Confession (cinématographique) d’un enfant du demi-siècle.

Attention aux débordements!
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Arizona Kid
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Re: Confession (cinématographique) d’un enfant du demi-siècle.

Messagepar Arizona Kid » 27 sept. 2018 17:30

Oui, Bigdédé, j'admets que nous nous éloignons un petit peu du sujet original, mais j'aime bien lorsque les digressions sont constructives :wink:

Merci pour ton témoignage sur l'ambiance des salles d'antan, de toute évidence bien différentes de nos multiplexes contemporains.
Il est vrai que le fait de ne pas avoir connu certaines choses permet sans doute au jeune que je suis de les enjoliver, voire de les idéaliser.
Je ne suis pas sûr cependant que j'aurais aimé tous ces pépins techniques dont tu parles, me souvenant de l'explosion d'une lampe de projecteur pendant Un long dimanche de fiançailles: un bruit terrible, toute la salle avait bondi sur les strapontins :lol:

Je me souviens de ta gentille proposition, que j'avais effectivement déclinée car, dans la mesure du possible, je ne prends que les supports officiels, me procurant des copies ou enregistrements uniquement en cas de raretés inédites chez nous en DVD.
Il s'agissait de Tiempo de morir, acheté depuis à O'CD, mais pas encore visionné.

Au sujet de ma petite marotte des Laserdiscs, c'est tout simplement parce que ce support me faisait rêver étant gosse, dans les années 90: mais c'était un appareil très cher, et mes parents n'en voyaient pas l'utilité, puisque nous avions déjà le magnétoscope à la maison. Je m'étais donc juré qu'un jour, j'en aurais un, coûte que coûte.
J'aime ce format aujourd'hui car il me permet de revoir certains films -Disney notamment- dans les mêmes copies que les VHS de mon enfance, à ceci près que le support optique ne s'altère pas, puisqu'il n'y a pas de frottement de bande.

Enfin, concernant mon progressif désintérêt pour le cinéma " de mon temps ": lorsque j'étais gamin, puis adolescent,
je ne jurais que par le dernier " blockbuster " américain, je refusais de voir un film en noir et blanc -surtout si c'était français-, et un film antérieur à mon année de naissance était pour moi préhistorique.
Puis, petit à petit, au gré de mes lectures, je me suis ouvert au cinéma que l'on dit de genre, aux Hammer des années 60, puis aux policiers français et américains de ces années-là, aux Delon, Gabin, Belmondo, Ventura...
Et aux westerns, bien évidemment.
J'ai ainsi pris conscience que le scénario et le talent des acteurs primaient sur tout le reste; voilà pourquoi de nos jours, je suis essentiellement tourné vers le cinéma dit " classique ".

Les films d'aujourd'hui ne me font pas rêver: un exemple entre mille, quand tu vois un Superman récent, tu ne sais même pas si c'est le véritable acteur qui " vole " ou une image de synthèse d'ordinateur, alors que sur les anciens, tout était fait artisanalement, par des techniciens et des décorateurs talentueux qui ne ménageaient pas leur peine.
Je trouve que les acteurs d'aujourd'hui -les Jean Dujardin, Guillaume Canet ou Vincent Cassel pour n'en citer que quelques uns- ne dégagent pas de personnalité; il n'y a plus ce que j'appelle les acteurs-personnages, un peu excentriques, comme un Noël Roquevert, un Louis Jouvet ou des types comme ça, des acteurs qui n'ont pas l'air du voisin de palier mal rasé que tu peux croiser en sortant ta poubelle.

Les scénarios des films actuels sont pour la plupart aseptisés, dûment validés par la censure et les chaînes de TV avant que la moindre image ne soit mise en boîte; les réalisateurs ont un melon carabiné et ne passent plus les portes, à toujours se prendre pour des " auteurs " et à se revendiquer " engagés ".
Les films qui sortent chaque semaine ne sont plus que suites, remakes, comédies caca-prout et autres formules aussi éculées que mille fois réchauffées.
Je préfère mille fois un film de Gilles Grangier, qui n'avait d'autre ambition que de divertir le public, que celui d'un chien enragé et plein de haine comme Kassovitz, par exemple, qui pue l'arrogance et la prétention.

Difficile d'expliquer son propre ressenti, car ce qui est évident pour soi peut ne pas l'être pour autrui; aussi, j'espère ne pas avoir été trop rébarbatif, ayant déjà bien débordé dans le hors-sujet...
Et je m'arrête ici pour m'en aller revoir La Dernière Caravane icongc1
Modifié en dernier par Arizona Kid le 27 sept. 2018 18:32, modifié 8 fois.
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Re: Confession (cinématographique) d’un enfant du demi-siècle.

Messagepar L.. » 27 sept. 2018 17:43

La différence, de taille, c'est l'écran et la copie argentique, plus chaude.

Même sur une copie moyenne , un film garde son aspect spectaculaire sur un écran de 15 mètres, y compris si la salle était peu confortable.

