Le convoi sauvage - Man in the Wilderness - 1971 - Richard C. Sarafian

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Longway
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Re: Le convoi sauvage - Man in the Wilderness - 1971 - Richard C. Sarafian

Messagepar Longway » 28 mars 2009 19:58

Plus que quelques jours pour le convoi.
Avant de tirer le rideau et le retour dans les coulisses, je voudrais juste insister sur cette petite apréciation d'Inisfree.

l'eau est filmée comme rarement


L'eau tient une place très importante. Indissociable du reste du décor c'est elle qui prédomine sur les autres éléments naturels. Que sa présence soit liquide ou solide ( neige ) elle accompagne en permanence les deux périples parallèles que sont Zachary Bass et le convoi.
Indispensable pour tout être vivant, elle va se montrer clémente et salvatrice pour Zachary bass, qui grâce à elle trouvera l'étincelle lui donnant la force primaire pour sa survie ( voir la scène où Bass se retrouve le nez dans le ruisseau après sa frayeur engendrée par le loup )
Cette eau, symbole de vie, va désormais le suivre et sera sa partenaire tout au long du parcours. Elle lui apporte sa première nourriture, des écrevisses happés avec la bouche dans le léger courant, alors que ses forces ne lui permettent encore aucun geste de ses mains. Puis viendront plus tard les truites pêchées dans la rivière après avoir retrouvé l'essentiel de ses possibilités physiques.

Et ce merveilleux passage de la naissance de l'enfant au beau milieu de la nature, l'eau est là, toujours très proche. Une source de toute brillance, empreinte des reflets du soleil, elle prend le pas sur le visage gros plan de la squaw en train d'accoucher. Bass revoit son passé, lui se trouve près de la tombe de sa femme alors que son fils fait quelques pas sur la plage, l'eau est sous ses pieds à marée basse, et annonce le prochain départ par la mer de Bass et du capitaine Henry... Puis le plan revient sur l'indienne, avec cette fois son enfant dans les bras, lui aussi est né de ce précieux liquide, celui même qui l'a protégé pendant neuf mois.

Mais que dire de l'eau qui accompagne le capitaine Henry ?...Elle n'est plus bienveillante ! Elle se transforme en écueils pour briser l'avancée du convoi. Sous forme de neige elle ralentit l'allure et épuise chaque jour un peu plus les hommes et les mules trainant le bateau.
Enfin pour bien prouver qu'elle est libre de choisir la destinée des hommes ( ou de tout être vivant ) elle sera absente au rendez vous tant attendu entre le bateau et la rivière. Réduite à un maigre filet non naviguable, elle ne fera que refermer en elle même le dernier espoir du convoi. Ce qui devait être la rivière du salut pour retrouver la civilisation, se transformera en un gigantesque bourbier emprisonnant le capitaine Henry et ses hommes.
Tout un symbole, le capitaine Henry patauge dans les flaques d'une eau glauque, croupissante ( la caméra s'y attarde ) sans aucune solution pour s'en libérer sinon d'abandonner l'embarcation. Lui pour qui cet élément liquide avait toujours été en son allié, devient subitement sur terre son ennemi, comme si l'eau avait décidé de venger l'abandon de Bass, ne pardonnant pas l'ultime décision tragique prise par le capitaine Henry.

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Tecumseh
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Re: Le convoi sauvage - Man in the Wilderness - 1971 - Richard C. Sarafian

Messagepar Tecumseh » 29 mars 2009 19:24

Très belle illustration de la symbolique de cet élément au travers du film Longway :applaudis_6: , je m'en souviendrai quand j'aurai l'occasion de le revoir.
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Pike BISHOP
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Re: Le convoi sauvage - Man in the Wilderness - 1971 - Richard C. Sarafian

