Les OMAHAS

DEMERVAL
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Les OMAHAS

Messagepar DEMERVAL » 04 janv. 2018 14:42

La tribu des Omahas commença son existence en étant une tribu des forêts plus populeuse car comprenant les tribus Omaha et Quapaw. Ces tribus fusionnèrent et habitèrent la région près des rivières Ohio et Wabash aux alentours de 1600. Alors que la tribu immigrait vers l’ouest, elle se scinda en ce qui devait devenir la tribu Omaha et la tribu Quapaw. Les Quapaws s’installèrent dans ce qui est aujourd’hui l’Arkansas et les Omahas, alias U-Mo'n-Ho'n ("en amont") s’installèrent près de la Rivière Missouri dans ce qui est maintenant le nord-ouest de l’Iowa. Une autre scission survint quand les Poncas devinrent une tribu indépendante, mais ils eurent tendance à s’installer près des Omahas. La première référence européenne à la tribu Omaha fut l’œuvre de Pierre-Charles Le Sueur en 1700. Informé par des rapports, il décrivit un village Omaha avec 400 habitations et environ une population de 4 000 âmes. Il était localisé sur le rivière Big Sioux près de son confluent avec le Missouri, à présent Sioux City, Iowa. Les Français l’appelait alors "La Rivière des Mahas."
En 1718, le cartographe Français, Guillaume Delisle, configura la tribu en tant que "Les Mahas, une nation itinérante", le long de la portion nord de la rivière Missouri. Les trappeurs français trouvèrent les Omahas sur la rive orientale de la rivière Missouri au milieu du 18ème siècle. On pensa que les Omaha s s’étendaient de la rivière Cheyenne dans le Dakota du Sud jusque la rivière Platte au Nebraska. Aux alentours de 1734, les Omahas établirent leur premier village à l’ouest de la rivière Missouri sur Bow Creek, à présent le Comté de Cedar, Nebraska.
Aux alentours de 1775, les Omahas développèrent un nouveau village, probablement localisé près aujourd’hui de Homer, Nebraska. Ton won tonga (ou Tonwantonga, aussi appelé le "Grand Village"), était le village de Chief Blackbird. A cette époque, les Omahas contrôlaient le commerce des fourrure sur la rivière Missouri. Aux environs de 1795, le village comptait environ 1,100 personnes.
Vers 1800 une épidémie de variole, survenue après des contacts avec des européens, balaya la région, réduisant dramatiquement la population en tuant approximativement un tiers de ses membres. Chief Blackbird figura parmi les victimes de cette année-là. Blackbird avait établi des relations commerciales avec les Espagnols et les Français, et utilisé ce commerce comme une sécurité pour garantir la subsistance de son peuple. Conscients, ils avaient traditionnellement manqué de défense contre les tribus voisines. Blackbird croyait que l’entretien de bonnes relations avec les explorateurs blancs et le commerce étaient les clés de leur subsistance. Les Espagnols construisirent un fort à proximité et commercèrent régulièrement avec les Omahas durant cette période.
Après que les Etats-Unis eurent procédé à l’Achat de la Louisiane et exercé une pression sur le commerce de la fourrure dans cette région, il y eut une prolifération de toutes sortes de biens parmi les Omahas : outils et vêtements se répandirent, tels que les ciseaux, les haches, les chapeaux haut de forme et les boutons. Les femmes emportèrent plus d’articles manufacturés pour commercer, ainsi que des produits fermiers, probablement à cause des progrès technologiques. Ces femmes enterrées après 1800 eurent des vies plus courtes et plus éprouvantes ; aucune ne passait la trentaine. Mais elles avaient aussi un rôle élargi dans l’économie de la tribu. Des chercheurs ont trouvé grâce aux excavations archéologiques que les squelettes de ces femmes étaient ensevelis avec plus d’artefacts en argent comme objets funéraires que ceux des hommes ou ceux des femmes d’avant 1800. Après la fin des recherches, la tribu enterra ces restes ancestraux en 1991.
Quand Lewis et Clark visitèrent Ton-wa-tonga en 1804, la plupart des habitants étaient partis pour une saison de chasse aux bisons. L’expédition rencontra les Indiens Otos, qui parlaient aussi le Sioux. Les explorateurs furent amenés sur la tombe de Chief Blackbird avant de continuer leur expédition vers l’ouest. En 1815 les Omahas signèrent leur premier traité avec les Etats-Unis, un soi-disant "traité d’amitié et de paix." Aucune terre ne fut cédée par la tribu.
Les villages semi-permanents des Omahas duraient de 8 à 15 ans. Ils fabriquaient des huttes pour les logements hiémaux qui étaient installés en grands cercles capables d’héberger cinq clans ou gentes de chaque moitié, pour conserver la balance entre les parties Terre et Ciel de la tribu. Finalement, les maladies et les agressions Sioux venant du nord obligèrent la tribu à déménager vers le sud. Entre 1819 et 1856, ils établirent des villages près de ce qui est maintenant Bellevue, Nebraska et le long de la Papillion Creek.

