Au delà du Missouri - Across the Wide Missouri - William A. Wellman - 1951

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Personne
Baron du bétail
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Au delà du Missouri - Across the Wide Missouri - William A. Wellman - 1951

Messagepar Personne » 01 déc. 2007 16:43

Un film pour bien terminer l'année, une petite merveille de western, de cinéma tout court!

Avec:

Clark Gable ... Flint Mitchell
Ricardo Montalban ... Ironshirt (Blackfoot war chief)
John Hodiak ... Brecan
Adolphe Menjou ... Pierre (French trapper)
J. Carrol Naish ... Looking Glass (Nez Perce chief)
Jack Holt ... Bear Ghost (Blackfoot medicine man)
Alan Napier ... Capt. Humberstone Lyon
George Chandler ... Gowie (Capt. Lyon's assistant)
Richard Anderson ... Dick
María Elena Marqués ... Kamiah (Blackfoot princess [Mitchell's wife])

L'histoire:

Un groupe de trappeurs dont Flint Mitchell part en 1829 vers l'Ouest encore peu exploré. Pierre dit la Framboise leur sert d'interprête avec les Indiens. Flint devient ami avec le chef de la tribu des Pieds Noirs, Ours Intrépide. Flint tombe amoureux d'une indienne Kamiah qu'il épouse. Par contre une profonde hostilité s'installe entre Flint et Poitrine de Fer.


Attention, les SPOILER sont Autorisés, donc ne lisez pas ce topic avant d'avoir vu le film.

Que le débat commence!

Vous pouvez mettre vos affiches, documents, photos... ici même:

http://westernmovies.free.fr/Forums/vie ... php?t=5719
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pouêt
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Messagepar pouêt » 02 déc. 2007 12:23

- Dissection.
- "Section !".
- Mais non....

Bon, je retourne me coucher, le temps de me rassembler.
Je copie/colle mon avis posté il y a peu dans le forum attendant de revenir en causer plus en détail ici-même.
(Pour une fois que le film disséqué du mois tombe sur un western que je viens de voir, faut pas louper le coche).

"C'est un bon western. Un très bon, même en l'état.
Sauf qu'en le visionnant tout à l'heure, j'ai nettement senti qu'il y avait des coupures à gauche et à droite, car on saute parfois du coq à l'âne, et certains passages du film méritaient d'être plus approfondis.
Quelques élipses d'accord, mais faire des impasses pareils, c'est louche.
Les messages précédents du topic me l'ont confirmé.
James nous avait décrit les passages manquant dans un message précédent. Sacré James, comment a-t-il fait pour voir le film avant les coupures de la MGM il y a un demi-siècle ! )
Pour ma part, je suis tenté de penser que la fin devait aussi un peu plus développée que ça. C'est brutal comme fin.
Néanmoins, j'en reviens à mon avis à chaud : c'est très bien fait, magnifiques décors et personnages attachants, histoire riche.
J'ai été surpris de la tournure des évènements dans le dernier quart d'heure (chut faut pas le dire - d'ailleurs il ne faut pas lire le dos de la jaquette !!!! MEGA SPOILER dans le texte - heureusement, je ne sais pas lire )
La qualité de l'image du DVD est irréprochable.
C'est l'un des rares films de trapeurs que j'ai vu, et je ne regrette pas mon achat.
Ma note : 9/10.
(pour un film visiblement tronqué, c'est admirable !!!)"
Les westerns ? Ya pas d'âge pour en manger !

Jean-Louis
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Messagepar Jean-Louis » 03 déc. 2007 19:15

Je reviens d'Au delà du Missouri,
depuis sa sortie en DVD j'avais survolé plusieurs séquences sur mon PC.

Afin de le disséquer, je me le suis projeté sur grand écran.

J'ai été pris sous le charme, la magie a fonctionné comme lorsque je l'avais vu enfant au cinéma.

J'avais 9 ans. A cette âge on ne cherche pas ce qu'il pourrait y avoir derrière telle ou telle séquence.

Je garde dans mon coeur intact le souvenir...

Je vous en prie, ne touchez pas à Au delà du Missouri !