Messagepar Pike BISHOP » 30 mars 2009 23:06

En gros d'accord avec tout ce que vous avez raconté...
SARAFIAN a fait beaucoup d'efforts pour livrer une oeuvre sensible, qui semble rester dans sa thématique
"un homme se réconcilie avec lui-même" ici il se reconstruit moralement et physiquement, il apprend à pardonner
à Dieu et ce faisant pardonne à ceux qui l'ont abandonné, à son père spirituel, à son père de substitution ect....
La symbolique est quand même lourde, et tous ses ruisseaux (comme le souligne LONGWAY) dont nous tirons vie
et qui doive le ramener à la mer, là où est son fils, toutes ces eaux s'embourbent, et lui seul reste le dernier cours
d'eau, le dernier ruisseau que tous suivent sur le chemin du salut...
Sans nier pas mal de qualités, j'avoue que j'ai toujours été gêné à chaque fois que j'ai vu ce "MAN IN THE WILDERNESS"...
SARAFIAN filme au niveau du sol, prenant la subjectivité de BASS, la caméra commence à s'élever quand il reprend une position
verticale et découvre un environnement rarement montré avant...La vallée bourbeuse..
Confusément je me disais "Il y a quelque chose qui ne colle pas !" C'est pas l'Ouest, Ce n'est pas le pays.. C'est encore moins
crédible que le "MAN CALLED HORSE 2" Mexique ? Ben non, bien sûr ! c'est l'Espagne et un tournage européen qui, malgré
tous les efforts de SARAFIAN, décrédibilise son film...
Gêné aussi par les costumes ressemblant à... mais n'en étant pas... Les selles dissimulées par des couvertures plaid que les
indiens ne pouvaient pas posséder, par les grosses perruques ridicules....Figuration inintelligente.
L'attaque de l'ours du début n'est pas ce que l'on a vu de mieux dans le genre.. puis arrive le chef indien, le vieux complice
de Cecil B de MILLE, WILCOXON avec ses sourcils jaunes et ses cheveux mal teints, avec son baraguoin, on a presque envie
de rire.. Bon tout le parcours de reconstruction de BASS, vous en avez assez parlé.. Il est un poil lassant...
Arrive l'attaque finale... Je ne suis pas un adepte de l'action à tout prix et peux très bien apprécier un film sans...
Là, les actions semblent gratuites.. Parce qu'il le faut bien pour amener un peu de mouvement à un film qui n'en a aucun..
(A l'image du bateau roulant qui s'embourbe)... Les indiens avaient toutes les occasions pour tendre des embuscades..
Vous croyez qu'ils étaient assez bêtes pour charger dans un glacis boueux où ils font de parfaites cibles de tir de foire ?...
Bon, passons... restent les deux interprètes principaux... HARRIS était un comédien dont on pouvait obtenir beaucoup, mais
qu'il ne fallait surtout pas laisser en roue libre...Là, il nous refait en pire, la crucifixion de "MAN CALLED HORSE"... Je souffre
et pour vous montrer comme je souffre bien, je vous fais mon plus beau registre de grimaces..Et je grimace encore plus
et même quand je suis ému, je grimace encore... Et pèpère HUSTON/ACHAB pour ne pas être en reste nous fait toutes
les mimiques d'un chimpanzé...
C'eut pu être beaucoup mieux, un tournage US, des décorateurs valables, une direction un peu plus maîtrisée (infiniment
mieux dans "CAT DANCING" avec un Burt REYNOLDS dont on pouvait aussi attendre le pire)...Pas sans qualités c'est sûr..
Plein d'énormes défauts aussi....
If they move, kill'em !!

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musselshell
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Re: Le convoi sauvage - Man in the Wilderness - 1971 - Richard C. Sarafian

Messagepar musselshell » 31 mars 2009 18:08

Ayant arrêté de poster sur le film avant d'en aborder les défauts, je dirais que je suis grosso modo d'accord avec toi en ce qui concerne la figuration un peu bâclée et l'action finale, effectivement un peu parachutée et fort peu vraisemblable...Moins en ce qui concerne le tournage en Espagne...Pour sûr, le Dakota du Sud, les Black Hills ou les Bad Lands, çà ne s'échange pas au pieds levé...mais je trouve que Sarafian s'est quand même bien débrouillé avec ce qu'il avait, en jouant beaucoup sur les ras du sol, comme tu dis, sur l'épaisseur et la profondeur de la végétation, aussi bien que de l'eau et du minéral...ce qui collait, en plus, à l'histoire à raconter...Faire du terrain un protagoniste à part entière, et aller tourner en Espagne était un sacré pari...et le résultat n'est pas accablant, loin de là...sauf à chercher à identifier les cottonwoods et la sage brush, évidemment!
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.

