Allô, docteur ?

Attention aux débordements!
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Re: Allô, docteur ?

Messagepar limpyChris » 21 nov. 2020 23:52

Puisqu'on y va de ses histoires familiales ...

Ardennes belges, 1942. Jean-François B., paysan-cheminot, la cinquantaine, habitant à la frontière avec le Luxembourg, a décidé, par conviction, de devenir passeur d'hommes, c'est à dire qu'il aide les jeunes luxembourgeois, qui doivent être engagés de force dans l'armée de la Gross Deutschland, et autres personnes pourchassées par le régime nazi, à passer la frontière, et à leur fournir nourriture et faux papiers.
Un jour, vers 5 heures du matin, on tambourine à la porte de la ferme. Les vert-de-gris sont là, encerclant la maison. Afin de ne pas donner l'éveil, ils ont laissé leurs camions à plusieurs centaines de mètres. J.-F. est emmené, manu militari, sans explications. Il y a eu dénonciation. Il laisse pour gérer la ferme une femme et deux fillettes de 11 et 13 ans.
Il sera emmené à la 'Villa Pauly', à Luxembourg Ville, où il sera interrogé, battu et torturé. Tuméfié, plusieurs côtes brisées, après quelques mois à la prison de Luxembourg, il sera transféré au Camp d'Hinzert puis à Buchenwald, qu'il trouva moins dur que celui d'Hinzert, si cela peut donner une idée.
Pendant ce temps, Marthe, son épouse, et leurs deux filles durent s'occuper de 'faire tourner' la ferme. Plus question d'école pour les fillettes. Vinrent s'ajouter la grand-mère des gamines ainsi qu'une voisine, veuve, et un garçon et une fille de moins de 10 ans.
Les vert-de-gris ayant fort à faire ailleurs, ne se pointaient plus guère dans ce petit village d'Ardenne.
1944. Débarquement en Normandie, Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré ; remontée de l'armée américaine, Alsace, Moselle, Ardennes.
Youpee ! chewing-gums, chocolat, savon, corned beef, pain blanc, pain de maïs, "What's ya name ? ... oh, Suzie, Suzie Q.*" ; "C'mon, lil' Suzie, repeat : "Son of a bitch", C'mon, say "Son of a bitch" ... - Sanababitch ?" ...
et début décembre, "Bye bye, and Merry Christmas".
Le 16 Décembre au matin, un voisin accourt pour dire que les Allemands reviennent et qu'il faut fuir.
Sans véhicule, sans homme, ne voulant pas abandonner les animaux, ni la moisson engrangée au prix de tant d'efforts de la part de toutes, les machines agricoles sophistiquées n'existant pas, les femmes décident de rester.
Mal leur en prend. Bruits de canonnades venant du Luxembourg. Les détonations se rapprochèrent, tant, qu'elles finirent par faire éclater les fenêtres de la maison. Des sacs furent utilisés pour masquer les ouvertures et il fallut donc s'éclairer à la bougie la plupart du temps.
La ferme étant isolée du reste du village, et à l'orée d'un bois de sapins, elle fut vite repérée et choisie par une compagnie allemande pour y installer ses quartiers.
Le matériel, les camions furent cachés dans les bois, un maximum de soldats venant dormir dans les chambres -qui n'étaient plus chauffées, les femmes s'étant regroupées dans la cuisine pour dormir, seule pièce chauffée (les matelas étant redressés contre les murs et les fenêtres dans la journée, pour redonner sa fonction première à la cuisine et empêcher le froid d'entrer)- dans la cave, le grenier, le fenil ...
Jour après jour, les oeufs se firent plus rares, puis les vaches, les cochons, les poules "disparurent" peu à peu, les uns après les autres ... Les crânes et ossements des vaches furent retrouvés plus tard, dans les prés et bois avoisinants, après la fonte de la neige.
Ah oui, parce qu'en plus, il neigeait. Un mètre de neige. (Pour les conditions atmosphériques, la température, se reporter aux nombreux témoignages sur cette 'footnote in History').
À l'époque, pas d'eau courante. Celle-ci était tirée d'une pompe, à la cuisine, ou dans le fournil voisin. Mais les conduites étaient gelées. Il y avait un puits, dans une prairie proche. Il fallait tirer l'eau du puits avec un seau attaché à une corde. Les Allemands prenaient l'eau à ce puits également. Un jour que Marthe allait chercher de l'eau au puits, elle se rendit compte tout à coup qu'elle était la seule debout, que tous les soldats s'étaient jetés à terre. Elle entendit un sifflement, alors qu'ils criaient et lui faisaient signe de se coucher, elle aussi. Un obus explosa à quelque distance. Les soldats en avaient, eux, bien sûr, entendu et reconnu le bruit caractéristique avant son passage.
