Gloria SWANSON (1899-1983)

Biographies et fiches d'acteurs, réalisateurs, ...
Liste des biographies
Règles du forum
:arrow: Liste des biographies


1 acteur ou réalisateur par topic
Merci de formater le titre de cette façon : Prénom Nom
(pas de titres totalement en majuscule)
DEMERVAL
Grand Sachem
Grand Sachem
Messages : 4676

Gloria SWANSON (1899-1983)

Messagepar DEMERVAL » 29 sept. 2017 17:39

Gloria May Josephine Swanson naquit dans une petite maison de Chicago le 27 mars 1899 d’ Adelaide (née Klanowski) et Joseph Theodore Swanson, un soldat. Elle fréquenta l’Académie Scholastique de Hawthorne. Son père était issu d’une stricte famille luthérienne d’origine suédoise et sa mère avait des ancêtres allemands, français et polonais.
A cause de l’attachement de son père à l’armée américaine, la famille déménagea fréquemment et Swanson finit par passer la majorité de sa jeunesse à Porto-Rico où elle apprit l’espagnol. Elle passa aussi du temps à Key West, Floride. Il ne rentrait pas dans ses intentions d’intégrer l’industrie du divertissement mais une de ses tantes l’emmena visiter une petite compagnie de films appelée Essanay Studios et cette dernière lui demanda de revenir pour faire de la figuration.
Après quelques mois passés à faire de la figuration avec d’autres acteurs comme Charlie Chaplin, en gagnant 13.50 dollars la semaine, Swanson quitta l’école pour travailler à plein temps pour le studio. Ses parents se séparèrent peu après et elle et sa mère déménagèrent en Californie.
Swanson fit ses débuts à l’écran en 1914 comme figurante dans The Song of Soul pour Essanay. Elle aurait apparemment demandé à figurer dans le film pour s’amuser. Essanay loua ses services pour figurer dans plusieurs films, dont His New Job, réalisé et interprété par Charlie Chaplin.
Swanson déménagea en Californie en 1916 pour apparaître dans les Keystone de Mack Sennett face à Bobby Vernon. Grâce à leur complicité à l’écran, la paire d’acteurs devint populaire. Le réalisateur Charley Chase se rappela qu’elle était "effrayée à mort" par les dangereuses cascades de Bobby Vernon. Rejetant ses peurs, elle coopéra cependant à de nombreuses reprises avec Vernon. Parmi les films encore existants dans lesquels ils apparaissent ensemble figurent The Danger Girl (1916), The Sultan's Wife (1917) et Teddy at the Throttle (1917).
En 1919 elle signa un contrat avec Paramount Pictures et travailla souvent avec Cecil B. DeMille, qui en fit une actrice principale romantique dans des films comme Après la pluie, le beau temps (1919, L’admirable Crichton (1919) avec la fameuse scène dans laquelle elle posait en "Epouse du Lion " avec un vrai lion, L’échange (1920), L’amour a-til un maître ?(1920) et Le cœur nous trompe (1921).
En l’espace de deux années, Gloria Swanson fut propulsée star et devait devenir l’une des actrices les plus recherchées d’Hollywood. Elle apparut plus tard dans une série de films réalisés par Sam Wood. Elle fut la vedette de Le droit d’aimer (1922) avec son vieil ami Rudolph Valentino. (Longtemps considéré comme étant un film perdu, Le droit d’aimer fut redécouvert en 2004 dans une collection privée aux Pays-Bas et est maintenant accessible en DVD). Swanson continua à faire des films dramatiques en costumes pendant les quelques années qui suivirent. Ses films étaient si rentables pour Paramount que le studio eut peur de la perdre et accéda à beaucoup de ses caprices et revendications.
Durant la période de gloire de Gloria Swanson, les spectateurs allaient voir ses films non seulement pour ses performances mais aussi pour voir ses tenues de scène. Elle était souvent ornementée avec des perles, des joyaux, des plumes de paon et d’autruche et autres pièces extravagantes de haute couture. Ses coiffures et ses joyaux furent copiés dans le monde entier. Elle fut la première des cavalières du grand écran et devint l’une des femmes célèbres les plus photographiées dans le monde.
