Louise BROOKS (1906-1985)

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DEMERVAL
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Louise BROOKS (1906-1985)

Messagepar DEMERVAL » 30 sept. 2017 8:33

Née à Cherryvale, Kansas, le 4 novembre 1906, Mary Louise Brooks était la fille de Leonard Porter Brooks, un avocat, qui était habituellement trop occupé avec son travail pour discipliner ses enfants, et Myra Rude, une mère artiste qui détermina que chaque "braillard qu’elle avait enfantée pouvait prendre soin de lui-même ".
Rude était une pianiste talentueuse qui jouait du Debussy et du Ravel pour ses enfants, leur inculquant ainsi avec l’amour des livres et de la musique.
Quand elle eut 9 ans, un prédateur sexuel de son voisinage abusa de Louise. Cet évènement eut un impact majeur sur la vie et la carrière de Brooks , l’empêchant, comme elle le dira vers la fin de sa vie, de vivre pleinement un amour . Elle affirma aussi que cet homme "doit avoir pleinement participé à former mon attitude face au plaisir sexuel ....Pour moi, les hommes gentils et doux ne furent jamais suffisants– ils devaient être un élément de la domination". Quand Brooks raconta enfin l’incident à sa mère, plusieurs années plus tard, sa mère suggéra que cela était probablement arrivé à cause d’elle pour l’avoir "attiré".
Brooks commença sa carrière dans l’industrie du divertissement comme danseuse, en rejoignant la compagnie de danse moderne de Denishawn à Los Angeles (dont les membres comprenaient Ruth St. Denis et Ted Shawn, ainsi que la jeune Martha Graham) en 1922. Durant la seconde saison avec la compagnie, Brooks avait décroché un des rôles principaux dans un numéro face à Ted Shawn. Un long conflit larvé entre Brooks et St. Denis éclata cependant au grand jour et St. Denis expulsa sans ménagement Brooks de la troupe en 1924, lui disant en face des autres membres que "Je te renvoies de la compagnie parce que tu veux que le vie te soit servie sur un plateau d’argent ". Les mots firent une forte impression sur Brooks; quand elle dut formuler un aperçu pour un roman autobiographique en 1949, "Le plateau d’argent" fut le titre qu’elle donna au 10ème et ultime chapitre.
Grâce à son amie Barbara Bennett (sœur de Constance et Joan), Brooks trouva presque immédiatement un emploi comme chorus girl dans George White's Scandals, puis fit une apparition comme danseuse en 1925 dans l’édition des Ziegfeld Follies à Broadway. En résultat de son travail dans les Follies, elle attira l’attention du producteur de Paramount Pictures, Walter Wanger, qui lui fit signer un contrat de cinq ans avec le studio en 1925. (Elle fut aussi remarquée par Charlie Chaplin, qui était dans la ville pour la première de son film, La Ruée vers l’Or. Les deux eurent une aventure de deux mois durant cet été).
Brooks fit ses débuts à l’écran dans le film muet, L’école des mendiants, dans un rôle non crédité en 1925. Peu de temps après, elle jouait cependant les premiers rôles féminins dans un certain nombre de comédies légères muettes, face à des acteurs comme Adolphe Menjou et W. C. Fields, entre autres.
Elle fut remarquée en Europe pour son rôle-clé de vamp dans le film réalisé par Howard Hawks , Une fille dans chaque Port en 1928.
Dans un des premiers films dramatiques parlants, Les mendiants de la vie (1928), Brooks incarnait une jeune fille abusée qui tuait son père adoptif dans un moment de désespoir. Un vagabond, Richard Arlen, arrivait alors sur la scène du crime et convainquait Brooks de se déguiser en jeune homme pour échapper à la loi en "snifant les rails" avec lui. Dans un campement de vagabonds, ou une "jungle," ils rencontraient un autre clochard, Wallace Beery. Le déguisement de Brooks était rapidement découvert et elle se retrouvait être la seule femme dans un monde de brutes, d’hommes avides de sexe. La plupart du film fut tourné en extérieurs et le microphone à perche fut inventé pour ce film par le réalisateur William Wellman, qui en avait besoin pour une de ses premières scènes expérimentales parlées.