Les Allemands avaient leur propre cuistot, mais ils obligèrent les femmes à éplucher les patates pour la Compagnie. Elles épluchèrent donc des kilos et des kilos de p.d.t., les passant à l'eau pour les laver ... dans un seul seau d'eau. Le chef de cuisine remarqua cela et cria "Sau !" ('truie') en flanquant un coup de pied dans le seau. La femme, qui se débrouillait en Allemand -à cause de la proximité avec le Luxembourg- réussit à lui dire qu'elle ne voulait pas se faire tuer pour eux auprès du puits. Le ton monta, ce qui fit venir un gradé. Celui-ci écouta les deux points de vue et décida qu'un soldat irait chercher l'eau désormais.
La grand-mère, qui, elle, était née en Moselle du temps où celle-ci était allemande, parlait un allemand parfait, et elle avait elle aussi la langue aussi bien pendue qu'elle n'avait pas froid aux yeux. Elle n'hésitait pas à dire aux soldats qui se montraient un peu trop fiers "Votre Führer est comme Napoléon, il veut conquérir le monde, mais il finira comme lui." La voisine l'implorait de ne pas les narguer en leur disant des choses de ce genre : "Taisez-vous, vous allez nous faire fusiller" ... La vieille femme répondait invariablement "Il me plaît de leur dire !"
Un jour, un jeune soldat lui tint tête et eut les doigts qui le démangeaient, sur son arme. Un autre, plus âgé le retint en disant :"Lass sie ruhig, sie hat recht." (Laisse la, elle a raison).
Les jour et lendemain de Noël, le ciel était très clair. Des avions allèrent et vinrent. Des bombardements au loin, puis le ciel devint rougeoyant. Mais ce n'était pas Saint Nicolas qui faisait cuire ses couques, car il aurait été en retard. C'était la petite ville de Houffalize, à 9 kilomètres, qui brûlait (victime de plusieurs 'raids' aériens ... alliés, entre fin Décembre et mi-Janvier, 350 maisons furent détruites et près de 200 civils tués ... les troupes allemandes signalées ayant levé le camp peu avant).
Le 1er Janvier 1945, une bombe tomba sur la grange. Les soldats allemands aidèrent les femmes à sortir ce qu'ils pouvaient de foin, et éteignirent l'incendie avant qu'il se propage au corps d'habitation.
Les femmes gardaient à la cuisine leur fidèle chien de garde, puis, voyant le nombre de bêtes diminuer à l'écurie, elles décidèrent de mettre le chien à l'écurie pour garder le cheval (de trait).
Les Allemands étaient sur le départ, l'étau se desserrant.
Un jour, l'officier dit aux femmes de retirer le chien de l'écurie et de le reprendre dans la cuisine. Devant le refus des deux plus âgées, il porta la main à son étui de revolver et dit que, si elles refusaient, le chien recevrait une balle. Elles s'exécutèrent donc, et le lendemain, le cheval avait disparu.
Un autre jour, Marthe avait vu l'un des soldats cacher un des cochons, qu'il avait tué, dans un de leurs camions. Elle l'en accusa, mais il nia.
Un peu plus tard, juste avant de partir, le type revint et dit : "Je n'ai pas pris votre cochon, mais, pour vous prouver ma bonne foi, j'ai laissé des couvertures dans une voiture hors d'usage, là-bas, dans le bois. C'est pour vous."
Puis ils partirent. Les femmes se mirent à remettre les choses en ordre autant que faire se pouvait, et l'histoire des couvertures passa au second plan. La nuit passa là-dessus. Le lendemain, les Américains étaient là, quadrillant la zone,
Marthe voulut aller récupérer les couvertures promises, mais un soldat américain l'empêcha de passer. Elle essaya de lui expliquer, comme elle pouvait, qu'elle avait quelque chose à récupérer ... Il l'accompagna jusqu'à la voiture. Arrivés là, il lui interdit de s'approcher de la voiture.
Celle-ci était piégée ; les Américains la firent sauter.
La 'place étant visiblement bonne', ils s'installèrent quelques jours.
L'un de ces jours, les femmes entendirent des bruits de coups et des éclats de rire venant des chambres à l'étage. Elles montèrent voir de quoi il s'agissait. Là, quelques-uns de ces gars de l'Oncle Sam étaient en train de casser et débiter les portes des armoires et les tiroirs des tables de chevet sur le plancher, avant de les balancer par la fenêtre, pour avoir du bois sec pour faire du feu. Comme il s'agissait des libérateurs, les femmes ne dirent rien.
Jean-François revint en Mai 1945 ; il pesait 39 kilos à la libération du camp.

