Du Sang dans la Sierra - Relentless - 1948 - Georges Sherman

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lasso
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Re: Du Sang dans la Sierra - Relentless - 1948 - Georges Sherman

Messagepar lasso » 09 oct. 2018 11:09

Ce Columbia sera édité en allemagne milieu novembre 2018 - VO et allemande


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Arizona Kid
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Re: Du Sang dans la Sierra - Relentless - 1948 - Georges Sherman

Messagepar Arizona Kid » 01 déc. 2018 20:27

Aaaah que j'ai adoré ce bon petit western des familles :sm57:
Achetée en début de semaine à O'CD et visionnée ce soir, cette production en Technicolor made in Columbia n'a fait que conforter l'estime que je porte à George Sherman, l'un de mes artisans fétiches du western -comme je l'ai si
souvent mentionné.

Du Sang dans la Sierra a dans ses atouts un scénario simple -j'ai dit simple, et non simpliste- , des personnages bien identifiés campés par des acteurs convaincants, le tandem Young / Chapman en tête.
Il me faut cependant reconnaître que Robert Young, s'il n'est pas mauvais, n'est pas la figure la plus emblématique du genre, mais il donne à son personnage une touchante humanité, notamment lorsqu'il prodigue soins et tendresse à sa pauvre jument et à son petit poulain.

Sans être aussi jolie qu'une Barbara Britton ou une Joanne Dru, Marguerite Chapman -vue en cette même année 48
dans l'excellent Ton heure a sonné de Ray Enright- possède son petit charme et compose un personnage féminin moins stéréotypé que la moyenne du genre, servi par quelques dialogues féministes nettement avant-gardistes pour l'époque
et de l'histoire et du tournage.
Ce petit bout de femme, courageuse, indépendante et solitaire, forme un joli petit couple de cinéma avec un Robert Young parfois un peu terne ; disons que tous deux se complètent bien dans le cadre de ce western.

Au niveau de la réalisation, George Sherman inaugure le film avec un éclair de brio: quelle belle scène que cet assassinat hors-champ, filmé en plan fixe sur la porte d'une cabane.
Il est vrai que l'on sentait le coup venir à des kilomètres, les victimes, deux vieux chercheurs d'or à la langue trop
bien pendue, s'étant vantés de leur veine à travers tout le patelin...
Le reste du film se suit agréablement, entre de beaux paysages naturels -ah, ces cactus, que j'aime ces cactus- et quelques sympathiques chevauchées, bien que certaines incrustations ne soient pas toujours des plus discrètes.

Bref, un petit western qui fait passer un bon moment, sans prétention aucune si ce n'est de distraire son spectateur, et qui vaut largement mieux que le costard que lui taille un Tavernier grincheux et blasé dans son bonus de circonstance.
Un bon cru Sherman et un achat que je ne regrette pas :wink:

icongc1
Modifié en dernier par Arizona Kid le 02 déc. 2018 9:13, modifié 2 fois.
" Personne ne t'empêchera de partir si c'est ce que tu veux; mais laisse-moi te donner un conseil, fiston: dans ce pays, c'est très mal vu de toucher au cheval d'un autre homme... " (Joël McCrea, Cattle Drive, 1951)
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Re: Du Sang dans la Sierra - Relentless - 1948 - Georges Sherman

Messagepar Arizona Kid » 01 déc. 2018 21:38

Ouaip, ce n'est pas ma faute si je n'aime pas hurler avec les l... heu les coyotes :lol: :mrgreen:
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Re: Du Sang dans la Sierra - Relentless - 1948 - Georges Sherman

Messagepar pass » 01 déc. 2018 22:04

Arizona Kid a écrit : Duel dans la Sierra a dans ses atouts un scénario simple ...


Confusion quand tu nous tiens :sm57: , certes même genre et même réalisateur mais il y a 10 ans d'écart !!.