A ce moment de sa vie, elle vivait avec des gens riches et célèbres et était une invitée régulière de William Randolph Hearst et sa maîtresse, Marion Davies, au San Simeon, étant une proche amie de la nièce de Marion Davies, Pepi Lederer. Sa coupe de cheveux distinctive au carré l’aida à lancer une mode ; de nombreuses femmes copièrent sa coiffure tout comme sa camarade de cinéma, Colleen Moore. Peu de temps après le tournage de Mendiants de la Vie, Brooks, qui détestait la "scène" hollywoodienne, refusa de rester chez Paramount après que le studio lui ait refusé une hausse de salaire pourtant promise et elle quitta pour l’Europe pour faire un film pour G. W. Pabst, l’éminent réalisateur expressionniste autrichien.
Paramount essaya de faire pression sur l’actrice en se servant de l’avènement du parlant mais elle rejeta le bluff du studio. Il fallut attendre 30 ans pour que ce déménagement rebelle soit finalement considéré comme incontestablement le plus avisé de sa carrière, lui amenant l’immortalité d’une légende du cinéma muet et d’un esprit indépendant. Malheureusement, alors que son snobisme de la Paramount n’aurait pas dû à lui seul mettre fin à sa carrière hollywoodienne, son refus, après être revenu d’Allemagne, de retourner chez Paramount pour une reprise parlante de The Canary Murder Case (1929) la plaça irrémédiablement sur la liste noire officieuse. L’actrice Margaret Livingston fut employée pour doubler la voix de Brooks pour le film et le studio affirma que la voix de Brooks n’était pas adaptée pour les films parlants.
Une fois en Allemagne, elle fut la vedette, en 1929, du film Loulou, réalisé par Georg Wilhelm Pabst au cours de sa période de Nouvelle Objectivité. Le film est basé sur deux pièces de Frank Wedekind (Erdgeist et Die Büchse der Pandora) et Brooks incarne le personnage central, Lulu. Ce film est notable pour son traitement sans détour des mœurs sexuelles modernes, dont une des premières interprétations cinématographique d’une scène lesbienne. Brooks fut ensuite la star du controversé drame social, Trois pages d’un Journal (1929), basé sur le livre de Margarete Böhme, également réalisé par Pabst et de Miss Europe (1930) du réalisateur italien Augusto Genina, ce dernier film étant tourné en France et comprenant une fin surprenante. Tous ces films furent lourdement censurés car ils étaient très adultes et considérés comme choquants pour leur époque à cause de leur approche de la sexualité, ainsi que de leur satire sociale.
Quand elle retourna à Hollywood en 1931, elle fut castée dans deux films traditionnels : God's Gift to Women (1931) et It Pays to Advertise (1931). Ses performances dans ces films, furent cependant largement occultées et elle ne reçut que peu de propositions à cause de son officieuse présence sur la liste noire.
Malgré cela, William Wellman, son réalisateur dans Mendiants de la Vie, lui offrit le rôle féminin principal de son nouveau film, The Public Enemy avec James Cagney. Cependant, Brooks refusa le rôle pour rendre visite à son amant d’alors, George Preston Marshall à New York City et le rôle échut alors à Jean Harlow, qui commença son ascension vers le vedettariat. Brooks s’expliqua plus tard avec Wellman en lui disant qu’elle haïssait faire des films tout simplement parce qu’elle "détestait Hollywood" et selon l’historien du cinéma James Card, qui devait plus tard connaître intimement Brooks, "Elle n’était simplement plus intéressée .... Elle était plus intéressée par Marshall".
Dans l’opinion du biographe de Brooks, Barry Paris, "refuser Public Enemy marqua la vraie fin de la carrière de Louise Brooks". Elle fit un film supplémentaire à cette époque, un court métrage comique, Windy Riley Goes Hollywood (1931), réalisé par le paria d’Hollywood, Roscoe "Fatty" Arbuckle, qui travaillait alors sous le pseudonyme de "William Goodrich".