Vous croyez qu'on pourra fêter Noël, cette année ... ?!

* Référence à la danse, non à la chanson, à moins qu'ils aient dit 'Suzie cute' ?
Quant au chien fidèle, rendu fou par les bombardements incessants, il fallut l'abattre .
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

- You've seen too many westerns, old man.
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Re: Allô, docteur ?

Messagepar HART » 22 nov. 2020 8:55

Très intéressant Limpy , le ton neutre et quasiment détaché que vous adoptez pour nous raconter ces faits est particulièrement puissant pour nous les faire ressentir d'une façon presque intime.
Récit intense et d'une désespérante cohérence.
Je vous dis merci.
Le mode de vie de nos sociétés et l'évolution des valeurs nous ont fait perdre de vue qui nous étions et d'où nous venions.
Nous sommes loin dans cette évocation de ce dont nous parlons habituellement , mais tant mieux .
C'était bien.

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Re: Allô, docteur ?

Messagepar yves 120 » 22 nov. 2020 9:28

Ce dimanche matin en te lisant j 'ai eu quelques larmes prêtes à coulées dans mon intérieur, lympy ! bon je m 'en doutais un peu en fait il y " deux limpy ", j 'ai maintenant une immense pensée pour celui que nous connaissons moins , j 'adore " l 'autre " , le tout réunie fait que j 'ai un profond respect pour toi de cette profondeur qui nous apportent de la noirceur accompagnées de douceur tendresse et lucidité , quelle belle personne tu es.

Merci .
" Qu' est - ce qu 'un revolver ? Ni pire ni mieux qu 'un autre outil , une hache , une pelle ou une pioche .
Qu 'il en sorte du bien ou du mal dépend de qui s'en sert . " SHANE

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Re: Allô, docteur ?

Messagepar Loco » 22 nov. 2020 10:57

Que dire de plus en passant après Hart et Yves, Chris ?

Vous avez fait mouche, il n'y a rien à répondre, d'autant que vous avez tout à fait raison.

Comme Montand avait dit "Vive la crise !", je dirai "Vive le confinement !" pour tous ceux dont le seul souci est de savoir comment occuper leurs journées inactives sans trop quitter leur domicile, et ceux qui ont la chance de pouvoir travailler de chez eux. Ceux-là sont des privilégiés et ont assez mauvais jeu à se poser en victimes.

