Winchester '73 - 1950 - Anthony Mann

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Personne
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Winchester '73 - 1950 - Anthony Mann

Messagepar Personne » 01 juil. 2009 15:25

Robert L. Richards (scénario) &
Borden Chase (scénario)
Stuart N. Lake (histoire)

Avec:
James Stewart ... Lin McAdam
Shelley Winters ... Lola Manners
Dan Duryea ... Waco Johnnie Dean
Stephen McNally ... Dutch Henry Brown
Millard Mitchell ... High Spade
Charles Drake ... Steve Miller
John McIntire ... Joe Lamont
Will Geer ... Wyatt Earp
Jay C. Flippen ... Sgt. Wilkes
Rock Hudson ... Young Bull
John Alexander ... Jack Riker
Steve Brodie ... Wesley
James Millican ... Wheeler
Abner Biberman ... Latigo Means
Tony Curtis ... Doan (as Anthony Curtis)

synopsis:(allociné)

A travers la saga d'une carabine à répétition modèle 1873, une galerie de portraits des hommes qui donneront naissance à l'Ouest américain.

Le débat peut commencer! :beer1:

Vos documents sont à poster par là: viewtopic.php?f=20&t=8838
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musselshell
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Re: Winchester '73 - 1950 - Anthony Mann

Messagepar musselshell » 01 juil. 2009 19:43

Winchester 73, comme Devil's Doorway, succède directement aux films noirs de Mann. Thématiquement, çà se sent dans le film avec Taylor, plus noir, justement, que Broken Arrow la même année. C'est cinématographiquement qu' on le sent dans Winchester 73...cinématographiquement au sens propre: contraste, scènes de nuit, rythme du thriller adossé à l'exercice westernien, loin des envolées, des travellings rythmant les films suivants...Comme si Winchester 73 était un western conscient, un exercice, sinon de style..de mise à niveau, de récapitulation avant la suite...qui sera plus dense autour d'une situation, d'une posture, d'un personnage. Mais le film n'est pas à prendre comme un exercice...Mann semble vouloir jubiler, faire jubiler, mais sèchement, sans tartiner. Juste avant (Devil's), il fait passer un message. Là, il pose les jalons d'une grammaire, d'un style...l'histoire d'un obstiné, qui perd, qui gagne, qui peut trépigner, mais va au bout. Avec tout autour une gallerie de personnages qui enlèvent la fresque à la pointe sèche...Eux aussi se ressereront dans ce qui va suivre...Quant au rythme, sa façon de prendre le temps sans nuire aux fulgurances sera (elle l'est toujours) à nulle autre pareille...
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.

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Pike BISHOP
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Re: Winchester '73 - 1950 - Anthony Mann

Messagepar Pike BISHOP » 01 juil. 2009 21:22

J'ai toujours eu des réactions contradictoires devant "W.73"
Emballé par des séquences jubilatoires, dérouté par le film à sketches et par la faiblesse de certains..
Bien que tout s'imbrique parfaitement, le film est une sorte de kaléidoscope évoquant les 36 possibilités et situations du western..
James STEWART, obsédé par sa vengeance ?? elle est pépère sa vengeance..Il prend le temps de faire le galant avec une brave grosse
de saloon..de se mesurer au tir avec le frérot assassin..De se balader avec son vieux pote ect..ect...
Entre temps on aura visité l'Ouest en construction..Le coté citadin établi, déjà fétard du 4 juillet et des concours de tir
(avec encore un Wyatt EARP trop vieux pour l'époque) un ouest encore sauvage avec des trading posts perdus, des trafiquants d'armes
des tribus encore en révolte, du western militaire, puis la frontière des outlaws et le hold-up qui préfigure le siècle à venir..
ça fait beaucoup dans un seul film et c'est miracle que BORDEN CHASE et MANN effleurant tout ça, arrivent à une oeuvre concise...
A quoi se réfère- t-elle d'ailleurs ? Une nouvelle de GOGOL ? L'objet qui porte malheur ?.. "LA MAIN du DIABLE" de Maurice TOURNEUR..
L'arme comme un outil qui porte son possesseur au sommet pour mieux l'anéantir jusqu'à ce qu'elle retourne à son propriétaire légitime..
Il m'en reste que STEWART, qui est toujours très bon, n'est pas encore la figure parfaite des suivants, ni même aussi touchant
que le JEFFORDS de "B.A".. Pour les avoir vus dans le désordre, je n'avais pas mesuré alors, que les précédents opus de MANN
"DEVIL'S DOORWAY" et "THE FURIES" me semblent plus travaillés, plus structurés que ce plaisant premier avec le copain STEWART.
If they move, kill'em !!

