Les guerres Franco-Iroquoises

DEMERVAL
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Les guerres Franco-Iroquoises

Messagepar DEMERVAL » 11 sept. 2017 16:35

Les Beaver Wars, aussi connues sous l’appellation de Guerres Franco-Iroquoises englobent une série de conflits qui eurent lieu de manière intermittente au 17ème siècle à l’est de l’Amérique du Nord.
Durant le 17ème siècle, les Guerres Franco-Iroquoises furent des luttes pour le bien-être économique le long de vallée de la rivière Saint-Laurent et de la région inférieure des Grands Lacs. Ces guerres opposèrent les Iroquois, qui essayaient de prendre le contrôle sur le commerce de la fourrure, les Hurons, les Algonquins du Nord et leurs alliés Français. Dès les temps médiévaux, les Européens recevaient des peaux en provenance de la Russie et de la Scandinavie. Les peaux américaines commencèrent à arriver sur le marché durant le 16ème siècle—des décennies avant que les Français, les Anglais et les Néerlandais n’établissent des campements permanents et des comptoirs commerciaux sur le continent—une fois que les pêcheurs basques chassant la morue au large des Grands Bancs de Terre-Neuve avaient troqué leurs poissons contre des peaux de castors auprès des Indiens locaux. En vertu de leur localisation, de la puissance militaire et de leur talent pour la diplomatie, ces tribus exercèrent une influence formidable sur les relations Européanno-Indiennes du début du 17ème siècle à la fin du 18ème siècle.
Les Iroquois cherchèrent à étendre leur territoire et monopoliser le commerce de la fourrure et le business entre les marchés européens et les tribus de l’ouest de la région des Grands Lacs. Il existait une confédération aborigène de cinq nations —les Mohawks, les Oneidas, les Onondagas, les Cayugas et les Senecas. (La confédération devint plus tard les "Six Nations" quand les Tuscaroras furent adoptés au 18ème siècle). Chacune de ces Nations Indiennes croyait à la souveraineté tribale et à un organe collectif appelé ligue. Ces nations avaient une affirmation très élevée dans la souveraineté des deux ligues entre les Onondagas et New York. Les officiels gouvernementaux de la future capitale américaine de Washington, D.C. et de la capitale canadienne d’Ottawa ne reconnurent la souveraineté Iroquoise que dans l’optique de l’existence de gouvernements tribaux individuels. La Confédération Iroquoise, conduite par les dominants Mohawks, se mobilisa contre les tribus de la région des Grands Lacs parlant principalement l’Algonquin. Les Iroquois étaient armés par leurs partenaires commerciaux Néerlandais et Anglais; les Algonquins étaient fournis par les Français, leur principal partenaire commercial.
Les guerres furent brutales et furent considérées comme une des séries de conflits les plus sanglants de l’histoire de l’Amérique du Nord. Les Iroquois ayant détruit plusieurs grandes confédérations tribales—dont les Hurons, les Neutres, les Eriés, les Susquehannocks et les Shawnees, devinrent dominants dans la région et élargirent leur territoire, redessinant la géographie tribale de l’Amérique du Nord. Ils repoussèrent quelques tribus orientales vers l’ouest de la rivière Mississippi ou vers le sud dans les Carolines. Les Iroquois prirent le contrôle des terres de la vallée de la rivière Ohio comme terrains de chasse, à partir de 1670 et au-delà. Le Pays de l’Ohio et la Péninsule Inférieure du Michigan avaient virtuellement été vidés de leurs peuplades indiennes au moment où des réfugiés venus de l’ouest y arrivèrent pour échapper aux guerriers Iroquois. (Une grande partie de cette région fut plus tard repeuplé par des Indiens théoriquement assujettis aux Six Nations).
Les sociétés Algonquine et Iroquoise furent fortement perturbées par ces guerres. Le conflit baissa en intensité avec la perte par les Iroquois de leur allié néerlandais basés dans la colonie de la Nouvelle-Néerlande après que les Anglais l’aient conquise en 1664, avec Fort Amsterdam et la ville de la Nouvelle Amsterdam, qu’ils rebaptisèrent New York et avec l’objectif des Français de gagner les Iroquois à leur cause pour lutter contre l’empiètement anglais. Une fois les Iroquois devenus des partenaires commerciaux des anglais, leur alliance fut une des composantes principales à la future expansion anglaise vers l’ouest et le nord, expansion qui conduisit à la Guerre de la Conquête (1754-1763). Les Anglo-Britanniques utilisèrent aussi les conquêtes Iroquoises pour réclamer plus tard le Territoire du Nord-Ouest des Etats-Unis, au nord-ouest de la rivière Ohio et autour des Grands Lacs.

