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Re: Django - Django - 1966 - Sergio Corbucci

Posté : 31 mai 2009 16:03
par rex lee
"Magistrale" ,une épithète pour clore en beauté ce mois "Django"...
A moins qu'il n'y ait des post...sciptum...

Re: Django - Django - 1966 - Sergio Corbucci

Posté : 01 juin 2009 0:43
par Inisfree
Mon post scriptum, ce serait de revenir sur la question du parcours.
Dans les années 60, le genre phare américain connait la même crise que le système hollywoodien. Les nouvelles vagues (France, Angleterre, Japon...) bousculent le cinéma traditionnel, s'attaquant entre autres aux modes de représentation de la violence et du sexe qui étaient encore sous la coupe du code Hays aux USA. Dans ce mouvement d'ensemble, le cinéma de genre prend sa part avec des gens comme Terence Fisher, Mario Bava, Sergio Leone ou... Sergio Corbucci. La transgression du western italien est peut être la plus inacceptable parce qu'elle touche un genre perçu comme spécifiquement américain. Mais en matière de cinéma, elle participe pleinement à la révolution/évolution du langage cinématographique. Je pense qu'à l'époque, il y a eu les fidèles aux formes classiques qui ne l'on pas accepté, un public plutôt populaire séduit parce que ces films lui étaient destinés et qui passera plus tard à autre chose, une fraction "intellectuelle" (je n'ai pas d'autre mot) qui lira le genre de façon politique et l'aimera parce qu'il le voit comme une réaction aux formes américaines (c'est dit dans le film situationniste "La dialectique peut elle casser des briques", c'était leur lecture, pas forcément la volonté des auteurs, voir les réactions de Sollima) et puis il y a les réalisateurs encore en devenir qui voient ces films et qui en sont marqués. Aujourd'hui et depuis bientôt trente ans, au-delà de l'influence particulière de Sergio Leone, il y a toute une génération de cinéastes (Tarantino, Kitano, les Cohen, Tim Burton, Takashi Miike, Tsui Hark, Michele Soavi...) qui a intégré les nouvelles formes nées à cette époque et les a liées avec les formes plus traditionnelles. Et pour moi qui appartient à la génération de ces cinéastes, ce qu'ils mêlent fait sens. C'est ainsi que Tarantino peut citer dans la même scène de son petit dernier Léone, Ford, Corbucci et Tessari et que ça se tient. On retrouve ici le principe du collage surréaliste dont parle très justement L.. On peut ensuite discuter des qualités du cinéma actuel et se demander où il en est arrivé mais c'est un autre débat.
Dans ce cadre, Django a eu me semble-t'il une importance considérable parce qu'il est le premier western radicalement européen. Leone a bouleversé les formes mais il joue avec les codes en utilisant les formes du code : acteurs américains, tournage à Monument Valley, précision des reconstitutions, des accessoires. il y a une fascination pour le modèle et disons le une notion de respect. Pas chez Corbucci.
Les héros de Corbucci sont italiens ou français (sauf dans les œuvres de commande pour Band), son "homme sans nom", c'est Franco Nero que je trouve excellent dans un personnage qui doit plus aux héros antiques qu'aux cow-boys de notre enfance, son mexicain, c'est le cubain Tomas Milian, ses extérieurs revendiquent leur invraisemblance. Il crée une esthétique particulière qui ne doit plus rien ou si peu à son modèle. Ses excès graphiques et narratifs le rattachent à la comédie italienne, au fantastique italien, à la truculence, à l'exagération, à ce ton unique d'un cinéma qui pendant trente ans écrira de si belles pages. Django, c'est du western italien all'dente et si je devais initier quelqu'un à ce genre si particulier, c'est ce film que je choisirais parce que, mal fichu, laid, bête ou ce que l'on voudra, il possède les qualités spécifiques au genre et la forme noire de Nero tirant son cercueil dans la boue dit mieux qu'aucune autre image ce que le genre a représenté et combien il continue d'inspirer les créateurs d'aujourd'hui.
Merci pour le débat :beer1:
Sur le film a venir, lui aussi vient de mon enfance. J'ai des scrupules parce que l'ai bien vu quatre ou cinq fois dont une en salle, mais ça commence à dater, il me faudrait donc le revoir avant de l'aborder. :wink:

Re: Django - Django - 1966 - Sergio Corbucci

Posté : 01 juin 2009 6:23
par rex lee
Belle conclusion ! :applaudis_6: :applaudis_6: :applaudis_6:

Re: Django - Django - 1966 - Sergio Corbucci

Posté : 26 janv. 2010 17:38
par Blondin62
Ce "Django" m'a l'air d'une vraie bombe !

Je le cherche sur la toile (pas trop les moyens d'acheter) mais pas moyen de le trovuer en Français :(

Re: Django - Django - 1966 - Sergio Corbucci

Posté : 26 janv. 2010 20:16
par Django, le retour
Blondin62 a écrit :Ce "Django" m'a l'air d'une vraie bombe !

Je le cherche sur la toile (pas trop les moyens d'acheter) mais pas moyen de le trovuer en Français :(


Il existe en français. On le trouve ici par exemple à 12,99 euros :

http://video.fnac.com/a2477646/Django-F ... id=1968257

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Re: Django - Django - 1966 - Sergio Corbucci

Posté : 27 janv. 2010 15:16
par Personne
Blondin62 a écrit :Ce "Django" m'a l'air d'une vraie bombe !

Je le cherche sur la toile (pas trop les moyens d'acheter) mais pas moyen de le trovuer en Français :(


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Re: Django - Django - 1966 - Sergio Corbucci

Posté : 27 janv. 2017 23:24
par Hannie Caulder
Bien que différent des films de Sergio Leone, Django demeure un superbe western spaghetti, l'un des meilleurs réalisés. Franco Nero, plutôt jeune à l'époque pour incarner tel genre de héros, est formidable, impressionnant de charisme. Son personnage n'est évidemment pas un gentlemen à la John Wayne, ce qui ne nous empêche pas de nous y attacher, surtout vers la fin. Le final, symbolisant la renaissance du héros vers une nouvelle vie, demeure l'un des plus mémorables que l'on puisse assister dans le monde du western. Corbucci en retiendra la leçon lorsqu'il réalisera le Grand Silence, son chef d'oeuvre avec Django. Malgré l'inévitable recul des années et la violence de plus en plus poussée au ciné, le film marque encore par sa violence inédite pour son époque. Il est plus qu'évident que Quentin Tarantino n'ait pu s'empêcher d'y rendre hommage dans son Django Unchained, qui n'est en aucun cas un remake ou une suite. Incontournable pour les fans de western où la vengeance, la rédemption et l'irruption d'un héros étrange et dur dans un univers brutal sont réunis dans un parfait ensemble.