Milton J. YARBERRY (1849-1883)

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Milton J. YARBERRY (1849-1883)

Messagepar DEMERVAL » 04 avr. 2017 14:53

Milton J. Yarberry naquit à Walnut Ridge, Arkansas, en 1849 dans une famille dont le nom n’était pas Yarberry. Il le confessa juste avant sa mort à un ami, Elwood Maden, ainsi que le fait que sa famille était respectable, et qu’afin de ne pas jeter l’opprobre sur elle, il se refusait à dire son vrai nom. Il confessa aussi à Maden qu’il était né en 1849, et qu’il avait quitté sa famille après avoir été impliqué dans la mort d’un homme durant une dispute au sujet d’un problème de terrain, et qu’une fois qu’il avait pris la fuite, il avait changé son nom. Tous ces faits sont enregistrés dans le livre Deadly Dozen, écrit par Robert K. DeArment. Ce livre donne des détails sur Yarberry, le classant parmi l’un des douze pistoleros les moins connus mais les plus dangereux du Vieil Ouest. Des recherches ultérieures semblent indiquer qu’il était en réalité, John Armstrong, et qu’il s’était enfui du comté de Sharp, Arkansas, étant recherché pour meurtre. En 1873 il tua un homme à Helena, Arkansas, et fuit de nouveau.
Yarberry apparut pour la première fois dans des rapports historiques alors qu’il chevauchait avec le hors-la-loi Dave Rudabaugh et le pistolero "Mysterious Dave" Mather en 1873, opérant principalement dans le sud du Missouri et le nord de l’Arkansas. Durant cette période, les trois compères opérèrent plusieurs vols. Quand ils furent impliqués dans le meurtre d’un éminent rancher de l’Arkansas, les trois s’enfuirent au Texas. Là, ils se séparèrent et Yarberry s’établit pendant un moment à Texarkana, Arkansas, mais en 1875 il y tua un homme, qu’il suspectait être un chasseur de primes. A cette époque, la tête de Yarberry était mise à prix 200 dollars.
Il entra alors au Texas et rejoignit les Texas Rangers, y servant dans la "Compagnie B" du "Bataillon Frontalier, stationné dans le comté de Jack, Texas. Grâce à des rapports découverts par Robert DeArment, on sait que Yarberry servit honorablement avec les Rangers durant son bref service avec eux et qu’il les quitta en 1876, refaisant surface à Decatur, Texas sous le nom de "John Johnson". Là, il ouvrit un saloon, avec Bob Jones comme partenaire. Cependant, quand un chasseur de primes arriva à Decatur pour y poser des questions à son sujet pour le meurtre du Comté de Sharp, il revendit rapidement sa part à son partenaire et quitta la ville. Le corps du chasseur de primes fut découvert plusieurs jours après son départ de Decatur, ayant été tué par balle.
Yarberry apparut peu de temps après à Dodge City, Kansas, et au début de 1878 il était à Canon City, Colorado. Là il fit équipe avec Tony Preston en ouvrant un saloon et un théâtre de variétés. L’artiste de variétés du 19ème siècle, Eddie Foy s’y produisit alors que Yarberry en était le co-propriétaire. Eddie Foy écrivit plus tard dans ses mémoires que Yarberry "se façonna lui-même en bon violoniste". Quand Eddie et son partenaire, Jim Thompson, eurent fini leur engagement, Yarberry leur devait plusieurs semaines de salaires. Comme ils ne purent pas récupérer l’ensemble de la somme, Thompson vola un barril de whisky. Eddie Foy écrivit plus tard qu’il avait été surpris que son partenaire fut aussi brave, car Yarberry était connu pour être un homme dangereux.
Le 6 mars 1879, le propriétaire du bar de Canon City, le Gem Saloon tira sur le partenaire de Yarberry, Tony Preston, le blessant sévèrement bien qu’il recouvrit de ses blessures. Yarberry fit feu à trois reprises alors que l’homme s’enfuyait mais le manqua et il rejoignit alors une troupe de poursuivants. L’homme fut capturé peu de temps après et arrêté. Yarberry quitta Canon City peu de temps après en revendant sa part à Preston. Il se rendit alors à Las Vegas, Nouveau Mexique et commença à diriger une maison close pour les travailleurs des chemins de fer. Il fut suspecté d’avoir volé et tué un transporteur durant cette période, mais il ne fut pas inculpé. A la fin de 1879, il tua un certain John Morgan au Rincon Hotel, apparemment au sujet d’une prostituée.
Ayant cédé sa part de la maison close, Yarberry déménagea à San Marcial, Nouveau Mexique,où son ex partenaire Tony Preston s’était maintenant établi, toujours en convalescence de la blessure reçue plus tôt dans l’année. Peu de temps après son arrivée, Yarberry eut une aventure avec Sadie Preston, l’épouse de Tony Preston, bien qu’il est presque avéré que leur relation avait déjà commencé à Canon City. Quand Yarberry quitta San Marciel, Sadie Preston et sa fille de 4 ans le suivirent.