Jean-Louis
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Re: Le convoi sauvage - Man in the Wilderness - 1971 - Richard C. Sarafian

Messagepar Jean-Louis » 31 mars 2009 18:28

:D Pike c'est dans cette rubrique que tu nous manquais, que tu me manquais, pas tant dans celle des programmes TV.

:beer1:

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tepepa
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Re: Le convoi sauvage - Man in the Wilderness - 1971 - Richard C. Sarafian

Messagepar tepepa » 29 mai 2010 15:35

Le western n’est pourtant pas propre à traumatiser les enfants. Mais Le convoi sauvage fut l’un de ceux qui me marqua, à cause de cette attaque de grizzly sauvage, gore, impressionnante, réaliste. Même si les effets ont un peu vieilli aujourd’hui, elle reste assez impactante, Richard Harris ballotté comme un fétu de paille, tentant de trouver refuge dans un arbre, et traîné sans ménagement, cela vous pose un film, surtout quand la scène en question est si proche du début.

Man in the wilderness en anglais, Le convoi sauvage en français, chaque titre évoque un aspect de l’intrigue. Man in the wilderness d’abord, raconte la quasi-mort de cet homme, Richard Harris, recousu hâtivement puis abandonné par les hommes du convoi qu’il guidait. L’homme reste allongé très longtemps, la caméra l’imite, filmant l’eau, la boue, les feuilles mortes au ras du sol. L’homme finit par se confondre avec la terre, il rampe, il grimace, il se recouvre de feuilles et fait corps avec la nature salvatrice. A plusieurs reprises, il se cache et s’unit ainsi à la terre, se camouflant naturellement dans son nouvel élément, si bien transformé en matériau naturel que même les indiens ne le repèrent pas. Sa vision est floue, des flashbacks le hantent et nous renseignent sur sa vie, son enfant, sa nature un brin misanthrope. Sarafian nous livre là un cinéma généreux et franc, il fait beaucoup avec peu et la survie, puis la renaissance de l’homme s’avère passionnante, et en même temps contemplative dans la mesure où le spectateur reste spectateur : on ne cherche pas à nous faire partager son calvaire, l’homme se débrouille très bien tout seul, c’est un professionnel. Plus qu’une immersion, c’est le spectacle aux premières loges du type aguerri qui survit par tous les moyens. Richard Harris est parfait dans la démonstration de la souffrance durable, il arbore un rictus de douleur et de haine permanent, accentué par sa blessure au visage. Une fois plus ou moins remis sur pattes, il cherche à rejoindre le convoi qui l’a abandonné. Pour se venger, pour retourner à la civilisation, on ne sait pas trop, l’homme reste énigmatique. En chemin il verra une indienne accoucher accroupie, seule, en silence et digne. Elle donne ensuite son enfant au père, comme une offrande, et l’homme qui assiste à tout cela, à nouveau planqué sous un tronc quelconque, exprime peut-être le désir de revoir son propre fils. C’est beau. Avec le temps, on voit un peu les ficelles, mais c’est beau.

Le convoi sauvage ensuite, c’est la petite troupe qui a abandonné l’homme. Un équipage hétéroclite qui traîne un énorme bateau dans la nature. Ceux qui ont oublié l’attaque de l’ours se souviennent de ce western avec des hommes qui tirent un bateau sur roues. Le capitaine de l’équipe, c’est John Huston, et apparemment il tient à son bateau dont le mat ressemble à une immense croix évangélique en territoire indien. Evidemment, Huston fait un peu penser au capitaine Achab, droit, poursuivant son rêve malgré la grogne de ses hommes. Il y a le froid et l’arrivée de l’hiver qui menace, et il y a les indiens, et il y a la boue finale qui enlise tout le monde. Plus qu’au roman de Melville, cette épopée un peu folle rappelle encore plus celle de Dundee, ou d’Aguirre, lorsque l’ambition, la détermination entêtée amène au fiasco de toute une troupe. Le convoi sauvage fait alors partie de ces westerns des années 70, qui réussissent parfaitement à renouveler le western, en l’ancrant dans le mythe du retour à la nature des ces années là avec les désillusions qui vont avec, un propos ambitieux et une grammaire qui ne sous-estime pas le spectateur, sans pour autant le noyer dans une forme absconse et des délires expérimentaux usants. Un juste milieu parfait en somme. A voir quoi…

