La Dernière Chasse - The Last hunt - 1956 - Richard Brooks

Analyses en profondeur de westerns avec débats, documents, ...
> A l'affiche : La Rivière sans retour
Voir tous les films de la rubrique
(anciennement 'Westerns Disséqués')
Règles du forum
Règles
> Respectez les opinions des autres...
> L'objectif est de débattre, discuter, et non de dire un en une ligne "j'aime", "je déteste".

Voir tous les films de la rubrique
Avatar du membre
Personne
Baron du bétail
Baron du bétail
Messages : 10269
Localisation : Lone Pine, CA

La Dernière Chasse - The Last hunt - 1956 - Richard Brooks

Messagepar Personne » 01 oct. 2007 7:27

Image

Avec

Charlie Gilson ..........Robert Taylor
Sandy McKenzie .......Stewart Granger
Woodfoot................. Lloyd Nolan
l'indienne................. Debra Paget
Jimmy O'Brien........... Russ Tamblyn

L'histoire :

1883, nord des Etats-Unis. Sandy McKenzie (Stewart Granger) était le plus grand chasseur de bisons, mais a décidé de se retirer et d'élever du bétail. Peu après que son troupeau soit piétiné à mort par des bisons il fait la rencontre de Charlie Gibson (Robert Taylor). Les deux hommes s'associent, embauchent deux écorcheurs, un jeune métis et un vieux unijambiste, et partent à la chasse au bison. Rapidement Gibson révèle sa vrai nature de tueur...



Attention, les SPOILER sont Autorisés, donc ne lisez pas ce topic avant d'avoir vu le film.
Que le débat commence!

Vous pouvez mettre vos affiches, documents, photos... ici même:
http://westernmovies.free.fr/Forums/vie ... php?t=5380
Image

Avatar du membre
mortimer
Chasseur de primes
Messages : 766

Messagepar mortimer » 05 oct. 2007 20:29

Image

il était une fois un vilain monsieur qui faisait du mal aux animaux et aux indiens

"tu finiras mal" lui disait déjà sa maman quand il était petit, mais cela ne faisait ni chaud ni froid au vilain bob qui restait de glace ( :mrgreen: ) devant les menaces de sa maman.

plus tard il croisa sur sa route un gentil garçon qui aimait la nature et les indiens et alors une idée lui vînt à l'esprit...

BON VOUS VOUS BOUGEZ POUR LANCER LE DEBAT OU J'OUVRE LE FEU ! :P :lol:

tas de fainéants ! :mrgreen:

Avatar du membre
Sartana
Shérif
Messages : 3068
Localisation : Dans la vallée des vautours
Contact :

Messagepar Sartana » 05 oct. 2007 23:19

Je n'ai pas le film et n'aurait pas le loisir de participer comme je l'aurai voulu, je passe donc mon tour :(
"Il suffit de franchir les limites de la violence individuelle qui est criminelle,
pour atteindre la violence de masse qui... qui fait l'histoire..." Brad Fletcher dans Le dernier face à face
Personne a écrit :Sartana, tu as un coeur de pierre!

Avatar du membre
mortimer
Chasseur de primes
Messages : 766

Messagepar mortimer » 05 oct. 2007 23:45

Je commence donc :lol:

Je viens en effet de revoir le film ce soir

Dès le début du film le ton est donné "tuer c'est naturel" déclare robert taylor, "mais non ce n'est pas naturel" lui rétorque stewart granger. Mais c'est à un dialogue de sourd auquel nous assistons car taylor n'écoute déjà plus son interlocuteur (il en sera ainsi durant tout le film). Partagé entre une forme de paranoïa et d'arrogance, le personnage de robert taylor (Charlie) se coupe systématiquement des autres. Ce refus de communiquer se double d'une méfiance envers les autres "la paix ce n'est qu'un répit" déclare enfin taylor pour justifier selon lui le fait que tuer est finalement la seule chose qui donne un sens à la vie. Car le paradoxe est bien là : Charlie à besoin de tuer pour donner un sens à sa vie qui n'en à pas. Dans le fond il n'est qu'un bon à rien, un être primaire aux manières grossières, incapable d'aimer ou de faire confiance aux autres. Lorsqu'il rencontre le jeune indien son premier réflexe est de vouloir le tuer, Stewart granger (Sandy) s'y oppose, pour lui il est évident que le jeune homme est inoffensif "ça se lit dans ses yeux "dit-il, mais pour charlie une telle analyse est impossible. Il attrape la femme indienne (debra paget) ou l'enfant par la force mais souffre de voir Sandy s'amuser avec eux.