En 1925, Swanson fut la vedette du film Franco-Américain Madame Sans-Gêne, réalisé par Léonce Perret. Le tournage fut pour la première fois autorisé sur de nombreux sites historiques relatant Napoléon. Bien qu’il fut bien perçu à sa sortie, aucune copie n’en demeure et le film est maintenant considéré comme perdu. Durant le tournage de Madame Sans-Gêne, Swanson rencontra son 3ème mari, Henri, Marquis de la Falaise, qui avait été embauché pour être son traducteur. Après avoir résidé quatre mois en France, elle regagna les Etats-Unis en tant que membre de la noblesse européenne, en fait avec le titre de Marquise. Son retour fut célébré aux USA par l’organisation de parades à New York et Los Angeles. Swanson apparut en 1925 dans un court métrage réalisé par Lee DeForest avec un procédé phonique Phonofilm. Elle fit un certain nombre de films pour Paramount, dont Le prix d’une folie, Vedette et Mondaine.
En 1927, elle décida de refuser un contrat d’un million de dollars par an (approximativement 13,6 millions de dollars de nos jours) avec Paramount pour rejoindre la nouvellement créée, United Artists, où elle fut son propre patron et put faire les films qu’elle voulait quand elle le désirait. Son premier film indépendant, Sunya, fut réalisé par Albert Parker, et était basé sur la pièce The Eyes of Youth de Max Marcin et Charles Guernon. Produit et interprété par Gloria Swanson, le film comprenait en costars John Boles et Pauline Garon. C’est l’histoire d’une jeune femme ayant la possibilité de voir dans le futur, dont son propre avenir avec différents hommes. L’histoire avait déjà été mise en scène précédemment sous le titre Eyes of Youth avec Clara Kimball Young (cette production fut aussi réalisée par Albert Parker et permis la découverte de Rudolph Valentino par June Mathis). La production fut pourrie par plusieurs problèmes, principalement par le manque d’un caméraman capable de traiter les complexes expositions doubles que Swanson n’était pas habituée à prendre et le tournage eut lieu à New York. La première du film eut lieu lors de l’inauguration du Roxy Theatre de New York City le 11 mars 1927. (Swanson fut photographiée dans les ruines du Roxy le 14 octobre 1960, durant la démolition du cinéma, par le photographe de Time-Life, Eliot Elisofon et la photo fut publiée dans le magazine Life.) La production avait été un désastre et Swanson ressentit que le succès serait plus que modeste. Sur le conseil de Joseph Schenck, elle retourna à Hollywood, où Schenck la pria de tourner quelque chose de plus commercial. Elle accepta mais finit au contraire par tourner le très controversé Sadie Thompson.
Ressentant qu’elle ne disposerait plus jamais d’une réelle indépendance comme elle en usait alors, Swanson décida qu’elle "voulait faire [sa] Ruée vers l’or". Schenck plaida auprès d’elle pour qu’elle fasse un film plus commercial comme The Last of Mrs. Cheyney mais Swanson pensa que c’était trop convenu et décida de faire appel au réalisateur Raoul Walsh, qui, à ce moment, venait de signer avec Fox Film Corporation. Walsh était connu pour avoir apporté des éléments controversés à l’industrie du film et lors de leur première rencontre suggéra la pièce de John Colton/Clemence Randolph, Rain (1923), basée sur une histoire de W. Somerset Maugham de 1921 intitulée Miss Thompson. Elle avait vu Jeanne Eagels interpréter le rôle à deux reprises et avait adoré.
A cause de son contenu, produire le film sous les strictes restrictions du Code Hays, allait être presqu’impossible. La pièce était sur l’officieuse liste noire et avait tranquillement été interdite de production un an plus tôt. Pour essayer de contourner la position du Code Hays, Swanson et Walsh abandonnèrent tous les blasphèmes, renommèrent "Révérend Davidson" "Mr. Davidson", et affirmèrent qu’il était dans l’intérêt de la moralité, de laisser Irving Thalberg, produire le film, lui qui avait produit The Scarlet Letter (1926) pour la MGM.
Swanson invita Will Hays à souper et résuma l’intrigue, en nommant l’auteur et les pierres d’achoppement. Selon Swanson, Hays fit une promesse verbale qu’il ne voyait aucun problème avec le tournage d’un tel film. Swanson s’arrangea pour obtenir les droits d’adaptation de la pièce en envoyant Schenck acheter prétendument le film au nom de United Artists. Ils purent alors acquérir les droits pour 60 000 dollars au lieu des 100 000 initialement demandés. Quand des nouvelles sortirent sur ce qu’ils entendaient faire de la pièce, les trois auteurs menacèrent d’ester en justice. Swanson contacta alors Maugham au sujet des droits pour une séquelle et il offrit de ne leur demander que 25 000 dollars. Maugham affirma que Fox avait demandé une séquelle au même moment que Swanson avait acheté les droits d’adaptation de l’histoire originale. La séquelle devait suivre les exploits postérieurs de Sadie en Australie, mais elle ne fut jamais écrite.
