langue est holophrastique, ce qui signifie qu’une phrase entière s’exprime par un seul mot. Par exemple, le mot pour "homme blanc" awanoch est une combinaison des mots awani signifiant "qui" et uji signifiant "originaire de". Dans ce sens, le mot pour "homme blanc" se traduit littéralement par "Qui est cet homme et d’où vient-il?"

L’Histoire

Dans Reflections in Bullough's Pond, l’historien Diana Muir argumente que les voisins des Abenaquis, des Iroquois, avaient une culture impérialiste et expansionniste dont le développement de complexes agricoles basés sur le maïs, les haricots et les courges permettaient de nourrir une large population. Ils firent d’abord la guerre contre leurs voisins Algonquins, dont les Abenaquis. Muir utilisa des données archéologiques pour affirmer que l’expansion Iroquoise vers les terres Algonquines fut commandée par l’adoption Algonquine de l’agriculture. Cela leur permit de subvenir aux besoins de leur propre population aux fins d’avoir assez de guerriers pour se défendre contre le menace de la conquête Iroquoise.
En 1614, Thomas Hunt captura 24 jeunes Abenaquis et les emmena en Angleterre. Durant la colonisation européenne de l’Amérique du Nord, les terres occupées par les Abenaquis se trouvaient entre les nouvelles colonies anglaises du Massachusetts et françaises du Québec. Comme aucune des parties ne se mit d’accord sur les limites territoriales, il y avait des conflits réguliers entre elles. Les Abenaquis étaient traditionnellement des alliés des Français; durant le règne de Louis XIV, le Chef Assacumbuit fut adoubé dans la noblesse Française en remerciement de ses services.
Faisant face à l’extinction à cause des attaques Anglaises et des épidémies de nouvelles maladies infectieuses, les Abenaquis commencèrent à émigrer au Québec vers 1669. Le gouverneur de la Nouvelle France alloua deux seigneuries. La première fut celle de la rivière Saint Francis et est maintenant connus sous le nom de l’Odanak Indian Reservation; la seconde fut fondée près de Bécancour et est aujourd’hui la Wolinak Indian Reservation.

Les guerres Abenaquis

Quand le peuple Wampanoag sous les ordres du Roi Philip (Metacomet) combattirent les colons anglais en Nouvelle Angleterre en 1675 lors de la Guerre du Roi Philip, les Abenaquis rejoignirent les Wampanoags. Pendant trois ans, il y eut des combats le long de la frontière du Maine lors de la Première Guerre des Abenaquis. Les Abenaquis repoussèrent les limites des colonisations blanches en menant des raids dévastateurs sur les fermes éparpillées et les petits villages. La guerre prit fin par un traité de paix signé en 1678, avec des Wampanoags plus que décimés et de nombreux Indiens survivants vendus comme esclaves aux Bermudes.
Durant la Deuxième Guerre Intercoloniale en 1702, les Abenaquis s’allièrent avec les Français; ils menèrent de nombreux raids contre les petits villages du Maine, Wells et Casco, tuant 300 colons sur 10 ans. Les raids prirent fin quand la guerre se termina. Quelques captifs furent adoptés dans des tribus Mohawks et Abenaquis; les captifs plus âgés furent généralement rançonnés et les colonies continuèrent un commerce intense.
La Troisième Guerre Abenaki (1722–25), appelée Guerre Anglo-Wabanaki, éclata quand le missionnaire jésuite Français, Sébastien Rale (ou Rasles, 1657?-1724) encouragea les Abenaquis à arrêter l’expansion des colonies Yankees. Quand la milice du Massachusetts essaya d’appréhender Rasles, les Abenaquis attaquèrent les colonies de Brunswick, Arrowsick et Merry-Meeting Bay. Le gouvernement du Massachusetts déclara alors la guerre et des batailles sanglantes eurent lieu à Norridgewock (1724), où Rasles fut tué et pendant toute une journée dans un village Indien près aujourd’hui de Fryeburg, Maine, en amont de la rivière Saco (1725). Des conférences de paix à Boston et Casco Bay mirent fin à la guerre. Après le décès de Rale, les Abenaquis déménagèrent leur campement sur la rivière St. Francis.
Les Abenaquis de St. Francois continuèrent à lancer des raids sur les colonies britanniques dans leurs ex terres natales le long de la frontière de la Nouvelle Angleterre durant la Guerre Anglo-Micmac (1750) et la Guerre de la Conquête.

