La Bataille de Duck Lake

DEMERVAL
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La Bataille de Duck Lake

Messagepar DEMERVAL » 14 mai 2019 15:13

Le 19 mars 1885, Louis Riel autoproclama l’existence du nouveau Gouvernement Provisoire de la Saskatchewan. Suite à la déclaration de Louis Riel, le gouvernement canadien chercha à reprendre le contrôle sur le turbulent territoire. Leif Crozier, le nouvellement nommé commissaire du NWMP et commandant des forces du nord-ouest du Saskatchewan, requit l’envoi immédiat de renforts du Fort Carlton parce qu’il craignait l’instabilité grandissante créée par Riel et la possibilité toujours probable d’un soulèvement des First Nations. Riel envoya des émissaires pour délivrer un ultimatum appelant à la reddition du Fort Carlton sans effusion de sang. Les représentants de Crozier rejetèrent la demande et demanda à ce que les chefs des Métis soient déférés devant la justice.
Le 25 mars, ayant besoin de vivres pour ses hommes et ses chevaux, Crozier envoya le Sergent Alfred Stewart, Thomas McKay, et 17 constables à Dutch Lake auprès des magasins généraux d’Hillyard Mitchell. Cependant, à l’insu de Crozier, le commandant Gabriel Dumont, bras droit de Riel, et ses forces de Métis s’étaient déjà retranchés sur la route de Duck Lake. Au matin du 26 mars, la petite troupe d’Alfred Stewart rencontra la bande de Métis près de Duck Lake. Après de multiples opérations de harcèlement, Stewart décida de ne pas risquer un engagement physique et choisit de retourner à Fort Carlton; aucun coup de feu ne fut tiré. Crozier rassembla une large force qui comprenait 53 membres de la Police Montée du Nord-Ouest, 41 hommes des Volontaires du Prince Albert et un canon de 7 livres, et sortit pour sécuriser la mission de fourniture de vivres tant désirées et rétablir l’autorité du gouvernement canadien dans le District de Saskatchewan.
Les deux forces se rencontrèrent à 2.5 kilomètres en dehors de Duck Lake sur un plateau neigeux couvert d’arbres, de buissons et de quelques cabanes. Ayant aperçu la force de Crozier, Gabriel Dumont ordonna à ses hommes de prendre des positions défensives autour des cabanes et d’attendre. De manière similaire, les éclaireurs de Crozier informèrent le commissaire des mouvements des Métis; Crozier ordonna alors à ses hommes de s’arrêter et de se déployer parallèlement à la route qui se trouvait juste devant eux. Les deux forces s’installèrent dans des positions défensives.
Gabriel Dumont dépêcha son frère, Isidore, et un chef âgé à moitié aveugle, Assiwiyin, avec un drapeau blanc dans l’espoir de distraire les forces de Crozier. Le commissaire, croyant que Dumont voulait entamer des pourparlers, s’avança avec un interprète anglais parlant le Métis, "Gentleman" Joe McKay. Durant la discussion sans enthousiasme, Crozier en arriva à penser qu’Assiwiyin affabulait pour que les forces Métis puissent manœuvrer pour contourner ses hommes. Alors qu’ils commençaient à partir, Assiwiyin et Isidore tentèrent de sortir leurs révolvers, ce qui força Crozier à demander à McKay d’ouvrir le feu. Un bref engagement s’ensuivit entre les deux parties, qui résulta au fait que McKay fit feu et tua Dumont et Assiwyin.
Malgré une supériorité dans la puissance de feu et l’entraînement de la milice de Crozier, la force Métis était plus nombreuse et ses positions autour des cabanes et parmi les arbres se révéla être un avantage insurmontable. Dans un effort pour faire relâcher la pression sur les Volontaires du Prince Albert, Crozier pointa le canon de 7 livres sur les cabanes. Après de nombreuses décharges, un obus fut placé avant l’amorce ce qui réduisit le canon au silence pour les reste de la bataille.
Au bout d’une demi-heure, Crozier reconnut que la retraite était inéluctable et il fit sonner le retour vers Fort Carlton. Les Métis furent désireux de pourchasser Crozier et ses forces en retraite mais Louis Riel intervint et déclara la fin de la bataille.
Le bilan de la bataille était lourd de conséquences pour les forces gouvernementales. Douze hommes furent tués et onze sérieusement blessés. Pour les séparatistes, cinq guerriers Métis furent tués dans l’embuscade, dont le frère de Dumont. En outre, Gabriel Dumont en personne fut blessé à la tête par une balle perdue. De perdre face à Riel et sa force Métis fut un grand choc pour les supérieurs de Crozier. Le Colonel Acheson Irvine, supérieur de Crozier, suggéra que les prouesses officielles et le jugement de Crozier avaient été altérés par son impulsivité.
Fort Carlton, un comptoir avec peu d’installations défensives, était maintenant sous de sérieux risques d’attaque. Immédiatement, le Colonel Irvine réunit un conseil pour discuter du futur de Fort Carlton. La décision unanime balança en faveur d’une évacuation et d’une destruction du fort. A 4h00 le 28 mars, le dernier traîneau avait quitté le fort en feu.
Dans l’espace de trois jours et avec la perte d’uniquement cinq hommes, les forces de Riel avaient défait la milice de Crozier, forcé la destruction et dispersé les restes de Fort Carlton, et étendu la peur du soulèvement Métis à travers les Territoires du Nord-Ouest. Les plans de Riel ne furent cependant pas complètement fructueux: il avait espéré capturer Crozier et ses hommes comme otages afin de forcer la main du gouvernement. Ainsi, bien que tactiquement réussie, la bataille de Duck Lake se révéla être une déception pour Riel.
Le monument élevé pour commémorer la bataille porte l’inscription suivante rédigée en anglais et en français :

"Duck Lake Battlefield—Here, on 26th March, 1885, occurred the first combat between the Canadian Government Forces, under Major L.N.F. Crozier, and the Metis and Indians, under Gabriel Dumont. Ici, le 26 mars, 1885, eut lieu la première rencontre entre les troupes du gouvernement du Canada, commandées par le Major Crozier, et les Métis et Indiens commandés par Gabriel Dumont."

Le site de la bataille fut désigné National Historic Site of Canada en 1924.
Au printemps 2008, la ministre du Tourisme, des Parcs, de la Culture et des Sports, Christine Tell proclama à Duck lake, que "la 125ème commémoration, en 2010, de la Résistance Nord-Ouest en 1885 est une excellente opportunité de raconter les difficultés des Métis de la prairie et des peuples des First Nations ' avec les forces du Gouvernement et comment cela a façonné le Canada d’aujourd’hui."
Duck Lake est le siège du Duck Lake Historical Museum et du Duck Lake Regional Interpretive Centre, et des peintures murales qui reflètent l’histoire de la rébellion dans cette région. La Bataille de Duck Lake, le Massacre de Duck Lake, et un buffalo jump sont tous localisés ici. Le"First Shots Cairn" fut érigé sur l’Autoroute 212 du Saskatchewan comme un marqueur commémorant la scène des premiers coups de feu échangés lors de la Bataille de Duck Lake. Le Our Lady of Lourdes Shrine at St. Laurent au nord de Duck Lake est un site local de pèlerinage.

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Re: La Bataille de Duck Lake

Messagepar major dundee » 14 mai 2019 20:09

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