Swanson et Walsh entreprirent l’écriture du scénario et firent passer discrètement une publicité annonçant le film, en pendant que personne ne la verrait car Charles Lindbergh venait juste d’achever son vol historique au-dessus de l’Atlantique. Cependant, la presse la nota et s’en fit fortement l’écho. United Artists reçut un télégramme menaçant de deux pages de la part du MPAA 5Motion Picture Association of America) signé par tous ses membres, dont la Fox (le studio de Walsh) et Hays en personne. De plus, le reste des signataires possédait plusieurs milliers de cinémas et s’ils refusaient de commercialiser le film, cela pourrait être un désastre financier. Ce fut la première fois que Gloria Swanson entendit le nom de Joseph P. Kennedy, avec qui elle aura plus tard une aventure, et qui s’arrangea pour financer ses prochains films dont La reine Kelly (1929).
Swanson fut furieuse de la réponse, car elle pensait que ces studios avaient eux-mêmes déjà produit des films douteux et qu’ils étaient simplement jaloux de ne pas eux-mêmes pouvoir produire Rain. Après un second télégramme de menaces, elle décida d’en appeler en premier à la MPAA puis aux journaux. Elle ne reçut une réponse que de Marcus Loew, qui promit de faire appel en son nom et comme il possédait une chaîne de cinémas, cela aida à la résolution de quelques-unes de ses préoccupations. Comme tout le monde se murait dans le silence, elle en conclut que les charges avaient été abandonnées et commença à tourner Sadie Thompson pour lequel elle avait déjà investi 250,000 dollars. Avant de former la distribution, le jeune Douglas Fairbanks, Jr. voulait être auditionné pour le rôle de Handsome O'Hara. Cependant, Swanson sentit qu’il était trop jeune et immature pour le rôle. Lionel Barrymore avait le premier été choisi pour incarner Davidson mais l’on pensait qu’il était trop malade à l’époque mais il décrocha néanmoins le rôle. Barrymore porta la même tenue pendant une semaine complète ce qui exaspéra Swanson. Elle demanda aux techniciens de lui dire de se changer et de se laver, ce qu’il fit. En dehors de cela, Swanson fut satisfaite de sa performance. Walsh n’était pas apparu devant une caméra depuis huit ans et avait peur de ne pas être à la hauteur pour réaliser et interpréter en même temps. Cependant, après deux jours de tournage, ses craintes s’étaient dissipées.
Une grosse partie du tournage eut lieu sur l’île de Santa Catalina, près de Long Beach, Californie. Swanson tomba malade peu de temps après et rencontra le docteur qui devint le responsable de son addiction aux diètes macrobiotqiues. Une semaine après le début du tournage, Sam Goldwyn appela le caméraman George Barnes à venir le rejoindre. Swanson fut furieuse, mais le contrat du prêt autorisait Goldwyn à faire appel à qui il voulait. Ne désirant pas laisser des centaines de figurants dans l’inactivité pendant des jours, Swanson et Walsh essayèrent de recruter deux caméramen supplémentaires mais tous deux ne firent pas l’affaire. Mary Pickford avait offert les services de son caméraman favori, Charles Rosher, qui fut appelé sur les lieux mais, malgré un travail tout à fait convenable, il ne fut pas à la hauteur du travail fourni par Barnes. Swanson, se rappelant de la gentillesse manifestée par Marcus Loew durant l’affaire du télégramme, se tourna de nouveau vers lui, réclamant désespérément son aide. Bien que Loew était malade et devait décéder peu de temps après, il dit à la MGM de lui donner qui que ce soit qu’elle désirait. MGM lui loua les services d’ Oliver Marsh et il termina le film.
Le fiasco engendré par le caméraman fut extrêmement coûteux pour la production, bien que le tournage se poursuivit. Le film à moitié terminé, il avait déjà dépassé le budget et Schenck était inquiet, car le premier film de Swanson avait lui aussi dépassé le budget alloué et avait été une contre-performance. Swanson discuta avec ses conseils et vendit sa maison de Croton-on-Hudson, New York et offrit également de vendre son appartement de grand standing de New York City.
Malgré des rapports affirmant que des "gros" mots pouvaient être lus sur les lèvres des personnages, Swanson dit que les censeurs visionnèrent le film avec une apparente bienveillance. Cependant, Swanson admit qu’une des phrases qu’elle criait à Davidson disait, "Tu arracherais les ailes d’un papillon, espèce de fils de pute!", raconta-t-elle lors d’une conversation avec Walsh plus tard dans sa vie. Si le mot pluie était utilisé dans un titre, ils demandaient à ce qu’il soit retiré. Ils demandèrent aussi à changer le nom de Davidson mais Swanson et Walsh refusèrent.