Au Canada

Le développement des projets touristiques a permis aux Abenaquis Canadiens de développer une économie moderne, tout en préservant leur culture et leurs traditions. Par exemple, depuis 1960, l’Odanak Historical Society dirige le premier et l’un des plus grands musées aborigènes du Québec, à quelques kilomètres de l’axe Québec-Montreal. Plus de 5,000 personnes visitent annuellement le Musée Abenaki. Plusieurs compagnies Abenakis incluent: à Wôlinak, General Fiberglass Engineering qui emploie une douzaine d’Indiens, avec des salaires annuels de plus de 3 millions de dollars canadiens. Odanak est maintenant active dans le transport et la distribution. Parmi les Abenaquis notables de cette région figure le réalisateur de films documentaires Alanis Obomsawin (National Film Board of Canada).

Aux Etats-Unis

La Nation Indienne des Penobscots et le peuple Passamaquoddy ont été fédéralement reconnus comme tribus aux Etats-Unis.

Au Vermont

En 2006, l’Etat du Vermont reconnut officiellement les Abenaquis comme Peuple mais pas comme Tribu. L’Etat nota que de nombreux Abenaquis avaient été assimilés et que seuls un petit nombre demeura dans les réserves durant et après la Guerre de Conquête. Il nota aussi que plus tard des projets eugéniques décimèrent le peuple Abenaqui d’Amérique par le biais de la stérilisation forcée et des ‘fausses couches’ douteuses au moment des naissances. Comme noté plus haut, afin de faire face à l’extinction, de nombreux Abenaquis avaient commencé à émigrer au Canadan sous contrôle français, aux alentours de 1669.
La Bande des Sokoki-St. Francis de la Nation Abenaki organisa un Conseil tribal en 1976 à Swanton, Vermont. La même année, le Vermont accorda la reconnaissance à ce Conseil, mais la retira l’année suivante. En 1982, la bande demanda la reconnaissance fédérale qui est toujours en suspens. Quatre communautés Abenaquis sont localisées au Vermont. Le 22 avril 2011, le Vermont reconnut officiellement deux bandes Abenaquis : la Bande Nulhegan des Coosuk-Abenakis et la tribu des El Nu Abenakis. Le 7 mai 2012, la Nation Abenaki à Missisquoi et la Bande Traditionnelle Koasek des Koas Abenakis reçurent la reconnaissance de l’Etat du Vermont. Les Abenakis qui choisirent de rester aux Etats-Unis ne s’en tirèrent pas aussi bien que leurs congénères canadiens. Des connections tribales furent perdues comme ces Abenaquis qui furent tolérés par la population anglaise et assimilés dans la société coloniale. Dans le Vermont, les groupes familiaux qui restèrent furent souvent éradiqués au début du 20ème siècle par la mise en place de politiques de stérilisation forcée et d’interruption de grossesse. Il y eut plus de 3400 cas de stérilisation forcée d’Abenaquis recensés, nombre d’entre-eux ayant entraîné des accouchements de fœtus morts. Aucun document d’un quelconque consentement pour de telles procédures ne fut jamais trouvé. Après cette période, les seuls Abenaquis qui restèrent aux Etats-Unis furent ceux qui pouvaient passer pour des blancs, ou qui échappèrent à la capture et à la dissolution de leurs familles à travers l’internement forcé de leurs enfants dans des "écoles" après leur stérilisation. A cette époque, de nombreux enfants qui furent stérilisés ne savaient même pas ce que les médecins leur avaient fait. Ceci fut pratiqué sous les auspices de la Brandon School of the Feeble-Minded (école Brandon pour les Faibles d’Esprit) et de la Vermont Reform School. Ce fut documenté en 1911 dans "Preliminary Report of the Committee of the Eugenic Section of the American Breeder's Association to Study and to Report on the Best Practical Means for Cutting Off the Defective Germ-Plasm in the Human Population." (Rapport préliminaire du Comité de la section Eugénique de l’Association Américaine des éleveurs sur l’étude des meilleurs moyens pratiques à mettre en œuvre pour supprimer le plasma germinal défectueux dans la population humaine).