Les victimes sont ailleurs, Ce sont ceux qui se lèvent à 6 h pour aller travailler, s'entassent dans les transports, côtoient des dizaines de personnes chaque jour, multipliant ainsi les risques, et permettent au pays de continuer à tourner, et à d'autres de n'avoir à s'inquiéter que de leur petit nombril.

les victimes regardent les devantures fermées de leurs magasins en se demandant s'ils pourront résister à ces 12 semaines de cessation d'activité en 2020 - pour ceux qui n'ont pas déjà mis la clé sous la porte.

Les victimes vont au lycée en se demandant ce que vaudra leur "nouveau bac covid" et acceptent dans leur immense majorité et sans récriminer d'être ces "jeunes" critiqués en bloc pour la bêtise et le manque d'éducation de quelques-uns. Ils portent le masque, ne s'embrassent plus, font de leur mieux pour se projeter dans l'avenir dans un monde qui avance au mois le mois. Ils ne critiquent pas, dans leur grande majorité "les adultes". Ils sont même très digne.

Les victimes rejoignent la cohorte toujours grandissante des chômeurs qui ne savent même plus s'il y aura pour eux un véritable emploi un jour.

Les victimes n'ont pas de soucis de cinéphile, ne relisent pas de vieilles BD, ne ressassent pas leurs problèmes qui ne sont en rien liés à la pandémie, les victimes meurent dans les hôpitaux et les EHPAD, par centaines chaque jour.

COWBOY PAT-EL ZORRO a écrit :LOCO: Ce serait pas LES ENFANTS DU CAPITAINE GRANT la chanson ?


En effet, CPEZ, mais je ne suis pas certain que tu aies saisi l'esprit...
J'espère que les lignes de LimpyChris auront été plus parlantes.
See what I did?
I said I wouldn't, and then I did!

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Re: Allô, docteur ?

Messagepar musselshell » 22 nov. 2020 11:17

Ne soyez pas trop sévères avec ceusses dont les souffrances sont relatives...comme tout un chacun et nous tous, ils morfleront, c'est même la seule chose un peu sérieuse dont on puisse être sûr...
J'en rajoute une autre: comme tout un chacun et nous tous, comme d'ailleurs tous ceux qu'il a évoqué, ben le Limpy, il contient des multitudes.

Envoyé de mon ONEPLUS A6013 en utilisant Tapatalk
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.

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Re: Allô, docteur ?

Messagepar Loco » 22 nov. 2020 14:54

Je voulais juste dire que tout le monde n'était pas affecté de la même façon dans ce qu'il y a de plus vital (le travail, la santé) ainsi que dans son quotidien. J'ai dressé cette liste loin d'être exhaustive (je m'en excuse d'ailleurs auprès de tous ceux que je n'ai pas cités.)

Il me semble juste que chacun se doit de relativiser un peu la gravité avec laquelle cette crise l'atteint, ne pas voir que ce d'autres non et qu'il n'a pas, mais aussi voir ce qu'il a et que beaucoup n'ont pas. Et puisque que nous sommes entre amateurs de western, un genre qui a souvent fait l'apologie de l'homme fort, et de la faible femme, il est bon de se demander si l'on ne peut pas s'inspirer de ces héros que certains adulent au lieu de ce conduire comme ces demoiselles effarouchées (que certains se proposent d'ailleurs de torgnoler copieusement).

Peut-être cette crise a-t-elle simplement l'effet d'une pincée de sel sur les blessures d'une société qui marche tellement sur la tête depuis des décennies que tous les curseurs sont faussés et qu'on ne sait plus discerner le préoccupant du grave, l'embêtant de l'insupportable et le grave du vital. Si certaines conséquences de cette crise seront gravissimes, les effets du confinement en lui-même me semblent parfaitement supportables. (Je parle de celui du printemps, parce que là, c'est juste ce qu'on appelait dans le temps "métro-boulot-dodo").
See what I did?
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Re: Allô, docteur ?