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ivanovitch2a
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Re: Le convoi sauvage - Man in the Wilderness - 1971 - Richard C. Sarafian

Messagepar ivanovitch2a » 24 sept. 2010 8:51

Vin a écrit :En fait, j'ai essayé de me souvenir de ce film, après en avoir parlé avec Jean-Louis, et puis en voyant les documents mis dans l'autre topic, la lumière a fait sssbling, je l'ai vu!
Fiat lux!
Et je crois que je me suis royalement emmer..au cinéma en allant le voir.
Par conscience de forumeur, je vais tenter de le trouver en DVD, mais si mes sens défaillants ne m'abusent, je crois que ce film est très marqué "années 70", période où surgirent quelques très bons films, mais aussi un gros paquet de nanars.

:sm32:

A l'instar de Vince, je me suis copieusement emmer... au cinéma, puis encore plus à la télévision quand j'ai essayé de le revoir. Cela dit, les différentes interventions que j'ai pu lire étant toujours d'une grande pertinence' et passionnantes, ça me donne envie de reitérer l'expérience afin de ne pas mourir idiot. Il reste que Sarafian est un metteur en scène assez médiocre, quoique l'on en dise Vanishing Point (son autre film le plus célèbre) reste une daube pas chère, tournée sans aucun talent et d'un scénario quasi sans intérêt. D'ailleurs depuis il est retourné à la TV où il a osé commettre (entre autres nanars) un remake de l'African Queen !
Pour conclure, il y eu dans les années 70 d'excellent westerns mais aussi de terriblement pénibles où les metteurs en scène jouaient les pseudos historiens" ou "ethnologues" et où les critiques criaient au génie. Au risque de m'attirer les foudres de nombre d'entre vous je citerais parmis ces films épouvantablement surfaits et chia... : Buffalo Bill et les indiens de Altman, deux hommes dans l'ouest de Blake Edwards (film que l'on pourrait surnommer Butch Cassidy et le Kid light)et surtout Missouri Breaks de Penn où le cabotinage de Brando et celui de Nicholson deviennent insupportables.

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old timer
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Re: Le convoi sauvage - Man in the Wilderness - 1971 - Richard C. Sarafian

Messagepar old timer » 24 sept. 2010 9:10

Je n'ai pas revu "le convoi sauvage", je n'en parlerai donc pas - il m'avait bien impressionné quand je l'avais vu à l'époque, le bateau "qui marche" , l'homme seul dans la nature, la squaw qui va accoucher seule dans un buisson... Tout cela était saisissant et ne plaide pas en la faveur de la médiocrité de Sarafian, je tombe des nues !

Quand à "Point Limite zéro" ça reste son meilleur film à mon avis ! Si on le voit au premier degré, ça ne tiens évidemment pas debout, c'est complètement absurde cette traversée du pays en voiture, le personnage a l'air siphonné et ceux qui le soutiennent aussi!
Tout cela prend du sens quand on y lit une métaphore de la société américaine (occidentale?), prise dans une hystérie de consommation et de vitesse, qui fonce dans le mur sans savoir où elle va, refusant même de se poser la question, mais au contraire enthousiaste à soutenir et encourager une manière de vivre ("l'American way of life") pourtant suicidaire à moyen terme.

C'est un des grands films contestataires des années 70. A mon avis il dit des choses beaucoup plus importantes et profondes que tout les "easy rider" du monde...

