L'Homme de l'Ouest - Man of the West - 1958 - Anthony Mann

Analyses en profondeur de westerns avec débats, documents, ...
> A l'affiche : La Rivière sans retour
Voir tous les films de la rubrique
(anciennement 'Westerns Disséqués')
Règles du forum
Règles
> Respectez les opinions des autres...
> L'objectif est de débattre, discuter, et non de dire un en une ligne "j'aime", "je déteste".

Voir tous les films de la rubrique
Avatar du membre
Personne
Grand Sachem
Grand Sachem
Messages : 10371
Localisation : Lone Pine, CA

L'Homme de l'Ouest - Man of the West - 1958 - Anthony Mann

Messagepar Personne » 02 nov. 2007 19:35

Fiche technique http://fr.wikipedia.org/wiki/L'Homme_de_l'Ouest

Titre : L'Homme de l'Ouest
Titre original : Man of the West
Réalisation : Anthony Mann
Scénario : Reginald Rose d'après l'œuvre The Border Jumpers de Will C. Brown
Production : Walter Mirisch
Musique : Leigh Harline
Photographie : Ernest Haller
Pays d'origine : États-Unis
Genre : Western
Format : Couleurs (DeLuxe) - Cinémascope - Mono - 35 mm
Durée : 95 minutes
Date de sortie : 1958

Distribution

Gary Cooper : Link Jones
Julie London : Billie Ellis
Lee J. Cobb : Dock Tobin
Arthur O'Connell : Sam Beasley
Jack Lord : Coaley
John Dehner : Claude
Royal Dano : Trout
Robert J. Wilke : Ponch

Synopsis

Link Jones arrive en ville, visiblement mal à l'aise, troublé par la vie citadine et effrayé par le train à vapeur. Il vient d'un village isolé et inconnu. Quand un shérif l'avise, il se présente sous un faux nom. L'homme intrigue un voyageur un peu roublard qui l'entreprend. Link lui raconte qu'il part recruter une institutrice pour enseigner dans son village, et qu'il a avec lui le fruit d'une collecte d'argent des habitants pour la convaincre. L'homme lui présente alors une ravissante chanteuse de saloon qu'il fait passer pour une institutrice, mais la tentative de flouer Link, beaucoup moins dupe qu'il n'en a l'air, tourne court : le train fait une halte et les hommes sont réquisitionnés pour charger le bois nécessaire à son bon fonctionnement. C'est ce moment qu'a choisi un groupe de hors-la-loi pour lancer une attaque sur le train et s'emparer de l'argent qu'il contient. Le train repart, l'attaque est repoussée, mais tous les passagers n'ont pas eu le temps d'y remonter : restent sur la voie Link, le roublard et la chanteuse. Ils se trouvent en pleine campagne, sans train avant une semaine et doivent chercher un refuge. Ils marchent à travers un paysage verdoyant et finissent par tomber sur une habitation qui semble abandonnée. Link dit aux deux autres de rentrer dans la grange, lui va frapper à la porte : les hommes qui ouvrent sont ceux qui ont tenté l'attaque du train. Ils menacent Link de leurs armes et le font entrer. La situation est assez tendue, mais la maison est familière à Link, comme la voix qui le fait sursauter, celle d'un vieux chef de bande à moitié fou qui sort de l'autre pièce. Le vieux reconnaît Link, celui qui était jadis son meilleur élève dans le crime, et qui un jour s'est enfui. Le vieil homme l'aurait tué de rage à ce moment là s'il l'avait retrouvé. Mais il y a de cela des années et le vieux veut croire que Link est revenu pour lui. Pour rester en vie, et préserver celle de ses deux compagnons d'infortune, Link n'a d'autre choix que de le lui faire croire, et d'accepter de participer à l'attaque de la banque d'une mine d'or, tout en sachant que les autres membres de la bande ne croient pas du tout à son histoire...

Attention, les SPOILER sont Autorisés, donc ne lisez pas ce topic avant d'avoir vu le film.

Que le débat commence!