Le film fut un succès et fut le seul film muet indépendant de Swanson à être rentable au box office. Ce fut l’un de ses derniers films rentables, avec L’intruse et Boulevard du crépuscule, deux films parlants. Faiblesse humaine (Sadie Thompson) rapporta 1,000,000 de dollars durant son exploitation américaine. Cependant, sur le conseil de Kennedy, Swanson avait vendu ses droits de distribution du film à Schenck, Kennedy craignant qu’il ne fut un échec commercial. Il n’apporta rien de plus à l’image de Gloria Swanson. Au même moment, La reine Kelly avait été un désastre et Swanson le regrettait. Faiblesse humaine parut aussi dans la liste des 10 meilleurs films de l’année. Ce fut le dernier rôle de Raoul Walsh, car il perdit par la suite un œil dans un accident. Le film fut nominé pour les Oscars de la meilleure actrice dans un rôle principal (Gloria Swanson) et pour l’Oscar du meilleur film. Gloria Swanson ne participa pas à la cérémonie car elle pensa toujours que c’était comme "comparer des pommes avec des oranges". Des revues contemporaines estimèrent que c’était un film osé mais excellent et louèrent la performance de Swanson. Aujourd’hui, le film, à l’exception de la bobine finale, subsiste en bonne condition.
Un des plus célèbres films non finis d’Hollywood, La reine Kelly (1929), fut réalisé par Erich von Stroheim et produit par Joseph P. Kennedy, Sr., père du futur Président John F. Kennedy. Produit en 1928–29, le film avait pour vedette Swanson dans le rôle-titre, avec Walter Byron et Seena Owen. C’est l’histoire du Prince Wolfram, fiancé à la folle Reine Regina V de Kronberg. Lors de manœuvres (infligées pour avoir convolé avec d’autres femmes), il espionne Kelly se promenant avec d’autres élèves du couvent. Captivé par sa beauté, il la kidnappe cette nuit-là dans le couvent, l’emmène dans sa chambre et lui annonce son amour pour elle. Quand la Reine les retrouve ensemble le matin suivant, elle fouette Kelly et la jette au dehors du château. La Reine Regina enferme ensuite Wolfram en prison pour son refus à la marier. Kelly se rend en Afrique orientale allemande pour visiter sa tante mourante et est forcée d’épouser le dégoûtant Jan. La tante meurt après le mariage et Kelly refuse de vivre avec Jan, devenant la patronne de la maison close de sa tante. Ses extravagances et son style lui gagnent le surnom de Reine Kelly.
Le tournage du coûteux film prit fin après que Swanson se fut plainte de Von Stroheim et de la tournure générale que le film prenait. Alors que les scènes européennes étaient pleines de sous-entendus et mettaient en scène un prince coureur de jupons et une reine nymphomane, les scènes situées en Afrique étaient lugubres et, pensa Swanson, répugnantes. Dans des interviews ultérieures, Swanson dit qu’elle avait été trompée par le script, qui se référait à son personnage arrivant en Afrique pour y diriger une salle de danse; en visionnant les épreuves de tournage, il devenait évident que la "salle de danse" était en fait un bordel.
Stroheim fut renvoyé et l’aventure africaine du film fut supprimée. Swanson et Kennedy voulait encore sauver la partie européenne du film, car celle-ci avait été coûteuse en costumes et en temps et possédait une valeur marchande. Une fin alternative fut tournée le 24 novembre 1931. Dans cette conclusion réalisée par Swanson et photographiée par Gregg Toland, le Prince Wolfram est montré visitant le palace. Une nonne le dirige vers la chapelle, où le corps de Kelly est étendu. Cela a été appelé la "Swanson ending". Le film ne fut pas projeté dans les salles américaines mais il le fut en Europe et en Amérique du Sud avec la fin « version Swanson ». Cela était dû à une clause existant dans le contrat de Stroheim.[
Un court extrait du film apparait dans Boulevard du crépuscule (1950), représentant une vieille star du cinéma muet, Norma Desmond, incarnée par Gloria Swanson. Von Stroheim est aussi un personnage important dans Boulevard du crépuscule dans le rôle de l’ex réalisateur, ex mari et actuel majordome de la star déchue. Durant les années 1960, La reine Kelly fut projeté à la télévision avec la Swanson ending et une introduction et une conclusion enregistrées par Gloria Swanson résumant l’histoire du film. En 1985, Kino International avait acquis les droits du film et restaura deux versions: une qui utilise des photos figées et des sous-titres afin de compléter le scénario et une autre avec la version finale du suicide européen.
