Il était une fois dans l'Ouest - C'era una volta il West - 1968 - Sergio Leone

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Liko
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Re: Il était une fois dans l'Ouest - C'era una volta il West - 1968 - Sergio Leone

Messagepar Liko » 08 févr. 2008 14:44

Bon, je ne voulais pas dissequer du tout, mais je vais repondre à Personne, parceque c'est Personne.
Mais qui envoi donc ces trois tueurs attendre Harmonica au début?

C'est Franck bien sûr. On comprend qu' Harmonica lui a donné rendez-vous et que Franck envoie ses hommes de main à sa place :wink: Je n'ai pas revu le film depuis un bout de temps, mais Harmonica en parle ensuite à Franck en lui disant une phrase du genre "J'etais à la gare, là bas il y avait 3 hommes, dans ces 3 hommes il y avait 3 balles" on voit sur le visage de Fonda un etonnement, ce qui montre que Fonda ne connaissait pas la personne qui lui avait donné ce rendez-vous et qu'il decouvre à ce moment là à qui il a affaire (juste au niveau du rendez-vous, pas par rapport à la mort du frère d' Harmonica).

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Re: Il était une fois dans l'Ouest - C'era una volta il West - 1968 - Sergio Leone

Messagepar Personne » 08 févr. 2008 16:14

Liko a écrit :Bon, je ne voulais pas dissequer du tout, mais je vais repondre à Personne, parceque c'est Personne.
Mais qui envoi donc ces trois tueurs attendre Harmonica au début?

C'est Franck bien sûr. On comprend qu' Harmonica lui a donné rendez-vous et que Franck envoie ses hommes de main à sa place :wink: Je n'ai pas revu le film depuis un bout de temps, mais Harmonica en parle ensuite à Franck en lui disant une phrase du genre "J'etais à la gare, là bas il y avait 3 hommes, dans ces 3 hommes il y avait 3 balles" on voit sur le visage de Fonda un etonnement, ce qui montre que Fonda ne connaissait pas la personne qui lui avait donné ce rendez-vous et qu'il decouvre à ce moment là à qui il a affaire (juste au niveau du rendez-vous, pas par rapport à la mort du frère d' Harmonica).


En fait il dit cette phrase à Cheyenne et non à Franck! Les caches poussières étant la marque des hommes de Cheyenne. Cheyenne répondant à Harmonica que ce n'est pas possible que ça soit des hommes à lui!
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Re: Il était une fois dans l'Ouest - C'era una volta il West - 1968 - Sergio Leone

Messagepar John Mallory » 08 févr. 2008 16:33

D'après mes souvenirs, le dialogue exact entre Frank et Harmonica est le suivant :

Frank : Alors, c'est toi qui prends des rendez-vous ?
Harmonica : Et c'est toi qui pose des lapins.

On découvrait auparavant que l'intermédiaire entre Frank et Harmonica, c'est le teinturier. Voilà, pourquoi Harmonica vient le trouver pour lui donner une raclée, au début du film. Il me semble même qu'il l'explicite clairement à ce moment-là. Frank était donc au courant de la venue d'Harmonica puisqu'une rencontre avait été fixée, mais comme il ignore encore tout de ce dernier et qu'il a d'autres chats à fouetter (ou plutôt une famille à décimer), il envoie trois de ses hommes pour aller "l'accueillir".

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Re: Il était une fois dans l'Ouest - C'era una volta il West - 1968 - Sergio Leone

Messagepar Personne » 08 févr. 2008 17:20

Ah ok John, ça doit être ça en effet! Même si je ne sais toujours pas pourquoi on envoi des tueurs à quelqu'un qu'on ne connait pas pour un premier rendez-vous! :lol:

La mort de Morton(Gabriele Ferzetti), l'exploitant de la ligne de chemin de fer, l'infirme qui loue les services de Franck!
On sait que son rêve c'est de voir le pacifique avec sa ligne de chemin de fer juste avant de mourir. Il meurt en fait dans une marre d'eau, tué par les hommes de Cheyenne. Leone soulignant d'un léger bruit de vagues, l'agoni de Morton. cool

Historiquement, une seule ligne de chemin de fer pour relier les deux océans est inexact. En fait le gouvernement US a donné la concession à deux compagnies de chemin de fer, l'une partant du Pacifique et l'autre du Missouri, elles avaient pour but de faire jonction dans l'Utah. Le rêve de Morton, n'est donc que de la fiction.
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Re: Il était une fois dans l'Ouest - C'era una volta il West - 1968 - Sergio Leone