La perte de terres

Par le Quatrième Traité de la Prairie du Chien en 1831, les Omahas cédèrent leurs terres de l’Iowa aux Etats-Unis, à l’est de la rivière Missouri, avec la permission de continuer à y chasser. En 1836 un traité avec les Etats-Unis leur enleva leurs terres de chasse du nord-ouest du Missouri.
Durant les années 1840, les Omahas continuèrent à souffrir des agressions Sioux. Les colons américano-européens pressèrent le gouvernement des Etats-Unis de rendre ouvertes plus de terres à l’ouest de la rivière Mississippi. En 1846 Big Elk signa un traité illégal permettant à un large groupe de Mormons de s’installer sur les terres des Omahas pendant un certain temps : il espérait obtenir une certaine protection pour concurrencer les autres tribus Indiennes avec leurs fusils, mais les nouveaux colons réduisirent profondément les ressources en gibier et en bois durant les deux années où ils furent installés.
Pendant presque 15 ans durant le 19ème siècle, Logan Fontenelle fut l’interprète de la Réserve Bellevue, y servant sous différents agents américains d’Indiens. Ce métis d’une femme Omaha et d’un Français était bilingue et travaillait aussi comme commerçant. Sa mère était Omaha; son père Franco-Canadien. En janvier 1854 il servit d’interprète durant les négociations entre l’agent James M. Gatewood avec 60 leaders et anciens Omaha pour la cessions de terres, négociations qui eurent lieu dans la réserve Bellevue. Gatewood avait été pressé par les quartiers-généraux de Washington de mener à bien cette vente de terres. Les anciens Omahas refusèrent de déléguer les négociations à leurs chefs de gens, mais acceptèrent de vendre aux Etats-Unis la plupart de leurs terres restantes à l’ouest du Missouri. Des intérêts contradictoires s’exprimèrent lors de l’ébauche du traité au sujet des dédommagements financiers visant à payer les dettes tribales aux commerçants Logan Fontenelle, Peter Sarpy et Louis Saunsouci. Les Chefs au Conseil acceptèrent de déménager de la réserve Bellevue plus au nord, pour finalement choisir les Blackbird Hills, dans l’actuelle réserve du Comté de Thurston, Nebraska.
Les 60 hommes désignèrent sept chefs pour se rendre à Washington, DC pour les ultimes négociations avec Gatewood, avec Fontenelle comme leur interprète. Le chef Iron Eye (Joseph LaFlesche) était parmi les sept qui allèrent à Washington et est considéré comme étant le dernier chef des Omahas selon le système traditionnel. Logan Fontenelle servit d’interprète et les Blancs le prirent à tort pour le chef. Comme son père était blanc, les Omahas ne l’acceptèrent jamais comme membre de la tribu mais le considérèrent comme blanc.
Bien que l’ébauche du traité n’autorisait les sept chefs qu’à ne faire que quelques "légers changements," les représentants gouvernementaux les obligèrent à accepter des changements majeurs. Ils retirèrent les indemnisations des commerçants. Cela réduisit le montant total des annuités de 1,200,000 dollars à 84,000, sur une durée courant jusque 1895. Ils se réservaient le droit de payer entre de l’argent liquide et l’octroi de marchandises.
La tribu déménagea finalement dans les Blackbird Hills vers 1856, et ils installèrent d’abord un village traditionnel. Dans les années 1870, le bison disparaissait rapidement des plaines, et les Omahas durent se reposer de plus en plus sur leurs annuités pour survivre tout en s’adaptant à l’agriculture. Jacob Vore était un Quaker appointé comme agent Indien dans la réserve des Omahas sous la présidence de Ulysses S. Grant. Il débuta ses activités en septembre 1876, en succédant à T.S. Gillingham, également un Quaker.
Vore distribua une annuité réduite chaque année, juste avant que les Omahas ne partent pour leur chasse annuelle de bison; selon ses rapports ultérieurs, il avait, en agissant ainsi, l’intention d’ "encourager" les Omahas à intensifier les travaux agricoles. Ils souffrirent d’une pauvre saison de chasse et d’un hiver sévère, aussi ils moururent de faim avant le printemps. Vore obtint un supplément d’annuités qu’il distribua, mais pendant les années restantes de sa mandature allant jusque 1879, il ne distribua pas d’annuités en argent sur les 20 000 dollars par an qu’il recevait du traité. A la place, il fournissait des marchandises: des herses, des chariots, des harnais et diverses sortes de charrues et matériels nécessaires aux travaux de la terre. Il dit à la tribu que les officiels de Washington, DC avaient désapprouvé l’annuité. Le peuple n’avait pas de recours et lutta pour augmenter les rendements, accroissant ses moissons de 20 000 boisseaux.
Les Omahas ne prirent jamais les armes contre les Etats-Unis. Plusieurs membres de la tribu combattirent pour l'Union durant le Guerre Civile Américaine, ainsi que dans toutes les guerres jusqu’aujourd’hui.
A partir des années 1960, les Omahas commencèrent à réclamer des terres à l’est de la rivière Missouri, dans une région appelée Blackbird Bend. Après de longues procédures judiciaires et plusieurs impasses, une grande partie du territoire fut reconnu comme terres des Omahas. Les Omahas établirent leur Blackbird Bend Casino sur le territoire ainsi récupéré.