Le 29 mars 1929, au bungalow de Mary Pickford chez United Artists, Swanson, Pickford, Douglas Fairbanks, Charles Chaplin, Norma Talmadge, John Barrymore, Dolores del Río et D. W. Griffith se rencontrèrent pour parler lors d’une émission radiodiffusée intitulée, The Dodge Brothers Hour, de leur volonté de réussir l’avènement du cinéma parlant. Afin de rebondir après le fiasco de La reine Kelly, Swanson se lança à pieds joints dans le parlant en tournant notamment, L’intruse (1929), Quelle veuve! (1930), Indiscret (1931), Le parfait accord (1933) et Musique dans l’air (1934).
L’intruse est l’histoire d’une femme entretenue qui maintient un style de vie fastueux. Le film avait pour vedettes Gloria Swanson, Robert Ames, Purnell Pratt, Henry B. Walthall et Wally Albright. Le film fut écrit et réalisé par Edmund Goulding, diffusé par United Artists et permit à Gloria Swanson d’être nominée aux Oscars pour ses débuts dans le parlant. Swanson chanta la chanson "Love, Your Magic Spell Is Everywhere" écrite par Goulding et Elsie Janis. L’intruse fut tourné simultanément dans une version muette et parlante et fut un immense succès.
L’intruse fut un film important pour Gloria Swanson, après le désastreux La Reine Kelly et le succès de Faiblesse humaine et lui permit d’être nominée pour son second Oscar. Malheureusement pour Swanson, L’intruse fut l’un de ses deux seuls succès lors du parlant, l’autre étant Boulevard du crépuscule, tourné 20 ans plus tard. Tous les autres films qui suivirent comme Quelle veuve!, Indiscret, Cette nuit ou jamais, Le parfait accord et Musique dans l’air furent tous des échecs au box-office. Malgré les déceptions qui suivirent L’intruse, Billy Wilder se rappela de Swanson, lui qui avait composé Musique dans l’air, quand il dressa le casting de Boulevard du crépuscule (1950) et il la choisit pour le rôle de Norma Desmond.
Bien qu’ayant effectué la transition vers le parlant, comme sa carrière déclinait, Swanson se relocalisa de manière permanente à New York City en 1938, où elle créa une compagnie appelée Multiprises, qui la conserva occupée durant les années de la seconde guerre mondiale. Cette petite compagnie avait comme seul but de venir en aide aux scientifiques et inventeurs juifs fuyant l’Europe pour s’installer aux Etats-Unis. Elle aida de nombreux juifs à s’évader et contribua à la création d’inventions utiles enregistrées par le biais de sa compagnie.
Swanson tourna un autre film pour RKO en 1941, Father Takes a Wife, commença à apparaître sur les planches et fut la vedette de sa propre émission télévisée en 1948. Elle se lança dans la peinture, la sculpture, écrivit sa propre chronique journalistique, fit des tournées théâtrales estivales, s’engagea dans la politique, la télévision et la radio, la confection de vêtements et d’accessoires de mode, tout en faisant épisodiquement des apparitions sur le grand écran. Mais il fallut attendre 1950, date de la sortie de Boulevard du crépuscule (ce qui lui amena une nouvelle nomination aux Oscars) pour que, de nouveau, elle soit reconnue.
Swanson fut en effet en 1950 la vedette de Boulevard du crépuscule, film dans lequel elle incarnait Norma Desmond, une star déchue du cinéma muet qui tombe amoureuse d’un jeune scénariste interprété par William Holden. Desmond vit dans le passé, assisté par son majordome Max, incarné par Erich von Stroheim. Ses rêves d’un retour en grâce sont subvertis au fur et à mesure qu’elle délire. Il y a, dans le film, des caméos d’acteurs de l’ère du cinéma muet dont Buster Keaton, H. B. Warner et Anna Q. Nilsson. Cecil B. DeMille joue son propre rôle dans une scène essentielle. Quelques-unes de ses répliques dans le film sont devenues cultissimes dont "La plus grande de toutes les stars"; "Je suis grande; c’est le cinéma qui est devenu petit"; "Nous n’avions pas besoin de dialogues, nous avions des visages"; et "D’accord, Mr. DeMille, je suis prête pour mes gros plans." Elle reçut sa troisième nomination à l’Oscar de la meilleure actrice mais perdit face à Judy Holliday pour Comment l’esprit vient aux femmes.