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Alec Longmire
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Re: Winchester '73 - 1950 - Anthony Mann

Messagepar Alec Longmire » 02 juil. 2009 15:58

J'aime beaucoup ce film, peut-être un de mes préférés de Mann ; certes, on sent que Winchester 73 est une suite de scènes accolées les unes aux autres (bien que cela soit tellement bien fait, comme le soulignait Pike, que ça ne nuit pas tellement à la qualité du spectacle final). Mais ce qui me stupéfie toujours quand je le revois, c'est ce que soulignait Musselshell (et qu'il a si joliment dit que je ne peux que le reprendre) : cette
façon de prendre le temps sans nuire aux fulgurances

Je trouve que ce rythme, à la fois lent par moment (comme le disait Pike), mais qui s'accélère brutalement en fonction des actes de violence des protagonistes, est tout à fait passionnant et laisse le spectateur finalement un peu essouflé.
C'est à mon avis une belle représentation du parcours de ces hommes : le film retrace une poursuite, mais cela ne se fait pas à 100 à l'heure en permanence ; dans une poursuite, il y a aussi des "temps morts", des moments où l'on se pose des questions, où la trace du "gibier" est perdue. Par contre, lorsqu'ils se retrouvent face à face, quelles scènes !

S'il est vrai que leur première scène de retrouvailles n'est qu'un concours de tir, je trouve que c'est suffisamment bien amené par le contexte (les armes sont confisquées, qui plus est par le grand Wyatt Earp), et par le jeu des acteurs (en particulier Stewart, qui joue excellemment la colère contenue). Et même dans ce passage, l'affrontement finit par éclater, de manière très brutale...

Après, il est certain qu'on y voit un Ouest fabriqué de toutes pièces qui est une juxtaposition assez hallucinante d'images, mais je me demande jusqu'à quel point tout ceci n'est pas voulu par Mann, et délibérément exagéré justement pour mieux montrer que cet ouest de cinéma est juste un support pour les pérégrinations de ses personnages.
Wyatt Earp, justement, paraît un peu trop ballot, un peu trop insignifiant pour que ce côté comique n'ait pas été voulu.

Pour moi, Mann construit son film autour d'une légende, celle du fusil qui a conquis l'ouest, et en même temps je trouve qu'il nous laisse clairement voir en les exagérant combien ces aspects de son histoire restent du domaine de la légende.

Sans doute moins riche au niveau psychologique que certains des suivants, je trouve que celui-ci gagne en entrain, et en décalage par rapport au genre western (ce qui est tout de même rare à cette époque : combien de westerns du tout début des années 50 peuvent afficher la même chose ?)

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Re: Winchester '73 - 1950 - Anthony Mann

