Géant - Giant - 1956 - George Stevens

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Yosemite
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Re: Géant - Giant - 1956 - George Stevens

Messagepar Yosemite » 10 août 2015 22:39

En vacances on a du temps, j'ai donc regardé "Giant". Personnellement je rejoindrai les avis de Pike postés sur le fil, j'aime bien cette saga familiale, ce retournement de situation qui me semble si illustratif de ce que peut être la vie économique aux USA.
Même avis sur cette satanée photo qui trahit complètement l'état d'esprit du film.

Par ailleurs, j'aime bien le jeu de J. Dean dans "Giant", éternel adolescent boutonneux et mal dans sa peau, son interprétation me paraît tout à fait pertinente pour porter un tel personnage, mal aimé, mal dans sa peau et pas destiné du tout à un tel devenir.
Il fallait les 3h20 pour montrer tout ça selon moi.
Yo.

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Emma_Peel
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Re: Géant - Giant - 1956 - George Stevens

Messagepar Emma_Peel » 03 juin 2016 19:46

J'ai revu le film il y a quelques semaines, je ne l'avais pas vu depuis... quelques grosses dizaines d'années, j'étais toute gosse à l'époque.
J'ai été plus qu'agréablement surprise, en fait j'ai pris une sacré claque. :shock: Je n'avais pas cerné toute la dimension historique de l’œuvre à l'époque.
On pourrait éventuellement reprocher au film quelques longueurs mais comparées à celles de Gone with the Wind, c'est du pipi de chat (je prend cet exemple car malgré toutes les qualités du film, je n'ai jamais accroché complètement, Gone with the Wind me gonfle franchement). Bref, tout ça pour dire, que le casting est fabuleux, les décors et la musique tout autant, l'histoire passionnante. J'adore, c'est une fresque magnifique, chaque personnage représente une part de l'histoire du Texas. Et le plan final est juste... fabuleux, il résume à lui seul toute l' histoire de l'Amérique et son devenir, avec toutes ces contradictions. Ce plan n'a d'ailleurs jamais été autant d'actualité aujourd'hui (plus les choses changent, plus elles restent les mêmes). Je suis sans doute un peu trop dithyrambique, je l'admets volontiers, mais quand j'aime je ne compte pas.
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Re: Géant - Giant - 1956 - George Stevens

Messagepar Arizona Kid » 20 août 2017 14:04

Hello, amis westerniens :)

Je possède le DVD de Géant, acheté en 2009 dans la foulée de La fureur de vivre, et si je l'avais visionné à l'époque, je dois bien avouer qu'il ne me restait que fort peu de souvenirs du film de George Stevens (au point que j'avais même oublié qu'il s'agissait d'un DVD double-face, comme un joli Laserdisc miniature :lol: )

Alors, ce 15 août au soir, j'ai pris mon courage à deux mains pour revoir cette saga texane, dont à vrai dire, je ne me rappelais que de deux scènes: le réveil de la belle Liz Taylor, découvrant les plaines arides du Texas depuis la fenêtre du wagon-lit du train, et l'homérique explication virile opposant, vers la fin du film, un Rock Hudson (faussement) vieillissant à un cuistot raciste, dans un de ces snack-bars typiquement américains.
C'est drôle, d'ailleurs, cette malice avec laquelle le temps joue à déguiser vos souvenirs, car j'étais persuadé que c'était au fielleux Jett Rink (James Dean) que le rancher Bick Benedict (Rock Hudson) infligeait une petite leçon de politesse.

Rock Hudson, justement: un acteur vis-à-vis duquel j'ai longtemps nourri quelques réticences, l'ayant trouvé fade et bovin dans L'Expédition du Fort King, malgré la très bonne mise en scène de Budd Boetticher, mais qui avait su me convaincre dans Victime du destin, de Raoul Walsh, et surtout dans Taza, fils de Cochise, l'unique western de son réalisateur fétiche, Douglas Sirk.