Les Origines

Les expéditions de l’explorateur français Jacques Cartier dans les années 1540 fournirent les premiers textes écrits sur les Amérindiens de l’Amérique du Nord. Les explorateurs et les pêcheurs français commercèrent dans la région près de l’embouchure de l’estuaire du Saint-Laurent, une décennie avant cette date pour des peaux précieuses. Cartier écrivit sur ses rencontres avec un peuple plus tard classé comme les Iroquois du Saint-Laurent, aussi connu comme étant les Stadaconans ou le peuple Laurentian, qui occupa plusieurs villages fortifiés, dont Stadacona et Hochelaga. Cartier relata une guerre en cours opposant les Stadaconans et une autre tribu connue sous le nom de Toudaman, qui avait détruit un de leurs forts l’année précédente et occasionné 200 morts.
Les guerres et la politique en Europe détournèrent les Français des efforts effectués pour coloniser la vallée du Saint-Laurent jusqu’à la fin du 17ème siècle, date à laquelle ils fondèrent le Québec en 1608. Quand les Français revinrent dans la région, ils trouvèrent les deux sites de Stadacona et Hochelaga, abandonnés et complètement détruits par un ennemi inconnu.
En se basant sur les conditions politiques et économiques de l’époque, quelques anthropologues et historiens ont suggéré que la Nation Mohawk de la Confédération Iroquoise avait détruit et chassé les Iroquois du Saint-Laurent. Quand les Français revinrent sur les lieux, ils ne trouvèrent pas d’habitants dans cette partie de la vallée inférieure de la rivière. Les Iroquois et les Hurons parlant iroquois l’utilisèrent comme terrain de chasse. Les causes restèrent mal établies. (La tradition orale iroquoise, comme rapporté dans Jesuit Relations, parle d’une guerre éprouvante entre les Mohawks et une alliance des Susquehannocks et des Algonquins aux environs de 1580 et 1600). Ce fut peut-être en réponse à la formation de la Ligue des Iroquois.
Quand les Français revinrent en 1601, la vallée du Saint- Laurent avait déjà été le site de générations de faits de guerre sanglants, comme ceux qui caractérisaient les relations des Iroquois avec virtuellement tous les peuples environnants. En 1603, quand Samuel de Champlain visita Tadoussac près du Saint-Laurent, les Montagnais, les Algonquins et les Hurons le recrutèrent presque immédiatement avec sa petite compagnie d’aventuriers français pour les aider à attaquer leur ennemi Iroquois en amont.
Avant 1603, Champlain avait formé une alliance offensive contre les Iroquois. Il décida que les Français ne devaient plus faire le commerce des armes avec les Iroquois. Il avait une logique commerciale: Les Indiens du Nord approvisionnaient les Français en peaux précieuses et les Iroquois, basés dans l’actuel New York, interféraient dans ce commerce. La première bataille délibérée avec les Iroquois en 1609 eut lieu à l’initiative de Champlain. Les récits signifient clairement que Champlain descendit délibérément avec une troupe de guerriers vers le Lac Champlain et, de plus, cette bataille créa 150 ans de défiance qui empoisonna toutes chances d’alliance entre les Iroquois et les Français ou les rendit éphémères. Champlain écrivit, "J’étais venu avec aucune autre intention que de faire la guerre". En compagnie de ses alliés Hurons et Algonquins, Champlain et ses forces livrèrent une bataille rangée contre les Mohawks sur les rives du Lac Champlain. Champlain tua de ses propres mains trois chefs avec une arquebuse malgré le fait que les trois chefs portaient "une protection à l’épreuve des flèches faite de bâtons tressés".
En 1610, Champlain et ses compagnons français armés aidèrent les Algonquins et les Hurons à défaire une forte troupe de guerriers Iroquois. En 1615, Champlain rejoignit un raid Huron et prit part au siège d’une ville Iroquoise, située probablement parmi les Onondagas au sud du Lac Ontario (à présent l’Etat de New York). L’attaque fut finalement un échec et Champlain fut blessé. Après la découverte de l’Hudson au titre de la Dutch East India Company en 1609, un comptoir commercial annuel fut installé près d’Albany. Au Fort Nassau les Néerlandais furent entourés par 1600 guerriers et familles de la tribu des Mohicans (Algonquins). Les Néerlandais offrirent de racheter les terres des Mohicans mais autorisèrent les commerçants à vivre parmi eux comme invités d’honneur et en 1618, ils signèrent un accord avec les commerçants environnants. Au tout début du 17ème siècle, le grand potentiel était encore de pousser les découvertes à l’ouest vers les Grands Lacs. En 1617 Fort Nassau fut abandonné à cause d’une inondation et en 1624 Fort Orange fut construit. Fort Orange renouvela les efforts pour exploiter le trafic le long du Mahicans Channel et ainsi commença à faire la guerre avec les Mohawks. En 1626 les Néerlandais et les Mohicans tombèrent dans une embuscade organisée par les Mohawks qui étaient seulement armés d’arcs et de flèches. Les Néerlandais rompirent le traité avec les Mohicans et firent une trêve avec les Mohawks. Les Mohawks voulaient empêcher de futurs conflits avec Fort Orange. Ils voulaient prospérer plus que de le détruire. En 1628 les Mohawks défirent les Mohicans, qui finalement s’enfuirent vers la vallée du Connecticut. Les Mohawks n’avaient pas l’intention de défaire les Mohicans pour libérer le commerce; ils voulaient plutôt détruire le commerce avec les Néerlandais.

La concurrence néerlandaise

En 1610-1614, les Néerlandais établirent une série de comptoirs commerciaux saisonniers sur les rivières Hudson et Delaware, dont un sur Castle Island à la pointe orientale du territoire Mohawk, près actuellement d’Albany. Cela donna aux Iroquois un accès direct (à travers les Mohawks) aux marchés européens. Les efforts commerciaux Néerlandais et les colonies éventuelles du New Jersey et du Delaware établirent aussi rapidement du commerce avec la Nation côtière des Delawares (Lenape) et plus au sud avec les Susquehannock. Les Néerlandais étaient réticents à commercer les armes aux Delawares. Leur établissement en 1614 du Fort Nassau et son remplacement en1624 par le Fort Orange (tous deux à Albany) retirèrent aux Iroquois le besoin de dépendre des Français et leurs tribus alliés ou de devoir traverser les territoires des tribus du sud pour atteindre les commerçants européens. Les Néerlandais fournirent des fusils aux Mohawks et autres Iroquois. De plus, le nouveau comptoir offrait de précieux outils que les Iroquois pouvaient échanger contre des peaux. Ils commencèrent une chasse à large échelle pour les fourrures afin de satisfaire les demandes de leurs peuples pour de nouveaux produits.
A cette époque, le conflit commença à croître rapidement entre les Iroquois et les peuples indigènes aidés par les Français. Les Iroquois habitaient l’actuelle région de New York au sud du lac Ontario et à l’ouest de la rivière Hudson. Les terres Iroquoises étaient entourées de toutes parts sauf au sud par des nations parlant l’algonquin, traditionnellement des ennemis—dont les Shawnees à l’ouest dans le pays de l’Ohio. Leurs rivaux comprenaient aussi les Nations Neutres et Hurons parlant l’Iroquois, qui vivaient sur la rive occidentale du lac Ontario et sud du lac Huron et les Susquehannock au sud. Bien que faisant partie de la famille d’Indiens parlant l’Iroquois, ces tribus étaient historiquement en concurrence et parfois en guerre avec les Iroquois, qui, à cette époque, avaient Cinq Nations dans leur Confédération.