Swanson reçut par la suite d’autres offres d’emploi mais les refusa, en affirmant qu’elles avaient tendance à être de pâles imitations de Norma Desmond. Son dernier rôle majeur à Hollywood fut le mal perçu Three for Bedroom "C" en 1952. En 1956, Swanson tourna Les week-ends de Néron, avec Alberto Sordi, Vittorio de Sica et Brigitte Bardot. Sa dernière apparition à l’écran fut dans son propre rôle dans 747 en péril. Bien que Swanson ne fit que trois films après Boulevard du crépuscule, elle apparut dans de nombreuses séries télévisées et productions théâtrales durant ses dernières années.
Swanson fut l’animatrice d’une des toutes premières émissions télévisées en direct en 1948, The Gloria Swanson Hour, dans laquelle elle invitait des amis et autres. Swanson anima aussi plus tard une série télévisée anthologique, Crown Theatre with Gloria Swanson, dans laquelle elle jouait occasionnellement.
Tout au long des années 1960, 1970 et au début des années 1980, Swanson apparut dans diverses émissions de variétés et de talk-shows telles que The Carol Burnett Show en 1973 et The Tonight Show Starring Johnny Carson. Elle fut deux fois l’invité-mystère dans What's My Line. Elle joua dans "Behind the Locked Door" sur la Alfred Hitchcock Hour en 1964 et la même année fut nominée pour un Golden Globe pour sa performance dans L’homme à la rolls. Elle fit une apparition en guest star dans The Dick Cavett Show à l’été 1970, lors de la même émission que Janis Joplin, qui devait décéder plus tard dans l’année.
Elle fit une apparition notable en 1966 dans l’épisode de The Beverly Hillbillies, intitulé "The Gloria Swanson Story", dans lequel elle jouait son propre rôle. Dans l’épisode, les Clampetts croient de manière erronée que Swanson avait été destituée et décident de financer une comédie pour lancer son retour– dans un film muet. Son dernier rôle, en dehors de 747 en péril, eut lieu dans le téléfilm d’horreur, La révolte des abeilles (1974). Après s’être pratiquement retirée des écrans, Swanson apparut dans de nombreuses pièces au cours de ses dernières années, et ce à compter des années 1940. Elle effectua des tournées avec A Goose for the Gander, Reflected Glory et Let Us Be Gay. Après son succès dans Boulevard du crépuscule, elle fut la vedette à Broadway d’une reprise de Twentieth Century (1951) avec José Ferrer et de Nina avec David Niven. Son dernier grand rôle sur les planches eut lieu en 1971 dans la production à Broadway de Butterflies Are Free au Booth Theatre. Swanson apparut en 1973 dans The Carol Burnett Show, pour y faire un sketch dans lequel elle flirtait avec Lyle Waggoner. L’épisode fut intitulé "Carol and Sis/The Guilty Man."
En 1980, l’autobiographie de Gloria Swanson, Swanson on Swanson, fut publiée et devint un succès commercial. Kevin Brownlow et David Gill l’interviewèrent pour Hollywood (1980), une histoire télévisée de l’ère du cinéma muet.
Swanson devint une végétarienne aux alentours de 1928 et fut un défenseur précoce de l’alimentation saine, connue pour apporter avec elle ses propres plats dans des sachets en papier. Swanson expliqua à l’acteur Dirk Benedict les bienfaits des diètes macrobiotiques quand celui-ci combattit un cancer de la prostate à un âge précoce. Il avait refusé les thérapies conventionnelles et crédita ces sortes de diètes et l’alimentation saine pour sa guérison. En 1975, Swanson voyagea à travers les Etats-Unis pour aider à la promotion du livre Sugar Blues écrit par son mari, William Dufty.
Au début de 1980, l’autobiographie de 520 pages de Gloria Swanson, Swanson on Swanson, fut publiée par Random House et devint un best-seller national. Elle fut traduite en français, en italien et en suédois. La même année, elle dessina aussi un cachet postal pour l’United Nations Postal Administration.
Swanson fut durant toute sa vie une adepte de l’église luthérienne; son père était de descendance suédoise luthérienne. En 1964, Swanson prit la parole lors d’un meeting du "Project Prayer" devant 2,500 personnes au Shrine Auditorium de Los Angeles. La réunion, qui fut animée par Anthony Eisley, une star de la série Hawaiian Eye, appela à noyer le Congrès des Etats-Unis sous les lettres de soutien aux prières scolaires, suite à deux décisions prises en 1962 et 1963 par la Cour Suprême des Etats-Unis visant à interdire cette pratique contraire à l’Establishment Clause du premier amendement de la Constitution des Etats-Unis. Parmi ceux qui rejoignirent Swanson et Eisley lors du meeting du Project Prayer figurèrent Walter Brennan, Lloyd Nolan, Rhonda Fleming, Pat Boone et Dale Evans. Swanson déclara, "Grâce à Dieu nous sommes devenus la nation la plus libre, la plus forte et la plus riche de la Terre, devons-nous changer cela?"