Messagepar musselshell » 02 juil. 2009 16:53

La juxtaposition de tant de scènes pouvant constituer autant de films ne peut être que volontaire. Mann ballade Lin Mc Adams de scène en scène, d'action en action, de preuve en preuve...preuve, vis à vis du spectateur, de ce qu'est le héros, de ce à quoi il peut se mesurer. En même temps, c'est 'idée même d'ouest, de far-west qui s'illustre tout du long. J'allais parler de picaresque...le terme colle mal, car l'association Mann/stewart, justement, reste sur une réserve qui fait qu'on ne tombe pas dans cette imagerie à connotation moralisante et/ou ironique qui caractérise la chose...mais paradoxalement, il y a quand même de çà dans la succession des évènements...The Furies et Devil's Doorway n'ont pas du tout ces caractéristiques là...De même que les westerns suivants. Alors pourquoi? J'aurais bien une idée: Mann et Stewart se connaissent depuis longtemps, depuis New York et les cours d'art dramatique. Mann connait son Jimmy, connait la carrière de l'acteur sous le signe de la comédie, sous le signe de Capra. Et il connait le risque. Alors il y va franco: "Jimmy, on va en faire un, de western". Et Mann met tout. Ballade Jimmy Stewart de la ville au désert, du western urbain aux grands espaces. Et il y aura la cavalerie, et il y aura des Indiens, des outlaws, et des pionniers...et le premier duel dans les rochers.
Mann intronise James Stewart dans le western.
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.

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Re: Winchester '73 - 1950 - Anthony Mann

Messagepar Vin » 02 juil. 2009 19:07

Un peu débordé, mais quelques toutes petites réflexions rapides.

Tout d'abord, et c'est juste un constat, quelle distribution!
James Stewart,Shelley Winters,Dan Duryea,Stephen McNally,Millard Mitchell,John McIntire,Rock Hudson,Tony Curtis.....woooow

Ensuite, et bien j'aime bien le principe même du film.
Cet objet qui relie les uns et les autres en passant de mains en mains, objet maudit, c'est une approche certes facile, mais originale dans le western.
D'ailleurs, celà a été repris.
Et je trouve que Mann le double avec la permanence dans le film de Stewart/Lin, même si Jimmy Stewart n'est pas à l'écran en permanence.

Voilà pour la forme, du moins dans un premier jet.
:sm32:
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Re: Winchester '73 - 1950 - Anthony Mann

Messagepar Pike BISHOP » 02 juil. 2009 22:20

Vin a écrit :je trouve que Mann le double avec la permanence dans le film de Stewart/Lin, même si Jimmy Stewart n'est pas à l'écran en permanence.


Faudrait savoir VINOU ? L'est en permanence ou pas en permanence..L'est en creux dans le personnage de SHELLEY WINTERS peut-être, mais pas avec
John Mc INTIRE ou Rock HUDSON..L'arme est en permanence et fait le lien et permets une assez fabuleuse galerie de personnages...C'est plus cette distribution
étincellante que le (pseudo) conflit entre les deux frères qui fait l'intérêt du film....Je n'arrive guère à m'intéresser à ce frère qui aurait tué son père ect..ect..
prétexte de départ et du superbe affrontement final entre les rochers...Sinon, s'il y avait un tant soit peu de passion dans la haine des deux, ils ne s'affronteraient
pas en tirant sur des piècettes, mais qu'importe le sherif, ils se flingueraient illico dès une arme à la main..Mais soit; convention, sinon pas film...
Non, ce STEWART là tout sympathique et héroÏque, galant, qu'il soit...manque encore singulièrement de profondeur..
Je me régale plus avec les autres portraits..Ce fabuleux renard de McINTIRE..Piégeur, piégé...Le vieux sergent qui aime les bisous...CHARLES DRAKE qui compose
un magnifique portrait de pleutre malheureux..Superbe séquence où il abandonne sa fiancée..C'est fini, quoiqu'il fasse après il est irrémédiablement perdu..
WACO JOHNNY DEAN (DURYEA) et son entrée tonitruante..Et toute la galerie de seconds couteaux...Pas de quoi s'ennuyer, de quoi se régaler, mais quand on
connaît la suite du programme, celui-là, on lui met un petit bémol...
If they move, kill'em !!

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Re: Winchester '73 - 1950 - Anthony Mann

Messagepar Vin » 03 juil. 2009 8:02

Pike a écrit:

Faudrait savoir VINOU ? L'est en permanence ou pas en permanence..