Messagepar John Mallory » 08 févr. 2008 17:35

Personne a écrit :Ah ok John, ça doit être ça en effet! Même si je ne sais toujours pas pourquoi on envoi des tueurs à quelqu'un qu'on ne connait pas pour un premier rendez-vous! :lol:


Je pense que comme Frank a de nombreuses victimes derrière lui (les noms que lui balance Harmonica à la figure), il doit certainement s'attendre à voir débarquer un jour ou l'autre quelqu'un venir réclamer vengeance (c'est d'ailleurs ce qui arrive avec Harmonica). Comme il est très concenscieux, il envoie des tueurs à sa place, pour éviter le moins risque et se prémunir d'un éventuel guet-appens de la part de son visiteur. Ca lui permet également d'évaluer la force potentielle de son adversaire (puisqu'il a éliminé trois adversaire à lui tout seul, il doit être très dangereux).

C'est comme ça que je vois les choses. Frank est avant tout un professionnel particulièrement prudent (un peu à l'image du tueur à gage de No country for old men, qui d'ailleurs m'a beaucoup fait penser aux grandes figures de méchants que l'on croise chez Leone). cool

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Re: Il était une fois dans l'Ouest - C'era una volta il West - 1968 - Sergio Leone

Messagepar Personne » 08 févr. 2008 17:40

J'aime bien ton explication! Merci à vous deux. :beer1:
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Re: Il était une fois dans l'Ouest - C'era una volta il West - 1968 - Sergio Leone

Messagepar musselshell » 14 févr. 2008 20:06

Je n'ai pas vu le film 50 fois, et n'entrerai pas dans les points de détails à l'intérieur desquels d'aucuns ici excellent. J'aime le film, je le dis tout de go, parce que j'aime la musique, notamment la symphonie, la romantique et la post-romantique, celle de Bruckner, celle de Mahler. Ce film est en symbiose, sinon avec l'esprit (et encore...la Neuvième du dernier cité se termine sur un adagio/adieu à la vie bien proche de l'esprit de mort qui emporte le film), avec la forme, cette volonté d'enfermer le monde, ou plus exactement une vision de celui-ci à l'intérieur d'une "grande forme". Plus la musique symphonique que l'opéra, plus la tradition germanique que le bel canto. Et il y a là un point commun entre Leone et Visconti.
Sergio Leone crée des motifs, module, et s'avère maître du contrepoint. Les motifs sont pré-existants. Ce sont ceux du western...mais rien à voir avec le jeu des films précédents. Le tragique est ici prégnant, l'inéluctable devient le sujet. Une forme de métaphysique. Le moindre mouvement de grue ouvre un espace musical autant que cinématographique.
Le grand mérite du film, c'est que sa dimension contemplative, volontairement hiératique, ses longs plans fixes, ses panoramiques et travellings qui ne le sont pas moins (lents), ne nuisent en aucun cas à la puissance narrative.
Mais que raconte Leone? Moins une histoire qu'une vision. Et à la dimension musicale se greffe la dimension picturale. La musique avance, ralentit, recule, rythme une dimension intérieure, de toute évidence métaphysique, s'il pouvait exister une métaphysique athée. Je parle bien ici du filmage, du montage, pas de la bande son à proprement parler, même si celle-ci souligne évidemment cette dimension pré-existante.La peinture, chaude, crépusculaire, fige les protagonistes dans une dimension icônique qui à la fois permet de rendre hommage et de se distancier par rapport au modèle américain...Les choix respectifs de Fonda et de Monument Valley rapprochent de Ford tout en traçant l'impossibilité de s'inscrire dans sa filiation.
Un film profondément Européen, qui interroge l'iconographie du mythe et le mythe lui même, avec les armes que confèrent la distance autant que la fascination.
Il y a un mystère Leone, comme il y a un mystère Ford...
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.