Passons au cas James Dean: sans vouloir être méchant, je crois que s'il ne s'était pas fracassé dans son bolide idiotement lancé à cent à l'heure, l'aura de légende dont il jouit n'existerait tout bonnement pas, et peut-être le grand public se souviendrait-il de lui autant que d'acteurs comme Tab Hunter ou Troy Donahue (pour rester dans le registre du minet blond à gueule d'ange).
Tant pis si, après ça, vous voulez me pendre haut et court, mais il faut que ça sorte: quelle plaie, ce mec!
Pédant, poseur, maniéré et affecté, James Dean -dans le rôle de l'arriviste Jett Rink- nous sert un numéro insupportable de bout en bout, dont le cabotinage culmine dans les scènes où son personnage, grotesquement grimé et maquillé, est censé avoir trente ou quarante ans de plus, au point de me faire penser à l'exécrable Joker joué par Heath Ledger dans The Dark Knight.
C'était donc ça, la crème de l'Actor's Studio ?! (On range la corde, tout doux, les gars... :sm57: )
Avec le recul, je pense que j'avais dû visionner La fureur de vivre en VF, car je n'ai pas le souvenir qu'il fût à ce point horripilant.
Détail cocasse: je n'avais pas " tilté " que le personnage de Jett Rink partageait les mêmes initiales que l'infâme magnat J.R. de la série Dallas. Il n'est peut-être pas interdit de supposer que les scénaristes se soient inspirés de Jett Rink pour créer le personnage joué par Larry Hagman...

Autrement plus intéressant est le personnage de Luz, la revêche et peu avenante frangine de Bick Benedict, à laquelle Mercedes McCambridge prête sa stature de rombière mal embouchée: mais quel dommage de l'avoir fait disparaître si tôt dans l'intrigue...
Actrice atypique que cette Mercedes McCambridge, que William Friedkin sortira de sa retraite en 1973 pour lui faire prêter sa voix rauque au démon Pazuzu dans son mythique film d'horreur, L'Exorciste.

Quant à Elizabeth Taylor, qui incarne ici Leslie Benedict, elle est sans conteste la véritable star de Géant: la future Cléopâtre de Mankiewicz, alors à l'apogée de sa beauté, nous régale en effet de répliques cinglantes à l'adresse de son époux borné et machiste, se faisant un plaisir de le ridiculiser en présence de ses amis notables, avec lesquels il cause politique et refait le monde dans " une conversation d'hommes ".
Le personnage de Leslie, jeune héritière du Maryland aux idées progressistes, offre un contraste édifiant avec celui de son Texan de mari sur la question du sort réservé aux Mexicains, ici traités avec moins d'égard que du bétail.
A tel point que le rude Bick Benedict voit d'un mauvais oeil que son médecin personnel puisse, sur la demande expresse de sa femme, aller visiter un bébé malade dans la misérable favela qui leur est dévolue: " Tu as désormais un rang à tenir, Leslie: ne fais pas tant de manières avec ces gens-là ", la tance Benedict avec condescendance.
Ce personnage de cattle baron orgueilleux et aux idées bien arrêtées pourrait facilement s'avérer antipathique, mais l'on a plaisir à le voir s'amadouer et devenir plus tolérant avec le temps, en particulier lorsque son fils aîné (Dennis Hopper, pas encore gangrené par la came) lui donne pour bru une Mexicaine nommée Juana... au nom de laquelle il mettra son poing dans la figure d'un cuisinier ouvertement hostile aux latinos, dans cette mémorable scène dont j'ai parlé un peu plus haut, et dont j'aurais pourtant juré que Rock Hudson sortait gagnant (ah, cette culbute au milieu des salades :mrgreen: )

En somme, j'ai redécouvert ce film d'un oeil neuf, et avec un certain plaisir en dépit de quelques maladresses, tels ces maquillages censés vieillir les personnages à mesure que passent les années: si Rock Hudson s'en tire plutôt bien, les quelques filets gris clairsemant la chevelure d'ébène de Liz Taylor peinent à flétrir la beauté rayonnante de ses vingt-trois ans; quant à James Dean, c'est à se rouler par terre tellement l'effet est raté.