Vous pouvez mettre vos affiches, documents, photos... ici même:
http://westernmovies.free.fr/Forums/vie ... php?t=5554
Image

Avatar du membre
musselshell
Castor éclopé
Messages : 2532

Messagepar musselshell » 02 nov. 2007 20:24

Man of the West aura 50 ans l'année prochaine. Film étrange, statique et surestimé selon les uns (statique puisque Mann conjuguait son cinéma avec le mouvement, surestimé dans la mesure où certains auraient prétendu trouver là le parachèvement d'une mise en scène, alors que...), bijou selon les autres, et pas un bijou mignon...un bijou âpre, difficile derrière une apparence convenue, épure d'une mise en scène obsédée par le tragique qui se conjugue au mythe, quand celui-ci est malade, proche de sa fin (Gary Cooper n'est pas là par hasard), mais porte encore suffisament haut pour que l'exercice ne soit pas de style, mais donne un chef d'oeuvre au goût cendreux. Servi par une caméra prodigieuse d'efficacité, à la limite, toujours, entre l'invisibilité de la mise en scène et la virtuosité, vue toujours après coup, donc jamais gratuite, au service du propos... Je pense comme les autres, pas comme les uns, cela va sans dire.
A bientôt... cool

Avatar du membre
musselshell
Castor éclopé
Messages : 2532

Messagepar musselshell » 02 nov. 2007 21:14

...c'est à dire à tout de suite. Après tout, les westerns disséqués semblant un peu (?) en panne d'exercice passionnel, relançons la machine. Pourquoi suis-je, depuis longtemps, et sans jamais qu'un revisionnage ne me décoive, obsédé par ce film? Comme par, pour d'autres raisons, the Far Country ou Jeremiah Johnson? Peut-être parce qu'il conjugue l'humain, dans son aléatoire, sa fragilité, sa grandeur toujours finalement dérisoire, et le mythe. L'un avec l'autre, l'un émanant de l'autre, sans que jamais on en puisse tracer l'ordre.
Ce retour obligé par le hasard (quoique, le passé revient toujours) vers un soi honni n'est pas absolument original en soi. Ici, c'est le traitement qui l'est. Ce film qui commence par le départ anodin d'un homme qui ne sait pas prendre le train se termine vers un cheminement vers nulle part, ou plutôt on sait trop quoi, sans plus rien à attendre, avec entre les deux jusqu'à la liquidation de ce que l'on fut et qu'il fallait liquider, mais pourquoi, pour quoi faire, et pour aller où?
Toute la mise en scène (enfin presque) de Mann tourne autour de Gary Cooper. Fatigué? Alors ce sera hiératique. Alors les affrontements ne seront pas trépidents: ils feront mal, comme on se fait mal quand on est épuisé. Avec la rage interne, la révolte malade du suicide obligatoire...Tout çà pour çà: ce film est l'une des plus magnifiques illustrations de la formule, au sens le plus existentiel de cette dernière, qu'ait pu donner le western. Et il est un aboutissement: Man of the West travaille sur l'archétype, pas sur une caractérialisation psychologique particulière, et c'est par là même qu'il rejoint le plus profond de chacun d'entre nous, qui ne sommes pas, loin s'en faut, des Link Jones...Un homme tue ses fantômes, sa famille au sens quasi propre, et ne repart pas plus avancé. Si, un peu plus sûr du rien qui l'attend. Il retourne vers sa femme. Il en laisse une autre. Il peut attendre la fin. L'Homme de l'Ouest, çà se nomme. Et c'est un chef d'oeuvre...
Argumentation détaillée à venir... :beer1:
Modifié en dernier par musselshell le 02 nov. 2007 21:33, modifié 1 fois.

bannon
Chasseur de primes
Chasseur de primes
Messages : 357
Localisation : l'ouest

l'homme de l'ouest

Messagepar bannon » 02 nov. 2007 21:22

aujourd'hui, "l'homme de l'ouest" se présente à nous sous l'aspect d'un western interessant d'abord par l'interprétation sans faille du géant (au sens propre comme au sens figuré) qu'était Gary Cooper, ensuite par le climat plutôt malsain dans lequel il évolu

Il faut se rappeler, qu'a l'époque, le film fut classé "violent" et interdit ,si je me rappelle bien, aux moins de 12 ans.

J'ai été un peu déçu par l'interprétation de l'excellent Lee J.Cobb. Il m'a semblé, pendant tout le film, qu'il pouvait, et qu'il aurait voulu que son personnage de Doc Toobin ait encore plus de consistance. Le film y aurait gagné en intensité dramatique.