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Re: Il était une fois dans l'Ouest - C'era una volta il West - 1968 - Sergio Leone

Messagepar Pike BISHOP » 15 févr. 2008 17:18

Dans "LES BONS, LES SALES, LES MECHANTS et LES PROPRES de Gilles LAMBERT chez SOLAR ed.1976 LEONE explique qu'après sa trilogie, il ne voulait plus réaliser
de western. Son grand projet était l'Amérique des Bootleggers et il s'était fait coiffer au poteau par Arthur PENN avec "BONNIE &CLYDE".
Comme ses producteurs ne voulaient financer qu'un western de lui (heureux temps!) il finit par accepter et leur servir un SURwestern, démesuré, boursoufflé, étiré..
"Io va leur faire danser ma danse de mort! " Pour la première fois, la musique prime le tournage et ses marionettes dansent un lent ballet.
LEONE étire et étire encore avant de tirer (sa révérence croit-il) et tuer ses personnages , trois morts encore en marche, quatre s'y on inclue MORTON, mais lui
il ne peut marcher qu'à l'aide de son joujou de cheval de fer. Tous représentent le vieil Ouest, celui des vieux réalisateurs américains.. Et tous sont finis...
Qu'ils le sentent comme FONDA(Franck) qui veut gravir un étage dans l'échelle sociale future (passer de tueur exécutant à décideur comme Morton)
Qu'ils l'ignorent comme ROBARDS (Cheyenne) outlaw, chef de gang qui n'évoluera plus. Où qui s'en foutent, BRONSON (Harmonica) muré dans sa vengeance et
déjà mort avec son frère pendu. Seule CARDINALE (Jill) voit l'avenir, c'est pour cela qu'elle a épousé le peu séduisant MCBAIN, parce que lui aussi sait voir
l'avenir (la gare prévue).. En cela LEONE dit aux américains; "Celle qui crée votre société, c'est une émigrée et une P....!" Et il espère tirer un trait sur le
genre qui a fait sa gloire.
Je soupçonne quand même LEONE, en bon Italien, d'envelopper et d'enjoliver les choses. A la sortie de "CERA UNA VOLTA IL WEST" au lieu du déluge de critiques
favorables de ses précédents films, il s'est pris une bordée négative, donc il récupère ses critiques (lent, boursoufflé, hiératique, Chorégraphie, opéra ect..)
et dit que justement c'est ce qu'il voulait faire...
Il n'empêche que le film a fini par balayer la critique . Son scénario (Bertolucci) fonctionne parfaitement. On pourrait juste se demander ce que BRONSON a foutu
pendant les 20 ans qu'il a passé à rechercher l'assassin de son frère, s'entraîner au revolver ? OK ! S'entraîner à l'harmonica, c'est pas aussi réussi. compter les
morts que Franck laisse derrière lui et apprendre leurs noms par coeur pour les lui réciter chaque fois qu'il le rencontre ??
Je ne boude pas mon plaisir, j'ai parfaitement vibré à la musique de Morricone à l'époque et on peut chipoter sur des tas et des tas de détails stupides inhérents
au western européen infatué. Mais l'oeuvre de LEONE a passé le temps et restera encore longtemps la grande référence du western Italien. Ce ne n'aurait peut-être
pas plu à son auteur qui n'aspirait qu'à être considéré comme un réalisateur américain.
If they move, kill'em !!

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Re: Il était une fois dans l'Ouest - C'era una volta il West - 1968 - Sergio Leone

Messagepar musselshell » 15 févr. 2008 19:19

Pike Bishop a écrit
[Il n'empêche que le film a fini par balayer la critique . Son scénario (Bertolucci) fonctionne parfaitement. On pourrait juste se demander ce que BRONSON a foutu
pendant les 20 ans qu'il a passé à rechercher l'assassin de son frère, s'entraîner au revolver ? OK ! S'entraîner à l'harmonica, c'est pas aussi réussi. compter les
morts que Franck laisse derrière lui et apprendre leurs noms par coeur pour les lui réciter chaque fois qu'il le rencontre ??
Je ne boude pas mon plaisir, j'ai parfaitement vibré à la musique de Morricone à l'époque et on peut chipoter sur des tas et des tas de détails stupides inhérents
au western européen infatué. Mais l'oeuvre de LEONE a passé le temps et restera encore longtemps la grande référence du western Italien. Ce ne n'aurait peut-être
pas plu à son auteur qui n'aspirait qu'à être considéré comme un réalisateur américain