Le début de la guerre franco-iroquoise

En 1628 les Mohawks défirent les Mohicans, les repoussant à l’est de la rivière Hudson et établissant un monopole sur le commerce avec les Néerlandais au Fort Orange (plus tard Albany, New York), Nouvelle Néerlande. Dans la même région, les Susquehannocks, également bien armés par les commerçants Néerlandais, réduisirent effectivement la puissance des Delawares et remportèrent une guerre déclarée avec la dominante province anglaise du Maryland. Vers les années 1630, les Iroquois étaient devenus complètement armés avec un armement européen à travers leur commerce avec les Néerlandais.
Les Iroquois, particulièrement les Mohawks, en étaient venus à dépendre, pour leur mode de vie et survivance, du commerce des armes à feu et autres produits européens à grande valeur marchande. Ils utilisaient à bon escient leur savoir-faire grandissant avec les arquebuses dans le cadre de leurs guerres perpétuelles avec les Algonquins, les Hurons et autres ennemis traditionnels. Les Français, entre-temps, interdirent le commerce des armes à feu à leurs alliés Indiens, bien que parfois ils leur offraient individuellement des arquebuses comme récompenses pour leur conversion au christianisme. Bien que les Iroquois attaquèrent en premier leurs ennemis traditionnels (les Algonquins, les Mohicans, les Montagnais et les Hurons), l’alliance de ces tribus avec les Français amena rapidement les Iroquois à un féroce et sanglant conflit direct avec les colonisateurs.
L’expansion de la chasse aux fourrures pour le commerce avec l’Europe accéléra le déclin de la population de castors dans la région. En 1640 l’animal avait largement disparu de la vallée de l’Hudson. Les éditeurs de l’American Heritage Magazine ont noté que la raréfaction grandissante du castor dans les terres contrôlées par les Iroquois au milieu du 17ème siècle accéléra les guerres. Le centre du commerce de la fourrure se déplaça vers le nord dans les régions plus froides du sud de l’Ontario, une région contrôlée par les Neutres et les Hurons, qui étaient des partenaires commerciaux des Français. Les Iroquois, déplacés dans cette région par d’autres nations, et menacés par de grandes pertes humaines dues à la variole ou autres maladies infectieuses, commencèrent une agressive campagne pour étendre leur territoire.