Messagepar HART » 22 nov. 2020 15:30

Ah , Loco , tes remarques sont frappées au coin du bon sens ...
Je veux croire que la majorité d'entre nous partage ton point de vue , même si il n'est peut-être pas évident à admettre dans le contexte réel ou ressenti de notre quotidien.
Deux générations de paix et de prospérité relatives dans la société que nous connaissons nous ont sans doute un peu fait oublier notre fragilité , et la nécessité de nous remettre en cause.
Et si on ne le fait pas , les évènements présents et à venir nous y obligeront.

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Re: Allô, docteur ?

Messagepar yves 120 » 22 nov. 2020 16:41

( Il est vrai que limpy contient des multitudes ) :D " d 'ailleurs pour en tenir il en tient " :lol: :lol: :lol: :beer1: :wink:
" Qu' est - ce qu 'un revolver ? Ni pire ni mieux qu 'un autre outil , une hache , une pelle ou une pioche .
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Re: Allô, docteur ?

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 22 nov. 2020 20:42

J'aimerais tout d'abord répondre sur le point concernant la vie privée... Si il y a bien une chose, parmi beaucoup d'autres, que je déteste... C'est trop parler de ma vie "réelle"... Ok j'ai parlé des galères du confinement pour moi, comme d'autres... Mais je ne le fais pas pour me plaindre ou être plaint (comme "Tatie Danielle" qui nous fait encore passer, mon père et moi, pour des monstres égoïstes attendant l'ouverture du coffre fort après avoir mis la vieille dans la caisse en bois et le trou au fond du jardin)...

Comme Mussellshell l'a bien dit "chacun ressent cette situation à sa façon"...
Et je tiens à dire bravo à limpychris car en effet, dans cette période où on espère davantage voir la réouverture des magasins ou le maintien du Black Friday, on oublie qu'il y eut pire (chacun(e) ayant sa notion du "pire" sur cette époque)... Quand Fiona était encore bien (ma chienne Bouvier Bernois)... Je me souviens d'un couple de retraités avec leur golden que je croisais parfois... L'épouse entendant parler des Américains (je ne sais plus pourquoi) n'hésita pas à dire qu'elle n'avait jamais pu les encadrer (ok chacun ses opinions) mais disait (devant tout le monde) les haïr "DEPUIS QU'ILS SONT VENUS NOUS ATTAQUER ET NOUS ENVAHIR EN 44 ALORS QU'ON ETAIT QUAND-MÊME PAS SI MAL AVEC LES ALLEMANDS ! Eux au moins ils imposaient pas leur bouffe et leur cinéma... Et que le Maréchal Pétain était pas un vendu comme ce lâche de De Gaulle planqué en Angleterre..." (VRAI)... J'ai été le seul à rompre le silence gêné "Ah vous étiez pétainiste ? Vous avez culbuté un parent du Sergent SCHULTZ et vous avez été tondue à la Libération ? Bah vous voyez ça a finit par reposer... Saluez Adolf quand vous irez en bas pour moi !!"...

Sinon... merci limpycris pour ton témoignage... Et je redis, prenez soin de vous...
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Re: Allô, docteur ?