Certains films, comme ceux de Rhomer, ne souffrent pas trop d'une diminution de l'écran, mais encore pas évident.

Le cinéma imprimait sa marque dans les mémoires, l'écran TV confond et banalise à peu près tout. Les livres et propos de jeunes auteurs, ou sur les forums, montrent une méconnaissance des films sur projection (d'ailleurs je ne les lis même plus, ni même ne m'y rends plus type DVDClassik , Les Années Laser et amazon suffisent pour se tenir au courant des DVD nouveaux).

Je regrette de ne pas avoir investi dans le Laserdisc, pour conserver certaines v.f. en meilleure qualité d'image que sur les VHS.

Je suis inconditionnel du DVD et du BR, pour des films qui ne sont plus projetés/projetables mais je suis bien conscient aussi, de leurs sérieuses limites. Je ne pense pas qu'on puisse être autant marqué par un film montré sur 1 mètre de diagonale plutôt que sur 15 mètres de long.

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Re: Confession (cinématographique) d’un enfant du demi-siècle.

Messagepar Feuille de Saule » 27 sept. 2018 18:18

L.. a écrit :Je ne pense pas qu'on puisse être autant marqué par un film montré sur 1 mètre de diagonale plutôt que sur 15 mètres de long.

Disons que l'immersion est moins facile...

Mon lecteur DVD est un de ces micro-bidules à peine plus gros qu'un livre broché (et encore... n'ayant pas fait la comparaison, je n'en suis pas sûre). Chez mes parents, la TV a une taille plus honnête.
Il est clair qu'au cinéma, je suis plus vite "dans le film", mais avec un petit effort de concentration... c'est quand même la qualité du film qui décide
Bon... je suis un peu de mauvaise foi : si j'avais la place d'un écran plus grand, j'adorerais !
Je crois que c'est au niveau des paysages que le manque de surface se fait le plus sentir.

L..
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Re: Confession (cinématographique) d’un enfant du demi-siècle.

Messagepar L.. » 27 sept. 2018 18:25

Heu... Le pont de la rivière Kwai sur 15 mètres, c'est irremplaçable. Même avec la précision du détail d'un bon transfert HD, qui compense un peu.

La question visuelle est essentielle, le regard de Bronson sur 10 mètres, en gros plan, vous aspire, vous êtes un nain dans ce face à face.

Les couleurs, elles aussi, sont considérablement transformées par la HD, mieux vaut ne pas voir vu le film en "vrai", si c' était de l'argentique.

Le DVD ou BR n'est que le résidu d'une puissance "cinéma" qui ne peut plus se manifester autrement, sauf en musée cinémathèque, et encore. C'est très bien dans la variété des choix, c'est nettement moins bien dans la qualité de l'expérience photographique.

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Re: Confession (cinématographique) d’un enfant du demi-siècle.

Messagepar persepolis » 27 sept. 2018 21:23

j'ai eu la même période qu'Arizona concernant le cinéma en noir et le blanc , je refusais d' en voir des films juste à cause de ça , que ça ne pouvait pas être bien.

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Re: Confession (cinématographique) d’un enfant du demi-siècle.

Messagepar bigdede » 30 sept. 2018 12:08

Encouragé par Longway

viewtopic.php?f=23&t=17755&p=287108&hilit=album#p287107

J'ai découvert ce topic (réservé au vieux ? :lol: ).
Il semblerait, (je l'ai bien parcouru) qu'on nage dans la plus belle des nostalgies. Etant moi-même atteint pas ce mal, j'y plonge avec délice.
J'ai eu deux périodes d'amateur de cinéma (je ne suis pas un cinéphile, nuance ! :? )en fonction de mon lieu d'habitation et bien sûr de mon âge.
En gros depuis l'âge de six ans, j'ai fréquenté les salles de cinéma 3 ou quatre fois par semaine et dans mon adolescence beaucoup plus. Alors, je dois battre des records en nombre de films ingurgités dans une vie.
La première période, coïncidence, correspond à celle décrite par "Jean-Louis" qui a ouvert ce topic: âgé de deux ou trois de plus que lui, on a fréquenté les mêmes salles de cinéma à Boulogne Billancourt, où j'habitais alors, peut-être nous sommes-nous croisés dans la même école communale (rue de l'ancienne Mairie ?).
Boulogne Billancourt comportait un nombre impressionnant de salles, peut-être était-ce dû à la présence des grands studios de cinéma.
"Jean-Louis" en parle également dans un autre topic consacré au "Premier souvenir de Western"