Le conflit

Avec le déclin de la population de castors, les Iroquois commencèrent à conquérir leurs voisins plus petits. Ils attaquèrent les Wenros en 1638 et s’emparèrent de l’entièreté de leur territoire. Les survivants s’enfuirent se réfugier chez les Hurons. Les Wenros avaient servis de tampon entre les Iroquois et les tribus alliées des Neutres et des Eriés. Ces deux dernières tribus étaient considérablement plus grandes et plus puissantes que les Iroquois. Avec l’expansion vers l’ouest enrayée, les Iroquois tournèrent leur attention vers le nord. Les Néerlandais encouragèrent par ailleurs cette stratégie. A ce moment, les Néerlandais étaient les principaux partenaires commerciaux européens des Iroquois, avec pour intermédiaires leurs comptoirs de la rivière Hudson. Comme les sources d’approvisionnement en fourrures des Iroquois déclinaient, il en fut de même des bénéfices des comptoirs.
En 1641, les Mohawks effectuèrent le voyage à Trois-Rivières en Nouvelle France pour proposer la paix aux Français et leurs tribus alliées. Ils demandèrent aux Français d’établir un comptoir commercial en Iroquoia. Le Gouverneur Montmagny rejeta cette proposition parce que cela aurait signifié l’abandon de leurs alliés Hurons.
Au début des années 1640, la guerre commença sérieusement avec les attaques Iroquoises contre les villages Hurons le long de la rivière Saint-Laurent; leur intention était d’interrompre le commerce avec les Français. En 1645 les Français appelèrent toutes les tribus à négocier un traité pour mettre fin au conflit. Deux chefs Iroquois, Deganaweida et Koiseaton, se rendirent en Nouvelle France pour prendre part aux négociations. Les Français acceptèrent la plupart des demandes Iroquoises, leur concédant des droits commerciaux en Nouvelle France. L’été suivant une flotte de 80 canoës transportant une grande récolte de fourrures traversa le territoire Iroquois pour commercer en Nouvelle France. Quand les Iroquois arrivèrent, les Français refusèrent de vendre les fourrures et dirent aux Iroquois de les vendre aux Hurons, qui serviraient ainsi d’intermédiaires. Outragés, les Iroquois reprirent le combat.
Les Français décidèrent de s’impliquer directement dans le conflit. Les Hurons et les Iroquois eurent un accès similaire à la main d’œuvre, chaque tribu comprenant entre 25,000 à 30,000 membres. Pour avoir le dessus, en 1647 les Hurons et les Susquehannocks formèrent une alliance pour contrer l’agression Iroquoise. Ensemble leurs guerriers surpassaient largement en nombres les Iroquois. Les Hurons essayèrent de briser la Confédération Iroquoise en négociant des paix séparées avec les Onondagas et les Cayugas. Quand les autres tribus interceptèrent leurs messagers, ils mirent fin aux négociations. Durant l’été de 1647 il y eut plusieurs escarmouches entre les tribus. En 1648 une bataille plus significative eut lieu quand les deux tribus Algonquines tentèrent de faire passer un convoi de fourrures à travers un barrage Iroquois. Leur tentative réussit et ils infligèrent de lourdes pertes aux Iroquois. Au début des années 1650, les Iroquois commencèrent à attaquer les Français en personne, bien que quelques-unes des tribus Iroquoises, notamment les Oneidas et les Onondagas avaient des relations pacifiques avec les Français, mais étaient sous le contrôle des Mohawks, qui étaient la tribu la plus puissante de la Confédération et avaient en ce qui les concernait une animosité vis-à-vis de la présence Française. Après l’échec de la signature d’un traité de paix négocié par le Chef Canaqueese, les Iroquois déménagèrent vers le nord, vers la Nouvelle France, le long du lac Champlain et de la rivière Richelieu, en attaquant et en faisant le blocus de Montréal. En 1650 ils contrôlaient la région allant au sud de la colonie de la Virginie jusqu’au Saint-Laurent. A l’ouest, les Iroquois avaient expulsé les Shawnees (qui parlaient Algonquins) vers le pays de l’Ohio et avaient pris le contrôle du pays de l’Illinois jusqu’à la rivière Mississippi. En janvier 1666, les Français envahirent le territoire Iroquois et firent prisonnier le Chef Canaqueese. En septembre ils descendirent la Richelieu; incapable de trouver une armée Iroquoise, ils décidèrent de brûler leurs récoltes et leurs maisons. De nombreux Iroquois décédèrent de faim l’hiver suivant. La Grande Paix de 1701 fut signée à Montréal par 39 chefs Indiens, les Français et les Anglais. Dans le traité, les Iroquois acceptaient d’arrêter de marauder et de permettre aux réfugiés des Grands Lacs de retourner vers l’est.
Durant les années qui suivirent, les Iroquois renforcèrent leur Confédération pour travailler plus étroitement et créer un leadership effectivement central. Bien que les travaux engagés par leur gouvernement restent largement inconnus, les Cinq Nations Iroquoises, cessèrent lors des années 1660, de se battre entre elles. Ils coordonnèrent aussi facilement les plans militaires et économiques entre les cinq Nations. En résultante, ils accrurent leur puissance et mirent au point un niveau de gouvernance plus avancé que les opérations décentralisées des tribus environnantes.
Bien que les raids Indiens n’étaient pas constants, ils terrifiaient les habitants de la Nouvelle France. Initialement, les colonisateurs furent impuissants à les prévenir. Quelques-uns des héros franco-canadiens de la mémoire populaire furent des individualités qui se levèrent contre de telles attaques. Dollard des Ormeaux, par exemple, qui décéda en mai 1660 alors qu’il résistait à un raid Iroquois à Long Salt, au confluent du Saint-Laurent de la rivière Ottawa, réussit à sauver Montréal par ses actions. En 1692, la jeune fille de 14 ans, Marie-Madeleine Jarret (connue sous le nom de Madeleine de Verchères) mit à mal une attaque Iroquoise sur le Fort Verchères.

La défaite des Hurons

En 1648, les Néerlandais autorisèrent la vente directe de fusils aux Mohawks plutôt que par l’intermédiaire de négociants et en vendirent rapidement 400 aux Iroquois. La Confédération envoya 1,000 guerriers nouvellement armés à travers les forêts dans le territoire Huron. Avec l’avènement de l’hiver, les guerriers Iroquois lancèrent une attaque dévastatrice au cœur du territoire Huron, détruisant plusieurs de leurs villages-clés et tuant de nombreux guerriers tout en en capturant des milliers qui furent plus tard adoptés dans la tribu. Parmi ceux qui furent tués figuraient les missionnaires jésuites Jean Brebeuf, Charles Garnier et Gabriel Lallemant. Chacun d’entre eux est considéré comme un martyre par la religion catholique romaine. Les Hurons survivants quittèrent leur territoire pour chercher assistance auprès de la Confédération Anishinaabeg au nord de la région des Grands Lacs. La Nation Odaawaa (Ottawa) stoppèrent temporairement l’expansion Iroquoise plus loin vers le nord-ouest. Avec le retrait des Hurons, les Iroquois contrôlaient une région riche en peaux et n’avaient plus aucune tribu Indienne les empêchant d’accéder directement aux colonies françaises du Canada.
Les maladies européennes avaient eu un impact négatif sur les Iroquois et leurs voisins dans les années qui précédèrent la guerre, et leurs populations avaient fortement déclinées. Pour remplacer les guerriers perdus, les Iroquois travaillèrent à intégrer leurs ennemis capturés en les faisant adopter dans leurs propres tribus. Ils invitèrent les Jésuites dans leur territoire pour enseigner ceux qui s’étaient convertis au Christianisme. Un prêtre recommanda, "Aussi loin que je puisse présager, c’est le destin des Iroquois de capturer tous les Hurons…mettre les chefs à mort…et former une seule nation avec le reste". Les Jésuites en appelèrent aux Iroquois, dont nombre d’entre eux s’étaient convertis au catholicisme romain à abandonner les croyances indigènes. Les Iroquois convertis devaient jouer un rôle important dans les années qui suivraient.
Au début des années 1650, les Iroquois commencèrent à attaquer les Français. Quelques-unes des nations Iroquois, notamment les Oneidas et les Onondagas, avaient des relations pacifiques avec les Français mais étaient sous le contrôle des Mohawks. Ces derniers étaient la nation la plus puissante de la Confédération et étaient hostiles à la présence française. Après l’échec de la signature d’un traité de paix négocié par le Chef Canaqueese, les troupes guerrières d’Iroquois se rendirent vers le nord au sein de la Nouvelle France lo long du Lac Champlain et de la rivière Richelieu. Ils attaquèrent et bloquèrent Montréal. Typiquement un raid sur une ferme isolée ou une colonie consistait en une troupe de guerriers se déplaçant rapidement et silencieusement à travers les bois pour s’abattre soudainement et sans prévenir. Dans de nombreux cas, des prisonniers, particulièrement des femmes et des enfants, étaient ramenés en territoire Iroquois pour y être adoptés dans les nations.