L’Archéologie

En 1989 les Omahas réclamèrent plus de 100 squelettes ancestraux se trouvant à Ton-wo-tonga, qui avaient été gardés par des musées. Ils avaient été exhumés durant des fouilles archéologiques menées durant les années 1930 et 1940, dans sites funéraires d’avant et après 1800. Avant d’enterrer de nouveau les squelettes dans les terres des Omahas, les représentants de la tribu s’arrangèrent pour que des recherches soient diligentées à l’Université du Nebraska pour voir ce que l’on pouvait apprendre de ces ancêtres.
Les chercheurs trouvèrent de considérables différences dans la communauté avant et après 1800, comme le révélèrent les os et les artefacts. Plus significativement, ils découvrirent que les Omahas étaient des cavaliers. La culture des Plaines et les chasseurs de bisons de 1770, en firent la "première culture équestre documentée des Plaines du Nord." Ils trouvèrent aussi qu’avant 1800, les Omahas faisaient principalement du commerce d’armes et d’ornements. Les hommes avaient de nombreux rôles dans la culture patrilinéaire comme par ailleurs les femmes : comme "archers, guerriers, armuriers et marchands," dont les rites cérémoniaux majeurs. Des fagots sacrés pour des cérémonies religieuses furent trouvés enterrés uniquement avec des hommes.

La Culture

A l’époque pré-campement, les Omahas avaient une structure sociale développée mais complexe, structure qui était étroitement liée au concept de l’union inséparable du Ciel (principe masculin) et de le Terre (principe féminin). Cela faisait partie de leur histoire originelle et de leur vue de l’espace. Cette union était considérée comme critique de la perpétuation de toutes les formes de vie existantes et se répandit dans la culture Omaha. La tribu était divisée en deux fractions ou semi-tribus, le Peuple du Ciel (Insta'shunda) et le peuple de la Terre (Hon'gashenu), chacune conduite par un chef héréditairement différent, qui obtenait la puissance de sa ligne paternelle.
Le peuple du Ciel était responsable des besoins spirituels de la tribu et le peuple de la Terre pour le bien-être physique de la tribu. Chaque fraction était composée de cinq clans ou gentes, qui avaient aussi des responsabilités différentes. Chaque gens avait un chef héréditaire, à travers la lignée masculine, car la tribu avait un système parental patrilinéaire de descendance et d’héritage. Les enfants étaient considérés comme naissant dans le clan du père. Les personnes se mariaient avec quelqu’un d’une autre gens, mais pas dans leur propre gens.
Les chefs héréditaires et les structures claniques existaient encore au moment où les anciens et les chefs négocièrent avec les Etats-Unis la cession de la plupart de leurs terres du Nebraska en échange de la protection et d’annuités en nature. Seuls les hommes nés de lignée héréditaire héritée de leurs pères ou formellement adoptés par un mâle, comme de la tribu Joseph LaFlesche (Iron Eye) pouvait devenir des chefs. Big Elk désigna LaFlesche comme son fils et successeur de la Weszinste. LaFlesche, un métis, fut le dernier chef reconnu chef principal sélectionné par les moyens traditionnels et il fut le seul chef ayant des ancêtres européens. Il servit pendant des décennies à partir de 1853.
Bien que les Blancs considérèrent Logan Fontenelle comme un chef, les Omahas lui dénièrent le titre. Ils l’utilisèrent comme interprète; il était métis avec un père français et donc considéré comme blanc parce qu’il n’avait pas été adopté par un homme de la tribu.
Aujourd’hui, les Omahas animent un pow wow annuel. Lors de la célébration, un comité élit la princesse Omaha du Pow Wow. Elle sert de représentante de la communauté et de modèle pour les jeunes enfants.