La Reconnaissance Officielle des Tribus par l’Etat

La demande par les bandes des Elnu Abenaquis et des Nulhegans Abenaquis de la reconnaissance officielle fut recommandée et discutée par l’Assemblée Générale du Vermont sur l’intervention de la Commission aux Affaires Indiennes du Vermont, le 19 janvier 2011. La reconnaissance permet aux appliquants de rechercher des bourses de scolarité réservées aux Indiens et de recevoir un label fédéral "Fait par les Indiens" pour la vente de leurs produits artisanaux.
Le 22 avril 2011, le Vermont reconnut officiellement deux bandes d’Abenaquis: la Bande Nulhegan des Coosuk-Abenakis et la Tribu des El Nu Abenakis. Le 7 mai 2012, La Nation Abenaki de Missisquoi et la Bande Traditionnelle Koasek des Koas Abenakis reçurent la reconnaissance de l’Etat du Vermont.

Le New Hampshire et la reconnaissance des minorités

Dans le New Hampshire, les Abenaquis, avec d’autres groupes d’Indiens, ont proposé une loi pour la reconnaissance des groupes minoritaires. Cette loi fut débattue en 2010 par la législature de l’Etat. La loi devait créer une commission étatique dont l’objet serait l’étude des relations avec les Indiens, commission qui devait agir comme un groupe de conseillers visant à aider le gouverneur et le gouvernement en général dans sa prise de décisions. Les Abenaquis voulaient obtenir une reconnaissance formelle de l’Etat, en tant que peuple.
Quelques personnes s’opposèrent à la loi car elles craignaient que cela amènerait les Abenaquis à réclamer la propriété de terres maintenant possédées et occupées par des Américano-Européens. D’autres s’inquiétèrent du fait que les Abenaquis pourraient user de la reconnaissance comme d’un nouveau pas vers l’ouverture d’un casino. Mais, la loi dit spécifiquement que "cet acte ne doit pas être interprété comme octroyant à tout Indien ou Abenaqui des droits ou des privilèges que l’Etat ne leur confère pas." Le New Hampshire a pensé à étendre les activités de jeu séparèment des Indiens.
Le Conseil passa sous la tutelle du Département des Ressources Culturelles, pour qu’il soit ainsi au sein du même département que le Conseil d’Etat des Arts. La loi devait permettre la création et la vente de biens labellisés ‘Fait par les Indiens’, pour créer une source de revenus pour les Indiens du New Hampshire.
Les nombreux groupes d’Indiens de l’Etat ont créé le Conseil Inter-Tribal du New Hampshire, qui tient des réunions dans tout l’Etat et des powwows. Dédié à la préservation de la culture Indienne au New Hampshire, le groupe est un des principaux soutiens du HB 1610; Les Abenaquis, la principale tribu de l’Etat, est le seul peuple nommément cité dans la loi.