La défaite des Eriés et des Neutres.

Les Iroquois attaquèrent la Nation des Neutres en 1650. A la fin de 1651, ils avaient complètement chassé la tribu de ses terres ancestrales, en tuant ou assimilant des milliers de Neutres. A cette époque, les Neutres habitaient un territoire s’étendant de l’actuelle Peninsule du Niagara vers l’ouest de la vallée de la Grand River.
En 1654 les Iroquois attaquèrent les Eriés mais avec moins de réussite. La guerre entre les Eriés et les Iroquois dura deux ans. En 1656 les Iroquois avaient presque complètement détruit la confédération Erié, dont les membres refusèrent de s’enfuir à l’ouest. Le territoire des Eriés était localisé sur la rive sud-est du Lac Erié et la Nation comptait environ 12,000 membres en 1650. Franchement surpassés en nombre par les tribus qu’ils avaient soumises, les Iroquois avaient été capables d’achever leurs victoires grâce à l’utilisation des armes à feu qu’ils avaient achetées aux Néerlandais.

Défaite des Susquehannocks

Avec les tribus du nord et de l’ouest détruites, les Iroquois se tournèrent alors vers le sud contre les Susquehannocks qui parlaient Iroquois. 1660 marqua l’apogée de la puissance militaire des Iroquois et ils furent capables de l’utiliser à leur avantage durant les décennies qui suivirent. Les Susquehannock s’étaient alliés aux Anglaisdans la colonie du Maryland en 1661. Les Anglais étaient devenus craintifs vis-à-vis des Iroquois et ils espéraient qu’une alliance avec les Susquehannocks pourraient bloquer l’avancée des tribus du Nord vers les colonies anglaises. En 1663 les Iroquois envoyèrent une armée de 800 guerriers dans le territoire des Susquehannocks. Ces derniers repoussèrent l’armée iroquoise mais l’invasion poussa la colonie du Maryland à déclarer la guerre aux Iroquois.
En équipant de l’artillerie les forts des Susquehannocks, les Anglais du Maryland mirent à mal la puissance Iroquoise. Les Susquehannocks prirent le dessus et commencèrent à envahir le territoire Iroquois où ils causèrent de grands dommages. Les actes de guerres durèrent pendant 11 ans. En 1674 les Anglais du Maryland changèrent leur politique Indienne et négocièrent la paix avec les Iroquois. Ils mirent fin à leur alliance avec les Susquehannocks. En 1675 les milices de la Virginie et du Maryland capturèrent et exécutèrent les Chefs des Susquehannocks, dont la puissance grandissante les effrayaient. Les Iroquois se débarrassèrent alors rapidement du reste de la Nation. Ils chassèrent les guerriers de leur terres ancestrales et absorbèrent les survivants en 1677.
Durant le cours de ce conflit, en 1670, les Iroquois chassèrent aussi la tribu des Mannahoacs qui parlait le Sioux du nord de la région de Virginia Piedmont. Les Iroquois affirmèrent leurs prétentions sur le territoire comme étant une terre de chasse. Les Anglais reconnurent cette revendication en 1674 et en 1684. Ils acquirent plus tard cette terre aux Iroquois par la signature d’un traité en 1722.

La contre-attaque française

Les Iroquois continuèrent à contrôler la campagne de la Nouvelle France, en effectuant des raids aux abords des colonies fortifiées du Québec et de Montréal. En mai 1660 une force Iroquoise de 160 guerriers attaqua Montréal et captura 17 colons. L’année suivante, une attaque par 250 guerriers fit dix prisonniers. En 1661 et 1662 les Iroquois effectuèrent plusieurs raids contre les Abenakis, qui étaient les alliés des Français. La Couronne de France ordonna un changement dans la gouvernance du Canada. Ils mirent sur pied une petite force militaire composée de Français, de Hurons et d’Algonquins pour contrer les raids Iroquois. Quand la milice s’aventura dans la campagne, elle fut attaquée par les Iroquois. Seulement 29 français survécurent et s’échappèrent. Cinq furent capturés et torturés à mort par les Iroquois en représailles. Malgré leur victoire, les Iroquois subirent aussi des pertes significatives. Leurs leaders commencèrent à considérer l’opportunité de négocier la paix avec les Français.
Le cours de la guerre en Nouvelle France commença à tourner au milieu des années 1660 avec l’arrivée d’un petit contingent de troupes régulières en provenance de la France, le Régiment Carignan-Salières aux uniformes bruns—le premier groupe de soldats professionnels en uniformes à fouler le sol du Canada. Un changement dans l’administration amena le gouvernement de la Nouvelle France à autoriser la vente d’armes directe et autres matériels militaires aux alliés Indiens. En 1664, les alliés néerlandais des Iroquois perdirent le contrôle de la colonie de la Nouvelle Néerlande au profit des Anglais. Dans les années qui suivirent la défaite néerlandaise, les soutiens Européens aux Iroquois déclinèrent.
En janvier 1666, les Français envahirent les terres Iroquoises actuellement situées à New York. La première force d’invasion, forte de 400 à 500 hommes, fut conduite par Daniel de Rémy de Courcelle. Ses hommes furent fortement dépassés en nombre par les Iroquois et furent obligés de se retirer avant qu’une action significative ait pu être menée. Bien que l’invasion fut avortée, ils firent prisonniers le Chief Canaqueese.
La seconde force d’invasion fut conduite par l’aristocrate Alexandre de Prouville, le "Marquis de Tracy" et vice-roi de la Nouvelle France. De sa base de Quebec City, en tant que Lieutenant Général du Régiment Carignan-Salières, i initia une campagne contre les Mohawks. La force d’invasion de 1300 hommes se mit en branle à la fin de 1666. En arrivant dans les villages Mohawks qu’ils trouvèrent désertés, ils les détruisirent ainsi que leurs récoltes. Prouville de Tracy annexa tous les territoires des Mohawks au nom du roi de France et força les Mohawks à accepter la foi catholique et à adopter la langue française telle qu’enseignée par les missionnaires Jésuites. Leurs soutiens européens leur faisant défaut, les Iroquois demandèrent la paix, que la France accepta.