Comme quoi l'expression écrite est toujours un exercice d'une redoutable difficulté lorsqu'il s'agit de traduire une pensée en petits caractères. :)

Ce que je voulais dire, c'est que Stewart est "le héros". Certes, la carabine change de main, fil rouge entre les différentes séquences, et parfois le rapport à Stewart n'est pas important, ou inexistant.
Mais ce n'est pas le pur film à sketches, où seule l'arme constituerait le lien.
Mann nous rassure quand même dans sa démarche, il nous met Jimmy en référence constante.

Pär ailleurs, je suis bien d'accord avec toi concernant l'antagonisme des deux frères. Soit le litige est léger, et peut se régler par un concours, soit il est importantissime, et le duel final prend son sens.


Celà me conforte dans une approche personnelle du cinéma, à savoir que les réalisareurs/scénaristes qui nous projetent d'emblée dans une situation dramatique, où les pré-requis de compréhension sont antérieurs au début du film, ces réalisateurs-là doivent très sérieusement cadrer leur boulot.

George Lucas, à qui un journaliste demandait il y a longtemps,très longtemps, dans une galaxie proche, pour quelles raisons ses Star Wars commençaient par "Épisode IV : Un nouvel espoir" expliquait qu'il n'avait pas en fait envie de procéder à la construction de toute la situation dramatique.
Sa seconde trilogie montrera qu'il avait raison, ce n'est pas là que se situait son talent.

:mrgreen:
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Re: Winchester '73 - 1950 - Anthony Mann

Messagepar old timer » 03 juil. 2009 8:29

Pour moi aussi c'est le moins réussi des cinq, le moins "tenu" dramatiquement, j'ai été très déçu en le revoyant récemment, à cause du noir et blanc (j'étais convaincu de l'avoir vu en couleurs à la télé!), mais surtout à cause des trop longues séquences loin du personnage de Stewart,et de certaines cruautés du scénario (sur la lacheté du compagnon de Shelley Winters par exemple) bref trop d'aspects déplaisants pour que j'adhère à fond, surtout connaissant la perfection des opus suivants...

Bon ça ne va pas chercher loin comme critique ! ...mais pour creuser il faudrait que je le revoie et je n'en ai pas du tout envie, justement, tant j'en garde un souvenir mitigé ! Alors que les autres...

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Re: Winchester '73 - 1950 - Anthony Mann

Messagepar Personne » 03 juil. 2009 13:00

old timer a écrit :et de certaines cruautés du scénario (sur la lacheté du compagnon de Shelley Winters par exemple) bref trop d'aspects déplaisants pour que j'adhère à fond, surtout connaissant la perfection des opus suivants...



Cette séquence est assez inattendu en effet, mais ce Mann là, proche du sadisme, on va le retrouver dans L'Homme de l'Ouest.

2-3 pensées après révision du film.
James Stewart a quasiment le même look que dans Broken Arrow. La veste en jean, le bandana autour du cou, le ceinturon qu'il porte de la même manière, le stetson quasi identique...
Winchester '73.........Broken Arrow
ImageImage
Rock Hudson en Indien a une belle stature. On a droit au petit couplet pro indien de sa bouche, mais ça s'arrête là. On sent aussi qu'on tourne autour de Little Big Horn avec des ... et si les hommes de Custer avaient eu des Winchester '73 à la place des Springfield, jamais Custer n'aurait été battu!

J'adore la conception des plans de Mann. C'est lent travelling de droite à gauche, on a l'impression de voir du scope avant l'heure. Les mouvements en extérieurs vont d'ailleurs presque toujours de droite à gauche, sauf quand Winters et Drake s'en vont après le bataille contre les indiens.

La poursuite en chariot m'a fait penser à la scéne d'intro de Quarante Tueurs de Fuller. Des collines, un chariot lancé à vive allure, filmé du devant avec le risque de voir les traces de pneus... Plan très dynamique qui m'a bien scotché en tous cas.