La Culture

Il y a une douzaine de variations du nom "Abenaki", telles que Abenaquiois, Abakivis, Quabenakionek, Wabenakies et autres.
Les Abenaquis furent décrits dans le Jesuit Relations comme n’étant pas cannibales mais dociles, ingénieux, tempérés dans l’usage de l’alcool et non profanes.
Toutes les tribus Abenakis vivaient un mode de vie similaire à celui des peuples parlant l’algonquin au sud de la Nouvelle Angleterre. Elles cultivaient pour vivre et installaient leurs villages dans ou près des plaines inondées des rivières fertiles. D’autres, mais moins importantes parties de leur subsistance venaient du gibier et du poisson provenant de la chasse et de la pêche, et des plantes sauvages.
Ils vivaient dans des bandes éparpillées constituées de vastes familles pendant la plupart de l’année. Chaque homme avait des territoires de chasse différents hérités de son père. Au contraire des Iroquois, les Abenaquis étaient patrilinéaires. Des Bandes venaient ensemble durant le printemps et l’été dans des villages temporaires installés près des rivières, ou le long des côtes maritimes pour planter et pêcher. Ces villages devaient parfois être fortifiés selon les alliances et les ennemis issus des autres tribus ou des Européens. Les villages Abenaquis étaient tout à fait petits comparés à ceux des Iroquois; le nombre moyen de personnes était d’environ une centaine.
Pour se loger, la plupart des Abenaquis élaboraient des wigwams en forme de cônes et recouverts d’écorces bien que quelques-uns préféraient de longues maisons de forme ovale. Durant l’hiver, les Abenaquis vivaient en petits groupes plus à l’intérieur des terres. Là les logements étaient des wigwams recouverts d’écorces modelés dans une forme similaire aux teepees des Indiens des Grandes Plaines. Durant l’hiver, pour gagner de la chaleur, les Abenaquis doublaient l’intérieur de leurs wigwams coniques avec des peaux d’ours et de daims. Les Abenaquis construisirent aussi de longues maisons similaires à celles des Iroquois.
Les Abenaquis se cramponnèrent à leurs traditions et modes de vie de plusieurs manières. Les Sokokis en font de même dans l’actuelle constitution de leur gouvernement. Il a un chef, un Conseil des Anciens et des méthodes électives pour la nomination du leadership et du Conseil Ils listent aussi les différentes traditions qu’ils soutiennent telles que les diverses danses qu’ils exécutent avec leurs significations. Durant plusieurs de ces danses, les photographies ne sont pas autorisées car manquant de respect pour la culture. Pour nombre d’entre elles, il y a des instructions comme "Tous debout pendant qu’elle est chantée" ou "Tous debout par respect."

Style de coiffure et autres traditions maritales

Traditionnellement, les hommes Abenaquis conservaient les cheveux longs et lâches. Quand un homme trouvait une petite amie, il nouait ses cheveux. Quand il se mariait, il attachait ses cheveux sur le cuir chevelu avec une pièce de cuir et rasait tout sauf la queue de cheval. La version spirituelle moderne voit l’homme avec une petite amie nouant ses cheveux en les tressant. Quand il se marie, il conserve tous ses cheveux dans une tresse, en ne rasant que les côtés et l’arrière de la tête. La signification spirituelle entourant cette tonte est principalement l’indication des fiançailles ou de la fidélité d’un Abenaqui marié. Comme dans la tradition du mariage chrétien, il y a un échange (optionnel) et une bénédiction des bagues de mariage. Ces bagues sont le signe extérieur et visible de l’unité du couple.
Des changements dans le style de coiffure étaient symboliques d’un processus de cour. L’homme devait donner à la femme une boîte faite de bois noble qui était décorée des vertus d’une femme : la femme devait donner une boîte similaire à l’homme. Tout le monde dans la tribu doit agréer le mariage. Ils érigeaient un poteau planté dans la terre et si quelqu’un n’était pas d’accord, il frappait le poteau. Le désagrément devait alors être résolu ou le mariage ne pouvait pas se faire.