La vraisemblance, platement narrative, historique, contextuelle, l'enracinement-même distancié et critique - n'est pas le propos de Leone. C'était celui de Peckinpah, un prisonnier de l'intérieur...dans la mesure où le concentrationnaire pourrait faire analogie avec les racines culturelles. Dans ce cas, on utilise les armes héritées, quitte à les retourner contre ceux qui vous les ont fourbies.C'est toute la différence quasi onthologique entre deux films. En négligeant (somme toute) la vraisemblance (à tout le moins telle que vous exploitez dans la façon dont elle s'illustre), Leone compose d'autant mieux son hymne à une dichotomie perçue, à laquelle ses propres fantasmes n'échappent pas...Le héros Américain est constructeur, le héros westernien, contexte années 60/70, est crépusculaire... Le mythe Américain, en 1968/69, existe via ses renversements.
Leone prend acte, et "image", compose son ballet...Un film/regard, de l'extérieur, mais avec amour et connaissance du sujet. Dommage si ce grand cinéaste Italien aurait voulu être Américain (je ne me prononce pas là dessus)
A talent égal, mais parce qu'Américain, et parce que Peckinpah, the Wild Bunch ........ben, j'en ai écrit des pages.
Allez voir... :num1
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.

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Re: Il était une fois dans l'Ouest - C'era una volta il West - 1968 - Sergio Leone

Messagepar Pike BISHOP » 15 févr. 2008 21:22

:beer1: Houla, compadre !
N'intellectualisons pas un plaisir simple qui nous ramène avec bonheur à l'enfance..
Il est aussi vain d'opposer LEONE à PECKINPAH que FELLINI à JOHN FORD ou PASOLINI à ORSON WELLES.
Les créateurs (et je parle en connaissance de cause) n'ont pas autant d'intentions que ce que leur en prête la critique.
Si ils ont le bonheur d'avoir du succès, ils commencent à théoriser sur leur succès et appeler leurs travaux "leur oeuvre".
Les esbrouffeurs vont pouvoir parler et parler et disséquer leur "oeuvre" et leurs intentions et faire passer pour
construction ultra pensée ce que le hasard, leur savoir faire ou leur sensibilité innée les a fait réussir naturellement.
Les grands, les maîtres, eux, se cachent sous une modestie bien feinte, je l'accorde. Quand on leur demande de
parler de leur "oeuvre" ils racontent des anecdotes comme WALSH et FULLER, ou ils se présentent comme PAPY
"JE M'APPELLE JOHN FORD ET JE FAIS DES WESTERNS !"
LEONE élève sa grue au dessus de SA gare et découvre SA ville de l'Ouest avec lenteur, ampleur et suffisance.
CIMINO réalise du dix fois plus spectaculaire dans son chef-d'oeuvre et ruine sa compagnie. GEORGE MARSHALL
dans "THE SHEEPMAN" et LESLIE FENTON dans "WHISPERING SMITH" réalisent exactement la même chose
sans emphase en intégrant leurs séquences dans des récits à la fraîcheur encore intacte un demi siècle plus tard.
If they move, kill'em !!

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Re: Il était une fois dans l'Ouest - C'era una volta il West - 1968 - Sergio Leone

Messagepar musselshell » 16 févr. 2008 8:57

Pike BISHOP a écrit ::beer1: Houla, compadre !
N'intellectualisons pas un plaisir simple qui nous ramène avec bonheur à l'enfance..
Il est aussi vain d'opposer LEONE à PECKINPAH que FELLINI à JOHN FORD ou PASOLINI à ORSON WELLES.
Les créateurs (et je parle en connaissance de cause) n'ont pas autant d'intentions que ce que leur en prête la critique.
Si ils ont le bonheur d'avoir du succès, ils commencent à théoriser sur leur succès et appeler leurs travaux "leur oeuvre".
Les esbrouffeurs vont pouvoir parler et parler et disséquer leur "oeuvre" et leurs intentions et faire passer pour
construction ultra pensée ce que le hasard, leur savoir faire ou leur sensibilité innée les a fait réussir naturellement.
Les grands, les maîtres, eux, se cachent sous une modestie bien feinte, je l'accorde. Quand on leur demande de
parler de leur "oeuvre" ils racontent des anecdotes comme WALSH et FULLER, ou ils se présentent comme PAPY
"JE M'APPELLE JOHN FORD ET JE FAIS DES WESTERNS !"
LEONE élève sa grue au dessus de SA gare et découvre SA ville de l'Ouest avec lenteur, ampleur et suffisance.
CIMINO réalise du dix fois plus spectaculaire dans son chef-d'oeuvre et ruine sa compagnie. GEORGE MARSHALL
dans "THE SHEEPMAN" et LESLIE FENTON dans "WHISPERING SMITH" réalisent exactement la même chose
sans emphase en intégrant leurs séquences dans des récits à la fraîcheur encore intacte un demi siècle plus tard.