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Re: Du Sang dans la Sierra - Relentless - 1948 - Georges Sherman

Messagepar Moonfleet » 01 déc. 2018 22:32

On a aussi le droit de ne pas aimer un film sans à chaque fois se faire traiter de grincheux et blasé. Et aussi de leur préférer n'importe quel Tarantino :twisted: :mrgreen:

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Re: Du Sang dans la Sierra - Relentless - 1948 - Georges Sherman

Messagepar Arizona Kid » 02 déc. 2018 7:31

Merci de m'avoir signalé cette bourde, Pass :wink:
Le pire, c'est que je pensais avoir trouvé un moyen mnémotechnique de ne pas confondre les deux films: Du Sang = 48 ; Duel = 58.
La preuve que ça n'a pas marché...
' Faut dire aussi qu'avec tous ces titres français qui se ressemblent, il y a parfois de quoi en perdre son latin, comme je le disais il y a quelques semaines à Sitting Bull :lol:
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Re: Du Sang dans la Sierra - Relentless - 1948 - Georges Sherman

Messagepar Winchester73 » 12 mars 2019 14:55

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(Scène pas dans le film.)

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Re: Du Sang dans la Sierra - Relentless - 1948 - Georges Sherman

Messagepar Arizona Kid » 21 mars 2019 14:11

Avoir causé de la mignonette Marguerite Chapman dans la rubrique Biographies, l'autre jour, m'a donné envie de revoir cette sympathique série B: et malgré les incrustations de décors naturels souvent médiocres, je dois dire que j'apprécie toujours autant ce western de George Sherman :mrgreen:
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Re: Du Sang dans la Sierra - Relentless - 1948 - Georges Sherman

Messagepar Moonfleet » 19 avr. 2019 8:36

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Du Sang dans la Sierra (Relentless - 1948) de George Sherman
COLUMBIA


Avec Robert Young, Marguerite Chapman, Willard Parker, Akim Tamiroff
Scénario : Winston Miller
Musique : Marlin Skiles
Photographie : Edward Cronjager (Technicolor 1.37)
Un film produit par Eugene B. Rodney pour la Columbia


Sortie USA : 20 février 1948


Nick Buckley (Robert Young) arrive dans une petite ville minière où il cherche un abri le temps que sa jument mette bas. Sur place, deux vieux prospecteurs qui viennent de trouver un filon lui proposent de venir faire une halte dans leur petite cabane. Dans le même temps Nick fait la connaissance de Luella (Marguerite Chapman), une vendeuse ambulante qui lui prodigue provisions et conseils. Ayant claironné un peu fort leur nouvelle fortune, les deux chercheurs d’or se font assassiner la nuit-même, les criminels subtilisant leur ‘carte au trésor’. Tous les soupçons se portent évidemment sur Nick qui, activement pris en chasse par le shérif (Willard Parker) et ses hommes, n’a d’autres solutions que de fuir avec l’aide de Luella. En cours de route, l’un des deux meurtriers lui ayant volé sa jument, Nick le tue en état de légitime défense et part sur les traces de son complice (Barton MacLane) afin de pouvoir être disculpé du crime dont on l’accuse. Une traque multiple s’engage, rendue encore plus difficile lorsque deux autres bandits (Akim Tamiroff et Mike Mazurki), attirés par l’odeur de l’or, se mêlent à cette course-poursuite…


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Lorsque George Sherman réalise Du sang dans la Sierra (encore un titre français qui n’annonce pas vraiment le ton d’ensemble du film, bien plus familial et bon enfant que véritablement violent), le prolifique cinéaste a déjà une soixantaine de films à son actif, quasiment tous inconnus dans notre contrée ! Autant dire qu’il reste encore de quoi défricher au sein de cette conséquente filmographie. En 1948, Relentless précède la période qualitativement faste du cinéaste qui débutera la même année lorsqu’il signera juste après un contrat pour le studio Universal. En attendant cette suite de westerns ou films d’aventure colorés et hautement divertissants (voire plus concernant des petits bijoux comme par exemple Tomahawk), le western Columbia qui nous concerne ici s’avère au contraire malheureusement assez mauvais. C’est d’autant plus dommage que formellement il se révèle être d’excellente tenue ainsi qu'un véritable régal pour les yeux si l'on veut bien les fermer sur les vilaines transparences pour certains plans rapprochés en extérieurs (une véritable calamité 'tue le plaisir' que justement Universal évitera le plus souvent possible).