Les habitations

Au moment où la tribu migra vers l’ouest de la région de la rivière Ohio au 17ème siècle, ils s’adaptèrent aux Plaines environnantes. Ils remplacèrent la coutume des régions boisées des habitations en bois par les tipis (coutume empruntée aux Sioux) plus adaptés à la chasse aux bisons et à l’été, et ils construisirent des habitations en terre (coutume héritée des Pawnees) pour l’hiver. Les Tipis étaient d’abord utilisés pour la chasse aux bisons et quand ils se relocalisaient d’un village à un autre. Ils utilisaient des logements en terre durant l’hiver.
Les croyances des Omahas étaient symbolisées dans leurs structures de logement. Durant la plupart de l’année, les Indiens Omahas vivaient dans des huttes de terre et de bois, des structures ingénieuses avec une charpente en bois et un sol de terre. Au centre de la hutte se trouvait un foyer qui rappelait leur création mythique. L’entrée de la hutte était orientée vers l’est pour capter le soleil levant et rappeler au peuple ses origines et sa migration en aval de la rivière à partir de l’est.
Le Huthuga, le positionnement en cercles des villages tribaux, reflétait les croyances de la tribu. Le peuple du Ciel vivait dans la partie nord du cercle à l’endroit qui symbolisait les paradis. Le peuple de la Terre vivait dans la partie sud du cercle à l’endroit sui symbolisait la terre. Le cercle avait une ouverture vers l’est. Dans chaque demi-cercle du village, les clans ou gentes, étaient localisés selon les tâches tribales et leurs relations avec les autres clans. Des huttes en terre de 18 m de diamètre pouvaient contenir plusieurs familles et même des chevaux.
Quand la tribu regagna la Réserve Omaha vers 1856, ils bâtirent initialement leur village et leurs huttes de terre dans des schémas traditionnels, avec des demi-tribus et des clans dans la configuration habituelle.

La Religion

Les Omahas révéraient un ancien Totem Sacré, depuis l’époque de leur migration vers le Missouri, fait de peuplier de Virginie. Il était appelé Umoⁿ'hoⁿ'ti (signifiant "Le Vrai Omaha") et était considéré comme une personne. Il était conservé dans une Tente Sacrée placée au centre du village, dans laquelle seuls les hommes de la Société Secrète peuvent pénétrer. Une cérémonie annuelle de renouvellement était apparentée au Totem Sacré.
En 1888, Francis La Flesche, un jeune anthropologue Omaha, s’arrangea pour que sa collègue Alice Fletcher puisse emmener le Totem Sacré au Peabody Museum of Archaeology and Ethnology de l’Université d’Harvard, pour le préserver à un moment où la continuité de la tribu était menacée par la pression de l’assimilation. La tribu se devait d’enterrer le totem avec son dernier membre. La dernière cérémonie du renouvellement eut lieu en 1875, et la dernière chasse aux bisons en 1876. La Flesche et Fletcher se réunirent et préservèrent les histoires entourant le Totem Sacré grâce à son dernier gardien, Yellow Smoke, un homme sacré de la gens Hong'a.
Au 20ème siècle, environ 100 ans après le transfert du totem, la tribu négocia avec le Peabody Museum pour son retour. La tribu planifia d’installer le Totem Sacré dans un centre culturel à construire. Quand le musée retourna le Totem Sacré à la Tribu en juillet 1989, les Omahas firent un pow wow en août en célébration et comme acte de leur renouveau.
Le totem sacré est censé représenter le corps d’un homme. Le nom par lequel il est connu, a-kon-da-bpa, est le mot utilisé pour désigner le bracelet de cuir porté au poignet par un Indien pour le protéger de la corde de l’arc. Ce nom démontre que le Totem est censé symboliser un homme, car aucune autre créature ne peut porter un bracelet. Il indiquait aussi que l’homme ainsi symbolisé était un fournisseur et un protecteur de son peuple.

Personnalités OmahaS notables

• Blackbird, chef
• Big Elk (1770–1846/1853), chef, adopté par Joseph LaFlesche et élevé comme un chef
• Francis M. Cayou, coach de football
• Logan Fontenelle (1825–1855), interprète
• Rodney A. Grant (b. 1959), acteur
• Joseph LaFlesche (Iron Eye, vers 1820—1888), adopté et nommé chef, seul chef connu ayant des ancêtres européens ; dernier chef traditionnel des Omahas

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