Ce n'est pas parce qu'on intellectualise qu'on défraichit, ni parce que c'est frais que c'est inintellectualisable...de toutes façons et comme dirait l'autre, il faut bien dire quelque chose. C'est vrai que la critique ou moult commentateurs trouvent souvent plus dans un film que ce que le réalisateur a voulu y mettre (beaucoup le reconnaissent avec un sourire en coin)...mais il est vrai aussi qu'une oeuvre d'art, toutes disciplines confondues,peut avoir une puissance telle qu'on aura envie d'explorer le mystère, quitte à parloter ou outrager des coléoptères...
Quand on observe et regarde d'un peu près un tableau, c'est incroyable tout ce qu'on y trouve sans que ce soit dû au hasard, on peut s'accorder là dessus...Pourquoi alors mettre les grands accomplissements cinématographiques à part?
Ceci dit, le truc que j'ai écrit plus haut est comiquement abscons...on ne devrait réfléchir (autre chse que la lumière)...qu'à jeun.
Salaud de malt.
Quant aux comparaisons, j'aime bien comparer, c'est plus simple et rassurant que de pénétrer l'unicité des choses, d'affronter l'altérité, d'angoisser au point de courir presto s'en rejeter un. Au risque réitéré de repartir dans une logorrhée dont on devine vite l'haleine :num1 ... :beer1: (quand même)
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Re: Il était une fois dans l'Ouest - C'era una volta il West - 1968 - Sergio Leone

Messagepar Jicarilla » 16 févr. 2008 9:25

:applaudis_6: :applaudis_6: Voici enfin de la belle Image
sur westerns disséqués cela change des sérials des immortels et autre pacotilles :horse: :horse: :applaudis_6: :applaudis_6:
Modifié en dernier par Jicarilla le 16 févr. 2008 18:39, modifié 1 fois.
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Re: Il était une fois dans l'Ouest - C'era una volta il West - 1968 - Sergio Leone

Messagepar Sartana » 16 févr. 2008 9:42

Pike BISHOP a écrit ::beer1: Houla, compadre !
N'intellectualisons pas un plaisir simple qui nous ramène avec bonheur à l'enfance..
Il est aussi vain d'opposer LEONE à PECKINPAH que FELLINI à JOHN FORD ou PASOLINI à ORSON WELLES.
Les créateurs (et je parle en connaissance de cause) n'ont pas autant d'intentions que ce que leur en prête la critique.
Si ils ont le bonheur d'avoir du succès, ils commencent à théoriser sur leur succès et appeler leurs travaux "leur oeuvre".
Les esbrouffeurs vont pouvoir parler et parler et disséquer leur "oeuvre" et leurs intentions et faire passer pour
construction ultra pensée ce que le hasard, leur savoir faire ou leur sensibilité innée les a fait réussir naturellement.
Les grands, les maîtres, eux, se cachent sous une modestie bien feinte, je l'accorde. Quand on leur demande de
parler de leur "oeuvre" ils racontent des anecdotes comme WALSH et FULLER, ou ils se présentent comme PAPY
"JE M'APPELLE JOHN FORD ET JE FAIS DES WESTERNS !"
LEONE élève sa grue au dessus de SA gare et découvre SA ville de l'Ouest avec lenteur, ampleur et suffisance.
CIMINO réalise du dix fois plus spectaculaire dans son chef-d'oeuvre et ruine sa compagnie. GEORGE MARSHALL Mais
dans "THE SHEEPMAN" et LESLIE FENTON dans "WHISPERING SMITH" réalisent exactement la même chose
sans emphase en intégrant leurs séquences dans des récits à la fraîcheur encore intacte un demi siècle plus tard.