J'accorde une mention spéciale aux troisième couteaux qu'étaient Royal Dano,Jack Lord, et surtout John Dehner pour leur interprétation étonnante de réalisme

Un trés bon western qui, quelque part m'a laissé sur ma faim, peut être parce que j'aurais préféré que Link Jones paie ses fautes passées en mourant avec toute sa triste famille

Avatar du membre
musselshell
Castor éclopé
Messages : 2532

Re: l'homme de l'ouest

Messagepar musselshell » 02 nov. 2007 21:47

bestoso a écrit :aujourd'hui, "l'homme de l'ouest" se présente à nous sous l'aspect d'un western interessant d'abord par l'interprétation sans faille du géant (au sens propre comme au sens figuré) qu'était Gary Cooper, ensuite par le climat plutôt malsain dans lequel il évolu

Il faut se rappeler, qu'a l'époque, le film fut classé "violent" et interdit ,si je me rappelle bien, aux moins de 12 ans.

J'ai été un peu déçu par l'interprétation de l'excellent Lee J.Cobb. Il m'a semblé, pendant tout le film, qu'il pouvait, et qu'il aurait voulu que son personnage de Doc Toobin ait encore plus de consistance. Le film y aurait gagné en intensité dramatique.

J'accorde une mention spéciale aux troisième couteaux qu'étaient Royal Dano,Jack Lord, et surtout John Dehner pour leur interprétation étonnante de réalisme

Un trés bon western qui, quelque part m'a laissé sur ma faim, peut être parce que j'aurais préféré que Link Jones paie ses fautes passées en mourant avec toute sa triste famille


Link survit en apparence.
Lee J Cobb tient là un de ces plus grands rôles, quasi shakespearien (et je sais de quoi je parle!). La scène de la cabane, le "no guts!" retentissant, c'est quelque chose...Un Flagstaff fou et pervers, obsédé par le passé, ne triant plus rien, mais avide de sa descendance...Lee Jack Cobb tient là, à mon avis, l'un de ses plus grands rôles. Royal Dano est formidable quand il hullule, touché à mort, dans le silence écrasant de Lassoo...

Carcasse
Shérif
Messages : 2537
Localisation : Boulogne 92

Messagepar Carcasse » 03 nov. 2007 7:56

Il va falloir que je secoue mes neurones fatigués pour enfin parler de ce film si intéressant.
Intéressant, pour moi, car je déteste et j'adore - à la fois - ce film qui exerce une véritable fascination sur ma cervelle ramollie.
Il faut dire qu'il me semble lent, voire lourd (je parle de ressenti) et pourtant qu'il est bourré de scènes d'anthologies, que ses personnages, interprétés de façon magistrale (oui, Lee J Cobb y est shakespearien), ont un véritable poids psychologique, un passé si présent et que le tout réussit à former unité dans une mise en scène d'une maîtrise incomparable... Et je ne parle même pas de la photo car je ne sais pas qui l'a en cinémascope (je crois que l'édition Carlotta est rognée, non ?).

C'est donc un film qui m'ennuie chaque fois que je le regarde et que je ne peux détacher de ma pensée... Et plus j'y pense et moins il m'ennuie ; alors, il faut que je le regarde à nouveau...
Peut-être que cette dissection sera pour moi une bonne psychothérapie !

Mais bon. Il va déjà falloir que je retrouve où je les ai rangés (mes neurones !)... :roll:
Cuacuacocomekiki ? (Averell Dalton)

Avatar du membre
musselshell
Castor éclopé
Messages : 2532

Messagepar musselshell » 03 nov. 2007 8:07

Carcasse a écrit :Il va falloir que je secoue mes neurones fatigués pour enfin parler de ce film si intéressant.
Intéressant, pour moi, car je déteste et j'adore - à la fois - ce film qui exerce une véritable fascination sur ma cervelle ramollie.
Il faut dire qu'il me semble lent, voire lourd (je parle de ressenti) et pourtant qu'il est bourré de scènes d'anthologies, que ses personnages, interprétés de façon magistrale (oui, Lee J Cobb y est shakespearien), ont un véritable poids psychologique, un passé si présent et que le tout réussit à former unité dans une mise en scène d'une maîtrise incomparable... Et je ne parle même pas de la photo car je ne sais pas qui l'a en cinémascope (je crois que l'édition Carlotta est rognée, non ?).

C'est donc un film qui m'ennuie chaque fois que je le regarde et que je ne peux détacher de ma pensée... Et plus j'y pense et moins il m'ennuie ; alors, il faut que je le regarde à nouveau...
Peut-être que cette dissection sera pour moi une bonne psychothérapie !