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Cole Armin
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Messagepar Cole Armin » 03 déc. 2007 20:40

Un véritable plaisir visuel qui offre des paysages d'une beauté incontournable et une variété de couleurs.

On sent que le film s'inspire de La Flèche Brisée de Delmer Daves, sorti l'année précédente.

Clark Gable est égal à lui-même. John Hodiak et Ricardo Montalban sont éclipsés et se voient relégués à des rôles plutôt discrets. L'héroine indienne : la mexicaine María Elena Marqués ne vaut pas Debra Paget.
"Attends d'être aussi vieux que moi pour parler comme moi"
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musselshell
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Messagepar musselshell » 06 déc. 2007 19:19

Bernard de Voto écrit son dorénavant classique éponyme en 1947. C'est le premier tome de la saga de l'Ouest, consacré à la trappe dans les Rocheuses jusqu'à la fin des années 1840. Le deuxième, the Course of Empire, est consacré à la marche collective vers l'Ouest. Des fourrures à la Piste de l'Oregon...ça se supperpose un temps.
Wellman ne s'inspire donc pas d'un roman, mais d'un livre d'histoire. C'est tout Wellman. Scénariser une oeuvre d'historien, c'est illuster le double objectif qui est le sien: macrocosme et microcosme, l'individu objet/sujet de ce qui le dépasse bien qu'il en soit acteur.
Humanisme, empathie: deux termes, deux lignes de conduites propres à notre cinéaste. Toujours...Cherchez le contre exemple.
Flint Mitchell n'est personne chez De Voto, ou tout le monde. William Wellman nous parle de passage (du temps), de "passassion", le film est commenté en voix off par le fils de Mitchell, lui même entre deux mondes, entre deux époques, entre deux races.
La jubilation des seconds rôles (français, indiens) parvient à brosser la fresque. Le filmage de la montagne l'inscrit et dans l'histoire, et dans un paradis perdu.
A retenir: le film est l'un des tous premiers à se consacrer aux mountain men, un an avant le noir et blanc de the Big Sky. A s'y consacrer en intégrant la conscience d'un temps qui ne sera plus.
Clark Gable tient son rôle. Le teinte de ce qu'il faut de poignant quand le drame obligatoire impose sa loi. Le film se termine sur un doux-amer qui n'aura finalement qu'épisodiquement cédé à l'image d'épinal (c'est pas dans les Rocheuses)...Laquelle? la bonne entente, la joyeuseté des trappeurs, leurs danses...cet avéré pas facile à filmer.
Le montage est somptueux, et si le film a été charcuté, il l'a été aussi lors de scènes liant l'action à l'inscription des protagonistes dans une nature âpre s'il en fut: je songe à la poursuite de Mitchell par les Blackfeet, superbe et qu'on sait plus longue à l'origine, digne du Fonda fonçant entre les bouleaux dans Drums along the Mohawk. Chez de Voto, c'est John Colter, bien sûr...
Un film quasi panthéiste, à l'odeur d'un paradis perdu...âpre... mais paradis.

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Longway
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Messagepar Longway » 18 déc. 2007 23:22

Un bel album d'images coloriées, pour petits et grands. Telle pourrait être le dénomination la mieux appropriée.

Ce western raconté sous forme narrative nous livre un des plus bel ode à la nature, tout s'harmonise en un seul élément: le ciel, les prairies, les forêts, les montagnes, et... les humains qui s'y fondent au milieu.
C'est un hymne à un ouest encore inviolé, où l'homme blanc y fait ses premiers pas, à travers des territoires vierges et demeurant inconnus pour lui, où seul l'habitant primitif qu'est l'indien règne encore en maitre absolu.

Cette belle histoire en forme de BD peut séduire toute personne qui garde un coeur de jeunesse, aimant s'égarer dans les immensités sauvages, qu'elles soient menaçantes ou rassurantes, peu importe du moment que l'on trouve ce que l'on vient y chercher.