Arrive ensuite l'épisode du bison blanc qui stigmatise toute la haine de charlie envers les indiens. Pourquoi les indiens au fait ? parce qu'ils sont justement capables de communiquer avec la nature (ainsi que nous le montre de nombreuses scènes du film : offrandes au soleil, prières dans les arbres. Ce lien privilégié avec la nature allié à leur statut d'être non civilisé (thème récurrent du film, lors des rixes en ville) occasionne dans l'esprit de charlie un trouble profond : comment se peut-il que les indiens puissent faire ces choses que lui ne sait pas faire, alors qu'il se considére justement comme leur étant supérieur. Pour chaque indien que charlie tue dans le film il accomplit toujours le même geste : il se penche sur le cadavre et le contemple avec une expression d'incompréhension sur le visage. Charlie n'aime pas ce qu'il ne comprend pas et pas plus qu'il ne comprend les indiens, il n'arrive à comprendre les bisons dont l'utilité lui paraît dérisoire. Il n'aura de cesse d'ailleurs de comparer les premiers aux seconds, et au final dans cette frénésie de meurtre il arrivera jusqu'au point de non retour.

Avec le bison blanc, c'est là que tout bascule, cette croyance indienne va prendre des allures de malédiction. Charlie s'en moque en apparence mais pourtant tout à la fin c'est bien à l'image d'un bison qu'il est confronté devant la grotte dans laquelle sandy à trouvé refuge. Ce n'est pas sur Sandy qu'il tire mais sur le bison. Le bison son ennemi de toujours est finalement celui contre lequel il livre le vrai duel.

Sandy aura finalement été son seul vrai ami, témoin impuissant du combat mental auquel se livre charlie tout au long du film. C'est alors que le parallèle avec Shining de Stanley kubrick me saute alors aux yeux (l'impuissance à créer de l'écrivain jack nicholson et son problème à communiquer avec les autres dés le début du film comme pour taylor, sa lente descente vers la folie magistralement soulignée par les bruits sourds de la machine à écrire et pour taylor par le bruit du tonnerre qu'il confond avec le bruit des bisons, la malédiction indienne dans les deux cas : l'hôtel de Shining construit sur un cimetière indien et le bison blanc pour the last hunt, les flots de sang de l'hôtel et les carcasses des bisons à perte de vue témoigant des deux formes d'extermintaion et enfin la punition finale : tous les deux figés dans la glace pour l'éternité sous la forme d'un totem indien de glace symbolisant un quelconque esprit démoniaque). Kubrick aura sans doute fait un petit clin d’œil en forme d’hommage au film de Richard Brooks.

il faudra que je me penche sur les commentaires de kubrick pour voir s'il nous parle de la derniére chasse cool

Avatar du membre
El Lobo
Pied-tendre
Messages : 19
Localisation : Aix-en-Provence
Contact :

la dernière chasse

Messagepar El Lobo » 06 oct. 2007 14:36

Ce qui est curieux dans ce film c'est que c'est l'un des rares où le même personnage est interprété par deux artistes différentes. C'est Anne Bancrof qui a commencé le rôle et qui tourna dans toutes les scénes d'extérieurs, et Debra Paget repris les scénes en studio car Anne Bancroft avait fait une chute de cheval et ne pouvais continuer le tournage.

Avatar du membre
Cole Armin
Maire
Messages : 6949
Localisation : Albuquerque
Contact :

Messagepar Cole Armin » 06 oct. 2007 15:01

Pas encore revu, mais d'après mes souvenirs:

Je me souviens de l'aspect spectaculaire de ce western en CinemaScope avec la scène d'ouverture, notamment. Des bisons furent d'ailleurs tués lors du tournage.
La Dernière Chasse oppose Stewart Granger et Robert Taylor, deux grands acteurs de la MGM. Granger interprète un rôle représentatif de sa carrière. Robert Taylor, en revanche, est un méchant contrairement à la plupart de ses rôles. Taylor & Granger interprètent deux personnages que tout oppose. Debra Paget interprète une indienne, évidemment, juste après La Flèche Brisée et Plume Blanche.

