Joseph CALLEIA (1897-1975)

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DEMERVAL
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Joseph CALLEIA (1897-1975)

Messagepar DEMERVAL » 25 nov. 2017 8:00

Son nom complet était Joseph Alexander Caesar Herstall Vincent Calleja – mais il était mieux connu sous le nom de Joseph ou Joe Calleia, un des méchants d’Hollywood les plus reconnaissables. Mais les racines de Calleia et ses talents excédèrent largement ceux d’un acteur de second plan. Il naquit, le 4 août 1897, à Malte, ce rocher désertique dans la Méditérranée, situé entre l’Italie et l’Afrique du Nord à la haute importance historique. La culture maltaise était au croisement de diverses peuplades (partiellement arabes) constitués de pêcheurs intrépides, de navigateurs et de guerriers –comme ils le prouvèrent au 16ème siècle contre les turcs – et cette culture était fière. Mais cela ne pouvait pas convenir à Joseph Calleia qui, né avec une belle voix de chanteur et un talent pour la composition, rejoignit un groupe d’harmonicistes qui quitta l’île pour le continent en 1914. L’Europe connaissait alors les premiers soubresauts de la première guerre mondiale et le groupe de Joseph effectua une tournée des villes en guerre en y fréquentant les cafés et les music halls. Il se rendit à Paris et puis finalement à Londres pour y répondre à quelques engagements comme chanteur. Et de là l’attractivité du Nouveau Monde l’attira à New York en 1926.
Ce fut une transition toute naturelle pour un chanteur que de devenir acteur. Joseph Calleia joua dans sa première pièce à Broadway dans un drame original intitulé, de manière appropriée, "Broadway" et ce pour une longue période qui s’écoula de la fin de 1926 au début de 1928. Ce fut la première des sept pièces dans lesquelles il apparut jusqu’au début de 1935. Il assuma le double rôle d’acteur et de directeur en 1930-1931 pour la production de "Grand Hotel". Il reçut de bonnes critiques (étant même appelé un jour une "lumière étincelante" de Broadway) et il avouera plus tard que ses années sur les planches furent ses meilleurs souvenirs d’acteur. En 1931, il avait déjà d’autres projets à assouvir. Hollywood l’avait remarqué, car son intensité contrainte comme acteur correspondait en tous points avec son visage singulier – des yeux aux lourdes paupières et un teint foncé qui lui donnèrent un aspect inquiétant et menaçant. Cependant, quelquefois son débit narratif cadencé trahissait le bon chanteur. Il avait juste assez d’accent pour le faire passer pour un latin, un grec ou un citoyen du Moyen-Orient. Bien sûr, son apparence signifia, à ses débuts à la MGM, des rôles de méchants, comme dans son premier film datant de 1931.
En 1935 son look lui permit de décrocher le rôle de Sonny Black, le chef de la pègre aux multiples facettes. Ses textes délivrés avec les dents serrées finirent d’affirmer sa personnalité. Tout au long des années 1930, il fut souvent stéréotypé dans des rôles de truand avec diverses variantes. Toujours flanqué de son apparence élancée et famélique, il fut le propriétaire du club dans Nick, gentleman détective (1936) et incarna un policier fédéral dans l’atmosphérique Casbah (1938). Il prit même le temps d’écrire le scénario du film Robin Hood of El Dorado (1936) avec le vétéran Warner Baxter. Joseph Calleia termina la décennie avec des rôles à l’opposé de ses apparitions précédentes quelques peu spectrales comme le rôle d’un prêtre dans Full Confession (1939) et son rôle plus mémorable en tant que Vasquez, le criminel traduit en justice voyageant à bord du malchanceux DC- 3 qui s’écrase dans les hautes terres de l’Amazonie infestée de coupeurs de tête dans Quels seront les cinq? (1939). C’est un film d’aventures classique – repris plus tard avec Rod Steiger – comportant une imposante distribution d’acteurs dont la craquante rouquine Lucille Ball.
Durant les années 1940, Joseph Calleia fut casté dans d’autres rôles ethniques, particulièrement des rôles d’espagnols divers. Mais ses rôles furent néanmoins mémorables comme celui d’El Sordo dans Pour qui sonne le glas (1943) et celui de Rodriguez dans La croix de Lorraine (1943). Mais deux rôles sortent du lot. Celui de Buldeo dans la classique production d’Alexander Korda, Le livre de la jungle (1942) fut l’un de ses rôles préférés, un double rôle, à savoir celui d’un villageois trouble-fête et celui du même homme maintenant âgé et sage qui raconte des histoires aux enfants du village. Le maquillage est si crédible et Joseph s’éclate tellement dans ce double rôle que la plupart des spectateurs sont surpris quand le vieil homme révèle son identité. Plus conforme au courant majeur d’Hollywood fut son rôle du Détective Obregon dans Gilda (1946). Il est l’homme droit dans ses bottes – mais il apparait tellement rusé et narquois avec son regard en coin de l’œil dont il gratifie les héros principaux - Glenn Ford et Rita Hayworth – que l’on est plus du tout sûr de sa rectitude. A la fin du film il a la tâche, comme le chœur dans une pièce de Shakespeare, d’expliquer et de résumer l’intrigue du film et ce ne fut peut-être pas du meilleur goût mais ce fut le choix du réalisateur. Ses rôles secondaires fut moins nombreux à la fin des années 1940 et plus tard dans les années 1950, Joseph retrouvant ses stéréotypes tout en les nuançant. Il n’eut pas grand-chose de plus qu’un rôle figuratif en chef Indien Cuyloga (les rôles de chefs indiens étant souvent le lot des quelques acteurs vétérans des années 1950 à Hollywood). Joseph Calleia s’aventura brièvement à la télévision durant cette époque.