Mais si ce western contemporain sur fond de conquête du pétrole ne m'a pas déplu, j'ai cependant du mal à comprendre le prestige dont il est auréolé dans les annales du cinéma hollywoodien: certes, nous avons affaire à une goûteuse tranche d'americana, dotée de certains personnages très bien campés, mais de là à affirmer -comme entendu dans les bonus du DVD- que Géant est au Texas ce qu'Autant en emporte le vent est à la Géorgie, il y a un grand pas que je me garderai bien de franchir.
Modifié en dernier par Arizona Kid le 06 juil. 2018 10:46, modifié 3 fois.
" Personne ne t'empêchera de partir si c'est ce que tu veux; mais laisse-moi te donner un conseil, fiston: dans ce pays, c'est très mal vu de toucher au cheval d'un autre homme... " (Joël McCrea, Cattle Drive, 1951)
:sm70:

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Re: Géant - Giant - 1956 - George Stevens

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 05 juil. 2018 14:32

GEANT...

Ca faisait également je ne sais combien d'années que je ne l'avais plus revu car, comme les grandes fresques telles AUTANT EN EMPORTE LE VENT ou hors-western (LE DOCTEUR JIVAGO revu y a quelques mois sur Arte déjà) pour les revoir j'essaye de m'assurer que j'en aurais le temps et que je ne serais pas dérangé...

Justement il est passé dimanche dernier (la rediffusion hier après-midi ne m'arrangeait pas) sur Arte... Après une énième rediffusion de mon vieil ami masqué sur France 3 puis une intro par une espèce de poule siliconée et refaite au nom germanique (Dita Von je ne sais quoi... Qui a le culot de comparer ce film avec Sergio LEONE...) j'ai revu...

J'avais acheté le film en vhs WARNER CLASSICS vers 2001 après une rediffusion la veille (encore Arte) de BUTCH CASSSIDY ET LE KID (VOST)(le vendeur m'en parla au moment où je payais)...

Ah Dallas... Patrie du dollar, du pétrole... Tu ne connais pas la pitié... Et GEANT sans doute fut ton ancêtre... :sm57:
On ne le croirait pas au début et, comme Kid évoque Rock HUDSON et son ami réalisateur Douglas SIRK... Jusqu'à la dispute avec Lizzie au sujet de l'Histoire du Texas ("Vous savez vraiment pour Alamo ?!" ou quelque chose dans le genre) où là on entre dans le vif du sujet, on se croirait dans une romance de SIRK (je ne le dis pas de façon péjorative j'aime aussi ce réalisateur)... Je trouve cependant que certaines choses vont vite (les retrouvailles et le mariage Rock-Liz) et d'autres lentement...

Mercedes Mc CAMBRIDGE: vieille fille aigrie, obtus, et si je ne restais pas trop poli, je balancerais bien un "vieille carne avant l'heure"... T'as jamais voulu de bonhomme ne pourris pas la vie à ton frère (quand elle l'engueule à demi-mot car il ne revient pas pour le rassemblement dans les délais ou montre des chambres séparées sachant qu'ils sont mariés, ce que Rock rappelle...)... Raciste anti-Mexicain, visiblement de famille... (Des chevaux et des Mexicains j'en ai maté)... Un des bons moments pour moi... Quand elle meurt en essayant de mater le cheval de Liz... Brave dada !! :sm70:

ROCK HUDSON: j'ai toujours apprécié cet acteur même si il pouvait en effet sembler terne parfois (BATAILLE SANS MERCI par moments ou encore ici)... Mais je trouve qu'il est assez bon... On sent aussi qu'il a envie de s'éloigner du western ou du cinéma d'aventures pour tenter d'autres genres... Il arrive aussi à alterner des moments sympas et touchants (avec Liz au début) et ceux où il est un magnifique salopard...
La scène qui me choqua un peu (et qu'il joue bien)... Quand il offre un cheval à son fils... Le gamin doit avoir quoi ? Trois ans... Le petit on voit qu'il a peur sur le cheval et pourtant, d'abord il l'encourage "Un Benedict doit tenir à cheval !" puis l'engueule... Et monte carrément en cramponnant le gamin et fait le tour au galop... MAIS QUEL ABRUTI... A noter aussi sa déception en voyant le gamin Mexicain adorer monter ce cheval et le laisser le ramener... Curieusement ça me rappelle un peu COWBOYS CONTRE ENVAHISSEURS (le mépris apparent du personnage de Harrison FORD pour son jeune employé Indien mais qui reconnaît ensuite tardivement "le considérer comme un fils" étant plus proche de lui que de son vrai fils...).

Ce n'est en effet qu'à la fin qu'on retrouve de la sympathie pour lui, la scène du bar étant un des seuls moments dont je me souvenais aussi...

JAMES DEAN: Je suis partagé car d'un côté je trouve qu'il s'en sort pas trop mal en jeune loup solitaire borné jusqu'à la mort de "la Voix du Démon" Mc CAMBRIDGE en apprenant qu'elle lui lègue une parcelle de terres puis le pétrole... Mais oui la fin est ridicule et quand il est bourré et pleure son amour perdu (qu'il a peut-être indirectement essayé de reprendre avec le personnage de Carroll BAKER... :? ) GAME OVER...

Pour la dernière scène genre "ON EST TOUS EGAUX"... Pas sûr que ça passe aujourd'hui avec le neuneu aux commandes du pays...LATINOS GO HOME...

DALLAS: Je n'ai jamais été un grand fan et je ne connais que les bases mais je dirais que JR a dû être inspiré des deux antagonistes...
L'obstination de Rock et les engueulades avec Liz (quand elle vient en aide aux Mexicains ou parle politique avec les amis de son mari "Ne me refais pas ça c'est la honte", "je t'ai fait suivre et tu traînes chez les Mexicains c'est la honte...") rappellent parfois les brouilles monumentales JR-SUE ELLEN sauf que Rock ne la trompe pas avec la première potiche venue et que Liz ne picole pas...

RINK: oui, en voyant les initiales et le grand immeuble où il organise sa réception à la fin on peut y penser (le grand immeuble EWING PETROL COMPANY), la rivalité persistante avec Rock comme quand il vient tout couvert de pétrole "j'en ai trouvé et je t'em..." rappelle celle entre Jr et Cliff (Ken KERCHEVAL) sur une bonne partie de la série... Je crois me souvenir que GEANT fut même cité comme "modèle" dans une émission sur les séries jadis...

C'est pas TITANIC mais c'est vrai que c'est long... Il vaut mieux ne pas l'avoir revu depuis longtemps pour se faire une idée sinon on bloque ou on stoppe avant la fin... Si vous ne l'avez jamais vu et le trouvez en dvd envisagez plus un début d'après-midi qu'un soir...

Pas un film forcément inoubliable mais un peu mythique malgré lui et moins mauvais que certains films contemporains interminables...
Revu sans déplaisir mais j'attendrai un peu avant une éventuelle nouvelle vision... icongc1
Modifié en dernier par COWBOY PAT-EL ZORRO le 09 juil. 2018 22:11, modifié 1 fois.
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Re: Géant - Giant - 1956 - George Stevens

Messagepar major dundee » 07 juil. 2018 21:49

Idem, revu sans déplaisir, ceci dit, je ne ferai pas l'acquisition du dvd... :?

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Re: Géant - Giant - 1956 - George Stevens

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 09 juil. 2018 22:16

Pour ma part je ne pensais pas l'acheter en dvd car je l'avais en vhs mais mon père le trouva en promo donc... :? Mais je ne le déplore pas pour autant...
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