Le pays de l’Ohio et de l’Illinois

Une fois la paix signée avec les Français, les Iroquois retournèrent à leurs conquêtes occidentales essayant de prendre le contrôle de toutes les terres situées entre les Algonquins et les Français. En résultante de l’expansion et de la guerre des Iroquois avec la confédération des Anishinaabegs, des Nations orientales comme les Lakotas furent repoussées à travers le Mississippi vers les Grandes Plaines. Là au début du 18ème siècle, ils adoptèrent le mode nomadique et culturel du cheval pour laquelle ils furent plus tard connus. D’autres réfugiés inondèrent la région des Grands Lacs, ce qui amena l’émergence de conflits avec les nations quui s’y trouvaient. Dans le pays de l’Ohio, les tribus des Shawnees et des Miamis étaient les tribus dominantes. Les Iroquois envahirent rapidement les possessions des Shawnees du centre de l’Ohio, en les forçant à se replier dans le territoire de Miamis. Les Miamis étaient une tribu puissante et ils mirent sur pied ensemble une confédération avec leurs voisins alliés, dont les Pottawatomies et les Illinis qui habitaient l’actuel Michigan et l’Illinois. La majorité des combats opposèrent les Anishinaabegs aux Iroquois.
Les Iroquois améliorèrent leur manière de faire la guerre en continuant d’attaquer de plus en plus loin de leurs bases. Des troupes de guerriers voyageaient souvent par nuit en canoés. Ils enfonçaient alors leurs canoés dans l’eau et les remplissaient de pierres pour les garder au fond de la rivière. Après avoir traversé les forêts à la recherche d’une cible, au moment voulu, ils sortaient rapidement des bois pour créer la panique parmi leurs ennemis. Après l’attaque, les Iroquois revenaient rapidement à leurs canoés et et quittaient les lieux avant qu’une résistance significative ait pu s’organiser. Le manque d’armes à feu était un grand désavantage pour les tribus Algonquins. Malgré leur surnombre, ils n’étaient pas assez centralisés pour armer une unité défensive et étaient donc incapables de résister aux Iroquois. Plusieurs tribus déménagèrent finalement au-delà de la rivière Mississippi, laissant la majeure partie de la vallée de l’Ohio, le sud du Michigan et le sud de l’Ontario, dépeuplés. Plusieurs forces militaires importantes des Anishinaabes, comptant plusieurs milliers de guerriers, restèrent au nord des lacs Huron et Supérieur. Elles furent plus tard décisives pour repousser l’avance Iroquoise. De l’ouest du Mississippi, des groupes déplacés continuèrent à armer des troupes guerrières et tentèrent de reconquérir leurs terres natales.
A partir des années 1670, les Français commencèrent à explorer et à s’installer dans les pays de l’Ohio et de l’Illinois en descendant les rivières Mississippi et Ohio. Là ils découvrirent que les tribus Algonquines de cette région étaient empêtrées dans une guerre avec les Iroquois. Les Français établirent l’avant-poste de Tassinong pour commercer avec les tribus occidentales. Les Iroquois le détruisirent pour reprendre le contrôle du commerce de la fourrure avec les Européens.
Durant un raid mené dans le Pays de l’Illinois en 1689, les Iroquois capturèrent de nombreux prisonniers et détruisirent une colonie de Miamis. Les Miamis demandèrent de l’aide d’autres membres de la Confédération des Anishinaabeg et une force importante se réunit pour pourchasser les Iroquois. En utilisant leurs nouvelles armes à feu, la Confédération tendit une embuscade près de l’actuel South Bend, Indiana. Ils attaquèrent et détruisirent la majeure partie de l’armée Iroquoise. Bien qu’une grande partie de la région était dépeuplée, les Iroquois furent incapables d’établir une présence permanente. Leur propre tribu manquait de la puissance pour coloniser une large région. Après leur revers et l’approvisionnement en armes à feu des tribus locales, le bref contrôle de la région par les Iroquois fut perdu. Nombre des ex habitants de la région commencèrent à regagner leurs pénates.