Brooks se déclara en banqueroute en 1932 et commença à danser dans des boîtes de nuit pour gagner sa vie. Elle tenta un retour en 1936 et endossa un petit rôle dans le western Empty Saddles, ce qui amena Columbia à lui offrir un bout d’essai, condition pour apparaître dans la comédie musicale de 1937, When You're in Love, non créditée dans un rôle de ballerine. Elle fit deux films supplémentaires dont le rôle principal face à John Wayne dans Overland Stage Raiders (1938), un western de série "B" dans lequel elle interprétait la petite amie avec une longue chevelure qui la rendait quasiment méconnaissable par rapport à ses jours de Lulu.
Brooks retourna alors brièvement à Wichita, où elle fut élevée. "Mais cela tourna finalement de nouveau en cauchemar » dit-elle. "Les citoyens de Wichita, ou me prirent pour une ex star ou me méprisèrent pour avoir essuyé un échec. Et cela ne fut du tout marrant pour moi d’être parmi eux. Je dois confesser une malédiction éternelle : Mon propre échec comme créature sociale." Après une tentative infructueuse de diriger une salle de danse, elle retourna vers l’Est, et après quelques brèves apparitions à la radio comme actrice et échotière, travailla comme vendeuse au magasin Saks de la 5ème avenue de New York City pendant quelques années, puis vécut comme courtisane auprès de quelques richards qui devinrent ses clients.
« J’ai trouvé que la seule carrière rémunératrice qui s’ouvrait à moi comme actrice ratée de 36 ans, était celle d’une call girl ... et (j’) ai commencé à flirter avec des hommes huppés que j’assimilais à des petites bouteilles que je remplissais de somnifères jaunes ».
Brooks avait été une grosse consommatrice d’alcool depuis l’âge de 14 ans mais elle resta relativement sobre pour commencer à écrire pour des films, ce qui devint sa seconde carrière. Durant cette période, elle commença à écrire son premier projet majeur , un roman autobiographique intitulé Naked on My Goat, un titre emprunté au Faust de Goethe. Après avoir travaillé sur ce roman pendant plusieurs années, elle détruisit le manuscrit en le jetant dans un incinérateur.
Toute sa vie elle fut notoirement connue pour être une dépensière et elle était gentille et généreuse avec ses amies, jusqu’à l’excès.
Les historiens français du cinéma redécouvrirent ses films au début des années 1950, la proclamant une actrice qui surpassait même Marlene Dietrich et Greta Garbo, une icône du cinéma. Cela devait amener la rediffusion de ses films et la réhabilitation de son nom aux Etats-Unis.
James Card, le conservateur des films de la George Eastman House, découvrit Brooks vivant recluse à New York City et la persuada de déménager à Rochester, New York pour être proche de la collection de la George Eastman House. Avec son aide, elle devint une scénariste de films notable avec ses propres droits. Un recueil de ses écrits, Lulu in Hollywood, fut publié en 1982. Elle fut profilée par le scénariste de film Kenneth Tynan dans son essai, "The Girl in The Black Helmet", un titre qui faisait allusion à sa coiffure carrée, portée depuis sa naissance, un style de coiffure qu’elle popularisa, avec d’autres actrices comme Colleen Moore.
Elle donna rarement des interviews mais avait des relations spéciales avec les historiens John Kobal et Kevin Brownlow. Dans les années 1970, elle fut interviewée intensément, sur le cinéma, pour les documentaires, Memories of Berlin: The Twilight of Weimar Culture (1976), produits et réalisés par Gary Conklin, et pour la série documentaire Hollywood (1980) de Brownlow et David Gill. Lulu in Berlin (1984) est une autre rare interview filmée, produite par Richard Leacock et Susan Woll, diffusée un an avant sa mort, mais filmée une décennie plus tôt. L’auteur Tom Graves fut autorisé à entrer dans l’appartement de Brooks pour une interview en 1982 et relata plus tard dans son article "My Afternoon With Louise Brooks" de son livre « Louise Brooks, Frank Zappa, & Other Charmers & Dreamers », la conversation tendue et gênante de l’époque.