Flint Mitchell est un trappeur accompli, fier et heureux de vivre dans ce milieu, il ne fuit pas une civilisation qui l'a déçu, il ne recherche pas une impossible issue qui lui permettrait d'atteindre un bonheur inaccessible à ses yeux. A cela il est bien différent de Jeremiah Johnson. La vie solitaire ? Il la refuse ! Il a besoin d'être entouré par d'autres partageant les mêmes valeurs que lui.
La réunion annuelle en est un bon exemple, chacun se retrouve pour parler de ses exploits de chasse, de ses rencontres ( bonnes ou mauvaises ) avec les indiens, le tout rythmé de danses, de beuveries , et de bagarres bon enfant. Comme le dit Musseshell, on n'échappe pas ici à l'image d'Epinal, mais ce film date de 1951, période d'après guerre où l'on avait encore une soif et un droit bien légitime au rêve. William Wellman l'a bien compris et s'en donne à coeur joie dans cette simplicité doublée de sincèrité à nous décrire les évènements majeurs qui jalonnent le film.

Les indiens nous sont montrés dans une mesure que je ne qualifierai pas de juste, mais d'équilibrée: leur fond est pacifique, ils acceptent l'homme blanc, et le respect est mutuel. Les anciens ont trop souffert antérieurement, et la réflexion est une vertue chez eux car ils savent que la guerre ne peut apporter que désolation. Les jeunes au contraire, craignent ( peux t'on les blâmer ? ) l'avancée de l'homme blanc, ce qui est synonyme d'accaparation de leurs terres encestrales. A cela la violence est l'unique issue pour repousser l'intrus. La sagesse de l'ancien ( Ours Intrèpide ) l'emportant finalement sur la fougue aveugle de la jeunesse ( Coeur D'Airain ). Mais que l'ancien meurt, tué stupidement sans raison par un trappeur voulant venger son frère ( ce qui se produit ) et ce fragile équilibre est malheureusement remis en cause.

A cela l'affrontement final entre trappeurs et indiens ( même si l'attaque n'est pas un modèle de crédibilité, mais je le répète la réalisation date de 1951 ) est explicite. La femme de Mitchell qui est indienne est frappée en premier, car elle est le symbole d'une partie de la perte d'identité de la race, et l'enfant né de cette union va plus devenir un blanc qu'un indien ( même s'il est de sang mêlé). Coeur d'Airain l'a bien compris, c'est pour lui l'exemple parfait à ne pas suivre, synonyme de l'extinction progressive de son peuple. Et quand la mule transportant l'enfant s'enfuit affolée par les détonnations, l'occasion est trop belle pour Coeur d'Airain d'éliminer dans sa totalité ce qui est pour lui une transgression à la pureté de la race indienne.

Pour finir, ce western est un message d'espoir. Mitchell voudrait garder son fils avec lui et l'élever comme il l'a été lui même, mais il sait que le monde change, la civilisation le rattrapera tôt ou tard, et une éducation prise suffisament en avance ne pourra qu'aider son fils à trouver sa véritable place dans une société où il sera souvent en déséquilibre du fait de son métissage.

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Longway
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Messagepar Longway » 30 déc. 2007 12:10

Dans deux jours on boucle le sujet.

Cinq messages pour une dissèction qui dure un mois, c'est vraiment très peu.
Une des plus maigres récolte ( sinon la plus maigre ) depuis la naissance de cette rubrique.
Que faut-il en penser ?
Ce western, sans être un grand classique, eut mérité un peu plus de considération et de développement. C'est dommage, car les films traitant de la vie des trappeurs ne sont pas si nombreux que cela, et depuis Jeremiah Johnson voici un an, nous n'avions pas eu l'occasion d'en refaire une étude tant soit peu similaire, même si dans une moindre mesure " Au dela du Missouri " n'atteint pas les sommets de " Jeremiah Johnson ".
Ce western était facilement trouvable, et à un prix très raisonnable ( 9,99 € ) donc peu d'excuses de ce côté là.
Peut être une certaine lassitude pour ce sujet, où je reconnais qu'il n'est pas toujours facile de poster après certains forumeurs qui ont, de par leur métier, l'habitude et les compétences requises pour ces études approfondies.
Mais ici c'est un forum, et chacun peut répondre librement, et suivant ses possibilités, les petits post des uns apportant souvent autant que les longs discours des autres.

En espèrant que le prochain western choisi pour le mois de Janvier relancera la rubrique, qui reste malgré les hauts et les bas, l'une des valeurs premières du site. :D
Modifié en dernier par Longway le 30 déc. 2007 14:39, modifié 1 fois.