Yarberry et Sadie Preston déménagèrent à Albuquerque, Nouveau Mexique, où il se lia d’amitié avec le shérif Perfecto Armijo du Comté de Bernalillo, Nouveau-Mexique. Avec l’aide d’Armijo, Yarberry fut nommé comme premier Marshall de la ville d’Albuquerque en 1880. Yarberry prouva rapidement qu’il était un bon homme de loi et tua deux hommes peu de temps après sa nomination, durant des procédures d’arrestation. Cependant, Harry A. Brown, pistolero auto-proclamé, arriva en ville au début de 1881. En 1876, Brown avait joué un rôle mineur en déjouant un vol commis par Dave Rudabaugh et autres, près de Kinsley, Kansas. Bien que n’étant pas connu pour avoir tué qui que ce soit, il se vanta du nombre d’hommes qu’il avait tué et gagna rapidement une réputation à Albuquerque comme gros buveur, avec un mauvais caractère et une habitude de sortir rapidement son arme pour quoi que ce soit.
Sadie Preston et Brown firent rapidement connaissance et en février 1881, ils étaient liés romantiquement. Dans la nuit du 27 mars 1881, Brown et Sadie Preston dînaient au Gerard's Restaurant. Yarberry ne savait pas que les deux étaient liés et Sadie avait laissé sa fille chez eux à ses soins, alors qu’elle était de sortie avec Brown. John Clark, un cocher, emmena le couple au restaurant, et devait être le seul témoin oculaire de ce qui arriva par la suite.
Selon les rapports du jour, Brown et Sadie entrèrent dans le restaurant, et peu de temps après, Yarberry apparut, descendant la rue en tenant la main de la fille de Preston. Brown, ayant à l’évidence entendu que Yarberry avait été vu se dirigeant vers le restaurant, sortit du restaurant. Yarberry passa devant lui avec la petite fille à la remorque, la prit à l’intérieur du restaurant, puis quelques minutes plus tard, ressortit du restaurant et commnença à discuter avec Brown. Selon John Clark, la conversation s’envenima.
Les deux hommes marchèrent, tout en se disputant, vers un terrain vague attenant. Durant ce moment Brown répéta à Yarberry qu’il n’avait pas peur de lui. Sadie Preston apparut alors sur le pas de porte du restaurant et appela Brown. Immédiatement, Brown frappa Yarberry au visage tout en sortant son révolver. Brown fit feu, éraflant la main de Yarberry, qui, à ce moment, sortit lui aussi son seul révolver et fit feu à deux reprises sur la poitrine de qui décéda sur le coup.
Le shérif Armijo arriva peu de temps après et emmena à contrecoeur Yarberry en cellule. Dès une audition préliminaire, plusieurs témoins affirmèrent que Brown avait à maintes reprises annoncé publiquement qu’il avait l’intention de tuer Yarberry et à cause de cela et du fait que Brown tira le premier, Yarberry fut crédité de légitime défense. Pour des raisons inconnues, plusieurs personnes influentes de la ville exprimèrent leur . insatisfaction quant à la conclusion de l’enquête et demandèrent qu’un Grand Jury soit réuni, chose qui se fit en mai 1881. L’avocat de Yarberry, S.M. Barnes, produisit un grand nombre de témoins favorables à son client et le 19 mai 1881, Yarberry fut acquitté.
Cependant, moins d’un mois après l’acquittement, Yarberry tua encore. Le 18 juin 1881, Yarberry était assis sur le porche avant de la maison de son ami Elwood Maden, conversant avec le joueur Monte Frank Boyd. Comme ils parlaient, un coup de feu fut entendu provenant du R.H. Greenleaf Restaurant ce qui fit que Yarberry et Boyd se précipitèrent vers cet endroit. Ce qui arriva ensuite n’est pas très clair car personne ne put rapporter correctement les faits. Yarberry demanda à un badaud s’il savait qui avait fait feu, ce à quoi le badaud pointa du doigt un homme qui sortait. Yarberry le héla, lui ordonnant de s’arrêter parce qu’il voulait lui parler. En quelques secondes, trois coups de feu partirent et Charles D. Campbell était étendu raide mort.
Le shérif Armijo arrêta Yarberry et Boyd pour l’affaire. Yarberry affirma que Campbell, qu’il ne connaissait pas mais qui avait la réputation d’être quelqu’un qui buvait trop souvent, s’était tourné vers lui avec une arme à la main et que de ce fait il avait dû faire feu pour se protéger. Une des blessures reçues par Campbell se trouvait dans le dos mais Yarberry affirma que la balle dans le dos ne pouvait y avoir été implanté qu’une fois que le corps de Campbell se soit retourné en heurtant le sol. Campbell avait une arme, mais personne ne put témoigner qu’il l’avait en main quand il fut abattu. De nouveau Yarberry, de même que Boyd qui tira au moins à deux reprises, furent blanchis lors de l’enquête préliminaire. Cela déclencha un tollé public, malgré l’évidence qu’à ce moment Yarberry avait agi de bonne foi, en légitime défense.