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Emma_Peel
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Re: Le convoi sauvage - Man in the Wilderness - 1971 - Richard C. Sarafian

Messagepar Emma_Peel » 01 août 2011 18:51

Je viens de découvrir le film. Je vais répéter des choses déjà évoquées et commentées, mais voilà, je suis moi même en pleine disséquation mentale de ce que j'ai vu hier soir.

Man in the Wilderness est absolument sublime, à tous les niveaux.
Le titre français est complètlement idiot, en cela qu'il ne s'agit absolument pas du tout de l'histoire de l'expédition mais c'est celle d'un homme aigri (il a souffert) écarté volontairement de ses contemporains et qui va revivre l'évolution complète de son espèce : (re)naissance, apprentissage du feu, de la parole... afin de réintégrer le monde des humains.
C'est beau, fort, puissant, d'une richesse inouie...

Le rythme est lent, l'ambiance blafarde, les dialogues quasi inexistants, les deux thèmes musicaux principaux sont utilisés avec une incroyable justesse (affrontement Zach/Henry). Le film n'est pas violent, il est juste dur et cru (à l'image du wilderness), la scène de l'accouchement de l'indienne est probablement l'une des scènes les plus dures mais aussi l'une des plus belles et des plus douces. D'ailleurs, le traitement des indiens est assez facinant, tout est vu des regards extérieurs. Leur monde est présenté comme quelque chose de parfaitement impénétrable que l'Homme blanc ne parviendra jamais à comprendre, le gouffre culturel est parfaitement infranchissable.

Quant à Henry, que dire de ce Capitaine Achab à moitié fou traversant le pays sur son navire vogant sur la terre ferme ? Quand l'un (Henry) manque d'eau (ou est bloqué par elle, la neige!), l'autre (Zach) y renaît. Henry considérait Zach comme son fils, Zach avait fait le choix d''abandonner son enfant. Et c'est en renonçant à se venger de ce père qu'il n'avait pas choisi qu'il finit par rejoindre son propre fils.

Mais ce n'est pas juste l'histoire d'une rédemption, le film va au delà, il raconte la plus importante et la plus belle des conquêtes, la conquête de soi.

Je suis profondément bouleversée.
- Préparez le voyage de vos rêves aux États-Unis avec Sunset Bld
- Road Trip West USA 2009
- Il était une 2ème fois dans l'Ouest, 2011
- Californie/Arizona, 2013 (en cours)
- Texas, Nouveau Mexique, 2016

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lafayette
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Re: Le convoi sauvage - Man in the Wilderness - 1971 - Richard C. Sarafian

Messagepar lafayette » 27 août 2014 16:11

old timer a écrit :Je n'ai pas revu "le convoi sauvage", je n'en parlerai donc pas - il m'avait bien impressionné quand je l'avais vu à l'époque, le bateau "qui marche" , l'homme seul dans la nature, la squaw qui va accoucher seule dans un buisson... Tout cela était saisissant et ne plaide pas en la faveur de la médiocrité de Sarafian, je tombe des nues !

Quand à "Point Limite zéro" ça reste son meilleur film à mon avis ! Si on le voit au premier degré, ça ne tiens évidemment pas debout, c'est complètement absurde cette traversée du pays en voiture, le personnage a l'air siphonné et ceux qui le soutiennent aussi!
Tout cela prend du sens quand on y lit une métaphore de la société américaine (occidentale?), prise dans une hystérie de consommation et de vitesse, qui fonce dans le mur sans savoir où elle va, refusant même de se poser la question, mais au contraire enthousiaste à soutenir et encourager une manière de vivre ("l'American way of life") pourtant suicidaire à moyen terme.

C'est un des grands films contestataires des années 70. A mon avis il dit des choses beaucoup plus importantes et profondes que tout les "easy rider" du monde...