Richard Brooks était un habitué des films contestaires avec à son actif Cas de conscience ou encore Graine de violence. Toujours à la MGM pour ce film, son premier western, il dénonce le génocide des indiens.
Un western 'coup de poing' avec une fin des plus mémorables.

Vous m'avez donné envie de le revoir! :D
"Attends d'être aussi vieux que moi pour parler comme moi"
Walter Brennan dans La Rivière rouge

Discutez cinéma!

Avatar du membre
Daniel
Marshall
Marshall
Messages : 2112

Messagepar Daniel » 06 oct. 2007 15:08

Merci pour l'anecdote El lobo... :applaudis_6:

Avatar du membre
Personne
Baron du bétail
Baron du bétail
Messages : 10269
Localisation : Lone Pine, CA

Messagepar Personne » 06 oct. 2007 18:45

mortimer a écrit :Je commence donc :lol:

Charlie n'aime pas ce qu'il ne comprend pas et pas plus qu'il ne comprend les indiens, il n'arrive à comprendre les bisons dont l'utilité lui paraît dérisoire. Il n'aura de cesse d'ailleurs de comparer les premiers aux seconds, et au final dans cette frénésie de meurtre il arrivera jusqu'au point de non retour.



C'est pourtant dans la chaleur du bison qu'il cherche la survie, comme un indien, Charlie, cet être sans coeur qui n'hésites pas à tuer indiens, bisons... Quel beau retournement de situation, de simple objet de monnaie d'échange pour Charlie, ce bison devient son seul salut. Il communie enfin avec la nature, dans la mort!

Film vraiment magnifique! :D
Image

Avatar du membre
musselshell
Castor éclopé
Messages : 2553

Messagepar musselshell » 07 oct. 2007 12:49

Je l'ai revu. Et malheureusement, j'y vois, non pas des défauts, mais des petits trucs qui ne le hissent plus, à mes yeux à moi, à la hauteur de ce que j'en pensais il y a, je ne sais pas, une quinzaine d'années...J'aime beaucoup Richard Brooks, son côté humaniste terre à terre (un compliment), sa façon d'aborder l'humain de front, d'assumer une éthique tout en montrant la complexité des choses ( Looking for Mr Goodbar est un chef d'oeuvre)...La Dernière Chasse est moins réussi comme un tout que certains autres films du réalisateur. Tout en étant pas raté, ça va de soi...Comment dire? Regardez certaines scènes, par exemple Taylor descendant Nolan...c'est magistral: on sent l'espace autour, on est de plein pieds avec la folie de l'un, le courage fatigué, désabusé de l'autre (son "bang bang", prononcé avant de mourir...un espèce de Socrate alcoolique des Grandes Plaines, avec le froid qui tombe...on tient là quelque chose qui vibre). Si l'ensemble du film était de la même veine que cette scène, on aurait un chef d'oeuvre.
Ce qui me dérange? Je ne sais pas exactement...Peut-être un côté parfois trop convenu dans les scènes avec Paget et Granger...qui amollit un peu le propos. Je reviendrai, apres réflexion, sur tout ça...
Sinon, le rapport the Last Hunt / Shining tel que le présente Mortimer est tout à fait justifié. Mais le film de Kubrick se tient à mon avis d'avantage d'un bloc...