Le genre, la nourriture, le partage du travail et autres traits culturels

Les Abenaquis constituaient une société fermière qui complétait l’agriculture par la chasse et la cueillette. Généralement les hommes étaient les chasseurs. Les femmes s’occupaient des champs et cultivaient les graines. Dans leurs champs, elles plantaient des graines en groupes de "soeurs". Les trois soeurs grandissaient ensemble: la tige du maïs supportait les haricots et les courges ou les citrouilles procuraient une couverture du sol réduisant la pousse des mauvaises herbes. Les hommes chassaient les ours, les daims, les poissons et les oiseaux.
Les Abenaquis formaient une société patrilinéaire, qui était commune parmi les tribus de la Nouvelle Angleterre. Dans celle-ci, ils différaient des six tribus Iroquoises de l’ouest de New York et de beaucoup d’autres tribus Indiennes nord-américaines qui étaient des sociétés matrilinéaires. Dans ces systèmes, les femmes contrôlaient la propriété et le pouvoir héréditaire était accordé à la lignée maternelle. Les enfants nés d’un couple marié appartenaient au clan de la mère et son frère aîné était un important mentor, spécialement pour les garçons. Le père biologique avait un rôle moins important.
Les décisions étaient prises en groupe par la méthode du consensus. L’idée est que chaque groupe (famille, bande, tribu, etc.) avait les mêmes droits décisionnels, aussi chaque groupe devait élire un porte-parole. Chaque groupe plus petit envoyait sa décision au groupe plus important pour faciliter une prise de décision impartiale. S’il y avait désaccord, le facilitateur demandait aus groupes de rediscuter. En plus des débats, il y avait un but de compréhension totale pour tous les membres. Si la compréhension n’était pas mutuelle, le débat s’achevait jusqu’au moment où tout le monde ait compris.
Quand les membres de la tribu débattaient des problèmes, ils considéraient les Trois Vérités:
1. La Paix: Est-elle préservée?
2. La Justice: Est-ce moral?
3. La Puissance: Cela préserve-t-il l’intégrité du groupe?
Ces vérités guident toutes les délibérations du groupe et le but est d’obtenir un consensus. S’il n’y a pas de consensus, ils décident de conserver le status quo.

La narration

La narration est une partie majeure de la culture des Abenaquis. Elle est utilisée non seulement pour divertissement mais aussi comme une méthode d’enseignement. Les Abenaquis considèrent que les histoires ont une vie propre et que l’on doit être prudent sur leur utilisation. Les histoires sont utilisées comme des moyens d’enseigner le bon comportement aux enfants. Ceux-ci n’étaient pas maltraités et ainsi au lieu de les punir, on leur racontait une histoire.
L’une de ces histoires concerne Azban the Raccoon. C’est l’histoire d’un fier raton-laveur qui challenge une chute d’eau lors d’un concours de cris. Quand la chute d’eau ne répond pas, Azban plonge dans la chute pour essayer de la surpasser; il est emporté à cause de sa fierté. Cette histoire était utilisée pour montrer à l’enfant les pièges de la fierté.

La phytothérapie

Les Abenaquis écrasent les fleurs et les feuilles de la Ranunculus acris (renoncule âcre) et les respire contre les maux de tête.

La Population et les épidémies

Avant que les Abenaquis—excepté les Pennacooks et les Mi'kmaqs—n’aient des contacts avec les européens, leur population avoisinait les 40 000 personnes. Environ 20 000 devaient être des Eastern Abenaquis, 10,000 autres des Western Abenaquis et les derniers 10,000 des Maritime Abenaquis. Des premiers avec des pêcheurs européens résultèrent en deux épidémies majeures qui affectèrent les Abenaquis durant le 16ème siècle. La première épidémie fut une maladie inconnue qui se propagea entre 1564 et 1570, et la seconde fut le typhus en 1586. De nombreuses épidémies se propagèrent une décennie avant l’arrivée des colons Anglais au Massachusetts en 1620, date à laquelle trois maladies distinctes ravagèrent la Nouvelle Angleterre et les Provinces Maritimes du Canada. Maine fut durement frappé durant l’année 1617 avec un taux de mortalité de 75% ce qui fit descendre la population des Eastern Abenakis à 5,000 unités. Les Western Abenaquis les plus isolés eurent moins de pertes, tout en perdant environ la moitié de leur population originale de 10 000 personnes.
Les nouvelles maladies continuèrent de frapper par le biais d’épidémies, en commençant par la variole en 1631, 1633 et 1639. Sept ans plus tard, une épidémie inconnue frappa, avec la grippe l’année suivante. La variole affecta de nouveau les Abenaquis en 1649 et la diphtérie survint 10 ans plus tard. La variole frappa en 1670 et la grippe en 1675. La variole affecta les Indiens en 1677, 1679, 1687, avec la rougeole en 1691, 1729, 1733, 1755 et finalement en 1758.
La population Abenaqui continua de décliner, mais en 1676, ils intégrèrent des milliers de réfugiés provenant de nombreuses tribus du sud de la Nouvelle Angleterre, déplacés de leurs campements par la Guerre du Roi Philip. A cause de cela, les descendants de presque chaque tribu Algonquine du sud de la Nouvelle Angleterre peuvent être trouvés parmi le peuple Abenaqui. Un siècle plus tard, moins de 1000 Abenaquis demeurèrent après la Révolution Américaine.
Lors du recensement américain de 1990, 1,549 personnes s’identifièrent comme Abenaquis. Ainsi firent 2,544 personnes lors du recensement de 2000, avec 6,012 personnes clamant une origine Abenaqui. En 1991 les Abenaquis Canadiens étaient au nombre de 945; en 2006 ils étaient 2,164.