Formidable duel vertical avec des balles qui ricochent presque à chaque fois. Me suis demandé comment ils avaient fait cet effet d'ailleurs, je veux dire, sans mettre en danger la vie des acteurs!!

Le zone 1 propose un commentaire audio de James Stewart(non sous-titré). J'ai écouté le début et le gars lui demande comment il pouvait bien faire 4 films dans l'année comme ça en vedette. Stewart de lui répondre qu'il avait 2 garçons à nourrir, il fallait qu'il travaille... Les salaires n'étaient pas les mêmes qu'aujourd'hui visiblement.
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Re: Winchester '73 - 1950 - Anthony Mann

Messagepar Alec Longmire » 03 juil. 2009 16:26

old timer a écrit:
et de certaines cruautés du scénario (sur la lacheté du compagnon de Shelley Winters par exemple) bref trop d'aspects déplaisants pour que j'adhère à fond, surtout connaissant la perfection des opus suivants...


Tiens, des goûts et des couleurs... Moi c'est plutôt le genre de séquence qui aurait tendance à me faire davantage apprécier le films, car montrant des personnages ambigus, pas forcément tout blancs ou tout noirs, avec des réactions impulsives qu'ils sont tentés de regretter...
Séquence inattendue en effet, comme le disait Personne, je trouve que cela ajoute un piment supplémentaire, en plus du rythme trépidant du film...

Pour la cruauté de Mann, je pense qu'il n'est même pas besoin d'attendre L'homme de l'ouest, qui fait assez fort il est vrai pour ce qui est des séquences chocs ; mais la mutilation de Stewart dans L'homme de la plaine ne me semble pas tendre non plus ! (de même que la bagarre suivante, avec Arthur Kennedy, même si elle se rapproche plus d'un épisode classique du western).

Sinon je suis également un grand admirateur du duel final sur lequel insistait Personne, dont j'ai lu quelque part qu'il était un véritable "cours de balistique" ; c'est un des plus spectaculaires qu'il m'ait été donné de voir, et il clôt de bien belle manière de film mené au pas de course.
On a un peu le même type de scène, mais cette fois au tout début du film, dans Coup de fouet en retour : Sturges s'est-il souvenu de Mann en réalisant cette scène ?

En tout cas je reste sur mon opinion sur ce film, un de mes préférés de ce cycle de 5 films...

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Re: Winchester '73 - 1950 - Anthony Mann

Messagepar tepepa » 03 juil. 2009 17:34

Personne a écrit :
Formidable duel vertical avec des balles qui ricochent presque à chaque fois. Me suis demandé comment ils avaient fait cet effet d'ailleurs, je veux dire, sans mettre en danger la vie des acteurs!!



Par contre, on se demande comment ils sont capables de mettre trois balles dans le mille à 25 yards et de tirer à travers un timbre sur une pièce trouée en mouvement, alors qu'ils passent leur temps à se rater dans le duel final :mrgreen:

Bon, j'aurai peut-être des trucs plus constructifs à dire bientôt :num1

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Re: Winchester '73 - 1950 - Anthony Mann

Messagepar tepepa » 03 juil. 2009 22:49

Quelques petites questions et remarques qui me sont venues en écrivant sur le film sur mon blog:

Le personnage de Wyatt Earp: il fait des blagues, il a l'air sympa (bien que dur à cuire), il paraît vraiment éloigné de tous les Wyatt Earp qu'on a pu voir avant ou après. Pourquoi donc? Est ce que c'est bien le personnage prévu quand les dialogues ont été écrits à l'origine? Est ce que c'est au contraire une vision plus "réaliste" du personnage ?

Winchester: le film paraît être une véritable ode à l'armurier! The best of the best, les gosses se pâment, les gentils, les méchants, les indiens, tout le monde la veut. Les soldats sont archaiques avec leurs fusils à un coup et ne s'en sortent qu'avec l'aides des fusils à répétition Winchester. Il y a bien la mention d'un fusil plus ancien (Henry), mais c'est le foie jaune qui s'en sert! Le duel final se fait à coup de Winchester. Lorsque nos deux acolytes descendent de cheval pour boire un verre, ils prennent leurs Winchester. J'ai l'impression que le film est une gigantesque pub déguisée pour Winchester, jusqu'au titre! Le film a-t-il été financé par Winchester? Si c'était le cas, le film prendrait malgré moi un petit goût amer...