Mais bon. Il va déjà falloir que je retrouve où je les ai rangés (mes neurones !)... :roll:


Ben ils ont bien l'air d'être bien là, en bon ordre. Ce qui va me contraindre à ne pas raconter n'importe quoi... :beer1: (j'ai un peu abusé hier soir, j'ai retrouvé des neurones ds le frigo, dans le cagibi, à côté de l'évier....va falloir rassembler tout ça .)

bannon
Chasseur de primes
Chasseur de primes
Messages : 357
Localisation : l'ouest

Messagepar bannon » 03 nov. 2007 11:47

en revoyant le film, je me range a ton opinion, Musselshell, Link Jones est comme mort, a la fin du film. On ressent qu'il y a en lui une perspective de vie brisée, et son désir de rejoindre sa famille, en refusant l'amour de Billie,est comme la recherche d'une bouée de sauvetage ; du moins c'est ainsi que je le ressent

loin de moi l'idée d'amoindrir Lee J.Cobb,qui est pharamineux, j'ai seulement perçu qu'il n'était pas au bout de ses possibilités,qu'il pouvait donner encore plus que ce que Mann lui demandait.
C'est une impression que j'ai toujours eue. Je l'ai ressentie aussi pour Warren Oates dans "Major Dundee"

Avatar du membre
chip
Grand Sachem
Grand Sachem
Messages : 6762

Messagepar chip » 03 nov. 2007 12:56

Un grand western ,mais qui pour moi n'a pas le charme de la série Mann-Stewart, je rejoins Bestoso en ce qui concerne Cobb qui avec 10 ans de moins que Cooper incarne son oncle. Acteur de la "méthode" Cobb a souvent tendance à en faire trop, c'est le cas ici, je préfère le jeu à l'économie de Coop."The naked spur" et "the far country" restent mes Mann préférés.

Avatar du membre
musselshell
Castor éclopé
Messages : 2532

Messagepar musselshell » 03 nov. 2007 13:01

Non seulement Link Jones doit, pour liquider son passé, renouer avec la violence et le goût du sang, mais il doit faire fi d'une valeur essentielle: la solidarité, sinon du sang, à l'égard d'une adoption presque filiale. Deux scènes sont particulièrement révélatrices. Quand Doc reconnait Link dans la cabane, c'est un père qui parle, un père terrible, fou, aveuglé par ses chimères et son amertume. Quand Link sous-entend à Claude qu'il aurait peut-être pu envisager une autre vie, il s'entend rétorquer "I watch out for the old man. I love him, and I watch out for him". La solitude de Cooper est alors totale: ça, qu'il ne partage pas, s'il l'a jamais partagé, sera un obstacle de plus. En confiant un certain poids, une certaine intégrité au personnage joué par John Dehner, Mann renforce l'ambiguité du personnage de Cooper...perdu à lui même? ou reconstruit? On ne sait, et on ne saura jamais. Le film semble peindre un univers obligatoirement noir, ou la rédemption ne saurait passer que par la négation identitaire, que par la frustration et l'échec...Et le tout ne semble jamais procéder d'une décision, d'un choix. Bien plutôt d'une fuite en avant des évènements, comme inéluctables...

bannon
Chasseur de primes
Chasseur de primes
Messages : 357
Localisation : l'ouest

Messagepar bannon » 03 nov. 2007 17:42

Magnifique analyse, mussellshell, on est en train de s'apercevoir que ce film célébre, qui nous semblait affublé d'un scénario relativement assez conventionnel, est en vérité un drame trés complexe. Cette "disséquation"m'a permis, pour ma part, a mieux le comprendre, sans pour autant réviser mon opinion sur l'amplitude du personnage de Doc Toobin qu'aurait pût développer Lee J.Cobb