J'ai acheté le film en zone 1 dans un coffret double dvd consacré à Richard Harris avec Deadly Trackers comme autre film, avec st français, et ce au cours d'une longue traversée en voiture Chicago Grand Canyon et retour en remontant via Moab et Denver pour répondre au côté absurde - cité par Old Timer en 2010 - de la traversée en voiture de Point limite zéro vu dans mes années d'étudiant. Une dernière étape de plus de 1000 miles heureusement sans shérif pour nous contrôler... et pas de mur, à part ceux, à l'arrivée, de la maison à 8 salles de bains que n'aurait pas fréquenté Zach.
Je crois bien avoir déjà vu ce film version française le convoi sauvage avec ce personnage de Zach dans ces mêmes années d'étudiant et il est possible que j'en ai un enregistrement tv quelque part.
Les errances étaient appréciées dans les années "cool".
Je reviendrai après visionnage du film, mais j'en ai plein à voir.
musselshell a écrit :.../...
Mais le vrai du vrai, le dément du dément, c’est l’odyssée, l’épreuve qui attend Old Hugh. Qui parcourre les 300 kilomètres qui le séparent de Fort Kiowa, à la confluence de la White et du Missouri…en rampant, puis à quatre pattes, puis sur ses deux jambes.
Six semaines.
Il retrouvera Bridger plus tard à Fort Henry, récemment établi par l’éponyme sur la Yellowstone et la Powder. Le jugera trop jeune pour mourir. Puis Ashley et Henry, puis Harris…plus tard à Fort Atkinson sur le Bas Missouri. Pas de vengeance.
Le film brode pas mal, met des Rocheuses là où on était dans les High Plains, ne respecte pas la chronologie des retrouvailles…
Mais il est superbe. J’y reviendrai…Là, je retourne vers Beethoven.

Je suis venu ici à la recherche de Fort Atkinson au Nebraska, que je n'ai pu visiter, mais dont j'ai récupéré une brochure. Et je retrouve en même temps Jim Bridger que je viens de voir dans Kit Carson et dont j'ai parlé au sujet du fort et du film de 1940.
Je suis un nouvel abonné.

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Re: Le convoi sauvage - Man in the Wilderness - 1971 - Richard C. Sarafian

Messagepar lafayette » 28 août 2014 14:27

musselshell a écrit :Ca y est, je viens de revoir le film…
Pour faire plaisir à Eager Beaver, mon frère en cieux transparents, roches muettes, feuillages mordorés et horizons lointains, quelques mots rapides sur Hugh Glass, le vrai de vrai. Avant de se retrouver dans les Rocheuses, Glass a été marin, voire pirate…Il apparaît sur la scène de la fourrure dans les années 1810, tôt, donc…Vit dans un village Pawnee dans le Nebraska, chasse et trappe sur la Niobara, la White, la Bad River. Il rejoint Ashley et Henry en 1822. Se retrouve avec le groupe d’Henry en juin 1823 ( les deux entrepreneurs, visant le Haut Missouri , la Yellowstone puis les Powder, Tongue, Big Horn Rivers…s’étaient séparés en deux groupes, qui eurent autant de problèmes l’un que l’autre). En Septembre, Henry est même attaqué par erreur par des Mandans qui se confondront en excuses…il perd deux hommes. Ce même mois, Hugh Glass, qui chasse avec un dénommé Moses « Black » Harris, est massacré par la femelle grizzly qu’il vient de tuer …ben oui : la bestiole a survécu cinq minutes, le temps de l’empêcher de grimper à un arbre et de le quasi déchiqueter. Quand Henry et ses hommes arrivent, le cadavre de la bestiole recouvre Old Hugh (son surnom).
Ils l’emmènent sur un travois…Trois jours plus tard, Henry décide de l’abandonner…Il retarde trop et le groupe est pisté par les Arikaras (Rickarees). Deux volontaires veillent l’estropié avant de procéder à l’inhumation sous le grand ciel : John S. Fitzgerald et…le jeune Jim Bridger, qui sera bien connu par la suite. Les deux vont effectivement abandonner Gass, terrorisés par les Arikaras, et persuadés que de ttes façons, il ne survivra pas.
Où cela se passe t’il ? Près de Thunder Butte, à côté de la Grand River, actuel Dakota du Sud. On est donc pas dans les Rocheuses.
Henry ne trimballe pas non plus avec lui de Pequod des plaines…
Mais le vrai du vrai, le dément du dément, c’est l’odyssée, l’épreuve qui attend Old Hugh. Qui parcourre les 300 kilomètres qui le séparent de Fort Kiowa, à la confluence de la White et du Missouri…en rampant, puis à quatre pattes, puis sur ses deux jambes.
Six semaines.
Il retrouvera Bridger plus tard à Fort Henry, récemment établi par l’éponyme sur la Yellowstone et la Powder. Le jugera trop jeune pour mourir. Puis Ashley et Henry, puis Harris…plus tard à Fort Atkinson sur le Bas Missouri. Pas de vengeance.
Le film brode pas mal, met des Rocheuses là où on était dans les High Plains, ne respecte pas la chronologie des retrouvailles…
Mais il est superbe. J’y reviendrai…Là, je retourne vers Beethoven.