Leone avait un melon pas possible, ça, c'est vrai. Mais en même temps un italien qui vient de la misère et qui réussit à s'imposer pour 2 ou 3 films à Hollywood, a des circonstances atténuantes. De plus, ce que Marshall ou Fenton n'avaient pas, c'est le support musical, qui donne toute cette intensité à la scène. Ce n'est pas la grue en elle-même sur laquelle il faut se focaliser mais bien sur la scène dans son ensemble. C'est celle-ci qui peut donner lieu à interprétation. Tous les grands ont vu leurs films disséqués par la critique, souvent a posteriori il est vrai... Mais pour Leone comme tu l'as dit toi-même, il savait parfaitement ce qu'il faisait sur ce film. Donc l'interprétation qui en est tirée est bien dûe à Leone lui-même. C'est parce qu'il s'est expliqué maintes fois sur ce film et sur quelle a été sa volonté sur le tournage qu'à partir de là une interprétation de son œuvre a pu être mise en place ;)
L'intellectualisation résulte souvent des auteurs eux-mêmes, qui de leur vivant déjà, enrobent la vérité, grossissent un peu la réalité afin que la légende l'emporte sur la réalité (comme aurait dit... ). Leone était un champion de l'exercice...
"Il suffit de franchir les limites de la violence individuelle qui est criminelle,
pour atteindre la violence de masse qui... qui fait l'histoire..." Brad Fletcher dans Le dernier face à face
Personne a écrit :Sartana, tu as un coeur de pierre!

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Re: Il était une fois dans l'Ouest - C'era una volta il West - 1968 - Sergio Leone

Messagepar Fredge » 16 févr. 2008 11:29

Je pense qu'il faudrait aussi rajouter le génie de Carlo Simi sans lequel Sergio n'aurait peut-être pas pu accomplir ses rêves de gamin....

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Re: Il était une fois dans l'Ouest - C'era una volta il West - 1968 - Sergio Leone

Messagepar Pike BISHOP » 16 févr. 2008 12:26

Vous avez tout à fait raison. Excusez-moi, mais je ne sais pas encore capturez vos textes pour les citer...
concernant le décorateur de LEONE, parfaitement, beaucoup de talent... Mais là aussi on est en pleine contradiction.
LEONE à priori ou à postériori nous dit : Je vous donne un Opéra de l'Ouest, je vais vous faire danser mon ballet lent,
mon ballet de mort ! OK ! je marche! je ne boude pas mon plaisir et je revois toujours les films de LEONE avec mon âme
de spectateur de la première heure. Ce sont des opéras, la musique de Morricone me fait monter la chair de poule.
Un opéra c'est ça! mais c'est une convention, on chante au lieu de parler et on joue devant des toiles peintes.
Je ne reproche pas du tout à LEONE d'être dans les conventions de nous donner un western d'opéra ou d'opérette.
FORD et HAWKS aussi sont dans des conventions, mais eux, ils sont LE western.
Alors que LEONE ne vienne pas dire après, qu'il est le plus grand spécialiste de l'Ouest, du moindre détail, des
villes authentiques reconstituées par SIMI.. Là je ne marche plus.. Prenons la séquence de la gare...
Quelle est cette ville ? Quelle est cette agitation de fourmilière ? On a trouvé de l'or dans le coin ?
Il y a un exode ? Quelle est cette ligne de chemin de fer fumeuse ? A quelle époque sommes-nous, puisque LEONE
peint un ouest finissant?. La seule ligne transcontinentale a été achevée en 1869. LEONE montre des Chinois y travaillant,
donc ce serait le "CENTRAL PACIFIC" ? Il ne va pas vers le pacifique, il en VIENT !!! toutes les autres lignes
DENVER et RIO GRANDE, SANTA FE-TOPEKA vont du NORD au SUD.. et pour l'Orégon, on longe le pacifique.
En 1869, aucune des armes représentées par LEONE n'existait... Ne parlons pas des indiens qui descendent du train !!!!!
où il a vu ça, même dans un fourgon, aucun train de cette époque n'embarquerait des peaux-rouges. Et vous avez vu
les costumes ??? pire que le pire hollywoodien, on se croirait à MEDRANO !!
LEONE s'est haussé au niveau des grands qu'il admirait tant... Il a fini en beauté par son chef-d'oeuvre, son film
américain, qui n'est pas un western. J'applaudis l'artiste, il m'a donné tant de plaisir, mais qu'il ne me prenne pas
pour un gogo, je ne suis pas dupe. Il est aussi "bidon" (aide de Carlo SIMI ou pas) sur l'authenticité que des tas d'autres.
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