Boyd quitta la ville pour prendre la route de l’Arizona où il fut tué par des Indiens Navajos l’année suivante. Yarberry fut de nouveau emprisonné par anticipation pour être entendu par un Grand Jury. Le 11 mai 1882, un Grand Jury inculpa Yarberry pour le meurtre de Campbell. Le gouverneur du Nouveau Mexique, Lionel Sheldon, récemment nommé, confronté à l’émergence des équipées sauvages de Billy the Kid et John Kinney, avait l’intention de faire un exemple avec Yarberry.
Le Procureur Général du Nouveau Mexique, William Breedon, décida de poursuivre l’action publique assisté de Arnet R. Owen. Pour la défense, Yarberry fut représenté par Jose Francisco Chavez, I.S. Trimble, et John H. Knaebel. Le témoin Thomas A. Parks, un avocat de Platt City, Nebraska, apporta le témoignage le plus dommageable quand il affirma qu’il avait assisté à la scène entière et qu’il n’avait pas vu d’arme dans les mains de Campbell. Le révolver que Campbell avait en sa possession, avait été utilisé et Yarberry affirma qu’il avait fait feu une fois contre lui. Personne ne put dire le contraire sauf Parks, qui affirma que cette version des faits était fausse. Yarberry affirma aussi qu’il n’avait fait feu qu’une fois, touchant Campbell au front. Yarberry affirma sur l’honneur qu’il avait tué Campbell parce que ce dernier avait essayé de le tuer et il ne varia jamais de version.
Le procès dura trois jours, après lesquels Yarberry fut déclaré coupable et condamné à être pendu. Yarberry insista qu’il avait été contraint d’agir ainsi en légitime défense. Le 9 septembre 1882, Yarberry et trois autres personnes s’échappèrent de la prison de Santa Fe, Nouveau Mexique, et il apprit rapidement que sa tête avait été mise à prix pour 500 dollars. Les autres prisonniers furent rapidement capturés et le shérif du Comté de Santa Fe, Romulo Martinez mit sur pied une troupe de poursuivants pour se lancer à la suite de Yarberry.
Le 12 septembre 1882, une troupe de poursuivants conduite par le Chef de la Police de Santa Fe, Frank Chavez, captura Yarberry à une quarantaine de kilomètres de la ville. Cinq mois plus tard son appel fut rejeté. L’avocat John Knaebel déposa un nouveau dossier d’appel et envoya des lettres jusqu’à Washington, D.C., en insistant sur le fait que son client était innocent du meurtre pour lequel il avait été condamné, mais il n’eut pas de résultat. Lors de son ultime interview, un reporter dit à Yarberry qu’il avait l’air pâle, ce à quoi il répliqua, "Peut-être. Mais je ne suis pas malade, et je n’ai pas peur non plus."
Le 9 février 1883, sous bonne garde, constituée à la demande du gouverneur par les "Governor's Rifles", une milice du Nouveau Mexique, Yarberry marcha vers la potence. Son proche ami, le shérif Perfecto Armijo, fut chargé d’actionner le levier pour le pendre. Le shérif Armijo avait ardemment supporté Yarberry tout au long du procès, et avait aussi insisté que l’on allait le pendre injustement. Yarberry demanda que le shérif du Comté de Colfax, Mason T. Bowman, prenne la place du shérif Armijo, pour lui éviter cette tâche mais le shérif Bowman refusa. Plus de 1500 personnes se pressèrent sur la scène de l’exécution. Au moment où le shérif Armijo actionna le levier, Yarberry s’exclama, "Messieurs, vous pendez un innocent."
Après sa mort, les admirateurs de Yarberry à Albuquerque continuèrent d’affirmer, souvent publiquement, qu’il avait été illégalement et injustement condamné. Le shérif Armijo ne renia jamais son soutien à Yarberry. D’aucuns affirmèrent que Yarberry n’avait été condamné que pour satisfaire une certaine caste puissante et bien pensante d’Albuquerque qui estimait que Yarberry ternissait la réputation de la ville par son implication dans diverses fusillades. Le shérif Armijo clama qu’innocent ou non, cela n’avait pas empêché de dormir les personnes éminentes de la ville, qui était plus préoccupé par l’image de la ville.

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Re: Milton J. YARBERRY (1849-1883)

Messagepar DEMERVAL » 10 avr. 2017 20:56

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