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En effet, dès les premières séquences on est visuellement sous le charme de ce petit western tout public qui bénéficie tout d’abord du fameux Technicolor Trichrome auquel on a l’habitude de rattacher le qualificatif tout à fait légitime de flamboyant. On ne se lasse pas des éclairages de certains plans nocturnes comme ceux de l’arrivée en ville sous la pluie des chercheurs d’or, de la photographie lumineuse des séquences de neige ou encore de ces amples plans d’ensemble splendidement cadrés. On trouve aussi de temps en temps de magnifiques gros plans sur les visages ainsi que des idées de mise en scène tout à fait réjouissantes comme celle du meurtre hors-champ des deux prospecteurs en tout début du film, la caméra fixée sur la porte attendant même la sortie des assassins que l’on a cependant auparavant entraperçu derrière la fenêtre. Éprouvé par tant d’années derrière la caméra, George Sherman n’a pas non plus son pareil (hormis dans le domaine de la série B, Budd Boetticher et André de Toth) lorsqu’il s’agit de filmer une chevauchée ; et il est vrai que dès que ça se met à caracoler dans tous les sens, le spectacle est à la fois nerveux et plaisant. On ne peut guère non plus trouver à redire concernant la direction d’acteurs, le couple constitué par Robert Young (Le Grand Passage – Northwest Passage de King Vidor) et Marguerite Chapman (Ton heure a sonné - Coroner Creek de Ray Enright) n’étant pas non plus des plus désagréables ; même s’ils n’accomplissent pas des miracles, les séquences qui réunissent ces deux personnages indépendants sont même charmantes notamment lorsque Robert Young fait l’éloge d’une vie de vagabondage, profitant dans la même scène pour faire connaitre son côté féministe, confidence assez rare pour l’époque dans le cinéma hollywoodien. Quant aux seconds rôles, ils ne sont pas non plus déplaisants, que ce soit Willard Parker dans le rôle du shérif ou Barton MacLane dans celui de l’assassin. En revanche, Akim Tamiroff ne peut pas s’empêcher de cabotiner, ce qui peut néanmoins sembler logique au vu de ce que le scénariste lui a donné à faire.


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Car c’est principalement là que le bât blesse. On se demande ce qui a pris à Winston Miller, le scénariste de My Darling Clementine (La Poursuite infernale) de John Ford, pour pondre un script aussi inepte, aussi peu crédible et aussi peu captivant, qui ne repose que sur la tentative pour le héros de chercher à prouver son innocence en allant chercher à appréhender le véritable coupable. Idée et histoire d'ailleurs pas plus bêtes qu’une autre… à condition de la narrer avec un minimum de conviction et sans devoir en passer par des digressions aussi infantiles que tout ce qui tourne autour des chevaux et de l'ânesse ; l'improbable mélange âpreté/naïveté n'est ici pas des plus heureux. Ce qui a pour conséquences que l'on finit par complètement se désintéresser de tout ce qui peut arriver aux différents protagonistes tellement l’ensemble manque également de tension et de rigueur. Tout ce petit monde joue au chat et à la souris dans un environnement majestueux, se tombant sans arrêt dessus au détour d’un chemin, la carriole de Marguerite Chapman se trouvant toujours là au bon endroit et au bon moment comme tombée du ciel. L’humour n’est pas des plus légers, la description de la plupart des protagonistes manque singulièrement de nuances et de vraisemblance, les situations se suivent à un rythme effrénée sans jamais nous envouter une seule seconde, seul le début de romance entre Robert Young et Marguerite Chapman arrivant à nous sortir de la torpeur qui nous envahit peu à peu. Et ce n’est pas cette bien trop longue séquence finale qui va nous rabibocher avec le film surtout qu’elle est suivie par une fin bâclée comme vous ne pouvez même pas vous l’imaginer.


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Hormis un travail très professionnel délivré par George Sherman, un Technicolor qui nous en met plein les mirettes (dont un superbe coucher de soleil et des costumes qui en jettent), une composition musicale agréable de Marlin Skiles et un premier quart d’heure qui nous laissait présager un agréable divertissement, un western de série sans grand intérêt à cause principalement "d’un scénario benêt et de héros ne faisant pas fantasmer" comme se plait à le décrire Bertrand Tavernier lors de sa présentation du film sur le DVD Sidonis.



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