Jean-Louis
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Messagepar Jean-Louis » 30 déc. 2007 12:16

:D Tu veux un titre pour que ça reparte :

Il était une fois dans l'Ouest.

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Vixare
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Messagepar Vixare » 30 déc. 2007 13:32

Longway a écrit :Ce western était facilement trouvable


Pas pour moi je suis allé 2 fois à la FNAC puis en grande surfaces exprès pour le chercher et jamais il n'y était, de plus je ne peux pas acheter sur le net. Personnellement j'aurais probablement eu le temps de mettre 1-2 réponses malgré un mois chargé mais je n'ai pas pu voir le film.
Je pense ne pas être le seul dans ce cas.

Par contre ce qui faisait selon moi l'importance de cette dissection c'est que ce western sort des "grands classiques" où les critiques ont déjà dis beaucoup, il y avait peut-être une plus grande matière pour nous simples afficionados de nous exprimer.
" Leboeuf j'te conseille de pas te trouver sur ma route ou tu t'rendras compte que j'suis pas encore fini et que j'ai encore une bonne dose de dynamite dans les poings !"

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chip
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Messagepar chip » 30 déc. 2007 13:34

Comme tu le sais Longway , les westerns avec "indiens" ne sont pas mes préférés, ceci dit c'est un bon film amputé, dommage.

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Messagepar Jean-Louis » 30 déc. 2007 14:11

chip a écrit :Comme tu le sais Longway , les westerns avec "indiens" ne sont pas mes préférés, ceci dit c'est un bon film amputé, dommage.

Pourquoi ces propos, car de toutes manières tu n'as jamais participé à cette rubrique !

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Messagepar chip » 30 déc. 2007 15:19

Où veux-tu en venir ? Je ne comprends pas, ai-je dit quelque chose de réprehensible?

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Messagepar Jean-Louis » 30 déc. 2007 15:49

chip a écrit :réprehensible?


Quel mot !

Chip, as-tu essayé un jour de comprendre en quoi consistait cette rubrique.

Chaque fois que tu es venu, c'était pour dire qu'il n'y avait rien à rajouter
à ce que les spécialistes du western avaient déjà dit, les rares fois que tu
interviens c'est pour dire j'aime, j'aime pas, jamais tu n'expliques, tu n' argumentes ton avis.
Tu te retranches toujours derrière tel ou tel critique, c'est à l'opposé de l'esprit du western disséqué.

Tu as compris ce que je veux dire avec :

car de toutes manières tu n'as jamais participé à cette rubrique ?

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Messagepar chip » 30 déc. 2007 17:06

Il me semble avoir donné un avis personnel (pléonasme) dans la rubrique à propos de "terre sans pardon" mais tartiner des pages non merci .

Jean-Louis
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Messagepar Jean-Louis » 30 déc. 2007 18:03

chip a écrit :Il me semble avoir donné un avis personnel (pléonasme) dans la rubrique à propos de "terre sans pardon" mais tartiner des pages non merci .


"Voilà ...RE( revu) aujourd'hui. Mon sentiment est le même, mise en scène nonchalante de Maté ( c'est son dernier western) , beaux extérieurs bien photographiés en technicolor et scénario relativement mince de James Edward Grant .
L'histoire commence comme un vaudeville , vire au mélodrame westernien et s' accélère un peu vers la fin . Charlton Heston droit dans ses bottes , Gilbert Roland pour la énième fois est l'hispanique fier et noble machouilleur de cigare, un rôle qu'il connait par coeur :
le trésor de Pancho Villa; bandido caballero; les Furies, etc...
Ce qu'il y a de déplaisant dans bien des westerns c'est la façon dont-ils montrent les "latinos": fiers, suicidaires souvent ou alors serviles et "rigolos" ( rio bravo) quand ce n'est pas très très cruels .
On l'aura compris "Terre sans pardon" n'est pas mon western de chevet .
Heston a eu plus de chance avec le splendide "Will Penny"

PS:
Bien aimé la scène où Heston retourne Baxter cul par dessus tête, trop d'étoffe dommage...."

Justement le western disséqué n'est pas ça !


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