Reprise de la guerre avec la France

Alors que les Anglais commençaient à investir l’ex territoire Néerlandais de la région supérieure de l’Etat de New-York, ils commencèrent à nouer des liens proches avec les Iroquois. Ils cherchèrent à s’en servir comme d’un tampon et comme une force freinant l’expansion française. Ils approvisionnèrent rapidement les Iroquois en armes à feu comme l’avait fait auparavant les Néerlandais et ils les encouragèrent à perturber les intérêts français.
Au même moment, le Gouverneur de la Nouvelle France, Louis de Buade, Comte de Frontenac, essaya de raviver le commerce de la fourrure. Ses efforts concurrencèrent ceux des Iroquois pour contrôler le commerce et ils commencèrent à attaquer de nouveau les Français. La guerre devait durer 10 ans et être aussi sanglante que la première.
En 1681 René-Robert Cavelier, Sieur de La Salle négocia un traité avec les tribus des Miamis et des Illinois. La même année, la France leva l’interdiction de la vente d’armes à feu avec les Indiens ; Les colons armèrent rapidement les Algonquins, égalisant ainsi les chances entre les Iroquois et leurs ennemis.
Avec la reprise des hostilités, la milice locale de la Nouvelle France fut renforcée après 1683 par une petite force de marins réguliers, les Compagnies Franches de la Marine. Cette dernière devait constituer l’unité française de troupes régulières qui servirait le plus longtemps en Nouvelle France. Au fil des ans, les hommes s’identifièrent à la colonie. Le corps des officiers devint complètement canadien. Ces forces peuvent essentiellement être considérées comme la première force armée professionnelle du Canada. Les officiers, dans la milice et dans les Compagnies Franches, furent recrutés parmi la classe supérieure de la colonie. La milice avec les membres des Compagnies Franches, s’habillèrent de vêtements aptes à voyager en forêt comme l’étaient leurs alliés Algonquins et se spécialisèrent dans un style de guerre rapide et mobile appelé la petite guerre. Celle-ci se caractérisa par de longues expéditions à travers les forêts et de rapides raids sur les campements ennemis—la même sorte de guerre pratiquée par les Iroquois et autres Indiens.
En juin 1687, le Gouverneur Denonville et Pierre de Troyes prirent la route pour rejoindre le Fort Frontenac à la tête d’une force bien organisée, fort où ils rencontrèrent 50 sachems héréditaires de la confédération Iroquoise autour d’un conseil organisé par les Onondagas. Ces 50 chefs constituaient l’organe de la prise de décision des Iroquois. Ils furent introduits dans cette réunion sous couvert d’un drapeau blanc. Denonville saisit, enchaîna et emmena ces 50 chefs Iroquois à Marseille, France, pour y être utilisés comme galériens. Il ravagea ensuite la terre des Senecas, dont leur capitale Ganondagan. Avant de retourner en Nouvelle France, il descendit les rives du Lac Ontario et créa le Fort Denonville à l’endroit où la rivière Niagara rencontre le Lac Ontario. Ce site avait auparavant été utilisé par La Salle pour y installer un fort appelé Fort Conti de1678 à 1679, qui deviendra fut plus tard le Fort Niagara, qui existe toujours aujourd’hui. .
En septembre 1687, les Français utilisèrent 3000 miliciens et hommes de troupe réguliers pour attaquer les Mohawk Iroquois dans le cadre d’un raid punitif lancé sur leur territoire. Ils descendirent la rivière Richelieu et entrèrent dans le territoire des Iroquois, mais ne trouvèrent pas beaucoup de guerriers. Ils brûlèrent leurs villages et conservèrent les récoltes, tout en détruisant 1.2 million de boisseaux de maïs. De nombreux Iroquois décédèrent de faim durant l’hiver suivant.
La destruction des terres des Senecas et des Mohawks rendit furieuse la confédération Iroquoise. Cela, couplé avec la perte déshonorable de leurs sachems, les incita à se mettre en route pour terroriser la Nouvelle France comme jamais auparavant. Les réguliers de Denonville furent dissous et dispersés dans des villes à travers le pays pour tenter de protéger les maisons et les familles de la Nouvelle France. Les Forts furent abandonnés. Les Iroquois détruisirent les fermes et toutes les familles furent massacrées ou capturées. Le 4 août 1689, Lachine, une petite ville adjacente à Montréal, fut entièrement incendiée. 1500 guerriers Iroquois avaient auparavant harcelé les défenses de Montréal pendant plusieurs mois. Denonville fut finalement épuisé et vaincu. Il fut alors remplacé par Frontenac, qui resta gouverneur pendant neuf ans (1689–1698). Frontenac avait mis en place un nouveau plan d’attaque pour atténuer les effets des Iroquois en Amérique du Nord et avait pris conscience du réel danger que constituait l’emprisonnement des sachems. Il localisa les 13 chefs encore en vie et ils revinrent avec lui en Nouvelle France en octobre 1698.
Durant la première guerre intercoloniale (1688–1697), les Français mirent sur pied des troupes en commun avec les Indiens alliés pour attaquer les campements de colons anglais, comme les Anglais utilisaient les Iroquois contre les Français. Quelques-uns des raids les plus notoires estampillés français furent en 1690, les Massacres de Schenectady dans la Province de New York; de Salmon Falls, New Hampshire; et de Falmouth Neck (aujourd’hui Portland, Maine). Les Français et leurs alliés tuèrent des colons dans ces raids et en ramenèrent certains au Canada. Des colons de la Nouvelle Angleterre rassemblèrent de l’argent pour racheter leurs captifs mais certains furent adoptés par les tribus d’Indiens. Le gouvernement français n’intervenait généralement pas quand les indiens conservaient leurs prisonniers. Tout au long des années 1690, les Français et leurs alliés continuèrent aussi à mener des raids contre les Iroquois, en détruisant des villages Mohawks en 1692 et plus tard contre les villages Senecas, Oneidas et Onondagas. Les Anglais et les Iroquois se rassemblèrent pour mener des opérations axées contre la Nouvelle France, mais celles-ci furent largement ineffectives. L’incursion la plus réussie constitua en 1691 la Bataille de La Prairie. Comme la France avait affirmé sa suprématie sur les Iroquois, l’offensive française ne cessa pas après la signature en 1697 du Traité de Ryswick scellant la paix entre la France et l’Angleterre et mettant fin à la participation anglaise au conflit.