Avatar du membre
mortimer
Chasseur de primes
Messages : 766

Messagepar mortimer » 07 oct. 2007 17:02

musselshell a écrit :Je l'ai revu. Et malheureusement, j'y vois, non pas des défauts, mais des petits trucs qui ne le hissent plus, à mes yeux à moi, à la hauteur de ce que j'en pensais il y a, je ne sais pas, une quinzaine d'années...J'aime beaucoup Richard Brooks, son côté humaniste terre à terre (un compliment), sa façon d'aborder l'humain de front, d'assumer une éthique tout en montrant la complexité des choses ( Looking for Mr Goodbar est un chef d'oeuvre)...La Dernière Chasse est moins réussi comme un tout que certains autres films du réalisateur. Tout en étant pas raté, ça va de soi...Comment dire? Regardez certaines scènes, par exemple Taylor descendant Nolan...c'est magistral: on sent l'espace autour, on est de plein pieds avec la folie de l'un, le courage fatigué, désabusé de l'autre (son "bang bang", prononcé avant de mourir...un espèce de Socrate alcoolique des Grandes Plaines, avec le froid qui tombe...on tient là quelque chose qui vibre). Si l'ensemble du film était de la même veine que cette scène, on aurait un chef d'oeuvre.
Ce qui me dérange? Je ne sais pas exactement...Peut-être un côté parfois trop convenu dans les scènes avec Paget et Granger...qui amollit un peu le propos. Je reviendrai, apres réflexion, sur tout ça...


c'est vrai que le film n'est pas aussi fort que lorsque je l'ai vu la premiére fois :wink: , mais c'est aussi un sentiment que j'éprouve à chaque fois que je revois un film avec quelques années de distance (hormis les films qui ont acquis un statut de chef d'oeuvre ou qui me touchent particuliérement pour leur propos). D'ailleurs c'est toi qui nous disait (dans la dissection des 7 mercenaires) qu'avec le temps on finit par voir les films de façon différente.

les scènes avec Paget et granger sont effectivement assez convenues. On ne retrouve pas le côté naif de au delà du missouri (attention c'est du jean jacques Rousseau :P ) qui me fait franchement rigoler mais plutôt cette fois un petit côté mollason (je met en cause le jeu de stewart granger qui me paraît honorable mais cependant peu percutant face à la rage et à la folie de taylor. en plus je trouve debra paget trop docile, son personnage ne me touche absolument pas. Le gamin joue plus juste qu'elle ou du moins son personnage me paraît plus travaillé. Bref en résumé je dirai que la faiblesse tient à une écriture moins fouillée dans le scénario sur l'étude des caractéres des personnages et aussi à un casting pas forcément idéal.)

bannon
Squaw
Messages : 359
Localisation : l'ouest

Messagepar bannon » 08 oct. 2007 21:34

Il est vrai que l'interprétation , soit le jeu des acteurs soit une faiblesse dans le scénario, laisse à désirer. Lloyd Nolan étant le seul à faire preuve de personnalité.
Cependant , le film de Richard Brook est avant tout un magnifique conte écologique, nous racontant la fin des troupeaux de bisons et de ce fait l'anéantissement des indiens qui en étaient tributaires.
C'est surtout dans ce sens que ce film est un chef d'oeuvre plein de nostalgie et d'humanité

Avatar du membre
mortimer
Chasseur de primes
Messages : 766

Messagepar mortimer » 09 oct. 2007 20:01

c'est bizarre presque personne ne participe :shock:

vous n'allez quand même pas me dire que ce film est moins intéressant que le déserteur de fort alamo ! :roll:


y-a-t-il un probléme pour se procurer le DvD à la vente ?

Avatar du membre
musselshell
Castor éclopé
Messages : 2553

Messagepar musselshell » 09 oct. 2007 20:32

Je reviendrai en ce qui me concerne. J'ai des trucs à dire et le film en vaut bien sûr la "peine" (quelle peine? comme disait JJ :wink: ). Mais là, je suis un peu pris par le boulot, les élèves officiels et les agités...d'ici (je rigole)
On va y revenir, sur the Last Hunt! :wink:

bannon
Squaw
Messages : 359
Localisation : l'ouest

Messagepar bannon » 09 oct. 2007 22:13

personne?? comment ça personne?? on est là ,non?? :lol: :lol:

Jean-Louis
Marshall
Marshall
Messages : 2849

Messagepar Jean-Louis » 10 oct. 2007 18:50

Désolé, mais je n'ai toujours pas reçu "La dernière chasse".
Je ne veux pas en parler sans l'avoir revu, la dernière fois que je l'ai vu
c'était au cinéma ça doit être en 57, je me souviens de quelques scènes...



Retourner vers « Les Westerns autour du feu : débat »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 2 invités