La véritable histoire me paraît plus intéressante que celle du film où l'abandon en prime time est moins crédible, le comportement habituel d'un groupe étant d'évacuer le blessé. La crédibilité de l'histoire du convoi pâtit du paysage espagnol. Tout ça a été décrit ici avec des opinions diverses. Une grande histoire n'accouche pas forcément d'un grand film. Mais quelques points forts.
Le combat avec l'ours est très bien filmé.
Encore une fois, la présence de John Huston est indiscutable. Son personnage n'est pas hanté autant que ses hommes.
Résumer 300 km en 2h c'est rapide, mais pour accélérer le film, j'ai appuyé sur les longueurs au sol en vitesse x2. ;)
Le dénouement est là pour dire que tout ça n'a servi à rien. On aura quand même eu une belle bataille avec les indiens juste avant pour nous consoler.
Richard Harris encore une fois déchiré et déchirant. Mais j'ai plus apprécié le second film du dvd Deadly Trackers où l'on ne s' ennuit pas.
Mais après ces deux films, je n'arrivais pas à dormir. Donc j'éviterai les malheurs de Richard Harris en soirée la prochaine fois.

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limpyChris
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Re: Le convoi sauvage - Man in the Wilderness - 1971 - Richard C. Sarafian

Messagepar limpyChris » 20 mars 2016 15:04

pass, tu peux passer ton chemin, si ce sont mes posts qui t' :sm5: , comme tu l'as posé (l'omission du 't' n'est pas involontaire) sur "The Revenant" ce matin ... (i' en a d'autres qui doivent le faire rien qu'en voyant mon pseudo s'afficher, sans qu'ils ressentent le besoin de l'émoticonner ; mais au moins, si c'est ça, ça a le mérite d'être clair). Et je peux le comprendre. Moi même, des fois, je m'ennuie à me relire (pour voir si j'ai pas oublié de fermer une parenthèse, dont je suis friand), parce que je comprends pas toujours ce que je veux dire.


Puisque je viens de voir "The Revenant", et que de nombreux intervenants ont fait référence à ce "Man in the Wilderness", en regard et comparaison, je viens ajouter ici un petit quelque chose, histoire de montrer le chemin à de nouveaux membres ou visiteurs qui seraient passés à côté ...

Pas le temps de lire les 4 pages d'interventions précédentes maintenant, ni la volonté de vérifier si j'y ai déjà posté, mais rien qu'à voir les noms de Pike et de Tepepa sur cette page pourra donner envie aux nouveaux de découvrir et le film et les posts de ces deux gaillards ! Toujours intéressants.

Après avoir vu "The Revenant", et écrit ce que j'en pensais, je n'ai pas pu m'empêcher de voir quelle(s) différence(s) je ressentais/faisais entre les deux films, qui se sont emparés de la même histoire vraie ...
Mais sans m'attacher aux écarts pris vis à vis de l'histoire de Glass, plutôt le traitement voulu par les deux metteurs en scène.

Sarafian modeste, s'acclimatant aux 'petits' moyens financiers qui lui sont alloués et faisant avec, faisant preuve d'imagination dans la mise en scène pour contourner les manques.
Iñarritu, lui, avec d'autres moyens financiers et techniques, une quarantaine d'années plus tard, en met plein le vue au spectateur ...