La Fiction

Lydia Maria Child écrivit une courte histoire sur les Abenaquis, "The Church in the Wilderness" (1828). Plusieurs personnages Abenaquis et nombre de traits de leur culture au 18ème siècle figurent dans le roman de Kenneth Roberts, Arundel (1930). Le film Le Grand Passage (1940) est basé sur un roman éponyme de Kenneth Roberts.
Des écrivains Abenaquis contemporains ainsi que des documents écrits en Abenaqui figurent dans l’anthologie Dawnland Voices, éditée par Siobhan Senier. La collection comprend des écrivains communément connus et des auteurs modernes moins connus ainsi que des documents historiques des Abenakis et leurs ancêtres. La collection comprend aussi des écritures de plusieurs autres tribus de la Nouvelle Angleterre.
Les Abenaquis figurent dans le roman historique de Charles McCarry, Bride of the Wilderness (1988) et dans le roman de James Archibald Houston, Ghost Fox (1977), les intrigues des deux romans se situant au 18ème siècle; et dans les romans de Jodi Picoult, Second Glance (2003) et Lone Wolf (2012), dont l’intrigue se situe dans le monde contemporain. Des livres pour les plus jeunes lecteurs ont tous deux des fondements historiques: The Arrow Over the Door (1998) de Joseph Bruchac et The Darkness Under the Water (2008) de Beth Kanell.
La première phrase du roman de Norman Mailer, Harlot's Ghost fait référence aux Abenaquis: "Lors d’une longue soirée d’hiver de 1983, alors que je conduisais dans le brouillard de la côte du Maine, des souvenirs des vieux feux de camp commencèrent à dériver dans la brume de Mars, et je pensais aux Indiens Abnaki de la tribu des Algonquins qui demeuraient près de Bangor il y a un millier d’années."

Non-fiction

Des lettres et autres écrits non-fictionnels peuvent être trouvés dans l’anthologie Dawnland Voices. Des sélections comprennent des lettres de leaders de la première ville, Wamesit dans le Massachusetts, à savoir Samuel Numphow, Sagamore Kancamagus, et des écrits en langue Abenaqui de l’ancien chef de la réserve d’Odanak au Québec, Joseph Laurent ainsi que de nombreux autres.
Des écrits sur la vie des Abenaquis peuvent être trouvés dans les récits de captivité de femmes capturées par les Abenaquis à l’époque des premières colonies de la Nouvelle Angleterre: Mary Rowlandson (1682), Hannah Duston (1702); Elizabeth Hanson (1728); Susannah Willard Johnson (1754) et Jemima Howe (1792).

Personnes Notables

• Jesse Bruchac, auteur et linguiste
• Joseph Bruchac, auteur
• Indian Joe, un éclaireur de l’époque de la Révolution Américaine
• Billy Kidd, ex skieur alpin
• Joseph Laurent, chef et auteur
• Henry Lorne Masta, chef et auteur
• Alanis Obomsawin, réalisateur de films et de documentaires
• Donald E. Pelotte, Evêque Catholique Romain de Gallup (Nouveau Mexique et Arizona)
• Cheryl Savageau, poète
• Elijah Tahamont, acteur du cinéma muet sous le nom de Dark Cloud
• Alexis Wawanoloath, membre de l’Assemblée Nationale du Québec
• Christine Sioui-Wawanoloath, écrivain et artiste vivant au Québec

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