La Grande Paix de Montréal

Finalement, en 1698, les Iroquois commencèrent à considérer que les Anglais étaient une plus grande menace que les Français. Les Anglais avaient commencé à coloniser la Pennsylvanie en 1681. Là, la croissance coloniale continue empièta sur la bordure sud du territoire des Iroquois. La politique française envers les Iroquois commença à évoluer. Après presque 50 années de guerre, ils commencèrent à croire qu’il était illusoire de jamais les détruire. Ils décidèrent que lier amitié avec les Iroquois, serait le plus simple moyen d’assurer leur monopole sur le commerce de la fourrure du nord et d’aider à enrayer l’expansion anglaise. Dès que les Anglais eurent entendu parler du Traité, ils entreprirent immédiatement de le faire avorter. Il devait résulter en la perte du monopole d’Albany sur le commerce de fourrure avec les Iroquois et, sans leur protection, le flanc nord des colonies anglaises était ouvert aux attaques françaises. Malgré l’interférence anglaise, le traité fut signé.
La Grande Paix de Montréal fut dès lors signé en 1701 à Montréal par 39 Chefs Indiens et les Français. Dans le Traité, les Iroquois acceptèrent d’arrêter de marauder et de permettre aux réfugiés des Grands Lacs à retourner à l’Est. Les Shawnees regagnèrent finalement le contrôle du Pays de l’Ohio et de la partie inférieure de la rivière Allegheny. Les Miamis reprirent le contrôle de la moderne Indiana et du nord-ouest de l’Ohio. Les Pottawatomies se regagnèrent le Michigan et la tribu des Illinois, l’Illinois. Avec les Néerlandais depuis longtemps absents de l’Amérique du Nord, les Anglais étaient devenus aussi puissants que les Français. Les Iroquois en vinrent à se rendre compte qu’ils étaient les arbitres entre les puissances européennes et ils utilisèrent cette position à leur bénéfice pour les décennies à venir. Leur société commença à rapidement changer, les tribus cherchant à construire une forte nation, en améliorant leur technologie fermière et en éduquant leur population. La paix durait et il fallut attendre les années 1720 pour que leur territoire soit de nouveau menacé par les européens.
Egalement en 1701, les Iroquois donnèrent une grande partie de leur territoire du nord de l’Ohio aux Anglais, lors du Traité de Nanfan, bien que ce transfert ne soit pas agréé par les Français, qui étaient la principale force présente sur les lieux. Dans ce traité, les Chefs Iroquois affirmèrent avoir conquis cette "Terre de chasse aux castors" 80 ans plus tôt, ou aux alentours de 1621.

Les conséquences

La Céramique, la pierre, les coquillages et les artefacts européens, peut-être certains restes animaliers et les aspects des longues maisons funéraires indiquent que le site Chrétien appartient à la période quand les Européens, peut-être Étienne Brûlé en 1615, entra pour la première fois en Neutralia. En tant que telle, l’identification de l’intensité des manifestations étrangères est importante pour identifier le pouvoir de persuasion de l’effet des Européens sur les relations Neutrales. Les ex habitants du Pays de l’Illinois y retournèrent peu de temps après la fin de la guerre; Les Miamis, les Potowatomies, les Sauks et les Fox devinrent dominants dans la région. Le Pays de l’Ohio, qui était plus proche du territoire Iroquois, resta dépeuplé pendant longtemps, les Iroquois le contrôlant par droit de conquête comme terrain de chasse. Les Lenapes s’installèrent le long de la rivière Allegheny à partir des années 1720. Il fallut attendre les années 1740 et 1750 pour que les Shawnees commencent à retourner vers le sud et le centre de la région et les Miamis commencèrent à réinvestir les parties occidentales.
A travers divers Traités Européens, les Anglais prirent le contrôle sur les Iroquois et leur territoire avaient été reconnus avant la fin de la guerre. Les Anglais exagérèrent l’extension du contrôle Iroquois à l’ouest comme un moyen de disputer le contrôle français sur les Pays de l’Illinois et de l’Ohio. En 1768 plusieurs colonies achetèrent officiellement "la revendication Iroquoise" sur les Pays de l’Ohio et de l’Illinois. Les colonies créèrent l’Indiana Land Company pour réclamer tout le Nord-Ouest. Celle-ci maintint sa revendication sur la région en utilisant le droit de conquête des Iroquois jusqu’à ce que la compagnie soit dissoute par la Cour Suprême des Etats-Unis en 1798.
Parce qu’une grande partie du conflit entre les tribus Indiennes eut lieu loin au-delà de la frontière et dans des endroits qui avaient déjà eu contact avec les Européens, l’impact complet de cette guerre est inconnu. La plupart de la connaissance de la partie occidentale du conflit nous vient des rapports des explorateurs français et des tribus rencontrées lors des premières années de l’exploration. Même les effets sur les régions orientales ne sont pas complètement connus, car de larges parties de la région restaient inexplorées. Les tribus résidentes n’avaient pas de contact direct avec les Européens, aussi aucun rapport n’existe au sujet de ces guerres.
La Guerre Franco-Iroquoise rejoignit les guerres Anglo-Powhatans de 1610–14, 1622–32 et 1644–46 en Virginie, la guerre des Péquots de 1636 dans le Connecticut, la guerre de Kieft de 1643 le long de la rivière Hudson, la guerre du Pêcher et la guerre du Roi Philip, dans la liste des soulèvements et conflits entre diverses tribus Indiennes et les Français, les Néerlandais et les colonies anglaises du Canada, de New York et de la Nouvelle Angleterre.
Les tribus Indiennes devaient continuer à être impliquées dans des conflits avec l’Angleterre, la France et leurs colons durant la guerre de la Conquête qui allait suivre.

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