Messagepar limpyChris » 05 déc. 2020 22:25

Merci à vous pour vos aimables et gentils messages ... J'ai mis 'un certain temps' (comme le fût du canon) pour réagir : il y a, bien sûr, les nécessités de la vie 'réelle' (commissions, jardinage ... foutues feuilles mortes), les urgences du quotidien. Mais aussi et surtout, j'ai toujours du mal à savoir quoi/comment répondre aux compliments. Me vient en général cette réplique "C'est trop de l'honneur", extraite de "Rabbi Jacob", mais il est des fois où c'est un peu court, et ne répond pas au sérieux des circonstances.
Un merci tout spécial à Yves, dont les mots sont davantage un reflet de sa propre gentillesse que de la réalité, car, tu sais, Yves, ce n'est pas moi la personne formidable, là-dedans ; je n'y suis pour rien.
(euh, pour ce qui est de voir deux limpy, je t'ai déjà dit à plusieurs reprises de ne pas trop forcer sur le carburant, ça provoque des troubles de la vision ... surtout le tord-boyau distillé par ce vieux coyote de Jimmy McClure ... et Mussel, n'en parlons pas, lui, il est encore plus loin, il me voit en multitude !!
Mais, puisque tu en parles, et tant qu'on y est, je m'étonne un peu que certains me voient comme ayant deux visages, le limpy sérieux et le limpy déconneur ... ? Les gens sont-ils donc tous d'un seul bloc, d'un tempérament égal, toujours sérieux, sans fantaisie ...
et que l'on puisse penser que parce que je délire, déraille, divague ou fais le mariole, j'en suis/serais donc moins sincère ... ! Cette manière de 'voir', de penser m'est étrangère, et difficile à comprendre et cela me blesse que l'on puisse croire cela.
En quoi le fait de plaisanter entacherait-il la sincérité d'un propos ... ? Le sérieux, je veux bien, j'en conviens, même, mais la sincérité des propos ?
Qui, des notaires qui affichent une componction d'entrepreneur des pompes funèbres, des conseillers financiers qui affectent une sincérité et un sérieux pour vous servir, d'une part, ou des clowns, d'autre part, se font-ils le plus souvent la malle avec la caisse ?
Alors, s'il faut expliquer, ce côté plaisantin, facétieux, qui va de la bouffonnerie à l'ironie, émaillé ici ou là de coquetteries érudites (que l'on peut prendre pour de la pédanterie, mais ont leurs raisons), est un bouclier que je me suis construit pour échapper, dans un premier temps, au harcèlement scolaire, puis pour masquer une timidité sociale, peut-être engendrée par la cause précédente. Tous les comiques vous le diront. Est-ce que cela fait d'eux des gens insincères ... ? Et, je le dirai en toute immodestie, ce côté 'cool et marrant', allié à de l'empathie non feinte, m'a généralement permis de faire passer des messages, des notions, bien mieux que des collègues connus pour leur sérieux.
Je citerai aussi pour conclure cette explication, Lord Byron : "Et si je ris de toute chose ici bas, c'est afin de n'en pas pleurer." ou chez nous, Beaumarchais : "Je me presse de rire de tout de crainte d'avoir à en pleurer".)

Ce texte sur les années de Guerre de ma famille, visait à remettre un peu les choses en perspective, à redonner courage à ceux sur qui la situation actuelle pèse, montrer que la résilience est possible et nécessaire car, puis-je vous le confier, à mon avis, bien pire nous attend dans les années à venir. (Et il souffle dans une langue de belle-mère ...)

Et pour clôturer, en ce qui me concerne, ce sujet sur la pandémie et le confinement que nous traversons, en le ramenant à l'Ouest américain, cette petite citation de Jeanette Berry Mopope (Kiowa) à ses petites filles, [extraite d'une nouvelle écrite par l'une d'elle, qui m'avait confié ses textes et photos ... J'en avais envoyé photocopies à B. Tavernier, pour voir s'il pourrait les faire éditer, mais sans doute n'y a-t-il pas trouvé un intérêt assez grand, car je n'ai eu aucune réponse] : En conclusion d'une histoire où 'des mesures drastiques avaient dû être prises' : "Life is not for the weak. You have to be brave enough to stand up and defend yourself. Do you understand ? The two girls nodded. - Granpa and I will see to it that you do." (''La vie n'est pas pour les faibles. Vous devrez être suffisamment courageuses pour vous lever, faire face et vous défendre. Vous avez compris ? Les deux fillettes acquiescèrent. - Grand-père et moi y veillerons.'')
Comme disait la grenouille sur le point de se faire avaler par le héron, les deux pattes arrières et le corps déjà dans le bec de l'échassier, mais qui, de ses deux bras tendus essayait de l'étrangler : Hai Yai Aapa de Then-thaw - Boy-ba-môn- koh/goh-ta-tsôh(n) : Don't ever give up ! (N'abandonnez jamais!)
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

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Re: Allô, docteur ?