Avatar du membre
musselshell
Castor éclopé
Messages : 2532

Messagepar musselshell » 03 nov. 2007 19:27

Mes deux Mann préférés sont the Far Country et Man of the West (plus The Man from Laramie, qui va au fond de l'"utilisation" de Stewart). Dans le premier, le héros est en devenir, il se cherche, sans le savoir, confine son investissement dans le monde aux limites de son intérêt personnel, apprend d'autres valeurs (en force, il faut la mort de son vieux compagnon d'infortune), et conjugue enfin son combat personnel à l'intérêt collectif...Le film jubile, hausse le mouvement et la couleur, se mesure à l'épique (le Yukon, la montagne)...Le héros, pour faire vite, change, "évolue". La fin semble relever d'une réconciliation, d'une possible adhésion à la communauté ("semble", parce que Mann est malin, on y reviendra peut- être un jour).
Dans le second, tout est joué au départ. Le passé (héroïque ou sauvage) est derrière. Et on est devenu vieux. Ici, c'est le passé qui revient, comme ça, au tournant...il faut le tuer une deuxième fois, mais là littéralement.
Et les mises en scène sont au diapason du propos. S'il n'est pas en scope, the Far Country aborde l'espace comme lieu obligé d'une vie d'aventures choisie: les protagonistes s'y fondent moins qu'ils ne l'affrontent, mais sont en telle symbiose que cela reste "virgilien" (Godard sur Mann). Dans Man of the West, l'espace, vertes prairies ou sols bruts et érodés, est à la fois décor obligé et reflet des impuissances...un reflet "en creux": ce qui se passe ici aurait pu se passer ailleurs. Réussir à la fois cette "mise à distance" du lyrisme et son ré-investissement en fonction du drame est l'un des tours de force d'Anthony Mann dans son dernier "vrai" western: le scope, les champs contre champs, l'avancée vers la caméra, de loin, avec une profondeur de champ aussi intelligente que celles de Welles...de Trout qui hurle en direction du spectateur les seuls sons (mal) articulés qu'il ait pu émettre...dans un décor qui dut inspirer Eastwood bien plus tard, est un tres grand moment de cinema, et de cinéma pur.

Jean-Louis
Westerner
Westerner
Messages : 2831

Messagepar Jean-Louis » 03 nov. 2007 22:26

:D Musselshell, en appuyant à la suite de Longway et de Vixare pour que le Western disséqué de ce mois soit L'homme de l'Ouest je me doutais bien que tu serais particulièrement fécond sur le sujet, je savais combien pour toi L'homme de l'Ouest était riche.

Devant la pertinence de tes propos, la démonstration implacable de tes connaissances de l'oeuvre westernienne de Mann que dire,
je suis bien incapable d'avancer quoi que ce soit, seul Carcasse peut faire rebondir cette analyse, il nous l'a dit il n'est pas entièrement convaincu par L'Homme de l'Ouest.

Juste une réflexion, j'avoue être toujours étonné que l'on puisse tirer de l'analyse de l'ensemble de l'oeuvre d'un artiste une ligne directrice aussi affirmée, pour un écrivain oui je comprend, il jouit d'une grande liberté, mais un cinéaste peut-il réellement mener à bien une oeuvre dominée, étant englué dans de telles contingences ?

Avatar du membre
Personne
Grand Sachem
Grand Sachem
Messages : 10371
Localisation : Lone Pine, CA

Messagepar Personne » 04 nov. 2007 9:19

Etonnant début ou un Link Jones(Gary Cooper) arrivant en ville est, je trouve, un peu gauche (il fait tomber sa bourse), un peu candide (la découverte du train). On dirait un enfant, un enfant trop grand qui n'arrive pas à s'assoir dans ce train et qui a l'air de s'amuser et nous amuse, il joue même à cache-cache avec le shérif par exemple. Le début de ce film est le seul moment ou il n'y a pas de tension, le spectateur respire et se dit qu'il va embarquer dans un western léger... l'erreur!
C'est un western noir de chez noir, du jamais vu pour cette époque qu'il m'a été donné de découvrir. :shock:
Une réalisation magnifique avec des mouvements de caméra jamais gratuit, une utilisation des collines, des montagnes là encore propre à Mann.
Je dis à nos amis spaghettophile d'y jeter un oeil, je crois qu'ils risquent d'être surpris par la tournure de ce film, certaines outrances par exemple. Un film qui a surement beaucoup marqué une nouvelle vague Européenne, Française comme Godard bien sûr, qui n'en tari pas d'éloge, mais aussi Italienne bien évidemment. cool
Image

Avatar du membre
John Mallory
Dernier des Mohicans
Dernier des Mohicans
Messages : 490
Localisation : Lausanne (CH)

Messagepar John Mallory » 04 nov. 2007 9:54

Je rejoins complètement Carcasse dans son ressenti par rapport à ce film.

Le début de l'histoire est en effet trompeuse et je me souvient qu'à la première vision, j'avais été assez destabilisé sitôt que l'on assiste au grand revirement (lorsque Cooper rejoint les bandits dans la cabane). J'avais justement trouvé cette partie dans la cabane trop longue et cassant le rythme que le film avait établi auparavant.

Mais par la suite, je m'en suis accommodé et ce n'est qu'alors que j'y ai décelé toute la richesse de cette oeuvre magnifique et crépusculaire, qui diffère beaucoup des autres westerns de Mann avec James Stewart.



Retourner vers « Les Westerns autour du feu : débat »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 2 invités