Tout au long de sa vie et de ses nombreux mariages, Swanson fut toujours connue comme Miss Swanson. Bien qu’elle adopta légalement les noms de ses maris, sa propre personnalité et son renom les éclipsèrent toujours. Son premier mari fut l’acteur Wallace Beery, qu’elle épousa le jour de son 17ème anniversaire. Dans son autobiographie, Swanson on Swanson, Swanson écrivit que Beery l’avait violée la nuit du mariage. Il l’engrossa aussi en 1917. Ne voulant pas avoir l’enfant, il lui fit boire une décoction qui induisit un avortement et bien qu’ils travaillèrente encore ensemble chez Sennett, ils se séparèrent et divorcèrent finalement deux ans plus tard. Wallace Beery était une star majeure durant leur mariage mais il devait atteindre sa plénitude au début des années 1930 quand il devint l’acteur le plus payé de la MGM pendant plusieurs années.
Elle épousa Herbert K. Somborn (1919–1925), alors le président d’Equity Pictures Corporation et sera plus tard le propriétaire du restaurant Brown Derby, en 1919; ils eurent une fille, Gloria Swanson Somborn (7 octobre 1920 – 28 décembre 2000). Leur divorce, finalisé en janvier 1925, fit sensation et fit en sorte que Swanson eut une "clause morale" ajoutée à son contrat. Somborn l’accusa d’adultère avec 13 hommes dont Cecil B. DeMille; Rudolph Valentino; le Super Publiciste, Steve Hannagan et Marshall Neilan. Durant leur divorce Swanson voulut un autre enfant et en 1923 elle adopta un garçon, Sonny Smith (1922–1975), qu’elle renomma Joseph Patrick Swanson.
Le troisième mari de Gloria Swanson fut l’aristocrate français Henri, Marquis de la Falaise de la Coudraye, qu’elle épousa le 28 janvier 1925, après que le divorce d’avec Somborn fut finalisé. Bien qu’Henri était un Marquis et le petit-fils de Richard et Martha Lucy Hennessy de la célèbre famille Hennessy Cognac, il n’était pas riche et devait travailler pour vivre. Il avait initialement été embaûché pour être l’interprète de Swanson en France pendant qu’elle tournait Madame Sans-Gêne (1925). Swanson fut la première star de cinéma à rejoindre la noblesse européenne et le mariage fit sensation. Elle conçut un enfant avec lui mais avorta, ce qu’elle regretta dans son autobiographie.
Plus tard, Henri devint un cadre dirigeant de Pathé (USA) en France nommé par Joseph P. Kennedy, Sr., qui dirigeait le studio. D’aucuns affirment aujourd’hui qu’il obtint cette position, qui le maintint en France pendant 10 mois par an, simplement pour le garder hors du chemin. Ce mariage prit fin par un divorce en 1930. Peu de temps après, Henri se remaria avec l’actrice Constance Bennett.
Alors qu’elle était encore mariée à Henri, Swanson eut une aventure, pendant plusieurs années, avec Joseph P. Kennedy, le père du futur Président John F. Kennedy. Il devint son partenaire en affaires et leur relation fut un secret de polichinelle à Hollywood. Il s’occupa de toutes ses affaires commerciales et fut supposé lui avoir amené des millions. Malheureusement, Kennedy la quitta après le désastreux La Reine Kelly et ses finances se retrouvèrent alors en pire état qu’au moment de leur rencontre. Deux livres furent écrits sur leur aventure.
Après la fin de son mariage avec Henri et son aventure avec Kennedy, Swanson épousa Michael Farmer (1902–1975) en août 1931. A cause du fait que son divorce avec La Falaise n’avait peut-être pas été définitif au moment de ce quatrième mariage, elle se retrouva dans l’obligation de se remarier avec Farmer en novembre, date à laquelle elle était enceinte de quatre mois de Michelle Bridget Farmer, qui naquit le 5 avril 1932. Swanson et Farmer divorcèrent en 1934, après qu’elle se soit impliquée avec l’acteur britannique alors marié Herbert Marshall. Les média se firent largement l’écho de cette aventure avec Herbert Marshall. Après presque trois ans avec l’acteur, Swanson le quitta une fois qu’elle eut réalisé qu’il n’avait pas divorcé de son épouse, Edna Best. Dans un manuscrit rédigé de sa propre main des décennies plus tard, Swanson se rappela: "Je n’ai jamais été autant aimée que par Herbert Marshall."