A l’été de 1926, Brooks épousa Eddie Sutherland, le réalisateur du film qu’elle fit avec W. C. Fields, mais en 1927 tomba follement amoureuse de George Preston Marshall, le propriétaire d’une chaîne de blanchisseries et futur propriétaire de l’équipe de football des Washington Redskins, qu’elle avait rencontré lors d’une rencontre fortuite qu’elle qualifiera plus tard de "plus fatidique rencontre de ma vie". Elle divorça de Sutherland, principalement à cause de sa relation avec Marshall, en juin 1928.
En 1933, elle épousa le millionnaire de Chicago, Deering Davis, un fils de Nathan Smith Davis, Jr., mais le quitta soudainement en mars 1934 après seulement cinq mois de mariage, "sans un au-revoir... en ne laissant qu’un petit mot expliquant ses intentions ". Selon Card, Davis était juste "un autre élégant, admirateur nanti", rien de plus. Le couple divorça officiellement en 1938.
Malgré ses deux mariages, elle n’eut jamais d’enfants, se référant à elle-même sous le surnom de "Barren Brooks" (Brooks stérile). Parmi ses nombreux amants des années antérieures on trouva le jeune William S. Paley, le fondateur de CBS. Selon « Louise Brooks: Looking For Lulu », Paley fournit à Brooks une petite pension mensuelle pendant le reste de sa vie et, selon ledit documentaire, cette pension la préserva du suicide à un moment de sa vie.
Elle eut aussi une relation tumultueuse avec George Preston Marshall tout au long des années 1920 et 1930 (qu’elle décrivit comme abusive). Ce fut la raison principale de la signature d’un contrat avec Pabst. Marshall la demanda répétitivement en mariage mais après avoir découvert qu’elle avait eu de nombreuses relations amoureuses pendant qu’ils étaient ensemble, il épousa l‘actrice Corinne Griffith.
Selon son propre aveu, Brooks était une femme sexuellement libérée, pas effrayée par les expérimentations, posant complètement nue pour une photographie d’art et ses liaisons avec de nombreuses personnalités du cinéma furent légendaires, même si pour nombre d’entre elles, ce fut de la simple spéculation.
Brooks adorait encourager la spéculation sur sa sexualité, cultivant des amitiés avec des femmes lesbiennes et bisexuelles comme Pepi Lederer et Peggy Fears, tout en évitant les relations. Elle admit avoir eu quelques alliances lesbiennes, dont une nuit avec Greta Garbo. Elle décrivit plus tard Garbo comme étant masculine mais "une amante charmante et tendre". Malgré tout cela, elle se considérait elle-même ni lesbienne ni bisexuelle:
« J’ai eu beaucoup de plaisir à écrire 'Marion Davies' Niece' [un article au sujet de Pepi Lederer], laissant le thème du lesbianisme en suspens. Toute ma vie, cela a été du plaisir pour moi. ... Quand je serai morte, je crois que les scénaristes se concentreront sur mon présumé lesbianisme... J’ai fait beaucoup de choses pour qu’on y croie [...] Toutes mes amies étaient des lesbiennes. Mais c’est un point sur lequel je suis d’accord avec [Christopher] Isherwood: Il n’y a rien de mieux que la bisexualité. Les gens ordinaires, bien qu’elles s’accommodent entre elles, pour des raisons de prostitution ou de mariage, sont monosexuelles. En dehors de la curiosité, j’ai eu deux relations avec des femmes– elles ne me firent rien. »
Le 8 août 1985, Louise Brooks fut retrouvée morte de suites d’une crise cardiaque après avoir souffert d’arthrite et d’emphysème pendant de nombreuses années. Elle fut enterrée au Holy Sepulchre Cemetery de Rochester, New York.
Sa contribution au western fut la suivante :
Empty Saddles de Lesley Selander (1936), Boots Boone
Overland Stage Raiders de George Sherman (1938), Beth Hoyt

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Re: Louise BROOKS (1906-1985)

Messagepar Sitting Bull » 30 sept. 2017 11:17

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"Overland stage raiders"

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"Empty saddles"
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Re: Louise BROOKS (1906-1985)

Messagepar Hombre » 30 sept. 2017 19:34

:num1

Louise Brooks et le scénariste Keene Thompson durant le tournage de Now We're in the Air, en 1927 :


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