À mon avis, si le visuel y gagne, c'est l'humain qui y perd ... Sarafian nous fait connaître un homme, son histoire, sa survie, mêlant, imbriquant des moments présents, qui appellent des souvenirs en flash back, entrelaçant des moments de la vie de Glass et des moments de vie tout court (morts d'animaux, d'humains, naissance d'un papoose -mot utilisé pour faire un :wink: au chef Sitting-, plantes), ce cheminement amenant l'homme à se réconcilier avec lui-même d'abord, à pardonner aux autres ensuite, la vie étant trop précieuse 'pour se faire engueuler', ou vouloir la prendre aux autres pour se venger.
Chez Iñarritu, je n'y ai vu qu'action, palette de kit de survie et vengeance (n'ai pas accroché aux moments de visions qu'ici ou ailleurs on qualifie de 'mystiques', mais pour moi en rien originaux), le visuel servant à masquer le manque d'humanité.
Comme les Marvelleries, c'est 'le spectacle, la distraction juste pour le spectacle et le divertissement, avec force palettes graphiques et moyens pyrotechniques, n'y cherchez rien d'autre' ...
Pas sûr qu'Iñarritu reconnaisse se contenter de ça ... Je pense qu'il a été plus ambitieux sur ce (ses) projet(s) et création(s) (les recherches linguistiques, la volonté de véracité sur certaines images -tout en prenant d'autres libertés sur l'histoire et l'Histoire- le 'mausolée' de crânes de bisons, par exemple ; ou encore, si, comme je le pense, il y a l'inspiration sur certains plans, de tableaux de J. Clymer, ... etc.)

Ou alors, c'est ça LE 'message' d'Iñarritu ... un pessimisme noir sur l'être humain (et sur une Nature qui n'est qu'hostilité et cruauté, alors que chez Sarafian, elle était hostile et cruelle, mais aussi douce, réparatrice, curative, indifférente, bref, elle était.) ?
Ou j'ai rien campris ... ?
pak ?
Ah, M... je l' :num20 lui aussi ...

Mais ça n'est que mon ressenti.
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

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Re: Le convoi sauvage - Man in the Wilderness - 1971 - Richard C. Sarafian

Messagepar limpyChris » 20 mars 2016 15:13

Bon, je vais voir le blog de Tepepa, voir ce qu'i' devient ...
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

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Re: Le convoi sauvage - Man in the Wilderness - 1971 - Richard C. Sarafian

Messagepar limpyChris » 20 mars 2016 15:33

ayest ! Pas grand chose depuis ma dernière visite ... Il est devenu un peu feignassou, le gars ... Faudrait que j'y dise le mal que je pense de "Navajo Joe" (du point de vue Navajo) pour le réveiller un peu, peut-être ... Mais chez Glass, c'est les Arikara ! (z"avez vu comme je sais me recadrer moi-même et revenir au topic)
Vais lui envoyer les Arikara lui brûler les pieds, tiens, ça le f'rait peut-être revenir ... (M ..., c'est reperdu ... :sad: )
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

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pass
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Re: Le convoi sauvage - Man in the Wilderness - 1971 - Richard C. Sarafian

Messagepar pass » 07 avr. 2016 22:01

limpyChris a écrit :pass, tu peux passer ton chemin, si ce sont mes posts qui t' :sm5: , comme tu l'as posé (l'omission du 't' n'est pas involontaire) sur "The Revenant" ce matin ... (i' en a d'autres qui doivent le faire rien qu'en voyant mon pseudo s'afficher, sans qu'ils ressentent le besoin de l'émoticonner ; mais au moins, si c'est ça, ça a le mérite d'être clair). Et je peux le comprendre. Moi même, des fois, je m'ennuie à me relire (pour voir si j'ai pas oublié de fermer une parenthèse, dont je suis friand), parce que je comprends pas toujours ce que je veux dire.



Ah ben en effet ! , alors si je comprends bien tu as dû poser des jalons à droite et à gauche ?!! , je ne suis pas sorti du Forum si il faut que je commence à vérifier sur pas mal de Topics . Woah ! , c'est la classe y'a pas à dire !! .

Ce qui me rassure c'est qu'en regardant le bas de ton texte , il n'y a pas que moi !! .



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