En 1945, Swanson épousa William N. Davey et selon ses dires, après avoir découvert Davey dans un état alcoolique, elle et sa fille Michelle, croyant pouvoir l’aider, laissèrent une liste de documents des Alcooliques Anonymes dans l’appartement. Davey fit rapidement ses valises et quitta. Le divorce Swanson-Davey fut finalisé en 1946. Pendant les 30 ans qui suivirent, Swanson devait restée célibataire et capable de sauvegarder ses propres intérêts.
Le dernier mariage de Swanson survint en 1976 et dura jusqu’à sa mort. Son sixième mari, l’écrivain William Dufty (1916–2002), fut le coauteur de l’autobiographie de Billie Holiday, Lady Sings the Blues, en 1975, et l’auteur de la version anglaise de You Are All Sanpaku de Georges Ohsawa.
Dufty était un ghost-writer (un nègre) et journaliste, qui travailla de nombreuses années pour le New York Post, où il fut l’assistant de l’éditeur de 1951 à 1960. Il rencontra la première fois Swanson en 1965 et en 1967 les deux vivaient ensemble en couple. Swanson partagea le profond enthousiasme de son mari pour les diètes macrobiotiques et ils voyagèrent souvent ensemble pour parler du sucre et de la nourriture. Ils promurent son livre, Sugar Blues en 1975 et entretinrent ensemble une rubrique journalistique. Ce fut grâce à Sugar Blues que Dufty et Swanson firent la connaissance de John Lennon et Yoko Ono. Swanson témoigna pour lui lors de son audition à New York pour devenir un résident permanent aux Etats-Unis.
Dufty fut en 1980 le nègre de l’autobiographie de Swanson, Swanson on Swanson, basée sur les notes manuscrites prises par l’actrice antérieurement. Elle révisa personnellement plusieurs fois le manuscrit. Ils étaient des membres éminents de la haute société, possédant de nombreuses maisons et vivant à divers endroits dont New York City, Rome, au Portugal et à Palm Springs, Californie. Après la mort de Swanson, Dufty retourna à son ex domicile à Birmingham, Michigan. Il y décéda d’un cancer en 2002.
Swanson était une Républicaine acharnée et elle fit campagne en 1940 et en 1944 pour Wendell Willkie et en 1964 participa à la campgane présidentielle de Barry Goldwater. En 1980, elle fut la présidente du chapitre New-Yorkais de Seniors for Reagan-Bush.
Peu de temps après être rentrée à New York de sa maison du Portugal, le 4 avril 1983, Gloria Swanson décéda au New York Hospital d’une insuffisance cardiaque, à 84 ans. Elle fut incinérée et ses cendres enterrées à l’Eglise Episcopale du Repos Céleste sur la 5ème avenue de New York City, lors d’une cérémonie où seuls étaient présents quelques membres de la famille. Son amie star du muet, Jacqueline Logan décéda le même jour.
Après la mort de Swanson, il y eut une série de ventes aux enchères d’août à septembre 1983 aux William Doyle Galleries de New York concernant ses meubles, ses bijoux, sa collection de mode et toutes pièce afférentes à sa carrière.
En 1960, Gloria Swanson fut honorée par l’attribution de deux étoiles sur le Hollywood Walk of Fame; une pour le cinéma au 6750 Hollywood Boulevard et une autre pour la télévision au 6301 Hollywood Boulevard. En 1955 et 1957, Swanson fut récompensée d’un George Eastman Award, attribué par George Eastman House pour sa contribution à l’art cinématographique et en 1966 le muséum l’honora par une rétrospective de ses films, A Tribute to Gloria Swanson.
En 1982, une année avant sa mort, Swanson vendit ses archives figurant dans plus de 600 boîtes pour une somme inconnue, dont ses photographies, ses œuvres d’art, ses copies de films et ses papiers privés comme sa correspondance, ses contrats et ses transactions financières au Harry Ransom Center de l’Université du Texas à Austin. La seconde plus grande collection des souvenirs de Swanson est détenue par la famille de Timothy A. Rooks. Durant les dernières années de sa vie, Swanson professa son désir de voir Le droit d’aimer, mais le film fut indisponible et considéré comme perdu. Le film fut redécouvert et diffusé en 2005.

Avatar du membre
Sitting Bull
Grand Sachem
Grand Sachem
Messages : 6072
Localisation : Grande prairie du Sud-Ouest

Re: Gloria SWANSON (1899-1983)

Messagepar Sitting Bull » 29 sept. 2017 18:46

Hélas, pas le moindre western pour cette très grande...

ImageImage
Image

"What is this ? The stuff that dreams are made of." (W.Shakespeare)



Retourner vers « Biographies »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : lasbugas et 1 invité