Messagepar yves 120 » 06 déc. 2020 14:38

:) Le rire est la façade des larmes , je sais tout ça mon cher Limpy et tu es très bien placé pour nous le rappeler en fait la preuve quant à la belle personne que j 'ai dis que tu étais ! tu viens encore de le prouver ! bon ça y est , je re déconne , je t 'assure que j 'en suis qu'a mon 5 èmes whisky
c 'est pas énorme car il est que 14 h , vivement ce soir que j 'ai ma dose . :lol: bien sur que tu as raison , les choses passent tellement mieux
en déconnant rassure toi , nous l 'avions compris , sauf peut être Mussel , qui lui c 'est clair il c 'est carrément mélangé les pinceaux avec " ses multitudes " :lol: :lol:

Bien à toi mon cher Limpy :beer1:
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Re: Allô, docteur ?

Messagepar Feuille de Saule » 07 déc. 2020 22:14

limpyChris a écrit :Alors, s'il faut expliquer, ce côté plaisantin, facétieux, qui va de la bouffonnerie à l'ironie, émaillé ici ou là de coquetteries érudites (que l'on peut prendre pour de la pédanterie, mais ont leurs raisons), est un bouclier que je me suis construit pour échapper, dans un premier temps, au harcèlement scolaire, puis pour masquer une timidité sociale, peut-être engendrée par la cause précédente.

:sm80: Comme je comprends ça !
Escargot ou châtaigne, il ne faut pas toujours se fier à l'extérieur des gens. Certains ont en eux totalement le contraire du dehors. Certains sont même à la fois l'escargot et la châtaigne...

limpyChris a écrit :redonner courage à ceux sur qui la situation actuelle pèse, montrer que la résilience est possible et nécessaire car, puis-je vous le confier, à mon avis, bien pire nous attend dans les années à venir.

Parfaitement d'accord
(hélas)

limpyChris a écrit :citation de Jeanette Berry Mopope (Kiowa) à ses petites filles, [extraite d'une nouvelle écrite par l'une d'elle, qui m'avait confié ses textes et photos ... J'en avais envoyé photocopies à B. Tavernier, pour voir s'il pourrait les faire éditer, mais sans doute n'y a-t-il pas trouvé un intérêt assez grand, car je n'ai eu aucune réponse] : En conclusion d'une histoire où 'des mesures drastiques avaient dû être prises' : "Life is not for the weak. You have to be brave enough to stand up and defend yourself. Do you understand ? The two girls nodded. - Granpa and I will see to it that you do." (''La vie n'est pas pour les faibles. Vous devrez être suffisamment courageuses pour vous lever, faire face et vous défendre. Vous avez compris ? Les deux fillettes acquiescèrent. - Grand-père et moi y veillerons.'')
Comme disait la grenouille sur le point de se faire avaler par le héron, les deux pattes arrières et le corps déjà dans le bec de l'échassier, mais qui, de ses deux bras tendus essayait de l'étrangler : Hai Yai Aapa de Then-thaw - Boy-ba-môn- koh/goh-ta-tsôh(n) : Don't ever give up ! (N'abandonnez jamais!)

:beer1:
flippant, mais... très juste


Pour ce qui est de Tavernier : tu veux dire aux Editions Actes Sud ? ou bien avant qu'il en dirige la collection Western ?

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Re: Allô, docteur ?

Messagepar limpyChris » 08 déc. 2020 13:34

:wink: :beer1:
L'envoi à B. Tavernier a été fait l'an dernier, je crois ; en tout cas, il était déjà chez Actes Sud, raison pour laquelle j'avais envoyé le dossier ; j'avais bien précisé que je savais qu'il ne s'agissait pas d'un roman et n'entrait donc peut-être pas dans les limites de la collection, mais que s'il y trouvait quelque intérêt ...
Il s'agit d'anecdotes autobiographiques, de la vie des Kiowas des années 30, 40, 50, jusqu'à la période actuelle, ou presque. Des petites nouvelles d'une, deux, trois ou quatre pages, dans lesquelles transparaissent les restes de la culture kiowa traditionnelle + une ou deux légendes, photos ...
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

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