viewtopic.php?f=1&t=2740&p=21015#p21015

A l'époque et j'étais pas le seul, on nous laissait aller seuls au cinéma le jeudi après-midi, les places étaient moitié prix pour les enfants. Le samedi soir c'étaient la sortie familiale avec les parents et bien sûr, c'étaient eux qui choisissaient le programme. Avec eux, on voyait des films "sérieux" .Quand j'y allais seul, j'allais voir des films récréatifs de mon âge, les westerns en particulier (mais oui, c'était comme ça que je les considérais et que je les ai considérés pendant longtemps, mais c'est une autre histoire :num5 )
Mais le dimanche après-midi alors là: une séance dans un cinéma et la course pour ne pas rater le dessin animé de la deuxième séance dans un autre cinéma. Il faut dire qu'une place coutait moins cher qu'une baguette de pain.
La deuxième période qui débutât pour moi à l'âge de 12 ans: le privilège pour un amateur de cinéma, habiter le centre de Paris: à deux pas des Grands Boulevards (truffé de cinémas) d'un côté et de l'autre le Quartier Latin. 5 minutes de métro et on se retrouvait à Barbès et en remontant les anciens boulevards extérieurs jusqu'au fameux Gaumont Palace, on pouvait choisir son film parmi une dizaine de salle (peut-être plus).
A ce propos, "Yves 120" tu proposes, un plus haut et il y a déjà quelques années, une photo du Louxor, où se trouvait-il exactement, c'est pas celui de Barbès ?
Entre Barbès et Anvers, il y avait aussi une salle dont je ne me souviens plus du nom qui a été une des premières de quartier, à Paris, à s'équiper du Cinémascope. J'y ai vu Prince Vaillant, un choc. J'y retournais régulièrement lorsqu'ils programmaient un scope.
Ce n'est que plus tard quand j'ai commencé à avoir des sous (boulots d'étudiant) que j'ai fréquenté les Champs Elysées, seul endroit à Paris où on pouvait voir les V.O (avec le quartier Latin bien sûr). J'ai alors tellement pris gout aux V.O que depuis, je ne peux plus voir un film doublé.

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Re: Confession (cinématographique) d’un enfant du demi-siècle.

Messagepar Sitting Bull » 30 sept. 2018 16:14

Tiens, je viens de rajeunir de cinquante ans. :D



Et la grosse vanne, c'était : "Pour un peu il n'avait pas le téléphone !" :lol:
Modifié en dernier par Sitting Bull le 11 oct. 2018 18:16, modifié 1 fois.
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Re: Confession (cinématographique) d’un enfant du demi-siècle.

Messagepar bigdede » 30 sept. 2018 16:28

50 ou 60 ans, voire 70 ? :lol:

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Re: Confession (cinématographique) d’un enfant du demi-siècle.

Messagepar yves 120 » 30 sept. 2018 18:47

Oui bidede , c 'est bien celui de Barbès cinéma le Louxor Boulevard Rochechouard mais aussi à l 'angle du Boulevard Magenta mais bon c 'est de mémoire alors ?
" Qu' est - ce qu 'un revolver ? Ni pire ni mieux qu 'un autre outil , une hache , une pelle ou une pioche .
Qu 'il en sorte du bien ou du mal dépend de qui s'en sert . " SHANE

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Re: Confession (cinématographique) d’un enfant du demi-siècle.

Messagepar Arizona Kid » 11 oct. 2018 17:13

Je constate que notre discussion de l'autre jour a été déplacé dans une rubrique sans doute plus appropriée que le carnet de bord de Persepolis: il est vrai qu'avec Bigdédé, nous avions un peu digressé depuis le sujet d'origine... :lol:
" Personne ne t'empêchera de partir si c'est ce que tu veux; mais laisse-moi te donner un conseil, fiston: dans ce pays, c'est très mal vu de toucher au cheval d'un autre homme... " (Joël McCrea, Cattle Drive, 1951)
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Re: Confession (cinématographique) d’un enfant du demi-siècle.

Messagepar bigdede » 11 oct. 2018 17:28

C'est ce que j'ai noté en félicitant Longway (je pense que c'est lui) pour sa nomination.

viewtopic.php?f=5&t=19965&start=15#p287950

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Re: Confession (cinématographique) d’un enfant du demi-siècle.

Messagepar Arizona Kid » 11 oct. 2018 18:30

Oui, je pense que c'est Longway -récemment nommé modérateur suppléant- qui a déplacé notre petite conversation nostalgique :lol:
" Personne ne t'empêchera de partir si c'est ce que tu veux; mais laisse-moi te donner un conseil, fiston: dans ce pays, c'est très mal vu de toucher au cheval d'un autre homme... " (Joël McCrea, Cattle Drive, 1951)
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Re: Confession (cinématographique) d’un enfant du demi-siècle.

Messagepar Longway » 11 oct. 2018 20:24

C'est ma première contribution. L'autre partie, celle du " soit disant " deuxième titre de La Dernière Caravane, est désormais placé dans la critique du film. Persépolis peut respirer.

N'hésitez pas à continuer d'alimenter cette rubrique, elle fleure bon la nostalgie. Située dans le " hors sujet ", cela lui permet de plus de souplesse.
Donc, si vous avez d'autres souvenirs cinématographiques, même récents, ils seront les bienvenus.


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