Mais également de ces années date un autre de ses rôles les plus mémorables. Sans aucun doute, La soif du mal (1958) est l’un des plus étranges ultimes efforts d’Orson Welles, en tant que réalisateur. Ce film flirte avec l’inégal mais est si décalé que d’aucuns ne peuvent s’empêcher de le regarder et d’apprécier vraiment tous les artifices de la technique si brillante de Welles: l’ombre et la lumière, les angles fantaisistes de prises de vue, des gringos interprétant des Mexicains et des performances dramatiques des acteurs au-dessus de la moyenne avec des vétérans aux personnalités bien trempées comme Marlene Dietrich, Akim Tamiroff, Joseph Calleia bien sûr et Orson Welles ressemblant lui-même à un capitaine de police des bas-fonds utilisant cette voix inimitable qui fut la sienne. Joseph Calleia, avec des cheveux blancs, est le vieux sergent fatigué Menzies, longtemps associé avec le personnage miteux de Welles. Effectuant ce qu’il avait toujours fait,en dissimulant et en brouillant les pistes, Menzies, à la fin, doit faire face à la vérité au sujet de son capitaine corrompu. Joseph Calleia adora ce rôle à contre emploi- en montrant un homme tourmenté par son passé et hanté par ses secrets obscènes - vulnérable – et très humain. C’est un grand rôle.
En 1963 Calleia tira sa révérence et s’éloigna d’Hollywood. Il retourna dans sa Malte natale pour y couler des jours heureux bien mérités. Les Maltais avaient suivi la carrière de leur compatriote et il avait de son côté rendu plusieurs visites à sa terre natale durant sa carrière. Sans surprise son plus grand fan club se trouvait à Malte. Il était un homme gentil et généreux et était très apprécié de ses admirateurs quel que soit l’endroit où ils se trouvaient – toujours prompt à lire leurs lettres et à leur envoyer des photos dédicacées. Ce fut totalement pince-sans-rire qu’il aurait supposément lancé d’un ton malicieux: "Tout le monde reconnait mon visage, mais personne ne connait mon nom." Après sa mort survenue à 78 ans, le 31 octobre 1975 à Malte, le gouvernement de l’île publia deux timbres à son effigie (1997) pour l’honorer. Une statue fut érigée devant sa maison dans laquelle fut inauguré un musée honorant ce grand personnage maltais qui dispensa le bien.
Sa contribution au western fut la suivante :
Arizona Bill de J. Walter Ruben (1937), Ben
Juarez de William Dieterle (1939), Alejandro Uradi
Wyoming de Richard Thorpe (1940), John Buckley
Four Faces West de Alfred E. Green (1948), Monte Marquez
The Palomino de Ray Nazarro (1950), Miguel Gonzales
Marqué au fer de Rudolph Maté (1950), Rubriz
La maîtresse de fer de Rudolph Maté (1952), Juan Moreno
Le trésor de Pancho Villa de George Sherman (1956), Pablo Morales
Have Gun-Will Travel, un épisode, le shérif Sam Truett dans « The Manhunter » (1958)
Zorro, un épisode, Padre Simeon dans « The Sergeant Sees Red » (1959)
Alamo de John Wayne (1960), Juan Seguin

DEMERVAL
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Re: Joseph CALLEIA (1897-1975)

Messagepar DEMERVAL » 27 nov. 2017 13:08

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