Les crêtes des collines. Mann a l'air de bien aimer filmer des chevaux au loin, en contre-jour sur une colline qui monte et qui descend. Au début, le titre est tordu pour épouser la forme de ladite colline. Je ne sais pas quoi en tirer. Allez, on va dire que c'est pour symboliser le cheminement louvoyant du film.

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Re: Winchester '73 - 1950 - Anthony Mann

Messagepar Vin » 04 juil. 2009 9:58

Hop hop hop, quelques réponses pour Tepepa. :wink:

Wyatt Earp a été mis à toutes les sauces en effet. Suivant le degré d'admiration ou de répulsion qu'il suscite, ses fans ou ses détracteurs diront qu'il était comme ceci ou celà.
Je pense simplement après avoir lu pas mal de choses sur le gaillard qu'il n'était pas linéaire, comme chacun d'entre nous.
Certains jours je me lève l'esprit léger et plein d'humour (enfin, c'est ce que je crois
:mrgreen: ) et d'autres en faisant une tête de six pieds de long.
Earp devait être ainsi, sauf qu'il portait une arme en permanence.
Quant aux volontés premières de Mann concernant son personnage, pas d'idées.


La winchester... Les armes à répétition ont littéralement changé la vie à l'ouest. Il faut savoir que pendant qu'un blanc rechargeait son arme à un coup, un indien bien énervé pouvait tirer entre 2 à 5 flèches, cf d'ailleurs les archers anglais du Moyen Âge pour avoir une idée de la vitesse (mais celà, toi tu dois le savoir, puisque tu pratiques aussi). :wink:

Ainsi, les indiens jusqu'en 1870/1890 avaient eux-mêmes souvent des vieux tromblons, et pas beaucoup,car d'une part ils jugeaient les armes à feu moins efficaces, et d'autre part ces dernières généraient des querelles sans fin lorsqu'il fallait savoir après coup qui avait liquidé tel ou tel bison.

Le Colt, le Remington changèrent la nature du combat rapproché; face à trois types qui font you-hou et veulent ton scalp, avant les revolvers à répétition, ton arme la plus efficace était la prière. Ensuite les mouches changèrent d'âne...

Idem pour la Winchester, sauf qu'en plus tu tirais de plus loin.
Certes, ce n'est pas la seule arme à répétition de l'époque, mais clairement c'était la plus efficace, et très fiable.
Aujourd'hui encore, il s'en vend des tonnes.


La crête des collines...Astuce de réalisateur,souvent utilisée, pour nous faire des contre-jours magnifiques, sur fond de soleil,etc...

Dans la réalité, une totale hérésie, dans un milieu hostile se ballader sur les crêtes est la meilleure façon de ne pas vivre bien vieux.
:lol:

Voilà amigo
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Re: Winchester '73 - 1950 - Anthony Mann

Messagepar Pike BISHOP » 04 juil. 2009 11:31

Il est évident qu'il y a eu une sponsorisation WINCHESTER, déjà utilisation du produit spécial, ou au moins autorisation..
Sinon récupération..Lors de l'un des nombreux passages, je me souviens d'un doc très court racontant la fabrication des
tirages spéciaux 1/10 000 ou 1/100 000 avec culasse gravées, incrustées à l'or, design spécial ect...
L'objet manipulé par STEWART et sa bande de potes n'a rien à voir avec le calibre commun..
Maintenant sponsor ou pas, je ne crois pas que ça change la qualité du film...

Pas prudent les cavalcades en haut de collines bien rondes, certes, mais cinématographiquement que c'est joli !!!
If they move, kill'em !!



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